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Mitterrandisme et nostalgie

Catégorie : Actualité,Politique,Réflexions | Par pierre.moscovici | 10/01/2011 à 11:55

La France a un goût, une dilection même pour les commémorations, elle cultive aussi le culte des grands hommes. La semaine dernière, la droite républicaine se rassemblait autour du souvenir d’un des meilleurs parmi les siens, Philippe Séguin, personnalité attachante et ombrageuse, homme de convictions et d’emportements, grand serviteur de l’Etat. Vendredi, les socialistes – beaucoup d’entre eux en tout cas – se sont rendus à Jarnac, comme en pélerinage, à l’occasion de l’anniversaire de la mort de François Mitterrand, prélude à une célébration, que chacun devine importante, du 30ème anniversaire de la victoire de la gauche unie, le 10 mai 1981. Je n’y suis pas allé, parce que ce n’était pas ma place – cette cérémonie, me semble-t-il, appartenait surtout aux proches de l’ancien Président, dont je n’étais pas. Je veux toutefois vous livrer quelques libres réflexions sur le mitterrandisme et sur la nostalgie qu’il suscite.

Disons les choses franchement : je n’ai jamais été un fervent mitterrandiste. Issu d’une famille d’intellectuels engagés à gauche – ma mère, sympathisante du Parti communiste, a été signataire de l’ « appel des 121 » contre la guerre d’Algérie, mon père est le premier théoricien de l’écologie politique et un fondateur des Verts – je me suis éveillé tôt, très tôt, trop tôt sans doute, à la conscience politique, dès mai 68 – eh oui, j’avais 11 ans ! Comme il est logique, à l’âge adolescent, l’indignation, la révolte, la volonté d’un changement radical du monde m’ont poussé à participer aux mouvements lycéens, puis étudiants, qui ont marqué les années 70, celles de l’interminable fin de règne d’une droite dominante depuis 1958, qui croyait diriger le pays pour l’éternité. Dès ces années là, je me suis engagé aux côtés de la Ligue communiste révolutionnaire, sans y avoir jamais appartenu, parce que cette mouvance me semblait la plus proche des émotions et des réactions que je ressentais.

J’observais avec sympathie la montée en puissance de l’Union de la gauche, je voyais que le Parti socialiste était le seul véhicule pour l’alternance face au giscardisme, que je détestais. C’est ce qui m’a amené, en 1981, à voter pour François Mitterrand dès le 1er tour

Le Parti socialiste, recréé en 1971 à Epinay autour de François Mitterrand, était alors pour moi une organisation petite bourgeoise et bureaucratique. Son chef paraissait à mes yeux un rescapé de la 4ème République au passé ambigu, doté de convictions hésitantes, trop habile pour être sincère. En même temps, j’observais avec sympathie la montée en puissance de l’Union de la gauche, je voyais que le Parti socialiste était le seul véhicule pour l’alternance face au giscardisme, que je détestais. C’est ce qui m’a amené, en 1981, à voter pour François Mitterrand dès le 1er tour, et à partager la joie du peuple de gauche. La vie, les rencontres – celles de Dominique Strauss-Kahn d’abord, de Lionel Jospin ensuite – m’ont mené, dans les années 80, à m’investir progressivement aux côtés des socialistes, puis à devenir l’un des leurs – mais ceci est une autre histoire. Je n’ai donc pas participé à la (re)naissance du Parti socialiste, à sa montée vers le pouvoir, et n’ai jamais cultivé la dévotion pour François Mitterrand – pour qui, toutefois, j’ai voté 4 fois, sans hésitation malgré les réticences que j’ai pu, à divers moments, éprouver et manifester.

Si je ne suis pas mitterrandiste, je retiens toutefois beaucoup de choses de son art politique. Car il était, évidemment, un virtuose de la politique, un maître de la conquête du pouvoir. Contrairement à tant d’autres socialistes – à tous les socialistes jusqu’à présent, hélas – il a compris, très tôt, la logique de la 5ème République, il s’est plié aux règles du jeu de cette présidentialisation qu’il a pourtant critiquée avec maestria dans le « Coup d’Etat permanent ». Venu de nulle part, il s’est opposé au général de Gaulle en 1965 et l’a mis en ballotage, à la surprise générale, lors de la première élection présidentielle au suffrage universel depuis… 1848. Il a ensuite poursuivi avec opiniâtreté son rêve présidentiel, se saisissant du Parti socialiste, moribond après la déroute de Gaston Defferre en 1969, tout juste reconstruit par Alain Savary, pour en faire l’outil de l’alternance, échouant de peu face à Valéry Giscard d’Estaing en 1974 après la mort prématurée de Georges Pompidou, tenant bon au milieu des vicissitudes du « programme commun » et face au challenge de la « 2ème gauche » de Michel Rocard, pour enfin l’emporter en 1981.

