Convention sur l’égalité réelle: Discours de Pierre Moscovici

Chère Martine, cher Benoit, chers camarades,

Nous sommes aujourd’hui réunis autour d’un thème qui nous est cher, à nous socialistes. Cher, parce que, derrière ce terme d’égalité se trame l’histoire de la lutte historique de la gauche contre les inégalités. Cher, parce que cette lutte n’est jamais terminée, et qu’elle trouve aujourd’hui, sous la présidence de Nicolas Sarkozy, tout son sens. Cher enfin, comme l’ont montré les innombrables amendements déposés par les militants dans les fédérations, ce qui prouve à quel point ce thème reste au cœur de l’ADN de chaque militant socialiste.

Ne soyons – mes chers camarades – surtout pas effrayés de cette masse d’amendements : ils prouvent la vitalité de notre parti et l’engagement des forces qui le composent. Je me réjouis de ce débat ! Nous avons toujours été le parti des textes, celui des idées et nous continuerons à l’être. Peu d’autres formations politiques peuvent se vanter d’un tel processus de réflexion et de débat, sur des questions aussi profondes. N’écoutons donc pas ceux qui crient à la chienlit et à la division, ceux-là même qui raillaient hier un parti socialiste moribond, incapable de produire des idées nouvelles.

C’est dans le cadre de ce débat de fond que j’avais estimé, lors de la présentation de la première version du texte au conseil national, que la vision qui nous était proposé ne correspondait pas à une approche moderne de la lutte contre les inégalités. En conséquence, j’avais – comme vous le savez – souhaité m’abstenir sur ce premier texte, suivi en cela par un nombre significatif d’amis politiques. C’est à cette occasion que nous avons cosigné un texte, que beaucoup d’entre vous ont probablement lu, dessinant ce que devait à nos yeux être les piliers du combat pour l’égalité réelle.

Je veux ici m’arrêter avec vous quelques instants sur ces remarques, à la fois pour rappeler ce qui a motivé notre abstention, mais également pour saluer les avancées qui ont depuis été possibles.

Avant de développer ces quelques arguments, je veux en quelques mots parer aux faux procès que j’ai pu lire ça et là. N’ayons pas peur, je l’ai dit, de faire vivre les idées. Si j’ai souhaité que nous produisions un texte argumenté, c’est bien que c’est sur ce terrain que nous avons voulu porter le débat, et non sur une question de personnes.

Nous avions émis des réserves de trois ordres sur le texte proposé au Conseil national : sur la méthode, sur la crédibilité, sur la ligne directrice.

Sur la méthode

J’ai moi-même assuré la coordination d’une Convention nationale, sur le nouveau modèle de développement économique, social et écologique. Je connais donc la difficulté de l’exercice, et je veux saluer Benoît et tous les camarades, qui ont produit pour celle-ci un gros travail, consistant et dense.

Disons le franchement, toutefois, la concertation préalable et indispensable à l’élaboration d’une bonne synthèse n’a pas été menée avec suffisamment d’énergie et de soin en amont de cette convention. J’ai lu, ici ou là, que ceux qui se sont abstenus lors du Conseil national avaient émis un vote  tactique ou de posture. Je n’accepte pas cela. Il est toujours plus confortable d’être dans la majorité du parti que dans ses marges, et j’ai assez montré mon attachement à l’unité des socialistes. Et si nous avions voulu nous distinguer à tout prix, il aurait été plus simple, plus rapide, de se contenter d’une opposition stérile ! Cela n’a pas été notre choix. Il ne s’agit donc là, ni de l’affirmation d’un positionnement électoral, ni de l’émergence de je-ne-sais-quelle droite du parti. Sommes-nous donc si peu sûr de nos forces que nous devions choisir d’étouffer toutes les divergences au nom d’un unanimisme de façade ? Je ne l’espère pas, pour tout dire ce serait une grave erreur.

