L’HORREUR À ALGER, LE RIDICULE À PARIS

Monstrueux attentats, hier à Alger – plus de 60 morts, 200 blessés – touchent deux cibles : le pouvoir algérien et l’ONU, plus particulièrement le HCR. L’auteur de ce forfait est connu, il a été signé et revendiqué, c’est Al-Qaida, à travers sa branche pour le Maghreb islamique, qui a absorbé l’ancien groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC). Que dire devant l’horreur ? Exprimer d’abord une condamnation, saluer les victimes, les civils et les étudiants algériens, les fonctionnaires de l’ONU qui ont payé leur engagement de leur vie. Le terrorisme est absurde, révoltant inacceptable, son refus, je le disais hier à propos du colonel Kadhafi, ne doit souffrir aucune exception, il ne connaît nulle excuse. Mais il faut aussi marquer une préoccupation : l’Algérie renoue avec les attentats de masse, elle est à nouveau dans la ligne de mire des islamistes, qui ont prouvé hier – alors que le pouvoir les dit marginaux – leur immense capacité de nuisance. C’est un constat d’échec, cruel. Le terrorisme est bien sûr difficile à combattre, toutes nos sociétés y sont vulnérables. Mais l’Algérie l’est sans doute plus que d’autres. Car la présence islamiste au Sahel n’est pas contenue. Car la coopération policière avec les autres pays du Maghreb n’est pas optimale. Surtout, parce que les réformes nécessaires à un rejet de l’islamisme n’ont pas été faites. L’Algérie est un pays riche, mais où la manne financière n’est pas partagée, où le peuple assiste en spectateur aux manœuvres d’un pouvoir opaque. Tant que l’Algérie n’aura pas avancé vers la démocratie, n’aura pas ouvert son modèle social, elle sera menacée de convulsions. Ce n’est l’intérêt de personne : l’Algérie est un grand pays, auquel nous sommes intimement liés, et qui a une vocation au leadership maghrébin, s’il sait valoriser ses ressources. C’est pourquoi nous devons aider l’Algérie, l’encourager à changer, multiplier les contacts avec les partis algériens, d’abord le FFS, mais aussi le RCP, sans négliger bien sûr les relations avec le pouvoir qui, pour contestable qu’il soit, détient les clés du changement. En tout cas, après le 11 septembre 2001, ce 11 décembre 2007 montre la virulence conservée d’Al-Qaida, rappelle la menace terroriste et nous incite à garder une vigilance intacte.
Suite de la visite de Kadhafi à Paris : le calvaire continue. Avec l’inénarrable colonel, au comportement capricieux de rock star, la provocation est toujours au rendez-vous, le pire est toujours – presque – sûr, et Sarkozy continue jusqu’au jour à se mordre les doigts de cette invitation baroque. L’interview du « guide » à France 2 valait en effet son pesant de cacahuètes ! L’hôte de la France refuse la présence internationale au Darfour – à laquelle notre pays travaille : belle reconnaissance. Le colonel prétend par ailleurs n’avoir pas évoqué la question des droits de l’homme avec Nicolas Sarkozy. J’ai cédé hier mon temps de parole lors du débat sur la préparation du Conseil européen à Jean-Marc Ayrault, pour qu’il évoque la visite en France du dictateur libyen, au nom des socialistes. Il l’a fait, et bien fait, et a posé à ce sujet la question : qui, de Kadhafi ou de Sarkozy, qui clame avoir parlé de ce sujet, dit la vérité ? J’ai ma réponse : je ne mets pas, pour ma part, en doute la parole du Président de la République, ni les propos du secrétaire général de l’Élysée, Claude Guéant, la partie française a, évidemment, mis le problème des droits de l’homme à l’ordre du jour de ces entretiens. D’une certaine façon, c’est pire : Kadhafi n’a pas entendu le message, parce que ce n’est pas pour lui un sujet, parce que cette préoccupation n’existe pas à ses yeux, tout simplement parce qu’il ne veut pas entendre ou parce que, comme disent les jeunes, il n’en a « rien à cirer ». C’est pourquoi je demande au Chef de l’État de revenir à la charge, de manière plus formelle, plus publique, pour éviter le camouflet. Je lui demande aussi d’exiger de Kadhafi – c’est bien le moins – la reconnaissance de l’innocence des infirmières bulgares et du médecin d’origine palestinienne détenus, condamnés et torturés en Libye pendant huit ans. Le fera-t-il ? Je ne me fais guère d’illusions…
Toujours est-il que cette visite est une bérézina. Bien sûr, des contrats sont signés, mais beaucoup étaient déjà conclus, d’autres sont lointains ou bien hypothétiques – le Rafale n’a pas encore trouvé preneur.Et la rhétorique populiste de Sarkozy – « les ouvriers d’Alstom ou d’EADS seront contents, moi je travaille pour eux » – ne suffira pas à effacer cette tache. Cette visite embarrasse, y compris à droite : le prétexte de Copé pour ne pas assister à la réception à l’hôtel de Lassay ne trompait personne – c’était fait pour – et de nombreux élus UMP ressentent un sincère malaise, seuls Patrick Ollier et Nadine Morano – avec sa finesse proverbiale – s’acharnent à défendre l’indéfendable. Sarkozy a de la chance : le ridicule ne tue pas. Mais il blesse : le Président doit compter les heures qui s’écoulent jusqu’au départ de cet hôte qui l’encombre, il éprouvera alors un vrai soulagement. Le plus simple, à dire vrai, eût été qu’il ne vienne pas…

