2010-2011 : Bilan et perspectives

A quelques jours de la fin de l’année, j’ai souhaité pouvoir m’adresser à tous ceux qui nous accompagnent pour dresser un bilan de l’année 2010 et tracer les perspectives de l’année prochaine.

Bonne année 2011 à tous.

Verbatim de la vidéo :

Chers amis de besoin de gauche,

Je voudrais, en ces derniers jours de l’année 2010, faire un point sur l’année écoulée et tracer quelques perspectives pour l’année 2011.

L’année qui se termine fut plutôt bénéfique pour le Parti socialiste. Je pense au succès remporté lors des élections régionales, mais aussi à notre processus de travail : convention sur le nouveau modèle de développement dont j’étais le responsable, convention sur l’international et l’Europe que Laurent Fabius a animé, convention sur l’égalité réelle animée par Benoit Hamon.

Notre travail sur les idées a progressé et besoin de gauche a pris sa part dans ce processus.

Lors de la convention sur le nouveau modèle de développement, une option réformiste et transformatrice a pu être prise en compte. Elle demeure aujourd’hui la ligne de force. Nous sommes au fond dans un nouveau monde, et nous ne pouvons pas penser comme hier. Il nous faut inclure, notamment, la pensée écologique dans notre logiciel socialiste, penser aussi à un monde dans lequel la régulation est plus forte, retrouver des marges de manœuvre à travers la fiscalité et enfin être conscient que la dette publique est l’ennemi de la gauche – la gauche doit donc être l’ennemi de la dette publique.

Sur les autres conventions, nous avons été amenés à peser. D’abord, en exprimant des remarques sur l’international. Je n’avais ainsi pas apprécié la tonalité des premières versions du texte, sinon anti-européennes, du moins a-européennes. L’Europe, pour nous les réformistes, surtout à l’heure des grands dérèglements que nous vivons, ne doit pas être un problème mais une solution : une Europe ouverte, avec des frontières qui continuent à s’ouvrir, une Europe accueillante, une Europe qui n’est ni une passoire ni une forteresse, une Europe qui est surtout une instance puissante, une Europe politique. Je n’étais pas d’accord avec le fait que cette dimension de l’Europe politique, pour les socialistes, devienne un impensé. Nous sommes divisés, on le sait, sur l’affaire européenne. Et pourtant, il y a deux façons de dépasser le oui et le non : mettre la poussière sous le tapis et ne plus en parler, ou alors reprendre l’offensive.

La convention égalité réelle, enfin. Besoin de gauche a été appelé à clairement marquer des limites. Nous nous sommes abstenus sur le texte initial proposé par Benoit Hamon. Nous avons fait un contre-texte ou, en tout cas, des amendements extrêmement significatifs. D’abord, parce que la méthode n’était pas bonne : nous n’avions pas suffisamment consulté en amont. Ensuite, car le texte avait une tonalité trop étatiste et que tout cela n’était pas hiérarchisé, priorisé, de façon sélective comme cela aurait dû l’être. Enfin, car on ne prenait pas en compte l’individu, « l’individu fin de tout» comme disait Jean Jaurès.

L’égalité réelle, c’est d’abord l’égalité des conditions. Cela commence à la racine : c’est ce que nous avons élaboré avec Dominique Strauss-Kahn au début des années 2000 et je ne voulais pas que ce patrimoine soit jeté aux oubliettes.

Nous avons été entendus, nos amendements ont été pris en compte.
Dans le même temps, cela démontre que le PS n’a pas encore choisi vraiment son assise réformiste. Mais besoin de gauche s’est affirmé : ce texte a été signé par de très nombreux élus, une trentaine de parlementaires, une trentaine de grands élus, une cinquantaine de conseillers régionaux, généraux, des membres du conseil national…

Besoin de gauche est donc une force avec laquelle il faut compter, une force de proposition, une force d’élaboration réformiste, une force qui s’est inscrite dans le paysage du parti et qui sera de plus en plus écoutée. Dans le fond, c’est cela qui nous attend pour 2011 : comment accroître ce capital pour aider à ce que le PS choisisse le bon candidat, dans des conditions idéologiques satisfaisantes, comment permettre au candidat d’avoir une assise réformiste puissante ? Car rien ne serait pire qu’un Parti socialiste qui remporterait l’élection présidentielle de 2012 sur un malentendu ou un rejet.

Il faut des propositions, avoir une ambition crédible, car les Français aspirent à une transformation
. « Crédible » car ils sont lucides sur la situation difficile du pays, notamment sur nos finances publiques. Notre rôle, c’est bien d’avancer dans ce sens-là.

Alors, que faire en 2011, maintenant ?

