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Vérité et réformisme : pour que l’engagement des socialistes soit celui de l’espoir en 2012 – Le Monde

Catégorie : Actualité,Politique | Par pierre.moscovici | 26/08/2010 à 15:52

Photo par LALLA - ALI

Après seulement trois années de pouvoir de Nicolas Sarkozy, nos concitoyens vivent un malaise profond aggravé par la perte de confiance envers la direction politique de la France. Et ce malaise devient une crise de l’espoir.

C’est sur sa capacité à faire face aux défis économiques et aux transformations sociales qu’est jugé tout gouvernement. En la matière, les Français savent bien les difficultés à venir, ils connaissent l’état des finances du pays. Ils sont conscients que des mesures urgentes et radicales sont nécessaires, tant pour des raisons conjoncturelles – la crise économique – que pour des raisons structurelles liées à l’affaissement de l’Etat-providence. Ils constatent que celui-ci ne parvient plus à corriger a posteriori les inégalités générées par le marché tandis que de nouveaux besoins sont apparus avec l’évolution de nos modes de vie.

Mais en retour, ils ne reçoivent aucun signe politique d’un gouvernement empêtré dans ses contradictions qui s’entête, par idéologie, par facilité et par méconnaissance des atouts de la France, à favoriser les situations de la rente plutôt qu’à s’efforcer de donner une réponse à l’inégale répartition des chances et des opportunités. Il y a là une véritable crise de l’égalité, à laquelle il tente vainement de faire diversion par ses outrances sécuritaires. Il nous faudra y répondre afin de redonner un avenir à notre destin collectif, en intégrant, notamment, l’impact des politiques publiques sur les territoires.

Il y a là une véritable crise de l’égalité, à laquelle il tente vainement de faire diversion par ses outrances sécuritaires.

Pour mériter leur confiance, notre responsabilité sera de leur dire la vérité, sur les marges de manœuvres de l’Etat, sur les objectifs et pour quels publics nous consacrerons en priorité ces moyens. La politique de rigueur actuelle, qui va toucher d’abord les classes populaires et les classes moyennes, est l’angle mort de la gestion libérale des gouvernements conservateurs dans toute l’Europe qui ne proposent à leurs concitoyens que l’épreuve et aucune nouvelle perspective, aucun progrès. Au contraire, les socialistes savent gérer et conduire les affaires de la France avec le double souci de l’efficacité et de l’égalité, comme a pu le faire, par exemple, dans le gouvernement de Lionel Jospin, Dominique Strauss-Kahn qui a réduit l’endettement par rapport à la richesse nationale.

La politique de rigueur actuelle, qui va toucher d’abord les classes populaires et les classes moyennes, est l’angle mort de la gestion libérale des gouvernements conservateurs dans toute l’Europe qui ne proposent à leurs concitoyens que l’épreuve et aucune nouvelle perspective, aucun progrès

Les Français le vivent au quotidien : dans les collectivités territoriales qu’ils dirigent, les élus socialistes investissent dans l’avenir, en créant des services publics performants, en soutenant l’activité économique, l’industrie et l’emploi. Ce sont leurs actions qui ont permis d’amortir les effets de la crise pour les plus fragiles d’entre-eux alors que, dans le même temps, le gouvernement de François Fillon tire des traites sur l’avenir de nos enfants en creusant le déficit et en désarmant l’Etat, laissant chacun, seul face à son destin, subir les conséquences des transformations économiques et sociales.

En matière de déficit, ce qui est très important pour gagner la confiance, c’est de montrer qu’on a un plan et qu’à l’arrivée les choses seront rétablies. Les réduire à marche forcée, ce serait casser la croissance et casser les ressorts de la création d’emploi. Notre priorité sera ainsi de répondre au défi de la croissance économique, pour faire baisser le chômage et redistribuer la richesse produite, afin d’engager la lutte contre les nouvelles inégalités.

Depuis un an, la famille socialiste a retrouvé le chemin des suffrages des Français en même temps qu’elle a consolidé le corpus de ses idées. Avec le nouveau modèle de développement, rédigé par Pierre Moscovici et porté par Martine Aubry, nous avons le cadre de notre projet, celui d’un réformisme radical. Dès lors, comme l’a dit Jacques Delors, « après le temps des pompiers, vient celui des architectes », dont l’action doit conduire à proposer une politique de l’émancipation avec de nouvelles conquêtes améliorant les conditions de vie de nos concitoyens.

Pour cela, nous pensons que la condition de la crédibilité de notre projet est qu’il soit inscrit dans la ligne, que devra assumer notre candidat, d’une social-démocratie rénovée qui fera « plus de place à la prévention des inégalités et à la concentration des services publics sur ceux qui en ont le plus besoin », telle que l’a définie Dominique Strauss-Kahn.

Vérité et réformisme : voilà les deux principes que nous devons respecter pour que la perspective de 2012 soit un nouvel espoir pour les Français.

François Patriat, sénateur de Côte-d’Or, Michelle André, Serge Andréoni, Jean Besson, Yves Daudigny, Christiane Demontes, Serge Lagauche, Raymonde Le Texier, Claudine Lepage, Jean-Jacques Lozach, Gérard Miquel, Patricia Schillinger, Daniel Raoul, Simon Sutour, Richard Yung, sénateurs et Pierre Moscovici, député du Doubs.

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