Dans les médias

Vichy

Catégorie : Politique,Réflexions | Par pierre.moscovici | 21/09/2010 à 15:36

Je suis, vous le savez – certains me le reprochent même parfois – un homme pondéré, qui s’efforce de réfléchir avant de s’exprimer, au tempérament tolérant. Ce week-end, j’ai dérogé à ma réputation de modération, et provoqué une polémique, en évoquant un climat « très pourri, très Vichy ». Les réflexions indignées d’Eric Besson ou Gérard Larcher ne me gênent pas, au contraire. Quand le Président du Sénat déclare mes propos « inacceptables », je souris, parce que je sais où se niche, vraiment, l’inacceptable, chez le Chef de l’Etat qu’il soutient – du bout des lèvres au demeurant. Mais je sais que des amis se sont interrogés sur cette phrase. Pour eux, pour vous, je veux m’en expliquer.

Faut-il s’excuser d’un propos abrupt et qui fait débat ? La politique contemporaine est devenue, à certains égards, très aseptisée. Il est loin, le temps des polémistes, où celui qui voyait les politiques, à l’image d’un Clemenceau, à la fois homme de mots et grand duelliste, s’expliquer sur le pré . Une parole un peu dure, une comparaison un peu osée provoquent aujourd’hui très vite des indignations aussi vertueuses que factices. Le « politiquement correct » règne en maître. J’ai moi-même souvent tendance à brider mon verbe, parfois à l’excès, par respect des autres, par tempérament aussi. C’est pourquoi je ne déteste pas, de temps à autre, cliver, brusquer, sortir de mes gonds : une personnalité trop polie et plissée finit, à la longue, par être suspecte ! Cela dit, il faut manier avec prudence les comparaisons historiques. A le faire de manière hâtive, imprécise au pire manipulatoire, on risque de se tromper, voire de choquer les consciences. Il en va surtout ainsi à propos de la Seconde guerre mondiale, de la Shoah et de l’occupation – de la guerre d’Algérie aussi. Le sujet est plus que douloureux, il réveille des blessures que je sais inguérissables.

Rien, jamais, ne se comparera à ce crime contre l’humanité que fut la Shoah, rien, jamais ne se rapprochera dans l’ignominie de cette période sombre

Alors, oui, je regrette – un peu – d’avoir parlé trop vite, d’avoir trop résumé mon propos. Car nous ne sommes pas, bien sûr, sous Vichy. Il manque, évidemment, l’essentiel : le contexte historique, tragique, unique, irréductible à tout autre. Le nazisme a quitté l’Europe. L’extermination des Juifs, la volonté de la solution finale ne sont pas heureusement d’actualité. Et Nicolas Sarkozy n’est pas fasciste, il n’est pas plus Pétain – dont la principale faute fut le choix de la collaboration et le souhait de la victoire des Allemands – que François Fillon n’est Laval. Le risque d’un tel raccourci est celui de la banalisation. Rien, jamais, ne se comparera à ce crime contre l’humanité que fut la Shoah, rien, jamais ne se rapprochera dans l’ignominie de cette période sombre. Alors oui, en effet, il ne faut pas mettre Vichy à toutes les sauces, et j’aurais pu être moins ardent, moins pressé dans mon propos, d’autant plus que mon expérience personnelle – je suis issu d’une famille juive, ma mère a passé la guerre en France cachée chez des Justes, mon père a réchappé aux camps de travail roumains et aux pogroms – ne me pousse pas à banaliser ces moments, cette histoire qui marque toujours ce court et tragique XXème siècle dont parlait Eric Hobsbawm.

J’ai été touché d’entendre mon père de 85 ans me dire qu’il n’avait pas vécu un tel climat depuis son arrivée en France en 1947. Je suis touché de voir des jeunes issus de l’immigration, formidablement intégrés, douter de leur pays

