Dans les médias

A positive fiscal stance for the eurozone

Catégorie : Actualité,Commission européenne,Europe / International,Politique,Réflexions | Par pierre.moscovici | 04/12/2016 à 10:51

When eurozone finance ministers meet in Brussels on Monday morning to discuss each other’s fiscal plans for the coming year, there will be a new element on the table compared to their last such gathering a year ago: the European Commission’s call for a positive fiscal stance for the eurozone as a whole.

Our recommendation has sparked strong and opposing reactions in different capitals. To understand the reasoning behind it, it is worth taking a step back.

The sovereign debt crisis laid bare the need for stronger economic policy coordination in the eurozone. So we created a procedure for finance ministers to discuss collectively their draft budgetary plans for the following year, before their final adoption by national parliaments, based on opinions prepared by the Commission. The idea was to create a moment to discuss eurozone-wide considerations which national authorities could take into account before the final adoption of each national budget.This system has now been in place for four years and works relatively well. But a discussion of national fiscal policies in isolation takes us only so far.

If we are serious about deepening the eurozone to strengthen its resilience, the first step must be to start acting collectively.

The eurozone’s aggregate fiscal stance during the crisis years of 2011-2013 was negative, as governments raised taxes and cut spending to rein in their ballooning deficits and regain the confidence of markets. Since 2014, it has been broadly neutral or very slightly expansionary. Crucially though, the eurozone fiscal stance has so far been the mere sum of the member states’ fiscal policies, rather than the outcome of a conscious decision or collective effort. It has been chance, not choice.

So the fact that the Commission is taking a position on what the eurozone fiscal stance should be is in itself an important step towards more effective economic governance.

In so doing, the Commission is acting as a eurozone finance minister would, and perhaps one day, will. But what do we mean by a positive fiscal stance? It combines two concepts. First, a fiscal expansion of up to 0.5% of GDP to firm up still fragile growth at a time of heightened global uncertainty, when ever greater numbers of our citizens feel left behind by the post-crisis recovery. And second, a better distribution of fiscal effort between the eurozone’s component parts. At present, we are in the paradoxical situation whereby those that do not have fiscal space wish to use it, while those that do have space do not want to use it. Overcoming this paradox would be in the interest of all.

Under Jean-Claude Juncker, the European Commission has proved itself to be able to apply the Stability and Growth Pact, the anchor of the eurozone’s fiscal solidity, in an intelligent manner.

We have made sure that we strike the right balance between pursuing fiscal consolidation in countries with high debt and deficit levels, and supporting growth. We have allowed temporary deviations from agreed fiscal adjustment paths to accommodate certain growth-enhancing reforms and public investments.

The Pact works – deficits have fallen from an average of 6% in 2011 to below 2% this year – but it is asymmetrical, with strong tools to push for consolidation but not expansion.

As we have made clear, those countries with still high deficit or debt levels should focus on respecting their commitments. Those running a surplus, on the other hand, should be encouraged to use those resources to support domestic demand, and in particular investment. This would be beneficial first and foremost for the economies concerned, but would also generate positive spillovers to the rest of the eurozone. Designing such a common fiscal stance is therefore a matter of collective responsibility and common interest.

The Commission is by no means going out on a limb in setting out the case for a positive fiscal stance. The IMF and the OECD have both called for those countries with fiscal space to use it to support demand.

The overriding policy priority at this time is to support growth. As underlined by the G20 leaders in September, that means using all policy tools – monetary, fiscal and structural – individually and collectively to that end. The eurozone must play its part in this global effort and it must do so in a way that is internally balanced, fair and coherent. That is the position that I will be defending in the Eurogroup.


TVA sur le e-commerce: engagement tenu!

Catégorie : Actualité,Commission européenne,Réflexions | Par pierre.moscovici | 02/12/2016 à 0:09

Comme elle s’y était engagée, la Commission a présenté cette semaine une proposition visant à donner un coup de jeune à la législation européenne sur la TVA.

La législation actuelle, élaborée entre 1977 et 1993, est dépassée. A l’époque, Internet n’existait pas encore et le commerce à distance rimait avec La Redoute ou Les Trois Suisses.

