Dans les médias

L’élection présidentielle est-elle jouée ?

Catégorie : Actualité,Politique,Réflexions | Par pierre.moscovici | 29/10/2010 à 14:50

Dans mon précédent post, j’ai analysé la situation de Nicolas Sarkozy au moment où le mouvement social, qui va se poursuivre, entre dans une phase nouvelle, alors que le débat politique sur les retraites s’achève. Elle est plus que compliquée, compromise. Faut-il pour autant en conclure que l’élection présidentielle est déjà jouée, que l’anti-sarkozisme est une posture satisfaisante ou au moins suffisante, que tout l’enjeu va désormais se concentrer sur le choix du candidat socialiste, qui l’emportera quoi qu’il arrive ? Certains le pensent, sans l’avouer : comment, se disent-ils, ce Président détesté pourrait-il être réélu ? En vérité, j’en ai comme beaucoup la conviction que, si la bataille s’engage sous de bons auspices, si la gauche a en vue de 2012 une opportunité historique, rien n’est fait, tout reste ouvert, l’essentiel est encore à construire pour une alternance effective et réussie.

Rappelons d’abord une évidence historique : une bataille n’est jamais gagnée avant d’avoir été livrée, et les favoris sont loin de toujours l’emporter. La chronique de l’élection présidentielle au suffrage universel est au contraire assez accablante pour les pronostiqueurs politiques. En 1965, le général de Gaulle devait l’emporter au premier tour : il fut mis en ballotage par le jeune François Mitterrand. En 1969, Alain Poher devait mettre fin à 11 ans de pouvoir gaulliste : Georges Pompidou le surclassa et l’emporta confortablement. En 1974, Jacques Chaban-Delmas, fort du bilan de sa « nouvelle société », faisait figure de favori : Valéry Giscard d’Estaing défit, de peu, François Mitterrand. En 1981, le Président sortant devait être largement réélu : le premier secrétaire du Parti socialiste d’alors réussit, enfin, l’alternance à gauche. En 1988, le combat semblait devoir se circonscrire entre Raymond Barre et Jacques Chirac : François Mitterrand, devenu le candidat de la « France unie », obtint un net succès. En 1995, Edouard Balladur semblait déjà Président à quelques mois du scrutin : Jacques Chirac, que l’on disait mort, devint Président de la République. En 2002, l’Elysée semblait promis à Lionel Jospin face à un Jacques Chirac « vieilli, usé, fatigué » : on sait ce qu’il advint. Enfin, beaucoup de Français considéraient Ségolène Royal comme une carte maîtresse face à un Nicolas Sarkozy réputé inéligible : il est aujourd’hui Président de la République. Voilà de quoi calmer les ardeurs des tenants du déterminisme politique et rappeler les aléas qui font le charme et la tension de la politique. A 18 mois de la présidentielle, tout peut encore bien sûr se produire. D’autant que le président sortant,et son camp, la droite, ne sont pas dépourvus d’atouts.

Il y a, dans la situation présente, une conjonction favorable : une gauche qui, sans être majoritaire, se renforce, une droite divisée et remontée contre un chef dont elle-même ne veut plus

Le premier atout de Nicolas Sarkozy est la grande oubliée de la science politique d’aujourd’hui, la sociologie électorale. La France, depuis quelques années, fait confiance à la gauche, et au premier chef au Parti socialiste, lors des élections locales, dans des proportions inédites. La France d’en bas – celle des régions, des départements, des agglomérations et des villes, est « rose »  comme jamais dans l’histoire républicaine. C’est le signe de la crédibilité des politiques locales, à la fois solidaires et efficaces, menées par les exécutifs de gauche sur nos territoires. Cela ne signifie pas pour autant que le pays soit, lui, « passé à gauche », ou échappe à la droitisation qui frappe l’ensemble de l’Europe. Les pulsions réactionnaires, les réflexes conservateurs ou déclinistes, les dérives populistes et nationalistes ne sont pas, loin s’en faut, absents du paysage politique français, qui demeure marqué par la présence, plus forte que partout ailleurs sur le Continent de l’extrême-droite. Observons aussi que les sondages, qui donnent imperturbablement gagnants la plupart des candidats socialistes face à Nicolas Sarkozy – certains comme Dominique Strauss-Kahn avec une marge impressionnante – montrent également une « gauche de gouvernement » qui demeure fortement minoritaire au premier tour. Il y a, dans la situation présente, une conjonction favorable : une gauche qui, sans être majoritaire, se renforce, une droite divisée et remontée contre un chef dont elle-même ne veut plus. Mais ce n’est pas encore une aspiration puissante et irrésistible, à l’image de celle qui donna naissance à la liesse du 10 mai 1981. Surtout, c’est à l’évidence une donne qui demeure très fragile.