Rôle du parti, engagement à gauche, unité sans concession, conçue comme un combat, incarnation et capacité de rassemblement : les ingrédients du succès, tels qu’il les a patiemment mis en place, restent valides aujourd’hui. A ces qualités j’ajoute deux dimensions auxquelles je suis particulièrement sensible. La maîtrise du verbe d’abord. Nous vivons, avec Nicolas Sarkozy, à l’heure du parler pauvre, voire du parler mal : je crois pour ma part, que les responsables politiques se grandissent à respecter notre langue, notre culture, à écrire – je m’y efforce modestement – à lire – je ne peux pas vivre sans. La conviction européenne, ensuite. François Mitterrand, chacun le sait, a beaucoup fluctué dans son parcours politique. Mais il est un sujet sur lequel il n’a jamais bougé, jamais hésité, jamais transigé : la volonté de construire une Europe politique, à partir de la réconciliation franco-allemande. Son parcours présidentiel restera marqué par des gestes forts – le discours sur les Pershing devant le Bundestag, en 1983, la cérémonie de Verdun main dans la main avec Helmut Kohl, en 1984, – et des paris courageux – le vote du traité de Maastricht par référendum en 1992. Cela ne signifie pas que ses choix aient été univoques ou que j’aie adhéré à chacun d’entre eux – son attitude sur la réunification allemande puis sur l’élargissement a été, pour moi, trop réservée et prudente, la France y a perdu des points. Mais cette leçon européenne reste, elle aussi, et doit encore nous inspirer.

J’ai eu de sérieuses divergences avec le Président socialiste. On connaît les plus spectaculaires : le choc que j’ai éprouvé, et exprimé le premier, en apprenant les relations de sympathie si longtemps poursuivies entre François Mitterrand et René Bousquet (…)

Sur nombre d’autres points, j’ai été amené, avec d’autres, au premier chef avec Lionel Jospin, à prendre des distances, à exercer un « droit d’inventaire » . La notion est, parait-il, démodée à l’heure de la dévotion renaissante, mais à mon sens la démarche est toujours juste. Contrairement à ce que pense Daniel Percheron, le Président de la Région Nord-Pas de Calais, dont j’admire l’intelligence et la subtile culture socialiste, le mitterrandisme n’est pas, selon moi, un bloc. J’ai eu de sérieuses divergences avec le Président socialiste. On connaît les plus spectaculaires : le choc que j’ai éprouvé, et exprimé le premier, en apprenant les relations de sympathie si longtemps poursuivies entre François Mitterrand et René Bousquet, l’organisateur de la rafle du Vel d’Hiv, mon refus du retour à la proportionnelle en 1986, dont je contestais avec Michel Rocard la finalité implicite – favoriser le retour du Front national à l’Assemblée pour affaiblir la droite. D’autres sont plus structurelles. Elles touchent à la ligne politique, discontinue, de ses deux septennats – le premier fut, on le sait, marqué par le tournant de la rigueur, contenu dans l’approximation du programme initial, et jamais expliqué aux Français. Le second, entamé sous le signe de la France unie, a été une longue rupture avec les socialistes, à travers une feuille de route initiale éloignée de la gauche, un rapport inutilement conflictuel avec le premier Premier ministre du septennat, Michel Rocard, puis, pour lui succéder, le choix malheureux d’Edith Cresson, enfin un éloignement du Parti, trouvant son apogée lors du terrible Congrès de Rennes, qui vit le déchirement des mitterrandistes, la guerre ouverte des frères ennemis, Laurent Fabius et Lionel Jospin. Tout ceci, qui mériterait de plus amples développements, explique qu’au delà des grandes réformes, nombreuses, des deux septennats de François Mitterrand – l’abolition de la peine de mort, les 39 heures, la retraite à 60 ans, la 5ème semaine de congés payés, les nationalisations, la décentralisation, la libération de l’audiovisuel, l’ISF, le RMI, la CSG, la pacification de la Nouvelle Calédonie, la revalorisation de la condition enseignante, le lancement de l’euro… cette longue période de 14 ans n’a pas débouché sur une transformation sociale progressiste et profonde, s’est achevée par une déroute historique de la gauche et laisse l’image de variations, voire de déceptions idéologiques.