Je ne peux toutefois pas prétendre qu’il s’agisse de ma part d’une pure et simple erreur, ou que ma langue a fourché. En effet, je n’ai pas évoqué Vichy et la collaboration, mais bien pensé et parlé d’un climat, d’un esprit, dont je persiste à dire qu’ils sont, oui, pourris, nauséabonds, sans précédent républicain. Lorsque les plus hautes autorités de l’Etat se mettent, comme Nicolas Sarkozy, à proposer la déchéance de la nationalité pour les « Français d’origine étrangère », c’est sans précédent républicain, et rappelle des heures sombres. Lorsque le Chef de l’Etat assimile immigration et délinquance, c’est sans précédent républicain. Lorsqu’il stigmatise une population, les Roms, qui fait l’objet de persécutions depuis des décennies, en fonction de son origine ethnique, c’est sans précédent républicain. Il y a là, évidemment, de quoi choquer les consciences. C’est bien parce que la mienne est marquée par cette histoire, qui est celle de ma famille, c’est bien parce que je sais ce que je dois à la France des Lumières, qui m’a permis de devenir ministre, parlementaire, élu local, alors que j’ai quatre grands-parents étrangers, que j’ai réagi ainsi. Non, nous ne sommes pas sous Vichy, mais oui, l’esprit qui anime ce pouvoir aux abois, prêt à tout pour se perpétuer, me hante, me blesse, comme je sais qu’il hante et blesse beaucoup de Français, jeunes et moins jeunes. J’ai été touché d’entendre mon père de 85 ans me dire qu’il n’avait pas vécu un tel climat depuis son arrivée en France en 1947. Je suis touché de voir des jeunes issus de l’immigration, formidablement intégrés, douter de leur pays. Alors, c’est vrai, j’ai parlé fort et vite, trop fort et trop vite peut-être, parce que j’ai laissé s’exprimer mon coeur et mon âme.

J’aime la France, et je déteste ce qu’ils en font

Un homme politique en a-t-il le droit ? Il en a, à certains moments, le devoir, mais il doit aussi contenir ses sentiments, et développer, toujours, des arguments en raison. En l’occurrence, une fois n’est pas coutume, j’ai écouté seulement ma conscience, mes émotions. Mon seul regret est pour ceux que j’ai pu heurter, en laissant croire qu’il y avait, pour moi, du « Vichy » partout, que je n’attribuais pas à ce crime la place unique qu’il doit avoir dans nos mémoires, qu’il a dans la mienne. Mais je ne regrette pas d’avoir attaqué avec force la conception du vivre ensemble qui anime Nicolas Sarkozy et les siens. J’aime la France, et je déteste ce qu’ils en font. Je ne les hais pas, et ne veux pas les caricaturer, mais je souhaite qu’ils se ressaisissent. Les dérapages à la fois involontaires et incontrôlés de cet été, j’en suis certain, inquiètent les Français, les divisent et les paralysent, alors qu’ils devraient être mobilisés et rassemblés. Ils abîment la République, alors qu’elle devrait, plus que jamais, être à l’ordre du jour. Ce ne sera pas notre seul combat en 2012. Force est toutefois de constater qu’il prend, dans la confrontation politique, une place de plus en plus grande. Je ne baisserai pas la garde.

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30 commentaires

  • […] This post was Twitted by Marion_S2 […]

  • Vens dit :

    Les dérapages de cet été seraient invontaires et incontrôlés ? Pierre Moscovici en est certain ?
    C’est sérieux ?

  • Amelle dit :

    Climat vichyste peut être pas, je dirais plutôt un climat très années 30, très « Dreyfus » qui ont justement permis et préparé Vichy.

    N’empêche qu’avec un gouvernement qui se permet toutes les dérives, qui n’hésite pas à proférer des mensonge et à ses propres citoyen et à ses partenaires (cf: sur Merkel quant aux Roms et sur Bush qu’en a la crise géorgienne)il est aussi légitime d’exagérer dans l’autre sens histoire de marquer le coup.

    Quand je pense qu’on a critiqué Royal quand dans un communiqué laconique dans son site DA, elle a demandé pardon à Zapatero. La franchement j’ai l’impression que les français devant les étrangers devraient et pour cacher la honte qui monte se prosterner comme le font les japonais en demandant pardon, pardon, pardon ….

  • Jeremiah dit :

    Monsieur Moscovici, bravo pour votre performance aux journées parlementaires. C’est sympa de vous voir sous un autre angle !

  • bloggy bag dit :

    Commentaire sur la journée de grève relativement réussie semble-t-il et surtout sur la suite.

    De suite avec Sarkozy, il n’y aura pas. Il s’en fout, fera une campagne de com’, lâchera des miettes au sénat et basta.

    Nous avons cependant, il me semble, manqué de courage. Les 60 ans ne sont qu’un symbole, ou presque. Le vrai combat est de garder les 65 ans parce qu’à cet âge la question n’est pas de savoir si on veut ou pas continuer (avec toutes ses annuités), mais si on peut. En 2007, l’espérance de vie en bonne santé était de 63.1 ans ( http://www.insee.fr/fr/themes/tableau.asp?reg_id=98&ref_id=CMPECF02228 ). L’espérance de vie « en bonne santé » est définie comme une espérance de vie sans limitation d’activité (ou sans incapacité majeure liée à des maladies chroniques, aux séquelles d’affections aiguës ou de traumatismes).