LA DIPLOMATIE DU FLORE

La visite de Kadhafi suscite une immense controverse, plus forte à vrai dire que je le pensais moi-même. Elle provoque un grand débat, que je crois sain, sur la nature de la diplomatie française. La droite et Nicolas Sarkozy sont plus qu’embarrassés. L’UMP a déclenché un vaste tir d’artillerie contre les « donneurs de leçons », ceux qui ont les mains pures… parce qu’ils n’ont pas de mains. Elle met en avant la réintégration de la Libye dans la communauté internationale, la nécessité du dialogue pour faire évoluer ce pays, la logique commerciale – la floraison de contrats, à terme pour dix milliards d’euros, est impressionnante. Quant à Nicolas Sarkozy, livide, manifestement furieux contre sa sympathique et irresponsable secrétaire d’État aux droits de l’homme, il serre les dents et attaque la diplomatie bien pensante, la diplomatie du « Café de Flore ». ces arguments, inégaux méritent une petite réponse.
Précisons, d’abord, ce qu’est le café de Flore à ceux qui ne le connaîtraient pas. Ce café de Saint-Germain-des-Prés fut, dans les années 50, un haut lieu de la vie intellectuelle française, fréquenté par les existentialistes, par Sartre et Simone de Beauvoir. Il demeure un rendez-vous prisé où j’avoue aimer, lorsque je suis parisien, boire un verre, et où l’on croise souvent Bernard-Henri Lévy. J’ai pensé que lui et moi étions l’objet de cette puissante attaque du Chef de l’État. Passons sur les ripostes faciles, très parisiennes justement. Je n’ai pour ma part jamais été maire de Neuilly, je suis, et j’en suis fier, député d’une des circonscriptions les plus ouvrières de France, dans le pays de Montbéliard, j’ai la confiance, durement arrachée de cet électorat populaire, et cela compte énormément pour moi. De la part d’un Président qui a fêté son élection par une bamboula au Fouquet’s avec les hommes les plus riches de France, entouré de people, cette mise en cause est rigolote. À tout prendre, même si je n’en suis pas, je préfère la gauche caviar à la droite bling-bling, celle qui prend ses vacances à Malte sur des yachts de milliardaire.
Mais trêve de plaisanterie – même s’il n’est pas interdit de sourire – le fond de l’affaire est autre. Quel équilibre pour notre diplomatie entre les principes et les réalités ? Telle est la question. Je ne me définis pas comme un pur idéaliste. Je connais les contraintes internationales, l’injustice du monde, les intérêts de la France. Une bonne politique étrangère doit en tenir compte. En ce sens, le terme « real politik » est un truisme, une tautologie.C’est pourquoi je crois, en effet, qu’il est légitime d’entretenir avec le colonel Kadhafi et la Libye des relations politiques et diplomatiques, de chercher à y être présent, dès lors que ce pays a souhaité réintégrer la communauté internationale, indemnisé les victimes des attentats terroristes dont il est responsable, et qu’il n’est plus, depuis 2004, sous embargo de l’Union européenne. Ce que je réprouve, c’est le blanc seing donné à ce régime, anti-démocratique, négateur des droits de l’homme, par une visite à laquelle Nicolas Sarkozy a souhaité donner un lustre particulier. Ce n’est plus réaliste mais, je l’ai dit, hyperréaliste, cynique. La France reste le pays des droits de l’homme, le berceau de la République, elle conserve un message universel, fondé sur des valeurs. Nous ne pouvons pas, nous ne devons pas y renoncer, au nom d’une diplomatie de complaisance, ou de connivence, avec les dictateurs de la planète. Il faut parfois dîner avec le diable, oui, mais avec une longue cuillère, et sans lui servir la soupe.
Nicolas Sarkozy avait compris cela – il le disait en tout cas – pendant sa campagne présidentielle. Il s’en éloigne aujourd’hui. Existe-t-il une alternative ? Je persiste à croire en une diplomatie plus éthique, soucieuse des droits de l’homme ; plus démocratique, sortant du domaine réservé pour être confrontée au débat public, au Parlement, à la société civile, aux ONG ; plus multilatérale, refusant l’égoïsme des nations pour privilégier la régulation à travers les organisations internationales ; plus tournée vers le Sud, solidaire avec l’Afrique, sans cautionner pour autant les régimes les plus contestables de ce continent ; plus européenne, enfin, acceptant que l’Union soit pour la France un multiplicateur d’influence et non une contrainte extérieure subie avec difficulté. Cette politique, à la fois consciente du réel et aspirant à l’idéal, je l’ai décrite dans un petit livre paru à la fondation Jean-Jaurès en 2006, « la France dans un monde dangereux ». Il existe, sur la planète un « désir de France », je le crois, mais pas de la France qui honore Kadhafi et ne s’honore pas. C’est à ce désir que nous devons répondre, et non lui tourner le dos.
Si c’est là cette « diplomatie du Flore » dont parle Sarkozy, j’assume. Mais pour moi, c’est autre chose, la suite de l’internationalisme socialiste, celui de Jaurès et de Blum. Oui, j’assume, j’en suis même fier.

