L’épreuve de force

La journée d’hier, 12 octobre, constituait un tournant dans la mobilisation contre la réforme des retraites voulue par Nicolas Sarkozy. Elle était nimbée d’incertitudes. Incertitude, tout d’abord sur l’ampleur du mouvement : certains espéraient son essoufflement, d’autres au contraire attendaient qu’il progresse encore. Incertitude, ensuite, sur ses lendemains, avec l’entrée possible dans les cortèges de la jeunesse lycéenne et le déclenchement éventuel de grèves reconductibles. Incertitudes, enfin, sur l’attitude du pouvoir – tempérées il est vrai par la rigidité de sa posture depuis le début de ce débat et de ce combat. Nous voilà maintenant fixés.

L’épreuve de force, en réalité, s’est déclenchée, puisque la radicalisation du mouvement se heurte au durcissement du gouvernement. Les manifestations d’hier ont été un immense succès. Le ministère de l’Intérieur a du lui-même concéder un renforcement de leur audience, de 30 %. Ce sont donc en réalité plus de 3,5 millions de personnes, sans doute, qui ont exprimé leur colère et leur rejet, et ce surcroît de mobilisation ne provient pas seulement de l’appoint de lycéens en grève. Il s’agit en vérité d’un refus massif, déterminé, comparable aux rassemblements de 1995, 2003 ou 2005, à la hauteur d’une opinion publique négative à 70 % sur la réforme des retraites et prête à accepter un mouvement long et dur. Je ne veux pas, et ne peux pas, sembler indiquer aux syndicats la conduite à tenir désormais. Ils savent qu’une interruption de la mobilisation ne serait ni acceptée ni comprise, ils ont aussi l’expérience de l’impopularité finale de blocages durables du fait de grèves reconductibles. Leur choix n’est pas simple : je leur fais toute confiance pour définir les meilleures formes d’une poursuite de l’action.

L’attitude du pouvoir est, quant à elle, à la fois attendue et à son image : caricaturale. François Fillon, fidèle à son personnage de champion de la droite conservatrice, a donné le « la » hier à l’Assemblée nationale. Il reste sourd au message de la rue, des services publics et des usines, il n’écoute pas la protestation majoritaire, il reste, à l’image d’Alain Juppé en 1995 – qui pourtant pourrait lui faire part de son expérience cuisante – droit dans ses « bottes », et refuse de remettre en cause quoi que ce soit des paramètres essentiels de la réforme – le recul de l’âge légal de 60 à 62 ans, celui de la retraite à taux plein de 65 à 67 ans. Dans un élan digne des paléo-gaullistes au lendemain de mai 68, il s’en prend au Parti socialiste, qui aurait précipité la jeunesse dans les manifestations et les grèves. En somme, il crée les conditions de l’affrontement, qu’il souhaite sans doute, à la fois pour se donner une stature et pour provoquer l’impopularité du mouvement social. Ce n’est pas là une attitude d’homme d’Etat. Il eût fallu, au contraire, reprendre le projet, rencontrer les syndicats et la gauche, accepter de poser autrement l’équation de la réforme des retraites.

Depuis le lancement du processus, Nicolas Sarkozy n’a jamais chercher à élaborer une réforme consensuelle