    Dit autrement, après 63 ans, 50% des gens souffrent d’un problème incapacitant de santé. Les envoyer au travail est complétement stupide et économiquement inefficace. L’idéal, le rationnel, serait de fixer l’âge de la retraite à l’âge d’espérance de vie en bonne santé. Voilà un point de vue que j’aimerais voir défendu et qui montrerait que nous sommes à la fois responsables, rationnel et que nous avons effectivement enterré Mitterrand.

    Qui osera la raison ?

    • baillergeau dit :

      Je suis totalement d’accord avec toi sur ce sujet.
      Le vrai combat est sans doute celui du financement sur une base plus élargie.
      Il va de soi que la diminution du chômage aurait un impact majeur sur le problème des retraites, mais c’est en soi un autre dossier.
      PS: Je suis depuis 2008 favorable à la mort des fonds de pension y c. le Prefon.

    • Amelle dit :

      On vois bien la personne qui ne sait pas ce que sont les 3X8 en usine, ni bosser dans un métier usant comme celui de pompier ou agriculteur et qui n’a même pas de la compassion pour ces personnes.

      Si pour en arriver là il faut enterrer Mitterrand, je me ferais un plaisir de le ressusciter. 41 ans de cotisation et retraite à partir de 62 ans, ces deux mesures combiné désolée mais c’est trop beaucoup trop, c’est juste inacceptable.

      Vive la retraite à 60 ans et « vive » Mitterrand … (ou plutôt son esprit).

  • bloggy bag dit :

    Les propos policés ne conviennent pas toujours à la situation. Quel que soit le niveau de culture ou de civilisation, lorsque c’est amer il faut cracher !

  • Beaumel dit :

    Ce climat est nauséabond, chacun peut le constater, mais l’envie de voir autre chose, de vivre autrement est tout aussi fort.
    Il faut donner aussi à voir et à entendre ce message d’un autre possible.
    Amitiés Socialistes,
    Nadia

  • VERNHES Alain dit :

    Une biographie, semble-t-il.
    Où l’on apprend que l’auteur est pondéré. Oui, c’est bien ce que l’on constate dans les propositions, et l’ethos politique qu’il présente…On voit le résultat des euphémisations additionnées des problèmes, le socialisme s’est noyer dans la troisième voie, c’est-à-dire dans le marché sans le dire.
    Il livre son identité juive et le parcours difficile de ses parents, c’est assez touchant, on sent une vérité qui pointe.
    Mes parents ont eu un peu le même parcours, mais de l’autre côté. Ma mère, jeune fille vivant chez sa grand-mère, a caché un juif dans son grenier et l’a fait passer en zone libre. Une héroïne, véritable et anonyme.
    Ce n’est pas parce que tout ça a disparu que Sarko n’est pas fasciste. Il l’est, dans l’attitude, dans l’obssession du contrôle qu’il étend sur le pays en multipliant les force de police, dans le mépris et le baillonnement des corps qui font normalement obstacle à la puissance présidentielle. Les Assemblées sont toujours averties après de ses décisions et convoqué pour les entériner, il n’y a jamais de recul de sa part sur ses orientations et actions. En ce sens participer à la continuation du travail législatif est un simulacre aujourd’hui. Toutes les lois votées ne sont quasiment pas amendées, l’Assemblée est croupionne, les députés caporalisés.

    Par ailleurs de son expérience personnelle l’auteur tire des paroles définites sur l’Holocautes. Je comprends et son ressenti qui est celui de la plupart des juifs que j’ai cotoyés. Mais malheureusement, on ne peut conclure que celà n’arrive pas ailleurs, avec une même intensité et que des genocides, des destructions planifiés de groupes de populations spécifiques ne se font pas, où n’ont pas eu lieu déjà, après l’horreur de la Shoah. Je pense évidemment au Rwanda, actes à propos desquels on parle de plus en plus de génocide, et peut-être d’autres massacres, exterminations d’ampleur demandent à être révélées.
    Il n’est pas question de faire des concours, mais de ne pas laisser reposer la barbarie, de lutter contre l’apparente banalité du mal et de voir que les racismes divers peuvent tous déboucher sur l’absolument écrasmement de l’humanité. C’est du moins, mon sentiment.