SALE VISITE

Le colonel Kadhafi est en visite à Paris : rarement un voyage officiel aura causé un tel débat, suscité de telles passions, y compris au sein de la majorité. Nicolas Sarkozy, jamais avare de superlatifs, est venu chaleureusement saluer le « guide » lors d’une réunion à Lisbonne – au cours de laquelle celui-ci a pourtant justifié le terrorisme pour les « faibles » – pour lui dire combien il était « heureux » de le recevoir en France, François Fillon, toujours gai comme un pinson, fustige sévèrement les « donneurs de leçons », Bernard Kouchner refuse d’aller dîner à l’Élysée, Rama Yade s’indigne de ce « baiser de la mort », le PS s’oppose à cette visite.
Commençons par là : Kadhafi ne devrait pas être aujourd’hui l’hôte de la République française, c’est plus et pire qu’une erreur, c’est une faute. Il reste, malgré sa réintégration récente dans la communauté internationale, une personnalité trouble, un Chef d’État peu recommandable. En Libye, la démocratie n’existe pas. En Libye, les droits de l’homme ne sont pas respectés. Et la condamnation du terrorisme par le colonel Kadhafi est pour le moins ambiguë, à géométrie variable : ce n’est pas possible, le refus doit être d’une fermeté totale, ne souffrir aucune exception, aucune excuse. C’est pourquoi je suis profondément choqué que la France de Nicolas Sarkozy déroule le tapis rouge sous les pieds de celui qui demeure un dictateur infréquentable. Cela me laisse un vrai malaise, c’est indigne. Et cela confirme la vraie nature de la diplomatie sarkozienne : une diplomatie de complaisance. Nous sommes loin, en effet, des vibrantes proclamations éthiques de la campagne présidentielle. Le Président a depuis longtemps basculé dans le réalisme, dans l’hyperréalisme même, voire dans le cynisme : cette visite est le couronnement de ce tournant précoce. En effet, la liste des « nouveaux amis, du Président s’allonge : Poutine, Déby, Chavez, Kadhafi… La logique commerciale écrase et écarte tout principe. Cette dérive ne doit pas être acceptée : c’est pourquoi, comme Jean-Marc Ayrault – et d’ailleurs comme François Bayrou – je considère comme une faute la réception du colonel Kadhafi à la Présidence de l’Assemblée nationale : ce temple de la démocratie ne saurait accueillir de tels personnages.
Où en est, sur cette question, la majorité ? L’UMP, depuis cet été, joue la défense intransigeante, sans nuance et sans finesse, du Président. Je mets de côté l’extravagant Patrick Ollier, charmant collègue parlementaire, mais soutien quasi-délirant du colonel Kadhafi : cet excès me fait hésiter entre le rire et la tristesse. En réalité, c’est tout le parti du Président qui se mobilise autour de lui. Le Premier ministre, depuis Buenos Aires, approuve la visite. Et les parlementaires UMP, au sein de la Commission d’enquête que je préside, ne cessent – tout en y travaillant sérieusement – d’en dénigrer le principe, d’en freiner le cours. Toutes leurs interventions, toutes leurs questions, n’ont qu’un sens : chanter les louanges de Sarkozy, vanter sa diplomatie, éviter toute critique, même minime – ainsi toute idée de « contrepartie » à la libération des soignants bulgares est elle proscrite. Mais nous connaissons maintenant la principale contrepartie : ce que Kadhafi voulait par-dessus tout, c’était cette réception en grandes pompes, que toutes les autres capitales lui refusent à juste titre. Cette attitude a culminé avec leur refus de voir auditionner  Mme Sarkozy, sans autre raison que le bon plaisir du Prince qui nous dirige, alors que son témoignage était plus qu’utile, nécessaire.
Que dire du gouvernement ? Bernard Kouchner éprouve un évident malaise – qu’il exprime par un assourdissant silence. Lui qui fut un des plus fermes et convaincants détracteurs du régime libyen, lui qui est l’inventeur du droit d’ingérence, souffre sans doute de cette situation, qui heurte toutes ses convictions. Et pourtant, il la subit, il « avale son chapeau », comme il l’a dit à la commission d’enquête. C’est la preuve définitive qu’il n’est pas à sa place dans ce gouvernement : qu’es-tu allé faire dans cette galère, mon cher Bernard ? Quant à Rama Yade, ses déclarations m’ont stupéfait. Quelle violence, en effet, dans ses propos ! Le colonel Kadhafi devrait « comprendre que notre pays n’est pas un paillasson sur lequel un dirigeant, terroriste ou non, peut venir s’essuyer les pieds du sang de ses forfaits », la France « ne doit pas recevoir ce baiser de la mort ». Ces fortes paroles sont sympathiques, mais il y a aussi là un oubli singulier : qui a invité le colonel Kadhafi en France, qui reçoit ce baiser de la mort ? Nicolas Sarkozy, son chef adoré, son idole, son Président tout simplement. J’en ai assez de ces propos inconséquents, de ces ministres qui s’indignent, tout en participant à une politique qu’ils jugent « dégueulasse » comme Fadela Amara, ou inacceptable comme Rama Yade aujourd’hui. Nul n’est obligé d’être ministre, et la cacophonie n’est pas une méthode de gouvernement. J’en ai assez de ces valses à trois temps où on s’épanche d’abord, pour ensuite se désavouer de manière un peu piteuse et enfin rentrer dans le rang. J’ai une conception plus exigeante de la République que ces pulsions immatures : si Rama Yade pense ce qu’elle a dit, qu’elle s’en aille – quel sens cela a-t-il d’être secrétaire d’État aux droits de l’homme dans  un gouvernement qui, selon elle, n’en a cure – sinon, qu’elle se taise !
En attendant, Kadhafi est là. J’espère que Sarkozy aura à cœur de lui parler fortement des droits de l’homme, qu’il exigera qu’il reconnaisse, enfin, l’innocence des soignants bulgares – car ils ont été graciés, extradés, mais restent condamnés en Libye pour des crimes qu’ils n’ont pas commis. Je l’espère, mais je ne le crois pas. Sale visite, décidément.

