Dans les médias

Plié ?

Catégorie : Réflexions | Par pierre.moscovici | 26/08/2010 à 17:01

La rentrée politique s’effectue, et connaîtra un temps fort avec l’Université du Parti socialiste à la Rochelle ce week-end, à laquelle je participerai bien évidemment. Je ne reviendrai pas sur le climat social et moral du pays en cette fin d’été – en ayant parlé ici. La conjoncture politique est quant à elle assez claire. Une batterie exceptionnelle de sondages tous azimuts, allant de la cote de l’exécutif aux souhaits de candidatures pour 2012, en passant par des intentions de vote en vue de la présidentielle, ou encore par les pronostics et les envies de victoire, montre une tendance extrêmement nette : Nicolas Sarkozy est rejeté avec violence, la gauche est largement favorite sans pour autant susciter d’ores et déjà l’espoir, l’hypothèse d’une candidature de Dominique Strauss-Kahn est fortement dominante. Est-ce à dire que nous connaissons déjà l’issue de la prochaine échéance, le nom du prochain Président de la République et le camp gagnant ? Les élections à venir sont elles déjà jouées ? La messe est-elle dite ? Le match est-il, comme on le dit dans le langage populaire, « plié » ? Les choses sont, évidemment, plus compliquées, même si la situation s’est incontestablement décantée. Commençons par les éléments les plus solides, les plus robustes de l’opinion.

Le premier est la disgrâce absolue de Nicolas Sarkozy. Le Président de la République est victime d’une impopularité record, qui atteint à la fois sa personnalité et sa politique. Ses indices de confiance sont exceptionnellement bas – il est approuvé par un petit tiers des Français : l’offensive sécuritaire de l’été a pu faire diversion, elle n’a pas convaincu, bien au contraire. Elle a en effet divisé la droite, mobilisant contre elle Dominique de Villepin – qui a par ailleurs renouvelé son adhésion à l’UMP, comprenne qui pourra… – ou Rachida Dati – qui veut régler ses comptes avec Brice Hortefeux – suscitant la condamnation sans ambiguïté de l’église catholique à l’égard de la stigmatisation indigne des Roms, réveillant le centre – François Bayrou a hier matin, justement qualifié le climat de « malsain » et pointé la responsabilité du Chef de l’Etat. En outre, elle n’est même pas parvenue à rétablir la confiance dans la droite sur le terrain même de la sécurité, où l’échec de Nicolas Sarkozy depuis 2002 est maintenant largement reconnu. Résultat : deux Français sur trois ne souhaitent pas qu’il se représente, plus de la moitié d’entre eux ne veulent pas qu’il change de Premier ministre – alors qu’il en a pourtant manifestement l’intention et que François Fillon a semble-t-il la tête ailleurs et envie de prendre sa liberté.

Ce rejet profite incontestablement à la gauche, et nourrit l’attente d’une candidature de Dominique Strauss-Kahn. Une large majorité de Français – 55 % contre 35 % pour la droite – pronostique en effet la victoire du Parti socialiste et de la gauche en 2012, alors que 51 % des sondés, contre 40 % à droite, la souhaitent. Les intentions de vote sont également éclairantes. Le Président sortant serait, dans une simulation de deuxième tour il est vrai privée de véritable signification, battu par Martine Aubry – 47 % contre 53 % – et écrasé par Dominique Strauss-Kahn – 41 % contre 59 %. Le Chef de l’Etat, discrédité, ne conserve en réalité qu’une seule force – non négligeable mais insuffisante : le soutien de l’électorat UMP, qui lui permet de virer en tête d’un premier tour, mais sans la moindre capacité à rassembler au second. A gauche, il n’y a pas de match. Dominique Strauss-Kahn apparaît, quelle que soit la nature de la mesure – notoriété, popularité, crédibilité, efficacité électorale – comme ultra-dominant dans son camp, et bien au-delà. Il réalise, et de loin, le meilleur score d’un candidat socialiste au premier tour, talonne Nicolas Sarkozy, qui distance les autres prétendants testés – Martine Aubry, Ségolène Royal, François Hollande. Il réunit toute la gauche, le centre et même une partie de la droite au second tour. Il semble être, aujourd’hui en tout cas, le Président que les Français appellent de leurs voeux, celui qui peut refermer la parenthèse douloureuse du sarkozisme, rassembler et rassurer un pays que le Chef de l’Etat a divisé et brutalisé. C’est pourquoi, je le confirme, il aura mon soutien s’il décide de se lancer dans la course, à laquelle je me prépare s’il ne souhaite pas y participer. Il entame donc la période décisive qui nous sépare de 2012 largement en pôle position : l’essentiel du débat public, de façon ouverte ou souterraine, va désormais tourner autour de cette hypothèse. Tout, pourtant n’est pas joué. Je voudrais ici évoquer deux séries de questions, qui n’épuisent pas le sujet.