La droite française est incapable d’une telle sagesse. Elle s’entête, depuis des mois, dans sa volonté de faire passer, quoi qu’il arrive, cette mauvaise réforme – mauvaise parce qu’injuste. Depuis le lancement du processus, Nicolas Sarkozy n’a jamais chercher à élaborer une réforme consensuelle. A chaque étape, il a refusé la négociation. Les quelques mouvements, marginaux, intervenus par rapport au projet de loi initial, ont été concédés aux chefs de l’UMP ou aux responsables des groupes parlementaires de la majorité. Le dialogue social, comme le respect de l’opposition, n’appartiennent pas à sa culture politique : cet homme ne vit que dans le conflit, la brutalité, il ne cherche pas à présider une France rassemblée, il se comporte partout et toujours comme le chef de la droite, le porte-parole d’un clan. Le Parti socialiste et la gauche doivent, jusqu’au bout, conserver leur ligne de conduite. Il nous revient d’être à la fois en cohérence avec un front syndical qui est resté, depuis des mois, uni et responsable, de jouer notre rôle d’opposition forte et résolue dans l’enceinte du Parlement, de porter une réforme alternative, plus équilibrée, plus conséquente et plus juste. Quel sera l’aboutissement de cette épreuve de force ? Il est trop tôt pour le dire. Il n’est pas impossible, en effet, que le pouvoir finisse par être débordé. Mais s’il imposait en définitive sa réforme, nous devrons transformer cette victoire à la Pyrrhus en défaite politique, et prendre l’engagement de l’abroger dès notre retour éventuel aux responsabilités en 2012, pour y substituer une démarche équitable et négociée : c’est, pour les socialistes, une question de crédibilité.

Ne nous laissons par ailleurs pas prendre au piège de la grossière diversion fiscale que tente Nicolas Sarkozy. Le Président de la République, depuis l’été 2007, paie le prix de son péché originel, le paquet fiscal. Le candidat Sarkozy s’était présenté, pendant sa campagne électorale, comme le candidat de la France qui travaille, de la France d’en base. Le chef de l’Etat élu est immédiatement devenu l’ami des riches et de la rente. Par delà la bamboula au Fouquet’s et le séjour sur un yacht en Méditerranée, le « bouclier fiscal » qui, sous couvert d’interdire à un individu de payer plus de 50 % de son revenu en impôt, autorise des remboursements extravagants aux grosses fortunes de ce pays, est devenu le symbole de cette dérive. Nicolas Sarkozy a, j’en suis sûr, vite compris son erreur, il en sait le prix politique, l’impopularité massive. Il n’a toutefois jamais voulu renoncer à ce « marqueur essentiel » de sa politique, emblématique de son lien fort avec l’argent. A l’approche de l’élection présidentielle, et sous la pression d’une grande partie de sa majorité, inquiète des conséquences électorales de cette tunique de Nessus, il veut désormais s’en délester.

le but de la manoeuvre est évident : se débarrasser d’une mesure impopulaire,qui coûte 600 millions d’euros, pour supprimer l’ISF, qui en rapporte plus de 3 milliards, en faisant peser la charge de cet allègement de la fiscalité du patrimoine sur les revenus, fussent-ils élevés

Les ballons d’essai pour aller dans ce sens se multiplient depuis quelques semaines. Le Premier ministre en sursis, François Fillon, a évoqué le lancement d’un grand débat fiscal, Jean-François Copé, aspirant à la direction de l’UMP mais aussi, j’en suis persuadé, à Matignon, multiplie les propositions fiscales, près d’une centaine de députés UMP ont déposé un amendement visant à coupler la suppression du bouclier fiscal avec celle de l’ISF. Ce matin, François Baroin a osé déclaré que le bouclier fiscal était devenu le « symbole de l’injustice sociale » ! Le Président de la République vient de faire connaître son sentiment, promettant cette double suppression à l’occasion d’un « collectif budgétaire » – un projet de loi de finances rectificatives – au printemps été 2011, aussitôt suivi par le Président du groupe UMP, qui demande le retrait de l’ « amendement Piron », conçu comme un amendement « de débat » ou « d’appel ». La ficelle est grosse, doublement. D’abord parce que le but de la manoeuvre est évident : se débarrasser d’une mesure impopulaire,qui coûte 600 millions d’euros, pour supprimer l’ISF, qui en rapporte plus de 3 milliards, en faisant peser la charge de cet allègement de la fiscalité du patrimoine sur les revenus, fussent-ils élevés. Les fortunes sont, une fois de plus épargnées, au détriment des couches moyennes aisées. Ensuite parce qu’il est à la fois aberrant et parfaitement anti-démocratique de penser déjà à une réforme fiscale d’ampleur à travers un collectif budgétaire, alors que le Parlement engage lundi… le vote de la loi de finances initiales pour 2011. Si réforme il y avait, elle devait évidemment intervenir immédiatement. Au lieu de quoi, ce pouvoir instable et qui donne le tournis, qui ne donne pas de cap et à perdu le sien, s’apprête à demander l’approbation d’un budget insincère et fiscalement instable. On marche décidément sur la tête ! Je suggère que nous nous en tenions, pour notre part, à la philosophie de nos propositions – création d’un grand impôt citoyen sur le revenu, progressif et prélevé à la source, redéfinition d’une véritable fiscalité sur les hauts patrimoines. La droite organise un rideau de fumée, elle n’a pas changé et reste au service des fortunes françaises. Menons sereinement et de façon déterminée le débat fiscal.