    Pour en revenir à Sarkozy, sa personnalité autoritaire, le culte du chef qu’il a instauré, la diabolisation permanente des adversaires, l’orchestration de la com UMP/Etat qu’il veut totalement univoque et omniprésente, la détestation affichée des ethnies/nationalités potentiellement immigrante, les fréquentations revendiquées comme Gianfranco Fini, leader des post-fascites, c’est-à-dire fascistes en habits de com, font qu’il est de plein pied chez lui dans l’univers fasciste.

    « Un homme politique a t-il le droit ? ». Evidemment, il en a même le devoir car laisser parler son coeur, c’est encore le meilleur moyen d’être sincère. Ca n’oblige pas à cracher sur l’autre, comme le font les pittbulls UMP, bien sûr. Et ce n’est pas le cas quand on dit « Vichy » pour caractériser l’esprit de l’époque, comme l’auteur l’a fait.
    Olivier Todd, a qui, hier soir sur « Ce soir ou jamais » s’est vu reproché d’avoir Sarkozy de « machin », a eu une réponse qui est en substance qu’à situation outrancière et dangereuse il faut une réponse, une réplique puissante et qui ébranle les consciences comme l’adversaire. « Vichy », ça réveille les français, et c’est un qualificatif adéquat pour la traque aux étrangers, le mépris raciste (discours de Dakar), l’obssession policière et les invectives régulières qui tendent à dévaloriser, à sous-humaniser les populations de préférences pas « white » comme dirait un de collègues de l’auteur.

    Je suis donc particulièrement étonné quand l’auteur écrit « Les dérapages à la fois involontaires et incontrôlés de cet été ». Il n’y a nullement dérapage, il y a prolongation d’une politique raciste,anti-immigrés qui a commencé avec le disoours « au karchër ». Il est balancé dans les quartiers et la « voyoucratie » ne peut pas être perçu dans ce contexte comme déliquante, mais bronzée. Et ce n’était que le début.

    Directement ou indirectement, Sarkozy a monté l’intensité da la désignation de l’immigré, mois après moi, chacun a pu l’entendre et voir ses postures guerrières, insupportables d’un chef d’Etat, comme d’un homme qui a un minimum d’empathie et de sens de l ‘égalité fondamentale des humains dans le respect qu’on se porte les uns aux autres. En avant, les kalachs…L’immigré, ce fut le risque, le fautif, l’inadapté, les bandes de tous les dangers.

    Pour terminrer sur les rafles de Rom, avec parents séparés des enfants, à six heures du matin, en assortissant l’horrible d’intolérables pressions, et en détruisant évidemment, dans une volonté préfectortale de casser, d’humilier et de faire spectacle. Celà sur des gens misérables parmi les misérables, et qui repasseront les frontières dans une semaine, voire un mois ou deux.

    Et ce serait involontaire et incontrôlé ?!…L’auteur a une lecture, là, innaceptable de la politique sarkozienne, preuve qu’il ne comprend ou ne veut pas comprendre l’essence d’extrême-droite fascisante de ces gens.

    Je ne veux pas penser qu’il s’agirait d’un réflexe de caste, de celle des privilégiés que représentent les élus du peuple au niveau national, dont les salaires et avantages afférents sont tous simplement exhorbitants, commme les palais où ils exercent, normalement, le mandat républicain, comme leur refus répété de mettre en oeuvre trois stratégies fondamentales : « un homme, une voix », « un mandat, un seul », « un travail garanti pour les élus à la sortie ».

    Donc, si le parcours personnel de P. Moscovici est émouvant, car on se reconnaît quelque part, les constations politiques liées qu’il porte ne sont pas à la hauteur de la situation, et surtout de ce qu’on peut d’un responsable de premier plan d’un parti de gauche. Mais il n’est pas le seul, malheureusement. Au contraire, on le retrouve à de nombreux exemplaires au PS, et c’est bien pour ça que mon rejet lucide et viscéral de Sarkozy, ne m’amène pour le moment pas à envisager au second tour des présidentielles – si nous n’avons contraint cette clique fascisante à partir – à voter pour le PS, qui ne se résoud à revenir à gauche, et proposer des réformes fondamentales et plus que nécessaires, comme l’instauration d’un Glass-Seagall Act à la française.

    • Jonas dit :

      Si ton rejet de Sarkozy était vraiment lucide et viscéral, tu saurais que Sarko est tellement mauvais que le PS fera forcément mieux et tu serais prêt à voter socialiste au second tour pour éviter le pire.
      Je trouve M. Moscovici à la hauteur de la situation, il dénonce très fermement les dérives racistes inacceptable tout en faisant la part des choses.