A gauche, il n’y a pas de match. Dominique Strauss-Kahn apparaît, quelle que soit la nature de la mesure – notoriété, popularité, crédibilité, efficacité électorale – comme ultra-dominant dans son camp, et bien au-delà.

Soyons d’abord conscients que nos concitoyens, s’ils ne veulent plus de la droite, et de Nicolas Sarkozy, ne sont pas prêts pour autant à signer un chèque en blanc à la gauche et au Parti socialiste. Trois indicateurs le confirment. Le plus important est le sentiment largement majoritaire – pour près de deux tiers des sondés ! – que la gauche ne ferait pas mieux que la droite si elle revenait aux responsabilités : le rejet du pouvoir est massif, la confiance dans l’opposition est faible. Ajoutons à cela que, malgré la colère qui monte contre le Chef de l’Etat, celui-ci est en tête des intentions de vote au premier tour, alors que les socialistes testés, y compris au demeurant Dominique Strauss-Kahn, ne dépassent pas 25 % au premier tour – score de Ségolène Royal en 2007 : l’adhésion au socialisme reste à construire. Enfin, le total des votes prêtés à la gauche, s’il progresse par rapport à la dernière élection présidentielle, demeure minoritaire dans presque tous les cas de figure : la France n’est pas encore convertie au camp du progrès. Bref, l’essentiel – gagner la confiance, créer l’espoir – reste à faire, comme je ne cesse de le dire et l’écrire ici.

La candidature Strauss-Kahn, par ailleurs, n’est pas – pas encore du moins – un fait, elle suscite des interrogations. La première est bien sûr, celle de son occurrence : le patron du FMI s’intéresse à l’évidence à la France, il n’écarte aucun scénario, mais il n’a rien affirmé, rien confirmé, rien organisé. Il faudra, pour connaître ses intentions, attendre, quelques – longs – mois encore. La nature et la profondeur de l’adhésion à sa candidature posent aussi question : recueille-t-il la faveur de l’opinion uniquement ou principalement parce qu’il est loin, parce qu’il n’est assimilable à aucun camp, ou bien parce qu’il répond vraiment aux besoins des Français ? Il devra, s’il est candidat, donner chair à ces attentes, reprendre pied dans le pays. Quelle majorité, enfin, pourrait assumer la politique qu’il conduirait, dès lors qu’il rassemble toute la gauche en la dépassant largement ? Cette question fut au coeur de la table ronde à l’Université d’été des Verts, à Nantes, où j’ai représenté le Parti socialiste : il est à mes yeux clair que tout doit tourner autour de la gauche, d’un Parti socialiste qui n’a plus les moyens d’être hégémonique et doit pourtant rester central, mais aussi que les suffrages des Républicains de progrès devront être entendus.

Le Président a perdu la main, depuis un an déjà, tout ce qu’il entreprend échoue spectaculairement, il dispose de peu d’atouts. Mais il demeure une bête politique, susceptible de mener une belle campagne et de rebondir à la tête d’une droite qui reste forte.