Photo: CC par Audrey AK

14 réflexions au sujet de « L’épreuve de force »

  1. Oui la manoeuvre est grossière mais cela va couper le PS dans sa préparation 2012.

    La droite va avancer des tas de petites mesures avec peut d’effet mais faire rentrer dans l’opinion que les impôts ont trop augmenter.

    En gros le message est de dire que l’effort fiscal est déjà fait et que les socialistes sont des dinguent des impôts…

    Je reste persuadé qu’il faut aller sur de nouveaux thème.

    Il faut mettre sur la table le cout du Capital qui est trop élevé en France qui pénalise le pouvoir d’achat et qui mange tout les avantages gagner avec la productivité.

  2. Cher JUMP,

    il me semble que vous sous-estimez une chose. Lorsqu’une grève trouve un écho dans la population en France, cela a rarement à voir avec une sympathie pour les motifs de la grève. En 1995, les Français n’étaient pas hyperémus par le sort des cheminots. La grève était vue par eux comme une façon de « faire payer » Chirac pour l’abandon des promesses sur la fracture sociale. Cette fois, une grande partie des Français qui trouve le mouvement sur les retraites sympathique sait très bien que le gouvernement ne cèdera pas et n’est pas non plus forcément favorable au maintien du système de retraites en l’état. Mais la grève est vue comme une façon de « mettre une claque » au pouvoir en place parce que la désillusion a été à la hauteur des espoirs suscités par 2007 (pouvoir d’achat, retour de la prospérité économique…). En plus, « le monde a changé » mais ce changement n’est plus trop l’allié de Sarkozy. En 2007, les projets sarkozystes étaient poussés par un vent historique favorable à la dérégulation : l’Espagne prospérait, le Royaume Uni aussi. Question dette, les Britanniques nous ont rattrappés. Et les bulles (financières britanniques, immobilières espagnoles) se sont effondrées. Même le dumping fiscal irlandais se casse le nez. Le vent est moins favorable aujourd’hui.

    Tout ça pour dire que les Français sont bien moins bêtes et influençables que ne le pensent les hommes politiques de Gauche comme de Droite. Si les Français parlent insécurité, c’est parce qu’ils la vivent et non pas parce que Sarkozy la met en exergue. Ils n’ont pas non plus besoin d’écouter Royal ou Mélenchon pour avoir de la sympathie pour les grèves actuelles. Ils n’ont pas besoin du PS ou de l’UMP pour former leur opinion. Les jeunes n’ont pas besoin de Royal ou même des syndicats étudiants pour savoir que les politiques des gouvernements français, de Gauche comme de Droite, sont orientées depuis 30 ans vers le seul intérêt des Baby Boomers. La retraite à 60 ans n’est pour eux qu’un prétexte pour protester contre une classe politique qui, à Gauche comme à Droite, les a laissés tomber. On peut comprendre cette classe politique: les Baby Boomers vont plus souvent dans les urnes. Mais un président est aussi celui des Français abstentionnistes…

    • « Lorsqu’une grève trouve un écho dans la population en France, cela a rarement à voir avec une sympathie pour les motifs de la grève. »

      Exact. De même que le NON au référendum sur le projet de traité constitutionnel européen était majoritairement dirigé contre Chirac.
      Dites çà aux socialistes, ils sont persuadés du contraire.

