Dans les médias

Analyse dans L’Express des Conversations avec Jacques Delors

Catégorie : Actualité,Europe / International,Réflexions | Par pierre.moscovici | 03/05/2016 à 21:27

La lecture des Conversations avec Jacques Delors, de Cécile Amar, m’a passionné et ému. Quel plaisir de retrouver, intacte, toujours aussi forte et claire, la voix de cet homme de 90 ans aujourd’hui, qui, depuis si longtemps, inspire les Européens! La capacité pédagogique de Jacques Delors demeure sans équivalent et ses convictions n’ont pas changé.

L’Europe, conçue comme une fédération d’Etats-nations, reste l’horizon et l’avenir de nos pays et de nos peuples. Elle ne peut être qu’un compromis progressiste entre les sociaux- démocrates et les démocrates-chrétiens, entre le patronat et les syndicats. Elle ne peut entraîner que si elle comprend une substantielle dimension sociale. La zone euro, quant à elle, ne peut atteindre tous ses objectifs – protéger, mais aussi dynamiser – si elle n’est pas complétée par une gouvernance politique suffisamment forte.

L’homme est toujours le même: modeste et curieux, justement orgueilleux et capable de rouerie, mélange de volonté et de pessimisme. Sans que ce soit totalement surprenant, il est plus proche de Martine Aubry que de François Hollande. Eût-il été en 1995 un bon président de la République, précurseur de la recomposition politique entre une gauche réaliste et un centre droit conscient de sa responsabilité sociale, dont on parle tant en ce moment? Sur ce point, Jacques Delors n’exprime aucun regret, aucune frustration, et il est sans doute sincère, sans être nécessairement convaincant.

Bref, il y a dans ce livre, vif et vivant, l’empreinte d’un homme, sa vérité, un témoignage historique précieux – il fallait du talent et de l’astuce pour naviguer entre la vision d’Helmut Kohl, l’engagement de François Mitterrand et les réticences de Margaret Thatcher – et une formidable leçon d’Europe.

Cette leçon demeure-t-elle valide, plus de vingt ans après son départ de la Commission européenne ? Ma réponse est oui, mille fois oui ! Bien sûr, le monde a changé, l’Europe aussi: le grand élargissement de l’Europe à 28, incontournable autant que problématique, a modifié la nature même de la construction européenne.

Evidemment, l’Europe n’a jamais eu à affronter une telle conjonction de difficultés. Comment peut-elle survivre alors qu’elle doit faire face à un afflux massif de réfugiés, combattre la menace terroriste, attendre le résultat du référendum sur le Brexit, conclure avec succès les réformes en Grèce et bâtir, enfin, les conditions d’une croissance créatrice d’emploi? Comment peut-elle rester une communauté de valeurs, alors que les populismes, dans chacun de nos pays ou presque, font renaître l’aspiration nationaliste qui a mené notre continent à la catastrophe entre les deux guerres? Je vois trois chemins à emprunter.

1. Nous devons, tout d’abord, redonner un sens au projet européen, ou plutôt retrouver son sens originel.

Lire la suite


Mon interview dans l’émission Preuves par 3 sur Public Sénat

Catégorie : Actualité,Europe / International,Politique,Vidéos | Par pierre.moscovici | 03/05/2016 à 20:19

J’étais aujourd’hui à 18h30 l’invité de l’émission Preuves par 3 sur Public Sénat, en collaboration avec l’AFP et Dailymotion.

Je me suis exprimé pendant 50 minutes sur les crises et les solutions en Europe – montée des populismes, appel d’Obama pour une Europe forte, crise des réfugiés, risque de Brexit, Grèce,  transparence fiscale… -, sur la situation économique et budgétaire en France et en Europe, et sur la vie politique française ainsi que l’avenir de la gauche.

Je vous invite à (re)voir cette interview :


Preuves par 3 (03/05/2016) par publicsenat


Prévisions économiques de printemps 2016 de la Commission

Catégorie : Actualité,Commission européenne,Europe / International,Vidéos | Par pierre.moscovici | 03/05/2016 à 15:13

Vous trouverez ci-dessous toutes les informations sur les prévisions économiques de printemps 2016 de la Commission européenne, que j’ai présentées ce mardi 3 mai.