Je l’ai dit et je le redis ici : n’ayons pas peur du débat, et j’irai même plus loin, n’ayons pas peur de trancher certaines questions par le vote. Les Français nous sauront gré de la franchise et de la clarté. Dans le cas contraire, ils nous reprocheront les compromis bancals et continueront de douter de notre crédibilité. Je pense ici notamment à la convention des conventions qui se tiendra le 28 mai, et qui doit dessiner ce que sera notre projet. Je souhaite que les débats s’ouvrent, et s’animent davantage. C’est à mon sens, à notre sens, une condition indispensable à notre réussite et à notre crédibilité.

Sur la crédibilité, justement

Il faut rappeler, chers amis, que lorsque cette idée d’égalité réelle a été réintroduite par Dominique Strauss-Kahn, en 2004, ce fut justement parce que le concept-même d’égalité ne se suffisait plus à lui-même – en tout cas dans son côté formel, législatif : 221 ans se sont écoulés depuis la Révolution française et l’égalité, si souvent promise, reste un horizon lointain. « Un droit inégal pour un travail inégal », nous disait Marx.

221 ans, chers amis ! Soyons donc fiers de nos luttes mais également humbles ! Les inégalités sont puissantes et nombreuses, et si notre horizon ne change pas, ne promettons  pas non plus un « grand soir de l’égalité » qui serait démenti dans la foulée. Les promesses enflammées de lendemains qui chantent sont souvent suivies de matinées de déception.

C’est cette exigence de vérité, qui nous a conduit à émettre des réserves sur certaines des propositions émises par le texte – sur la petite enfance, la scolarité jusqu’à 18 ans, l’enseignement supérieur,… dont je note qu’elles ont pour une grande partie été entendues. Ne nous méprenons pas : la grande majorité des propositions contenues dans le projet de texte étaient souhaitables. Mais, hors de toute contrainte, l’exercice est aisé. Or, nous avons trop souvent dénoncé les effets d’annonce de Nicolas Sarkozy pour courir à notre tour ce risque d’un catalogue de promesse que nous aurions du mal à tenir.

Le réalisme n’est pas un renoncement au progrès : il en est la condition. Surtout, il est un ingrédient indispensable d’une crédibilité dont il faut bien dire, chers camarades, qu’elle nous échappe encore : trop nombreux sont ceux qui pensent que nous ne ferions pas mieux que la droite. Nous devons entendre ce message, autant que les encouragements qui nous parviennent. Méfions-nous des promesses illusoires, nous éviterons ainsi les pauses brutales et les grands reniements. A l’inverse, donnons une vision précise, moderne de notre combat contre les inégalités.

Concentrer les moyens

Dans un contexte budgétaire contraint, nous avons d’abord proposé que notre action de réduction des inégalités se concentre sur ceux qui en ont le plus besoin. Je rappelle que c’est cela, le moyen vers l’égalité réelle que proposait Dominique Strauss-Kahn en 2004. Je pense ici – notamment – aux 6 millions d’habitants qui habitent dans les quartiers dits « sensibles » : un habitant sur trois et un mineur sur deux y vivent en-dessous du seuil de pauvreté. Il faut inverser la dynamique, et poser ici des objectifs ambitieux. L’égalité réelle des chances passe par une équité des moyens : investissements massifs dans les infrastructures et les services publics, exonérations de cotisations sociales ciblées sur les habitants de ces quartiers, péréquation nationale sur le modèle du Fonds régional de solidarité de la région Ile-de-France, vision interministérielle des politiques menées, … les solutions sont là, précises, budgétées. Elles attendent que nous leur donnions l’impulsion nécessaire. Elles attendent aussi le pilotage adéquat. Celui-ci devra se faire avec nos élus, avec tous ceux qui sont chaque jour sur le terrain à constater et combattre les inégalités.

Je veux ici noter avec satisfaction que notre voie, et nos positions, ont été entendues, tant sur les questions de la péréquation, de la rénovation que de l’emploi en banlieue.

Quelle vision ?

Quelle est enfin – au-delà des priorités – notre vision de la société aujourd’hui ? Quelles conséquences tirons-nous des évolutions sociétales que nous avons nous-mêmes voulues : égalité hommes-femmes, droits de l’enfant, droits des homosexuels… et qui aujourd’hui, dessinent une société très différente de celle d’hier ?