2011 n’est pas 1981, le deuxième Président socialiste ne doit pas être un second Mitterrand

Je reparlerai ultérieurement du 10 mai 1981. Je dirais simplement, pour conclure ce propos, qu’il doit rester dans nos esprits comme une borne historique importante, l’avènement de l’alternance après une longue route vers le pouvoir. Cette date doit nous inspirer, évidemment, mais pas nous bloquer : 2011 n’est pas 1981, le deuxième Président socialiste ne doit pas être un second Mitterrand. Nous ne devons rien oublier, mais pas non plus nous perdre dans la nostalgie. Il nous faut plutôt, en méditant les leçons du passé, inventer l’avenir.

Photo: CC par Audrey AK

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33 commentaires

  • LesRoulottes dit :

    Il y a bientôt 30 ans… plus que la période qui a séparé les deux guerres mondiales, l’âge de raison pour un(e) jeune…
    Un grand espoir en 1981… certes.
    Un vrai évènement, l’alternance…
    Mais que de mensonges avant, pendant, après.
    Qui ose réfléchir aux dégâts et à l’image que vous avez aujourd’hui, les politiques.
    Et qu’est-ce que vous devez là dedans à « Tonton » ?

  • Pierre Mougey dit :

    Il faut constater que le président Mitterrand avait une envergure exceptionnelle par rapport à ses prédécesseurs et ses successeurs à plus forte raison et c’est ce que certains ne lui pardonnent pas.Ses erreurs sont anecdotiques par rapport à cet état de fait.Il aété attaqué de manière répugnante tout au long de sa carrière et encore maintenant…Ne pas oublier non plus qu’au cours de sa vie il est passé de droite à gauche,ce qui est rarissime en France etdonc extrèmement méritoire!!!…

    • Jonas dit :

      « Ses erreurs sont anecdotiques par rapport à cet état de fait. »
      Désaccord total, l’ampleur de l’envergure ne saurait en rien effacer les vrais erreurs dont on paie le prix aujourd’hui. Je ne dis pas que le tableau est tout noir, mais je ne pense pas qu’on puisse faire l’impasse sur la part sombre du personnage et de ses actes, part sombre qui n’est en rien négligeable. Et puis l’envergure, ça reste assez subjectif (c’est sûr comparé à Sarko y’a pas photo, mais comparé à Pompidou, Giscard, voire Chirac, ça reste assez subjectif (même si je suis d’accord personnellement je trouve que Mittérand avait plus d' »envergure » que Giscard ou Chirac, m’enfin bon ça n’excuse rien))

  • SK dit :

    Comme je n’ai pas réussi à accéder à l’interface « laisser une réponse » dans votre article sur les primaires (03-01-2011), je vous laisse ici le lien sur ma note qui concerne cet épineux problème > http://cap2012.blogspot.com/2011/01/note-le-probleme-des-primaires.html — J’espère que ma petite idée de la fin se frayera un chemin (for democracy’s sake!) – Je vous ai également référencé dans le blogroll de ce « Journal de la campagne électorale pour les présidentielles et législatives françaises de 2012″ que j’espère tenir aussi impartialement que possible jusqu’au bout –

    Bien à vous et bonne année à tous,

    SK

  • baillergeau dit :

    «Je n’ai jamais été un fervent mitterrandiste»
    Derrière ces mots, tout est dit.
    Je n’ai ni ton âge, ni ton parcours, mais je partage.

    Que Mitterrand ait été préféré à Mendès ou Rocard me reste sur la patate, car je pense que les circonstances auraient été un peu différentes, un glissement dans une toute autre direction l’aurait conduit on ne sait où.

    Que tu aies pu être séduit par son art politique est une chose, le «retenir» en est une autre. Mitterrand était un homme de la dernière guerre, celle que nous aurions perdue sans le discours de Bayeux.
    Il faut laisser tranquille l’évocation de tous hommes de cette terrible époque.

    http://legueduyabboq.blog.lemonde.fr

  • guillaumeA dit :

    Personnellement j’ai retenue que les réformes.

    On retourne toujours la boue pour expliquer que la gauche de 81 est la mauvaise.

    Que le programme économique de 81 était foireux ce qui valide que la droite avait raison.

    Hors 30 ans après l’état de la France vient des choix opté en 83 et 86. La plus grande libéralisation financière de la France a été fait part la deuxième gauche et la droite RPR.

    Le problème de Mitterrand est qu’il a explosé dès 83 sur l’économie et a perdus la main au niveau de l’idéologie.