       » Si les Français parlent insécurité, c’est parce qu’ils la vivent et non pas parce que Sarkozy la met en exergue. »

      Bigre! Surtout ne dites pas çà ici, vous allez fâcher nos amis socialistes;-)

      • Etes-vous allés dans une manifestation pour écouter ce que disent les citoyens qui défilent avant de raconter n’importe quoi concernant leurs motivations? Arrêtez de prendre les manifestants pour de sombres abrutis.

        Un élément a échappé à la droite dite moderne et certainement décomplexée, c’est le niveau de formation des citoyens.

        Nous ne sommes plus au XIXème siècle, seules vos propositions politiques y sont encore. Avec quasiment 80% de bacheliers d’une classe d’âge (ah tiens! pas mal çà comme revendication de gauche non…former des citoyens sachant! zut alors…!)vous avez face à vous des citoyens qui comprennent parfaitement les mécanismes économiques et sociaux, ils savent où vous voulez les emmener et ils vous disent clairement qu’ils ne le veulent pas.

        Continuez à les prendre pour de sombres abrutis et vous et vos amis serez redevables de ce qui pourrait bien malheureusement arriver.

  3. J’ai vu des élus dans mon cortège, le 12. Mais toi, je t’ai pas vu, citoyen Moscovici.

    Par ailleurs quand tu parles du gouvernement et président, arrête de les appeler « la droite ». Ce sont des gens d’extrême-droite, dont la grande majorité vient de l’ANEF (Sarko), l’UNI et OCCIDENT, qui pratique une politique de suppression systématique de droits, acquis et libertés, qui matraque et méprise le citoyen dès qu’il n’est pas d’accord et sert les riches, comme l’ont toujours les extrêmes de droite, voir Madelin et consorts qui ont été récupéré, financés et relancés par les officines du MEDEF de l’époque, après leurs bénévolat à l’organisation terroriste Occident.
    C’est l’ultra-droite. A tel point qu’ils sont en train de construire une stratégie de loi martiale/couvre-feu et de suppression des libertés avec occupation du terrain par dix mille soldats. C’est pas moi qui le dit mais Hacène Belmessous dans « Opération banlieues », info quand même capitale puisqu’elle elle montre que cet Etat que tu appelles – façon de poursuivre le jeu institutionnel qui, on le voit et on le subit, ne marche plus que dans un sens, celui qui consiste à nous dépouiller – de « droite » est prêt à en venir à la dictature à ciel ouvert.
    L’article est là : http://www.rue89.com/entretien/2010/10/03/letat-se-prepare-a-une-guerre-dans-les-cites-169076

    • Du reste, à Nice, ce ne sont plus les CRS qui assurent le contrôle des manifestations sur les retraites mais la gendarmerie…..
      Les CRS seraient-ils considérés comme susceptibles d’être trop favorables aux revendications?

      Même si je ne partage pas l’ensemble des propos d’Alain, un appel à la vigilance dans le domaine de la sécurité publique est nécessaire.

      Notre fine équipe présidentielle et gouvernementale est prête, je pense, à aller très loin si les mouvements sociaux s’amplifiaient. Au passage, pour l’instant malgré les immenses mouvements de citoyens, aucun accident à relever….C’est un mouvement social d’une parfaite exemplarité….c’est à souligner mais çà pourrait ne pas durer.

      C’est bien là qu’est toute l’inquiétude.

