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Convention internationale: Discours de Pierre Moscovici au Conseil national du 8 septembre 2010

Catégorie : Actualité,Europe / International,Le Parti socialiste,Politique | Par pierre.moscovici | 10/09/2010 à 12:38

Mes chers camarades,

Cette convention internationale est pour nous une étape décisive dans la construction d’une alternative pour 2012. C’est d’autant plus vrai que, comme le dit le texte qui nous est soumis, le cadre européen et international est plus que jamais indissociable des espoirs comme des craintes des Français. Mais aussi parce que le style et plus encore le projet idéologique de la droite et du sarkozysme s’expriment pleinement dans le champ européen et international : brutalité, nationalisme exacerbé et dans le même temps profonde volonté de faire rentrer notre pays dans les rangs, ceux d’un Occident sans cesse en guerre comme ne cesse jamais de l’être M. Sarkozy. Là comme ailleurs, ne sous-estimons pas la capacité du gouvernement à s’appuyer sur les positions les plus démagogiques pour faire avancer son point de vue.

Dans ce contexte, que dire du texte préparé sous l’égide de Laurent Fabius ? Il a beaucoup de qualités. Il est bien écrit, élégant, équilibré, précis, il aborde nombre de questions politiques et stratégiques de façon pertinente. Il dresse un tableau juste de la réalité européenne et internationale du moment. Le constat des difficultés et limites de l’Europe, des profondes insatisfactions qu’elle suscite dans notre pays, est évoqué. Rien n’est caché de l’ampleur des tensions, des défis comme des menaces. Il évoque très utilement la toile de fond mondiale dans laquelle vivent les Français : un monde plus fracturé aujourd’hui qu’hier, traversé par de multiples tensions économiques, sociales, écologiques, culturelles, religieuses. Un monde où ce qui divise l’emporte trop souvent sur ce qui rassemble. Ce monde, c’est aussi cette Europe où montent ainsi les populismes et la xénophobie. Voilà qui nous ramène encore à la droite française.

Nous ne sommes toutefois pas réunis en Conseil national uniquement pour la congratulation, mais aussi et surtout pour le débat. Mais s’il est un constat souvent lucide des réalités auxquelles nous faisons face, ainsi qu’un guide souvent utile pour l’action, le projet qui nous est soumis est d’inspiration très diplomatique et ne me parait pas tout à fait à l’équilibre juste entre la Nation, l’internationalisme et l’engagement européen.

La Nation est nôtre. Parce qu’elle se confond avec les valeurs et les acquis de la République. Parce qu’elle est le cadre de l’expression de la volonté démocratique du peuple. Parce qu’en ces temps de mondialisation, et notamment de nécessité d’inventer un nouveau volontarisme pour intégrer les migrants, l’inquiétude se porte sur les identités et principalement nationales – nous savons combien la droite française a la tentation d’instrumentaliser ce malaise. Parce que le réalisme nous conduit à voir que partout dans le monde, dans la compétition économique, les Nations, même fragilisées par le capitalisme financier, sont le cadre de l’action. C’est pourquoi nous souhaitons conserver une forte capacité d’influence, et pensons toujours que la France a une voix particulière à faire entendre dans le monde.

Parce qu’en ces temps de mondialisation, et notamment de nécessité d’inventer un nouveau volontarisme pour intégrer les migrants, l’inquiétude se porte sur les identités et principalement nationales – nous savons combien la droite française a la tentation d’instrumentaliser ce malaise.

Mais cela ne peut nous conduire, même insidieusement, à affadir notre tradition européenne et internationaliste, qui me parait plus que jamais être une dimension fondamentale du progressisme et ces temps si sombres. Je veux ici illustrer mon propos, à travers quelques uns des amendements que j’ai formulés avec certains camarades, qui me paraissent essentiels, et portant sur trois points :

Le progressisme et l’Amérique latine

Je voudrais que notre projet réformateur ne passe pas à côté de certaines expériences progressistes en cours dans le monde. Je pense tout particulièrement à l’Amérique latine désormais très largement gouvernée à gauche. Ces expériences nous sont précieuses par ce qu’elles nous apprennent de la construction du socialisme dans des pays plongés dans la mondialisation. Elles le sont aussi en ce qu’elles mettent à l’évidence des rapports à la transformation sociale et à la démocratie assez divers pour inspirer diversement certaines composantes de la gauche et de l’extrême gauche françaises. Ce combat idéologique là doit aussi être livré, mes camarades. Livrer ce combat idéologique, c’est aussi être clairs avec nous-mêmes. Pour moi, nos sources d’inspiration sont plus proches de Lula que de Chavez, et nous devons le dire avec clarté.