  • baillergeau dit :

    la France libre a masqué la France de Pétain majoritairement soutenue par la droite et aussi la gauche.
    La France des lois anti-juives, la terre qui ne ment pas, les français doivent expier, etc… etc…
    Cette France, Sarko la connait bien, un coup contre les roms, un autre contre l’étranger (Bruxelles) payer pour nos péchés (la dette) une guerre au Sahel (notre uranium) ça peut donner une majorité de cons
    Quand de nouveaux accidents monétaires mondiaux vont arriver, cette majorité sera d’accord pour de nouvelles restrictions…
    Tout cela peut faire un « bon climat » pour que Sarko soit Président en 2012

  • Laurent dit :

    bravo pour tes propos qui reflètent ce que beaucoup nous pensons. jusqu’à l’arrivée de Sarkozy, nous pouvions considérer que le clivage était toujours le clivage entre les démocrates et républicains de gauche d’un côté et de droite de l’autre. depuis 2007, le clivage est entre ceux qui sont fidèles aux valeurs fondamentales et ceux qui autour de Sarkozy remettent en question tout ce qui a été fondé depuis le CNR.

    comment interpréter les propos de Sarkozy lorsqu’il remet en question 50 ans de politique migratoire.
    comment considérer la stigmatisation des Roms (changeons de mot et mettons juifs à la place…),
    comment considérer les projets sur la déchéance de la nationalité française.
    comment considérer un ex socialiste ardent architecte du ministère de l’immigration et du débat lamentable sur l’indentité nationale (sur ce personnage, j’ai eu sur facebook des mots durs que je revendique : la « déatisation ».
    comment considérer la bienveillance pour les sectes.
    comment considérer les termes sur la remise en cause de la retraite à 60 ans et les 35 heures (il est intéressant de lire les attendus du fameux procès de Riom contre L Blum notamment et la plaidoirie admirable de Blum).

    alors oui cher Pierre, tu as raison lorsque tu parles de Vichy et c’est justement la force des gens pondérés comme toi que d’utiliser des mots forts, des mots durs, des mots justes.

    enfin comme j’aime le rappeler à l’occasion : lisons et relisons « Matin Brun » de F Pavloff…

  • Rh dit :

    Mr Moscovici
    Je suis un lycéen de 16 ans en terminale et cette période noire de la France est à mon programme d’histoire.J’ai appris au fil de mes leçons les idées qui étaient celles de ces dirigeants et sachez que je ne les retrouvent pas en 2010 dans le gouvernement qui est le notre. Sachez aussi que ce que vous dites est entendu par beaucoup de ceux de mon âge et ceux ci ne regardent pas forcement vos regrets et cela peut conduire à de amalgames dangereux. Vos propos me choquent beaucoup malgré que vous ayez fait preuve « d’un peu » de regrets… et cela m’écarte davantage des idées qui sont les vôtres et celles de votre mouvement.Une opposition par ces propos ne sont pas dignes de celle de notre république mais j’espère entendre (peut être) des propositions d’avenir de la part de la gauche.

    • Jonas dit :

      @Rh
      Les idées ne sont pas les mêmes, mais dans les propos récents du chef de l’Etat et du gouvernement, dans des propositions, des décisions, une circulaire du ministère de l’intérieur, on trouve la marque du racisme. Tu n’as pas pu ne pas apprendre un des piliers du nazisme qu’était l’antisémitisme. Et l’antisémitisme est une forme de racisme. Les idées ne sont pas les mêmes, les situations ne sont pas les mêmes, mais dans les deux du racisme, pas de la même manière, pas avec la même intensité, mais un racisme pareil venant de l’Etat, cela est nouveau en France depuis la fin de la seconde guerre mondiale.

    • Christine R dit :

      Je crois simplement, Rh, si vous avez bien lu le fil, que cette période noire de la France, pour la famille de Pierre Moscovici, n’était pas au programme de l’histoire mais au programme du présent, au programme de la vie.
      Je n’ai pas de scrupules à l’écrire puisqu’il le dit lui même.
      Pour autant, et malgré quelques divergences d’opinion, je trouve bien qu’a 16 ans vous vous soyiez exprimé sur un blog politique.