Il nous a paru – il nous parait encore – que sur ce point un travail énorme restait à faire. Ne croyons pas – chers amis – que ces évolutions sont sans conséquences. Ne croyons pas qu’au-delà de la question budgétaire, il suffirait aujourd’hui de revenir au compromis et aux politiques des années 60-70 pour imposer une vision juste et actuelle de la lutte contre les inégalités. L’approfondissement et le durcissement des sécurités existantes ne protègeront pas la population des risques nouveaux qu’elle rencontre. Ils ne satisferont pas les aspirations et les valeurs de ces fameuses classes moyennes dont il faut rappeler que la liberté arrive aujourd’hui en tête.

Proposons donc une nouvelle voie, dessinons de nouvelles frontières. Reconsidérons enfin la place et la valeur des individus, dont il faut reconnaitre, avec le sociologue François de Singly, que nous tendons à les laisser « aux sirènes du libéralisme capitalistique et politique, (…) oubliant que l’individualisme a deux faces : celle de l’individu, pris dans les tenailles du marché mondial ; celle de l’individu, libre de choisir ses proches, ses appartenances, de les rompre ».

Cette nouvelle donne doit être celle d’une politique qui pose comme objectif l’émancipation de chacun par la maîtrise de son destin individuel. Elle passera par des politiques plus individualisées, mais aussi par l’autonomie des acteurs – sociétaux, institutionnels – plus proches, plus décentralisés.

Cette nouvelle dynamique doit particulièrement nous conduire à refonder en profondeur notre système scolaire. Elle doit nous conduire à refuser que chaque année 160 000 enfants sortent du système sans qualification. Elle doit garantir à chaque élève l’acquisition d’un socle de compétences nécessaires à son autonomie future. Les tests internationaux PISA ont montré cette semaine encore que les systèmes qui conjuguaient le plus faible taux d’inégalité et le meilleur niveau général s’appuyaient sur une école unique à la pédagogie renouvelée. C’est cette voie – qui suppose que soient mis en place dès le plus jeune âge des temps de travail individuels importants, pris sur le temps scolaire commun – qui doit nous servir de guide. A ce titre, et même si nous aurons l’occasion d’en débattre cet après-midi, je veux ici souligner que le texte qui nous est proposé me semble constituer une base solide sur la quelle avancer.

Une telle ambition doit aussi nous conduire à avancer concrètement vers un marché du travail refondé. Sans la sécurité sociale professionnelle, sans une formation professionnelle adaptée, nous serons condamnés à des replâtrages successifs, à des solutions qui ne règlent rien. Chacun, chaque Français doit être capable de s’adapter aux changements imposés par l’innovation technologique et la mondialisation. Une mobilité professionnelle forte oui, mais sécurisée par une protection sociale forte et des périodes de formation rémunérée longues et ciblées : voilà ce que nous devons proposer.

Cette nouvelle donne pose enfin la question de notre rapport aux autres acteurs de la société civile. Jamais, mes amis, les Français n’ont été si conscients de la crise sociale que notre pays traverse. Jamais, ils n’ont été aussi démunis pour y répondre. Tout est aujourd’hui dans la main des états et des institutions internationales, si lointains et si impersonnels. Comment dès lors s’étonner de la crise démocratique que nous traversons. Nous devons y remédier, définir un nouveau compromis social. Parlons d’ « empowerment » à la française, puisque le Président Obama a mis ce mot au goût du jour ! Développons la démocratie sociale, redonnons aux salariés la capacité d’influer sur les décisions de leur entreprise ! Reposons la question de la place des associations dans la société, de leur rapport avec l’Etat ! Avançons, enfin, vers une décentralisation plus poussée. L’Etat ne peut peut-être pas tout, mais il ne peut certainement pas grand-chose sans des citoyens impliqués. Il faut redonner de la marge de manœuvre aux individus, il faut redonner de la voix aux collectifs. Je constate d’ailleurs que le texte a su intégrer des éléments en ce sens, et je veux dire ma satisfaction.

Ces remarques étant faites, que dire du texte qui nous est soumis aujourd’hui ?

