Dans les médias

Articles de janvier 2010


Affligeant

Catégorie : Actualité,Politique,Réflexions | Par pierre.moscovici | 26/01/2010 à 12:23
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Comment éviter, aujourd’hui, de commenter la prestation de Nicolas Sarkozy hier soir sur TF1 ? La presse, l’ensemble des médias en parlent, avec une tonalité plutôt favorable. Le Président s’est invité hier, pendant plus de deux heures, pour une émission spécialement fabriquée à son attention. Après une interview sans agressivité – de la part de la journaliste – de Laurence Ferrari, il a entamé, sous la houlette d’un Jean-Pierre Pernaut réduit au rôle d’animateur d’ambiance et de « sparring partner » du Chef de l’Etat, un interminable dialogue avec un panel de Français victimes de la crise. S’il existe une télévision sur mesure, sans débat ni contradiction, c’est bien celle là. Pour ma part, j’ai trouvé ce spectacle – car c’en était un, ni plus ni moins – assez affligeant.

Il ne s’agissait certes pas d’une première. D’autres présidents s’étaient prêtés à ce jeu. Et l’expérience avait parfois été cuisante – on se souvient d’un Jacques Chirac déconfit avouant, à quelques jours du référendum sur le traité constitutionnel européen de mai 2005, ne pas comprendre la jeunesse. Mais je n’ai pas le souvenir d’une émission aussi pauvre sur le fond et sur la forme. Nicolas Sarkozy, on le sait, n’est pas un Président comme les autres. Il ne considère pas sa fonction comme un sacerdoce ou une mission, il ne prétend pas entrainer ou incarner son pays, il se comporte comme le chef politique de son camp, la droite, soucieux de préparer ses victoires électorales, et en « manager », interventionniste et pointilleux, d’un Etat que par ailleurs il n’aime pas. Il n’a pas le souci d’élever le débat, de donner du sens, il traite des « dossiers », comme l’avocat qu’il fut, il parle aux Français comme à des « clients », il cherche à placer des produits, non à dessiner une cohérence. Toutes ces caractéristiques ont été hier exacerbées, comme chauffées à blanc ou poussées à leur paroxysme. Le Président, plus patient qu’à l’ordinaire reconnaissons-le, s’est essayé à une fausse empathie, appelant ses interlocuteurs par leur prénom, étalant complaisamment son expérience personnelle, usant d’une langue exceptionnellement pauvre et relâchée, demeurant sans cesse dans l’outrance ou l’approximation. J’ai retrouvé, hier, le cortège habituel de slogans volontaristes – « je ne laisserai pas mourir l’agriculture française », « je ferai en sorte que Renault passe du tiers de ses effectifs en France aux deux tiers » – qui ressuscitent la campagne présidentielle de 2007, mais sont usés jusqu’à la trame, démentis par les faits et trahis par la politique suivie depuis lors. J’ai noté les attaques mesquines contre la gauche – contre Lionel Jospin et sa supposée impuissance publique, contre la stratégie de Louis Schweitzer à la tête de Renault, contre le « partage du travail » et les 35 heures honnies – et les ai trouvées assez indignes. En réalité, Nicolas Sarkozy est descendu dans la mêlée, se contentant de réponses individuelles, souvent démagogiques ou faciles, à des interpellations individuelles, il n’a donné ni sens, ni cap, ni vision. Il n’a pas été un chef d’Etat, mais un vendeur d’illusions. On dira, ici et là, que ça plaît, que c’est habile, qu’il a su faire semblant, plus qu’à l’accoutumée, d’écouter – même s’il n’a pu s’empêcher d’expliquer à une jeune fille sans emploi qu’elle devrait « noter ses propos ». Je ne suis pas convaincu que ça marche : car on ne peut pas tromper tout le monde, tout le temps, il ne suffit pas d’être populiste pour convaincre le peuple.