      Je ne suis pas sure que ce ne soit pas ce qui soit attendu par nos gouvernants. Les syndicats le ressentent bien, c’est bien la première fois qu’ils restent parfaitement solidaires, ils savent que s’ils cèdent à la base la plus radicale, tout échappe à tout le monde.

  4. Monsieur Moscovici
    La différence, que vous semblez sous-estimer, c’est que Fillon n’est pas Juppé et, surtout, Sarkozy n’est pas Chirac! Ce n’est pas le genre de la maison si vous voyez ce que je veux dire.
    C’est pourquoi je suis persuadé que cette réforme passera, de toutes façons, et que vos petites simagrées auront fait long feu. Il vous faudra bien trouver autre chose pour 2012.

    PS pourriez-vous demander à votre ex-candidate de se calmer un peu et de ne pas trop en rajouter dans la démagogie.
    Il est vrai que Mélanchon revendique clairement son populisme. Royal lui emboite le pas car elle a compris avant vous tous au PS qu’il pouvait faire du mal. Mais quand même…
    En tout cas ça promet. Comptez sur notre entière détermination.
    Nous ne vous ferons aucun cadeau…. surtout pas celui de l’abandon de la réforme des retraites.
    Allons, redevenez sérieux, vous n’y croyez pas quand même?

    • « Ce n’est pas le genre de la maison si vous voyez ce que je veux dire. »
      Non le genre de la maison c’est de faire des réformes injustes, baclés et inefficace sans la moindre concertation et de mépriser au plus haut point la démocratie sociale juste pour montrer que le grand chef a tenu. Pathétique comme genre de la maison, à tout prendre Chirac était clairement mieux.

      • Comme c’est curieux, aujourd’hui la gauche trouve Chirac sympathique!
        Après ce qu’il vous a fait en 2002 en remerciement de votre soutien « citoyen »au second tour, ou bien vous avez la mémoire courte, ou bien vous êtes complètement maso.
        Je penche pour la deuxième solution.

        De la même façon, Villepin vous impressionne favorablement par son « allure » semble-t-il.
        Me trompé-je?

        L’image plutôt que le fond? Dans ce cas je vous conseille Royal plutôt qu’aubry.

        • « Comme c’est curieux, aujourd’hui la gauche trouve Chirac sympathique! »

          Non non, juste moins pire que Sarkozy, en même temps c’est tellement facile d’être moins pire que Sarkozy, c’est àa la portée de presque n’importe quel nul qu’on mettrait au poste de président.

    • Oui vous avez raison, bel exemple sur le dossier des retraites d’une droite archaïque, parfaitement sourde aux demandes de négociation des syndicats et à la montée de la colère populaire.

      En bref, un régime tyrannique.

  5. Il est facile de faire se battre les autres pour défendre ses propres intérêts ; dans un objectif de transparence, il serait intéressant de connaître le montant de l’ensemble de vos revenus, et des retraites que vous pourrez cumuler.

    Etes-vous prêt à faire une proposition de loi modifiant le mode de calcul de la retraite des députés ; cela serait un bon début, pour une personnalité qui oublie bien souvent qu’elle est élue du Pays de Montbéliard,mais pense beaucoup plus à un hypothétique destin national …

    A bon entendeur, ….

    • Pour parler ainsi de ce sujet, quels éléments prends-tu en compte ?
      Ce qui se passe dans les pays équivalents au nôtre ne permet pas de penser que les élus français soient mieux payés que la moyenne des autres.
      Existe-t-il des zones d’ombre ? Si oui, lesquelles ?

  6. « grossière diversion fiscale »

    Enième tentative d’enfumage de la part de Sarkozy, le PS doit se faire entendre pour que les gens sachent bien que l’injustice criante de sa politique fiscale continue et continuera s’il est réellu. Ce n’est que par enfumage que Sarkozy peut esperer gagner en 2012, le PS doit préparer des « plans anti-enfumage sarkozyen » !! ^^
    Bon courage

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