D’abord, qu’il a évolué, c’est certain. Cela avait déjà été le cas – avant le Conseil national – de la partie introductive. Je pense aux passages sur les collectivités territoriales, sur la démocratie sociale, sur le partenariat avec le monde associatif… Ces changements, nous l’avions dit à l’époque, étaient intéressants mais trop homéopathiques. Nous nous étions donc abstenus.

Je me réjouis aujourd’hui des avancées qui se sont faites jour, et de la contribution que nous avons pu apporter au texte. C’était l’esprit constructif dans lequel nous avions rédigé nos remarques. Je me réjouis notamment de la nouvelle partie sur la démocratie sociale et l’entreprise, mais également des nombreux amendements apportés qui renforcent la crédibilité du texte et lui donnent une ligne nouvelle : sur l’accueil de la petite enfance, sur le droit à la formation pour ceux qui sortent prématurément du système scolaire, sur la péréquation, sur les emplois francs, sur la loi SRU… Je tiens également à souligner les nombreux amendements qui rappellent l’importance de la gouvernance locale et donc de la décentralisation.

Qu’on me comprenne bien: je garde, sur notre processus de travail collectif comme sur le texte qui est soumis à notre vote, des interrogations, et pour tout dire des réserves. L’orientation générale demeure selon moi, selon nous, encore insatisfaisante, encore trop centralisée, elle ne trouve pas encore le point d’équilibre entre l’Etat et la société, entre le collectif et l’individuel. Nous avons ajouté des éléments, mais le sentiment de juxtaposition de politiques sectorielles est toujours présent. Je pense toujours que la hiérarchisation de nos propositions, ainsi qu’une articulation plus sélective de celles-ci, restent à faire.

Il me semble donc qu’il faut ici prendre ce texte tel que tu l’as décrit, mon cher Benoit : comme une boite à outil. Les outils sont meilleurs aujourd’hui qu’hier : tant mieux ! Nous reconnaissons là les efforts fournis pour améliorer la qualité de notre synthèse collective. Mais il nous reste beaucoup à faire pour fabriquer, ensemble, le produit fini, une offre politique et programmatique convaincante.

C’est pourquoi j’appelle à ce que le choix se fasse – réellement cette fois – lors de la prochaine convention des conventions. Je souhaite que celle-ci soit préparée – mais je sais que c’est l’intention de Martine Aubry – dans des conditions plus satisfaisantes sur la forme, et que nous opérions alors les choix que nous n’avons pas effectués aujourd’hui. En attendant, parce que la discussion menée depuis le Conseil national n’a pas été infructueuse ni vaine, et parce que je souhaite que le Parti puisse se retrouver, je voterai, avec mes amis qui se sont abstenus lors du Conseil national,  pour ce texte. Parce qu’il a été modifié.

Je vous remercie.

CC photo : edmundv

19 réflexions au sujet de « Convention sur l’égalité réelle: Discours de Pierre Moscovici »

  1. 25ans que je votais socialiste et à present pour qui vaisje voter?
    Le maire de pantin socialiste m’a tendu un piège et, à voulu faire de moi une résistante de la société. Et pourquoi? J’apelle au secours et aucun son et pas d’images. Voter pour défendre quoi? Votre personnalité?

  2. Encore un élément à l’intention d’Hadrien:
    HANS-OLAF HENKEL REJOINT FREDERIC LORDON

    http://www.marianne2.fr/Comment-les-Allemands-deviennent-eurosceptiques_a200596.html
    En résumé, la question de l’euro et de sa survie est clairement posée en Allemagne. Hans-Olaf Henkel, ancien patron des patrons, et europhile convaincu, prêche désormais pour l’éclatement de la zone euro et l’émergence de deux euros, un pour le Nord, un pour le Sud. Ce sentiment grandit outre-Rhin…
    Hans-Olaf Henkel s’est dernièrement illustré par ses propos décapants sur la monnaie unique…
    Sa thèse ? La solution à la crise européenne passe par la fin de la monnaie unique. Du moins sous sa forme actuelle, puisque y est prônée la séparation la zone euro en deux devises : une pour les pays du Nord, incluant l’Allemagne, l’Autriche, les Pays-bas, et la Finlande et une autre pour les pays du Sud, dont la France.
    Un récent sondage mesure ce mécontentement grandissant: 36 % des Allemands se déclarent favorables au retour du D-mark, tandis qu’ils sont 57 % a dire regretter sa disparition au profit de l’euro.