La croissance en Europe tient bon malgré un environnement mondial plus difficile. Certains signes montrent que, progressivement, les efforts déployés par les pouvoirs publics créent de l’emploi et soutiennent l’investissement. Mais il nous reste beaucoup à faire pour réduire les inégalités.

Vidéo de ma conférence de presse :

Vidéo explicative des prévisions économiques de printemps 2016 :

Lien du communiqué de presse : http://europa.eu/rapid/press-release_IP-16-1613_fr.htm

Lien des prévisions économiques de la Commission : http://ec.europa.eu/economy_finance/eu/forecasts/index_fr.htm

Texte de ma conférence de presse et lien des slides de présentation : http://ec.europa.eu/economy_finance/eu/forecasts/2016_spring/spring_forecast_2016_ppt_en.pdf

 [slide 1]: Introduction slide

  • Bienvenue à cette présentation des prévisions économiques de printemps de la Commission européenne.

[slide 2]: A moderate and fragile economic expansion

  • Je vois cinq enseignements principaux dans ces prévisions.
  • Premièrement, la croissance européenne va rester positive mais modérée en 2016-2017, à des niveaux proches de l’an dernier. Notre croissance est donc stable. Après 1.7% en 2015, la croissance de la zone euro serait de 1.6% en 2016 et de 1.8% en 2017. Dans l’Union européenne, la croissance atteindrait respectivement 1.8% et 1.9% en 2016 et 2017 [après 2% en 2015].
  • Deuxième observation, cette performance économique se tient malgré l’affaiblissement attendu des facteurs – tels que le prix du pétrole et le niveau de l’euro– qui sont favorables à la croissance européenne depuis plus d’un an, et elle se tient aussi malgré un environnement international qui se dégrade. Il y a donc une résistance de la croissance européenne qui est plutôt un bon signal, ce qui signifie aussi que les efforts qui ont été faits paient. Mais il faut être clair, quand l’environnement est moins porteur nous devons tirer les conclusions dans nos politiques économiques.
  • Troisième leçon, la croissance européenne restera tirée par une consommation des ménages soutenue, qui reste le premier facteur de la croissance européenne, alors que l’investissement devrait progressivement gagner en vigueur à l’horizon 2017. Les chiffres du premier trimestre 2016 ne sont pas inclus.
  • Quatrièmement, un chiffre très attendu: le chômage devrait continuer à baisser en Europe et passer sous la barre des 10% dans la zone euro en 2017. Cette évolution positive reste trop lente au regard des attentes sociales légitimes. En parallèle, nous constatons malheureusement que la reprise économique s’accompagne d’un creusement des inégalités selon les revenus.
  • Enfin, dernier message principal: les déficits publics et la dette continuent de reculer sensiblement en Europe, passant sous les 2% cette année dans la zone euro.
  • Permettez-moi de reprendre ces points dans l’ordre.

[slide 3]: Global growth has slowed down

Lire la suite


Interview dans les journaux du groupe EBRA

Catégorie : Actualité,Europe / International | Par pierre.moscovici | 03/05/2016 à 10:19

Je vous invite à lire ci-dessous l’interview parue ce matin dans les journaux du groupe de presse quotidienne régionale EBRA, qui regroupe L’Alsace, Les Dernières Nouvelles d’Alsace, Le Républicain Lorrain, L’Est Républicain, Vosges Matin, Le Bien Public, Le Journal de Saône-et-Loire, Le Progrès, Le Dauphiné Libéré, et Vaucluse Matin.

Je m’y exprime sur les prévisions économiques et budgétaires en Europe et en France, sur les réformes en France, sur la lutte contre les paradis fiscaux, et sur mon engagement socialiste.

Vous présentez ce mardi les prévisions économiques de printemps de la Commission européenne. Ça va mieux ?

Oui, ça va mieux pour l’Europe et la zone euro, avec une croissance bien installée sur un rythme compris entre 1,6 et 2 %.

Oui, ça va mieux pour l’Europe et la zone euro, avec une croissance bien installée sur un rythme compris entre 1,6 et 2 %. Elle est poussée par des vents favorables, et soutenue par les efforts des États membres sur les finances publiques et la compétitivité. Quant à la politique budgétaire, elle joue désormais un rôle positif sur la croissance, notamment du fait des dépenses en faveur des réfugiés…

Les réfugiés ont une influence positive sur la croissance ?