Le Maghreb et l’Afrique

Je souhaite aussi, chers camarades, attirer votre attention sur l’enjeu majeur de nos rapports avec la Méditerranée, le Maghreb et l’Afrique. En fait de rupture, la droite française poursuit dans l’impasse. Je suis convaincu que nous ne pourrons rien faire dans nos rapports avec ces pays sans un travail politique à l’égard de la colonisation.

La droite française est sans complexe. Elle poursuit une offensive idéologique qui vise à faire silence voire à glorifier cette page de notre histoire. Ce faisant, elle alimente les blocages et offre de formidables alibis à la nomenklatura algérienne comme aux dérives du président Wade. Le temps est venu, pour notre Parti, puis pour notre pays, de regarder et de dire les choses en face : la colonisation fait partie des heures sombres de l’histoire de la République. Cela devra être dit avec la plus grande solennité. Je ne parle pas ici de repentance. Je parle d’un travail politique – celui de la mémoire revient librement aux historiens – indispensable pour construire de nouveaux rapports avec le Sud, mais aussi pour que tous les Français, quelle que soit leur origine, puissent regarder ensemble leur histoire. Notre texte devrait en porter la trace.

Le temps est venu, pour notre Parti, puis pour notre pays, de regarder et de dire les choses en face : la colonisation fait partie des heures sombres de l’histoire de la République. Cela devra être dit avec la plus grande solennité. Je ne parle pas ici de repentance. Je parle d’un travail politique

L’Europe

Nous ne pouvons pas nous passer d’un horizon, d’une perspective, d’une vision européenne plus fraternelle, plus partagée, plus intégrée. A mes yeux, notre nouvelle synthèse européenne, après nos désaccords passés, doit tomber du coté de l’ambition d’une Europe politique, protectrice, harmonisée, dotée d’un gouvernement économique et de nouveaux droits pour les salariés ; pas du côté du repli national et intergouvernemental.

Mes amis, ce n’est pas parce que le sujet nous a tant divisés qu’il nous faut être timides sur le projet européen, dans la lignée de ce que nous avons porté pendant des années. Mes amendements vont dans 3 directions.

  • D’abord l’Europe politique. Nous avons beau jeu de rappeler sans cesse la crise de légitimité que traversent les institutions européennes. Mais que disons-nous sur le sujet, nous socialistes ? C’est le sens des amendements que j’ai déposés sur le rôle des institutions européennes, la désignation du Président de la Commission ou le Président permanent du Conseil européen. Ils ont été largement pris en compte
  • Ensuite, le couple franco-allemand. Ne nous trompons pas de diagnostic. N’enfourchons pas la chasse aux boucs émissaires engagée par la droite qui cherche à fuir ses turpitudes. Ne soyons certes pas naïfs sur les lenteurs allemandes à marquer la nécessaire solidarité avec la Grèce. Prenons toutefois de la distance historique pour prendre la pleine mesure des efforts consentis par l’Allemagne pour rejoindre et faire évoluer l’Union monétaire. L’Allemagne devra aller plus loin dans ses efforts pour concevoir une autre politique économique et de change, mais nous devons pour cela l’accompagner, pas la stigmatiser. Nous devons mettre tout cela à plat avec l’Allemagne, en nous fixant avec elle le cap d’une pleine et entière Union franco-allemande, cadre de droits nouveaux pour les salariés et les citoyens, moteur retrouvé de l’Union européenne.
  • L’élargissement et les frontières, enfin. Je dois vous avouer ici mon insatisfaction par rapport au texte sur la Turquie tel qu’il a été formulé. J’ai participé au Conseil européen d’Helsinki, où nous avons accepté la candidature turque, qui a depuis fait son chemin. Je le dis et je le répète : si nous négocions, c’est pour qu’à terme, la Turquie entre dans l’Europe.

