Réflexions sur les primaires

Les primaires socialistes prennent tournure. Samedi, Arnaud Montebourg a été le premier à annoncer sa candidature en vue de cette confrontation démocratique – renonçant ipso facto à son rôle d’organisateur de celle-ci. Aujourd’hui se tient la première réunion du Comité de préparation de cette échéance, sous la présidence de Martine Aubry – j’y participe. Les interrogations sur les primaires sont nombreuses, et pas exemptes d’inquiétude. Je veux livrer ici quelques réflexions pour contribuer à leur réussite, en répondant à plusieurs questions.

Fallait-il, tout d’abord, organiser des primaires, et le faut-il encore ? Beaucoup craignent la nouveauté du processus, l’irruption sur la scène politique d’un corps électoral différent, plus incertain, voire les manipulations par le camp adverse. Les expériences étrangères montrent que ces risques sont en vérité marginaux, et que l’effet positif d’élargissement de la base des soutiens l’emporte haut la main. Je suis persuadé, pour ma part, que la tenue de primaires ouvertes, susceptibles de mobiliser jusqu’à 4 millions de citoyens – l’estimation est optimiste – et en tout cas de multiplier le nombre de votants par 4 ou 5 au regard d’une désignation de parti, donne une force et une légitimité accrues à un candidat socialiste. Soyons par ailleurs conscients que les primaires sont filles de la nécessité. C’est l’incapacité dans laquelle nous nous sommes trouvés de définir un leadership à la fois consensuel et entraînant depuis la défaite de Lionel Jospin le 21 avril 2002, puis la dégradation de notre vivre-ensemble, dont le Congrès de Reims a été le triste paroxysme, qui nous ont conduits à envisager de faire trancher la question centrale de la candidature à l’élection suprême par un corps électoral plus large. Enfin, les militants socialistes ont largement ratifié cette innovation, qui sera une première pour la politique française et qui peut, si elle est maîtrisée, nous donner un avantage décisif, en montrant notre maturité démocratique. N’ayons donc pas peur des primaires – tout en étant conscients qu’à l’inverse leur échec se paierait cher et cash.

Pour moi, les primaires n’ont de sens que si elles se situent dans une proximité raisonnable de l’élection elle-même : leur effet d’entraînement doit perdurer jusqu’au jour du scrutin public

Le calendrier des primaires doit-il être modifié – en l’occurence avancé ? Je rappelle que le Parti socialiste, en juillet dernier, a choisi de lancer l’appel à candidature(s) en juin 2011, pour des primaires se tenant vraisemblablement au lendemain des élections sénatoriales, entre le début octobre et la mi-novembre 2011. J’ai pour ma part toujours plaidé pour ce calendrier, non pas en fonction de je ne sais quel intérêt personnel supposé, mais au regard des expériences étrangères, et d’abord du modèle de référence, celui des Etats-Unis. Pour moi, les primaires n’ont de sens que si elles se situent dans une proximité raisonnable de l’élection elle-même : leur effet d’entraînement doit perdurer jusqu’au jour du scrutin public. A défaut, la désignation par un parti, plus courte, plus encadrée, est sans doute préférable. Bref, calendrier long et primaires sont à mes yeux en réalité synonymes. D’autres arguments s’invitent aujourd’hui au débat, à commencer par la mise en marche du dispositif de la droite. Outre le fait que nous n’avons pas à calquer notre démarche et notre tempo sur Nicolas Sarkozy, je suis persuadé que notre situation est différente – la droite ne connaît pas les primaires. Ne nous cachons pas non plus derrière notre petit doigt : l’avancement du calendrier peut compliquer la donne d’un d’entre nous, qui n’est pas le plus mal placé – Dominique Strauss-Kahn. Il n’est pas souhaitable que notre échéancier soit construit uniquement pour lui, mais serait paradoxal qu’il soit bâti contre lui ou sans lui. Bref, si avancement il doit y avoir, il ne peut résulter que d’un accord entre les candidats éventuels eux-mêmes. Hors de cette hypothèse, mettons en oeuvre les règles votées par les socialistes, et travaillons plutôt, pour répondre aux questions de ceux qui aimeraient nous voir plus convaincants, plus cohérents, plus efficaces, à l’amélioration de la performance collective du Parti socialiste.