Les dépenses publiques en faveur des réfugiés ont un effet de relance sur l’économie européenne.

Cela peut étonner, et je sais que bien d’autres paramètres sont à prendre en compte… Mais oui, les dépenses publiques en faveur des réfugiés ont un effet de relance sur l’économie européenne. Nous l’avons chiffré en novembre dernier à 0,2 à 0,3 point, sur 2 ans, sur la croissance de l’Union, voire 0,4 à 0,5 point dans les principaux pays d’accueil, comme l’Allemagne.

Et pour la France, ça va mieux ?

Bien sûr, tout ne va pas bien pour tout le monde, mais objectivement, si l’on regarde la situation économique du pays, oui, ça va mieux. Si le gouvernement maintient ses efforts, le déficit budgétaire devrait pouvoir passer en dessous de 3 % en 2017, comme nos règles le prévoient. Et l’on devrait observer dès cette année une décrue du chômage qui pourrait atteindre -0,2 %. Cette amélioration, qui doit être confortée, reste conditionnée à deux facteurs : une politique budgétaire sérieuse, et la poursuite des réformes.

Comme la loi Travail ?

La France a impérativement besoin d’une réforme du marché du travail, indispensable pour faire reculer le chômage à moyen terme.

Je n’ai pas à me prononcer sur une loi particulière. Mais je sais que la France a impérativement besoin d’une réforme du marché du travail, indispensable pour faire reculer le chômage à moyen terme. De telles réformes ont déjà été engagées par la plupart de nos partenaires européens. Elles doivent être équilibrées entre flexibilité et sécurité. Il est très important que la discussion au parlement aboutisse : ce signal est très attendu.

Il reste une marge pour baisser les impôts ?

En tant que Commissaire, ce qui m’importe, c’est que les finances françaises rentrent dans les clous, le choix des moyens revenant au gouvernement français.

Je me suis jadis exprimé, en tant que ministre français des Finances, sur le « ras-le-bol fiscal », et je ne renie rien. En tant que Commissaire, ce qui m’importe, c’est que les finances françaises rentrent dans les clous, le choix des moyens revenant au gouvernement français. S’il doit y avoir une baisse d’impôt, ou des dépenses supplémentaires, elles devront donc être équilibrées par des économies.

Vous avez évoqué une « liste noire » européenne des paradis fiscaux. Pour quand ?

Lire la suite


L’invité d’Arlette Chabot sur LCI

Catégorie : Actualité,Europe / International,Vidéos | Par pierre.moscovici | 02/05/2016 à 10:30

J’étais à 8h15 l’invité de la matinale de LCI. J’ai répondu aux questions d’Arlette Chabot sur la France et les réformes, l’économie européenne, la lutte contre la montée des populismes, le Royaume-Uni, ou encore la Grèce.

Il faut trouver une nouvelle voie européenne face aux populismes et réformer radicalement

Mon interview à (re)voir ici :


Sommet Turquie-UE : des échanges sans tabou

Catégorie : Actualité,Europe / International,Réflexions | Par pierre.moscovici | 29/04/2016 à 9:56

J’étais à Istanbul et Ankara cette semaine, pour  discuter, sans tabou, de notre relation politique et économique dans sa globalité.

Après les Etats-Unis il y a 15 jours,  puis les réunions de l’Eurogroupe et de l’Ecofin à Amsterdam la semaine dernière, j’ai passé deux jours à Istanbul et Ankara cette semaine, pour initier un dialogue économique régulier entre l’Union européenne et  la Turquie. Mais l’intérêt de cette visite de deux jours dépassait le simple échange sur les enjeux économiques avec le gouvernement. Au travers de rencontres nombreuses avec la société civile et la communauté des affaires, il s’agissait bel et bien de discuter, sans tabou, de notre relation politique et économique dans sa globalité.

  1Photo de famille du Business dialogue (lundi matin)

Le dialogue entre communautés économiques européenne et turque était au programme de la première journée de ce déplacement, à Istanbul. Les grandes associations d’entreprises turques ont insisté sur la nécessité de pouvoir compter sur un partenaire solide économiquement – les pays de l’Union représentent, et de loin, les plus grands investisseurs internationaux en Turquie. Nous partageons tous – et c’est suffisamment rare pour le souligner – un même constat sur les réformes à entreprendre, avec un intérêt toute particulier pour la complexité administrative et légale qui pèse sur l’investissement turc.