Même en 2008, lors de la dernière révision, le commerce électronique n’occupait pas encore la place qu’il a aujourd’hui dans nos vies et nos économies. Un exemple de cette modernisation nécessaire: à l’heure actuelle, les Etats membres ne peuvent pas appliquer le même taux réduit de TVA sur les livres électroniques et les journaux en ligne que sur les livres et la presse papier. Rien ne justifie cette différence en 2016: un livre est un livre, un journal, un journal, quel que soit le support. C’est l’un des freins au développement de l’économie numérique que la Commission s’était engagée à lever au printemps dernier, dans le cadre de sa stratégie pour un marché unique numérique et de son plan d’action sur la TVA.

Mais la proposition va plus loin que le simple lifting de la législation existante: elle vise à dynamiser le commerce en ligne, qui est un réservoir d’activité et de croissance encore trop peu exploité.

Il nous arrive parfois de voir s’afficher sur nos écrans le message suivant: « Désolé, la livraison n’est pas disponible dans votre pays ». La raison est simple : aujourd’hui, une entreprise européenne qui veut vendre des biens dans d’autres Etats membres doit s’inscrire auprès des administrations fiscales de chacun des pays concernés. Elle doit donc accomplir des démarches administratives complexes et chronophages, dans une langue qui n’est pas la sienne. Ces démarches génèrent des surcoûts et découragent bien souvent les entreprises, notamment les plus petites d’entre elles, de se développer hors de leurs frontières.

Avec cette proposition, la Commission étend au commerce de biens en ligne le Guichet Unique tel qu’il existe déjà pour les services électroniques.

Les entreprises n’auront qu’à s’inscrire sur un portail en ligne hébergé par leur administration fiscale, dans leur langue, et le taux de TVA applicable sera automatiquement calculé puis la somme transférée à l’administration du pays du destinataire. Il s’agit donc d’une mesure de simplification qui permettra aux entreprises d’accéder plus facilement au marché unique, en les libérant des contraintes administratives qui nuisent à leur compétitivité.

La proposition contient aussi des mesures visant à encourager l’activité des TPE-PME et des micro-entrepreneurs qui souhaitent accéder au marché intérieur pour se développer.

Sous un seuil de 10 000 euros, les ventes seront considérées comme relevant du marché domestique et se verront appliquer le taux de TVA du pays d’origine. Dans ce cas-là, aucune démarche particulière ne sera nécessaire et il sera aussi simple de vendre un bien sur le marché domestique que sur le marché européen. Pour ces PME-TPE et ces micro-entrepreneurs, la différence est énorme puisque leurs perspectives de développement se trouveront multipliées par 28.

La proposition revient enfin sur une anomalie, qui induit une concurrence déloyale entre les entreprises européennes et non-européennes.

Aujourd’hui, les entreprises non-européennes qui vendent en ligne vers l’Union européenne sont exonérées de TVA sur les envois de biens dont la valeur n’excède pas 22 euros, alors que les entreprises européennes paient la TVA dès le premier cent. Non seulement ce régime d’exception n’a aucune justification mais il conduit aussi certaines entreprises non-européennes à frauder en sous-déclarant la valeur des biens qu’elles expédient vers l’Europe – c’est notamment le cas de certains smartphones et tablettes produits hors-UE. Cette situation n’est plus tenable. C’est pourquoi la Commission entend y mettre fin: tout colis entrant en Europe se verra appliquer le taux de TVA du pays destinataire. C’est une question de protection des entreprises européennes, qui ne peuvent partir avec une TVA de retard sur leurs concurrents asiatiques ou américains.

Il s’agit d’une proposition favorable aux Etats membres, aux citoyens européens et à la croissance en Europe.

Aux Etats membres car en générant de l’activité économique, en étendant la TVA à tous les envois sans exception et en limitant la fraude, elle leur permettra de percevoir plus de TVA – le gain estimé est de 5 milliards d’euros et même 7 milliards à l’horizon 2020. Ce sont autant de recettes supplémentaires pour investir et financer les services publics performants. Aux citoyens européens, car ils pourront plus facilement acheter des produits dans les autres Etats membres. A l’activité économique et à la croissance enfin, car les entreprises, quelle que soit leur taille, pourront vendre leurs produits en ligne partout en Europe, sans que pèsent sur elles des fardeaux inutiles, qu’ils soient financiers ou administratifs.

Je veux être clair : il ne s’agit pas d’étendre la TVA à davantage de produits pour augmenter le niveau d’imposition. Les taux de TVA ne changeront pas.

