Dans les médias

Mon interview dans la matinale d’Europe 1

Catégorie : Actualité,Europe / International,Politique,Vidéos | Par pierre.moscovici | 22/07/2014 à 9:29

Invité de la matinale d’Europe 1 ce matin, j’ai répondu aux questions d’Alexandre Kara, chef du service politique.

Je m’y exprime sur le message de paix porté par la France dans le conflit à Gaza, sur les réformes menées en France par le Président de la République et son Gouvernement, sur la réorientation du projet européen, sur le couple franco-allemand, ou encore sur mon engagement au service de l’Europe.

Retrouvez dans la vidéo ci-dessous toutes mes réponses :


Pierre Moscovici : « Ce n’est pas l’interdiction… par Europe1fr


Pour une Europe de l’investissement

Catégorie : Actualité | Par pierre.moscovici | 21/07/2014 à 17:00

Pour une Europe de l’investissement.

 

En cette fin juillet, à quelques jours des vacances parlementaires, je veux vous rendre compte de la mission que m’a confiée le Premier ministre, Manuel Valls. Vous connaissez son objet : il s’agit d’explorer les voies et moyens d’améliorer la contribution des politiques européennes à la croissance et à l’emploi dans notre pays. Il m’a semblé que pour pouvoir conduire à des conclusions pertinentes, ce travail devait d’abord s’attacher à un diagnostic non pas seulement national, mais véritablement européen.

J’ai engagé depuis la mi-mai un « tour d’écoute » en Europe, qui m’a déjà conduit à Berlin, Rome, Madrid, Londres, Luxembourg ainsi qu’à Bruxelles à quatre reprises.

C’est pourquoi j’ai engagé depuis la mi-mai un « tour d’écoute » en Europe, qui m’a déjà conduit à Berlin, Rome, Madrid, Londres, Luxembourg ainsi qu’à Bruxelles à quatre reprises. Mon travail continue à la fois en Europe et en France : je serai encore cette semaine à Prague, et j’irai d’ici fin septembre visiter une quinzaine de capitales européennes. A chaque fois, je m’entretiens avec les ministres des Finances et de l’Emploi, avec les ministres des Affaires étrangères souvent, parfois avec les Présidents de la République – comme en Italie avec mon vieil ami, l’admirable Giorgio Napolitano – ou avec les Premiers ministres – au Luxembourg ou en République Tchèque. Je rencontre aussi les responsables des grandes institutions financières européennes – comme la BEI (Banque européenne d’investissement) ou le MES (Mécanisme européen de stabilité) – et je m’entretiens avec les principaux membres de la Commission actuelle – José-Manuel Barroso, Olli Rehn, Joaquin Almunia, Nellie Kroes, Michel Barnier, Günther Oettinger… – et avec la plupart de ses directeurs généraux, avant de prendre des contacts plus approfondis au sein du nouveau Parlement européen, qui s’installe. En Europe comme en France, je discute avec les partenaires sociaux. Avec chacun, je cherche à comprendre la contribution de leur institution à la croissance et l’emploi, j’échange, je teste des idées. Je suis loin des conclusions de mon travail – ma mission dure six mois – mais d’ores et déjà un certain nombre de leçons peuvent en être tirées.

Un consensus existe donc pour affirmer que le mandat de la nouvelle Commission sera décisif, et doit être tout entier focalisé sur la croissance et l’emploi.

L’ensemble de mes interlocuteurs partage d’abord la conviction que la poursuite du business as usual n’est plus possible. Le résultat des élections du 25 mai a constitué, notamment à Berlin, un véritable séisme. Nos principaux partenaires sont conscients du risque d’un délitement du projet européen si les élections européennes de 2019 voyaient une nouvelle progression de l’euroscepticisme sur le continent. Un consensus existe donc pour affirmer que le mandat de la nouvelle Commission sera décisif, et doit être tout entier focalisé sur la croissance et l’emploi. Une grande variété d’appréciations existe cependant sur la forme que doit prendre le nécessaire sursaut. La politique reprend ici ses droits, qu’il s’agisse des différences de conviction et d’engagement ou de la diversité des situations nationales. Sur le contenu des politiques européennes, et les voies pour accroître leur contribution à la croissance et à l’emploi, un certain nombre de consensus se dégagent, à la fois dans les capitales visitées et à Bruxelles, où les services de la Commission sont fortement mobilisés pour préparer la législature qui s’ouvre.

Le cloisonnement du marché intérieur est vu comme constituant un frein puissant à l’investissement, qu’il soit public ou privé.

