Dans les médias

Articles de octobre 2010


L’élection présidentielle est-elle jouée ?

Catégorie : Actualité,Politique,Réflexions | Par pierre.moscovici | 29/10/2010 à 14:50

Dans mon précédent post, j’ai analysé la situation de Nicolas Sarkozy au moment où le mouvement social, qui va se poursuivre, entre dans une phase nouvelle, alors que le débat politique sur les retraites s’achève. Elle est plus que compliquée, compromise. Faut-il pour autant en conclure que l’élection présidentielle est déjà jouée, que l’anti-sarkozisme est une posture satisfaisante ou au moins suffisante, que tout l’enjeu va désormais se concentrer sur le choix du candidat socialiste, qui l’emportera quoi qu’il arrive ? Certains le pensent, sans l’avouer : comment, se disent-ils, ce Président détesté pourrait-il être réélu ? En vérité, j’en ai comme beaucoup la conviction que, si la bataille s’engage sous de bons auspices, si la gauche a en vue de 2012 une opportunité historique, rien n’est fait, tout reste ouvert, l’essentiel est encore à construire pour une alternance effective et réussie. Lire la suite


La mobilisation contre les retraites a-t-elle bénéficié au PS ? – France Info

Catégorie : Dans les médias | Par pierre.moscovici | 29/10/2010 à 14:31
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Pierre Moscovici répondait ce matin par l’affirmative sur France Info. Retrouvez les principaux extraits de cette émission.


La mobilisation contre les retraites a-t-elle bénéficié au PS ? – France Info

Catégorie : Actualité | Par pierre.moscovici | 29/10/2010 à 14:28
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Pierre Moscovici répondait ce matin par l’affirmative sur France Info. Retrouvez les principaux extraits de cette émission en cliquant ici.


Nicolas Sarkozy est-il foutu ?

Catégorie : Actualité,Politique,Réflexions | Par pierre.moscovici | 27/10/2010 à 14:44

La mobilisation contre la réforme des retraites se poursuit, dans le même temps où le mouvement social cherche une issue. Il est trop tôt pour faire le bilan de ce long bras de fer, parce que la France est imprévisible. Les lycéens se remobiliseront-ils ? Les étudiants entreront-ils dans la danse ? Les prochaines manifestations seront-elles de la même ampleur que les précédentes ? Les inconnues sont encore nombreuses et fortes, il ne s’agit donc pas de baisser la garde : jusqu’au bout, nous devons être combatifs. Observons, toutefois, que la situation se détend, et que les éléments les plus « radicaux » ne sont pas aux commandes. Il est donc d’ores et déjà possible de réfléchir aux enseignements politiques de cette crise sociale, en posant une question simple, un peu caricaturale mais pas infondée : Nicolas Sarkozy est-il foutu? Lire la suite


Moscovici « ne choisirait pas Borloo comme premier ministre » – Public Sénat

Catégorie : Dans les médias | Par pierre.moscovici | 26/10/2010 à 14:52
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Invité du 22h de Public Sénat, Pierre Moscovici ne fonde pas beaucoup d’espoir sur le prochain remaniement gouvernemental annoncé pour novembre. Ni même sur Jean-Louis Borloo, annoncé comme favori pour succéder à François Fillon à Matignon.


Débat sur le prélèvement européen et préalable au Conseil européen: Intervention de Pierre Moscovici

Catégorie : Actualité,Politique | Par pierre.moscovici | 26/10/2010 à 12:30

Pierre Moscovici intervenait hier à l’Assemblée nationale dans le cadre du débat sur le prélèvement européen (dans le cadre du projet de loi de finances 2011) et préalable au Conseil européen.


Madame la Présidente,

Monsieur le Ministre,

Messieurs les Présidents de Commission,

Monsieur le Rapporteur général,

Chers Collègues,

Le niveau du prélèvement sur recettes dont nous débattons cet après-midi dépend étroitement de l’avant-projet de budget communautaire pour 2011 que la commission des Finances a examiné avant l’été, à la suite de la commission des Affaires européennes. Conformément à l’avis que j’avais rendu comme rapporteur, la commission des Finances avait adopté en juillet dernier la proposition de résolution formulée par notre collègue Marc Laffineur.