Surtout, il y a eu le fond de l’émission, ou plutôt son absence totale, absolue, de fond. Qu’a-t-on appris, hier soir, de nouveau ? Je n’ai pas, pour ma part, retenu la moindre information, la moindre annonce, ou senti la moindre inflexion dans l’approche sarkoziste. Le Président est resté constamment flou ou déclamatoire. Il n’a pas, contrairement à ce qui est communément admis, mis fin à « l’affaire Proglio ». Le dirigeant d’EDF, contraint par l’opinion à renoncer à sa double rémunération, conserve pour une durée « transitoire » ses deux fonctions. Cela ne veut, évidemment, rien dire ! Soit son cumul de présidences est nécessaire – je pense, comme le Président de l’AMF, Jean-Pierre Jouyet, qu’il est « baroque » – alors il devrait continuer, soit il génère des conflits d’intérêt – c’est ma conviction – et il doit cesser, très vite. Pourquoi donc attendre ? Nicolas Sarkozy a fait baisser la pression, il a gagné du temps, il n’a pas tranché : il faudra y revenir. Je suis également dubitatif sur l’affirmation selon laquelle « le chômage va baisser durant les prochains mois » : je le souhaite, ardemment, c’est une possibilité, mais aussi le type de fausses promesses qui crée un espoir sans garantie chez ceux qui sont touchés par la crise et tenus à l’écart de la politique économique, injuste, du gouvernement. Ceux-ci devraient plutôt s’inquiéter de la fin de non-recevoir apportée à la proposition des socialistes d’augmenter la durée d’indemnisation du chômage en cette période difficile : cette décision là est bien concrète, et très douloureuse. Est-il nécessaire d’ajouter que je ne prends pas pour argent comptant sa promesse de ne pas toucher aux retraites par répartition – même si cet engagement devra lui être rappelé ? Le diable, souvent, se niche dans les détails, le Président aura à prouver son ouverture d’esprit sur ce dossier. Le Parti socialiste va, de son côté, adopter sa position. Je souhaite que celle-ci soit à la fois ferme sur les principes – défense de la retraite par répartition, maintien du droit à la retraite à 60 ans – et attachée à traiter les situations concrètes, dans une logique de souplesse des choix – prise en compte de la pénibilité, de l’emploi des « seniors », de ceux qui ont commencé à travailler jeunes, des congés-formation ou crédits-temps. Au final, cette interminable séquence n’aura rien appris. Ou plutôt si, une information sans importance pour les Français mais non dénuée de signification politique : Nicolas Sarkozy ne fera pas campagne pour les élections régionales. Il s’agit là, bien sûr, d’un pieux mensonge – qu’a-t’il fait d’autre hier ? – d’un réflexe de prudence – il ne souhaite pas en faire un référendum sur sa politique, d’autant qu’elles ne se présentent pas bien pour son camp – et d’une habileté – d’autres que lui, à commencer par le Premier ministre François Fillon, sont mieux placés pour défendre les couleurs de la droite, il sera protégé de leur échec et pourrait tirer les marrons du feu d’une hypothétique bonne surprise. Est-ce aussi le signe d’une nouvelle approche de la politique, d’un mouvement de retrait par rapport à « l’omni-présidence » qui marque ce quinquennat, d’un découplage – relatif – du Chef de l’Etat par rapport à l’UMP ? Je reste sceptique, mais il faudra voir dans la durée.

Tout ceci, en tout cas, ne grandit pas la politique. La fonction présidentielle, déjà largement dévoyée depuis 2007 après avoir été affaiblie par Jacques Chirac, n’en sort pas renforcée. Etrange Chef de l’Etat que celui-ci. En vérité, Nicolas Sarkozy est, de plus en plus, le Président de l’a-République. J’en parlerai plus longuement dans les temps qui viennent.


Drôle d’anniversaire

Catégorie : Actualité,Europe / International,Réflexions | Par pierre.moscovici | 21/01/2010 à 12:24
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Les Républicains viennent, à la surprise générale, d’emporter le siège de Sénateur du Massachussets, celui de Ted Kennedy, qui fut jadis tenu par son frère, John, avant son élection à la Présidence en 1960. C’est dire qu’il s’agit là d’un fief traditionnel du Parti démocrate – celui d’un Etat, au demeurant, qui avait donné 62 % des voix à Barack Obama en 2008. Bien sûr, on dira qu’il s’agit avant tout d’un résultat local, dû à la personnalité charismatique du nouvel élu, Scott Brown, ou à la mauvaise campagne de la candidate démocrate Martha Coakley, et ce sera sans doute vrai. Il n’en demeure pas moins qu’il s’agit d’un camouflet politique majeur, d’un symbole, qui atteint directement le Président américain, dont la popularité a fortement décliné. Obama reste aimé, estimé par une majorité des Américains, mais le soutien à sa politique a diminué de 20 points et atteint péniblement 50 %. Surtout, quelle que soit la lecture retenue, cette élection a un effet concret, majeur : elle prive les Démocrates de la « super-majorité » de 60 sièges au Sénat, elle rend à l’opposition une capacité de « filibustering », de blocage des textes importants. Elle risque de compromettre la mise en oeuvre de la réforme du système de santé, pièce maîtresse du mandat en cours.

Barack Obama se serait bien passé d’un tel anniversaire pour son arrivée, il y a un an, à la Maison Blanche. Dans le système politique américain, il s’agit déjà d’une donnée significative – les élections présidentielles ont lieu tous les 4 ans, et les « midterm elections » parlementaires approchent. Quel est, à ce stade, le bilan du nouveau Président ? Il y a un an, Barack Obama était présenté comme un demi-dieu. L’élection de cet homme jeune, noir, au charisme indéniable, avait marqué les esprits. Elle avait suscité, après les terribles « années Bush », un formidable espoir, celui du retour de l’Amérique au monde. Elle avait impressionné, fait rêver. A gauche, elle avait suscité l’illusion d’une politique progressiste, d’un New Deal américain et planétaire. Aujourd’hui, le jugement est contrasté, il est souvent sévère. Obama est dépeint ici et là comme un velléitaire, un homme de parole et de discours davantage que d’action, on s’étonne de la minceur de ses résultats. Certains vont même jusqu’à le voir en « one term Président », non réélu à l’issue de son mandat, à l’image d’un Jimmy Carter jadis. La curée ne l’atteint pas encore, mais l’état de grâce est loin, un septicisme épais s’installe. Pour ma part, sans être normand, centriste ou avocat du « ni-ni », j’avancerai une autre analyse.