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Mon agenda prévisionnel de la semaine – Du 21 au 25 juillet 2014

Catégorie : Actualité,Agenda hebdomadaire,Europe / International | Par pierre.moscovici | 21/07/2014 à 13:03

Comme chaque lundi, les informations de mon agenda hebdomadaire prévisionnel sont à consulter ci-dessous :

 

Agenda prévisionnel de Pierre MOSCOVICI

Du lundi 21 au vendredi 25 Juillet 2014

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Lundi 21 juillet :

08h20 : L’invité de la matinale de France Inter.

20h30 : Dîner avec MM. Lionel ZINSOU, Hubert VEDRINE et les membres de la mission sur les enjeux économiques en Afrique et auteurs du rapport « Un partenariat pour l’avenir : 15 propositions pour une nouvelle dynamique économique entre l’Afrique et la France ».

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Mardi 22 juillet :

11h30 : Entretien avec M. Michel SAPIN, Ministre des Finances et des Comptes publics.

16h15 : Interview par The Wall Street Journal

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Mercredi 23 juillet :

15h00 : Questions au Gouvernement – Assemblée nationale.

16h00 : Vote solennel sur le projet de loi relatif à la délimitation des régions, aux élections régionales et départementales et modifiant le calendrier électoral.

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Jeudi 24 juillet : Déplacement à Prague

08h00 : Petit-déjeuner avec M. Bohuslav SOBOTKA, Premier ministre de la République Tchèque.

14h30 : Entretien M. Jan MLADEK, Ministre de l’Industrie et du Commerce.

19h00 : Dîner avec M. Tomas PROUZA, Secrétaire d’Etat aux Affaires européennes.

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Vendredi 25 juillet : Déplacement à Prague

08h30 : Petit-déjeuner avec M. Andrej BABIS, Vice-Premier ministre et Ministre des Finances.

10h00 : Entretien avec M. Lubomir ZAORALEK, Ministre des Affaires étrangères.


Invité de la matinale de France Inter

Catégorie : Actualité,Europe / International,Politique,Vidéos | Par pierre.moscovici | 21/07/2014 à 10:21

J’ai répondu ce matin aux questions de Marc Fauvelle et des auditeurs de France Inter, à partir de 8h20.

Dans une première partie, je reviens sur les manifestations pro-palestiniennes et la nécessité de trouver un cessez-le-feu à Gaza. Je m’exprime également sur mon engagement européen, indiquant que le devoir de la prochaine Commission sera de réorienter le projet européen vers la croissance et l’emploi. Je suis prêt à mettre mon expérience au service de cette tâche, avec la confiance du Président de la République.

Dans Interactiv, je réponds ensuite aux questions des auditeurs de France Inter. Europe, croissance, Commission européenne, France et réformes : retrouvez dans la deuxième vidéo ci-dessous l’ensemble de mes convictions.

Partie 1 : Interview par Marc Fauvelle

Pierre Moscovici, au sujet de l’Europe :  » Ce… par franceinter

 

Partie 2 : Réponses aux auditeurs de France Inter dans Interactiv’

Pierre Moscovici : « J’ai été heureux comme… par franceinter


Programme de mon déplacement aujourd’hui au Luxembourg

Catégorie : Actualité,Europe / International,Voyages et déplacements | Par pierre.moscovici | 17/07/2014 à 9:10

Je suis aujourd’hui en déplacement au Luxembourg, poursuivant mes rencontres dans le cadre de ma mission parlementaire sur la croissance et l’emploi en Europe. Je rencontrerai les dirigeants de la Banque européenne d’investissement, ainsi que le Premier ministre luxembourgeois et le Ministre des Finances, pour des échanges sur l’avenir du projet européen et l’importance de l’investissement au service de la reprise.

Voici le programme de ce déplacement :

11h20 : Entretien avec M. Klaus REGLING, Directeur général du Fonds européen de stabilité financière et du Mécanisme européen de stabilité.

12h30 : Entretien avec M. Philippe DE FONTAINE VIVE, Vice-président de la Banque européenne d’investissement (BEI).

13h00 : Déjeuner avec M. Werner HOYER, M. Philippe DE FONTAINE VIVE, M. Klaus TRÖMEL, Directeur général et chef des opérations de la BEI, et M. Gunnar MUENT, Directeur Innovation et compétitivité à la Direction des projets de la BEI.

14h30 : Entretien avec M. Werner HOYER, Président de la Banque européenne d’investissement (BEI).

15h45 : Entretien avec M. Xavier BETTEL, Premier Ministre du Luxembourg.