Ce budget communautaire est le premier qui soit adopté sous l’empire du traité de Lisbonne, entré en vigueur le 1er décembre 2009. Le rôle du Parlement européen est désormais renforcé dans la procédure budgétaire, puisque c’est à lui que revient le dernier mot en cas de désaccord entre le Comité de conciliation et le Conseil. Mais le traité de Lisbonne a également renforcé le rôle des parlements nationaux, qui interviennent ainsi sur la matière budgétaire européenne par deux fois au cours de l’année, notamment avec l’adoption d’une résolution sur l’avant-projet de budget avant l’été, au moment de l’élaboration communautaire. Cependant, au niveau de la procédure, l’unanimité au Conseil des ministres est conservée pour les décisions touchant à la création d’une nouvelle ressource propre: autant dire l’extrême difficulté de l’adoption d’une telle décision.

Cela m’amène à regretter que toutes ces innovations du Traité de Lisbonne ne soient pas assorties d’un véritable système diversifié de ressources propres, que les textes actuels permettent, mais qui demeure malheureusement au point mort. Je me permets d’insister là-dessus, car l’Europe n’a toujours pas les moyens de sa politique, alors qu’elle est menacée par une croissance molle, alors que les inégalités ne font qu’augmenter entre Etats-membres, et alors que nous ne sommes toujours pas à l’abri d’une récession. En l’absence de ressources propres, qui pourraient prendre la forme, comme l’a suggéré la Commission européenne, d’une taxe sur les transactions financières, sur les émissions de CO2, sur les transports aériens, ou encore sur l’énergie, la viabilité et le bon fonctionnement de l’UE dépend largement – trop largement – de la bonne volonté des Etats.

Hélas, le prélèvement européen que nous présente le gouvernement ne va pas du tout dans le sens d’une France moteur d’une Europe ambitieuse, renforcée et solidaire, bien au contraire. Il semble considérer notre contribution budgétaire comme une dépense quelconque, qui devrait être elle aussi soumise à sa morne rigueur, et sur laquelle il faudrait rogner: en effet, Monsieur le Ministre, je n’interprète pas autrement le plafonnement à 0,2% de l’augmentation en crédit d’engagements quand la Commission européenne recommandait un plafonnement à 0,8%. Etant donné l’inflation, autant dire que vous diminuez la contribution de la France au budget communautaire, mettant à mal le principe de solidarité et contraignant Bruxelles à mener des projets sans financement suffisant. Vous acceptez la solidarité, Monsieur le ministre, mais du bout des lèvres. Vous avez tort ! Car cette solidarité est aujourd’hui l’intérêt commun. Pourquoi aller dans le sens d’un nouvel affaiblissement de l’Union européenne, quand vous pourriez investir davantage dans de grands secteurs d’avenir au niveau européen plutôt qu’au niveau national, ce qui permettrait de considérables économies d’échelle pour la France, et chacun des Etats-membres, tout en soutenant la croissance – je pense notamment au domaine de la recherche et du développement?

Et pourtant, l’Union européenne apporte tellement à ses Etats-membres. Le prélèvement sur recettes n’a rien d’une perte sèche pour la France. Il permet au contraire de financer des politiques européennes dont les effets se font pleinement sentir sur nos territoires. Certes, je ne partage pas la vision thatchérienne de l’Europe, où la nécessaire solidarité entre les États membres s’efface devant les calculs d’apothicaire de contributeurs nets, de premiers bénéficiaires, de retour par habitant… Ce serait nier l’esprit même des institutions européennes. Mais, en payant son écot au budget communautaire, la France doit avoir conscience du volume de dépenses européennes dont elle bénéficie. Pour 2011, le budget français devrait alimenter le budget européen à hauteur de 18,2 milliards d’euros. En contrepartie, selon les derniers chiffres disponibles, la France, qui demeure contributeur net, est toujours au premier rang des bénéficiaires des dépenses de l’Union européenne, qui s’élevaient en 2008 à 13,7 milliards d’euros. En 2011 de nouveau, la politique agricole commune devrait permettre de transférer aux exploitants français plus de dix milliards d’euros.

L’Assemblée est également appelée aujourd’hui à débattre du prochain Conseil européen, qui aura lieu le 29 octobre 2010, et sera consacré à la gouvernance économique européenne. Celle-ci n’est décidément pas satisfaisante. L’Europe a été divisée et peu active face à la crise. En imposant en mars 2010 un sauvetage fondé sur la solidarité – tardive, hésitante et même réticente – des États membres de l’Union budgétaire, les difficultés financières de la Grèce ont révélé la nécessité d’une coordination accrue des politiques budgétaires nationales pour sauvegarder la monnaie européenne et , au-delà, soutenir la croissance et l’emploi.