 Je suis un ami de longue date de la Turquie et un fervent militant d’un approfondissement de nos relations avec ce pays.

2Discours à l’Institut du Bosphore (lundi soir),
face à un public d’intellectuels et de chefs d’entreprises

J’ai souligné plus tard,  à l’Institut du Bosphore, créé pour animer le dialogue des milieux économiques et politiques français et turcs, que la qualité de l’environnement économique était indissociable du climat politique général. Je suis un ami de longue date de la Turquie et un fervent militant d’un approfondissement de nos relations avec ce pays: l’Europe a besoin de la Turquie comme la Turquie a besoin de l’Europe. Mais l’amitié, c’est aussi aider l’autre à donner le meilleur de lui-même.  Si la Turquie veut rayonner dans son voisinage,  et se rapprocher encore de l’Europe, elle doit se souvenir que tout développement réussi repose sur des valeurs partagées, sur le respect du droit et de la liberté. Les entreprises turques n’ont pas laissé ce sujet de côté, au contraire. J’ai dit pour ma part, dans cet Institut que je connais bien (je fais partie de son comité scientifique) mon attachement à la liberté d’expression, à la pluralité des médias et à l’état de droit.

 Les autorités turques ont conscience de la nécessité de réformer leur économie.

3Rencontre bilatérale avec Cevdet Yilmaz (mardi),
Ministre turc du Développement, en charge des réformes structurelles

 Les autorités turques ont quoi qu’il en soit conscience de la nécessité de réformer leur économie. Lors de nos échanges du lendemain à Ankara, mon homologue dans les grandes réunions du G20 et vice-premier ministre turc, Mehmet Şimsek, m’a ainsi présenté en détail sa stratégie pour réduire, notamment, la dépendance de la Turquie à l’égard des financements étrangers. Le Ministre Cevdet Yilmaz a de même été très précis dans nos échanges sur les réformes à mettre en œuvre, en ligne avec l’analyse de la Commission.

 J’ai rappelé que pour l’Union, les critères à remplir pour permettre la libéralisation des visas pour les citoyens turcs devaient être respectés.

Ce bref compte-rendu ne serait pas complet sans évoquer la question de la libéralisation des visas pour les citoyens turcs. Le gouvernement y tient, cette question est revenue souvent et avec insistance auprès de mes interlocuteurs ou de la presse. J’ai rappelé que pour l’Union, les critères à remplir pour permettre cette libéralisation devaient être respectés.

  4Trajet en bâteau sur le Bosphore pour des rencontres bilatérales avec le Vice-Premier Ministre turc, Mehmet ŞIMŞEK (lundi après-midi)

Je rentre satisfait de ces deux jours d’intenses discussions lors desquels la Commission européenne a su faire entendre son message à des interlocuteurs désireux d’approfondir leur coopération avec l’Union. D’autres rencontres suivront, qui nous permettront, je l’espère, de mesurer les progrès engrangés des deux côtés.


Mes impressions sur le livre « Conversations avec Jacques Delors » de Cécile Amar

Catégorie : Actualité,Europe / International,Politique,Réflexions | Par pierre.moscovici | 28/04/2016 à 10:35

Quel plaisir de retrouver, intacte, toujours aussi forte et claire, la voix de cet homme de 90 ans aujourd’hui, qui, depuis si longtemps, inspire les Européens!

J’ai livré à L’Express mes impressions sur le livre  « Conversations avec Jacques Delors » de Cécile Amar. Lisez l’interview sur le site de l’hebdomadaire.

3382-pierre-moscovici-et-francois-hollande_5586925


Conférence de presse à l’issue de l’Eurogroupe à Amsterdam

Catégorie : Actualité,Europe / International,Vidéos | Par pierre.moscovici | 22/04/2016 à 14:12
Commentaires fermés

En conférence de presse à l’issue de la réunion de l’Eurogroupe ce vendredi 22 avril 2016, je suis revenu sur les conclusions de nos échanges concernant la Grèce. J’ai aussi évoqué nos discussions sur les cadres nationaux en matière d’insolvabilité et sur la surveillance budgétaire.

Clore la revue du programme grec le plus rapidement possible, c’est dans l’intérêt de tous les Européens.