Le Président américain est d’abord victime d’un malentendu. Je l’avait dit dès la campagne, il était inévitable qu’il redescende sur terre : c’est un homme, faillible, un responsable politique et non un Dieu que les Américains ont élu. Tout homme politique est confronté au jugement public, à partir de deux critères : l’attente et l’espoir qu’il fait naître, sa capacité à agir. Force est de constater, s’agissant de Barack Obama, qu’il a fait l’objet d’une passion bienvenue mais inévitablement déraisonnable – il était le premier à le savoir. On l’attendait en rédempteur des Etats-Unis, après les années sombres des néo-conservateurs, et en sauveur de la planète, il ne pouvait être qu’un réformateur ambitieux, agissant en profondeur dans un environnement contraint et parfois hostile, il était avant tout, il est avant tout, le Président des Etats-Unis, comptable des intérêts de son pays. De plus, Obama s’est trouvé d’emblée confronté à un nombre important de contraintes élevées. J’en distingue au moins trois. Contrainte de la crise, tout d’abord. Ce qui explique en grande partie ses difficultés, c’est le contexte économique difficile auquel il est confronté : la crise actuelle du capitalisme part des Etats-Unis, elle les touche au premier chef. Malgré le plan de relance considérable mis en oeuvre, l’Amérique est atteinte par le chômage de masse, les sinistres industriels, à commencer par celui de l’industrie automobile, les défaillances financières. Cela pèse, évidemment, sur cette administration. Contrainte du temps, ensuite. Il est encore tôt, au bout d’un an, pour juger l’action de la nouvelle équipe. De nombreux prédécesseurs de Barack Obama, à commencer par John Kennedy et Bill Clinton, ont connu des démarrages plus difficiles que lui, avant de redresser la barre. Contrainte politique, enfin et surtout. Contrairement à la France de Nicolas Sarkozy, les Etats-Unis ne sont pas une monocratie, mais une démocratie complexe, lourde, où l’exécutif doit sans arrêt composer avec des contre-pouvoirs puissants, à commencer par un Congrès très tôt obsédé par sa réélection. Le soutien compté de nombre de Démocrates « modérés » et l’opposition virulente, presque haineuse, d’un parti républicain qui se radicalise n’aident pas le nouveau Président, notamment pour avancer comme il le souhaiterait en matière de protection sociale et d’environnement.

Ces résistances expliquent certaines lenteurs, ou des difficultés, elles permettent aussi de mieux évaluer l’importance du progrès que représente cette nouvelle présidence. Ceux-ci sont évidents dans le domaine international. A une administration unilatéraliste succède un pouvoir ouvert au monde, fin, capable de dialoguer. Il faut créditer Barack Obama de son changement d’attitude à l’égard du monde arabe, des perspectives de retrait en Irak ou de fermeture de Guantanamo. Il est aussi nécessaire de discuter les options prises en Afghanistan : ce ne sont pas les nôtres, je suis hostile à l’envoi de nouvelles troupes françaises, mais ce ne sont pas non plus celles de George Bush. J’aimerais, je l’avoue, un engagement personnel plus fort du Président sur le dossier du Proche-Orient, pour aller vers la paix entre Israël et ses voisins, pour permettre la création d’un Etat palestinien. Je voudrais aussi une attention plus grande à l’Europe : mais cela dépend aussi des Européens eux-mêmes. Au total, le prix Nobel de la paix qui lui a été accordé est sans doute prématuré, il en a été le premier surpris : il encourage le Président à poursuivre son oeuvre. Dans le domaine de la politique intérieure, la crise fait des ravages, et les Américains sont plutôt mécontents. Mais le plan de relance est impressionnant, et surtout la réforme du système de santé – qui ne sera pas, je l’espère, bloquée par les Républicains, même si elle ne pourra plus guère avancer par rapport au dernier vote du Sénat – si elle est imparfaite, permet tout de même d’ouvrir de nouveaux droits à 35 millions d’Américains : c’est une conquête historique.

Avec Barack Obama, l’Amérique n’est pas passée de l’ombre à la lumière, de l’enfer au paradis. Mais la politique a changé, en bien, l’état d’esprit, le climat ont changé, sont devenus plus positifs, plus respirables. Il reste au Président un dernier atout, sa personnalité qui est, de l’avis de tous ceux qui l’ont rencontré – je n’ai pas eu cette chance – impressionnante de force, de calme, d’intelligence. Barack Obama est un dirigeant fiable, constant, qui a une vision. Il peut, c’est vrai, échouer face aux circonstances. Il doit, il peut toujours réussir. N’étant pas Marylin Monroe, je ne dirai pas « bon anniversaire Monsieur le Président ». Je me contenterai de « Yes, he can » !

