Offensive de civilisation

Deux évènements – en dehors de la présentation du projet de loi de finances, sur laquelle je reviendrai, et de la mobilisation contre la réforme des retraites, qui se poursuit et devrait encore s’amplifier – ont marqué cette semaine d’une pierre noire : la discussion du projet de loi Besson sur l’immigration, le débat entre la Commission européenne et la France sur le traitement des Roms. Je comprends que certains d’entre vous soient lassés de ces questions et souhaiteraient que la confrontation politique revienne vers les problèmes économiques et sociaux, décisifs pour nos concitoyens, sans doute centraux dans les batailles électorales de 2012. Je vois bien, au passage, le piège tendu à la gauche : se laisser attirer dans l’agenda de Nicolas Sarkozy, sembler laxiste, angélique, européiste et donc anti-nationale, voire dépourvue de propositions face à une droite porteuse du bon sens populaire. Je ne mésestime pas ces écueils. Et pourtant, il faut répliquer, car céder serait renoncer à des principes pour nous essentiels, et parce que le combat sur les valeurs et les principes républicains doit être mené face à un Président qui les bouscule.

Lors de ses voeux de 2008, Nicolas Sarkozy avait surpris en citant Edgar Morin et en promettant une offensive de civilisation, une politique de civilisation. Son discours, né du cerveau fertile et brumeux d’Henri Guaino, était confus, et n’a jamais été suivi d’effets. Le Chef de l’Etat voulait à l’époque, semble-t-il, se présenter comme un humaniste, désireux de porter haut la voix de la France, de la faire apparaître comme un phare pour l’Europe et le monde. Ces ambitions n’ont jamais pris corps, et force est hélas de constater que l’image de notre pays, en cette rentrée, est abîmée par celui-là qui devait l’incarner. Les couvertures de la presse étrangère se multiplient – après celle du « Times » et du « Financial Times », « The Economist » a présenté « le Président qui disparait », et « Newsweek » fait de lui le symbole de cette Europe qui s’enferme dans le populisme de la droite extrême. Les églises s’indignent, l’ONU s’inquiète, l’Europe s’alarme, la France petit à petit est mise au ban des Nations : cette situation ne peut qu’attrister, elle ne saurait être acceptée par la gauche, les Républicains et les progressistes. Il faut donc réagir.

La France devrait constituer le modèle d’une société ouverte, tolérante, capable de faire vivre ensemble ceux qui y sont nés et ceux qu’elle a accueillis dans le respect de droits et des devoir communs : elle se referme

En réalité, l’offensive de civilisation de Nicolas Sarkozy a bien lieu, mais à l’envers. La France devrait porter des valeurs universelles, celles qu’elle a toujours offertes au monde : elle les piétine. La France devrait constituer le modèle d’une société ouverte, tolérante, capable de faire vivre ensemble ceux qui y sont nés et ceux qu’elle a accueillis dans le respect de droits et des devoir communs : elle se referme. La France devrait être au coeur de l’Europe, lui proposer, unie avec l’Allemagne, un avenir plus ambitieux : elle s’isole et s’affaiblit. C’est ainsi que, pour ma part, j’interprète le conflit, désormais feutré mais fermement poursuivi, entre la Commission européenne et le gouvernement français. Mercredi, la Commission a décidé d’ouvrir une procédure en infraction contre la France, sans pour autant la fonder à ce stade sur le motif de discrimination. Elle a demandé des informations sur la façon dont étaient, effectivement, traités les Roms dans notre pays. Elle a par ailleurs mis en demeure le gouvernement de proposer, d’ici au 15 octobre, une démarche permettant de transposer rapidement en droit français la directive de 2004 concernant l’expulsion dans le cadre de la libre circulation des travailleurs. L’Union européenne demande à la France de respecter les garanties prévues par la directive : délai d’un mois, procédure écrite, possibilité d’appel… – ce qui n’est à l’évidence pas la politique actuelle de notre pays. Le gouvernement, par la voix d’Eric Besson et de Pierre Lellouche, a présenté cette attitude, à la fois ferme et motivée, de la Commission européenne, comme un triomphe de la méthode forte adoptée par Nicolas Sarkozy lors du dernier Conseil européen.

