Pierre Moscovici : Sarkozy « n’a pas de vision » – Bourdin Direct (RMC/BFM TV)

Pierre Moscovici, interviewé par Jean-Jacques Bourdin réagissait ce matin à la prestation du président de la République, Nicolas Sarkozy suite à sa longue interview télévisée.


Pierre Moscovici
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9 réflexions au sujet de « Pierre Moscovici : Sarkozy « n’a pas de vision » – Bourdin Direct (RMC/BFM TV) »

  1. NSarkozy a une très claire vision : regagner un nouveau mandat. Et il sait s’y prendre, il doit avoir un planning très précis, teasing et accroches de communication parfaites. Il a la voie libre. Il n’y a RIEN en face. L’opposition n’a pas de vision, pas de réaction pas de présence quotidienne… L’opposition va porter le gros fardeau de la trahison de la confiance.

  2. Pierre Moscovici ferait mieux de lire les derniers commentaires ci-dessous qui rappellent à ceux qui l’ont lu le livre de S. Halimi (Le grand bond en arrière. Comment l’ordre libéral s’est imposé au monde, Fayard, 2006, 640 p.) Tout l’intérêt de ce monumental ouvrage est de suivre comment, au tournant des années 60-70,
    “Aux Etats-Unis comme ailleurs, c’est parce que les principaux partis de gouvernement, de gauche comme de droite, se convertissent à des politiques de marché que celles-ci parviennent à s’imposer”

    Ça a commencé à se gâter avec le banquier premier ministre.
    Ancien fondé de pouvoir du groupe Rotschild, le futur président Georges POMPIDOU aura eu le temps, avant d’affronter Mai 68 et d’être remplacé par Couve de Murville, de donner sa vision trés personnelle de l’Etat:
    ” Vous avez pendant cinquante ans vécu à l’abri de protections inadmissibles. Et puis, tout à coup, on va se trouver dans ce qu’on nous a demandé, c’est à dire la liberté de concurrence […] Et, à ce moment-là, bon nombre de nos industriels et de nos commerçants commencent à prendre peur. Mais c’est eux qui l’ont souhaité, ce marché commun, qui l’ont réclamé. Et d’ailleurs, ils ont eu raison. Seulement, il faut en prendre les risques, il faut dire qu’à partir de ce moment-là, il n’y a plus de repos […] Nous vivrons, et l’économie française , et les commerçants français, doivent vivre désormais dans la préoccupation permanente. Nous serons donc en risque permanent et, le gouvernement en est parfaitement conscient, son rôle est de diminuer ces risques, parfois, mais son rôle n’est certainement pas d’inviter les gens à la paresse en leur créant de nouvelles protections.”
    (Allocution télévisée citée in “Le Monde”, 2-3 Juillet 1967, et figurant dans le documentaire “Le chômage a une histoire, France 5, Décembre 2001)

    Ça se précise avec le premier énarque président.
    Valéry GISCARD d’ESTAING, ouvrant l’une de ses premières conférences de presse à l’Elysée:
    “Le monde est malheureux. Il est malheureux parce qu’il ne sait pas où il va et parce qu’il devine que s’il le savait, ce serait pour découvrir qu’il va à la catastrophe. C’est ce monde malheureux que les hommes d’Etat doivent conduire et c’est ce monde malheureux que les hommes d’information doivent éclairer.”
    (Octobre 1974)
    Son premier ministre Raymond BARRE, évincé du pouvoir par l’échec du septennat, éssaiera plus tard d’éclairer le monde comme il convient:
    Il proposera carrément de supprimer le salaire minimum, afin de “lutter contre le chômage”, idée que reprendra l’économiste ultra-libéral Pascal SALIN dans Libération!(”Le Smic, machine à exclure, Libération, 29 Mai, 1995)

    Ça s’est perverti avec les Jésuites au pouvoir.
    En 1982, c’est le “don DELORS” au patronnat, celui de la desindexation des salaires sur les prix, un prélèvement de 35 milliards actuels sur les salaires à partir de cette date.
    Le ministre en question s’en félicitera plus tard en ces termes:
    ” Nous avons obtenu la suppression de l’indexation des salaires sans une grève ! ”
    (Cité in Jean Lacouture et Patrick Rotman: Mitterand, le roman du pouvoir, Seuil, 2000)
    Pascal LAMY, chef de cabinet de DELORS à Bruxelles, et aujourd’hui à la tête de l’OMC, vendra la mêche :
    “Les chefs d’entreprise français sont européens parce qu’ils ont compris que que la remise en ordre et la marchéi-sation de l’économie française se sont faites par l’Europe, grâce à l’Europe et à cause de l’Europe.”
    (dans “Le modèle français vu d’Europe”, Le Débat, mars-avril 2005)

    Ça se travestit en “think tanks” français:
    La fondation SAINT-SIMON, créée en 1982 pour “dépasser certaines pesanteurs du passé et en finir avec la diabolisation antérieure de toute culture de gouvernement, pour ouvrir intellectuellement un nouvel espace à la pensée réformatrice”, fut l’un des réservoirs qui alimentèrent nombre de groupes de réflexion destinés à préparer l’ajustement structurel de la France.
    Alain MINC fut le trésorier de la fondation. Jean PEYRELEVADE en constitua une recrue appréciée. Le président de la Société des lecteurs du Monde et lui ne manquaient pas d’amis dans les médias, ce qui leur permit d’injecter plus facilement dans les veines de la société leurs théories de la rationnalité.
    Claude BEBEAR, président du conseil de surveillance du principal groupe d’assurances au monde AXA, a quant à lui créé l’INSTITUT MONTAIGNE déjà cité, qui se présente effectivement comme un “laboratoire d’idées indépendant”, une indépendance qu’il décrira plus tard ainsi:
    “De deux choses l’une: soit vous êtes un élu, soit vous vous consacrez à l’animation d’un laboratoire d’idées pour alimenter les acteurs de la politique. »