Monsieur le Ministre, je vous le dis comme je le pense: je ne voudrais pas que ce Conseil européen accentue une certaine dérive intergouvernementale des institutions européennes, que je n’ai cesse de dénoncer. Sanctionner peut être nécessaire, mais cela ne suffit pas. Nous avons besoin au contraire d’une intégration politique, économique et financière toujours plus poussée et toujours plus harmonieuse, dont la nécessité est égale à la hauteur des obstacles qui se dressent encore devant nous. Il faut relancer et promouvoir l’Europe. Ce n’est hélas pas la tendance observée ces dernières années, ce n’est pas l’option que porte actuellement la France. Il n’est pas trop tard pour avancer dans cette direction. Il est même grand temps. J’espère que le prochain Conseil européen saura répondre à cette exigence.


Salut à Georges Frêche

Catégorie : Actualité,Réflexions | Par pierre.moscovici | 25/10/2010 à 15:54

Georges Frêche est mort : la nouvelle frappe, émeut, suscite les commentaires. Comme c’est souvent le cas, la mort fait ressortir l’essentiel. Ainsi, Martine Aubry et François Hollande ont-ils employé les mêmes mots pour le définir : « bâtisseur et visionnaire ».

Bâtisseur et visionnaire, c’est en effet la bonne définition de l’élu Georges Frêche. Je le connaissais depuis 1982, lorsque, jeune élève stagiaire de l’ENA, j’ai passé un an à Montpellier, à la Préfecture de l’Hérault puis au Conseil général. Nous n’avons pas toujours eu des relations faciles. J’avais en effet commis le « crime » d’entretenir des relations affectueuses avec son ennemi intime d’alors, le Président du Conseil général Gérard Saumade. Mais ces rapports s’étaient apaisés et améliorés. Surtout, j’ai toujours eu de l’admiration pour l’édile municipal et régional. Je me souviens de Montpellier au début des années 80, 25ème ville de France, belle endormie un peu languissante, je vois la 8ème ville de France en 2010, devenue une Métropole attractive, plus que dynamique sur les plans démographique, économique, culturel. Il a construit cette ville, avec une ambition urbaine exceptionnelle. Il a aussi développé et fait connaître sa région. Chapeau !

Bien sûr, l’homme était un paradoxe vivant. Il était, chacun le sait, provocateur, et ses excès, parfois inacceptables, ses dérapages même sur les harkis ou sur les noirs avaient conduit à son exclusion du Parti socialiste. Ils m’avaient heurté, comme beaucoup : il ne s’agit pas, aujourd’hui, de les excuser même si certains procès qu’on lui a fait étaient exagérés. Il était, par exemple, tout sauf antisémite. J’ai regretté – et je l’ai dit – que nous n’ayons pu gérer de manière plus flexible l’approche comme les suites des élections régionales de 2010, où la grande majorité des socialistes du Languedoc-Roussillon – ils le sont restés, même hors du parti – le soutenaient. En même temps, Georges Frêche était aussi un grand orateur, immensément cultivé, spirituel et drôle, populaire, un chef charismatique capable d’être brutal et cruel pour celui qui le gênait mais aussi très généreux et sensible. Ses convictions de gauche, certes particulières, devenues ces dernières années plus que critiques du Parti socialiste, sa famille, étaient incontestables.

C’est un artiste de la politique, une personnalité hors du commun qui nous a quittés. Je le salue comme tel. Il ne sera pas facile de lui succéder, mais il laisse une trace, un sillon à ceux qui reprendrons le flambeau. Le temps de la réconciliation est venu.


Silence ordinaire

Catégorie : Actualité,Réflexions | Par pierre.moscovici | 22/10/2010 à 18:08

Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-Moon, prononçait mardi dernier un discours devant le Parlement européen à Strasbourg, discours dans lequel il appelait les Européens à ne pas faire des immigrants musulmans des boucs émissaires dans une période où les tensions économiques et sociales faisaient le lit de dérives extrémistes.

Sa parole était d’autant pertinente qu’elle intervenait au lendemain d’un événement, traité de façon à peine incidente dans la presse, qui pourtant dénote la gravité de la situation morale et le dépérissement actuel de la cohésion sociale dans notre pays. Dans la nuit de dimanche à lundi dernier, la Mosquée de Haguenau, dans le Bas-Rhin, a été la cible d’une tentative d’incendie volontaire. Je veux ici, en ces jours où l’actualité médiatique se focalise – avec raison – sur la réforme des retraites, prendre le temps de quelques commentaires. Lire la suite