    http://blog.mondediplo.net/2010-03-29-Ce-n-est-pas-la-Grece-qu-il-faut-exclure-c-est-l
    Rappelons que Frédéric Lordon évoquait une solution originale qui peut être apportée à la sortie de l’Euro, si l’on inverse le dilemme habituel :
    Partout, on clame que tout retour en arrière est impossible car les dettes des pays en difficulté, qui sortiraient de l’euro, s’en trouveraient aggravées d’autant dans leur monnaie dévaluée retrouvée.
    En revanche, la sortie de l’Allemagne retrouvant sa monnaie forte, forcément réévaluée par les marchés face à une zone restant avec un euro dévalué d’autant, aurait tous les avantages :
    – les pays en difficulté verraient leurs dettes rester constantes car libellées en euros.
    – l’Allemagne (et peut-être avec elle sa petite soeur l’Autriche) verrait les siennes allégées dans sa propre monnaie.

  3. En revanche, la chose n’a pas échappé à cet autre grand visionnaire :

    BLOG « LA REFONDATION DU CAPITALISME » (Jean Peyrelevade)
    DERNIER BILLET: Pourquoi il faut augmenter la TVA
    Sous-titre: Pour l’économiste (-banquier), une hausse de cet impôt sur la consommation est indispensable..

    Répondant à La Nouvelle Revue dans un interview exclusif, Jean Peyrelevade, vice-président de la Banca Leonardo a développé la thèse qui lui tient à coeur:

    NR: On vous attribue d’avoir récemment jugé l’imposition du capital comme étant une idée simpliste, même si vous le dites moins ouvertement sur votre blog, et vous avez plutôt évoqué…
    JP: L’augmentation de la TVA !

    NR: Certes, nous l’avions tous compris, mais la question que je voulais vous poser…
    JP: Sur l’augmentation de la TVA ?

    NR: Non, non, pas à ce stade… Il s’agit de la controverse sur la récente initiative du footballeur Cantona. Croyez-vous que le gouvernement aurait pu l’éviter par des mesures en temps utile, à l’endroit des banques?
    JP: Sans aucun doute…en augmentant la TVA !

    NR: Bien, passons donc à l’international où le président Obama semble perdre peu à peu le soutien de ses troupes démocrates. Comment voyez-vous la situation ?
    JP: Trés clairement, il faut qu’il augmente la TVA !

    NR: Et, toujours sur ce registre international, que pensez-vous de la décolonisation des territoires occupés dans le conflit israelo-palestinien ?
    JP: Ils n’y arriveront pas sans augmenter la TVA !

    NR: Revenons à présent vers une question plus européenne, celle de l’Irlande où DSK a fort à faire avec la situation. Que lui conseilleriez-vous ?
    JP: D’en profiter pour augmenter la TVA !

    NR: Et, concernant son éventuelle candidature pour 2012, ses récentes déclarations vous font-elle entrevoir un programme ?
    JP: Mais…il l’a dit lui-même, c’est l’augmentation de la TVA !

    NR: Dernière question, M. Peyrelevade, d’ordre plus ludique: que faut-il, pour faire avancer le chmilblik ?
    JP: Facile, il faut augmenter la TVA !

  4. L’ÉGALITÉ RÉELLE…DEVANT IMPÔTS, TAXES ET PRIVATISATIONS

    Extrait de:
    http://www.marianne2.fr/Face-a-la-crise-une-seule-solution-l-imposition-mondiale-_a200588.html

    Tremblez pauvres gens, il nous prépare… une réforme fiscale, dont le principe porte déjà en germe tous les ingrédients de la saloperie sarkozyste : il s’agit de remplacer l’ISF, celui qui devrait être payé par les plus riches, par un ou plusieurs autres, qui seront forcément payés d’une manière ou d’une autre par des moins riches.
    Le principe de l’impôt est pourtant simple à comprendre. Il s’agit d’une forme de solidarité…La manière dont cette solidarité s’exerce est même un moyen infaillible de distinguer une politique économique de droite d’une politique économique de gauche.