D’abord, nous devons défendre le calendrier des primaires. J’entends, ici où là, certains se déployer avec un peu de fébrilité, comme s’il fallait choisir tout de suite. Mais les Français ne l’attendent pas. Je ne connais pas de grands pays qui choisissent le candidat à la présidentielle 10 mois, 15 mois avant l’échéance. Aux Etats-Unis, les primaires se terminent 3 à 4 mois avant l’élection présidentielle et pour que les primaires aient un effet sur la présidentielle, il faut plutôt qu’elles se situent en fin de cycle pour que l’entrainement continue à travers l’élection elle-même, à travers la campagne elle-même.

Nous avons donc un calendrier, tenons-nous-y. Ce calendrier, c’est une déclaration de candidatures en juin, des primaires à l’automne, après les élections sénatoriales, qui seront la traduction des cantonales. Gagnons les cantonales, gagnons les sénatoriales, prenons si possible la majorité au Sénat. Il sera ensuite temps de désigner notre candidat avec des primaires qui devront être à la fois un moment de confrontation, car nous ne pensons pas tous la même chose, et puis un moment de rassemblement.

Au delà de ce cette défense du calendrier des primaires – croyez-moi je m’y emploierai – il y a la nécessité de défendre, de promouvoir nos idées réformistes. Au mois d’avril, il y aura une convention, la dernière : « la convention des conventions », appelons-la la convention programmatique. Ce ne sera pas le programme du candidat – celui-ci définira son programme – mais ce sera tout de même quelque chose d’important car ce sera le moment ou soit le PS restera dans l’empilement de propositions encore disparates et perdra en crédibilité ou, au contraire, celui où il montrera qu’il est capable d’élaborer une forme de cohérence. Il gagnera alors en crédit, en capacité à montrer aux Français qu’il est capable de diriger le pays en responsable.

Nous devrons, chers amis, faire des propositions dans ce sens là. Je ferai des propositions avec ce groupe qui s’est constitué, qui s’est renforcé et qui va se renforcer encore. Nous ferons ces propositions parce que nous sommes non pas les gardiens mais les garants de la cohérence de cette ambition crédible que j’évoquais il y a un instant.

Beaucoup de sujets nous attendent. Je pense notamment à ce qui concerne la croissance, qui nécessitera un débat avec les Verts, à la place de l’industrie, au développement durable. Je pense aux collectivités locales, je pense à la réforme des fiscalités locales, je pense au travail, je pense au salariat. Voilà toute une série de thèmes sur laquelle nous serons amenés à faire des propositions dans un sens réformiste.

Nous devrons consolider cette force réformiste. Elle sera utile.

Elle sera utile à Dominique Strauss-Kahn s’il est, comme je le souhaite, le candidat des socialistes.

Pourquoi est-ce que je le souhaite ? Je le souhaite car je crois qu’il correspond, aujourd’hui, au président que les Français attendent. Après Sarkozy, président fébrile, président agité, président qui divise, qui clive, les Français ont besoin d’une personnalité qui rassure et rassemble. Je crois que DSK peut être celle-ci. Les Français ont aussi conscience que nous vivons une crise économique, sociale et financière extrêmement grave. Et Dominique Strauss-Kahn, par sa stature internationale, peut être l’homme qui apporte les solutions.

Il aura besoin d’une force réformiste, directement opérationnelle pour l’aider à élaborer un programme et à construire le gouvernement durable que la France attend.

Enfin, si Dominique Strauss-Kahn devait ne pas revenir – et il est libre de son choix – il faudra que cette force soit disponible pour présenter un candidat aux primaires. Dans cette hypothèse-là, je serai candidat. Je le serai parce qu’il faut défendre nos idées, je le serai car ce sera un combat intellectuel. Je le serai parce qu’aussi, je crois profondément que la politique française a besoin de renouveau, qu’on a besoin de mêler les générations et qu’il n’est pas écrit pour l’éternité que c’est une génération qui a commencé dans les années 70 ou dans les années 80 qui doit diriger le pays.

Voilà à ce que je vous appelle mes amis : travailler à ces propositions, construire cette force réformisme, l’ancrer dans nos fédérations, se regrouper, se rassembler, peser pour que le parti socialiste soit un parti socialiste pleinement responsable, pleinement crédible, et en même temps ambitieux. Etre responsable, être crédible ce n’est pas être droitier ! C’est, je crois, au contraire, la vrai gauche, celle qui transforme.

Voilà ce que j’attends de vous. Vous pouvez compter sur moi pour faire preuve dans cette année, de sang-froid, de détermination, et enfin de force de conviction.

En attendant, je vous souhaite à toutes et à tous, de belles fêtes de fin d’année et, au delà de celles-ci, une heureuse année 2011 pour vous-même, pour les vôtres, pour les idées qui sont les nôtres.

Nous aurons beaucoup de choses à faire ensemble pendant cette année-là. Je compte sur vous, vous pouvez compter sur moi.