L’élection présidentielle, en France, est toujours et forcément serrée, elle se rapproche à chaque fois d’un 50/50 : le crû 2012, j’en suis sûr, ne fera pas exception à cette règle.

Ne négligeons pas, par ailleurs, les qualités et les attributs du Chef de l’Etat. Nicolas Sarkozy est un mauvais Président de la République, c’est entendu. Mais il ne sera pas nécessairement un mauvais candidat. Il dispose, tout d’abord, d’une machine politique à sa dévotion et de soutiens considérables. La droite, aujourd’hui, doute de lui – à raison, tant il s’est planté depuis un an. Elle rêve, sans oser le dire, d’un autre champion. Pour autant, elle ne dispose pas d’une alternative à la fois crédible et volontaire. Ni Dominique de Villepin, ni François Fillon, ni Jean-François Copé, ni Alain Juppé, qui voudraient tous être Président, n’ont les moyens de leurs ambitions, si toutefois Nicolas Sarkozy se représente, ce qui est à mes yeux certain. Celui-ci n’a jamais abandonné le contrôle du parti majoritaire, qui se rassemblera le moment venu autour de lui et saura peut-être, sous la houlette de l’actuel président du groupe UMP à l’Assemblée nationale, retrouver quelques couleurs. Le Chef de l’Etat, chacun le sait, n’est pas dépourvu d’appui dans les médias et conserve la faveur des milieux d’affaire… qui il est vrai ont peu de raisons de se plaindre de lui. Nul doute qu’une débauche d’argent et de propagande accompagnera la campagne du Président-candidat, qui cherchera à être à la fois libéral, populaire et populiste. Le Chef de l’Etat, enfin, bénéficiera du privilège d’être le sortant, donc de profiter de la légitimité de la fonction, notamment sur les questions internationales sur lesquelles il va tenter de capitaliser. Il s’efforcera de relancer son action grâce à un prochain remaniement, qu’il a toutefois compromis lui-même en l’annonçant trop tôt, puis en carbonisant l’improbable favori qu’est Jean-Louis Borloo. Il essaiera – il s’y efforce déjà en espérant l’ouverture d’un dialogue sur l’emploi des jeunes ou en suggérant une nouvelle réforme des retraites dès 2012 – de jouer une carte sociale : je suis persuadé qu’il est trop tard, et que le vrai temps de la négociation devait être celui du projet de loi sur les retraites. L’élection présidentielle, en France, est toujours et forcément serrée, elle se rapproche à chaque fois d’un 50/50 : le crû 2012, j’en suis sûr, ne fera pas exception à cette règle.

Je reste toutefois convaincu que la droite perdra le pouvoir dans 18 mois… si toutefois la gauche fait ce qu’il faut pour le conquérir. Là est la dernière pièce du puzzle : où en est la gauche ? Où en est le Parti socialiste ? Depuis le 21 avril 2002, avec la défaite de Lionel Jospin et son retrait de la vie politique active, nous sommes confrontés à trois questions irrésolues. La gauche socialiste doit, d’abord, redéfinir son identité, la repréciser au moins, et construire son projet : elle s’y efforce, sans y être totalement parvenue. Elle doit fixer ses alliances, et partant le centre de gravité de son action au pouvoir : le Parti socialiste est clairement un parti de gouvernement, mais il hésite parfois à en revendiquer la culture. Enfin, il nous reste à trouver un leader : vous surprendrais-je en vous disant que ce n’est pas encore chose faite ? J’ajouterai à ces trois défis un problème supplémentaire : comment nous renouveler, intellectuellement et humainement, et éviter que 2012 soit uniquement un remake de nos expériences gouvernementales passées, aussi honorables soient celles-ci.

La gauche n’est pas pour autant aux marches du palais, nous pouvons encore manquer ce rendez-vous avec l’histoire si, justement, nous ne sommes pas à la hauteur des exigences que celle-ci pose

Le Parti socialiste, en cet automne 2010, se tient mieux, il fait meilleure figure après un terrible passage à vide. Il a notamment bien joué sa partition dans le conflit des retraites. Mais il n’a définitivement résolu aucune des questions qui se posent à lui, il lui reste à opérer des clarifications essentielles. Nicolas Sarkozy n’a plus toutes les cartes en main, il n’est plus maître de son destin, il ne peut plus gagner l’élection présidentielle à partir de ses propres forces. Mais la gauche n’est pas pour autant aux marches du palais, nous pouvons encore manquer ce rendez-vous avec l’histoire si, justement, nous ne sommes pas à la hauteur des exigences que celle-ci pose. A nous, maintenant, de jouer. J’y reviendrai dans les prochaines semaines.