    Le maintien d’impôts élevés et progressifs, avec effet couperet confiscatoire quand les montants dépassent les limites de la décence…est une condition indispensable à la justice sociale.
    Or depuis les années 80, c’est exactement le contraire qui se produit ! Une vague libérale d’ampleur mondiale submerge la planète : une transe frénétique qui semble inarrêtable. Il faut baisser les impôts. Ceux des entreprises d’abord, et ceux des riches particuliers. Sinon c’est pas bien, ça plombe l’économie. Et les entreprises, comme les riches, quittent le pays et vont voir ailleurs, laissant derrière eux la misère. Enfin, ce n’est pas forcément la réalité, c’est l’argumentaire. Et ça marche !
    [http://www.latribune.fr/actualites/economie/international/20101119trib000574546/le-plaidoyer-choc-de-dsk-pour-plus-d-europe-et-une-tva-commune.html]
    Nul doute que lorsque DSK aura remplacé Sarkozy, sa première mesure sera l’augmentation de la TVA, accolée à l’épithète « sociale » pour mieux faire passer la pilule…qui est justement la plus injuste, celle qui frappe le plus durement les pauvres !
    Avez-vous remarqué que les plus acharnés à repousser l’âge de départ en retraite sont ceux qui y sont déjà ? Il est de même assez curieux de constater que ceux qui revendiquent le plus bruyamment une « baisse des impôts » sont ceux qui en paieront le moins, et que ceux qui applaudissent le plus fort à la baisse des « droits de succession » sont ceux qui n’en paieront jamais.
    [Ils] jouent sur cette anomalie quand ils déclarent qu’« au terme d’une vie de labeur, il est indispensable de laisser un petit pécule à ses enfants sans que l’État n’en ponctionne une partie »…
    [ Au fait, doit-on rappeler ici le titre de la thèse doctorale de DSK : « Economie de la famille et accumulation patrimoniale » ? ]
    Ce faisant, ils mélangent allègrement l’héritage de quelques milliers d’euros qui permettront à peine de payer les factures salées du croquemort, du notaire et du curé (héritage qui n’a évidemment jamais été taxé), et un héritage de richissime entrepreneur qui permettra à ses héritiers, même nuls, de se dorer la pilule toute leur vie aux frais des clampins de base, qui devront par ailleurs payer tous leurs médicaments, payer pour leurs services ex-publics et désormais assurés par les sociétés privées…
    [ Au fait, là encore, qui a le plus privatisé: Chirac, Balladur, Juppé, où Jospin/Strauss-Kahn ?
    Jospin/Strauss-Kahn firent plus de privatisations que Chirac, Balladur et Juppé réunis, en dix ans, liquidant ainsi totalement l’héritage 1945 + 1981.
    Au total, prés de 31 milliards d’Euros de cession d’actifs:
    Le Crédit Lyonnais, Le GAN, Le CIC, L’UIC, CNP Assurance, La Société Marseillaise de Crédit, DASSAULT, l’AEROSPATIALE, THOMSON-CSF, THOMSON Multimedia, EADS, ASF, TDF, La SFP, Les Autoroutes du Sud de la France, FRANCE TELECOM et AIR FRANCE
    Parmi toutes les cessions, figuraient les poids lourds du secteur financier dont le seul profit engrangé dépasse annuellement les 30 milliards, et dont le maintien étatisé nous aurait évité la crise ! ]

  5. Après s’être abstenu, Pierre Moscovici approuve le texte mais émet des réserves sur son élaboration et sur sa teneur. Des réserves fondamentales que je partage, ce qui m’a amené à voter contre en section.
    Je pense que son « approbation » est un tribut payé à l’amélioration du climat du parti (merci Martine !).
    Il aura eu raison si nous aboutissons in fine à des propositions concentrées, hiérarchisées, échelonnées, évaluées et budgétées ou budgétisables.
    Reste à faire.

