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« Il faut travailler sur un programme avec les écologistes, pas seulement sur des accords » – Lemonde.fr

Catégorie : Politique | Par pierre.moscovici | 20/08/2010 à 22:39

Article paru sur lemonde.fr le 20 août 2010

La question des négociations avec le PS est un des thèmes des journées d’été d’Europe Ecologie, où le camp écologiste est divisé sur la question. Le député socialiste Pierre Moscovici, présent vendredi 20 août à Nantes pour un débat, estime que le programme est aussi important que les « simples accords d’appareil ».

Certains écolos comme Yannick Jadot espèrent discuter rapidement avec le PS de répartition de circonscriptions aux législatives, sans conclure d’accord sur le programme. Etes-vous prêt ?

Les deux choses sont liées. Il faut se mettre d’accord sur le contenu et la plate-forme de convergence est large. Le but : fonder une base de gouvernement alternatif durable. Rien n’empêche de discuter de circonscriptions, d’un groupe parlementaire. Mais il faut travailler sur les deux plans, dans une volonté d’unité. Et le PS est sorti du vieil hégémonisme vis-à-vis de ses partenaires. Voyez l’exemple de Rambouillet, où le PS, dans une circonscription symbolique, a soutenu la candidate écolo au premier tour aux législatives.

On ne peut discuter des circonscriptions sans discuter programme commun ?

Non. Il ne s’agit pas de gommer nos différences de fond. Mais nous ne pouvons laisser des flous de programmes ou nous reposer sur de simples accords d’appareil. Il faut bâtir une alternative à Sarkozy, avec un fonctionnement commun qui soit différent de celui de l’ancienne gauche plurielle.

Quelle différence peut-il y avoir par rapport à la gauche plurielle ?

Il faut que les partenaires de la formation aient leur liberté. Et que la base de programme soit plus puissante et poussée, plus approfondie. Si on laisse des points de flou, il y a des frustrations, cela crée des discordances dans le gouvernement. C’etait le cas à la fin du gouvernement Jospin. La pluralité s’est mue en cacophonie et il y a eu à la fin le 21 avril 2002, un drame.

Quels sont les thèmes sur lesquels PS et écologistes divergent ?

D’abord, il faut parler de la convergence, qui est solide. Le socialisme écologique. Le PS a fait sa conversion écologique, même s’il existe des nuances par rapport à l’écologie défendue par les Verts et Europe Ecologie. Nous sommes pour la production et la consommation, et le maniement de l’outil fiscal pour orienter l’économie. On peut aussi citer la construction européenne et l’attachement aux libertés, contre le tout-sécuritaire.

Et les divergences ?

Sur la croissance. Nous ne sommes pas pour la décroissance. Il existe également des désaccords sur les transports ou l’énergie. Mais le sentiment, c’est que sur l’essentiel, nous pouvons nous rassembler. Nous ne sommes pas là pour nous pacser, pour faire un parti unique. Mais nous avons une responsabilité commune de ne pas donner un nouveau bail à Sarkozy.

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21 commentaires

  • guillaume dit :

    @baillergeau
    Il est évident que sa déclaration sur DSK est extrêmement maladroite. Tout comme affirmer aujourd’hui qu’il n’y aura pas d’aéroport à NOtre Dame des Landes pour ravir quelques militants.
    Dans ces maladresses, on retrouve ce qui constitue à mon avis la fragilité d’une candidature. Comment tenir la route pour une telle épreuve sans une expérience des campagnes électorales. J’ai beaucoup de respect pour elle, ses combats et je pense qu’elle a beaucoup de qualités, qu’elle tiendra un rôle clé dans un futur gouvernement progressiste, qu’elle ferait assurément une excellente ministre (garde des sceaux notamment), mais je ne la vois pas tenir la distance, surtout si elle se lance maintenant.

    Nous parlons en connaissance de cause…

    PS: Il vaut mieux qu’elle tienne ce genre de propos sur DSK maintenant qu’en pleine campagne. Mais c’est fort maladroit.

    • Bloggy Bag dit :

      Maladroite pour elle, cela nous donne l’occasion de rappeler à tous que Dominique a été innocenté et que l’accusation s’est fait remonté les bretelles au procès.