    Je tiens a dire ce soir que beaucoup de socialistes Historique doivent se retourner dans leur tombe quand on voit l’impasse idéologique du moment…

    • jpb dit :

      C’est vrai que depuis l’esprit de 1789, cela flotte grave au niveau idéologique. Au lieu de rester agrippé au concept de citoyen, on s’est entiché de la notion de travailleur, bonjour Arlette et ses discours stéréotypés, sans se rendre compte que les progrès technologiques faisaient éclater le coté misérabilisme du travailleurs, et bousculant le dogme du plein emploi, bonjour le PS, faisait précipiter la gauche dans le déni du réel, en n’acceptant pas qu’un citoyen travailleur glissait facilement au statut de citoyen chômeur puis citoyen SDF. La réponse, la création du RMI, excellente mesurette cependant, montre bien l’absence de vision qui règne au PS. Ça fuse alors de tous les côtés, sans homogénéité aucune. On peut dire tout et n’importe quoi, et avec une bonne synthèse rendre tout programme politique indigeste et vide de tout sens. Mitterand en 1983 face au réel flotte au fil de l’eau, tentant de ne pas chavirer sur le frêle esquif. Depuis, les ambitions individuelles ont pris le pas sur une explication logique et rationnelle d’une gestion optimale de la cité. La politique est devenue le moyen de satisfaire le désir de certain(e)s, dans une ambiance de club footballistique.

      • guillaumeA dit :

        Le problème est pas la.

        On nous raconte n’importe quoi dans l’idéologie actuel.

        Il y a 30 ans , Mitterrand a tout simplement baissé les bras 83 et donné les clefs a une société tourné vers les services…Mais internet est arrivé et le monde tourné vers les services est en panne car il n’y a plus besoin d’humain dans un magasin si internet avec un bon programmeur te fait un site marchand.

        Maintenant la mode est a l’écologie mais personnes ne remet en cause le libre échange alors qu’il est globalement la forme d’économie la plus polluante qui existe.

        L’émission d’hier sur France 2 est globalement simple mais démontre une chose.
        Les privatisations sont du grand n’importe quoi.
        Des entreprises industriel entière en France on été vendus puis découpé en morceaux et les politiques se sont réfugié sous le prétexte que l’actionnaire est pas l’état pour ne rien faire.
        Renault produisait 80% d’une voiture dans les années 80 et maintenant 20% le reste est partit chez des sous traitant(sous a l’étranger).
        Le résultats est que la voiture est globalement au même prix a parité de pouvoir d’achat selon les époques et pas de meilleur qualité fasse a la concurrence.
        Ou est l’avantage de tout cela? Aucun.
        Le résultats est que l’on pleurniche des emplois industriel qui sont partit et 5 millions de chômeurs.

        • jpb dit :

          Des chômeurs, il n’y en a pas qu’en France, le phénomène est mondial. Le travail s’est mécanisé, c’est tout, et comme tu le fais remarquer, un bon programme informatique permet de faire tourner une bonne boutique internet : http://www.joomla.fr/
          Pour les politiques, intégrer la vision de l’évaporation du travail intellectuel salarié en sus de l’amenuisement du travail manuel; tout en poussant la formation de l’ensemble de la population, ressemble à un casse-tête impossible à résoudre. On se retrouve alors comme en Tunisie actuellement avec des jeunes parfaitement formés qui ne trouvent aucun emploi et n’ont donc aucun argent pour vivre. A par le salaire citoyen comme solution, je ne vois rien d’autre.

        • Bloggy Bag dit :

          Drôle de conception du service. Un coiffeur c’est du service, un politique c’est du service, la poste c’est du service.

          Contre-sens également sur internet. Derrière le e-magasin, il y a des hommes pour la com, pour remplir les fiches produit, pour gérer le SAV, pour gérer la logitique, pour produire.

          • jpb dit :

            Bien sûr qu’il y a encore quelques personnes derrière un écran d’ordinateur, bien formés avant tout, mais qui remplacent combien de personnes du temps des fiches cartonnées et des crayons en papier faisant les additions à la main ? On ne peut pas faire l’impasse de l’évolution technologique, sans indiquer qu’elle détruit plus d’emplois qu’elle n’en crée. Dans le temps, à 14 ans, les enfants faisaient les travaux des champs, poussaient les wagonnets de la mine et triaient à la main les morceaux de charbon des stériles. Le temps béni du socialisme. Toute la population travaillait. Si on enlève toute la production inutile qui se retrouve dans la poubelle aussi vite que le spam dans nos boites à mail, on supprimerait encore une bonne proportions d’emplois détruisant des ressources non renouvelables. En France on est à 9,5 % de chômeurs par rapport à la population active, l’Espagne qui fait beaucoup mieux fait 18 %
            En Tunisie, encore plus à la pointe du progrès, le Président promet des emplois pour calmer la jeunesse… :-(