Photo: CC par Marco Bellucci

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39 commentaires

  • Bloggy Bag dit :

    Bien sûr que non ce n’est pas plié. Beaucoup de choses nous poussent à la victoire, mais au-delà du vote, la vraie victoire sera d’être en capacité pour changer les choses. S’il s’agissait juste d’un jeu concours, il y a des destinations plus sympa que les vieilles boiseries de la Pompadour !

    « enfin, bénéficiera du privilège d’être le sortant, » : cet argument vaudrait contre tous, sauf Dominique qui lui aussi sera un « président sortant » et c’est à mes yeux l’un des arguments les plus fort pour sa candidature. La position actuelle de Dominique annule tous les avantages du prestige international du président de la République sortant, et ce n’est pas un petit atout (finalement, si l’on se souvient de 2007, notre candidate n’a-t-elle déjà perdu toutes ses chances lors de sa tournée mondiale ratée qui devait faire d’elle une personnalité qui compte ?).

    Sans cet avantage du sortant, Sarkozy n’est que l’homme qui a échoué sur toute la ligne, voire qui a fait honte à la France à la différence de Dominique.

  • Pierre dit :

    Avec un boulevard devant elle, le PS n’est pas fichu d’organiser un grenelle « alternatif » des retraites avec les syndicats pour parvenir à un projet négocié crédible pour 2012. Qui peut croire qu’une telle opposition est en mesure de l’emporter aux prochaines présidentielles ?

  • infox dit :

    Strauss-Kahn, « prêt à diriger la France », pour Newsweek
    (AFP)
    PARIS — Le socialiste Dominique Strauss-Kahn fait la Une de l’édition européenne du magazine américain Newsweek, pour qui le directeur général du Fonds monétaire international (FMI) « est prêt à diriger la France ».

    « Dominique Strauss-Kahn, prêt à diriger la France… ou le monde? », se demande en Une l’hebdomadaire, dans son édition européenne, en consacrant quatre pages à un portrait élogieux de l’ancien ministre des Finances.
    Saluant son action à la tête du FMI, l’hebdomadaire juge que « Strauss-Kahn, 61 ans, n’a jamais connu de telles louanges ni même une telle reconnaissance de ses opinions politiques et économiques centristes » au cours de sa carrière en France.
    Le magazine note que DSK « se retrouve désormais non seulement au sommet du système financier international mais aussi au sommet des sondages d’opinion », comme le candidat socialiste le mieux à même de battre Nicolas Sarkozy en 2012.
    « Et cela lui pose un problème: est-ce qu’il devrait rester au FMI, dans ce rôle clé sur la scène mondiale, dont le mandat expire fin 2012 ? Ou est-ce qu’il devrait démissionner et revenir en France l’année prochaine pour faire campagne pour la présidentielle de 2012 ? », demande l’hebdomadaire.
    Selon le magazine américain, DSK est handicapé dans son combat pour la présidentielle par l’aile gauche du parti socialiste.
    Revenant sur la candidature malheureuse de M. Strauss-Kahn à l’investiture socialiste pour la présidentielle de 2007, Newsweek juge que DSK avait alors « adopté la rhétorique de l’extrême gauche ». « Finalement, DSK a perdu la confiance du centre, sans gagner pour autant les votes des éléments les plus extrêmes de son propre parti », analyse l’hebdomadaire

    • Bloggy Bag dit :

      newsweek se trompe sur une chose : le PS ne fera pas obstacle à la candidature de Dominique car il a commencé sa mue. Nous sommes loin du vieux rafiot présenté comme triomphant par Hollande en 2006.

  • VITEAUX dit :

    Bonjour, Pierre,

    J’aime à penser que la vie est ainsi faite et qu’après la pluie, … Tout ça, tout ça …
    J’aime à lire de nombreuses analyses, qui nous prennent à penser, le soleil, … tout ça, tout ça …
    Mais,
    Utopiste d’un nouvel âge, je garde l’espoir que ceux qui marchent, ne marchent pas vers une seule et unique illusion, une seule et unique position d’où s’échapperait des rayons de lumière . . .
    … Mais je m’éloigne du propos (quoique . . .)