Ce n’est pas mon avis : il n’y a là aucun motif à satisfecit pour la droite française. La tempérance de la Commission sanctionne un premier recul du pouvoir. Brice Hortefeux a en effet été contraint de revenir sur la circulaire du 5 août, signée par son directeur de cabinet – toujours en poste, ce qui montre à l’évidence qu’il a agi en réalité en parfait accord avec son ministre – qui ciblait spécifiquement les Roms, au mépris évident de la Charte européenne des droits fondamentaux, qui exclut toute discrimination fondée sur l’origine ethnique. La France n’est pas tirée d’affaire. La procédure ouverte ne postule pas la discrimination, désormais heureusement absente des textes gouvernementaux, elle ne l’exclut pas, elle demande aux autorités françaises de s’expliquer sur l’effectivité de sa politique. Nul doute, non plus, que la Commission sera légitimement exigeante sur la transposition de la directive sur la libre circulation des travailleurs. Bref, l’affaire se poursuit. Je n’approuve pas tous les propos tenus par la Commission, je ne suis pas son défenseur en tout, je persiste à penser qu’elle est aujourd’hui trop faible et mal présidée par José-Manuel Barroso, qui se comporte comme un libéral à l’ancienne dans un monde qui appelle au contraire de fortes régulations. Mais je l’approuve d’avoir rappelé à Nicolas Sarkozy que l’appartenance à l’Europe réclamait, aussi, le partage de valeurs communes, que notre Union était d’abord un modèle culturel, un modèle de société. Je souhaite qu’elle poursuive sa pression.

Qui peut raisonnablement penser que la déchéance de la nationalité est une dissuasion puissante à l’exécution d’un crime de sang ? Elle a donc une portée symbolique, dont le sens – l’appel du pied aux électeurs du Front national

Cette conception excluante, aux forts relents xénophobes, est aussi celle qui irrigue la loi Besson sur l’immigration. On en connaît la disposition centrale : la déchéance de la nationalité pour les Français naturalisés depuis moins de 10 ans et condamnés pour meurtre d’agents dépositaires de l’autorité publique. L’argument du pouvoir est connu, il est simple : « ces crimes sont inqualifiables, ceux qui les ont commis ne méritent pas de rester Français ». Circulez, il n’y a rien à voir ! Il y a là, c’est vrai, un autre recul, par rapport au « discours de Grenoble » du Président de la République, qui proposait à l’époque de s’en prendre aux « délinquants d’origine étrangère » en général, et suggérait une politique de déchéance massive de la nationalité – sans précédent sous la République et qui eût à l’évidence été inconstitutionnelle. Du coup, la mesure finalement retenue est pratiquement sans objet – elle ne concerne que quelques individus – et absolument inefficace – qui peut raisonnablement penser que la déchéance de la nationalité est une dissuasion puissante à l’exécution d’un crime de sang ? Elle a donc une portée symbolique, dont le sens – l’appel du pied aux électeurs du Front national, dont la remontée inquiète le Chef de l’Etat, qui commence à craindre un « 21 avril à l’envers » – n’est pas mystérieux.

Il y aura désormais, fût-ce en petit nombre, des Français de souche et des Français précaires, qui rappellent ces « Français de papier » dont parlait la droite extrême entre deux guerres

Il s’agit d’un calcul politique que je me permettrais de qualifier de parfaitement foireux. Le débat sur l’identité nationale aurait pourtant dû vacciner le pouvoir : l’évocation constante et quasi-obsessionnelle des thèses de l’extrême-droite mobilise son électorat potentiel, elle estompe la frontière entre la droite et l’extrême-droite – devenue tout sauf étanche – et respectabilise le Front national, désormais incarné par la figure de Marine Le Pen, moins anxiogène que celle de son père. Bref, elle fabrique ce qu’elle veut en théorie proscrire : l’affaiblissement de la droite républicaine par rapport à l’extrême-droite xénophobe. C’est une politique de gribouille. Le prix à payer pour cet électoralisme hasardeux est lourd. La loi Besson ouvre une brèche dans la conception française de la nationalité, définie par le droit du sol. Il y aura désormais, fût-ce en petit nombre, des Français de souche et des Français précaires, qui rappellent ces « Français de papier » dont parlait la droite extrême entre deux guerres. Un principe essentiel, fondateur, est fragilisé – une partie de l’UMP, confortée par les gesticulations estivales de son chef, aurait d’ailleurs souhaité aller plus loin. C’était inacceptable, et la gauche a eu raison de s’y opposer avec force. Nous ne devrons pas, dans la campagne présidentielle, accepter ces glissements progressifs, cette véritable abdication par rapport à des valeurs fondamentales. Il faudra au contraire rétablir une conception plus équilibrée dans notre politique d’immigration.