Belle année 2011.

8 réflexions au sujet de « 2010-2011 : Bilan et perspectives »

  1. Je m’abonne à votre site pour participer dans mon microcosme à votre action au sein du P.S.
    Militant P.S. à la section de Manosque (04100), j’apprécie votre franchise et votre clarté dans les interviews que vous donnez dans les médias.
    Franchise qui vous permet de dire que si DSK se positionne pour l’élection présidentielle, vous le soutiendrez, ce qui va dans le sens de mon souhait et de mes idées. Je suis à votre disposition pour toutes actions à entreprendre.
    Je vous souhaite de poursuivre votre quête de vérité et je vous présente mes voeux de santé, bonheur et prospérité pour l’année nouvelle 2011.
    Bien cordialement.

  2. PIEERE MOSCOVICI OU l’anti-thèse d’une candidature blingbling !! presque encore mieux que DSK eh! ON A DROIT DE REVER CEST NOËL

  3. Ping : 2010-2011 : Bilan et perspectives | Pierre Moscovici « Besoin de Gauche 28

  4. N oublions pas de tirer les enseignements de la crise financière et réfléchissons a la reforme du secteur bancaire, de ses instances de contrôle, a la fiscalité des revenus lies aux produits financiers.
    Veronique le Bihan
    ( envoyé de mon e phone qui ne donne pas la possibilité de mettre les accents sur ce texte!)

  5. Bonjour,
    J’ai adhéré à BDG, je suis adhérent du PS dans le Tarn, je souhaiterai que nous puissions nous regrouper au niveau départemental pour préparer l’avenir;

  6. « Celle qui est utilisée dans ce papier ne me semble pas la bonne. Je ne place pas l’écologie en tête mais après la régulation, la fiscalité et la dette.  »

    Exactement, la méthode est mauvaise.
    La crise de 2008 vient de la finance, hors rien de concret est proposé par le PS.

    Le seul qui semble avoir travaillé est Montebourg sur ce sujet.

    La première étape est que la Finance soit au service de la nation pour mettre en place une bonne croissance.

    L’écologie ne peut se développer qu’avec une finance stable.
    La dette n’est un problème que si les marchés financier jouent contre nous.
    La régulation doit être faite mais sous qu’elle forme?

  7. Pour le nouveau modèle de développement, tout va reposer sur notre hiérarchie des axes essentiels – écologie / régulation / fiscalité / dette publique –
    Celle qui est utilisée dans ce papier ne me semble pas la bonne. Je ne place pas l’écologie en tête mais après la régulation, la fiscalité et la dette.

    « L’Europe, une instance puissante, une Europe politique. »
    Je ne pense pas que nous ayons des développements sérieux derrière ces titres, d’autant plus qu’avoir raison tout seul en Europe ne sert à rien.

    Pour l’égalité réelle, bon rappel du travail de DSK en 2.000 !

    «PS n’a pas encore choisi vraiment son assise réformiste »
    Si tes propos ne dépassent pas ta pensée, nous allons mourir avec ce problème non résolu.
    Si un schisme est provoqué par cette clarification, il faut prendre le risque de l’amputation pour éviter la gangrène.

  8. La droite evidemment nous accuse dexageration ..critique une mise en scene fustige la.. flibusterie en appelle a la rationalite..et a lefficacite denonce la derive..verbale hallucinante du Parti socialiste le Figaro ..nous traite dhyper-opposition face a lhyper-president…Les Francais peut-etre ny comprennent pas grand..chose. ..je me demande ce que vous inhalez toute la journee tous autant que vous etes amelle la premiere qui voit 6 des revenus alors quil sagit de bien de 60 a payer en une fois pour lannee..mais par dieu vous etes fort riches vous ne representez donc pas les pauvres et les modestes qui nont assurement pas les moyens dinvestir a fonds perdus 60 euros a lannee le prix dun manteau ou dune paire de chaussures pour ecouter vos fredaines une fois par mois..il faut donc croire quen effet le parti socialiste ne represente que des bourgeois et des gens qui se convainquent quils en sont ..bon courage pour les prochaines elections..a toutes fins utiles je nai pas daigreur parce que le montant absolument indecent des cotisations pour les bas revenus me ferme la porte dune section on me supplierait plutot detre adherent au jour daujourdhui et jai les moyens de me faire appliquer le tarif le plus bas je suis simplement ecoeure de vos methodes car ce que amelle ne voit pas parce quelle est stupide cest que celui qui gagne 3200 euros a lannee on ne lui demandera que 10 de son salaire mensuel alors que le plus pauvre dentre nous le Smicar ou le chomeur indemnise on lui demandera 60 de son revenu mensuel..voila pourquoi ..1 le PS est discredite sur le social.2 le PS est discredite pour la gestion financiere…….Redige par …smile …

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