16h00 : Entretien avec M. Pierre GRAMEGNA, Ministre des Finances du Luxembourg.


Mon agenda hebdomadaire prévisionnel – Du 15 au 18 juillet 2014

Catégorie : Actualité | Par pierre.moscovici | 15/07/2014 à 12:06

Retrouvez ci-dessous mon agenda hebdomadaire prévisionnel, du 15 au 18 juillet 2014.

 

Agenda prévisionnel de Pierre MOSCOVICI

Du mardi 15 au vendredi 18 Juillet 2014

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Mardi 15 juillet :

11h00 : Réunion des députés du Groupe socialiste, républicain, citoyen et divers gauche (SRC) – Assemblée nationale.

15h00 : Questions au Gouvernement – Assemblée nationale.

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Mercredi 16 juillet :

11h00 : Réunion des députés du Groupe socialiste, républicain, citoyen et divers gauche (SRC) – Assemblée nationale.

13h00 : Déjeuner avec M. Gérard MESTRALLET, Président-Directeur Général de GDF SUEZ et Président-Directeur Général de Paris Europlace.

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Jeudi 17 juillet : Déplacement à Luxembourg

11h20 : Entretien avec M. Klaus REGLING, Directeur général du Fonds européen de stabilité financière et du Mécanisme européen de stabilité.

12h30 : Entretien avec M. Philippe DE FONTAINE VIVE, Vice-président de la Banque européenne d’investissement (BEI).

13h00 : Déjeuner avec M. Werner HOYER, M. Philippe DE FONTAINE VIVE, M. Klaus TRÖMEL, Directeur général et chef des opérations de la BEI, et M. Gunnar MUENT, Directeur Innovation et compétitivité à la Direction des projets de la BEI.

14h30 : Entretien avec M. Werner HOYER, Président de la Banque européenne d’investissement (BEI).

15h45 : Entretien avec M. Xavier BETTEL, Premier Ministre du Luxembourg.

16h00 : Entretien avec M. Pierre GRAMEGNA, Ministre des Finances du Luxembourg.

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Vendredi 18 juillet :

10h00 : Entretien avec M. Alain LAMASSOURE, Député européen.

13h00 : Déjeuner-débat avec M. Wolfgang SCHÄUBLE, Ministre des Finances d’Allemagne – Ambassade d’Allemagne à Paris.

15h00 : Entretien avec M. Laurent BERGER, Secrétaire général de la CFDT.


Ma tribune sur mon engagement pour l’Europe dans Le Plus du Nouvel Obs

Catégorie : Actualité,Europe / International,Réflexions | Par pierre.moscovici | 13/07/2014 à 13:31
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J’expose mes convictions et mon engagement pour l’Europe dans une tribune dans Le Plus du Nouvel Obs. À l’aube de cinq années décisives pour l’Europe, je suis prêt à mettre mon expérience au service du renouveau du projet européen.

Retrouvez ci-dessous le texte de cette tribune :

Les élections européennes du 25 mai ont été un avertissement sévère et douloureux pour tous ceux qui croient au projet européen.

Du chômage de masse, catastrophique dans certains pays, au vieillissement du système productif, plusieurs impacts majeurs ont atteint l’Europe, dégradant son image et mettant à nu son impuissance, même si nous sommes en train de sortir de la crise de la zone euro. « Notre » Europe, celle à laquelle nous avons tellement cru est à ce point contestée qu’elle est apparue comme un problème.

La perception d’un déficit de leadership aggrave le sentiment qu’elle peine à redessiner une ambition orpheline : les pères fondateurs ont du mal à trouver leurs fils…

Un état de fatigue, pas un état de rejet : cinq années pivot.

Je veux croire qu’il s’agit d’un état de fatigue, et non d’un constat de rejet définitif, comme on l’a trop souvent dit.

Après tout, plus de 70 % des députés qui composent le nouveau parlement de Strasbourg sont clairement pro-européens, et en France, en dépit des 24 % du Front national, une majorité nette se dégage toujours en faveur de la poursuite de l’aventure européenne.

Mais si pendant les cinq ans à venir nous n’entendons pas l’avertissement qui nous a été signifié dans les urnes, si pendant les cinq ans à venir nous nous contentons de gérer mollement la crise de confiance envers l’Europe, si nous continuons dans le « business as usual », alors le rendez-vous électoral de 2019 pourrait être, cette fois, celui du rejet et de la fin du projet européen.

Nous sommes à l’aube de cinq années décisives. Cinq années-pivot !