Il s’agit simplement de supprimer certains des obstacles qui existent encore du fait de l’absence d’un espace commun de TVA en Europe. Les entreprises de commerce en ligne et les consommateurs n’ont pas à subir les conséquences de cette fragmentation anachronique. Le guichet unique est une réponse simple et efficace.

Après l’Assiette Commune Consolidée d’Imposition sur les Sociétés, l’Europe montre qu’elle est capable de construire un cadre fiscal qui soutient la création de valeur et qui dynamise le marché intérieur.

Elle poursuit ainsi son objectif: une croissance plus forte. L’Europe montre aussi qu’elle est capable de changer le quotidien des citoyens européens par des mesures simples, concrètes, lisibles. Elle agit ainsi dans la droite ligne du discours sur l’état de l’Union du Président Juncker, qui appelait à une Europe plus concrète, plus proche, plus modeste par certains aspects, mais aussi plus efficace.

La Commission ne s’arrêtera pas là: elle proposera d’ici fin 2017 une réforme plus globale de la TVA pour simplifier la vie des entreprises et des citoyens.


« S’il est minuit en Europe » – Extrait 4/16

Catégorie : Actualité,Commission européenne,Politique,Réflexions | Par pierre.moscovici | 25/11/2016 à 20:48
Commentaires fermés

Aujourd’hui, le quatrième extrait :

Beaucoup de dirigeants ont perdu le sens de l’intérêt général européen.

Au lancement de l’aventure européenne, Jean Monnet avait relevé que « pour la première fois, six pays [s’étaient] réunis non pour rechercher un compromis provisoire entre des intérêts nationaux, mais pour prendre une vue commune de leurs intérêts communs ». Cette ambition semble loin aujourd’hui. Sur tous les dossiers, c’est l’affrontement des égoïsmes nationaux, c’est l’asservissement à l’opinion publique de chaque pays, ce sont les calculs politiques de court terme qui l’emportent.


« S’il est minuit en Europe » – Extrait 3/16

Catégorie : Actualité,Europe / International,Politique,Réflexions | Par pierre.moscovici | 22/11/2016 à 22:21
Commentaires fermés

Troisième extrait de mon livre paru le 2 novembre

L’Europe est au coeur d’une profonde recomposition.

Si le clivage gauche-droite persiste bel et bien, il est complété par une nouvelle ligne de division, qui oppose les partisans d’un monde fermé et ceux d’un monde ouvert. Les souverainistes – de droite comme de gauche – veulent un retour aux frontières nationales, au risque du déclin. Les tenants de l’ouverture veulent supprimer les barrières, au risque de la dilution.

Aucun de ces modèles n’est convaincant.

Le premier, parce qu’il est illusoire : un Etat – et particulièrement un Etat européen, au mieux moyen à l’échelle mondiale – ne peut à lui seul traiter des questions dont la solution est au moins continentale. Le second, parce qu’il est naïf : ouvrir grand portes et fenêtres, sans conditions, revient à exposer les plus vulnérables et à se déposséder volontairement de tout instrument de régulation. Entre ces deux extrêmes, il y a un sentier étroit. Reste que les souverainistes rassemblent, des deux côtés du spectre politique.


De l’austérité à la croissance ou la réorientation des budgets de la zone euro!

Catégorie : Actualité,Commission européenne,Politique,Réflexions | Par pierre.moscovici | 21/11/2016 à 22:25
Commentaires fermés

En visite à Harvard la semaine dernière, je m’interrogeais sur les moyens d’action de l’Etat fédéral américain et ceux de l’Union européenne. La boîte à outils fédérale américaine est fournie : tournevis de la politique fiscale, clef à molette de la politique sociale, mètre de la politique monétaire… Du côté européen, quelques outils en moins, plus petits, et surtout une question qui revient à chaque fois qu’il faut agir : lequel choisir ? Conséquence : on en est souvent à se poser cette question alors qu’on devrait déjà être en train de visser.

Depuis mercredi, la boîte à outil européenne compte un nouvel outil : la « position budgétaire » ou « fiscal stance » en anglais.