PS : ce blog a été distingué par « Le Post » comme le n°1 dans la catégorie des blogs politiques – plus précisément celui qui a connu dans les derniers mois la plus forte progression. C’est bien sûr pour moi un encouragement à poursuivre. Il est aussi le vôtre : merci de ce que vous lui apportez.


Discours

Catégorie : Le Parti socialiste,Politique,Réflexions | Par pierre.moscovici | 13/01/2010 à 12:25
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La politique, en ce début d’année 2010, reprend petit à petit ses droits, et les débats ne manquent pas. Nicolas Sarkozy ne cesse de présenter ses voeux dans une – relative – discrétion médiatique. François Fillon, de manière un peu surprenante à mes yeux, a emboîté le pas à Jean-François Copé – est-ce contrainte ou choix ? – et pris le risque d’une loi sur, ou plutôt contre, la burqua qui risque d’être à la fois stigmatisante, inapplicable et inconstitutionnelle. Un ministre du gouvernement, qui plus est, ce qui n’est jamais anodin, Président du Conseil général des Hauts de Seine, Patrick Devedjian, attaque frontalement la décision du Conseil constitutionnel sur la taxe carbone, relayant le courroux privé du Président de la République – par ailleurs père de son rival local Jean Sarkozy : cela montre le peu de respect qu’a ce pouvoir des institutions de la République, qu’il veut soumises ou alignées, dont il ne supporte pas l’indépendance, voire la composition dès lors qu’elles n’ont pas l’heur de lui plaire. Tout ceci mérite réaction, je suis bien sur présent sur tous ces fronts. Parallèlement, la session parlementaire a commencé, avec la fin du débat sur la Poste – qui ne clôt certes pas le combat en faveur de ce service qui doit rester public – et le début de la discussion sur la réforme des collectivités territoriales : j’y prends part. Enfin, je passe beaucoup de temps dans le pays de Montbéliard, et notamment dans les cérémonies de voeux des maires de ma circonscription et de l’agglomération que je préside. Mais je voudrais aujourd’hui évoquer deux discours – car la politique est aussi, et peut-être d’abord affaire de verbe, dès lors que celui-ci donne un sens à l’action.

Premier discours, celui de Martine Aubry lors de ses voeux à la presse. Participant à la direction du Parti socialiste en tant que Président du comité de pilotage de la Convention nationale sur un nouveau modèle de développement, j’y ai assisté, avec intérêt. A l’évidence, les choses bougent, ou commencent à bouger en tout cas, rue de Solférino. La cérémonie d’hier était en effet loin du bricolage d’ il y a un an, au lendemain du désastreux Congrès de Reims. La presse, d’abord, était là, nombreuse, preuve qu’il y a dans le pays un désir d’alternance, en tout cas une curiosité nouvelle pour l’opposition, qui sort petit à petit du dédain terrible qui la frappait. La communication du Parti – avec une nouvelle organisation des lieux, avec le lancement du réseau social…socialiste, la Coopol – est beaucoup plus professionnelle, et clairement mise au service de la Première secrétaire. Enfin, et surtout, il y a celle-ci, Martine Aubry. Elle est, incontestablement, beaucoup plus assurée et enjouée qu’au moment de sa prise de fonction. Son discours, assez long – c’est un de ses petits défauts que de parler parfois un peu longtemps – était bien construit, offensif contre le sarkozisme, mobilisateur pour les élections régionales qui viennent, plutôt optimiste. Il était encore imparfait, mais de bien meilleure facture que ses prestations du premier semestre 2009. Surtout, et c’est à mes yeux son principal mérite, il comportait – enfin – la feuille de route que j’appelle de mes voeux depuis deux longues années – hélas, perdues, ou presque, par les socialistes. Elle a enfin annoncé trois conventions nationales thématiques : outre celle que j’anime, les adhérents du parti seront amenés à débattre sur les enjeux internationaux – petite correction apportée au discours de la Première secrétaire, ce n’est pas la première depuis le début des années 80, elle succède à celle que nous avions organisée en 1996 avec Lionel Jospin – et sur l’égalité réelle. Le menu est roboratif, surtout si on lui ajoute la rénovation du Parti et le choix des modalités d’organisation des primaires. Sera-t-il digeste ? Je ne le sais pas. En tout cas, il faut en passer par là. On se doute que cette méthode, que j’ai préconisée, me convient. Il faudra – c’est toujours un exercice difficile pour un leader – que Martine Aubry passe un peu plus du « moi » au « nous », qu’elle distingue davantage ceux qui travaillent avec elle, pour convaincre qu’il s’agit là d’une véritable entreprise collective : je ne doute pas que cela viendra.

