La semaine qui vient de s’écouler aura été marquée, de bout en bout, par le feuilleton de « l’affaire Bettencourt » et par ses conséquences politiques. Sur fond de suspicion envers le pouvoir, les révélations succèdent aux révélations, les démentis aux confirmations, les attaques aux contre-attaques. Petit à petit, la polémique paraît tout submerger, au risque de donner naissance à une vague populiste. Prenons-y garde : la démocratie française, déséquilibrée par un système institutionnel sans véritables contre-pouvoirs, est précieuse, elle est fragile, elle est menacée. Elle exige de nous tous des précautions, mieux des attentions, qui ne lui sont pas toujours accordées. Lire la suite
Il y a quelques jours, j’écrivais ici que le gouvernement de Nicolas Sarkozy, dirigé par François Fillon, était à l’agonie. La formule avait fait sourire certains d’entre vous, persuadés peut-être que le pouvoir, dans notre curieux système politique, pouvait rester indifférent aux assauts de la société. C’est en réalité tout le contraire : la démocratie d’opinion a pris le dessus, la pression du mécontentement a emporté une première digue. Deux ministres ont, en effet, démissionné hier. Alain Joyandet, tout d’abord, a quitté le navire, dans la foulée Christian Blanc a été prié d’en faire de même. Aujourd’hui, la droite tente, laborieusement, d’expliquer qu’il s’agit là des premiers gestes de la « République irréprochable » qu’évoque désormais le Chef de l’Etat et souligne que les situations des démissionnaires – lâchés par leur collègues d’hier, désignés par eux comme des brebis galeuses avec une rare inélégance – n’a rien à voir avec celle d’Eric Woerth. Ces départs donneraient un sursis à l’attelage gouvernemental, ils offriraient un ballon d’oxygène à une droite à bout de souffle. Selon moi, c’est tout le contraire, le signe que cette situation délétère est intenable. Lire la suite