    • Comme tu dis, reste à faire. C’est tout ce que demande Mosco et quelques autres…

  6. C’était la sagesse d’approuver ce texte puisqu’il intègre les modifications que nous souhaitions.Il faut absolument renforcer notre unité face aux attaques que nous allons subir plus que jamais. Quant au calendrier des primaires,je redoute l’absence de candidat avant l’automne 2011 avec une campagne des primaires beaucoup trop longue…

  7. Crédibilité et moyens, dit Pierre Moscovici pour clamer sa différence !
    Comparons le discours de politique générale de FILLON et les déclarations récentes de DSK à « La Tribune », à ce sujet :

    CRÉDIBILITÉ ? Voyons ça sur l’essentiel (TRAVAIL, EMPLOI ET CONCURRENCE) :

    FILLON DENONCE «ces mirages désatreux que sont le partage du travail, la retraite le plus tôt possible, …
    et dit: « Il faut assimiler les étrangers qui rejoignent notre communauté nationale. »

    DSK INCRIMINE: « Les citoyens [qui] ne sont pas à leur plein potentiel… » j
    [Conclusion: à bas les trente cinq heures et la retraite à soixante ans, dont il récuse ainsi le parrainage qu’il abandonne à Martine Aubry]
    Il propose « une initiative pour un marché du travail unique au niveau européen »
    [pour plus de concurrence entre l’ouvrier roumain et le demandeur d’emploi français, par exemple!].
    « Cela fait sens de miser sur l’immigration… Aussi intéressant cela puisse paraître d’un point de vue politique de court terme, l’Europe ne peut pas résoudre ses problèmes en verrouillant ses portes »
    [Là, on étend le nivellement par le bas en appelant la concurrence du monde entier. Logique: la mondialisation, c’est délocaliser quand on peut, sinon c’est aussi importer les bas salaires à domicile!]

    LES MOYENS ? Voyons, là encore les différences (BUDGET ET TAXES) :

    FILLON: LE DEFICIT INTERDIT PAR LA CONSTITUTION
    « la rigueur budgétaire pour réduire nos déficits, c’est là l’équilibre de notre politique économique ». Il n’y aura « plus de dépenses publiques supplémentaires pour relancer la croissance ».
    Le premier ministre a réaffirmé qu’il entendait « inscrire dans notre Constitution des principes garantissant la maîtrise des finances publiques », et qu’il saisirait prochainement « les groupes politiques d’un document d’orientation afin que nous voyions ensemble si un consensus peut être atteint sur cette question ».

    DSK: UNE AUTORITE BUDGETAIRE EUROPEENNE…
    Et DSK de proposer » la création d’une autorité budgétaire centralisée, aussi indépendante politiquement que la Banque centrale européenne (BCE). L’autorité fixerait les orientations budgétaires de chaque pays membre et allouerait les ressources provenant du budget central pour mieux atteindre le double objectif de stabilité et de croissance. »
    [Pourtant, avec la BCE, on est déjà gâtés: verouillée par son « indépendance », elle maintien un euro fort anti-keynesien pour notre croissance, mais tellement agréable aux rentiers et aux banquiers!]
    ET PLUS DE POUVOIRS A LA COMMISSION EUROPEENNE
    « Quand l’ordre du jour est laissé aux Etats- nations [membres de l’UE], les choses traînent. Pensez aux réformes des marchés du travail et des services, notamment à travers l’agenda de Lisbonne. (…) » a-t-il déclaré ce vendredi.
    [C’est vrai que les Etats-nations ont encore trop de pouvoir: ils sont trop démocratiques et peuvent encore organiser des referendums…il faut le leur interdire!]

    Et comme si ce programme…ne suffisait pas, DSK veut « aller au-delà de l’actuel budget de l’UE, strictement limité par le traité, pour aller vers un système qui utilise des instruments plus transparents au niveau européen, comme une TVA européenne…»
    [Il est vrai que notre TVA, légèrement inférieure à la moyenne européenne, avait besoin d’être augmentée pour peser encore un peu plus sur les faibles revenus. Rappelons que les taxes, contrairement aux impôts sur le revenu, ne sont ni progressives, ni même proportionnelles, mais constantes: la même pour DSK que pour le chômeur. C’est génial !]

    Comme on le constate, entre FILLON dans son discours de politique générale et et DSK dans ses déclarations à la Tribune, l’avantage aux points du plus anti-démocrate et anti-social va… à DSK.