      Dommage aussi que ce ne soit pas elle qui a envoyé Bové en prison, cela aurait été cocasse…

  • baillergeau dit :

    @guillaume dit : 23 août 2010 à 16:53

    Sur la juge Eva Joly que dire sinon des louanges, mais sur la suite c’est plus triste.
    Que dire des propos inqualifiables qu’elle a tenu sur DSK et qui mériteraient un dépot de plainte ?
    Son ancien statut de juge ne l’autorise pas à l’expression de points de vue insensés.
    Cette personne ne sera jamais un partenaire fiable, elle est très bien à l’ile de Groix et je vais aller lui dire (1 h 15 par bateau)

  • guillaume dit :

    L’attrait d’une candidature Joly réside dans le fait qu’elle représente l’exact inverse de la personnalité de Sarkozy: nouveauté, probité, droiture, élégance d’esprit, repolitisation.
    Il me semble néanmoins que cette candidature souffre de nombreux défauts:
    -expérience politique faible (excepté son mandat de parlementaire européen)
    -idéologie peu marquée: quelle société préconise-t-elle au delà de l’éthique qu’elle incarne. Où veut-elle emmener ses électeurs? Quelle finalité du projet politique?
    -Sa conversion écologique récente. Peut-elle incarner ce qu’ont incarner les derniers candidats verts lors des présidentielles précédentes. Le discours sera-t-il structurer autour de l’écologie comme il l’aurait été avec Duflot ou DCB?
    -Vision économique: Malgré sa riche expérience dans le domaine des paradis fiscaux et des problèmes financiers des banques scandinaves, que pense Eva Joly de la zone euro (gouvernance, harmonisation)? A-t-elle des idées sur les mécanismes de régulation de la sphère financière? Quel est son rgard sur notre fiscalité?

    Voici mes quelques réflexions sur cette candidature qui m’a beaucoup séduit dans un premier temps mais que je juge légère par rapport au candidat que pourrait présenter le PS. Il s’agit à mes yeux d’une candidature sexy aux yeux de l’électorat dans la mesure où elle ne provient pas du sérail politique, qu’elle incarne une nouveauté et qu’elle insuffle quelque chose de neuf dans notre paysage politique. Je me permets de la juger cependant trop légère à certains égards et notamment sur les thèmes qui me semblent clés pour la campagne: fiscalité/déficits, réformes structurelles à mener.

  • Gaël dit :

    Laréunion PS-Verts semble se faire « contre » (Sarkozy) et non pas « pour » qqch. La stratégie du « contre » en guise de programme (ou de drapeau de ralliement) a pourtant montré ses limites avec Bayrou (et dans une certaine mesure avec Royal).

    Sur l’énergie, les transports et la croissance/décroissance, le PS aurait intérêt à se rapprocher d’EE, et à se démarquer de l’UMP.En particulier, même si le mot est tabou, la décroissance des biens matériels mériterait d’être davantage explorée par le PS.

    • Bloggy Bag dit :

      D’accord sauf sur 2 points :
      – en matière d’énergie le nucléaire pose toujours problème avec les écolos
      – en matière de décroissance, il me semblait que la crise avait permis d’en finir avec cette idée. Décroitre c’est détruire des emplois et/ou appauvrir les gens qui travaillent. La croissance n’est pas nécessairement génératrice de plus de pression sur les écosystèmes : l’idée même du développement durable est bien de croître tout en préservant l’avenir des sociétés humaines et des écosystèmes.

      • Gaël dit :

        « décroître c’est détruire des emplois et/ou appauvrir des gens qui travaillent » c’est un slogan, pas une argumentation.
        Tout dépend de quelle décroissance on parle.
        Si c’est de la décroissance matérielle (1 TV par foyer au lieu de 3 par ex, ou encore la refléxion sur la mobilité plutôt que l’achat d’un moyen personnel de transport), ça signifie plutôt créer des emplois locaux (le loueur de véhicule, le réparateur), enrichir les gens qui travaillent, et enrichir les relations sociales.
        Le sujet est vaste et porteur d’avenir, il mérite une approche qui ne soit pas réductrice.

        • Bloggy Bag dit :

          Reprenons alors cet exemple de la voiture.