          • Bloggy Bag dit :

            @jpb : à périmètre équivalent, cela nécessite sans doute moins d’emplois (et encore), mais le périmètre du e-commerce est bien plus large que celui de la boutique de quartier !
            N’importe qui peut créer (et crée) du commerce en ligne, avec souvent un faible CA, mais tout de même.
            Il existe un petit e-commerce, comme il existe par ailleurs du petit commerce.
            Revendre une partie de ses cadeaux de noël ou mettre en location son matériel de bricolage est un business qui n’a pas d’équivalent dans l’économie « d’avant ».
            Enfin l’économie numérique induit une furieuse tendance vers la gratuité des services d’entrée de gamme, chose qui n’a pas de réel équivalent dans le monde physique (en économie physique, rien n’est jamais vraiment gratuit contrairement au monde numérique où c’est un aboutissement possible).

            La Tunisie illustre une autre chose : le marché de l’emploi étant un marché, la hausse des qualifications des individus sur ce marché n’est plus un gage de bons revenus pour eux. Normal, c’est la rareté qui vaut cher, pas l’abondance. La conséquence est que la valeur des diplômés sur le marché ne peut que décroître, ce qui représente un bouleversement sociologique de plus et implique à nouveau de rediscuter de la place du travail dans notre société, de la reconnaissance sociale des individus (qui est de plus en plus déconnectée du travail).
            Les jeunes tunisiens diplômés n’ont-ils d’autres avenir que de s’immoler pour exprimer leur détresse face à un non-sens ?
            Et qu’en est-il de nos jeunes à nous ?

          • guillaumeA dit :

            Le e-magasin est une catastrophe pour notre économie.

            Le e-commerce va devenir très très industriel, le petit vendeur qui vend sans infrastructure ne va pas suivre.

            Aujourd’hui les sites important ont des plateformes qui fonctionne tout en automatique(un produit sélectionner sur le net engage une procédure d’envois physique sans l’intervention de l’homme).

            Le-commerce est juste une réponse a une société occidental qui perd du pouvoirs d’achat et qui essaie de compenser part des produits a faible prix(produit importé)et vendus sans valeur ajouté provenant d’humain(plus de conseille d’un vendeur mon écran dit tout).

            Cette situation ne vient que de la perte d’importance de nos classes moyennes.

            Les emplois industriel ne sont intéressant que sur des produits a forte valeur ajouté.

  • charly dit :

    ah oui c’est vrai excellente analyse comme dab…trop fort ce PM LA BELLE INTELLIGENCE
    ah nostalgie en 81, avec ma bande de jeunes étudiants en médecine nous avions tous votés Mitterrand  » espoir de gauche-besoin de gauche… »je ne sais pas…DEJA !
    et puis patatrac 14 années plus loin, RIEN ou presque!!

    et puis FM c’était avant tout, un frère du capital et je crois me rappeler que ce fut le règne de l’argent facile ,chez les banquiers ,et dés lors nos sub-primes à nous: les sur -endettés et leur détresse et leur morts aussi souvent…
    et tiens à propos ,n’oublions surtout pas p.beregovoy et autres consorts suicidés
    bon j’arrête chui pas drôle
    alors OUI à la belle intelligence MERCI

  • isabelle de C dit :

    Je ne suis pas sûre qu’à ce degré de communication les actes des leaders du parti socialiste soient libres et sincères et je ne suis pas sûre non plus de la pertinence d’un recueillement médiatisé sur la tombe de celui qui fut assassiné après sa mort si longue, si lente et si courageuse. Choisir Jarnac 15 ans plus tard, c’est trop tôt ou trop tard, c’est en tout cas déplacé. Pour toutes les raisons que vous rappelez, je vous suis, Mitterrand ne doit pas être un modèle pour le candidat à venir du parti socialiste, pas même une référence. … Ou alors nous allons encore perdre!

  • Hermès dit :

    Bonjour,

    A transmettre à qui de droit LOL

    http://www.youtube.com/watch?v=41ZePDGcKMw
    Marie Laforêt : Viens !
    Florentino : Viens !
    ( les socialistes disent à DSK )

    Viens, viens, c’est nôtre prière
    Viens, viens, portes-toi volontaire
    Viens, viens, te présenter aux primaires
    Viens, viens, Sarkozy a peur de toi
    Viens, viens, saisir ta chance
    Viens, viens, sans toi c’est perdu d’avance
    Viens, viens, te présenter à la présidence
    Viens, viens, et tu l’emporteras.