Je reste favorable à l’adhésion de la Turquie à terme, tout en étant conscient que les conditions n’en sont pas remplies aujourd’hui. Je ne dis pas cela au nom de je-ne-sais-quel angélisme supposé. Où est le réalisme ici ? N’est-il pas dans la compréhension des terribles dégâts que la politique actuelle de la France est en train de provoquer notamment du point de vue de ce choc des civilisations dans lequel Sarkozy veut, comme cela est fortement et justement dit dans le texte, nous engager ? Dans une période où l’islamophobie est une réalité, ne donnons surtout pas l’impression que l’Europe serait un club chrétien ! Notre texte est en progrès après la Commission des résolutions. Il reste, sur ce point, encore trop prudent, au mieux neutre : n’ayons pas peur de réaffirmer la position constante de la France depuis 1963, qui est celle de notre parti, depuis longtemps : la Turquie a une vocation européenne.

Dans une période où l’islamophobie est une réalité, ne donnons surtout pas l’impression que l’Europe serait un club chrétien !

Il en va de même sur les Balkans. L’esprit d’ouverture ne suffit pas, mes amis. Il ne dupe personne. Ces pays, meurtris par les guerres dans l’ex-Yougoslavie et leurs séquelles, ont vocation à terme à rejoindre l’Europe. Il faudra donc leur permettre de participer au cercle large que constituera l’Union européenne, autour d’un noyau plus intégré de la zone euro.

  • Cela s’inscrit dans une vision claire : approfondissement économique et social au sein de la zone euro, mais possibilité d’élargissement des frontières de l’UE. Je nous exhorte à ne pas renoncer à la volonté internationaliste qui sous-tend l’élargissement de l’Europe. Le dernier élargissement a sans douté été fait vite, et de façon insatisfaisante. Mais l’Histoire nous pressait, l’unification du continent est une réalisation majeure, elle n’est pas finie. Je sais, chers camarades, l’éternel débat entre approfondissement et élargissement. Mais la poursuite d’une Europe large et pacifiée n’est pas incompatible avec l’approfondissement de l’Europe politique. J’ai parfaitement conscience que si l’Europe politique et culturelle doit être un horizon palpable, l’adhésion à l’euro et l’intégration à un noyau de pays qui partageront une gouvernance économique et une harmonisation fiscale renforcée peut prendre quelques années supplémentaires. Mais attention à la porte claquée, elle pourrait vite nous revenir à la figure.

Conclusion :

Les travaux conduits sous l’égide de Laurent Fabius et Jean-Christophe Cambadélis ont permis de faire avancer les choses sur un certain nombre de points, et de prendre en compte une part de mes amendements. Ces avancées sont significatives : renforcement du langage sur l’Europe politique, ton équilibré sur l’Iran, stratégie moins militaire en Afghanistan, discours moins négatif sur la Turquie… Parce que ce texte constitue une base solide, et par souci de l’unité, je le voterai.

Je crois toutefois qu’il faudra, pour mener une politique étrangère et européenne à la fois progressiste et internationaliste, prendre en compte, en 2012, les préoccupations que j’ai exprimées. C’est pourquoi je transmettrai mes réflexions à nos fédérations, pour qu’elles en fassent l’usage qu’elles jugent utile. Ces conventions nationales ont été conçues pour donner aux militants l’occasion d’amender et trancher quand c’est nécessaire. N’ayons pas peur de ce débat démocratique. C’est le sens de ma contribution, positive, à nos travaux.

Ces conventions nationales ont été conçues pour donner aux militants l’occasion d’amender et trancher quand c’est nécessaire. N’ayons pas peur de ce débat démocratique.

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16 commentaires

  • Bloggy Bag dit :

    On peut avoir une photo du gâteau et des bougies ?