Comment conjurer la division et permettre le succès des primaires ? C’est en réalité la question centrale. Il n’y a pas de primaires qui vaillent sans pluralité de candidatures. Je ne crois pas, je n’ai jamais cru à des « primaires de confirmation ». En l’absence de leadership incontestable et incontesté de la famille socialiste, il est logique que les primaires voient la confrontation de sensibilités différentes, et générations différentes, et qu’elles soient le moment où le Parti socialiste finalise ses choix, tranche entre les options concurrentes qui lui sont proposées. Il est fondamental, en revanche, que la confrontation démocratique nécessaire, inévitable même, ne tourne pas à la cacophonie, aux règlements de compte, à la mise en scène de « petits meurtres entre amis », qui laisseraient au final le Parti impuissant et le candidat désigné exsangue. C’est pourquoi nous avons besoin de règles, d’équité, d’engagements de rassemblement.

Les règles ont été déjà en grande partie définies. Elles concernent d’abord le calendrier, dont j’ai parlé, et les parrainages nécessaires pour concourir aux primaires. Ceux-ci ont, me semble-t-il, été établis de façon pertinente : le seuil n’est ni trop haut – un suffrage censitaire eût alors été institué, à tort – ni trop bas – la sélection des candidats aurait dans ce cas perdu toute signification. Reste maintenant à construire les règles d’organisation des primaires. De ce point de vue, il n’y a pas de temps à perdre, si l’on veut que les primaires aient une forte audience : il faudra, en peu de temps, s’assurer de la mobilisation et de la préparation des fédération et des militants socialistes, qui joueront un rôle logistique et électoral considérable, établir les listes électorales, couvrir le territoire de bureaux de vote. Nous sommes encore dans les temps, mais pas en avance : il est l’heure de nous préparer.

Des primaires dignes de ce nom, et qui plus est socialistes, doivent compenser les inégalités de départ – on retrouve toujours « l’égalité réelle »… – et favoriser à tout le moins l’équité entre les candidats, si l’on souhaite que le système soit ouvert.

Il ne peut pas non plus y avoir de primaires réussies sans équité. La France n’a pas, et pour cause, de tradition politique en matière de primaires. Aux Etats-Unis, le succès d’ « outsiders » n’est pas rare, il est même très fréquent : les trois derniers présidents démocrates – Jimmy Carter, Bill Clinton, Barack Obama – n’étaient pas les favoris de l’appareil. La politique française a d’autres règles. Elle est beaucoup plus traditionnelle, elle accorde une large place à la notabilisation, à la notoriété construite au fil des décennies, quitte à figer les situations acquises et à perpétuer une offre politique quelque peu sclérosée. On peut déplorer cet état de fait, il n’en existe pas moins. Des primaires dignes de ce nom, et qui plus est socialistes, doivent compenser les inégalités de départ – on retrouve toujours « l’égalité réelle »… – et favoriser à tout le moins l’équité entre les candidats, si l’on souhaite que le système soit ouvert. Il faut donc, notamment, trouver une solution satisfaisante à la question cruciale du nerf de la guerre, de l’argent, et prévoir une dotation, octroyée par le Parti, permettant à tous les candidats, supposés « grands » ou postulés « petits », de défendre leur point de vue, de faire valoir leurs idées dans une égalité des conditions, sinon des chances.

Reste une dernière condition, essentielle à la réussite des primaires : la qualité du rassemblement. Je suis persuadé, pour ma part, que ce n’est pas la date, tardive, de la désignation de notre candidate en 2006 qui a fait perdre Ségolène Royal lors de la dernière présidentielle, mais bel et bien l’incapacité à rassembler les socialistes. Un Parti divisé au lendemain d’une désignation – quelles que soient les conditions – est en vérité condamné. Le rassemblement immédiatement et complet autour de celui ou celle d’entre nous qui sera désigné est donc plus qu’une nécessité, un impératif. Cette obligation est inhérente au système des primaires américaines – Barack Obama et Hillary Clinton se sont clairement opposés, ils se sont ensuite retrouvés et dirigent aujourd’hui ensemble le pays. C’est pourquoi l’idée d’une Charte éthique des primaires, préparant notre rassemblement, me convient.

