Quel avenir pour la gauche de la gauche ?

Quelques mots sur la gauche. Un événement très significatif vient de s’y dérouler, à bas bruit. Je veux parler du départ, à la veille du Congrès du PCF qui verra le remplacement de Marie-George Buffet par Pierre Laurent, de ceux qu’on a appelés les « rénovateurs », les « reconstructeurs », les « refondateurs ».

Les partants sont des élus importants – comme les députés François Asensi, Jacqueline Frayse et Patrick Braouezec – des journalistes ou des intellectuels – comme Pierre Zarka, Lucien Sève ou Roger Martelli. Ils suivent tous ceux qui, de Pierre Juquin à Stéphane Gatignon, en passant par Charles Fiterman et Marcel Rigout, ont quitté le Parti qui fut, si longtemps, l’incarnation de la classe ouvrière. Certains sont aujourd’hui socialistes, d’autres écologistes, beaucoup ont carrément arrêté la politique. Et les partants du jour créent autour de Patrick Braouezec un nouvel espace, la « Fédération pour une alternative sociale et écologiste ». Cette hémorragie, continue depuis des décennies, est le symptôme d’un long et fatal déclin, de la fin progressive d’une histoire qui marquera le 20ème siècle, celle du communisme.

Cette hémorragie, continue depuis des décennies, est le symptôme d’un long et fatal déclin, de la fin progressive d’une histoire qui marquera le 20ème siècle, celle du communisme.

Cette évolution est inéluctable depuis la chute du système soviétique, elle même consécutive à l’essoufflement de ce qui fut une espérance, devenue progressivement un totalitarisme. Il reste, bien sûr, ce que Marc Lazar a appelé une « culture communiste », beaucoup plus forte et présente dans la société que les 2 % obtenus par la candidate du Parti communiste lors de la présidentielle de 2007. Les militants et les élus communistes sont des camarades précieux, parfois sectaires certes, mais toujours convaincus et dévoués : ils sont indispensables à l’Union de la gauche. Mais je suis persuadé, depuis longtemps, que le Parti communiste n’a plus d’avenir. Le départ des « refondateurs » – qui doivent eux-mêmes méditer l’expérience des précédents « dissidents », lesquels n’ont jamais réussi à affirmer collectivement l’ « identité communiste social-démocratisée » dont parle Stéphane Gatignon – représente pour la place du Colonel Fabien un appauvrissement intellectuel et politique considérable.

Le « Front de Gauche » est-il, comme aime le faire penser Jean-Luc Mélenchon, à même de fonder une nouvelle histoire, à la gauche de la gauche ? Je ne le crois pas, tant il me semble à la fois ancré dans la fonction « tribunicienne » ou protestataire, qui a toujours empêché le communisme de penser positivement l’expérience du pouvoir, et marqué par la volonté du Parti communiste de l’instrumentaliser, d’en garder le contrôle. Le Parti de gauche de Jean-Luc Mélenchon, de son côté, possède un atout et beaucoup de handicaps. Son atout est Jean-Luc lui-même, vrai socialiste, orateur brillant, politique talentueux et charmant – quand il le veut bien : il peut être un excellent porte-voix de ce courant. Mais le Parti lui-même est très étroit – il est somme toute issu d’une fraction minoritaire d’un courant lui-même minoritaire du Parti socialiste – et paraît à ce stade peu productif, s’illustrant surtout par un anti-socialisme – ou plutôt un anti « social-libéralisme » – sans nuance.

Je connais la croisade de Jean-Luc Mélenchon contre Dominique Strauss-Kahn. Sans être le porte-parole de celui-ci – ce n’est pas la nature de nos relations aujourd’hui, je parle désormais en mon nom – je trouve le procès en droitisme qui lui est fait à la fois illégitime – chacune des formations politiques de la gauche doit être maitre de ses choix – et fallacieux. Faut-il rappeler que Jean-Luc Mélenchon et Dominique Strauss-Kahn ont appartenu pendant plus de 20 ans au même parti, qu’ils ont tous deux servi – et bien – le même premier ministre, Lionel Jospin ? Est-il nécessaire de souligner à nouveau que Dominique Strauss-Kahn a fait prendre au FMI – qui demeure une institution internationale marquée par la culture anglo-saxonne – un tournant keynésien, interventionniste et progressiste ? Il y a là, selon moi, davantage un positionnement qui veut séduire qu’une argumentation sincère. En tout cas, ne disons rien qui puisse compromettre, le moment venu, l’indispensable rassemblement pour constituer une forte alternative au sarkozisme.