    Nous pourrions être joyeux des présages (sondages ! ! !?),
    Pour ma part, je suis plus du côté du « rien n’est gagné », regardons cet « ennemi » (Politique Oup’s ce terme m’échappe, car pourrait-il honnêtement porter ce titre ?), je ne néglige en aucun cas les coups que gardent sous la cape d’autres sournois … œuvrant dans l’ombre ils préparent d’autres tours,
    Car additionnons, (gauches retournés) + centre + droite + extrême droite sans compter les extrêmes gauches retournées elles aussi !!!
    La bataille est rude, sans compter les autres atours, Sécuritaire, pour exemple ces fameuses bouteilles de butanes sous les voies ferrées !! !! !! Disparues sans, le cas est, laissées d’adresse !

    Cette bataille sera longue, lui n’a rien à perdre, il doit simplement trouver les petites mains qui cisailleront les troupes présentes, futures de l’opposition et pour cela il excelle ! ! !

    Pour un meilleur Avenir et l’Ombre d’un Espoir

    Lionel

    Ma question : Qu’en penses-tu ?

  • Sand (Paris) dit :

    Plutot que des Conventions parfois vide de sens ou confuses et toujours orchestrées à l’avance (impossible de faire passer le moindre amendement depuis les sections), les forums se font attendre.

    Ouvrons les débats. Il n’est plus possible de penser gagner une élection nationale sans aborder les problèmes de tout les jours et répondre aux questions les plus primordiales que tout militant connait:
    – vais je conserver mon emploi,
    – si je le garde pourrais tenir dans la folie des objectifs et des containtes qu’on m’impose,
    – pourrais je vieillir en bonne santé,
    – mes enfants auront-ils une place dans la sociéte,
    – pourquoi ces profits financiers si le plus grand nombre n’en profite pas?

    Si nous ne répondons pas, rien ne sera acquis. En effet, la peur a été entretenue pour faire le creuser de réformes de droites injustices, couteuses et impopulaires. Or quand on a peur, on a tendance à se tourner vers les extrèmes: replis national, communautés, voire prise de risques. Ce n’est pas le retour en force de la droite qui guette mais l’explosion de l’extrème droite.

    Face a ce risque, il nous faut à la fois un projet économique réaliste et médian restaurant de l’emploi et une réelle volonté d’équité: santé pour tous, éducation et chance sociale pour tous, le reste n’est que de l’habillage.
    Or que voit-on actuellement: aucun projet santé alors que c’est un sujet facile au fond, pas d’envie sur l’éducation.
    Reste l’économie et il faut noter que vous seuls, Pierre Moscovici avec DSK, etes convaincants sur le sujet; si seulement vous preniez la mesure de l’importance des deux autres sujets en tant qu’outils économiques aussi, tout irai bien!

    Quand est ce qu’on discute de tout ça dans notre parti (les commissions nationales seraient bien inspirées, elles aussi, de s’ouvrir), quand est ce qu’on écoute les nouveaux, les femmes, les minoritaires, quand est ce qu’on rend la politique à tous comme dans une vraie démocratie?

    Aidez nous la dessus aussi et nous vous aiderons en retour!

    • Bloggy Bag dit :

      - vais je conserver mon emploi,
      Probablement

      – si je le garde pourrais tenir dans la folie des objectifs et des containtes qu’on m’impose,
      non, le système pousse à la perte du sens du pourquoi on travaille

      – pourrais je vieillir en bonne santé,
      probablement sauf à la fin

      – mes enfants auront-ils une place dans la sociéte,
      ce sera dur mais on y arrivera

      – pourquoi ces profits financiers si le plus grand nombre n’en profite pas?
      parce seul les braqueurs profitent du casse… avant de finir au trou.

  • jean paul dit :

    comme en 2002 ,la clef de 2012 dependra de l’importance du vote de l’extreme droite et donc du vote populiste
    Il n’espas impossible d’avoir dans un mouchoir Sarkozy,LePen ,aubry ou DSK
    Comme en 2002 la clef residera dans un climat de peur savamment orchestre

  • Nicolas(Nantes) dit :

    Avec Borloo, c’est sûr que le PS aura un nouvel obstacle. Le choix de Borloo, c’est le choix de rendre le centre inaudible et de forcer le PS à repartir vers la gauche de la gauche. On connaît le PS, on sait qu’il est fortement probable qu’il aille en ce sens juste avant la présidentielle, il adore ça.

    Au contraire, le PS ne doit pas se radicaliser et ne faire peur au centre.

    • Nathalie dit :

      Et bien laissons Borloo pour ce qu’il est: un homme de droite.

      • guillaumeA dit :

        Borloo ne va rien faire.

        • guillaumeA dit :

          Borloo va arriver dans un gouvernement ou tout est geler dans les budgets.
          Il va faire du social? Avec qu’elle argent vue que tout est bloqué.
          Il va pas annoncé 5 Mds€ de déficit en plus.