Depuis mercredi, la boîte à outil européenne compte un nouvel outil : la « position budgétaire » ou « fiscal stance » en anglais. Concrètement, il s’agit d’une Communication de la Commission qui définit une orientation budgétaire commune aux pays de la zone euro. Cette position peut être négative en réduisant les déficits trop élevés. C’est ce que nous avons fait pendant la crise. Elle peut être neutre. C’est ce que nous avons depuis deux ans, permettant à la fois une baisse de déficits et une croissance modeste. Elle pourrait être positive, donnant la priorité à une croissance plus forte, tout en maintenant à la baisse des déficits déjà relativement bas. C’est le choix que propose la Commission européenne pour les 19 Etats membres de la zone euro pour 2017.

Mais ce n’est pas simplement un outil de plus. Avec le « fiscal stance », nous franchissons un pas décisif vers une gouvernance économique plus efficace de la zone euro.

Mais ce n’est pas simplement un outil de plus. Avec le « fiscal stance », nous franchissons un pas décisif vers une gouvernance économique plus efficace de la zone euro. La Commission peut désormais agir comme une sorte de « ministre des Finances de la zone euro » – un ministre collectif, bien sûr – en donnant un objectif global d’équilibre entre le soutien à la croissance et le respect des règles.

Il s’agit surtout d’une avancée politique, qui contribue à l’approfondissement de l’Union Economique et Monétaire, mais aussi à sa réorientation.

Il s’agit surtout d’une avancée politique, qui contribue à l’approfondissement de l’Union Economique et Monétaire, mais aussi à sa réorientation. Dans son discours sur l’état de l’Union, le Président Juncker avait en effet plaidé pour une « orientation budgétaire positive » dans la zone euro. Concrètement, qu’est-ce que cela signifie ? Qu’au lieu d’économiser, les Etats membres qui disposent de marges budgétaires – autrement dit, ceux qui dépensent moins que ce qu’ils collectent en impôts et en taxes – doivent dépenser et investir pour eux-mêmes et dans l’intérêt de tous. C’est notamment le cas de l’Allemagne, qui, en investissant davantage, dynamiserait à la fois son économie et celles de l’ensemble des Etats membres. Quant aux Etats qui sont encore en-deçà de leurs objectifs, ils doivent se concentrer avant tout sur le respect de leurs engagements, dans l’intérêt de tous – à commencer par le leur.

Pour la première fois, nous nous assurons que nos règles ne sont pas en contradiction avec l’objectif politique prioritaire de la Commission : plus de croissance.

Pour la première fois, nous nous assurons que nos règles ne sont pas en contradiction avec l’objectif politique prioritaire de la Commission : plus de croissance. La croissance est le carburant de la zone euro, nous avons besoin si nous voulons réduire efficacement les inégalités, faire baisser plus rapidement le chômage et lutter ainsi contre les populismes.

En orientant la zone euro vers un « positive fiscal stance », pour la première fois, nous raisonnons dans l’intérêt général de la zone euro en matière budgétaire.

En orientant la zone euro vers un «  ositive fiscal stance », pour la première fois, nous raisonnons dans l’intérêt général de la zone euro en matière budgétaire. Autrement dit, nous pensons en politiques, plus en techniciens. Surtout, nous affirmons qu’au moment où l’Europe, sortie de la crise, progresse encore trop lentement, nous voulons dynamiser l’économie de la zone euro. Nous entendons le message du Brexit et de l’élection de Donald Trump, qui nous appelle à lutter plus ardemment encore contre le chômage et les inégalités.

Bref, nous tournons le dos à l’austérité et proposons d’agir plus vigoureusement pour muscler la croissance.

Bref, nous tournons le dos à l’austérité et proposons d’agir plus vigoureusement pour muscler la croissance. C’est beaucoup pour l’Europe, et c’est une avancée dont je me réjouis. Je souhaite que les États membres de la zone euro nous suivent dans cette voie d’avenir.


My speech at Harvard University today / Mon discours à Harvard aujourd’hui

Catégorie : Actualité,Europe / International,Réflexions | Par pierre.moscovici | 14/11/2016 à 20:40

A lire ci-dessous, mon discours à Harvard aujourd’hui sur l’avenir de l’Europe.

You can read below my speech today at Harvard University on the Future of Europe.

 

CHECK AGAINST DELIVERY

Keynote public address at the 2016 Summit on the Future of Europe

Monday 14th November, 12.30 EST
Harvard University, Minda de Gunzburg Center for European Studies

Good afternoon.