    Ça se traduit en auto-congratulations entre patrons et présidents:
    En 2000, Denis KESSLER, président délégué du Medef, estime:
    ” L’europe est une machine à réformer la France malgré elle ”
    Cité in La Tribune, 4 Décembre 2000
    En 2003, Ernest-Antoine SEILLIERE, alors président du Medef, était fondé à exulter:
    ” La contrainte européenne joue à plein pour orienter notre pays dans le sens d’une certaine forme de réforme […] La contrainte européenne est installée dans la société française”
    (Europe 1, 27 aout 2003)
    “L’europe, se félicite Nicolas Sarkozy, c’est la plus formidable occasion de réveiller la France, de la faire bouger”
    (Discours du 12 Mai 2005, au Palais des Sports de Paris)

    Et ça continue avec Moscovici [sur ce blog]:
     » Pierre Moscovici appelle le PS à ne pas promettre la lune pour 2012… « ,
    et surtout Strauss-Kahn [Interview à France inter. Lundi 15 novembre 2010]:
    « DSK: C’est pour ca que je dis qu’on rentre dans une deuxième phase de la gouvernance mondiale plus compliquée, plus longue, ça va être plus dur. Il va y avoir des hauts et des bas. On va avancer parfois, parfois reculer. Ca va pas se faire en une nuit, construire cette gouvernance mondiale, dominer l’économie mondiale… »
    AVEC LA GOUVERNANCE MONDIALE, ON NOUS REFAIT LE COUP DE L’EUROPE, EN MIEUX !
    Comme le fait remarquer Elie Arié, auteur de l’article de Marianne
    (http://www.marianne2.fr/Face-a-l-austerite-liberaux-et-socialistes-se-confondent_a199777.html) référencé par Hadrien:
    « La distinction « libéraux / socialistes » n’a plus aucune signification…
    A titre d’exemple:

    – le Portugal (gouvernement socialiste, dans l’optique européenne Barroso)
    hausse de la TVA à 23%, baisse de 5% des salaires des fonctionnaires, gel des pensions, baisse des prestations de la sécurité sociale.

    – l’Espagne (gouvernement socialiste, montré en modèle par les libéraux avant la crise)
    les salaires des fonctionnaires baissent de 5% en 2010 et seront gelés en 2011, gel des prestations de la sécurité sociale (retraites et aides diverses), suppression de la prime de naissance de 2500 €, report de l’âge minimum de la retraite à 67 ans, hausse de la TVA de 16 à 18%, gel du recrutement dans la fonction publique et les hôpitaux, diminution des indemnités de licenciement.

    • Pour compléter ma référence à Elie Arié dans Marianne:

      « La distinction « libéraux / socialistes » n’a plus aucune signification… »

      elle était suivie de sa remarque assassine précédant l’énumération de pays:

      « Regretterons-nous Sarkozy après 2012 ? »

      C’est tout dire de la confiance qu’ont les français dans la perspective d’un gouvernement socialiste en 2012: Si c’est DSK, beaucoup rendront à Moscovici la politesse quant à sa position sur le texte d’Hamon: ABSTENTION !

    • Il fallait bien entendu lire dans mon post antécédant:
      « dans la perspective d’un président/gouvernement… »

    • Aprés « Et ça continue avec Moscovici…et surtout DSK ( Interview 15.11.10),
      j’aurais ajouté:
      … DSK qui fait l’âne pour avoir du son: « comment se fait-il que nulle part la gauche n’en ait tellement profité finalement et que les gouvernements de droite se fassent élire… »

  3. En revanche je dis merci à RMC car grâce à eux je vais pouvoir prendre connaissance de l’intégralité de l’interview téléchargeable au format mp3 (audio seulement mais ce qui m’intéresse, ce n’est pas la tête de Pierre Moscovici, bien qu’il soit beau et qu’il présente bien, mais ce qu’il dit)(au contraire des vidéos en flash qui marchent rarement sur mon ordinateur) :

    http://podcast.rmc.fr/channel38/20101117_invitebourdin_0.mp3

  4. Communiqué de Mélenchon après l’entretien télévisé de Nicolas Sarkozy:

    « Nicolas Sarkozy a cherché à cacher ses griffes, ce qui a donné un long bavardage souvent confus. Ainsi avons-nous appris qu’il a changé de gouvernement pour ne pas changer de politique et sans changer les principaux ministres pour garantir la stabilité. Comprenne qui pourra. Après quoi il est lamentable que chaque fois qu’il évoque un aspect antisocial de sa politique, il puisse se réclamer de Dominique Strauss-Kahn ou de l’exemple d’un gouvernement social-démocrate quelque part en Europe.
    Mais de fait la tradition des interventions du Président est respectée, un nouveau cadeau pour les riches est annoncé, avec la suppression de l’ISF et du bouclier fiscal : 3 milliards de ristournes pour les plus riches. La politique d’austérité et d’appauvrissement de l’Etat est confirmée : pas d’augmentation des recettes fiscales mais diminution des dépenses publiques. Du FMI « expressis verbis », comme dirait le Président. »

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