  • Jonas dit :

    J’ai été opposés dès le début au racolage à l’extrème droite de Sarko (vers 2003-2004 ça a du commencer), j’en ai dès le début et au fil du temps, dénoncé les dangers, je pourrais même vous le prouver par une vidéo sur le net. Bref, je disais que c’était dangereux depuis le début, mais malgré tout je n’avais pas imaginé qu’on en arrive au point où on en est maintenant.
    M. Moscovici, vous n’avez rien à regretter, vous avez toujours fait la part des choses dans vos déclarations, et précisé que les situations n’était pas comparable. Mais ce post est le bienvenue, il clarifie les choses.

    On est certes pas sous Vichy, mais on a affaire à du racisme d’Etat, et le racisme est le terreau de tous les génocides et fondait nombre de mesures de la politique de Vichy.

    • Grouchy dit :

      Oui relire à ce propos l’excellent ouvrage réalisé par les camarades de Reso en 2006 « Sarkozy dans le texte »…

      Se souvenir que Testament en Italie a été préfacé par Gianfranco Fini…et qu’un ministre de la République a été condamné au nom du peuple français pour avoir proféré des propos racistes! Aurions-nous imaginé un truc pareil il y a 10 ans?
      Les propos racistes se sont banalisés y compris au plus haut de l’Etat.

      Il faut se rappeler combien nous réagissions il y a 15 ans aux propos de Le Pen, aujourd’hui les propos de Le Pen ont été recyclés par l’UMP et notre indignation n’est pas à la hauteur du défi.

      EUX (contrairement à Le Pen) sont au pouvoir!

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  • Michel Ternes dit :

    Pierre,
    Tu as également tout mon soutien. Ton post est très personnel mais il te fait honneur

  • question dit :

    Et çà, si ce n’est pas un climat « très pourri, très Vichy », c’est quoi?
    Pourquoi n’entend-on JAMAIS la gauche s’exprimer là-dessus?

    http://www.lefigaro.fr/international/2010/09/20/01003-20100920ARTFIG00720-algerie-mauvais-musulmans-et-chretiens-sont-traques.php

  • guillaume dit :

    Je souhaite t’apporter mon soutien Pierre. J’ai bien saisi l’esprit de tes propos: il s’agit d’un climat, d’une « ambiance » comme tu as dit. Et c’est vrai qu’il s’agit bien d’une ambiance Vichy. La droite a le beau rôle de poussser des cris d’orfraie mais elle a mal interprété ton propos. Les Larcher et Besson ont été moins prompts à désavouer Marini suite à ses propos sur le Luxembourg.

    Alors oui nous sommes dans une ambiance Vichy car nous sommes dans une période où nous stigmatisons des communautés d’individus. Et ça c’est un climat que l’on n’avait pas officiellement connu depuis… Vichy. L’assimilation entre délinquance et immigration ou entre délinquance et roms est intolérable. Elle existe depuis longtemps en France, mais elle restée confinée aux salons français. L’UMP de Sarkozy a rendu officielle cette vision des choses. Problème, ce personnage est normalement le gardien des institutions et de l’esprit de la république. A quand remonte cet abandon si ce n’est à cette période Vichyste.

    Michel Rocard avait fait un rapprochement cet été entre le discours de Grenoble et la période noire de Vichy. Besson et consors ne l’avaient pas blâmé.

    Par ailleurs si personne ne met en garde la population contre ce climat malsain et délétère qui pourrit ce quinquennat, cela laisse la place aux pires débordements.

    Les propositions d’Hortefeux sur la justice avec la création de jurys populaires pour les tribunaux correctionnels sont tout autant hallucinantes et pleines du populisme le plus malsain. Faut-il applaudir, ou peut-on dire que cette idée a des relents immondes qui frise le conservatisme le plus abject que notre histoire ait connu.

    Tu peux estimer avoir trop vite parlé. Je saisis pour ma part la portée de tes propos. Il est bienheureux que nous ne vivrons sans doute plus en France les rafles de juifs, les camps de concentration, la collaboration, l’horreur de la seconde guerre mondiale. Toutefois, c’est au rôle des élus de la République de s’interroger sur la portée des politiques mises en oeuvre et de mettre en garde les citoyens des dérives.

    Tu as tout mon soutien.

    PS: Je te trouve particulièrement bon en ce moment dans les médias, juste, pondéré, pertinent et parfois percutant. Ta notoriété évolue en ce moment même. Ta personnalité s’affirme aux yeux d’individus pas nécessairement rompus à la vie politique. Je trouve ta position sur DSK équilibrée et cohérente. Continues ainsi, ce micro-évènement s’évanouira rapidement.

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