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« La popularité de DSK n’est pas friable » – Les Echos

Catégorie : Politique | Par pierre.moscovici | 18/01/2011 à 11:38

Interview de Pierre Moscovici parue dans Les échos le 18 janvier 2011

Que pensez-vous du calendrier pour les primaires adopté la semaine dernière par le PS?

L’essentiel est préservé : nous avons évité les primaires prématurées et la désignation se situera à l’automne. Je regrette néanmoins que la date de la clôture des candidatures ait été fixée au 13 juillet : cela risque d’ouvrir une campagne longue, informelle, qui se déroulerait pendant les sénatoriales, une période où nos candidats ont plutôt besoin de sérénité. Cette disposition n’est satisfaisante pour personne. Mais il faut que les socialistes apprennent à respecter les décisions collectives.

Ce timing complique-t-il la tâche de Dominique Strauss-Kahn?

Non, pas plus que celle d’un autre candidat. En revanche cela l’expose, s’il est candidat, à revenir dans ce long faux plat de l’été. Ce calendrier n’est pas optimal, mais il n’est pas dramatique non plus. La position de Dominique Strauss-Kahn dans les sondages reflète une réalité : il est le mieux à même de rassembler et rassurer une majorité des Français après un quinquennat confus et erratique, et de résoudre les problèmes économiques du pays. Rien ne doit être fait qui puisse réduire ses chances. Nous serions fous ou masochistes de faire quoi que ce soit qui mette en difficulté celui d’entre nous qui est le mieux placé pour l’emporter.

Ne craignez-vous pas que la conduite du G20, au mois de juin, trouble son image d’homme de gauche?

Le fait qu’il soit directeur général du FMI n’est pas un handicap, c’est un atout. Il montre dans sa fonction ce qu’un keynésien peut apporter à l’économie internationale. Il va jouer un rôle important de proposition en matière de relance de l’économie, de régulation du système monétaire et financier international. Il réussit cette gageure d’être à la fois le patron du FMI et de gauche.

Que pensez-vous des attaques incessantes de Jean-Luc Mélenchon à son encontre?

Jean-Luc Mélenchon a choisi un créneau « marketing », qui est celui du populisme de gauche. Certes il ne faut pas dénoncer la volonté d’être populaire, mais le populisme est généralement de droite ou d’extrême-droite. Jean-Luc Mélenchon a été un ministre très réaliste, très socialiste… ce rôle d’imprécateur ne lui va pas très bien. Jean-Luc Mélenchon ne m’inquiète pas : je sais qui il choisirait à l’issue du premier tour entre Dominique Strauss-Kahn et Nicolas Sarkozy.

Ne craignez-vous pas que le score de Dominique Strauss-Kahn dans les sondages continue de s’émousser s’il ne donne aucun signe positif de sa participation aux primaires?

Il faut toujours regarder ce que pense l’opinion et se garder d’être arrogant ou de détenir une certitude immuable. Je pense néanmoins que la popularité de Dominique Strauss-Kahn n’est pas friable. Ce n’est pas par caprice ou foucade que les gens espèrent son retour, c’est parce qu’il est le président que les Français attendent. Tant en ce qui concerne la capacité à rétablir l’image de la France en Europe dans le monde, à trouver des solutions face à la crise, à relancer la croissance et l’emploi ou à instaurer plus de justice sociale. Une fois que l’on a identifié ces enjeux et que l’on se demande qui est le mieux placé, à la chaque fois la réponse est : Dominique Strauss-Kahn.

Faut-il maintenir l’université d’été de La Rochelle alors que les candidats du PS seront en campagne?

A partir du moment où la campagne des primaires commence le 13 juillet, il y a un risque fort que La Rochelle se transforme en lieu de confrontation des candidats aux primaires, et donc que ce moment de débats soit dévoyé. Jusqu’à présent, jamais La Rochelle n’a été supprimée, mais jamais, non plus, les socialistes n’ont organisé des primaires !

Le projet qui sera adopté fin mai lors de la « convention des conventions » liera-t-il d’une manière ou d’une autre le candidat du PS en 2012?

« Le projet que nous adopterons doit être le socle commun », dit justement Martine Aubry. Cette formule explique bien ce qu’il doit être et ce qu’il ne peut pas être. Il doit être un projet de qualité, hiérarchisé, sélectif, chiffré, bref ambitieux et crédible. Pour ce faire, nous devons élever clairement notre niveau de jeu. S’il était bâclé, notre projet atteindrait la crédibilité du Parti socialiste et plomberait le candidat, quel qu’il soit. A l’inverse, si le projet est bon, n’importe quel candidat aura tendance à puiser dedans. Ce projet ne peut pas non plus être exactement celui du futur candidat du PS. Nous sommes en Ve République, l’élection présidentielle suppose un lien personnel entre un candidat et les Français face à la crise. Il n’y a pas de mandat impératif. Notre candidat ne pourra pas tout défaire, mais il ne sera pas non plus impérativement lié par un projet qu’il n’aurait plus qu’à mettre en musique.

Si Dominique Strauss-Kahn renonce à se présenter, quel serait selon vous le deuxième meilleur candidat du PS à la présidentielle?