Let me begin by thanking the Center for European Studies for inviting me to share my thoughts with you today at this unprecedented moment in America’s political history.

It’s a privilege – and also a big responsibility.

A privilege, because I feel part of a history that, while not entirely my own, I feel is partly also my own. I was in Boston on 9/11, having taken off from Washington just a few minutes before the Twin Towers were attacked. My life will forever be marked by that memory. The United States is a country I have visited many times, for work or for vacation. It is a country for which I have both respect and affection.

And being here today is also a big responsibility, because I am the first representative of the European Institutions to visit the US since last week’s elections.

*

*        *

I am confident that the US will continue to be a strong and reliable partner for us.

So, on behalf of the European Commission, let me say I am confident that the US will continue to be a strong and reliable partner for us. That partnership is quite simply, an absolute necessity. The global challenges we face – in the areas of security, the economy, trade and climate change – can only be met if the US and Europe have a common agenda and a shared sense of direction.

As a citizen, I have to confess I was surprised (that is an understatement) at last week’s result, as were many Europeans and no doubt many of you. But we need to turn this painful awakening into a political wake-up call.

As a French Social Democrat, I want to share with you my worries when I see the Democrats – and our shared values – losing ground on both sides of the Atlantic.

Everyone in Europe is talking about your President-elect. Everyone is wondering about the causes of his election, and of course its consequences. Everyone is trying to decrypt Donald Trump’s personality, his views and his policy objectives on global matters such as trade or foreign affairs. Will he copy and paste his campaign statements into his policy agenda for the next four years, or will those statements be nuanced? We will soon know. We need to remain open-minded, just as we also need to remain vigilant.

*

*        *

When I was preparing this speech, I tried to put myself in your shoes and wondered what noises have been reaching you from Europe these past months.

I imagine the perception is one of a string of crises: the Greek debt crisis, the refugee crisis, Brexit, the struggle to adopt CETA, our new trade agreement with Canada. And when you see all these events, I can imagine that your incredulity is not less than ours was after Donald Trump’s election. Many of my US interlocutors often ask me this blunt question: « What is going on with Europe? It’s a mess! ». Some communicate their skepticism more delicately by asking me with a smile: “Where is Europe heading?” Well, I don’t have all the answers. But I do have plenty of ideas, which I set out in a book published a few days ago, and I will share some of those ideas with you today.

To overcome the challenges Europe is facing, we need a more political Europe, with a stronger euro area at its center.

My main message is very simple: to overcome the challenges Europe is facing, we need a more political Europe, with a stronger euro area at its center.

*

*        *

Yes, we need a more political Europe, one with solid legitimacy. You may wonder: where does European political legitimacy lie? Does it lie with the European Commission, which is often blamed by populists, but not only, for its omnipotence as much as its powerlessness? Does it lie with the European Parliament, directly elected by European citizens, whose decision-making power has increased significantly over the past twenty years? Does it lie with the European Council, which gathers our 28 national leaders and tries to overcome often contradictory national interests during all-night summits? Does it lie with our 28 national parliaments, or even regional ones, like that of Wallonia, which temporarily blocked the adoption of CETA? Is there any legitimacy left in the historical heart of the EU, formed by the French-German couple? Or maybe with Germany alone, because of its current economic dominance?

The issue of legitimacy is not present here in the US in anything like the same way. Of course, you have your debates about the powers of the Federal Government. But at the end of the day, you vote for a President and a Congress, which in turn rule according to their mandate. The legitimacy is clear. It derives from the first line of your Constitution: « We the people of the United States ».

*

*        *

There is neither a European Constitution, nor any « We the people of Europe ». The question rather is: can the peoples of Europe work together?

Lire la suite


« S’il est minuit en Europe » – Extrait 2/16

Catégorie : Actualité,Europe / International,Réflexions | Par pierre.moscovici | 14/11/2016 à 17:58
Commentaires fermés

Voici ci-dessous le deuxième extrait de mon livre paru le 2 novembre, « S’il est minuit en Europe« , sur la mondialisation. Vous retrouverez régulièrement sur ce blog des extraits de ce livre, tout au long des prochaines semaines.

Contrairement aussi à ce qu’écrivait il y a près de vingt ans Alain Minc, la mondialisation n’est pas heureuse – ou plutôt, elle n’est pas qu’heureuse.