En réalité, on le voit, si l’alternance paraît bien engagée, rien n’est plié. Ce d’autant que je n’ai pas parlé ici de la capacité de résilience de Nicolas Sarkozy, qui ne saurait être sous-estimée. Le Président a perdu la main, depuis un an déjà, tout ce qu’il entreprend échoue spectaculairement, il dispose de peu d’atouts. Mais il demeure une bête politique, susceptible de mener une belle campagne et de rebondir à la tête d’une droite qui reste forte. Notons au passage que l’écart au second tour avec les candidats supposés autres que Dominique Strauss-Kahn n’est pas énorme, et en aucun cas déterminant, alors que la conjoncture politique est désastreuse pour la droite : la situation de Ségolène Royal, au printemps et à l’automne 2006, était plus forte, et l’on sait ce qui est advenu en mai 2007… La gauche, et d’abord les socialistes, ont donc du pain sur la planche, s’ils souhaitent que le changement se concrétise et soit autre chose qu’un simple rejet de la droite, source de malentendus pour la suite. Consolider la préparation de l’alternance, construire l’alternative : c’est la tâche qui nous attend maintenant, c’est ce que nous devrons entreprendre à partir de la Rochelle, c’est ce à quoi « Besoin de gauche » veut contribuer. J’ai essayé, hier dans « le Monde » de tracer quelques pistes. Ce n’est, bien sûr, qu’un début, le combat continue !

Photo: CC par dmitri_krendelev

Be Sociable, Share!

25 commentaires

  • baillergeau dit :

    Toutes les pièces de théâtre ont fini par créer un monde à côté de la vie, qui se fait illusion à lui-même et finit par se croire vivant.
    [Jules Renard]

  • baillergeau dit :

    BdeG à La Rochelle, l’Oratoire
    Plus de monde que d’habitude – au moins 350 !
    Mosco limita les circonvolutions pour dire son fait.
    Patriat fit la plus brève et la plus percutante des interventions: dire que pour nous, DSK est le bon candidat de gauche
    Marissol fit sur les retraites un exercice de vérité sans fioriture.
    Les questions des militants ne furent pas toutes inutiles.
    Belle fin de soirée, bien meilleure que la table ronde, « La crise, la Grèce, l’Europe et nous », triste étalage de nos impuissances.

  • baillergeau dit :

    Aubry/Royal…
    Les petits phrases,
    les passages aux mêmes heures sur la 1 et la 2
    La sortie des livres sur le marigot
    Quand Sarko parle de l’Afganistan ou de la régulation monétaire, on n’a pas le temps de lui répondre
    Tout cela conduit la parti à sa perte, par usure interne.
    RAS LE BOL !

  • Bloggy Bag dit :

    Les Français, il me semble, plébiscitent DSK non pour l’homme, ou parce qu’il est loin, mais parce qu’ils ont confiance en sa capacité « à faire le job ». Quand on est dans un bateau qui coule, on se cherche un capitaine qui a prouvé sa valeur, un vrai.

    Pour le reste, ce sera plié lorsque l’on aura proposé un programme novateur soutenu largement par les militants.

    • Marie dit :

      Attention de ne pas confondre « plébiscité par les Français  » et « sondages » !! comment savoir Pierre si DSK est populaire puisque absent , plusieurs personnes doivent se présenter à ces primaires dont SR et si vous dîtes que cette dernière est populaire là OK puisque hier sur le France 1 beaucoup de monde autour d’Elle et Elle a tenu un très bon discours pour l’ouverture de ces Univ.d’été …

      • Pablo dit :

        « Attention de ne pas confondre « plébiscité par les Français » et « sondages » !!  »

        J’ai pas souvenir en 2006 d’une telle précaution de la part de certains camarades/sympathisants à l’égard des bons sondages de Ségolène Royal.