DSK et moi

Pour certains, qui s’expriment sur ce blog, je parlerais trop de DSK, pour d’autres, je n’en parlerais pas assez. Faut-il en déduire que j’en parle juste comme il faut et quand il faut ? Je l’espère, je le crois, je vous dis pourquoi, en vous disant quelques mots -pardon de ce mauvais pastiche de Montaigne- de lui et de moi.

Je ne suis pas le petit télégraphiste de DSK, mon rapport avec lui n’est pas celui du PC coréen avec son leader Kim Jong Il. Nous sommes des socialistes, pas des paléo-staliniens, le culte de la personnalité n’est pas notre tasse de thé. Surtout, nous poursuivons chacun notre chemin. Il est à Washington, directeur général du FMI, il se consacre pleinement à cette tâche qui le passionne, sa réussite dans ces fonctions conditionne toute perspective d’avenir politique pour lui. Il le sait, le FMI n’est pas pour lui un plan B, un sas de décompression ou un stage avant son retour sur la scène française, c’est une vraie mission, un « full time job ». Préparer son « come back » ne peut pas être, ne doit pas être la seule raison d’être de SD. Ce serait une faute, il nous faut vivre notre vie, nous consacrer pleinement à notre tâche de militants, d’intellectuels, de citoyens, de responsables politiques, nous investir dans la reconstruction du PS et de toute la gauche, le faire ici et maintenant. C’est, en tout cas, mon état d’esprit : j’ai passé, comme le disait jadis Henri Emmanuelli, « l’âge des caramels mous », et souhaite tracer, avec ceux qui le veulent, mon sillon.

Qu’on n’attende pas pour autant de moi de l’ingratitude ou de l’amnésie. Ce n’est pas ma culture, ce n’est pas mon tempérament. J’ai un grave défaut, rare en politique : je suis fidèle à mes idées et à mes amis. En 20 ans de socialisme, j’ai toujours travaillé avec deux hommes -Lionel Jospin, pendant longtemps, DSK depuis l’origine. Je ne l’ai pas fait par paresse ou par servilité, mais parce que j’y ai trouvé une famille politique, un ancrage à gauche, profondément réformiste, réaliste, que j’y ai trouvé et retrouvé une cohérence, que nous avons agi ensemble, avec nos réussites et nos échecs, mais de façon honnête, sincère, dans la fraternité. Les circonstances peuvent nous éloigner -Lionel a pris à la fois volontairement et à son corps défendant, ses distances avec la politique, Dominique n’est pas là tous les jours -je demeure attaché à ce que nous avons pensé et fait ensemble, j’en suis dans l’ensemble plutôt fier, on ne me changera pas.