          Cela ressemble a un futur Flop.

          Le PS n’a pas besoin de Borloo pour aller plus a gauche, la primaire va le faire tout seul.

          Et puis il y en a marre que être plus a gauche soit une tare.

          • Nicolas(Nantes) dit :

            c pas une question de tare, c’est une question de profiter de l’occasion unique de ravir des voix au centre et au centre droit, à un moment où le président a déçu ou bien fait peur à toute cette frange de la population.

            Et le PS a déjà fait « plus à gauche que moi tu meurs », on sait où ça mène. Surtout avec un Mélenchon qui joue déjà le rôle.

            Pour Borloo, je sais pas ce qu’il fera mais il est pas choisi par hasard.

          • guillaumeA dit :

            Oui mais on a laisser une chance avec le centre.
            On a laisser le modem mourir(c’est presque fait)alors que l’on pouvait le faire basculer vers la gauche.

            Europe écologie en 2012 va aller vers ce genre d’électeur.

            Le clivage en 2012 va être très important, les modérés vont avoir du mal a se faire entendre.

            De plus il va avoir du monde au centre.
            Mieux vaut faire un programme complet qui permettra de gagner sur des bases solide;

          • Nicolas(Nantes) dit :

            pas une seconde le centre serait allé vers la gauche. La seule raison de Bayrou d’accepter de bosser avec la gauche, c d’avoir été sûr qu’il l’aurait emporté, donc passé devant le PS.

            Le modem est redevenu très faible, c bon pour le PS. Mais ça veut pas dire que ses 18%, sensibles à son discours raisonné de 2007, n’existent plus.

            Et il est très possible que Bayrou, Villepin ou d’autres appellent à voter pour le candidat PS dès lors que celui-ci leur apparaît crédible, raisonnable et sérieux. Autant dire que si le PS se cale sur Mélenchon, c mort pour le centre.

    • Bloggy Bag dit :

      J’adorerais voir Borloo 1er ministre et je m’en pourlèche les babines d’avance…

  • grouchy dit :

    Gardons nous bien de tout triomphalisme prématuré.

    Rappelons nous de 2005, la crise des banlieues et en 2006, la crise du CPE. Un élan pour la gauche était perceptible.
    La droite était finie, les français avaient soi disant « peur » du très dynamique et actif ministre de l’intérieur, le couvre feu avait été prononcé dans de nombreux quartiers (du jamais vu depuis la crise algérienne)….jamais les français ne voteraient pour un tel homme et n’en feraient un président de la république.

    On disait même que la droite républicaine ne le laisserait pas faire….et on se souvient de la mise en garde plus ou moins cachée des derniers voeux du Président Chirac….

    Pourtant cet homme là a réussi a faire le ménage à droite, avec violence (pour mémoire relire le livre Azouz Begag, de F Léotard ou indirectement de Dominique de Villepin), rappelons nous que son ouvrage politique programmatique ‘Testament » a été préfacé dans sa version italienne par G Fini (sans que çà pose un quelconque problème), ce candidat est resté ministre de l’intérieur alors qu’il était candidat à la présidentielle, (ce n’est quand même pas totalement innocent le ministère de l’intérieur…!)sans vergogne….

    Cet homme est prêt à tout et acculé à une éventuelle défaite, il sera féroce.

    Les choses seront certes, pour lui, plus compliquées qu’en 2007, notamment parce que nous avons un parti socialiste en ordre de marche, c’est pourquoi les attaques contre certains d’entre nous, en interne, sont désolantes, notamment contre dsk. Ces critiques injustifiées ébranlent tous les camarades potentiellement candidats, l’extrême gauche usera des mêmes critiques contre n’importe lequel d’entre nous comme ce fût le cas contre Jospin.

    Le parti UMP est toutefois affaibli, Sarkozy n’en est plus le chef incontesté et incontestable. Les élus locaux, notamment, ne sont plus prêts à le suivre les yeux fermés….et la droite décomplexée pèse pour beaucoup d’entre eux.

    Cette campagne sera impitoyable.

    Notre candidat devra être solidement armé et devra pouvoir s’appuyer sur un parti solide et des partenaires loyaux.

  • Harbon Esther dit :

    Voter socialiste, c’est possible lorsqu’un maire socialiste et tous ses collaborateurs de gauche suivent une vraie politique sociale ! Mais, lorsque cela fait six ans que vous les appelez au secours sans résultat, bien au contraire, alors…

  • baillergeau dit :

    Je voudrais être sûr qu’en sein du PS et même de notre mouvance, nous soyons au clair sur les priorités.
    Parmi la multitude des sujets « importants » à traiter, je ne pense pas que l’on se mobilise, avec assez de vigueur, sur trois qui me paraissent incontournables.