        Alors, deux poids, deux mesures ?

        ps: il n’y a pas de mesure objective de la popularité.

        • Marie dit :

          En 2006 en effet de bons résultats et non des sondages !

          http://www.rfi.fr/actufr/articles/083/article_47538.asp

          • Pablo dit :

            Marie,

            Avant le vote, il y a bien eu des sondages. C’était d’ailleurs presque le seul argument qu’on pouvait entendre ici ou là « c’est la seule qui peut battre Sarko, regardez donc les sondages! ».

            Je m’étonne simplement que l’argument utilisé pour l’une ne soit pas valable pour un(e) autre. Ca en dit long sur votre mauvaise foi. Et ce d’autant plus que si demain la tendance s’inverse, vous ne ferez plus cette distinction sondés/français.

            Pour ma part je n’ai pas changé d’avis sur les sondages, je n’y croyais pas hier , je n’y crois pas davantage aujourd’hui, même avec DSK (qui a ma préférence).

          • Thierry dit :

            Je m’étonne de ces accusations de mauvaise foi à l’encontre de ceux qui soutiennent S. Royal.
            En 2006, les sondages étaient bons, mais reposaient sur les propositions de Ségolène. Et on s’en souvient, Dieu sait si ses idées et ses propositions étaient au centre de toutes les discussions, que ce soit sur l’éducation ou la sécurité, que ce soit par l’exemple de sa région ou sa volonté de faire de la démocratie participative un élément clé de sa politique, etc. Bref, beaucoup d’idées – dont beaucoup ont été adoptées par le PS depuis – qui ont irrigué les débats et permis aux gens de savoir s’ils y adhéraient ou pas, s’ils y étaient sensibles ou non, et s’ils avaient envie – suite logique – de voter pour elle.
            C’est tout à fait différent pour DSK. Vous avez entendu une idée émise par lui, vous ? Une seule ?
            Vous savez ce qu’il a à proposer pour la France ? Quelles solutions il envisage ? Quelles nouvelles façons d’agir il compte initier ?
            Non.
            C’est une sacrée différence !
            Je ne lui reproche pas de ne rien proposer. Il est parti au FMI, il a laissé à d’autres le soin de « rénover » le parti. Il n’a rien fait pour son parti depuis 3 ans, et je me doute bien qu’il a suffisamment de travail à Washington pour qu’on ne lui reproche pas cette distance.
            Mais pour justifier sa candidature, il faudra autre chose…
            Et s’il croit qu’il lui suffira de se pointer pour ramasser l’investiture au dernier moment, sans effort, il va droit dans le mur.
            Alors comparons ce qui est comparable: les idées que pronait Ségolène Royal en 2006 étaient intéressantes, fortes, et proposaient de profonds changements dans la manière de faire de la politique et de tenter de régler les problèmes des gens. Ce qui donne un certain poids aux sondages d’alors.
            Les bons sondages de DSK en font un candidat potentiel extrêmement intéressant, mais cela reste du vent tant qu’il ne propose rien.

          • Nicolas(Nantes) dit :

            Je suis partiellement d’accord avec Thierry.

            Les sondages en faveur de DSK ne sont pas basés sur des propositions puisqu’il n’intervient pas encore dans le débat public en France. Ils reposent uniquement sur un éloignement bien sûr, mais aussi sur une expérience et une stature de chef d’Etat.

            Pour les sondages de 2006, il y avait un part de « bonne mine rajeunissante », courant 2005/début 2006, et une part de propositions en 2006, il faut l’admettre. Maintenant, on est loin de tout ça pour elle.