Il nous faut donc réagir – maintenant – pour rendre cette Europe plus lisible, plus accessible, plus positive. Il faut la réorienter vers la croissance et l’emploi. Il faut la rendre plus performante. Le rêve est important bien sûr – comment pourrait-on minimiser ce qu’il représente ? – mais aujourd’hui, nous avons besoin de résultats autant que de rêve.

La clé de l’investissement.

Cet objectif suppose à la fois de la constance et du mouvement. Après une décennie de tendance à l’austérité nous ne devons évidemment pas remettre en marche la machine à faire de la dette, mais il nous faut résolument réinjecter un carburant dynamique dans le moteur de l’Union : l’investissement !

C’est lui, si défaillant depuis 2003, qui doit alimenter toutes les politiques économiques et sociales pour donner du rythme et de l’ampleur à la croissance et pour créer le bien le plus précieux pour nos sociétés gagnées par le scepticisme et le découragement : le travail.

Cette « Europe de l’investissement » que j’appelle de mes vœux, elle reste à bâtir. Ce n’est pas une formule.

C’est une tâche historique qui réunit tous les chantiers essentiels pour leur donner une cohérence et produire un élan commun : la relance économique, une politique du climat résolue, les « project bonds » [des emprunts de la zone euro pour financer des projets phare] décidés en juin 2012 à l’initiative de François Hollande, la garantie-jeunes que nous avons également proposée, un « policy mix » [une combinaison optimale des politiques budgétaires et monétaires] plus ambitieux…

La politique budgétaire des États-membres doit être sérieuse, conforme à nos règles collectives, sans compromettre la croissance. Quant à la politique monétaire suivie par la BCE, elle est désormais plus expansive et adaptée à une période d’inflation très – trop ? – basse.

Je crois que nous sommes collectivement investis d’un mandat de redémarrage de l’Europe qui nécessite l’achèvement du marché intérieur notamment dans ses domaines les plus novateurs et les plus mobiles : énergie, numérique, télécommunications, transports…

L’Europe n’est pas le problème

Je le sais : ce discours se heurte encore à des visions différentes, plus sombres et plus restrictives, voire négatives, du rôle et de l’avenir de l’Union.

Mais je persiste et je signe : l’Europe n’est pas le problème. Et la réponse à nos problèmes n’est pas « l’Euroscepticisme light ». Nous n’avons pas suffisamment expliqué le projet européen, nous, pro-européens, nous ne l’avons pas suffisamment nourri, et pourtant, j’en suis convaincu, il ouvre les voies d’un futur ouvert et confiant.

Il ne s’agit pas pour moi de prôner une eurobéatitude stérile, ni de bercer d’incantations sur les vertus de l’Union. En revanche, nous devons défendre la logique de nos choix : puisque la zone euro a voulu partager une monnaie unique, eh bien, elle doit avancer naturellement vers une intégration plus poussée pour tirer parti de cette volonté historique.

Cela nécessite une légitimité démocratique renforcée et des moyens d’action supplémentaires : comité de la zone euro au sein du parlement européen, un eurobudget consacré à lutte contre les déficits budgétaires, un président permanent de la zone euro…

Certes, le budget de l’Union est moins ambitieux que ce que nous aurions voulu mais il reste à un niveau nettement plus élevé que ce que souhaitaient certains membres, à commencer par la Grande-Bretagne.

Comme il n’y a pas de renégociation programmée, nous allons vivre avec… Mais cela ne nous empêche pas de reprendre l’offensive, sans trembler, en nous concentrant sur les politiques les plus efficaces et en renforçant des postes stratégiques, à commencer par la lutte contre le chômage des jeunes.

Une vice-présidence économique pour La France : je suis prêt

La France doit être le fer de lance de ce sursaut.

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Mon interview dans le quotidien espagnol El Pais traduite

Catégorie : Actualité,Europe / International,Voyages et déplacements | Par pierre.moscovici | 11/07/2014 à 10:56

A lire ci-dessous, la traduction de mon interview dans le quotidien espagnol El Pais, et mes réponses sur l’Europe et son orientation pour les prochaines années, sur les institutions européennes et leurs représentants, sur la vie politique française.