    :-)

  • guillaume dit :

    Bon anniversaire Pierre.

  • eleonore dit :

    Bon anniversaire à notre hôte.

  • Fahar-el-dine dit :

    Bravo!!!
    Je vous félicite pour votre franchise et votre sens de responsabilité. Vous assumez ce que vous êtes, la France a besoin de gens comme vous.
    Fahar

  • Marc Sackur dit :

    Je suis assez d’accord avec ceux (Guillaume, Guerfi) qui déplorent l’absence de la question du Proche-orient. L’Union européenne est la première contributrice au budget de l’Autorité palestinienne, le parti travailliste israélien (membre de l’Internationale socialiste) participe à un gouvernement qui comprend des ministres racistes et qui n’a pas abandonné la construction de nouvelles colonies, une campagne pour le boycott des produits issus des colonies se développe dans le monde etc. Il me semble que cela mériterait au moins une phrase, par exemple, sur les pressions à exercer sur le gouvernement israélien pour le conduire à respecter les résolutions de l’ONU.

  • Charlotte dit :

    Franchement je ne comprends pas pourquoi cette convention interveint si tôt. On vote fin septembre ce qui laisse vraiment peu de temps aux militants pour s’expirmer. C’est du n’importe quoi!

  • monsieur Bitru dit :

    Excellente la photo du pistolet à noeud!
    Dans votre inconscient, peut-être est-ce la métaphore de la pensée socialiste qui se fait des noeuds (cf. la réforme des retraites et le retour à 60 ans)… et va rater sa cible?

  • keskonri dit :

    Qui a dit:
    «Le modèle cubain ne marche même plus pour nous»
    L’amie de Danièle Mitterrand, le « lider maximo »!!! Si si! Qui déclare dans un entretien que le modèle économique cubain «ne marche même plus» sur l’île communiste. Une déclaration historique.

    http://www.lefigaro.fr/international/2010/09/09/01003-20100909ARTFIG00430-fidel-castro-ne-croit-plus-au-castrisme.php

    Il est savoureux de voir PM louer au même moment le progressisme « de gauche » de l’Amérique latine (en réalité Lula) sans évoquer le terrible aveu d’échec de Castro!

    Par peur du ridicule?

    • Bertrand dit :

      JE pense que tout est contenu dans la différence entre lula et chavez

    • Christine R dit :

      Ya un rapport???

      Bien sûr que si, Pierre Moscovici évoque le leader Maximo, ou alors vous n’avez pas bien regardé la photo!

  • @ Guerfi:10 septembre 2010 à 13:55

    Merci de nous signaler cet oubli significatif.
    Mais sommes-nous bien utiles en apportant autre chose que nos sous aux Palestiniens via l’Europe ?
    ça permet à Salam Fayyad de construire dans l’ombre, un Etat à opposer courant 2011 aux Israéliens.
    C’est un « Ben Gourion palestinien » dit Shimon Perez avec envie.
    Et s’il avait raison ?

  • Je ne pense pas que le monde soit plus fracturé ou divisé aujourd’hui qu’hier, mais la vérité sur les problèmes en cours a gagné en intensité, ce qui n’est pas toujours un mal.

    Redire que les « Nations sont le cadre de l’action » c’est rassurant pour les vieux dont je fais partie, mais c’est le cadre de l’action en région ou en UE qui est à inventer par ceux qui vont avoir à le faire et ils seront dans de la pure création.

    Pour la voix particulière de la France, elle fut tellement imposée sans être voulue, que je laisserais aux autres le soin de dire si nous en avons encore une, qui soit à la fois présentable et audible dans le monde.

    Sur le progressisme et l’Amérique Latine, je partage totalement ton idée de lever les ambiguïtés que rien ne justifie plus, surtout si l’on prend le temps d’écouter des hommes comme Marco Aurélio Garcia, présent à La Rochelle.

    Le travail politique à l’égard de la période de colonisation est impossible tant que les archives algériennes (Oulémas, PPA, MNA, FLN et autres…) ne seront pas accessibles. Il faudra peut être que tous les acteurs soient morts. Pour les autres pays colonisés, des lacunes historiques existent sans doute, mais elles sont peut-être moins criantes ou plus oubliées que pour l’Algérie.