Y a-t-il pour autant une « Martine-mania » ? C’était le sujet du jour, celui de plusieurs articles de presse, la grande interrogation des journalistes présents à Solférino hier matin : avons-nous, « enfin », trouvé notre candidate ? Ce nouveau marronnier me fait, je l’avoue, un peu sourire. Derrière cette prose, il y a en effet une évidence : Martine Aubry est Première secrétaire du Parti socialiste, elle a été un ministre important du gouvernement Jospin, elle est clairement identifiée à gauche, comment ne penserait-elle pas à une candidature présidentielle ? C’est le contraire qui serait illogique, voire absurde ! Je n’ai jamais cru, pour ma part, à la fable d’une Martine Aubry prenant le Parti à reculons, se dévouant à la cause, sans volonté ni intention ou ambition personnelle. De l’ambition, elle en a bien sûr, et non sans moyens. Désormais, les choses sont plus claires, elles ne sont plus cachées, et c’est bien ainsi. Cela ne signifie pas, pour autant, que le Première secrétaire soit devenue la candidate naturelle du Parti : elle est trop expérimentée, trop intelligente pour l’ignorer. Sa popularité croît, parce qu’on la crédite d’abnégation et de bonne volonté : elle sera indexée sur nos résultats électoraux et sur notre capacité à élaborer des propositions. C’est donc dans l’épanouissement collectif qu’elle gagnera des galons individuels. Sa « présidentialité » éventuelle se construira ultérieurement et progressivement : si le temps des déclarations d’intention est sans doute venu, celui des candidatures véritables aux primaires doit encore attendre. Je reste pour ma part persuadé qu’il y aura, à ce moment là, une véritable confrontation, dont le sort se décidera tardivement, avec plusieurs « profils de poste » : la première secrétaire sera sans aucun doute présente, avec son bilan à la tête du Parti, Ségolène Royal n’a renoncé à rien, François Hollande ne cache plus son désir, Manuel Valls n’a jamais cherché à dissimuler le sien, j’ai affirmé ma volonté, Dominique Strauss-Kahn, enfin, reste à la fois le plus proche de l’image classique d’un Président de la République… et le plus éloigné de la France. Nous verrons bien. En attendant, travaillons pour remettre le Parti socialiste sur la voie de l’alternance.

Un mot, enfin, sur un autre discours, celui du Premier ministre François Fillon, en hommage à Philippe Séguin, hier à l’Assemblée nationale. Ce fut un beau moment parlementaire, celui du rassemblement de l’Assemblée nationale toute entière autour d’un de ses anciens Présidents. L’actuel, Bernard Accoyer, a prononcé un éloge honorable. Celui de François Fillon fut beaucoup plus remarquable, plus fort à mon sens que celui rendu la veille aux Invalides par le Président de la République. En effet, il fut traversé d’une authentique émotion, bien charpenté, bien écrit, prononcé avec fermeté et conviction. Je ne partage pas les opinions de François Fillon, je le trouve dur et parfois sectaire, mais il a hier joué son rôle, avec dignité. Il reste toutefois un homme politique. Son portrait de Philippe Séguin était aussi une forme d’auto-portrait et un réquisitoire, en creux, contre la politique « bling-bling », le spectacle et la sondocratie, pour la République et contre le libéralisme, une réhabilitation de l’ « autre politique » et de ses accents souverainistes, bref une critique à peine voilée, ressentie en tout cas comme telle par beaucoup, de… Nicolas Sarkozy. Ce Premier ministre là n’entend pas s’effacer sans mot dire, il se voit un destin après Matignon, il veut incarner un recours à droite. Au-delà de sa tristesse, sincère, de son admiration, évidente, pour l’ancien Président de la Cour des Comptes… et du RPR, le message était clair : dans cet hommage, il y avait aussi un manifeste.

PS : je veux exprimer ici une pensée pour le peuple d’Haïti, dont la capitale, surpeuplée, a été frappée par un tremblement de terre. Beaucoup d’installations sont détruites, les victimes se comptent par centaines. Face à cette tragédie, qui atteint une population qui compte parmi les plus pauvres du monde, la solidarité internationale, à commencer par celle de la France, doit être pleinement mobilisée, pour secourir les victimes et, ultérieurement, aider à la reconstruction du pays.