Contrairement aussi à ce qu’écrivait il y a près de vingt ans Alain Minc, la mondialisation n’est pas heureuse – ou plutôt, elle n’est pas qu’heureuse. Elle a aussi fait des perdants. Nombreux. Souvent invisibles. Elle a dynamité l’ascenseur social, profondément fragilisé la classe moyenne, qui a été aspirée vers le bas et qui s’est mise à douter de son avenir. Elle a fait exploser les inégalités.

La grande faute de l’Europe, ces dernières années, est d’avoir laissé ces perdants de la mondialisation passer sous son radar.

La grande faute de l’Europe, ces dernières années, est d’avoir laissé ces perdants de la mondialisation passer sous son radar. Pas de s’en être détournée ou de ne pas avoir su répondre à leur détresse : elle ne les a même pas vus. Du coup, pour eux, l’Europe est au banc des accusés. Parce qu’ils ont cru en elle, en la perspective de prospérité et de justice sociale qu’elle portait, et qu’elle n’a pas su les protéger. Et parce qu’ils l’ont vue comme le cheval de Troie de cette mondialisation douloureuse, comme le catalyseur d’une recomposition économique qui a profondément déstabilisé les pays occidentaux, Europe de l’Ouest et Etats-Unis en tête.


« S’il est minuit en Europe » – Extrait 1/16

Catégorie : Actualité,Europe / International,Politique,Réflexions | Par pierre.moscovici | 07/11/2016 à 18:10
Commentaires fermés

Chers lecteurs,

J’ai publié la semaine dernière, aux éditions Grasset, un livre de propositions et de convictions, « S’il est minuit en Europe« .

C’est le livre d’un artisan et d’un partisan de l’Europe, un ouvrage « coup de gueule » contre ceux qui laissent dépérir la grande idée européenne. C’est aussi un plaidoyer pour ceux qui pensent qu’il faut redonner une chance à notre continent et au projet européen. C’est une contribution à la fois personnelle et politique, par un Européen de cœur, qui connaît intimement l’Europe et qui se bat au quotidien pour qu’elle avance.

Voici le lien de l’ouvrage, pour plus d’informations : http://www.grasset.fr/sil-est-minuit-en-europe-9782246863311

J’en publierai, sur ce blog, un extrait tous les 2 jours, afin de partager avec vous les idées et les engagements qui sont les miens.

En voici le premier extrait :

Dans la foulée de son élection, Marine Le Pen convoque un référendum sur l’appartenance de la France à l’Union européenne.

« Dans la foulée de son élection, Marine Le Pen convoque un référendum sur l’appartenance de la France à l’Union européenne. Elle en avait fait une promesse de campagne – et elle la tient. Le Brexit inspire au-delà des frontières, il réveille tous les nationalismes, encourage tous les populismes. Les partis de gouvernement, hébétés par la défaite, handicapés par des années de silence et de raccourcis sur l’Europe, échouent à lui faire barrage. Le référendum français capte – comme toujours – toutes les angoisses, tous les ressentiments accumulés. C’est le camp europhobe qui l’emporte. Paris emboîte le pas à Londres et commence à négocier les conditions de son retrait.

Au moment où j’écris ces lignes, ce scénario n’est heureusement qu’une fiction, une vue de l’esprit.

Au moment où j’écris ces lignes, ce scénario n’est heureusement qu’une fiction, une vue de l’esprit. C’est la voie du pire, qu’il reste possible et même probable d’éviter en 2017. Mais pas sans conditions. Il faut combattre l’extrême droite bien plus vigoureusement que par le passé : avec des idées, avec des projets, avec des principes et des valeurs, et surtout avec des résultats. Sur tous les fronts et sur tous les plans. Le bipartisme français, ancré depuis des décennies, crée de la rente électorale pour les grands partis politiques, en leur assurant des positions acquises : cela les rend trop souvent routiniers et complaisants. Lutter contre la percée populiste n’est pourtant pas un travail pour dilettante. C’est une tâche de fond, méthodique, qui exige de la constance, de l’exemplarité dans la conduite et de l’excellence dans les propositions. Nous n’y sommes pas.

Et s’il y a bien un champ qui a été déserté, un objet politique abandonné à l’extrême droite, c’est l’Europe.

Lire la suite