Telles sont les conceptions que je défendrai au sein du Comité de préparation des primaires dans les prochains mois. J’ai été un des promoteurs de ce processus, je crois qu’il peut nous apporter beaucoup, mais je ne suis pas naïf : il est risqué et exigeant. Je vous rendrai compte ici, périodiquement, de l’avancée des travaux du Comité, et de l’évolution de mes réflexions. Vous pouvez aussi, cela va de soi, me transmettre les vôtres.

Photo: CC par ananyah.COM

19 réflexions au sujet de « Réflexions sur les primaires »

  1. Je ne vois pas ce que vient faire DSK dans des primaires socialistes? Il me semble que ce monsieur a accepté un mandat du FMI jusqu’à fin 2012 et a ainsi fait le choix du pognon contre celui des peuples. Il devra assumer.

    • Te fatigue pas, ta pouliche est hors-course.
      Et DSK EST LE BIENVENU, comme tout un(e) chacun(e)… même Ségolène :)
      De quoi as-tu peur?

  2. J’ai cru comprendre que DSK avait affirmé qu’il serait au FMI jusqu’à la fin de son mandat en 2012…

  3. Dans « Le Monde », AGLIETTA ET JOSPIN ACCOUCHENT D’UNE SOURIS:

    Aprés les déclarations de DSK au journal économique la Tribune du 19.11.10, qui concluaient (cf Hadrien 23 novembre 2010 à 17:31) :
    « aller vers un système qui utilise des instruments plus transparents au niveau européen, comme une TVA européenne, ou une taxation et tarification du carbone »,
    on trouve un étrange fac simile, beaucoup mieux enveloppé, dans le Monde daté du 23.11.10 , sous la plume de Michel Aglietta et Lionel Jospin, qui rappelle les meilleurs moments de la collaboration de ce dernier avec Strauss-Kahn lors des privatisations qui liquidèrent jusqu’à l’héritage du CNR de 1945.
    Sous le titre alléchant « Austérité: l’Europe à contresens », surtitré: « Et si l’UE empruntait une autre voie? « , s’étale un long article d’une pleine page pour nous introduire au saint des saints, de manière graduée:

    « L’Europe fait fausse route »
    « C’est la recession et non la politique de relance qui a creusé les déficits »
    « On se trouve devant une situation avérée d’insuffisance de la demande »
    « Nos politiques doivent être changées pour redresser la croissance »

    Parfait!…On apprend même que:
    « L’accroissement de la rémunération du travail est partout la clef du redressement de la croissance »,
    mais pour déchanter à la phrase qui suit:
     » Il est vrai qu’au niveau de chômage qui sévit en Europe, et notamment en France, il ne peut y avoir…des hausses significatives des salaires bruts »

    Alors quoi? Les auteurs mettent enfin un terme à notre impatience:
    « Deux types de ressources, l’une disponible , l’autre à crééer, sont envisageables pour mener des politiques ambitieuses à l’échelle de l’Europe. Ce sont la TVA et la fiscalité carbone. »
    « L’idéal serait un taux de TVA uniforme, sans doute à 19,6%. »
    [Comme ça, il n’y aura même plus de progressivité catégorielle de la TVA!]
    « Toutefois, la réforme fiscale la plus porteuse pour la croissance potentielle est la fiscaliteé carbone » [Le carburant est déjà notre produit le plus taxé mais, quand on ne peut pas le payer, comme disait Christine Lagarde, on peut se déplacer à vélo…]

    Et de conclure fièrement:
    « Donner à l’analyse économique de la nouvelle période une expression politique capable de rassembler pourrait être la tâche centrale d’une social-démocratie réformée. »

    C’est pas beau, ça ? Tenir le lecteur en Haleine tout au long d’une pleine page du Monde pour lui apprendre qu’en face de la « Grande Regression » de la mondialisation financière qui exploite l’humanité, s’étend sur la planète et ruine nos systèmes sociaux, on ne fera rien pour toucher à l’essentiel, mais…on pourrait bien augmenter les taxes qui ont l’avantage d’avoir pour chaque bien ou service le même montant pour les pauvres que pour les riches… C’est ca l’égalité réelle !
    Et merci à Jospin d’être sorti de sa retraite, pour être à nouveau d’accord avec Strauss-Kahn en nous annonçant une pareille nouvelle !