    1) Sans qu’on en sache l’heure ou le jour, le capitalisme financier va exploser.
    La droite camoufle, elle a tellement aimé ces années folles où le fric rapportait plus que le travail, qu’elle hésite et hésitera toujours à se jeter à l’eau;
    La gauche ne sait pas ou alors mesure l’étendue du désastre en cours, elle laisse quelques uns de ses prophètes dire la vérité de notre temps et met des cierges !
    Il y a toujours un moment où il faut y aller, même si les circonstances ne sont pas favorables, certains qui ne sont pas partis en 40, ils étaient encore là en 46 !

    2) La gauche se doit d’avoir une vision de l’argent, de la priorité aux plus humbles et du respect de chacun, qui n’est pas celle de la droite ni du centre, ni même de l’extrême gauche !
    Les penseurs ne lui manquent pas, c’est leur boulot et on ne les voient pas en action auprès des militants.

    3) Stopper le flux, sauvage et désespérant, venu du Sud, en imposant des mesures conduisant au maintien des populations sur place.
    La gauche a les moyens de porter une aide associative significative pour appuyer notre projet politique.

    TOUS LES AUTRES SUJETS, IMPORTANTS OU PAS, PASSENT APRES.

  • guillaumeA dit :

    « Une campagne doit effectivement susciter enthousiasme, espoir, envie, mais le jour du vote, le premier critère est : peut-il/elle être président(e) ? a-t-il/elle les épaules pour gérer le pays ? »

    Oui c’est important mais il faut donner envie au gens de prendre le risque de changer.
    Hors le discours actuel du PS est pas bon car expliquer partout qu’il faut être crédible donc faire des choix cela ne donne pas envie.

    L’exemple de Valls ou Hollande est symptomatique, ils sont a fonds sur la crédibilité et les gens se demandent ce qui les différencie de la droite.

    Les gens veulent la gauche au pouvoir pour avoir de nouveaux droits sociaux ou amélioration de la vie c’est les réformateurs. Cela n’intéressent pas les gens d’avoir une gauche qui gère bien le pays mais qui apporte de simple avancé sociale. Dans ce cas alors la gauche ressemble a l’ancienne démocratie chrétienne délaissé par la droite.

    La droite actuel a évoluer vers plus de brutalités et beaucoup moins de sociale.

    Ce que veulent les gens c’est une gauche fortement réformatrice si non la droite avec toute ses ruses peut gagner.
    La campagne doit être très clivant pour bien montrer les différences.

    • Nicolas(Nantes) dit :

      Plus ou moins d’accord.
      Je crois simplement que Valls et Hollande ont acté le fait que pour gagner il fallait voler des voix au centre droit, car traditionnellement, pour les présidentielles, les Français votent de ce côté. Et ils en remettent une couche pour essayer de gagner en crédibilité.

      Perso, je pense que c’est eux qui ont la meilleure tactique, même si effectivement, leur campagne « serait » moins « bandante ».

      • guillaumeA dit :

        Non je penses que cette tactique ne peut que échoué car les gens actuellement sont désespéré. Il faut donner envie et pas faire un programme qui va laisser la classe populaire chez elle le dimanche le jour du vote en 2012.

        Faire un programme qui ressemble a une drogue douce pour faire passer la pilule de la rigueur ne me plait pas.
        L’histoire des efforts partagé ne tient que si des avancés sont possible a terme.

        Vouloir ternir les budgets c’est bien et même obligatoire mais il faut plus.

        Le programme de Hollande est très bien mais cela ressemble plus a un programme de premier Ministre nommé qui fait son discours de politique Générale qu’un Programme de Président qui peut faire 10ans et qui explique sa vision de la France.
        Pour Valls c’est encore en dessous. Son Livre est intéressant mais le passage sur l’économie est beaucoup trop faible.

        • Nicolas(Nantes) dit :

          guillaume

          Depuis 30 ans, systématiquement, les gens votent pour celui qui suscite le plus d’espoir, et systématiquement ils sont déçus car les promesses ne sont pas tenues ou ne peuvent pas être tenues.

          Le changement serait justement du côté de ce que je dis.

      • Nicolas(Nantes) dit :

        en 2007, la classe populaire s’est fortement déplacée, elle est pourtant super déçue aujourd’hui, sans pour autant être convaincue que l’autre choix était plus judicieux. Ce qui est quand même un souci.

        Je crois vraiment que la tactique Bayrou 2007 est la bonne cette fois-ci.

        • guillaumeA dit :

          En 81 la gauche a gagné un donnant un programme qui allait vers un idéal.