Il y a donc bien eu, sous Nicolas Sarkozy, une offensive de civilisation. Mais il s’agit d’un grand bond en arrière, d’un saut réactionnaire. A cette offensive là, à cette politique là, nous devons répondre par une vision différente de la civilisation, plus rayonnante, plus généreuse, plus fidèle à notre génie national, plus valorisante que l’image internationale de notre pays. Ce sera, avec la définition, entamée mais qui reste à finaliser, d’un nouveau modèle de développement économique, social et économique, une dimension essentielle du grand rendez-vous de 2012 qui, décidément, ne sera pas une échéance électorale comme les autres.

Photo: CC par Dunechaser

25 réflexions au sujet de « Offensive de civilisation »

  1. Publié le 07/10/2010 à 14:26 – Modifié le 07/10/2010 à 14:37 Le Point.fr
    FRANCE 2 – Souffrante, Aubry reporte sa participation à « À vous de juger »
    Source AFP

    http://www.lepoint.fr/politique/france-2-souffrante-aubry-reporte-sa-participation-a-a-vous-de-juger-07-10-2010-1246151_20.php

    J’espère que ce n’est pas la conséquence de l’ITW de Nanard révélant qu’ il a été « l’amant de Martine »?

    http://obsvideo.nouvelobs.com/video/xf3ere_le-canular-de-tapie-a-propos-de-son_news.html

    Question subsidiaire (pas inintéressante):
    Tapie sera-t-il candidat centriste en 2012 pour gêner le PS comme pourrait le lui avoir suggéré son ami Sarkozy?

  2. Cher(s) Amis,
    Dans le cadre de la lutte contre le projet de loi sur les retraites, nos sénateurs du Parti de Gauche ont mis en place un dispositif permettant à tous de suivre les débats au Sénat. En effet, les sénateurs sont appelés à se prononcer sur ce texte qui remet en cause le droit à une retraite à 60 ans à taux plein à partir du mardi 5 Octobre.
    Au Parti de Gauche, comme au Front de Gauche, le cœur de notre projet politique est la « Révolution citoyenne ». Ainsi, nous pensons qu’il est important que tous les citoyens qui le souhaitent puissent s’impliquer activement dans ce débat sur les retraites, symbole de notre contrat social.
    Pour ce faire, nos sénateurs Marie-Agnès Labarre et François Autain vous invitent à vous rendre sur le site du Parti de Gauche, http://www.lepartidegauche.fr , pour suivre tous les deux jours des comptes-rendus de la bataille parlementaire au Sénat (en haut à droite sur le site). En effet, chaque soir, sur les coups de 20h, sera mise en ligne une petite vidéo revenant sur l’évolution de la discussion au Sénat. Cette petite série s’intitule « Chronique de la bataille parlementaire contre le projet de loi sur les retraites ».
La première vidéo est d’ores et déjà en ligne.

    Vous pouvez aussi la retrouver sur dailymotion : http://www.dailymotion.com/video/xf3jma_chronique-de-la-bataille-contre-la_news.

    Sacha Tognolli

  3. Moi ce qui me chiffonne aujourd’hui c’est la visite de Sarko au Pape pour soit disant « lever les malentendu » concernant la politique française sur l’immigration.

    Personnellement bien que sincèrement laïque, je ne critique pas les religions par contre je suis hérissée à chaque fois que l’on utilise une religion à des fins politique. Habituellement ce sont les musulmans ou plutôt les islamistes qui utilisent l’Islam pour arriver au pouvoir que je trouvais malsain et dangereux, aujourd’hui je vois que le président français à la tête d’un état soit disant laïc qui utilise la religion et les religieux comme le pape aujourd’hui, pour ses fins politiques.

    A la différence que l’islamisme à une raison c’est le manque de démocratie qui pousse les uns et les autres à trouver une légitimité forte pour s’opposer aux dictatures. Ici en France cette nécessite n’existe pas, la constitution est claire, le sens premier de la laïcité c’est quand même la séparation de l’église et de l’état dans les affaires publiques.

    C’est une faute politique d’autant plus forte aujourd’hui qu’on parle de laïcité à tord et à travers pour justifier une restrictions des libertés fondamentales pour les musulmanes alors qu’il s’agit dans ce cas la plutôt d’athéisme. Au même moment les plus hautes instance de ce pays n’hésitent à être en opposition avec l’esprit même de la constitution en allant visiter le pape pour « justifier » leurs politiques sécuritaire.