Faut-il rappeler que Jean-Luc Mélenchon et Dominique Strauss-Kahn ont appartenu pendant plus de 20 ans au même parti?

Pour ma part, je demeure convaincu que la gauche de demain doit toujours être sociale-démocrate et européenne. Je suis conscient des défauts du Parti socialiste, il m’irrite souvent, je le voudrais plus ouvert, plus créatif, plus internationaliste, plus réaliste. Il doit lui aussi, je le dis avec force, se garder des crispations d’appareil et des choix tactiques qui finissent par décourager les talents et affaiblir la crédibilité collective. Mais il reste la force centrale de l’alternance. A nous de le faire bouger, de le porter à la hauteur des attentes qui se tournent vers lui. A cela, je ne renonce pas. Je suis au contraire plus que jamais décidé à incarner, avec d’autres, le renouveau de nos idées.

Photo : CC boris

54 réflexions au sujet de « Quel avenir pour la gauche de la gauche ? »

  1. « La Royal Bank of Scotland (RBS) et la Banque des règlements internationaux (BRI), ont dévoilé des chiffres convergents qui montrent l’énormité des engagements des banques allemandes, britanniques et françaises. Un millier de milliards de dollars auraient été prêtés par ces dernières en Espagne, Grèce, Portugal et Irlande, non compte-tenu de tous les prêts effectués à ceux-ci par le système bancaire européen » (source peu contestable)

    Nous sommes près du mur qui va nous éclater la tête.

    Nous savons maintenant que nos deux questions à court terme sont les suivantes :

    Comment se conjuguent au XXI° siècle, liberté, égalité et fraternité en France ?

    Comment joindre les fils dispersés de l’institutionnalisme européen ?

  2. Un mot de Pierre en direct ! Merci.
    Et serait-ce un effet de ta bonté de me dire si tu as lu le document que je t’ai remis. J’ai fait le voyage à Paris uniquement pour te le remettre en main propre.
    Un commentaire serait le bienvenu.
    Encore merci, d’avance cette fois.

  3. Bonjour,
    Nous avions implémenté le module intensedebate afin de rendre la discussion plus fluide, c’est l’inverse qui s’est produit. Il a donc été désactivé.
    En nous excusant pour les quelques désagréments, donc.

  4. Visiblement, ça fonctionne nettement mieux.
    Sauf que j’ai posté mon commentaire précédent à 00:21 le 15 et non 22:21 le 14.
    Et qu’il faudrait remettre le tri dans l’autre sens (le plus récent tout au-dessus).
    Merci. Vous allez y arriver. Je suis de tout coeur avec vous.

  5. Merci à Cédric de faire le maximum pour régler les problèmes de ce nouveau blog. Franchement, j’aimais la clarté et la simplicité du précédent.
    Et puis, il y a longtemps que l’on sait qu’on lit mieux du noir sur un fond blanc que de couleur.
    Et aussi, la liste des commentaires était plus longue dans le précédent.
    Et que ce soient les billets de Pierre ou les commentaires, les titres changeaient de couleur quand on les avait lus.
    Les « répondre », « reply » et liste des commentaires sous chaque commentaire rend le tout très confus. On n’a encore rien inventé de mieux que la chronologie mais ascendante pour ne pas avoir 10 pages à ouvrir pour lire le dernier !
    Et enfin, les gadgets « j’aime » et les pouces levés ou baissés, outre que c’est ridicule, n’ont pas leur place dans un blog politique de haute tenue comme celui de Pierre.

