Trois notes rapides pour aujourd’hui, dans des ordres et des espaces bien différents.
Quelques mots, d’abord, sur mon déplacement à Gênes, où j’ai participé lundi à la fête annuelle du Parti démocrate italien. J’ai toujours goûté ces échanges européens et internationaux, qui permettent de sortir du vase clos de nos préoccupations hexagonales, et d’enrichir nos visions. On sait aussi que dans ce 21ème siècle compliqué, les problèmes sont mondiaux et que les réponses, du coup, ne peuvent qu’être européennes, et donc élaborées dans la confrontation. Depuis mon passage au gouvernement, puis au Parlement européen, j’entretiens des relations suivies avec les responsables des grands partis membres du Parti socialiste européen, le PSE, est réponds volontiers à leurs invitations. Lire la suite
L’Université d’été du Parti socialiste, à la Rochelle, s’est achevée hier. Permettez-moi une confidence : j’ai toujours été partagé à l’approche de ce rendez-vous, jamais exonéré d’hypocrisie et parfois de coups bas – je garde un souvenir évidemment détestable de l’été 2008 – et qui risque surtout, à chaque fois, de tourner à l’exhibition d’égos bronzés, détendus, ressourcés, devant des Français qui n’ont pas tous cette chance. Il s’agit en même temps d’un moment fort de la rentrée politique, et de l’occasion de rencontrer, dans une ambiance conviviale, militants et élus pour préparer l’année qui vient. Il y a, au « festival de la Rochelle », des bonnes et des mauvaises années, des universités de déchirement – ce fut le cas à la veille du Congrès de Reims – des moments de dépression – comme en 2009, où nous sortions de la déroute des élections européennes, où régnait une atmosphère funèbre. 2010 est assurément un bon crû, placé sous le signe de l’optimisme, des propositions et de l’affichage de l’unité, ponctué par un discours final solide de Martine Aubry, la première secrétaire. Sans vouloir remettre en cause cette sensation, je voudrais ajouter trois notations personnelles, qui sont pour moi autant de convictions. Lire la suite
La rentrée politique s’effectue, et connaîtra un temps fort avec l’Université du Parti socialiste à la Rochelle ce week-end, à laquelle je participerai bien évidemment. Je ne reviendrai pas sur le climat social et moral du pays en cette fin d’été – en ayant parlé ici. La conjoncture politique est quant à elle assez claire. Une batterie exceptionnelle de sondages tous azimuts, allant de la cote de l’exécutif aux souhaits de candidatures pour 2012, en passant par des intentions de vote en vue de la présidentielle, ou encore par les pronostics et les envies de victoire, montre une tendance extrêmement nette : Nicolas Sarkozy est rejeté avec violence, la gauche est largement favorite sans pour autant susciter d’ores et déjà l’espoir, l’hypothèse d’une candidature de Dominique Strauss-Kahn est fortement dominante. Est-ce à dire que nous connaissons déjà l’issue de la prochaine échéance, le nom du prochain Président de la République et le camp gagnant ? Les élections à venir sont elles déjà jouées ? La messe est-elle dite ? Le match est-il, comme on le dit dans le langage populaire, « plié » ? Les choses sont, évidemment, plus compliquées, même si la situation s’est incontestablement décantée. Commençons par les éléments les plus solides, les plus robustes de l’opinion. Lire la suite
Après seulement trois années de pouvoir de Nicolas Sarkozy, nos concitoyens vivent un malaise profond aggravé par la perte de confiance envers la direction politique de la France. Et ce malaise devient une crise de l’espoir.
C’est sur sa capacité à faire face aux défis économiques et aux transformations sociales qu’est jugé tout gouvernement. En la matière, les Français savent bien les difficultés à venir, ils connaissent l’état des finances du pays. Ils sont conscients que des mesures urgentes et radicales sont nécessaires, tant pour des raisons conjoncturelles – la crise économique – que pour des raisons structurelles liées à l’affaissement de l’Etat-providence. Ils constatent que celui-ci ne parvient plus à corriger a posteriori les inégalités générées par le marché tandis que de nouveaux besoins sont apparus avec l’évolution de nos modes de vie. Lire la suite
Tribune parue dans le journal le Monde daté du 26 août 2010
Il y a, dans la vie d’un pays, des moments cruciaux où se dessine et se construit l’avenir. Le rôle des hommes et des femmes politiques, c’est de savoir comprendre les défis qu’ils posent, et d’y répondre en écoutant les attentes des Français. Y répondre, c’est travailler sans relâche pour élaborer des propositions concrètes, inventives et crédibles. C’est tout le sens du Discours sur la réforme prononcé par Jean Jaurès lors du Congrès de Toulouse en 1908. « Nous aurons beau indiquer, dit-il, à une grande nation un but admirable, elle ne se risquera pas derrière nous si nous n’avons pas, par de larges échappées, tracé le chemin qui doit la conduire ». Ce chemin, l’heure est venue de le tracer. Lire la suite