    • L’église catholique romaine a été un outil plus politique que spirituel et elle ne s’en remet pas d’être devenue en Occident une église chrétienne minoritaire comme d’autres.
      Que les conseillers de Sarko pensent que l’influence politique du Pape demeure importante dans son électorat et qu’une visite au Vatican peut le servir, ne peuvent pas être contestés.
      Maintenant, qu’un Président de la République rende visite au Pape, cela n’a rien d’anti-laïque. S’il y avait un Pape musulman, il pourrait faire de même, sans qu’il y ait quoique ce soit à redire.

  4. L’Américano-Pakistanais Faisal Shahzad, auteur de l’attentat raté de Times Square à New York le 1er mai dernier, a été condamné ce mardi 5 octobre à New York à la réclusion à perpétuité.

    « Je vous condamne à la prison à vie », a dit le juge à l’issue d’une courte audience de verdict. « Allah U Akbar » (Dieu est grand), a répondu Shahzad, qui a déclaré: « Préparez-vous, car la guerre contre les musulmans ne fait que commencer. La défaite des Etats-Unis est imminente ».

    « Ce verdict du juge ne veut rien dire pour moi. Nous n’acceptons pas votre démocratie ni vos libertés, parce que nous avons déjà la charia » (loi islamique), a-t-il poursuivi.

    Se référant à sa naturalisation récente – Shahzad a reçu la nationalité américaine en avril 2009 -, la juge lui a demandé : « N’avez vous pas prêté serment de loyauté envers ce pays ? », les Etats-Unis. « J’ai juré, mais je faisais semblant », a-t-il répondu.

  5. oui, mais…

    sur l’immigration, sur les roms, quel est notre discours?y a til une problème , une difficulté?
    comment les traiter?
    tant que nous ne serons pas un peu au clair,
    nous ne serons pas audibles,
    et encore moins crédibles.

  6. La droite veut faire offensive fiscale…

    En gros le plan est de faire un nouveau paquet fiscale en 2011 pour couper le projet socialiste en 2012 en proposant avant.

    Le projet me semble être en deux partis avec une certaine logique.
    La première partie est la TVA sociale ce que vient de balancer Copé ce qui pour la droite doit être le levier pour redevenir compétitif avec la fin des 35 heures.
    La deuxième partie est la partie impôt sur le revenue, bouclier fiscale et ISF.
    Faire une tranche a 45% pour dire que les riches payent contre la fin du bouclier et l’ISF. C’est un marché de dupe car les plus fortuné ne payent jamais les 45% avec leur armée d’avocat défiscalisant et le cadeaux va être de 3Milliards€ pour le patrimoine.
    Copé veut aussi la fusion de la CSG et l’IR, je penses que sarkozy ne va pas osez mais le projet ressemble a une Flat taxe…

    • Qu’ils le fassent, c’est un suicide en direct. En gros c’est « nous l’ump s’est planté, la gauche n’a cessé de le dire dès le début, on attend le dernier moment pour annuler nos bourdes, faites-nous confiance pour demain ».

      Qu’ils continuent comme cela et on va faire plus de 35% au 1er tour.

      • Oui je penses aussi que c’est une erreur de la droite.
        Mais ils sont dans une situation ou l’on tente tout vue qu’ils ont plus rien a perdre.

        • Les gens qui n’ont plus rien à perdre sont dangereux puisque désespérés. Peut-être cherchent-ils le clash avec les retraites.

      • « Qu’ils continuent comme cela et on va faire plus de 35% au 1er tour. »
        et Le Pen aussi…

  7. Sarkozy est à 26% de popularité, il gagne chez les électeurs du FN mais dégringole dans l’électorat de droite traditionnelle, dont on peut légitimement penser que le discours de Grenoble et tout ce qui a suivi l’a profondément choqué. Voila qui donne raison à M. Moscovici qui dans ce texte qualifie ce calcul politique de « parfaitement foireux ».
    26% c’est très peu, l’impopularité du président est large, profonde, palpable, mais cela ne doit pas engendrer de victoire déjà acquise, ce serait une terrible erreur, beaucoup de choses se passeront d’ici 2012, les coups bas et tentatives d’enfumage ne manqueront pas, et pour l’instant le peuple français continue de penser que le PS ne ferait pas mieux que Sarkozy (ni pire d’ailleurs heureusement). La bataille ne fait que commencer et prendra fin début mai 2012 à 20 heures.