  6. bonjour,
    Nous avons pris connaissance des problèmes de commentaires liés à l'utilisation du plugin intensedebate (disparition de qq commentaires). Nous nous excusons pour ces désagréments.
    Le problème devrait être réglé très rapidement, le cas échéant par le retour à des commentaires classiques

  7. Oui, le système capitaliste est dur avec les faibles. Nous en sommes d'accord, mais y en a t il un autre qui fonctionne mieux? l'ex URSS a cédé devant les difficultés financières liées à un tout autre système. La Chine , tout en restant une dictature, s'est ralliée au capitalisme.

    être social démocrate, c'est à dire accepter le capitalisme, mais en refuser les retombées négatives, garder les principes socialistes de redistribution, d'intervention dans la production, d'émancipation des individus dans la liberté, c'est effectivement une gageure… nous disons chiche avec le PS.

  8. Oui, le système capitaliste est dur avec les faibles. Nous en sommes d'accord, mais y en a t il un autre qui fonctionne mieux? l'ex URSS a cédé devant les difficultés financières liées à un tout autre système. La Chine , tout en restant une dictature, s'est ralliée au capitalisme.

    être social démocrate, c'est à dire accepter le capitalisme, mais en refuser les retombées négatives, garder les principes socialistes de redistribution, d'intervention dans la production, d'émancipation des individus dans la liberté, c'est effectivement une gageure… nous disons chiche avec le PS.

    Voilà.. nouvel essai.

  9. Oui, le système capitaliste est dur avec les faibles. Nous en sommes d'accord, mais y en a t il un autre qui fonctionne mieux? l'ex URSS a cédé devant les difficultés financières liées à un tout autre système. La Chine , tout en restant une dictature, s'est ralliée au capitalisme.

    être social démocrate, c'est à dire accepter le capitalisme, mais en refuser les retombées négatives, garder les principes socialistes de redistribution, d'intervention dans la production, d'émancipation des individus dans la liberté, c'est effectivement une gageure… nous disons chiche avec le PS.

  10. Oui, le système capitaliste est dur avec les faibles. Nous en sommes d'accord, mais y en a t il un autre qui fonctionne mieux? l'ex URSS a cédé devant les difficultés financières liées à un tout autre système. La Chine , tout en restant une dictature, s'est ralliée au capitalisme.

    être social démocrate, c'est à dire accepter le capitalisme, mais en refuser les retombées négatives, garder les principes socialistes de redistribution, d'intervention dans la production, d'émancipation des individus dans la liberté, c'est effectivement une gageure… nous disons chiche avec le PS……

  11. Oui, le système capitaliste est dur avec les faibles. Nous en sommes d'accord, mais y en a t il un autre qui fonctionne mieux? l'ex URSS a cédé devant les difficultés financières liées à un tout autre système. La Chine , tout en restant une dictature, s'est ralliée au capitalisme.

    être social démocrate, c'est à dire accepter le capitalisme, mais en refuser les retombées négatives, garder les principes socialistes de redistribution, d'intervention dans la production, d'émancipation des individus dans la liberté, c'est effectivement une gageure… nous disons chiche avec DSK, oui avec Mosco, en avant avec Martine……..

  12. Oui, le système capitaliste est dur avec les faibles. Nous en sommes d'accord, mais y en a t il un autre qui fonctionne mieux? l'ex URSS a cédé devant les difficultés financières liées à un tout autre système. La Chine , tout en restant une dictature, s'est ralliée au capitalisme.

    être social démocrate, c'est à dire accepter le capitalisme, mais en refuser les retombées négatives, garder les principes socialistes de redistribution, d'intervention dans la production, d'émancipation des individus dans la liberté, c'est effectivement une gageure… nous disons chiche avec DSK s'il le veut, avec Mosco s'il le peut, avec Martine Aubry sans souci…..