      • hé bien, vous deux, vous êtes à fond :)

        DSK est peut-être le grand méchant loup ou le pire des nuls, à vous entendre, mais en tous cas, vous passez votre temps à parler de lui, donc c’est bon signe ;)

    • Visiblement les sympathisants de gauche ne participent pas aux sondages du figaro (ce qui n’a rien d’étonnant finalement). 41% d’entre eux plebiscitent DSK comme candidat à la présidentielle.

  4. DSK L’EUROPEEN…NOUS ROULE DANS LA FARINE, dans la TRIBUNE du 19.11.10 :

    Dans le billet précédent, baillergeau avait bien raison d’attirer notre attention comme il l’a fait, le 23 novembre 2010 à 10:47 :
    Le PS et ses leaders « crédibles » pourraient prendre le temps de lire et de commenter ce que DSK a dit et qui a été rapporté par la Tribune du 19 courant.
    Nous avons même élargies ses citations, pour préserver la fidélité à l’original http://www.latribune.fr/actualites/economie/international/20101119trib000574546/le-plaidoyer-choc-de-dsk-pour-plus-d-europe-et-une-tva-commune.html

    SUR LES TRENTE CINQ HEURES:
    « Les citoyens [européens] ne sont pas à leur plein potentiel…Il y a un côté sombre. Le taux de chômage en Europe est chroniquement élevé, et le taux de l’emploi est toujours faible, surtout chez les femmes, les travailleurs âgés et les jeunes.  » juge DSK.
    [Conclusion: à bas les trente cinq heures, dont il récuse le parrainage qu’il refile à Martine Aubry. Normal: c’est elle l’énarque, sortie 5e de sa promo, alors qu’il a été recalé au concours d’entrée…]

    ” Réparer le secteur financier prend trop de temps, notamment car les gouvernants ne font pas suffisamment attention à la dimension européenne » du problème, a-t-il indiqué lors du congrès bancaire Euro Finance.
    [En clair: que les banquiers ne s’inquiètent pas; avec lui, l’Europe sera encore plus à leur botte.]

    TRAVAIL ET EMPLOI:

    Il exhorte par ailleurs au lancement « d’une initiative pour un marché du travail unique au niveau européen  »
    [de manière à attiser la concurrence entre l’ouvrier roumain et le demandeur d’emploi français, par exemple!].
    « Cela fait sens de miser sur l’immigration pour remédier aux pénuries de main d ‘oeuvre, comme cela a été fait en Amérique du Nord. Cela pourrait aussi rendre le modèle social plus durable. Aussi intéressant cela puisse paraître d’un point de vue politique de court terme, l’Europe ne peut pas résoudre ses problèmes en verrouillant ses portes »
    [Là, on étend le nivellement par le bas en appelant la concurrence du monde entier. Logique: la mondialisation, c’est délocaliser quand on peut, mais c’est aussi importer les bas salaires à domicile!]
    Lors de son intervention mardi dernier, le président français avait lui mis en avant qu' »on n’a pas maîtrisé les flux migratoires et accueilli sur notre territoire plus de gens que nous ne pouvions intégrer », précisant que  » Michel Rocard en son temps avait dit justement que  » la France ne peut pas accueillir toute la misère du monde ».
    On se rémemmore alors le mot d’Elie Arié « Aprés…(DSK), regretterons-nous Sarkozy? »

    PLUS DE POUVOIRS A LA COMMISSION

    Pour sortir l’Europe de la crise, DSK propose un modèle de gouvernance simple mais peu consensuel : donner plus de pouvoirs à la Commission européenne.
    « Quand l’ordre du jour est fixé par le centre, les choses avancent. Il suffit de penser au marché unique, ou à l’union monétaire. Mais quand l’ordre du jour est laissé aux Etats- nations [membres de l’UE, Ndlr], les choses traînent. Pensez aux réformes des marchés du travail et des services, notamment à travers l’agenda de Lisbonne. (…) Il est temps de changer de cap. Le centre doit prendre l’initiative dans tous les domaines clé pour assurer le destin commun de l’Union, notamment en matière de politique financière, économique et sociale. Les pays doivent être disposés à céder plus d’autorité au centre. Des mécanismes doivent être repensés pour inciter à réformer.  » a-t-il déclaré ce vendredi.
    [C’est vrai que les Etats-nations ont encore trop de pouvoir: ils peuvent encore organiser des referendums…il faut le leur interdire!]