Mais ma principale motivation pour parler de DSK n’est pas affective ou nostalgique, elle est politique. La France sous Sarkozy est peut-être fascinée par l’étrange artiste qui la dirige en s’exposant à outrance, de Tripoli à Bogota, elle n’est pas heureuse, elle ne le sera pas. Car le sarkozysme n’est pas seulement une alternance au sein de la droite, c’est une aventure politique. La parenthèse de la campagne présidentielle, moment d’espérance démocratique, se referme, le pays retrouve un climat de morosité, de tristesse, il continue de perdre son rang. Je ne veux pas, je ne peux pas imaginer Sarkozy au pouvoir pendant 10 ans, je crois décisif que nous nous mettions en situation de l’emporter dès 2012. Nous n’avons pas le droit d’enjamber cette échéance, de sacrifier ce rendez-vous en sautant une génération, c’est dès maintenant qu’il faut préparer la gauche à cette confrontation, et pour cela la rebâtir. Comment dans ces conditions exclure DSK du jeu ? Je ne suis pas convaincu, je l’ai écrit ici, de l’offre de leadership présente au sein du PS. Elle est de qualité, mais rien ni personne ne s’impose. Pour ma part, je n’oublie pas que DSK incarne, aux yeux de beaucoup de Français, une ligne politique, qu’il représente une crédibilité -la plus forte sans doute- que la gauche et le pays peuvent avoir besoin de lui. Dans son action, il a besoin de notre soutien : il lui est acquis. Nous avons besoin du sien : je n’en doute pas. Que pourra-t-il faire ? Que voudra-t-il faire ? Sera-t-il en situation ? Aura-t-il conservé ou conforté un lien fort avec les Français ? Je ne peux pas répondre à ces questions -ça dépend de lui, ça dépend de nous. Mais elles sont ouvertes, ne les ignorons pas.

Voilà pourquoi je continue et continuerai à parler de DSK, de ce que nous avons fait ensemble, de ce que nous ferons ensemble demain -quoiqu’il arrive, il s’intéresse à la France, il est aux côtés de ses amis, il sera indispensable aux socialistes en 2012. Mais rassurez-vous, je le ferai sans abuser et sans oublier d’être moi-même, opposant au sarkozysme, acteur du renouveau du socialisme en France.

PS : Non, ce blog n’est pas dédié aux débats internes du PS ! Il dit aussi ce que je pense sur les questions économiques, sociales, internationales auxquelles je travaille ou réfléchis. Mais ce média n’est pas académique. Et l’enjeu de la reconstruction du PS n’est pas négligeable, il est essentiel, il ne mérite ni fascination ni mépris. S’il ne trouve pas de réponse, rien n’avancera. Alors, il gardera sa place ici.

Quelques notations

Quelques notations internationales et européennes, en vrac.

1) Impressions, d’abord de Dublin, où j’ai passé plus d’une journée. L’accueil irlandais est toujours charmant, le pays continue de changer et de rajeunir, l’économie reste prospère et proche du plein-emploi. Mais tous mes interlocuteurs, nombreux – universitaires, ministres, parlementaires, diplomates, journalistes – éprouvent le même sentiment : le référendum sur le traité modificatif européen – qu’ils appellent traité réformateur – sera une dure épreuve.A priori, l’obstacle ne paraît guère impressionnant : l’Irlande est proeuropéenne, elle sait ce qu’elle doit à l’Union, l’ensemble des partis politiques soutient le « oui ». Et pourtant, l’inquiétude est là, la surprise d’une victoire du « non » est redoutée. Est-ce à propos du texte ? Non, celui-ci, par définition, n’est pas connu – sa consolidation reste à faire, le traité n’est pas signé, la campagne n’est pas commencée, plus de 60 % des Irlandais ne connaissent pas ce traité. Ce qui menace, c’est plutôt un vote de contexte : un Premier ministre affaibli par des affaires, une conjoncture économique qui, pour la première fois depuis 15 ans, est un peu moins favorable, une méconnaissance de l’Europe qui crée de l’incertitude : « vote no if you don’t know ». Bref, cela m’a rappelé quelque chose. Et ne m’a pas donné la nostalgie de la procédure référendaire.