    Tout n'est pas rose, tout n'est pas noir …

  13. En tout cas nous il nous faudra proposer le socialisme. La gauche radical parvient à dire les choses clairement et la social-démocratie les ignorent. Il nous faudra nous proposer enfin le socialisme pour que l'on puisse réconcilier les gauches.
    C'est pourquoi Ségolène Royal est très attendue lez 21 Juin à l'ONU devant l'IS car elle va devoir exposer sa vision économique sur la régulation financière et choisir si elle suit la ligne social-démocrate de soutien aux banksters, aux grandes multinationales, à l'Otan, à la commission de Bruxelles pour diriger nos budgets, au FMi, etc…; ou si elle expose une vision socialiste plus alignée sur ce que fait l'Amérique du sud qui entend remettre la main sur les biens publics comme l'eau.
    Si elle ne le fait pas elle prend le risque de sa banalisation: http://www.fraternite-royal.com/article-segolene-

    • la reprise de la gestion de l'eau… plusieurs maires PS estampillés socdem l'ont déjà fait :) Ha, de vrais méchants odieux ces socdem !

      • Bien vu Nicolas, la gestion publique de l'eau est de plus en plus tendance. Vers chez moi, un Maire/député UMP vient de municipaliser sa régie d'eau au nez et à la barbe de Véolia.

        Comme quoi, le socialisme est inarétable.

        Mais au fait qui attends Royal à l'ONU?

        On voit que personne n'a réussi à trouver l'interrupteur de l'inénarrable ASSE42!

  14. @jpb
    « Il y a quelle différence entre un communiste et un communiste ? »

    Et quelle différence entre le capitalisme et le communisme ?
    Réponse : le capitalisme est l’exploitation de l’homme par l’homme. Le communisme, c’est le contraire.
    Plus sérieusement, le communisme de Juquin n’avait rien de stalinien et ton commentaire est déplacé.

  15. D'un côté que propose la gauche de la gauche?

    On ne sait pas vraiment.
    Des propositions beaucoup plus a gauche que le PS?
    Une société communiste?
    Un programme genre 1981?
    Mélanchon, il propose quoi?

    Je n'arrive pas a vraiment voir ce qu'ils proposent.

    Certains dans le PS vont loin dans des domaines.
    S.Royal veut que le capital cotise autant que le travail(cela représente 100Mds€ de plus pour le budget si vraiment appliqué)et veut nationaliser une partie des banques.
    Mélanchon et compagnie proposent ils plus?

  16. "Zazou :
    Ségolène Royal était la gazelle du PS, aujourd'hui elle entre dans le troupeau, pourquoi ?

    Najat Vallaud-Belkacem :
    Je ne suis pas si sûre qu'elle entre dans un troupeau.
    Je crois plutôt qu'elle l'entraîne.
    Chacune des mesures adoptées hier par le Parti socialiste (rénovation de ses instances, non-cumul des mandats, primaires…) avait été au préalable longuement portée par elle.
    La vérité oblige à dire que sur ces sujets, comme sur d'autres (social-écologie, démocratie participative, fraternité…), c'est elle qui crée le mouvement.
    En proposant de mettre de côté ses ambitions personnelles au profit d'un succès collectif (dont je rappelle toujours qu'il est conditionné par la capacité des uns et des autres à s'entendre sur un projet cohérent et novateur), elle donne une fois de plus le la.
    J'attends de voir qui la suivra sur ce chemin."

    Et Mélenchon comme beaucoup d'autres le savent aussi.

  17. « Jean-Luc lui-même, vrai socialiste », non, oui, vrai bargeot, dans le sens péjoratif, merci Pierre.

  18. Mauvais coup d'Elkabbach sur Public Senat.
    Tout en laissant Breton et Mariani blablater pour ne rien dire de sensé, Elkabbach a marginalisé et méprisé le seul intrevenant qui avait quelque chose à dire: Paul Jorion.
    Triste fin pour le larbin-Elkabbach et évident manque de courage pour Attali.

    • Attali a clairement indiqué qu'il fallait un réel projet pour l'Europe, et un gouvernement fédéral européen au niveau économique ( Schuman-Kanfen, kratch kratch…. )

      • Des Etats-Unis d'Europe ! quelqu'un(e) a évoqué cela il y a longtemps non ?