    UNE AUTORITE BUDGETAIRE ET UNE TVA EUROPEENNES

    Et DSK de proposer  » la création d’une autorité budgétaire centralisée, aussi indépendante politiquement que la Banque centrale européenne (BCE). L’autorité fixerait les orientations budgétaires de chaque pays membre et allouerait les ressources provenant du budget central pour mieux atteindre le double objectif de stabilité et de croissance. »
    [C’est vrai qu’avec la BCE, on est déjà gâtés: verouillée par son « indépendance », elle maintien un euro fort anti-keynesien pour notre croissance, mais tellement agréable aux rentiers et aux banquiers!]
    [La tribune ajoute, malignement]:
    Et comme si ce programme…ne suffisait pas, DSK plaide pour une augmentation « ressources budgétaires allouées » à la Commission. Il faut « aller au-delà de l’actuel budget de l’UE, strictement limité par le traité, pour aller vers un système qui utilise des instruments plus transparents au niveau européen, comme une TVA européenne, ou une taxation et tarification du carbone ».
    [Il est vrai que notre TVA, légèrement inférieure à la moyenne européenne, avait besoin d’être augmentée pour peser encore un peu plus sur les faibles revenus. De même pour la taxation carbone. Rappelons que les taxes, contrairement aux impôts sur le revenu, ne sont ni progressives, ni même proportionnelles, mais constantes: la même pour DSK que pour le chômeur. C’est génial !]

  5. Vos reflexions me rassurent.
    Les primaires sont effectivement filles de la necessité, et ont déjà apporté beaucoup, j’ai milité pour elle sur l’ancien blog, car je ne voyais pas d’autre issue pour que le PS sorte de cette interminable guerre larvée pour la candidature à la présidentielle, guerre larvée qui durait depuis le lendemain de 21 avril 2002 en effet. Les primaires ont permis au PS d’éviter cette guerre larvée puisqu’y sera décidée la candidature, ce qui permet au PS de mettre en veilleuse ses dissensions et de travailler, même si il y à encore pas mal de pain sur la planche (sur le fond mais aussi dans la communication, le PS a un bon projet sur les retraites mais n’a pas été assez audible, il faut notamment plus de cohésion et de pugnacité dans le discours, et ne pas laisser les sarkozystes enbobiner les gens et mentir avec un aplomb sidérant). Donc oui les primaires ont été une bonne chose, reste à les réussir, et là je trouve que M. Moscovici propose une bonne voie pour cette réussite. Les deux questions essentielles pour la réussite des primaires sont en effet : comment bien les organiser pour qu’il n’y ait ni contestation ni confusion, ni cafouillage, qu’il y ait une organisation solide, de la transparence et aucun soupçon de triche (s’il y en a ce serait désastreux !!), et que tous ceux qui veulent voter le puisse dans de bonnes conditions.
    La deuxième question, c’est bien le rassemblement, il est en effet impératif que les candidats « vaincus » et leurs équipes se rassemblent derrière le (la) candidat(e) vainqueur pour le soutenir pleinement, et ce dès le lendemain de la désignation. La charte éthique des primaires est une très bonne idée, il faut aussi que tous les candidats aient un vrai sens des responsbilités, pour ne pas se rendre en partie responsables, justement, d’une réelection de Sarkozy qui serait un désastre pour la France (le prolongement pour 5 ans du désastre actuel pour être précis, avec aggravations des problèmes etc etc… je préfère ne pas imaginer).
    Bon courage M. Moscovici

  6. PIERROT-LES-GROS-SABOTS :

    « Pour moi, les primaires n’ont de sens que si elles se situent dans une proximité raisonnable de l’élection elle-même »…de manière à faire une place à l’homme de Washington.