    Si l’Europe nous semble moins fraternelle, moins partagée et moins intégrée, c’est peut être que c’était déjà le cas, mais que ça ce voyait moins ?

    Pour le futur, je ferai passer en première ligne le couple franco-allemand, sans lequel tout le blabla européen est oiseux, sans «fusion par ministère» l’Europe ne va nulle part.

    Pour la Turquie, l’UE doit lui ouvrir sa porte, sachant que pour les 20 à 50 ans à venir, nul ne sait le devenir du monde turcophone et le rôle que pourrait y jouer la Turquie vis-à-vis du reste de l’Europe.

    Pour finir, je trouve ton intervention très subtile vis-à-vis de Fabius, toujours donneur de leçons.

  • guillaume dit :

    Bien Pierre.
    Je dois avouer que le texte en l’état est plus que décevant et très souvent creux, conciliant, peu ambitieux.

    La question proche orientale est peu développée.

    Le chapitre européen est très consensuel, à l’image du passage sur la Turquie qui est plus que flou laisse diverses interprétations, y compris celle d’un rejet de l’adhésion turque.
    Quelle Europe pour demain? Mise à part la réactivation du couple franco-allemand (indispensable bien entendu), et l’harmonsiation fiscale (primordiale) on ne sait pas vers quelle Europe nous souhaitons aller? Les institutions, la philosophie, le fédéralisme sont les absents du texte. La place de l’UE ou de la zone euro dans les organisations internationales n’est pas évoquée.

    La question du juste échange qui n’est pas abordée par Pierre mérite également d’être débattue et plus spécifiquement les « écluses tarifaires ». Si l’imposition de normes sociales et environementales internationales me paraît souhaitable, j’ai des doutes quant à la taxe sur les produits importés qui auraient générés des émissions de CO2 importantes. N’est ce pas une forme de protectionnisme déguisé à l’encontre des émergents qui ne détiennent pas encore le capital nécessaire pour produire des biens plus proprement. On peut l’envisager envers des pays de l’OCDE (et encore à certaines conditions) qui ont des technologies comparables aux nôtres. A ce sujet nous devons avoir l’ambition d’être à la pointe de la technologie verte. Il faut profiter des soucis japonais et des hésitations américaines pour massivement investir dans la recherche de technologies plus propres qui pourraient être privilégiées au fur et à mesure que les sources minières se tarissent. C’est impératif!

  • Guerfi dit :

    Bonjour,

    La grande absente de la CI est la question du Proche-Orient !
    Amitiés socialistes.

  • Bloggy Bag dit :

    J’aime assez le sens général.

    Sur « la colonisation fait partie des heures sombres de l’histoire de la République », je crois qu’il faut ajouter un brin de complexité.
    A l’évidence, avec nos yeux et notre niveau moral actuel, nous savons qu’il s’agit d’une période peu glorieuse. Mais la difficulté est, il me semble, non pas de dire que nous ne l’aurions pas fait en nous prenant comme référence aujourd’hui, mais bien de comprendre comment des choses détestables peuvent être faite à un moment donné en toute bonne conscience. A une époque, l’esclavage était moralement acceptable. A une époque, la colonisation était moralement acceptable. Tout cela est jugé avec effroi aujourd’hui mais que juge-t-on aujourd’hui moralement acceptable et qui ne le sera plus demain ?

    Quelles horreurs acceptons-nous aujourd’hui avec une relative bonne conscience ?

    • Cédric dit :

      Le but de Pierre n’est pas tant de se placer dans une attitude anachronique que de demander à ce que nous reconnaissions que ce fut une période sombre de l’histoire.

      Il ne s’agit pas de s’auto-flageller en permanence mais bien bien de pouvoir le dire solennellement. C’est une nécessité si on veut pouvoir avoir des relations apaisées avec les pays du Maghreb, amis également partager un passé commun avec un partie des Français d’origine étrangère.

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