  19. Bonjour Pierre,

    Pas facile cette mission de donner une nouvelle image de la gauche.
    Mon humble avis sera le plus difficile à faire: rester optimiste dans le fond et surtout ne pas "offrir" un "regard d'ethnologue" aux citoyens (ne pas passer pour des indiens qui s'agitent !!!).
    Rester fidèle à ses propres aspirations d'un monde meilleur.
    Bon courage
    Bien sincèrement
    Chantal

  20. Mon cher Pierre,
    Je t'apprécie particulièrement pour tes convictions et ton honnêteté intellectuelle. Je t'écoute avec attention depuis de nombreuses années et j'apprécie aussi tes positions souvent sages et pleines de bon sens. Mais, bien que j’apprécie aussi le travail que tu viens de fournir pour le projet socialiste, la ligne social-démocrate me parait aujourd'hui nettement trop molle pour réveiller les sympathisants et les militants de la gauche historique. Tous les jours, sur le terrain, je constate le désir d'un vrai virage à gauche. Le commun des mortels auquel j'appartiens ne se reconnait plus dans ses élus, trop éloignés souvent des préoccupations des gens les plus modestes et d'avantage préoccupés, semble-t-il, par leur(s) réélection(s). Les nombreux avantages que se sont attribués, depuis plusieurs années, les "élites" de la Nation renforcent l'incompréhension de leurs électeurs. Je fais là allusion à l'augmentation des indemnités qu’ils se sont attribuées depuis le sommet de l'Etat jusqu'à certains petits barons locaux, depuis l’Elysée jusqu’à certains petits maires mégalomanes. Même, vous parlementaires, vous n’échappez pas à la règle ; comment peut-on avoir l’indécence de demander à tous les Français, et d’abord aux plus modestes, de se serrer la ceinture après s’être voté un système « d’indemnisation chômage » et de retraite iniques ? Combien de socialistes sont-t-ils montés au créneau pours dénoncer ce scandale ? Je crains, si nous ne sommes pas capables de retrouver le sens de la réalité très rapidement que nous ne payions l’addition au prix fort dans deux ans. Se rassembler, je crois que c’est possible, mais pour gagner il faudra que notre candidat mouille sa chemise au plus près du terrain, là où les gens souffrent, afin de les mieux comprendre et pas seulement en allant serrer les mains sur les marchés quelques jours ou quelques semaines avant les élections. Nous comptons sur toi pour écouter et entendre les préoccupations de ceux qui, par leur travail et leur peine quotidienne, rêvent d’une France plus juste et solidaire, comme le dit souvent, et si bien, Martine.

  21. Mon cher Pierre,
    Je t'apprécie particulièrement pour tes convictions et ton honnêteté intellectuelle. Je t'écoute avec attention depuis de nombreuses années et j'apprécie aussi tes positions souvent sages et pleines de bon sens. Mais, bien que j’apprécie aussi le travail que tu viens de fournir pour le projet socialiste, la ligne social-démocrate me parait aujourd'hui nettement trop molle pour réveiller les sympathisants et les militants de la gauche historique. Tous les jours, sur le terrain, je constate le désir d'un vrai virage à gauche. Le commun des mortels auquel j'appartiens ne se reconnait plus dans ses élus, trop éloignés souvent des préoccupations des gens les plus modestes et d'avantage préoccupés, semble-t-il, par leur(s) réélection(s). Les nombreux avantages que se sont attribués, depuis plusieurs années, les "élites" de la Nation renforcent l'incompréhension de leurs électeurs. Je fais là allusion à l'augmentation des indemnités qu’ils se sont attribuées depuis le sommet de l'Etat jusqu'à certains petits barons locaux, depuis l’Elysée jusqu’à certains petits maires mégalomanes. Même, vous parlementaires, vous n’échappez pas à la règle ; comment peut-on avoir l’indécence de demander à tous les Français, et d’abord aux plus modestes, de se serrer la ceinture après s’être voté un système « d’indemnisation chômage » et de retraite iniques ? Combien de socialistes sont-t-ils montés au créneau pours dénoncer ce scandale ? Je crains, si nous ne sommes pas capables de retrouver le sens de la réalité très rapidement, que nous ne payions l’addition au prix fort dans deux ans. Se rassembler, je crois que c’est possible, mais pour gagner il faudra que notre candidat mouille sa chemise au plus près du terrain, là où les gens souffrent, afin de les mieux comprendre et pas seulement en allant serrer les mains sur les marchés quelques jours ou quelques semaines avant les élections. Nous comptons sur toi pour écouter et entendre les préoccupations de ceux qui, par leur travail et leur peine quotidienne, rêvent d’une France plus juste et solidaire, comme le dit souvent, et si bien, Martine.