    « Des primaires dignes de ce nom, et qui plus est socialistes, doivent compenser les inégalités de départ…entre les candidats, si l’on souhaite que le système soit ouvert. » Il devrait même être ouvert au point de rendre la confrontation un vrai bordel…qui rendra l’arrivée de DSK d’autant plus salutaire.

    « Je suis persuadé, pour ma part, que ce n’est pas la date, tardive, de la désignation de notre candidate en 2006 qui a fait perdre Ségolène Royal lors de la dernière présidentielle ». L’idéal serait même d’attendre la fin du mandat FMI de DSK…qui pourrait ainsi devenir le nouveau premier ministre de Sarkozy en 2013.

    Pierrot-le-guerillero a dû être brieffé, pour avoir autant d’idées !

    • Arrêtez de faire une fixette sur DSK, on va finir par croire que vous ne pensez plus qu’à lui ;)

  7. Article intéressant.

    Difficile de dire si cela se passera comme en Italie, avec un Romano Prodi déjà gagnant par avance, une confirmation, ou bien comme aux Etats-Unis, avec des primaires extrêmement agressives mais une capacité étonnante à se rassembler à la fin.

    Moi aussi, je reste convaincu que nous avons perdu en 2007 car nous n’avons pas su nous rassembler après les primaires. Faute à tout le monde : faute aux perdants qui n’ont pas su ou pas assez voulu accepter AUSSITOT le résultat des primaires, et faute à la gagnante qui n’a pas su ou pas assez voulu AUSSITOT rassembler tout le monde.

    Pour les primaires de confirmation, ça ne se décrète pas. Si un ou une candidat(e) est largement devant avant les primaires, et que cela ne change pas jusqu’au résultat final, cela aura été des primaires de confirmation, qu’on le veuille ou non. Mais cela ne se décrète pas, ce ne serait qu’un résultat in fine.

    Pour le calendrier, je pense aussi qu’on aurait tort de vouloir exposer officiellement notre candidat(e) un an à l’avance. 6 mois de campagne rude, ce sera largement suffisant. Mais ça n’empêche pas les candidats potentiels de faire valoir leurs idées avant et de se préparer avant.

  8. Cher Pierre,

    J’ai lu avec beaucoup d’attention ton article sur les primaires et leur organisation.

    Je suis d’accord avec toi sur la nécessité du rassemblement, de l’équité entre les candidats dans la campagne des primaires et sur la fixation de règles de bonne conduite entre les candidats.

    Néanmoins, je reste plus que très sceptique sur l’idée de « primaires ouvertes ». En effet, je ne vois pas comment on peut éviter le danger que représente l’entrisme par rapport au déroulement de ce vote. De plus, contrairement aux Etats-Unis d’Amérique, ce système n’est pas bien rodé en France: les primaires de 2007 ayant abouti à la désignation de notre camarade Ségolène ROYAL l’ont malheureusement prouvé.

    Amitiés socialistes

    François DUBRULLE

    • Les primaires de 2007 n’étaient pas des primaires ouvertes justement, sans même penser aux autres arguments qui étaient déjà valables, il me parait suicidaire que le PS ait un désignement interne quand on sait les accusations de tricherie qui ont entachés le congrès de Reims.

      • Je suis pas au PS hein je précise, donc je prêche aussi pour ma paroisse, souhaitant venir voter aux primaires.
        Pour l’entrisme, le phénomène sera marginal, que des gens de « la gauche de la gauche » se sentent concernés et vienne voter ou bien des centristes, voire même de centre droit puisse avoir envie de venir voter car ça les intéresse et qu’ils ne veulent plus de sarko ou quoi, ça bien sûr c’est possible et je ne vois pas trop le problème c’est le principe des primaires ouvertes, par contre je vois mal des masses de « soldats » UMP camouflés en sympathisant socialistes venir voter pour le plus mauvais. Faire déplacer tant de gens pour une telle mascarade face aux nombre de votants me parait quasi improbable, et je suis donc d’accord avec M. Moscovici quand il dit que ces risques sont marginaux.

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