    Que les Ségolène et Aubry se rhabillent
    Toi seul peux rassembler la famille
    Le PS n’est pas écouté des français
    Il n’a ni idées ni projet
    Nous sommes fatigués de ses mélodrames
    Seul ton retour lui donnera force et âme
    Tu lui montreras le chemin
    Sa tâche et son destin.

    Viens, viens, Tu auras les votes des membres
    Viens, viens, du parti qui se démembre
    Viens, viens, l’ump déjà crains et tremble
    Viens, viens, de perdre l’Elysée
    Viens, viens, c’est nôtre prière
    Viens, viens, portes-toi volontaire
    Viens, viens, te présenter aux primaires
    Viens, viens, Sarkozy a peur de toi
    Les dirigeants de l’ump et l’Elysée s’affolent
    Devant ta popularité qui s’envole
    Ils en sont à envoyer Borloo ratisser
    Les voix qui pourraient leur manquer

    Viens, viens, c’est nôtre prière
    Viens, viens, La gauche t’espère
    Viens, viens, tu gagneras les primaires
    Viens, viens, es-tu deviendra président
    Président, président, président, président
    Viens, viens, écoutes nos prières
    Viens, viens, Présentes-toi aux primaires
    La la la la …
    09/01/11

    • Alain Gen dit :

      Bonjour,

      je ne fais pas partie de ceux qui ont la bave aux lèvres dès qu’on évoque DSK.
      Et pourtant, à la lecture de votre « poème » je suis épouvanté.
      S’en remettre ainsi aveuglément à un « grand homme » qui aurait raison en tout point me semble de l’ infantilisme politique (surtout si vous attendez d’une seule personne les « idées et le projet » dont vous semblez déplorer l’absence).

      A moins que je ne vous aie mal lu, et qu’il s’agisse d’un hommage nostalgique et ironique à la mitterandolatrie de la « génération Mitterand » -c’est après tout le sujet du billet !

  • […] Ce billet était mentionné sur Twitter par Cyril Marcant, Pierre Moscovici. Pierre Moscovici a dit: Sur mon blog: Mitterrandisme et nostalgie http://bit.ly/i6Lp5N […]

  • Retière dit :

    Belle analyse, très intéressante qui éclaire votre positionnement par rapport à la nostalgie qui ne serait plus ce qu’elle était.
    Merci.
    Très cordialement,
    Frank-Eric Retière

  • infox dit :

    Pendant ce temps, pour tenter d’exister, Royal cherche à faire croire qu’elle imposerait ses vues à DSK! D’égal à égal!! On croit rêver!! On rigole un bon coup, plutôt…
    http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5jhnyLo5D-SzrFAs3UnPC82GqoDsw?docId=CNG.c3ad6b925a06b42ef869a4d87a4891e7.c11

    Plus sérieusement, et rassurant, le sérieux et l’intelligence finissent par payer puisque Hollande opère une belle remontée dans les sondages.
    http://www.francesoir.fr/politique/ps-la-percee-de-hollande.84626
    Si DSK n’y va pas, je prend le pari que ce sera lui.

    • Pablo dit :

      Royal ne cherche pas exister, elle est en train (encore une fois) d’avancer les arguments pour justifier sa candidature aux primaires, quoi qu’il arrive, que DSK soit candidat ou non.

      C’est bien évidement son droit, mais de fait son jeu collectif fond comme neige au soleil.

      • infox dit :

        Pourquoi devrait-elle justifier sa candidature aux primaires?
        Elle est légitime comme tout un chacun. Et c’est bien çà qui l’emmerde.
        Elle aurait préféré être la seule, comme au bon temps de Mitterrand.

        • Pablo dit :

          Je me suis mal exprimé. Il faut relire ses interventions depuis quelques mois.

          Elle a commencé par dire qu’elle pourrait ne pas être candidate si d’autres étaient mieux placés.

          Elle s’est inscrusté dans le sois disant « pacte Aubry-DSK-Fabius » pour déterminer le mieux placé et éviter les affrontements inutiles.

          Elle a ensuite dénoncé ce pacte, tout en disant que si DSK était candidat, elle pourrait retirer se ranger derrière lui s’il s’avérait être le mieux placé.

          Dans les liens que tu as donné, on peut lire que si DSK revient, elle discuterait d’abord avec lui pour voir s’il est vraiment en position de gagner, et si c’est le cas, elle lui imposerait ses conditions sous peine de se présenter.

          Ce n’est pas sa candidature qui je conteste, elle en a le droit, ni plus ni moins, mais tout ce jeu de « si », « sauf », « à condition que » qui ne trompe au final personne.