    • « pour l’instant le peuple français continue de penser que le PS ne ferait pas mieux que Sarkozy »

      Que certains socialistes commencent par arrêter de le raconter eux-même à chaque fois qu’ils ont l’occasion de dénigrer un prétendant à 2012 ne leur plaisant pas, et ce sera déjà un grand pas.

  8. D’aucuns pensent actuellement, face à la déroute ambiante, que les socialistes sont absents, pas assez réactifs, presque oubliés… Et ce sont des gauchistes de tradition qui affirment, grave paradoxe, être attirés par… Dominique de Villepin ! Allez comprendre ! Cela veut peut-être dire qu’il faut entendre les voix socialistes tous les jours, avec des arguments fermes, explicites, logiques, humanistes, cohérents… surtout ne pas laisser passer le temps. Ne pas admettre tous ces pièges et scénarios qui peuvent aller en escalade. Beaucoup de gens pensent que le candidat (presque) idéal c’est… Pierre Moscovici !

  9. Supprimer les prisons pour peines devrait être l’objectif, si la société de spectacle n’était pas dominante.
    Prendre en main le délinquant, pour le conduire à une autre vie que celle qui l’a poussée au délit, devrait mobiliser les forces de la seconde chance.

  10. « Qui peut raisonnablement penser que la déchéance de la nationalité est une dissuasion puissante à l’exécution d’un crime de sang? »

    En effet.

    De la même façon, qui peut raisonnablement penser que la prison est une dissuasion puissante à l’exécution d’un délit, quel qu’il soit?

    Personne. Ca se saurait car les prisons sont pleines!

    En conséquence, IL FAUT SUPPRIMER LES PRISONS.

    Non?

    • Provocation amusante et peut-être fertile.

      Si on admettait, juste par hypothèse, de supprimer les prisons, comment ferions-nous pour prévenir, punir, réparer ?

      N’oublions pas que le système carcéral est *objectivement* mauvais : il est coûteux, criminogène, pour un certain nombre de peines moralement douteux, etc.

  11. Pierre Moscovici fait une synthèse claire des différentes critiques de la loi « déchéance » et de l’évidente xénophobie du gouvernement français.
    Il a les moyens et la structure d’appui pour aller plus loin. Pourquoi ne porte-t-il pas plainte pour discrimination ou autres motifs qui incriminent le gouvernement et ses circulaires ?

    Pourquoi n’exige-t-il pas, avec vigueur et constance, la démission de Brice Hortefeux, ministre condamné pour injure raciale. C’est quand même du jamais vu dans une République, un individu pareil qui est maintenu dans ses fonctions ! C’est une honte, à mes yeux, bien plus grande que la circulaire « Rom », c’est une gifle à la dignité des français, un coup de matraque sur l’égalité. Dans n’importe quelle administration, une personne ainsi condamnée est débarquée, ou suspendu au moins.

    Donc, Moscovici et ses collègues du PS pourraient et devraient intervenir par les moyens les plus directs, comme la grève de l’hémicycle ou une action manifestante forte, pour qu’Hortefeux soit dégagé et ce gouvernement condamné.

    Enfin, on aurait souhaité quelques mots d’encouragements pour la énième manif où nous allons marcher contre l’inique réforme des retraites, contre cette caste du patronat français…

  12. Je pense que l’attaque contre les valeurs de la droite doivent être plus frontales : rapport à l’argent, à la fonction politique,à la culture populaire, aux forces humanistes et spirituelles, à l’internationalisme.

  13. Concernant le calcul politicien basé sur cette politique xénophobe et inéfficace; selon les dernières légilatives, votre constat est correct: le FN reprend vie par rapport à 2007. La plupart des analystes politiques supposent que Monsieur Sarkozy voudrait syphonner les voix de l’extreme droite à son compte. Or l’effet étant inverse, je me demande s’il ne voudrait pas plutot gonfler le FN jusqu’en 2012 afin de se retrouver au deuxième tour de la présidentielle comme Chirac en 2002 ? De ce fait, on devra (à gauche, comme à droite) voter Sarkozy pour faire barrage à l’extreme-droite. Sachant que la gauche se présentera sans doute divisée au premier tour, et vue le point d’impopularité (26% de taux de confiance) que Monsieur Sarkozy a atteint; ce serait il me semble sa seule chance probable de ré-élection…

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