          Effectivement, l’utilisation la plus grande de la voiture c’est le parking. D’un point de vue de rationalisation des moyens, on peut largement faire mieux.
          Ne plus acheter de voiture permettrait de créer des emplois locaux :
          – le loueur : probablement faux, les loueurs déjà existants seraient probablement rejoints par les grandes enseignes de la distribution (des tentatives sont déjà faites dans ce sens) et il n’est pas sûr que les emplois créés pour cette locations compenseraient la disparition des emplois des vendeurs
          – la réparation : là c’est sûr, l’emploi diminuerait puisque le nombre de voitures diminueraient

          Effets néfastes induits :
          – moins de voitures à vendre = moindre production = augmentation du poids des coûts fixes : il est à prévoir que le prix des voitures augmenteraient et que leur évolution ralentiraient. Or une partie de cette évolution va vers la diminution de la consommation. Le contraire de ce que l’on espère

          Problème de fond : la voiture ne se résume pas à un moyen de transport, elle a un côté identitaire. Or on ne change pas l’identité des gens pour des raisons rationnelles.

          Le problème n’est donc pas de produire moins, mais de produire en diminuant l’impact sur l’éco-système et en maîtrisant mieux la consommation énergétique. Dit autrement, il va en fait être urgent de remplacer nos voitures actuelles par les voitures qui vont commencer à arriver (nouveaux hybrides notamment). La croissance de ce secteur est une nécessité pour des raisons écologiques.

          Tout ceci n’empêche pas de réfléchir et d’agir sur la structure de notre société et de nos villes, et en particulier pour les reconstruire d’une façon adaptée aux défis. Mais à nouveau, cela induit de la croissance, pas de la décroissance.
          La décroissance est une idée malthusienne. Croître c’est se transformer. L’état de l’économie donne ou pas les moyens de cette transformation. J’aime à voir la croissance économique comme une énergie : s’en priver revient à se retirer des moyens d’agir. Je suis d’accord pour dire qu’il y a des transformations néfastes, mais libre à nous de décider d’aller dans le bon sens.

          • Jonas dit :

            On pourrait parler de « croissance sobre », une croissance économe en énergie et en matière première.
            De toute façon les verts et les membres d’EE sont divisés sur la question de la décroissance.

          • MIchel Ternes dit :

            Il me semble qu’il faut plutôt réfléchir en unité de mesure.
            Décroître en soi n’est pas un objectif, surtout dans la mesure ou la population augmente.
            Il faut cependant – et tout le monde en est d’accord – que la croissance n’obère pas la survie de la planète.
            La question des éléments qui servent à mesurer cette croissance est donc primordiale. Si on se mettait d’accord sur l’entrée d’éléments écologiques de long terme dans le calcul de la croissance, arrivant par là dans bien des cas à une… récession, le problème serait différent.

  • Bloggy Bag dit :

    En se choisissant Joly comme candidate, les écologistes se mettent en porte-à-faux avec eux-même.
    Eva Joly va-t-elle comme Bové ou Mamère trouver que l’action illégale a un sens ? La désobéissance civile va-t-elle devenir son cheval de bataille.

    S’ils confirment cette candidature, nous risquons de ne pas avoir de partenaire pour cause d’implosion du mouvement écolo en 2012, et ce n’est pas forcément une bonne nouvelle.

    • Michel Ternes dit :

      Peut-être pas… Pourquoi le mouvement écolo se tirerait-il une balle dans le pied ? Le PS est l’illustration qu’on peut aller très loin dans les dissensions dans exploser…

    • Bloggy Bag dit :

      @Michel : en fait, leur choix de Joly la juge a comme le goût d’un remake de notre propre choix de Royal avec son « ordre juste », son « encadrement militaire » et ses « jurys citoyens ».

      D’un côte des militants qui adorent la contestation et revendiquent la liberté, de l’autre un choix hyper-rigide, l’ordre qui structure.

      Cela ne nous a pas réussi, cela ne leur réussira pas (mais révèle un grand trouble dans la perception des choses).

      • MIchel Ternes dit :

        oui et non car hormis DCB, l’encadrement vert semble en prendre son parti, en tt cas bcp + qu’à l’époque les ténors socialistes.
        La position de danny est difficile, ce qui transparait dans le monde de ce WE.
        A long terme, le ticket ne me semble pas invivable. Tout va dépendre de l’attitud e d’eva joly, qui pour l’instant manoeuvre habilement.