  8. LIBERTÉ, EGALITÉ, FRATERNITÉ ?

    Quand les révolutionnaires de 1789 se sont emparés du pouvoir, confrontés à la réalité des autres monarchies en armes à leurs portes, à une France exangue préssurée par les fermiers généraux, à la famine dans le pays, à l’étendue du désastre etc., qu’a fait la Révolution ?

    Elle s’est d’abord dotée d’une Convention, débarrassée de tous ceux qui auraient continué les vieilles recettes du même régime, a mis en fuite tous ses ennemis européens à Valmy, a relevé le pays en instaurant partout les règles de la République.

    C’est donc si difficile que ça de manifester la même volonté aujourd’hui, dans un pays bien mieux éduqué et encore plein de ressources ?
    Déjà, en 1789, certains se croyaient perdus sans ceux qui les avaient conduits là (Delors avec l’Europe de Maastricht voulue, Strauss-Kahn avec ses privatisations, Pascal Lamy avec la mondialisation préparée à l’OMC).
    Tout cela n’est-il pas un palmarès socialiste suffisamment édifiant pour ouvrir les yeux des plus crédules ?
    Les contorsions pour contester les virgules font penser à ceux-là, ne voyant l’avenir que dans le réglage du tour de vis au bénéfice des mêmes… qui leur avaient inculqué, comme aujourd’hui, leur idéologie : Tant que le poison ne vous a pas tués , il faut continuer de le boire !

    • Bis repetita bis
      la situation est assez différente et pas vraiment comparable ni transposable.
      La révolution concerne un changement d’ordre politique dans le cadre de nations souveraines. Là je parlais d’économie mondialisé, du poids, non négligeable certes, mais assez petit, de la France face aux Etats Unis, à la Chine, de la situation de l’union européenne dont la France peut être un moteur mais qui doit composer avec d’autres pays aussi puissant pour certains, plus pour l’allemagne, et avec des gouvernements de droite quasiment partout, de la situation critique des finances publiques, des dangers monétaires etc… Les situations ne sont ni comparables ni transposables.

      • Encore un argument eurocrate indigent, pour qui la France aujourd’hui

        « doit composer avec d’autres pays aussi puissant pour certains, plus pour l’allemagne, et avec des gouvernements de droite quasiment partout, de la situation critique des finances publiques, des dangers monétaires etc… »

        tandis que la Révolution n’était que:
        « confrontée à la réalité de tous les autres pays d’Europe en armes à ses portes, avec des monarchies à leurs têtes, d’une France exangue préssurée par les fermiers généraux, de la famine dans le pays, etc. »

        Ç’était plus facile, « dans le cadre de nations souveraines » ?
        C’est précisément de l’avoir abandonné qu’on vous reproche !

        • Ne pas confondre « argument eurocrate » et « acceptation de la réalité »
          Personnellement je ne me sens pas particulièrement responsable d’avoir abandonné les nations souveraines étant donné que je n’ai que 26 anjs, d’une part, et qu’il faut composer avec les réalités d’aujourd’hui, de toute façon.
          La question n’est pas de savoir si c’était plus facile, mais de dire que ce n’est pas comparable au niveau des moyens d’actions.

        • « Encore un argument eurocrate indigent, pour qui la France aujourd’hui

          « doit composer avec d’autres pays aussi puissant pour certains, plus pour l’allemagne, et avec des gouvernements de droite quasiment partout, de la situation critique des finances publiques, des dangers monétaires etc… » »

          Cela s’appelle de la négation de la réalité, la France serait donc toute puissante et pourrait imposer sa belle vision du monde et un nouveau système économique internationale à elle toute seule.
          Je pense qu’il vaut mieux se reveiller de ce doux rêve.

  9. Beau discours qui devrait remettre les pendules à l’heure et calmer les ardeurs de militants ou sympathisants ne comprenant pas qu’on puisse être du même parti mais avoir des idées différentes sans que cela verse dans le pugilat.

  10. Ping : Les tweets qui mentionnent Convention sur l’égalité réelle: Discours de Pierre Moscovici | Pierre Moscovici -- Topsy.com

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