Son nom figure parmi les principaux candidats à un poste important au sein des institutions européennes, peut-être un grand commissariat. Ce n’est pas par hasard que le discours de Pierre Moscovici (Paris, 1957), ministre de l’Économie et des Finances jusqu’en avril dernier, est ourlé des mots « croissance », « reprise » ou « investissement », mais surtout « Europe ». Ce militant du Parti socialiste depuis 1984 s’est rendu jeudi dernier à Madrid dans le cadre d’une mission confiée par Manuel Valls, pour évaluer les politiques européennes de croissance et d’emploi en Europe. Une tournée qui l’a déjà mené à Londres, Rome, Bruxelles, et Berlin. En Espagne, il a rencontré différents responsables politiques et chefs d’entreprise, comme José Manuel González Páramo, conseiller exécutif de la banque BBVA, ou Luis de Guindos, ministre de l’Économie et l’un de ses concurrents à la présidence de l’Eurogroupe. Il remettra son rapport en octobre.

Question : Comment voyez-vous la situation de l’Espagne et des autres pays que vous avez visités ?

Je sens l’envie et le besoin que les améliorations soient plus fortes et plus rapides, et l’Union européenne a là un rôle à jouer.

Réponse : Les choses sont différentes d’un pays à l’autre. L’Allemagne connaît une situation exceptionnelle, avec un chômage faible, des exportations massives, une croissance solide. L’Espagne a été durement touchée par la crise, avec un chômage insupportable ; le défi est donc plus grand, mais la situation s’est améliorée. Dans la zone euro, on constate une stabilisation par rapport à l’année 2012. En même temps, je sens l’envie et le besoin que les améliorations soient plus fortes et plus rapides, et l’Union européenne a là un rôle à jouer. La récente déclaration du Conseil européen est encourageante, car elle exprime la volonté que la Commission et les institutions européennes favorisent la croissance avec des politiques d’investissement et de réindustrialisation dont nos pays ont besoin. Il nous faut des infrastructures, notamment dans le secteur de l’énergie, où nos ressources sont faibles. Et l’Europe peut y contribuer, notamment par l’intermédiaire de la Banque européenne d’investissement.

Question : Pensez-vous qu’une position commune sera trouvée entre l’austérité et la souplesse que demandent, par exemple, la France ou l’Italie ?

La principale priorité de la prochaine Commission européenne, des prochaines institutions, ne sera autre que la croissance.

Réponse : Depuis la crise, nous avons connu des années difficiles, où l’économie européenne n’a pas retrouvé les niveaux de production de 2008. La dernière décennie a été marquée par l’austérité. La prochaine doit être une décennie sérieuse. Personne ne souhaite s’endetter ; l’endettement a un coût et pèse sur les générations futures. Mais en même temps, elle doit être une décennie de croissance. La principale priorité de la prochaine Commission européenne, des prochaines institutions, ne sera autre que la croissance. Nous mobiliserons tous nos efforts et tous nos moyens dans cet objectif. Nous travaillerons pour un accord entre les pays. Et pour cela, nous avons besoin d’une meilleure coordination des politiques économiques en Europe. Nous espérons que l’Allemagne comprendra la situation de ses voisins, ce qui ne signifie pas un relâchement de la discipline. Nous sommes favorables à la discipline et aux règles, mais cela veut dire également être pour un équilibre encore plus grand dans la zone euro.

Question : Matteo Renzi a dit de l’U.E. qu’elle était comme « une vieille tante ennuyeuse ». Qu’en pensez-vous ?

Si nous sommes capables d’obtenir des résultats en termes de croissance, d’emploi et d’amélioration, le projet européen restera vivant.

Réponse : Il est jeune… [il sourit]. Quand on parle de quelqu’un qui, comme l’Union européenne, a 56 ans, mon âge, on pense naturellement à sa vieille tante. Moi, je suis né en 1957, l’année du traité de Rome. Alors, pour moi, c’est une cousine déjà d’âge mûr, mais qui a beaucoup de charme et avec laquelle nous avons de bonnes relations. Mais arrêtons là la métaphore. Je suis européen, et nous n’avons qu’une Europe. Nous ne pouvons pas en construire une autre, mais nous pouvons changer les choses pour qu’elle rayonne à nouveau, pour que se réalise le rêve dont Matteo Renzi a récemment parlé au Parlement européen. L’Europe est aujourd’hui marquée par l’euroscepticisme, nous sommes à un point d’inflexion. Et si nous sommes capables d’obtenir des résultats en termes de croissance, d’emploi et d’amélioration, le projet européen restera vivant. Si à l’inverse, nous poursuivons les mêmes politiques qui donnent les mêmes résultats, alors nous ne reverrons plus cette vieille tante.

Question : Votre nom est pressenti pour un poste élevé au sein des institutions européennes.

Avec le Président de la République, nous avons formé un projet commun pour l’Europe, je suis prêt et je m’y prépare activement.

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