Lionel raconte Jospin… et notre histoire

Catégorie : Actualité,Le Parti socialiste,Réflexions | Par pierre.moscovici | 07/01/2010 à 12:26
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Mardi soir, j’ai assisté à une projection privée du documentaire des frères Rotman, « Lionel raconte Jospin », qui sera diffusé sur France 2 dans les prochaines semaines. Allergique à toute mondanité, je fuis en général ce type d’invitations. Là, c’était différent, il s’agissait un peu d’une fête de la famille socialiste, rassemblant autour de l’ancien Premier ministre et Premier secrétaire ses amis du Parti socialiste, ses collaborateurs ministériels à l’éducation nationale ou à Matignon, les membres de son gouvernement. Pour ma part, j’ai accompagné Lionel Jospin pendant vingt ans, et eu la chance – que je crois unique – d’appartenir à ces trois cercles – conseiller à son Cabinet de 1988 à 1990, secrétaire du groupe des experts puis secrétaire national du parti à plusieurs reprises, ministre des Affaires européennes de 1997 à 2002. Sans être son clone, sans minimiser nos différences, j’ai admiré cet homme, il m’a formé politiquement, j’ai pour lui de la reconnaissance et de l’affection : je me devais d’être là, j’ai eu plaisir à l’être. Le film, à dire vrai, m’a peu appris factuellement, et ce n’est pas surprenant : j’ai vécu beaucoup de ce parcours, j’ai énormément parlé avec lui, écrit pour lui, travaillé avec lui. Je crois néanmoins ce documentaire passionnant, et non dénué de leçons pour aujourd’hui.

Il retrace en effet quarante ans de vie militante, d’une vie qui est aussi notre histoire, il illustre une constance rare. Lionel Jospin n’est pas parfait. Mais il incarne le dévouement au parti, la discipline collective, le respect des responsabilités d’autrui, à commencer par celles de François Mitterrand, qu’il évoque avec justesse, dans la liberté d’expression. Il représente la passion politique. Car la vie est politique, la politique est une vie, même si elle n’est pas toute la vie, heureusement, et il y a une vie à côté et après la politique. Son parcours montre aussi une cohérence. Lionel Jospin a été un acteur politique majeur, il a toujours aussi pensé la politique. Certes, il n’est pas à proprement parler un intellectuel, mais il est bien un homme attaché aux idées, aux mots, parfois jusqu’à la manie, à la réflexion, qui n’hésite pas à utiliser des concepts, à conduire des raisonnements. Il aime le beau langage, et s’exprime clairement : il est possible à la fois de s’adresser aux Français, et de le faire en français. Bien sûr, il faut sans arrêt moderniser ce langage, sans doute le simplifier, la communication politique évolue. Mais on peut être accessible sans mépriser ses concitoyens : Lionel Jospin en fait la preuve, en pédagogue. Bref, il y a dans ce film une haute tenue, morale et intellectuelle, qui peut servir de leçon à l’heure de la pensée pauvre et de la parole relâchée, de l’égotisme roi, dont Nicolas Sarkozy est l’exemple.

Ce militantisme a toujours été mis par Lionel Jospin au service d’une stratégie : la gauche unie. Son parcours a traversé plus de 40 ans, de la fin des années 50 au début des années 2000, il a vécu des phases historiques très diverses, des formes d’organisation de la gauche bien différentes, il a appartenu à des courants de gauche distincts – le trotskisme, puis le socialisme. Mais je vois dans ces séquences une unité : chercher toujours à affirmer les marqueurs de gauche, à faire avancer le socialisme démocratique, tout en acceptant le réel, renforcer le Parti socialiste au sein d’une gauche unifiée, puis plurielle. Evidemment, Lionel Jospin n’a jamais été tout à fait un social-démocrate, mais il a joué le rôle d’un passeur, d’un lien entre toutes les gauches, qu’il a longtemps tenues ensemble.

Enfin, je retiens de ces trois heures de quasi-monologue le souvenir d’une réussite, celle de notre action au gouvernement entre 1997 et 2002. Je ne plaide pas pour une acceptation en bloc de ce bilan, pour une absence de « droit d’inventaire » sur ces années. Mais, avec ses insuffisances, voire ses échecs, notre gouvernement, le sien, a permis une gestion plus efficace de l’économie, avec la réduction du chômage, la croissance, la réduction des déficits, le passage à l’euro, avec de grandes réformes sociales et sociétales – les 35 heures, la CMU, l’APA, le PACS entre autres. Nous étions une équipe soudée, cohérente, faite de dirigeants bien formés, de toutes générations, ce qui nous a valu d’être considéré, un temps, avant l’essoufflement final, comme une « dream team ». Pendant ces cinq années, la France a été plus rassemblée et plus heureuse qu’elle ne l’est aujourd’hui, ses valeurs ont été mieux respectées. Alors, bien sur, ce bilan ne peut pas être notre seul viatique pour l’alternance : les temps ont changé, la France, l’Europe, le monde ont changé depuis 2002. Mais il est selon moi indispensable de le défendre, de rappeler que la gauche a fait mieux que la droite depuis, et de s’inspirer de ce qui a bien marché dans l’art de gouverner. L’inventaire doit certes être établi, mais en n’oubliant jamais la force de notre actif : la table rase ne fait pas une politique !