            En attendant, on peut se réjouir des sondages mais ne surtout s’y fier. C’est volatile.
            DSK est ma préférence, mais si c’est pas lui, ce ne sera pas un drame. Je ne ferai pas du « DSK ou rien ». A bon entendeur…

          • Bertrand dit :

            Effectivement, il y a une petite différence entre la situation de dsk aujourd’hui et celle de royal alors. Mais son émergence dans les sondages est antérieure à ses propositions.

            quoi qu’il en soit, c’est un peu artificiel de crédibiliser des sondages « sur propositions » et des sondages « de notoriété ». Ce n’est pas très scientifique…

            Auquel cas l’argument c’est la seule qui peut battre Sarko, regardez donc les sondages! » s’applique aujourd’hui à DSK.

  • OPINIONS PUBLIQUES dit :

    Bonjour Pierre,

    Depuis 2002, je me méfie des intentions de vote, surtout à 2 ans d’une présidentielle. Rien n’est joué loin s’en faut.

    Le sourire de Fillon : le « Monsieur 50% » du gouvernement, le seul garant (avec MAM)de ce gouvernement mafieux et de ce président délirant, hypra-berlusconesque. Sourire de soulagement de fin de service ou sourire de contentement face à la situation. Rappelons que même s’il a beaucoup souffert d’être mis sur la touche en début de mandat, soutenant bon an mal an une ligne directrice pas toujours très droite, c’est le seul qui a su rester digne de la fonction qu’il occupe, inspirant confiance et respect aux électeurs de droite. Quelle que soit l’issue de ce remaniement ministériel, dans tous les cas de figure, il en sort renforcé.Une carrure potentielle de présidentiable, un challenger à suivre.

    Sarkozy est un homme de pouvoir, et il en subit l’épreuve. Chirac disait que l’homme de pouvoir c’est celui qui se relève toujours lorsqu’il est à terre. Et Sarkozy l’a déjà été, raillé,après l’échec de Balladur, et il s’est bien relevé.

    Etre en tête à 2 ans des élections est simplement un indicateur de situation à un instant T et confirme la crise de pouvoir qui est à l’oeuvre, ainsi que la perte de confiance des Français.
    Une union qui s’effrite, se délite; Un mouvement qui devient de plus en plus impopulaire. A surveiller ce qui se passe au sein de l’UMP qui va avoir beaucoup de peine à faire marcher tout le monde d’un même pas et dans la même direction pendant les 2 prochaines années. Un D2V (le meilleur opposant est dans la place) qui fait le choix de rester : il fait ses courses avant de partir. De toutes façons mieux vaut y rester pour savoir ce qui s’y passe, construire une forme de légitimité et trouver des soutiens.

    La fin de l’hégémonie du PS ? Bonne nouvelle, cela permettra peut-être de gagner une élection et de constituer un réel gouvernement d’ouverture.
    Je trouve bien que vous soyiez allé voir ce qui se passe du côté de l’écologie, les positions, les divergences entre ces 2 partis qui fusionnent et qui sont très antithétiques dans la manière de faire. Vous avez ainsi pu constater l’Aura d’un juge honnête et droit, qui plus est une femme intelligente, reconnue et très écoutée. Bref une candidature tentante pour :
    1/ La Frange centre-droite constituée de ceux qui ont voté Modem au premier tour et à droite au 2ème tour « par défaut ».
    2/ Les socialistes déçus en quête d’une autre vision du monde et d’une politique plus durable, plus écologique et plus juste.
    3/ Les déçus du Sarkozysme.

    Attention : Le parler franc allié au franc parler électrisant du révolutionnaire et la fraîcheur de Duflot pourrait être une intelligente et redoutable combinaison, à condition d’avoir un programme qui tienne la route. Ils font un peu office de 3è voix, de Tao. Pas d’affolement, pas d’emballement, pas d’égarement… Wait and see.
    Toutefois la problématique du socialisme écologique vs écologie sociale peut se poser.

    Donc rien n’est plié, ni à gauche, ni à gauche ni à droite.
    Cette Université de la Rochelle est déterminante, c’est un Cap. Tous les Français vous regardent. Vous avez un week-end total d’exposition médiatique, c’est une véritable épreuve du feu qui peut fortement impacter votre crédibilité.

