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Le Parti socialiste doit se donner tous les moyens pour remporter la prochaine élection présidentielle. Les Français perçoivent au quotidien les défaillances du pouvoir actuel et paient l’addition de l’échec économique et social de l’action gouvernementale. Nous sommes donc très attendus. Mais il faut constater avec réalisme que nos concitoyens ne nous font pas encore confiance pour gouverner le pays : trop nombreux sont ceux qui pensent que nous ne ferions pas mieux au pouvoir que la droite. Nous devons entendre ce message, autant que les encouragements qui se manifestent. Dans les six mois qui viennent, il nous faut donc travailler et travailler encore pour fixer les grandes lignes de notre projet, déterminer nos priorités puis exposer par quels moyens nous pensons pouvoir les mettre en œuvre et les financer.
Dans ce contexte, le texte qui nous est proposé par Benoit Hamon ne nous convainc pas à ce stade.
Il rassemble, il est vrai, un certain nombre d’éléments convaincants, une analyse juste et de bonnes idées. Nous ne pouvons que souscrire à certaines propositions : ce texte rappelle utilement l’objectif de transformation sociale qui est le nôtre, et se montre à juste titre volontaire sur nombre de thèmes, de l’école à l’égalité homme-femme en passant par les discriminations. Dans les derniers jours précédant le Conseil national, certaines améliorations ont été apportées, notamment dans l’introduction, concernant particulièrement la définition même de l’égalité réelle et la nécessaire prise en compte du temps de la mise en œuvre de ces propositions. Il bute cependant sur trois écueils :
- Celui de la méthode, d’abord : le temps de la réflexion, de la discussion collective, de la négociation entre sensibilités n’a pas été suffisant.
- Celui de la crédibilité, ensuite : nos priorités doivent être claires et hiérarchisées, les Français doivent connaitre la base sur laquelle ils s’engageront en 2012 en votant pour le parti socialiste.
- Celui de la ligne directrice, enfin : il s’appuie sur une vision trop étatiste, prenant insuffisamment en compte tout l’apport de la démocratie sociale, de la société civile, mais également des collectivités territoriales dans la lutte contre les inégalités.
Un effort de réécriture conséquent est donc indispensable. Il est d’autant plus impératif que l’on aurait tort de sous-estimer l’intelligence de nos concitoyens et leur compréhension de la gravité de la situation que la France traverse. Depuis que l’UMP est au pouvoir, la dette publique a augmenté de 27 000 euros par ménage. Chaque Français comprend ce que représente cet argent, pour son ménage comme pour notre pays : c’est l’obligation d’être désormais sélectifs dans nos dépenses et efficaces dans nos investissements.
Ce travail s’impose également pour que nous expliquions ce qu’est notre conception de la réduction des inégalités, comment elle s’inscrit dans la société contemporaine, si différente de celle des Trente glorieuses. Force est de constater que le texte tend à empiler les propositions sans donner la direction. Sur ce sujet, nous appelons à un aggiornamento de notre rapport à la puissance publique et à l’individu.
Toute notre réflexion collective doit donc être tournée vers l’objectif de bâtir un projet à la fois ambitieux et crédible. Si nous voulons y parvenir, il ne faudra à aucune étape confondre rapidité et précipitation. Nous avons une conviction forte : les Français ne nous feront pas un chèque en blanc et nous devrons mériter leur confiance. L’alternance ne sera pas automatique et un président sortant est toujours difficile à battre. Nicolas Sarkozy n’échappera pas à la règle. C’est un mauvais président, mais il peut encore être un bon candidat.