2) Impressions sur la politique étrangère de Sarkozy, que je persiste à trouver erratique. La Russie, en premier lieu. Le Président de la République a téléphoné à Vladimir Poutine juste après le résultat des élections russes – pour le féliciter sans doute – alors qu’Angela Merkel marquait vigoureusement sa désapprobation. Étrange coup de fil ! D’abord, parce que le déroulement de ces élections a été pour le moins critiquable : campagne populiste, nationaliste et autoritaire du parti au pouvoir, intimidation, y compris physique, des opposants, matraquage médiatique, bourrage des urnes – en Tchétchénie, 99 % de participation, 99 % pour Poutine, tout un symbole – le retour à l’autocratie est en marche, la « verticale du pouvoir » s’impose de manière quasi-dictatoriale, les libertés s’éteignent petit à petit. Cela valait-il vraiment un coup de chapeau ? J’aurais pour ma part préféré un coup de semonce ! Ensuite, parce que Nicolas Sarkozy s’éloigne tous les jours de la politique éthique, du souci des droits de l’homme qu’il affichait dans sa campagne. Il refusait alors de frayer avec des dictateurs et promettait une relation plus distanciée et ferme avec Poutine. Comme ce fut le cas en Chine, la logique économique, la fascination pour la puissance, écrasent tout. Le Président de la République a, tous les jours, de nouveaux « potes » – Khadafi, Idriss Déby, Chavez, Poutine: c’est du Chirac, en pire.

Le voyage en Algérie, ensuite. Ce n’est pas une franche réussite, et c’est logique. Ce voyage devait-il avoir lieu ? Je n’en suis pas toujours persuadé. En effet, les consternantes déclarations antisémites d’un ministre algérien influent, s’en prenant aux origines de Nicolas Sarkozy et Bernard Kouchner pour fustiger la prégnance d’un « lobby juif » sur la politique étrangère de la France, n’ont été que très mollement démenties par le Président Bouteflika, alors qu’un désaveu radical de ces propos inacceptables s’imposait. Il était, c’est vrai, difficile, tant cette tonalité, du moins à l’état latent ou subliminal, est hélas présente dans certaines sphères du pouvoir algérien – je puis en témoigner directement après m’être rendu à Alger avec François Hollande à l’été 2006. Il y avait là une provocation, un signal qu’il ne fallait pas laisser passer. Nicolas Sarkozy a sans doute hésité à annuler sa visite, redoutant de donner ainsi un message négatif aux Algériens. Qu’aurais-je fait à sa place ? Je ne sais. En tout cas, tout cela laissait augurer un climat malsain.

C’est bien ce qui s’est passé sur place. Accueil glacial, malgré une bonne moisson de contrats, insistance répétée sur la question de la « repentance ». Je veux préciser, sur ce sujet, les déclarations que j’ai faites au « Monde ». En effet, j’ai sur cette question un vécu, presque une génétique, puisque ma mère fut une des signataires de l’appel des 121 contre la guerre d’Algérie. Il faut un discours fort sur cette guerre, dénonçant la colonisation, l’oppression, l’injustice, la torture : ce fut une sale guerre, menée salement. Nicolas Sarkozy, qui hier refusait toute repentance, a fait un premier pas, malheureusement mal préparé, et prononcé des paroles justes. La difficulté est que pour le pouvoir algérien attend autre chose, et toujours plus, la reconnaissance d’une responsabilité unilatérale, absolue, de la France, négligeant les responsabilités qui ont pu aussi exister du côté algérien. C’est pourquoi, oui, je crois qu’il faut éviter l’auto-flagellation, mais en trouvant la bonne meusre, bref un discours fort, engagé, pas une génuflexion. Cette question est importante, elle ne saurait résumer nos relations : il faut aider l’Algérie à se développer, encourager la démocratie – le système est encore très opaque, policier et répressif – nouer des liens avec une jeunesse qui a aujourd’hui d’autres préoccupations que cette douloureuse histoire commune. Sur tous ces plans, la visite de Sarkozy n’est pas un succès. Compromission en Russie, hésitations en Algérie : ce n’est pas une bonne semaine pour notre diplomatie.