Ne croyez pas pour autant que je sois un hagiographe du jospinisme, un dévôt de Jospin. Nous nous sommes beaucoup aimés, à l’occasion aussi heurtés : je conserve le souvenir amusé – il ne l’était pas à l’époque – d’échanges écrits et oraux musclés, de brèves brouilles suivies de réconciliations. Le film montre, en creux, certains des défauts de l’homme. Il reste pudique – et à mes yeux probablement incomplet – sur la relation de Lionel Jospin au trotskisme, qui est toutefois pour la première fois clairement abordée. Il fait peut-être trop peu de place à l’équipe gouvernementale, dans la deuxième partie consacrée aux années de pouvoir : sans doute par souci de ne distinguer personne, de n’adouber personne, l’ancien Premier ministre court le risque de paraître seul. C’est un parti pris, qui aurait pu être différent. Surtout, s’il revendique l’entière responsabilité de l’échec du 21 avril, s’il reconnaît avoir surestimé la perception de notre bilan, il ne dit pas ce qui, dans notre action, a pu provoquer le rejet, aggravé par la division de la gauche, qui a amené Jean-Marie Le Pen au deuxième tour : les amateurs d’autocritique en seront pour leurs frais. Cela n’est pas, ne sera jamais le fort de Lionel Jospin – mais après tout, est-ce bien à lui de le faire, de céder à ce qui serait de sa part une auto-flagellation ?

Chacun regardera ces images avec son propre prisme. D’aucuns les verront avec nostalgie, d’autres avec l’envie irrésistible de tourner la page d’un passé révolu, voire avec la rancune de son retrait. Mon regard, évidemment est différent. C’est celui d’une acteur de cette période, fier de l’avoir été, qui appartient à cette génération à qui – ce sont ses derniers mots – il a transmis le flambeau en se retirant de la vie politique, pour ne pas y revenir – toute spéculation à cet égard me paraît anachronique et sans objet. Je garde pour l’homme, pour ce qu’il a fait, pour ce qu’il a été et pour ce qu’il est, avec son intégrité parfois un peu rigide, avec son émotivité cachée, sa sensibilité inavouée, de la tendresse, un profond respect, en un mot tout mon amitié. Oui, c’est un beau portrait de militant, d’un militant pas comme les autres, qui aurait pu présider la France, qui l’aurait bien fait, qui a hélas, comme il le confesse lui-même, raté la dernière marche. Nous ne devons pas le copier – chaque homme est unique, chaque époque est différente – mais il serait absurde de l’oublier. Il continue, à certains égards, à m’inspirer.

PS : j’apprends ce matin avec émotion le décès brutal de Philippe Séguin. Nous n’étions ni du même camp, ni de la même génération, nous avions des divergences marquées, notamment sur l’Europe. Mais il était assurément une figure politique de premier plan : grand orateur, républicain ardent et exigeant, courageux et ombrageux, il était toujours écouté avec respect et intérêt. Son destin politique, peut-être du fait d’une certaine solitude, d’un caractère malaisé, restera inachevé : il n’aura pu exprimer totalement son talent. Je sais qu’il a beaucoup apporté à la Cour des comptes, mon corps d’origine, en donnant du relief et une forte audience à ses travaux. Sa voix manquera.


Feuille de route

Catégorie : Actualité,Le Parti socialiste,Politique,Réflexions | Par pierre.moscovici | 04/01/2010 à 12:26
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Le mois de janvier est, traditionnellement, celui des voeux. Le Président de la République, Nicolas Sarkozy, va comme l’an passé démultiplier les siens, en une sorte de pré-campagne régionale, ou d’exercice de rattrapage pour une fin d’année magistralement ratée. La plupart des leaders politiques présenteront les leurs, les élus locaux feront de même. Pour ma part, je vais, dans les trois semaines qui viennent, passer beaucoup de temps dans le pays de Montbéliard, pour relancer la mise en oeuvre du projet d’agglomération et saluer mes administrés. Je souhaite à tous les lecteurs de ce blog une très heureuse année 2010. L’actualité va très vite reprendre ses droits – c’est déjà le cas avec la mise en évidence de la catastrophique gestion de la vaccination contre la grippe H1N1. Et les élections régionales vont vite mobiliser les forces politiques et occuper les esprits : je participerai bien sûr à ce combat, à ma place, qui n’est pas cette fois celle d’un candidat, en soutenant les listes socialistes, à commencer par celle de Marie-Guite Dufay en Franche-Comté face à Alain Joyandet, réplique locale de l’hôte de l’Elysée, dont il a tous les tours, tous les trucs, tous les tics.