          Elle fait style de jouer collectif en disant qu’elle pourrait se retirer en faveur de celle/celui qui serait le mieux placé, mais pose des conditions qui justifient de toute façon sa candidature.

          Hollande ou Valls ont le mérite de la clarté. Que DSK soit candidat ou non, ils comptent bien se présenter aux primaires.

          • La gauche, oui, le PS actuel, non dit :

            C’est vraiment du délire. Heureusement que Royal est là sinon vous vous ennuieriez sévère.
            « Elle aurait préféré être la seule, comme au bon temps de Mitterrand. »
            Seulement, elle a été l’une des premières à défendre le principe des primaires, ce qui implique une diversité de candidats, et démolit cette affirmation.
            Et pour Pablo, l’alliance, de quelque nature qu’elle soit, suppose qu’il y a entente sur le fond, sinon retour case départ, c’est-à-dire chacun défend ses convictions au travers de son programme, d’où l’intérêt, et le seul, des primaires.
            Dites plutôt que vous ne voterez pas pour elle aux primaires pour toutes les raisons qui vous sont propres mais n’allez pas argumenter de cette façon. Vous n’êtes pas crédibles.

          • Pablo dit :

            La gauche oui…

            Dans la mesure où les candidats potentiels ou déclarés font partie du même partie, j’espère bien qu’il y ait un minimum de points communs pour se rassembler et s’entendre.

            Dois-je rappeler que si les primaires impliquent une diversité de candidatures au départ, une seule personne sortira vainqueur du processus, avec le(s) parti(s) et tous les candidats malheureux rassemblés derrière cette personne.

            Et à ma connaissance, on tend vers une diversité de candidatures (Valls, Hollande, Royal, Montebourg se sont déjà déclarés), et le rassemblement doit être facilité par une charte ethique et une sorte de congrès de rassemblement.

            Par ailleurs, le fait que je ne voterai pas Royal ne m’interdit en rien de m’exprimer sur elle. A ce titre, vous qui la soutenez, on pourrait dire que vous n’êtes pas crédible ou sans arrière pensé dès que vous vous exprimez sur un autre candidat déclaré ou potentiel.

            Je remet ce que j’ai écrit: « Ce n’est pas sa candidature qui je conteste, elle en a le droit, ni plus ni moins, mais tout ce jeu de « si », « sauf », « à condition que » qui ne trompe au final personne. »

            En aucun cas je dit qu’elle doit se ranger avant la tenue des primaires derrière Aubry, DSK ou un autre, mais avouez que les conditions qu’elle pose sont là pour amuser la galerie. Elle ira bien jusqu’au bout de sa démarche.

            Hollande et Valls sont plus clairs à ce propos.

          • Marie dit :

            Pablo, pour Mr Hollande vous trouvez qu’il a le mérite de la clarté sauf qu’il n’a toujours pas dit officiellement qu’il était candidat !

            mauvaise pioche …

          • Pablo dit :

            Marie

            Vous avez raison Hollande n’a pas officiellement déclaré sa candidature, mais je ne vois pas en quoi ça change beaucoup mon raisonnement exposé ci-dessus. Ce n’est pas le caractère officiel ou officieux des candidatures qui me pose problème.

            Il faut arrêter les faux semblants, Hollande se prépare depuis un an via son association « Répondre à gauche » (j’ai des amis qui y sont) et ça fait quelques mois qu’il dit aux journalistes qu’il compte bien aller jusqu’au bout, que DSK soit candidat ou pas.

  • Jonas dit :

    Eh bien moi je n’aime pas Mittérand, pour Bousquet, pour avoir fait rêver le peuple de gauche (« changer la vie » etc.) pour le décevoir cruellement et l’éloigner de la gauche de gouvernement ensuite, pour l’absence de véritable vision à long terme, pour ce pouvoir personnel et monarchique qu’il chérissait plus que son devoir envers son pays et son peuple, et finalement pour son avoir favorisé la montée de front national pour contrer la droite et avoir instrumentaliser l’anti-racisme, le rendant contre-productif. Non, je n’aime pas Mittérand, nous payons tous nombre de ses erreurs aujourd’hui.
    Après, bien sûr, je n’ai que 26 ans, je n’ai pas vécu ce passage de la droite à la gauche en 1981 après tant d’années de ouvoir exclusivement de droite, je n’ai pas eu à voter en 1981 et 1988 et j’aurais probablement voté Mittérand. Mais je n’aime pas Mittérand. Et les socialistes ou ex-socialistes qui se targue d’être la vraie gauche face aux affreux socio-libéraux-traîtres, et qui se réclament de Mittérand… eh bien je les trouve cohérent, ils se réclament de celui qui a promis au peuple et l’a « fait cocu », ce qu’ils ne peuvent que faire dans leur logique.
    Qu’on laisse les morts dans leurs tombes, surtout si c’est pour se servir d’eux. Pour ma part, je préfère flâner près de celle de Pierre Desproges.