STORY TELLING

« Le Point », « l’Express », le « Parisien », les radios, les télés… : c’est parti, l’histoire du prochain Congrès du PS – et peut-être des dix prochaines années de la gauche – semble s’écrire médiatiquement. Elle est simple à résumer : le PS aurait deux candidats à la présidentielle, et deux seuls, Ségolène Royal et Bertrand Delanoë, il exigerait un leader, vite, ce combat interviendrait nécessairement dès 2008, tous les autres socialistes étant réduits soit à la retreite, soit au ralliement, soit à la figuration. Adieu, les « figures » d’hier – DSK, Laurent Fabius, Martine Aubry, François Hollande – à la niche les quadras, les quinquas, les « outsiders », les possibles. Je sais que nous sommes à l’époque de la « life politics », du « story telling ». Et pourtant les choses ne me paraissent pas si simples, si fatales.
Je l’ai déjà écrit ici, la question du leadership du parti se pose, elle n’est pas illégitime. Ce fut, en effet, un de nos handicaps entre 2002 et 2007 que de ne pas l’avoir réglée. Et la succession de François Hollande est ouverte depuis sa propre décision de ne pas se représenter en 2008 au poste de Premier secrétaire. Ce débat ne me gêne pas, et les ambitions de Bertrand Delanoë et Ségolène Royal me semblent on ne peut plus naturelle. Pourquoi n’en auraient-ils pas, par quel miracle ne les affirmeraient-ils pas ? Ségolène Royal a recueilli 17 millions de voix au second tour de la présidentielle – elle aime le rappeler – elle a été candidate à cette élection suprême, elle conserve des partisans, sa volonté est manifestement intacte. Je n’ai pas encore lu « ma plus belle histoire d’amour, c’est vous », mais je vois l’ampleur de l’offensive médiatique autour de ce livre, j’en comprends le sens – renouveler l’expérience de la candidature pour cette fois l ‘emporter -, cela ne me choque pas. Bertrand Delanoë, de son côté, s’apprête à mener un combat emblématique, celui des municipales à Paris : il doit les gagner, j’espère et je crois qu’il va les gagner. Chacun sait qu’il aime le parti, depuis longtemps – il a été un de ses principaux dirigeants auprès de Lionel Jospin au début des années 80 – chacun voit qu’il s’intéresse à son avenir. Réélu à Paris, il sera forcément un homme qui comptera au PS, et cela peut aiguiser encore ses ambitions. Bref, ne soyons pas hypocrites ou naïfs : tous deux pensent à 2012, tous les matins, c’est logique, il n’y a rien à y redire. Pour ma part, sans avoir jamais soutenu l’un ou l’autre, sans être enthousiasmé par chacun d’entre eux, je refuse le petit jeu de massacre qui consiste à « dézinguer » nos candidats potentiels – ceux-là et d’autres. Car le sarkozisme est trop dangereux pour que la gauche ne se fixe pas comme objectif l’alternance dans cinq ans.
Pour autant, leur confrontation est-elle souhaitable et inévitable ? Je persiste et signe : non, elle ne l’est pas ! Le PS a connu, par le passé, ce type d’affrontement, entre Mitterrand et Rocard dans les années 70 et 80, entre Fabius et Jospin pendant vingt ans. À chaque fois, il a trouvé son vainqueur. Mais ce ne fut pas sans coût majeur : le Congrès de Rennes de 1990 a été la croisée de ces chemins, et ouvert la voie à plus de quinze années difficiles, au cœur desquelles la période 1997-2002 fait figure d’heureuse parenthèse. Ne l’oublions jamais. J’observe Ségolène et Bertrand. Ils avancent, à l’évidence, leur désir est manifeste. Mais je ne les crois pas, je ne les espère pas irresponsables. Ils n’iront jusqu’au bout que si l’un ou l’autre pense avoir les forces suffisantes pour l’emporter clairement : rien n’indique que ce soit le cas. Ils sauront – il faut qu’ils sachent – mesurer l’impact d’une bataille frontale, qui serait davantage motivée par la recherche du pouvoir que par des divergences idéologiques majeures, sur un parti déjà très fragile. À ce stade, ils me paraissent déterminés mais raisonnables. Tant mieux, mais restons prudents et attentifs.
J’ai plaidé, ici, pour un autre type de Congrès. Non pas pour un congrès de désignation, mais pour un congrès d’orientation, de reconstruction. Je n’ai pas changé d’avis. Il est trop tôt pour choisir notre candidat à la présidentielle dès 2008, ce ne serait pas sage – d’autant que le choix ne saurait être limité aux deux prétendants actuels. Ce candidat doit être désigné à temps – en 2011 – il doit l’être en fonction de la situation politique du moment, en se posant la seule question qui vaille alors – qui peut défaire Nicolas Sarkozy ? – en examinant l’offre politique – DSK, par exemple, ne saurait être exclu du jeu, ce serait une grave erreur – il doit être investi par une primaire ouverte pour bénéficier d’un large soutien populaire et rassembler toute la gauche dès le premier tour. En attendant, il faut au parti un vrai programme de travail, autour d’une ligne politique post social-démocrate bien dessinée, et une équipe de direction collective, soudée, décidée.
Ségolène Royal et Bertrand Delanoë sont des atouts pour le PS. On peut les apprécier plus ou moins. Ils peuvent susciter l’adhésion ou l’allergie. Ils ont leurs qualités et leurs défauts. Leurs chances de l’emporter en 2012 peuvent être différemment évaluées : grandes pour certains, faibles pour d’autres. Mais ils sont là, bien identifiés par l’opinion et d’abord par la gauche, ils ne doivent pas être fragilisés : je ne participerai, pour ma part, à aucun « TSD » ou « TSR », je continuerai à dialoguer avec l’un et avec l’autre. Pour autant, je ne crois pas sage que le Congrès de 2008 tourne autour de leur affrontement, qui serait largement artificiel et prématuré. Je pense aussi que le choix présidentiel doit être effectué au bon moment, en gardant toutes les possibilités ouvertes jusqu’au bout. Enfin, les observant, les connaissant un peu, je ne suis pas persuadé que la meilleure partition, pour l’un ou l’autre, soit la direction du PS. Ils vont y jouer un rôle éminent, tous les deux : pour qu’il soit utile, il faudra, j’en ai la conviction, changer le scénario de l’histoire trop simple que l’on veut nous imposer. J’ai envie, avec d’autres, de contribuer à l’écrire.