  22. Une pensée pour Pierre Juquin qui, dans ma jeunesse, a beaucoup compté dans mon parcours politique….Merci Pierre de se souvenir ainsi de quelques grands communistes…..

          • @jpb « Il y a quelle différence entre un communiste et un communiste ? » Et quelle différence entre le capitalisme et le communisme ? Réponse : le capitalisme est l’exploitation de l’homme par l’homme. Le communisme, c’est le contraire. Plus sérieusement, le communisme de Juquin n’avait rien de stalinien et ton commentaire est déplacé.

          • Le communisme en tant que philosophie de l'histoire, la victoire de la révolution prolétarienne sur le capitalisme, permet de constituer des groupes politiques solides et homogènes. Soit le militant est exclu par l'appareil, soit il s'exclut de lui-même. C'est la primauté du parti sur l'individu. Dans les cas extrêmes, avec le camarade Staline, l'exclusion définitive en tant que moyen de terreur, a permis de mettre en place un système dictatorial totalitaire. Selon les circonstances, on peut donc avoir un communisme soft, genre frittes saucisses à la Courneuve, ou pendaison genre procès de Moscou.

            Voilà le sens précis de mon commentaire.

            Le problème pour le PS, c'est qu'il s'acoquine avec le PC, sous le prétexte qu'ils sont issus tous les deux de la même origine. La rupture épistémologique est pourtant fondamentale depuis le Congrès de Tour. Si Léon Blum l'a clairement identifiée ; le communisme ne guarantie pas la liberté individuelle et le jeu démocratique, sa perversion initiale du communisme est de justifier n'importe quel moyen pour faire triompher son but, même les plus inavouables.

            On connait tous l'expression "qui se rassemble s'assemble", et cette formule est mortifère pour le PS, car en soutenant les communistes, sous prétexte de « ne disons rien qui puisse compromettre, le moment venu, l’indispensable rassemblement pour constituer une forte alternative au sarkozisme. », le PS se tire une balle dans la patte.

            Encore une fois, le but, mettre en oeuvre les idéaux de toujours, « Le bien-être pour tous, et l'augmentation de l'autonomie de chacun » est sacrifiée pour un objectif purement tactique, imposant la compromission avec l'extrême gauche.

            Le PS perd alors toute crédibilité.

            Le paradoxe, c'est qu'avec Mitterrand, il a pu accéder au pouvoir sur un projet bien précis qui s'est traduit par un programme de gouvernement qui a permis sur cette base de réunir la gauche. Mitteraind avait un projet, jouïr du pouvoir, ensuite naviguer à vue, en s'accommodant du réel. C'était un homme habile.

  23. Quand elle s'appelle Mélenchon, la gauche de la gauche n'a aucun avenir – fermer le banc –

    Quand la gauche de la gauche s'appelle le PC, ma longue fréquentation des pays de l'Est avant et après la chute du mur, m'appris qu'ils avaient réaliser une culture populaire de masse parfaitemente estimable et sans doute sans égale dans le monde, la dictature castriste la prolonge quoi qu'on dise…

    Ce n'est qu'un constat que je vois rarement réfuté par des gens scrupuleux.

  24. La voix de l'ignorance est aussi celle de la malveillance affichée?

    Le réformisme social démocrate est un réformisme radical, qui entend bien changer la société en profondeur en utilisant à cette fin le consensus démocratique.

    Ce n'est pas un réformisme "mou", ni un réformisme "à la marge"….. "mettre les mains dans le cambouis" n'est pas une expression molle ni neutre.
    Cela veut bien dire ce que çà veut dire: on y met les mains, on s'implique, on met les moyens nécessaires à un changement vers toujours plus d'autonomie pour chacun, dans une société du partage (le fameux care de Martine Aubry).

    • Le réformiste radical?Sélène

      Mais il est ou?