    J’ai vu ce soir Martine Aubry intervenir, c’est clair net et précis, même s’il reste toujours le côté brut de décoffrage. Ca manque encore de charisme, mais c’est un peu notre Angela Merkel à nous, c’est du massif, une valeure sûre. Delors, qui avait à l’époque post-miterrandienne plus de 60% d’intention de vote avant de choisir l’Europe a dit de sa fille qu’elle est meilleure politique que lui.

    Je reste toujours sur le qui-vive avec Ségolène Royal et surveille de près l’électron libre qui a failli toucher le ciel. Elle est moins cosmique, plus posée, mais j’ai l’impression quelle veut nous la jouer à l’humilité (style j’ai appris de mes erreurs), peut-être pour mieux revenir sur le devant de la scène et mettre un bazar inimaginable.

    Un petit mot sur le fringuant du Rhône-Alpes. Il s’enflamme, cherchant son style, s’exerçant à la diatribe, se voyant déjà en haut de l’affiche. Il a assurément perdu en suffisance, mais trop passionné, il manque encore d’humilité. Patience, petit scarabé…

    J’espère que nous n’aurons pas à rougir de la Rochelle 2010 et que l’on pourra en retenir un vrai jeu collectif; Un petit conseil de militante de base :RAISONNEZ EN EQUIPE RESPONSABLE réellement coordonnée et prête à prendre le pouvoir.

    J’attends vos interventions du week-end avec impatience et je terminerai par 2 messages, comprendra qui pourra :
    « Les éléphants sont en voix de disparition, il faudra penser à dépoussiérer l’Ours »
    « La parole portée par l’apparatchik est trop spongieuse ».
    Biz

    PS: J’en ai réellement marre de voir cette vieille France à la télé, au pouvoir et dans les hémicycles. J’espère que cette fois-ci cela va enfin bouger, changer.

  • guillaumeA dit :

    La politique est qu’elle que chose de particulier.
    Celui qui en fait le moins peut remporter la mise. Dans n’importe activité, le plus travailleur est celui qui gagne.

    Hors visiblement c’est le contraire en politique hors élection.
    Celui qui ne fait rien(en politique), ne parle pas est le mieux récompensé.

    En économie on appelle cela une Bulle.
    Une Bulle en économie est qu’elle que chose qui grossi(sur des rumeurs de profit énorme dans le futur)et qui explose quand on demande de montrer les résultats(bénéfice)des sociétés qui n’existent pas.

    En politique c’est pareille, une bulle de sondage monte sur des côtés irrationnelle(le candidat ne fait rien qui explique cette montée)mais explose dès que le programme doit être présenté.

  • baillergeau dit :

    « La nature et la profondeur de l’adhésion à la candidature de DSK posent aussi question : recueille-t-il la faveur de l’opinion uniquement ou principalement parce qu’il est loin, parce qu’il n’est assimilable à aucun camp, ou bien parce qu’il répond vraiment aux besoins des Français ? »

    Cette phrase me trouble.
    Depuis que DSK est à la direction du FMI, j’ai vu des anti-DSK l’insulter pour ses actions; je n’ai, ni lu ni entendu, ses amis en faire la critique, en bien ou en mal, ce que l’on pouvait attendre d’eux.
    Ce silence n’aidera pas la réflexion que tu souhaites conduire.

  • […] This post was Twitted by PierreMoscovici […]

  • Elenorore dit :

    N’y a-t-il pas une forme de trompe l’oeil dans la popularité de DSK? Comme vous le dites bien, son ancrage national n’est pas évident.
    Je trouve surtout à titre personnel à trouver son attitude de « diva » assez fatigante: j’y vais, j’y vais pas, je fais semblant de pas regarder mais j’entretiens le suspens quand même…On a l’impression qu’il ne veut bien y aller que si on lui déroule le tapis rouge, mais pas question d’avoir à se battre. On ne va quand même pas prier quelqu’un d’avoir la bonté de bien vouloir se faire élire. Personnellement son attitude commence vraiment à me poser problème.
    Mais j’ai une question: à quand un sonsage qui teste DSK vs Eva Joly? Elle aussi peut sans doute rassembler au-delà de la gauche – avec un passé moins sulfureux, et une « gnaque » bien plus nette.