Fraternité

Charmes de la vie politique : vendredi et samedi, j’étais à Montbéliard, aujourd’hui je suis à Dublin pour parler de l’Europe, hier j’intervenais devant l’«université permanente » du PS à l’invitation d’Henri WEBER et Yves ATTOU sur une « politique étrangère de gauche » (je joins à ce post le canevas de mon intervention). J’aime ces confrontations avec nos cadres, nos militants, la vivacité de l’échange, la diversité des points de vue. Dans ce débat, j’ai vu aussi, en quelque sorte, un scanner de notre parti. En effet, j’en retire deux impressions.

  1. Le PS reste une force puissante, aux ressources étendues. Le public de cette université était constitué de cadres du PS et du MJS, de beaucoup de candidats, jeunes pour la plupart d’entre eux, aux élections municipales et cantonales. Tous sont formés, intelligents, animés par des convictions sincères et désintéressées, prêts à se battre pour leur idéal de socialiste, contre la droite, mais dans des conditions difficiles : ils croient à l’avenir de leurs idéaux, ils se sentent enthousiastes pour renverser un sort contraire. Ce parti-là, non, n’est pas mort.
  1. On sent bien, en même temps de quoi il souffre, de quoi il a besoin.

Il a besoin de confiance en lui. Il y a encore, dans nos rangs, trop de complaintes, d’auto-flagellations, d’«à quoi bonisme», pour parler comme Serge GAINSBOURG, de désabusement. Comme si nos 15 années au pouvoir avaient été des années de trahison, de désillusion. Comme si nous avions fini par nous confondre sans nuance avec la droite. Je n’accepte pas ce fatalisme, cette amertume. J’ai été très tôt partisan du «droit d’inventaire», cher à Jean-Christophe CAMBADELIS et à Lionel JOSPIN, qui peine à l’exercer pour lui-même mais qui l’a justement appliqué au mitterrandisme finissant. Mais cracher dans la soupe, non : cela ne sert rien, ne la rend pas plus mangeable, c’est surtout très injuste au regard de notre bilan, contrasté, certes, depuis 1981. C’est stérile et sans issue.

Il a besoin d’une vraie rénovation intellectuelle. J’entends encore trop de poncifs, d’«idées-réflexes» venant des temps anciens, de préjugés idéologiques mal digérés. Ce n’est pas ce qu’il nous faut : je ne prétends pas avoir raison sur tout, je peux me tromper, je tâtonne, ma réflexion est inaboutie, mais j’essaie toujours d’avancer, j’écoute les autres, je me nourris d’eux, et cela me paraît la bonne démarche. Notre pensée n’est pas assez sûre, glorieuse, conquérante, pour souffrir la paresse ou la suffisance. Au travail, donc, sans oeillères.

Surtout, avant tout –et c’est lié- le PS a besoin de fraternité.

Fraternité, oui ! Je sais le terme galvaudé, mais je l’écris. Assez de petites malveillances gratuites, de positionnements stériles et intolérants –cela vaut pour les plus expérimentés comme parfois pour les plus jeunes des socialistes. Il n’y a pas, chez nous, de morphologie de «droite» ou «de gauche», des socialistes et des libéraux, des «chavistes» et des «réformistes», des «ouistes» et des «nonistes», incapables de se parler, murés dans leur hostilité réciproque. Assez de caricatures : il y a des camarades, de sensibilité différente, qui doivent réapprendre à former, ensemble, un socialisme du 21ème siècle, un socialisme du réel. À défaut, ce sera très difficile, voire impossible. Un jeune militant du Tarn, se croyant très malin sans doute, a cru devoir, au milieu de certains sourires entendus, établir une étrange filiation allant de FOCCART à … DSK, en passant par CHIRAC et SARKOZY.

Et bien, c’est juste très con ! Le travail de DSK  est très difficile, il le sait, mais il est décisif pour change la mondialisation. C’est un vrai défi, pour un progressiste. Et si nous procédons ainsi, en ne cessant de dénoncer des ennemis intérieurs, de tirer contre notre camp, nous resterons une belle phalange, pleine d’intelligence certes, mais condamnée pour longtemps –et à juste titre- à une opposition impuissante.

Allons ceci dit, ce fut une belle matinée, où je me suis senti entouré de sympathie au soir de cette promotion «Lucie AUBRAC» : il est bon que les socialistes sachent retourner à l’université –oui, mais pour apprendre. Cela vaut aussi pour moi….