      La réforme du monde financier en France?Rien du tout pour 2012 pour changer la donne en France.
      La régulation?Rien car la mondialisation empêche tout.
      Les Grandes entreprises qui massacre notre tissus industriel?Rien, la nationalisation est ringard.
      Le pouvoir d'achat?Rien,la compétition mondial est la et on doit rien promettre car la situation financière de la France permet plus rien.

  25. « Les militants et les élus communistes sont des camarades précieux, parfois sectaires certes, mais toujours convaincus et dévoués : ils sont indispensables à l’Union de la gauche. »

    Surtout pour aller droit à l'échec avec Mélanchon. J'adore ta lucidité.

    « Jean-Luc lui-même, vrai socialiste, »

    Sarkozy n'a pas de soucis à se faire pour être réélu.

    « En tout cas, ne disons rien qui puisse compromettre, le moment venu, l’indispensable rassemblement pour constituer une forte alternative au sarkozisme. »

    C'est là ton erreur Moscovici, dans le même cageot, les pommes pourries finissent par tout contaminer, et ensuite toute la récolte est à jeter. Tu ne fais que reprendre l'incompétence de Léon Blum. Désolé.

    « Je suis conscient des défauts du Parti socialiste »

    J'en doute.

    « ( le PS) reste la force centrale de l’alternance. »

    Ce n'est pas certain, il n'en a pas les moyens.

    « Je suis au contraire plus que jamais décidé à incarner, avec d’autres, le renouveau de nos idées. »

    Voeux pieux.

    Les idées, elles ont fusé sur ton blog, tu n'as pas daigné les reprendre. Alors les trémolos dans la voie, cela ne passe plus.

  26. « Les militants et les élus communistes sont des camarades précieux, parfois sectaires certes, mais toujours convaincus et dévoués : ils sont indispensables à l’Union de la gauche. »

    Surtout pour aller droit à l'échec avec Mélanchon. J'adore ta lucidité.

    « Jean-Luc lui-même, vrai socialiste, »

    Sarkozy n'a pas de soucis à se faire pour être réélu.

    « En tout cas, ne disons rien qui puisse compromettre, le moment venu, l’indispensable rassemblement pour constituer une forte alternative au sarkozisme. »

    C'est là ton erreur Moscovici, dans le même cageot, les pommes pourries finissent par tout contaminer, et ensuite toute la récolte est à jeter. Tu ne fais que reprendre l'incompétence de Léon Blum. Désolé.

    « Je suis conscient des défauts du Parti socialiste »

    J'en doute.

    « ( le PS) reste la force centrale de l’alternance. »

    Ce n'est pas certain, il n'en a pas les moyens.

    « Je suis au contraire plus que jamais décidé à incarner, avec d’autres, le renouveau de nos idées. »

    Voeux pieux.

    Les idées, elles ont fusé sur ton blog, tu n'as pas daigné les reprendre. Alors les trémolos dans la voie, cela ne passe plus.

  27. Tout à fait d'accord, Il est facile de critiquer l'Euro, mais avec le franc et la même gestion laxiste que nous connaissons, la situation serait pire et ce serait dévaluation sur dévaluation. Les plus anciens, j'ai 48 ans, se souviennent certainement de ces périodes dans les années 80 où le franc état attaqué, et ça coutait des milliards aux contribuables.L'Euro n'est pas responsable de la crise Grecque, ce sont les grecs eux mêmes ou plutôt leurs dirigeants.Alors oui, on aurait pu rêver et j'en rêve encore d'une plus forte intégration de la politique économique, en clair d'un gvt économique européen. Mais les nonistes, majoritaire en 2005 n'en n'ont pas voulu. On ne va pas refaire le match à chaque fois, mais il est bon de rappeler certaines vérités.

    • "un score de plus de 10% du Front de gauche changerait la politique Française. "
      ça c'est toi qui le dis!
      "Je penses que la gauche de la gauche va faire du nationalisme de gauche dans les 10 prochaines années."
      "Du nationalisme de gauche", tu décris précisément ce que je n'ai pas envie de voir!

      • Je fais un constat et je ne me réjouit pas de cette dérive.