    • guillaume dit :

      1) DSK ne joue pas sa « diva ». Il ne s’est pas prononcé et a toujours été clair en ne révélant pas publiquement ses ambitions. Son poste l’en empêche. De plus quel intérêt aurait-il à dir emaintenant qu’il est candidat?

      2) le sondage TNS sofres d’hier inclut une candidature Joly. Son score oscille entre 9% et 12%.

      • Elenore dit :

        Mais Guillaume, tu vois bien qu’il y a un problème fondamental dans la phrase « il a toujours été clair en ne révélant pas ses ambitions »…
        Ne te méprends pas: je pense que ce serait une excellente candidature, que sa compétence est hors norme, qu’il a gagné une stature internationale et je ne crois pas aux critiques sur le thème « il n’est pas de gauche ». Mais pour moi, si, il est dans une attitude de diva – et ne soyons pas naïfs: je suis sûr qu’il ne se contente pas d’être un observateur désintéressé.

        • Victor.P dit :

          Elenorore ou Elenore

          Son silence peut s’expliquer de plusieurs manières :

          Avant tout, comme l’a dit guillaume, il n’a pas à se prononcer publiquement sur ses intentions ; les statuts du FMI le lui imposent.

          Ensuite, peut-être ne connait-il pas encore ses propres intentions pour les présidentielles. Il joue actuellement un rôle de premier plan au niveau mondial ; il est en première ligne dans la réforme de la finance mondiale et dans bien d’autres dossiers… Il a donc de quoi se préoccuper. C’est un travail qui a l’air de le passioner… mais l’ambition présidentielle est encore surement présente (quoi de plus normal quand on en a les moyens..). Il aura donc un choix à faire pas du tout aisé !

          Je ne dis pas qu’il n’y a pas de stratégie de communication derrière (pour se faire désirer) mais cette stratégie est aussi fortement contrainte pour les deux raisons évoquées plus haut.

          Bref, tout ça pour dire qu’il est pour le moment obligé de faire sa « diva », pour reprendre ton expression !

          Tout ceci est mon interprétation de tout cela.. la vérité se cache forcément quelque part ^^

        • Bloggy Bag dit :

          Elenore : DSK n’a aucune raison de se déclarer officiellement avant la fin du G20 de Cannes, il a même toutes les raisons de ne pas le faire.
          Mais cela n’a pas que des désavantages : cela laisse un large espace aux militants pour travailler sur le programme au lieu de courir après le concours de beauté.

        • Nicolas(Nantes) dit :

          Eleonore

          pkoi DSK joue-t-il sa diva? Pourquoi devrait-il se prononcer avant tout le monde. A ce que je sache, Aubry et Royal font elles-aussi leur diva selon tes critères.

          Laissons le début d’année 2011 se dérouler et tout se décantera d’ici juin, pas de panique. On y sera bien assez tôt dans la campagne, et surtout, une fois choisi, notre candidat sera suffisamment martelé à longueur de journée, inutile de l’exposer dès maintenant.

          N’oubliez pas, Sarko ne se déclarera qu’en janvier/février 2012…

  • bleu-etoiles dit :

    plié , evidemment non ,surtout avec 2002 et2007 en mémoire
    DSK , reste une énigme compte-tenu de son agenda
    n’oublions pas que des strauss-kahniens ont rejoint M.Aubry ,donc
    Aubry presidente et DSK 1er ministre est une configuration
    intéresante , également .

Flux RSS des commentaires de cet article.