  • Alceste dit :

    Une des raisons qui attirent vers le bloc note de P.Moscovici tient à son indéfectible talent à joindre éloge et blâme quel que soit le thème abordé. Quand on ne hait rien tant que la propagande et le fanatisme, on y trouve la garantie qu’il n’y est pas question de faire pression sur les esprits au nom de telle chapelle, comme c’est le fait de ce totalitarisme à la petite semaine qui prétend chaque matin agir sur nos consciences censées probablement être vides ou sans mémoire. S’il faut absolument déceler un parti pris, chez P.Moscovici, c’est celui de l’intelligence. On lui en a toujours su gré. Mais le billet d’aujourd’hui est carrément impressionnant. Certes, cette approbation tient en grande partie au fait que la lecture nous renvoie par un raccourci saisissant à notre propre expérience, nonobstant quelques petites années d’avance, avec les mêmes émotions, heureuses ou douloureuses, les mêmes raisons, quand on a été partie prenante de ces années-là, d’en avoir été fier ou désappointé. Mais on en tire aussi un espoir : Que ce billet ridiculise la prétention, la prétention que d’aucuns portent bruyamment en viatique au seul motif que par un dérèglement des sens ils se verraient bien à la place de Mitterrand. A vrai dire, on n’espère guère qu’il en soit effectivement ainsi, car cette prise de conscience supposerait une culture, une culture qui précisément semble honnie en ce monde du paraître et du clinquant. On y voit au contraire l’indécence et son cortège d’outrecuidances portées en étendard jusque sur les pierres tombales. Mais laissons de côté aujourd’hui ces misérables agissements, juste pour faire la place à une image parmi d’autres, qui nous est chère : Mitterrand et Kohl plantant un arbre sous la pluie glacée de Douaumont entourés d’une foule de jeunes allemands et français ; faire la place aussi à un souvenir, pénible s’il en fut, la mort de Pierre Bérégovoy quelque part sur un chemin de hallage. Deux images qui pour nous ont un sens. Auront toujours un sens.

  • jpb dit :

    « les ingrédients du succès, tels qu’il les a patiemment mis en place, restent valides aujourd’hui  »

    Cela se discute. L’histoire ne repasse pas les plats, il faut innover en fonction des circonstances. Prenons le rassemblement de la gauche, avec un PC plus que moribond, un Mélenchon apparaissant comme pervers démagogue populisme ( dont la seule ambition est de rassembler les opposants à DSK pour se positionner comme le représentant de la VRAIE gauche, dans l’espoir vain de conquérir le pouvoir à la faveur d’une situation chaotique ). Quel intérêt de perdre ainsi une crédibilité difficile à conquérir en s’exhibant avec pareilles personnes ? Ce qui faisait sens du temps du programme commun ne le fait plus.
    Convaincre une majorité de Français pour remporter la présidentielle est plus une affaire de vision que de combat. Que proposons-nous comme nouveau contrat social pour que l’électorat l’adopte et par son vote, indique le désir qu’il soit mis en place ? À part le salaire citoyen universel personnalisable, s’il y avait eu une autre proposition plus pertinente, quelqu’un sur le Net en aurait entendu parler. Et enfin pour l’Europe, quel étage supplémentaire mettre en place pour que cette dernière recrée de la richesse dans une voie clairement écologique ? S’il y a mieux que Schuman-Kanfen, il faut me le dire.

  • guillaume dit :

    Bravo pour ce texte très stimulant.

    Bien qu’il fut enterré il y a quelques temps, ne doit-on pas, à notre retour au pouvoir, reposer la question du droit d’inventaire?

    -rôle obscur sous Vichy
    -rôle opaque lors de la guerre d’Algérie
    -couverture condamnable de ses amitiés avec des collaborateurs
    -rôle lors du génocide rwandais
    -relation avec Rocard
    -…

    Tout cela fait beaucoup. En tant que socialiste, j’aimerais que le parti soit clarifie certaines positions et dise la vérité. Nous nous grandirions.

    Le PS a bseoin de cela.

    Je conçois qu’il est délicat aujourd’hui pour un dirigeant socialiste de prendre l’initiative.

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