Mais je voudrais, en ce jour de rentrée, dépasser l’actualité immédiate, et réfléchir avec vous au calendrier des deux ans qui viennent. Il est vital, en effet, pour les socialistes, pour la gauche, de penser et maîtriser le temps qui nous sépare de l’échéance majeure, de la mère de toutes les batailles, de la présidentielle de 2012. Bien sûr, me direz vous justement, l’essentiel est dans la substance : c’est l’objet même de la Convention nationale que j’anime. Evidemment, rien ne sera possible sans leader : mais nous n’avons pas, à l’heure actuelle de candidat naturel ou évident pour 2012. Le calendrier, en réalité est vital. Nous avons, dans le quinquennat de Nicolas Sarkozy, perdu à peu près deux ans. L’interminable attente du Congrès de Reims, stérilisant le Parti socialiste, a débouché sur un échec cuisant. Ce pathétique Congrès a ouvert, ou approfondi, des plaies profondes, il a accouché d’une direction fragile, qui n’était pas en situation de mener une bonne campagne européenne : ces élections furent pour nous plus qu’une déconvenue, un désavoeu. Et si le parti donne, depuis la rentrée 2009, l’impression d’un léger mieux, si son image se redresse doucement, c’est davantage parce qu’un calme précaire y est revenu, qu’une volonté de travail collective commence à naître timidement, que des chantiers de refondation – que j’appelais de mes voeux depuis deux ans – ont enfin été ouverts, que parce qu’une stratégie nette et lisible s’impose, pour rattraper notre retard et recréer l’espoir. C’est de celle-ci, d’une feuille de route claire dont nous avons besoin, et d’abord de bien identifier les étapes qui nous mèneront, si les choses se passent comme elles le doivent, à l’alternance dans deux ans.

Je vais vous en donner, en guise de contribution, ma vision personnelle. Tout, en fait, se joue dans le semestre qui vient. Celui-ci sera marqué par trois rendez-vous importants. Il y aura d’abord, bien sûr, les élections régionales. Pour les socialistes, il s’agit de conserver les régions que nous dirigeons – bien – et de tenter de conquérir l’Alsace et la Corse. Pour cela, nous devons être à un niveau beaucoup plus élevé qu’en juin 2009, et distancer nettement des écologistes qui, sans être devenus des adversaires, se posent en concurrents. Les régionales ne sont pas des élections présidentielles en miniature, nous l’avons vu en 2004 et 2007, mais elles établiront un rapport de forces national et consolideront, je l’espère, notre implantation pour agir face à la recentralisation voulue par le Chef de l’Etat. La Convention nationale sur le nouveau modèle de développement aura lieu le 29 mai 2010 : je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour faire en sorte qu’elle soit la pierre angulaire du projet des socialistes pour la décennie qui vient, qu’elle débouche sur un texte fondamental, sur une vision et une cohérence. Je sais ce que je suis prêt à accepter : la synthèse est souhaitable, elle suppose des compromis. Mais je suis aussi déterminé à refuser tout texte caricatural ou ambigu : nous avons besoin à la fois d’ambition et de crédibilité. Enfin, nous aurons, avant le 14 juillet, arrêté le dispositif et le calendrier du Parti socialiste jusqu’en 2012, et avancé dans la réforme, nécessaire, de notre organisation, notamment en atténuant la proportionnelle un peu délétère qui nous gouverne.

Quel est, pour moi, le bon timing ? Il est à mes yeux décisif – on n’en parle jamais, cela me semble très important – que le Congrès du Parti socialiste intervienne avant les primaires. Pourquoi un Congrès ? Parce qu’il est statutaire, d’abord, pour arrêter une ligne avant la bataille, évidemment, pour simplifier les primaires – il y aura des regroupements, des vainqueurs et des vaincus – et surtout, tout simplement, pour conserver un rôle au Parti. A défaut, nous aurions importé en notre sein l’inversion du calendrier électoral, que nous regrettons pour le pays, et confié l’intégralité de notre destin à un corps électoral, celui des primaires, en majeure partie extérieur à nos rang. Ce serait acter la disparition du Parti en tant que tel, ramené à une force d’appoint du candidat à la présidentielle, ou, pire encore, à une force de contestation de celui-ci. Ce serait plus que risqué, profondément erroné, voire mortel. La date de ce Congrès, me semble-t-il, s’impose presque : il devrait se situer au lendemain des élections cantonales de 2011, en mars-avril de cette année. Le temps des primaires s’ouvrirait alors : déclaration de candidature, appuyée par un nombre à définir d’élus et/ou de citoyens en mai, début de campagne en juin, vote, selon des modalités à définir, mais qui doivent être simples et pratiques, en septembre-octobre. Parallèlement à tout cela, le travail programmatique se poursuivrait. Nous aurions ainsi, à l’automne 2011, un dispositif complet.

Telles sont les positions que je défendrai dans la « Commission de la rénovation », chargée de préparer la Convention nationale sur le parti de juin-juillet 2010. Bien sûr, tout se discute, et je ne suis pas psycho-rigide. Mais j’y ai beaucoup réfléchi : prenons garde à l’incohérence ou à la précipitation. Tout est fragile : le Parti socialiste, son vivre ensemble, son avenir même. Soyons audacieux, mais conséquents, constructifs et méthodiques – c’est en tout cas ma propre résolution pour l’année qui s’ouvre. Quel est, sur tout cela, votre point de vue ?