          En 97 la gauche a gagné après la catastrophe de la droite en 95.

          L’élection de 2007 était différente , la croissance était la, le chômage diminuait et on sortait de 12 ans de Chirac qui était la comme gardien de la république sans rien entreprendre.

          La droite peut gagner sur un programme de stabilité des choses établis car c’est le mouvement conservateur.
          La gauche non.

          • guillaumeA dit :

            De plus il faut un énorme plan économique pour remettre la France dans une trajectoire positive.
            Il faut pas faire le malin en racontant que cela va être facile mais il faut apporter des nouveautés social qui permettent aux gens de supporter l’effort.

            La dette est dans toute les têtes?
            Elle est l’ennemie de la gauche?

            Mais il faut arrêter de penser quand 2012 on va pas être obligé d’emprunter massivement pour moderniser les structures du pays…

            La gauche en 2012 va devoir emprunter massivement pour moderniser le pays, améliorer la productivité des systèmes publique, faire une relance industriel, remettre du pouvoirs d’achat, reprendre des services privatisé(edf est un exemple…) trouver une solution au logements.

            Et surtout pas continuer a faire des déficit pour payer les baisses d’impôts actuel et les frais de fonctionnement.

          • Nicolas(Nantes) dit :

            97, la gauche a gagné par rejet de Chirac-Juppé, et pour aucune autre raison. Jospin lui-même a avoué que la gauche ne s’y attendait pas.

            Je reste convaincu que choisir qqun qui dans la tête des gens a clairement déjà une image de président est une bonne tactique. Mais c clair, ca ne sera pas suffisant.
            Mais se concentrer uniquement sur la capacité à susciter l’espoir, c’est mort d’avance.

            Après, pour tes commentaires économiques, bah j’ai jamais dit le contraire :)
            Mais n’oublie pas que la France est de centre droit, ce n’est pas un hasard si les conservateurs gagnent bcp plus souvent aux élections nationales, donc le côté « responsabilité » ou « crédibilité » est un atout majeur pour l’électorat français.

        • guillaumeA dit :

          Oui en 97 on a gagné sur le rejet de Chirac/Juppé mais en 2000 on avait réalisé tout le programme et on finis par un gouvernement qui n’avançait plus.

          Le programme de 97 était déjà plus gros que ceux présenté actuellement par certains leader actuel.

          La crédibilité n’est rien si on peut pas l’utiliser.

          On peut présenter un grand projet si le programme économique est sérieux et qu’il va donner un élan a la société.
          Cela reste la base de tout gouvernement.
          Obama est entrains de perdre tout les élections car son projet économique n’a pas amené des résultats assez vite(sur le long terme c’est différent dans son cas).
          Sans résultat économique au bout 3 ans(même 2ans) la gauche au pouvoir ne pourra plus rien faire car la fameuse crédibilité serra perdue.

          • Nicolas(Nantes) dit :

            Je dis pas le contraire, qqun de crédible et performant économiquement, c’est une condition essentielle pour le PS en 2012.

            Mais toujours avec cette question clé : la personne est-elle vue comme ayant les « épaules » pour conduire un pays.

          • Nicolas(Nantes) dit :

            le coup du « je promets à tout va, multiples slogans à la main, et on verra bien plus tard », ça ne marchera pas !

  • Pierre Mougey dit :

    Evidemment, cette élection est loin d’être gagnée.Il faut d’abord que les primaires ne soient pas trop ravageuses.Ensuite, ilfaut trouver un candidat qui puisse ratisser des voix centristes au 2ème tour sans braquer la gauche de la gauche :ce n’est pas évident!Enfin, un programme crédible,clair, net et court.Si ces conditions sont remplies,nous avons quelques petites chances…

  • Pablo dit :

    De mon point de vue, l’issue d’une présidentielle se joue d’abord sur les grands moments politiques qui viennent structurer l’opinion d’une partie des français au cours du quinquennat; puis ensuite (et surtout) sur la dynamique de les campagnes des uns et des autres.

    Par « grands moments » j’entends des événements tels que le référendum sur le TCE et la crise des banlieues en 2005, le CPE en 2006,la dérive sécuritaire et anti-roms de cet été et le mouvement contre la réforme des retraites. Chacun a impacté les partis de gauche et droite.

    Il y a encore un an de cela, on imaginait assez difficilement une victoire de la gauche en 2012. La réélection de Sarkozy était presque acquise. Maintenant on a tendance à croise que c’est déjà plié, mais en notre faveur.