  • baillergeau dit :

    LA ROCHELLE : PASSIONNANT, FORCEMENT PASSIONNANT

    Dans huit jours, on sera au cœur des débats socialistes, voir des ébats…

    Parfois, le Parti me semble ressembler à ces églises chrétiennes du fin fond de la Chine qui ont perdu le fil de leur message et une partie de leurs pratiques, mais qui perdurent depuis des siècles et pour des siècles.

    Parfois, je me dis que c’est du Parti et pas d’ailleurs, que viendra ce qui donne aux abandonnés l’espoir d’une organisation sociale, moins rude pour les faibles.

    Chacun sait que la social-démocratie est sérieusement chahutée.Il ne peut pas en être autrement après les crochets, directs et uppercuts, subis par le communisme et le capitalisme. La social-démocratie n’a plus rien à corriger !

    Alors, il ne reste plus que la déploration et le Macallan 1990 comme remède ?

    Ne serait-ce que pour ses enfants ou petits enfants, on ne peut pas lâcher.

    En trouvant des raisons dans sa philosophie ou sa religion, l’espoir doit être entretenu.

    Je me risque à une piste, bien modeste du fait de mes faibles moyens.

    Les gains de productivité, un rapport revenus des salariés/revenus du capital constamment en chute pour les premiers, la montée de la peur de l’exclusion économique, devraient conduire à une forte mobilisation pour un revenu par personne alloué automatiquement par l’Etat, s’il y a travail, formation ou soins.

    La santé et l’éducation jouant un rôle déterminant dans les chances allouées à chacun, seul un état fort pourrait les offrir à chacun.

    Les fonctions régaliennes de l’Etat ne devraient pas être sous-traitées.

    Le champ du domaine privé ou associatif devrait être ouvert aux autres activités.

    L’entreprise et les TPE fédérées en ensembles de 50 salariés au minimum devraient adopter le statut de la «Société européenne» Pour le statut de l’ »association européenne», il faudra attendre (rien depuis La Rochelle 2005 ?)

    Pour la monnaie et la reconstruction de l’Europe, nous attendrons que, les Karl Marx de notre temps pour le constat, les John Maynard Keynes d’aujourd’hui pour les mains dans le cambouis et les Camus du présent pour la com, sortent de l’ombre et soient entendus.

    http://legueduyabboq.blog.lemonde.fr

  • baillergeau dit :

    Je ne suis pas certain que « Le socialisme écologique » ait le même contenu partout.

    « Notre sentiment commun sur l’Europe » ne dit pas comment on passe à la phase de réanimation.

    Si nous ne sommes pas d’accord avec les écolos sur la croissance/décroissance, sur les transports et l’énergie, je ne vois pas comment on peut commencer à parler circonscriptions ?

  • baillergeau dit :

    Je ne suis pas certain que «le socialisme écologique» ait le même contenu partout.

    Notre sentiment commun sur l’Europe ne dit pas comment on passe à la phase de réanimation.

    Si nous ne sommes pas d’accord avec les écolos sur la croissance/décroissance, sur les transports et l’énergie, je ne vois pas comment on peut commencer à parler circonscriptions ?

  • Au moins est-on sûr d’une chose, c’est que le désaccord est total entre Europe Écologie et le maire PS de Nantes au sujet de l’aéroprt de Notre-Dame-des-Landes !
    http://exigencedemocratique.blogspot.com/2010/08/europe-ecologie-ancrage-gauche-negos.html

    • Nicolas(Nantes) dit :

      Pour être plus précis, le désaccord est total entre les verts et la très grande majorité de tous les autres élus sur Nantes, en Loire-Atlantique et dans les Pays-de-la-Loire/Bretagne en général, et pas simplement avec le maire de Nantes.

  • Sagittarius dit :

    Cher M. Moscovici, puissiez-vous convaincre en effet.
    Hors des groupes partisans, le citoyen que je suis se demande vraiment, si les promesses répétées de travailler sur le programme, vont en définitive déboucher sur quelque chose de concret, réellement applicable et embrassant toutes les problématiques de nos sociétés contemporaines, fût-ce très détaillé voire technique.

    Personnellement, je l’espère. Mais je m’impatiente quelque peu. J’aimerais ne pas avoir à désespérer.
    Il y tant et tant à réaliser.

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