        • ok,
          mais ton post pouvait prêter à confusion, suite à ta réflexion sur les "deux gauches" sur le fil précédent, opinion que je ne partage pas.
          Mélenchon incarne pour moi la gauche "tribunicienne"(j'apprends ce mot) et protestataire que personnellement je juge inefficace.
          En revanche, pour avoir vu et entendu Mélenchon au sénat, il faut lui reconnaître que du point de vue de l'éloquence, il fait son petit effet!ça c'est juste une parenthèse, et ça ne suffira pas à le rendre crédible.

  28. @asseJe suis tout à fait d'accord que la zone euro a besoin d'un gouvernement économique qui gère un budget propre à la zone pour pratiquer une véritable gestion macroéconomique de la zone.Je suis ravi que tu rejoignes la proposition que faisait DSK dès 1997 lors de la ratification d'Amsterdam!Je ne vois pas en quoi mon analyse est de courte vue. Je vous ferais en revanche le reproche. Pusiqu'aujourd'hui les cassandres se déchainent alors qu'on ne les a pas entendu depuis 2000!!

  29. GuillaumeT'es tellement à courte vue que tu ne parviens même pas à comprendre ce que dit Pierre. Sans gouvernement économique au minimum c'est ingérable. D'autant plus entre des économies aussi divergentes que l'Allemagne et la Grèce au hasard. L'euro est une hérésie économique qui nous enchaîne à l'Allemagne et va nous projeter dans l'abîme.Je vois que ça ne choque pas les sociaux-démocrates que l'on trouve des milliards pour sauver les banques et que dans le même temps on impose aux pays des baisses de dépenses publiques. Sans compter avec la hausse continuelle des dépenses militaires mais là je dois sombrer dans un délire complotiste…http://ht.ly/1SXts

  30. @StéphaneVous êtes vous posé la question du montant de la détérioration de vos revenus en cas de dépréciation conséquente du franc si nous l'avions gardé. VOUs êtes vous interrogé sur la dynamique de l'endettement et nos capacités de remboursement si nos actifs demeuraient en francs et notre passif en euros?On sait ce qu'on perd pas ce qu'on gagne. Je pense pourtant que nous avons plus gagné avec l'euro que sans.L'euro n'est pas le responsable des prix appliqués par les commerçants, n'est pas responsable des erreurs de gestion budgétaire des gouvernements de la zone euro.Par ailleurs une monnaie n'est pas faite pour une catégorie de personnes mais pour l'ensemble de la population. Je nevois pas en quoi il serait plus favorable aux "élites" qu'aux autres catégories, alors même que chaque individu est un consommateur.L'entrée dans l'euro a été directement validée par le peuple français.

    • Tu as le droit de souhaiter cela, mais ce n'est pas être socialiste. L'idéal socialiste est démocrate et internationaliste. Tu te dis républicain et souverainiste, donc, en gros proche de Chevènement.
      Tu devrais clarifier tes positions, au lieu de nous répéter ad nauseam que Ségolène est belle.

  31. Ping : Paneloux

  32. Les primaires ? Oui, mais nous voyons bien que nous ne sommes pas chez les Démocrates Américains (qui peut s'en plaindre?) et les « candidats » vont s’entendre avant le vote. Aux yeux de ceux qui soutiennent le candidat le mieux placé dans les sondages, se présenter « contre les sondages » parait une trahison interne.Congrès avant les primaires ? Oui, il peut enfin effacer Reims. Dans un pays qui ne va plus à la messe, il faut bien trouver autre chose – je ne plaisante pas !

  33. PacifixOui c'est ce que je pense aussi. Cette social-démocratie s'est faite trop facilement le complice de l'ordre mondial libéral pour nous dire encore qu'elle est de gauche. Il n'y a qu'à voir comment elle accueille le projet de référendum populaire demandée par Ségolène Royal sur les retraites.Nathalie si tu veux comprendre vraiment pourquoi la social-démocratie n'est pas de gauche comme on l'a vu en Allemagne comme on le voit en Grèce, au Portugal et en Espagne:http://www.fraternite-royal.com/article-la-gauche…C'est cela qui devrait être notre sujet de préoccupation majeur.

Les commentaires sont fermés.