    L’image du PS s’est amélioré dans les média et les sondages d’opinion, il s’est remis en partie au travail par l’intermédiaire des 4 conventions et il y a un réel effort d’unité, mais on voit encore mal quel projet on va porter pour 2012.

    Je regrette que le PS n’ait pas la culture des autres partis socialistes et sociaux-démocrates en matière de leadership: chez eux, le chef du parti est quasi automatiquement le candidat aux prohaines élections générales.

    De fait, la guerre du leadership a lieu au début du mandat, ce qui laisse au vainqueur en interne 4 à 5 ans pour gagner en crédibilité et monter un programme et une équipe. En contrepartie, le candidat qui échoue se retire généralement du jeux.

    Là, avec notre système, on voit bien que tout le monde attend l’arrivé des primaires pour sortir l’artillerie.

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  • PSchitt dit :

    Curieusement, pourquoi passer sous silence, monsieur Moscovici, la montée en puissance (de nuisance ?) de Mélanchon, l’idiot utile de la droite… comme Chevènement l’avait été avec Jospin.
    Il parait d’ailleurs qu’en privé Sarkozy s’en réjouit! Cela devrait plutôt vous inquiéter, non?
    Ne va-t-on pas plutôt ver un « remake » de 2002 avec un FN plus fort que jamais, surfant sur l’islamophobie grandissante en Europe et réunissant au premier tour les déçus du sarkozisme… pour se retrouver avec au second tour moyennant quelques gages?
    Et si de surcroit les primaires au PS sont une catastrophe (ce que je pense)… n’en parlons même pas!

    En effet ce n’est pas gagné.

  • Martine dit :

    analyse très intrigante mais qui donne à penser. Merci
    Voilà mes commentaires à chaud :
    Les français, pour la plupart, n’ont aucune éducation politique, ils votent au gré du vent, si le candidat a « une bonne tête », s’il a l’air sympa, s’il a de la prestance, s’il donne ou donnera une bonne image de la France, s’il sait parler et convaincre…ou ils votent « contre le président sortant », ou parce que les statistiques annoncent que…ou au contraire pour faire mentir les statistiques ou parce que leur artiste préféré vote pour untel..ou parce que tel candidat est « son » maire, « son » député ou simplement qu’un jour il a pu lui serré la main ; la liste peut être longue.
    Ce n’est pas toujours très rationnel mais c’est la triste réalité.
    Martine, simple citoyenne mais qui n’est ni sourde ni aveugle !

    • Nicolas(Nantes) dit :

      je suis assez d’accord Martine, les gens sont très souvent peu politisés d’un bord ou de l’autre, ils peuvent voter très différemment d’une élection à l’autre.

      Mais je reste convaincu que la question « a-t-il/elle les épaules pour gérer le pays » reste valable à chaque présidentielle, comme question majeure au dernier moment avant de glisser le bulletin, surtout auprès de la population plus âgée.

  • […] Ce billet était mentionné sur Twitter par Victor Pescheux, Victor Pescheux, Mathieu Grapeloup, Mathieu Grapeloup, Jean-Renaud ROY et des autres. Jean-Renaud ROY a dit: "Je reste toutefois convaincu que la droite perdra le pouvoir dans 18 mois…" par @pierremoscovici http://bit.ly/9U5Hx4 […]

  • Nicolas(Nantes) dit :

    Je retiens une chose de cet article, et qui me paraît cruellement juste, quand on est de gauche : la France est un pays traditionnellement de centre-droit lors des élections présidentielles.

    Une fois qu’on a dit ça, on a presque tout dit. Et à partir de là, il faudra bien, qu’on le veuille ou non, réussir à manger sur leur part du gâteau si on veut espérer gagner.

    Autre point, même mauvais président, Sarkozy présente l’énorme avantage d’être considéré comme un président dans la tête des gens. Donc, le jour du vote, les gens se prononceront sur plein de critères mais ne se poseront pas la question de savoir s’il peut ou non être président, car il l’est déjà. En face, aurons-nous qqun pour lequel les gens se poseront la question ?

    Une campagne doit effectivement susciter enthousiasme, espoir, envie, mais le jour du vote, le premier critère est : peut-il/elle être président(e) ? a-t-il/elle les épaules pour gérer le pays ?

    C’est cette question qui est cruciale pour une très grande partie des gens, et notamment les plus âgés, qui eux votent systématiquement.

    • Marcel dit :

      bonjour les amis, cela faisait bien longtemps que je n’avais jeté un oeil sur ce blog, et je voudrais vous rassurer. Oui l’élection de 2012 est jouée et pour votre plus grand plaisir (en tout cas le mien), S Royal sera notre prochaine présidente.

      Alors, heureux ? :o))

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