Pierre Moscovici intervenait hier à l’Assemblée nationale sur le projet de loi de programmation des finances publiques pour 2011-2014.
Monsieur le Président,
Monsieur le Ministre,
Mes chers collègues,
Qu’il semble loin le temps où le gouvernement nous vantait les mérites du plan de relance de 26 milliards d’euros, ou celui du « grand emprunt » de 35 milliards d’euros à des fins d’investissements dans l’avenir. Oui, il est loin dans le souvenir du gouvernement, qui avec cette loi de programmation des finances publiques pour les trois ans à venir, se drape des habits neufs de la rigueur et de la responsabilité budgétaires. Et pourtant, quelle pirouette rhétorique, quand on sait que le plan de relance a été examiné ici en février 2009, et l’emprunt national pas plus d’un an plus tard, en février 2010, et surtout lorsqu’on s’éloigne des éléments de langage convenus pour s’en tenir aux actes et aux faits. Cette réalité, quelle est-elle ? Lire la suite
Dès hier, j’ai mis en ligne sur ce blog mon discours lors de la Convention nationale du Parti socialiste consacrée à l’ « égalité réelle » Je veux aujourd’hui vous parler de l’ambiance de ce rassemblement, qui a montré ce dont cette formation politique est capable – le bon et le moins bon – et vous expliquer ma démarche. Lire la suite
Nous sommes aujourd’hui réunis autour d’un thème qui nous est cher, à nous socialistes. Cher, parce que, derrière ce terme d’égalité se trame l’histoire de la lutte historique de la gauche contre les inégalités. Cher, parce que cette lutte n’est jamais terminée, et qu’elle trouve aujourd’hui, sous la présidence de Nicolas Sarkozy, tout son sens. Cher enfin, comme l’ont montré les innombrables amendements déposés par les militants dans les fédérations, ce qui prouve à quel point ce thème reste au cœur de l’ADN de chaque militant socialiste.
Ne soyons – mes chers camarades – surtout pas effrayés de cette masse d’amendements : ils prouvent la vitalité de notre parti et l’engagement des forces qui le composent. Je me réjouis de ce débat ! Nous avons toujours été le parti des textes, celui des idées et nous continuerons à l’être. Peu d’autres formations politiques peuvent se vanter d’un tel processus de réflexion et de débat, sur des questions aussi profondes. N’écoutons donc pas ceux qui crient à la chienlit et à la division, ceux-là même qui raillaient hier un parti socialiste moribond, incapable de produire des idées nouvelles.
C’est dans le cadre de ce débat de fond que j’avais estimé, lors de la présentation de la première version du texte au conseil national, que la vision qui nous était proposé ne correspondait pas à une approche moderne de la lutte contre les inégalités. En conséquence, j’avais – comme vous le savez – souhaité m’abstenir sur ce premier texte, suivi en cela par un nombre significatif d’amis politiques. C’est à cette occasion que nous avons cosigné un texte, que beaucoup d’entre vous ont probablement lu, dessinant ce que devait à nos yeux être les piliers du combat pour l’égalité réelle.
Je veux ici m’arrêter avec vous quelques instants sur ces remarques, à la fois pour rappeler ce qui a motivé notre abstention, mais également pour saluer les avancées qui ont depuis été possibles.
Quittons, si vous le voulez bien, le débat stérile sur les primaires socialistes, désormais émaillé de sondages quotidiens qui ne veulent rien dire – on ne connaît ni le corps électoral, ni les candidatures effectives, l’échéance est très lointaine – et de déclarations approximatives. Martine Aubry a rappelé, utilement, notre calendrier : déclaration de candidatures en juin, primaires à l’automne. Chacun sait, maintenant, qu’il ne sera pas bousculé : c’était ma position, j’en suis donc satisfait. Prenons plutôt conscience que l’inquiétude de nos concitoyens est ailleurs, que leurs préoccupations sont tournées vers des questions plus essentielles – la précarité, qui explose, les inégalités, qui s’aggravent, le chômage, qui perdure, bref les difficultés économiques et sociales du pays, qui nous assaillent tous les jours, et dont la résolution sera le vrai sujet des échéances politiques à venir. C’est là-dessus, d’ailleurs, que les aspirants-candidats devraient concentrer leur effort. Lire la suite