Vous me demandez quel serait le deuxième meilleur candidat, moi je préfère penser au premier ! Il y a Dominique Strauss-Kahn et les autres. En dehors de lui, personne ne s’est imposé. Il est dans une position tellement à part que s’il devait déclarer forfait ce serait un coup dur pour nous tous. Cela affaiblirait nos chances, même si cela ne les annihilerait pas. S’il renonce, j’estime que le courant social-démocrate du Parti socialiste devra être représenté et je me lancerai dans les primaires. Tel n’est pas mon souhait. Je suis totalement focalisé sur le fait que rien ne doit empêcher sa candidature et qu’il faut au contraire la préparer.

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49 commentaires

  • Gilles dit :

    Ce serait intéressant de savoir ce que Pierre Moscovici pense des faits et gestes de DSK en Tunisie (il y a 2 ans):

    http://www.rue89.com/2011/01/17/raoult-sarkozy-et-dsk-sur-la-tunisie-les-videos-qui-font-mal-186100

    Ou de ce qu’on apprend grâce à Wikileaks:
    http://theorie-du-tout.blogspot.com/2010/12/billet-vu-sur-wikileaks.html

    Merci d’avance pour les clarifications (parce que je ne sais pas toujours trop quoi penser: faudra-t-il voter pour vous à contrecoeur?).

  • bleu-etoiles dit :

    Pierre, il serait temps ,que tu prennes ta plume ,pour écrire un aticle dans le JDD, par exemple ,pour arreter le « carnage » sur
    DSK .Entre les septs péchés capitaux de DSK , »Strauss-kahn et l’anarque sociliste » et « avec DSK, le PS s’enfonce », les propos
    de J.L Mélenchon qui manipule ses déclarations ,ou qui ne les replacent pas dans le contexte chronologique ,y compris dans les tracts du parti de gauche ;
    J.L Mélanchon, qui se presente comme la fureur (furher !)citoyenne-
    je fais du melanchon-, merite un coup d’arret!!

  • Bloggy Bag dit :

    Concernant le FMI et DSK, je vous conseille ces vidéos au cas où vous ne les auriez pas encore vue.
    Dans l’espoir que certains arrêtent de raconter des imbécilités…

    http://wordpress.bloggy-bag.fr/2011/01/21/la-crise-le-monde-le-fmi-limpact-de-la-vision-de-dominique-strauss-kahn/

  • Bloggy Bag dit :

    Petit retour sur le sondage RMC 20mn.

    Dans ce sondage, Martine gagnerait les primaires sauf que dans le même sondage elle ne passe pas le 1er tour de ces primaires, pourtant on a pléthore de manchettes sur « Martine bat DSK ». C’est t’y pas beau ?

    Je cite RMC : http://www.rmc.fr/editorial/144136/primaires-ps-dsk-en-tete-au-1er-tour-mais-battu-par-aubry-au-second/

    « Dans l’hypothèse où Dominique Strauss-Kahn se présenterait aux prochaines primaires socialistes en octobre, il arriverait très largement vainqueur du premier tour (37%), devant Ségolène Royal (26%), Martine Aubry (16%) et François Hollande (14%).
    « 

  • Marie dit :

    J’aime la citation en haut de votre blog et elle peut être mise au féminin  » La femme libre est celle qui n’a pas peur d’aller jusqu’au bout de sa pensée  »

    Je m’étonne que les responsables politiques tel que vous Pierre Moscovici vous vous basiez sur des sondages alors que seul suffrage c’est le vote !

    Il faut de la prudence, les sondages en 2002 n’avaient rien prévu …

  • Zizi dit :

    C’est franchement consternant de voir Pierre donner comme argument de légitimité de DSK sa popularité. C’est une preuve de décadence du Parti socialiste: après avoir moqué à raison Ségo-la démocratie d’opinion, ils se soumettent à cette même démocratie d’opinion. Dans cette même démocratie d’opinion, ils prennent le pire baromètre, la coté de popularité, un machin qui mesure plus l’adhésion à une personne que l’adhésion à des idées. Je ne parle même pas des simulations de second tour qui veulent juste dire que les Français trouvent Hollande moins vulgaire que NS, DSK et Aubry plus sérieux que NS et considèrent l’image de NS désormais comme aussi dégradée que celle de SR (d’où le 50/50:)). Le point commun de tout ça: il n’est jamais question de savoir quel modèle de société on veut, comment on peut de façon réaliste en finir avec une catastrophe comme le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux, comment on peut lutter contre le partage des richesses au détriment des salariés… Certes, une élection se jouant sur l’image est un cas très fréquent aux US. Mais nous sommes en France, le pays qui a créé la Gauche et la Droite, un pays avec une vraie culture politique. Tous ceux qui concourent aux primaires devraient s’en souvenir.

    • jpb dit :

      Le partage des richesses n’est pas lié au fait d’être salarié, il y a les chômeurs, les rmistes, les petits patrons, les artisants, les PDG, etc. Quand aux fonctionnaires, peu importe le nombre, l’important, c’est qu’ils soient efficaces en terme sociétal. Certains, ne sont là, que pour remplir leur gamelle, tout le monde le sait…
      Que DSK soit populaire, c’est juste pour le peuple, les Français, reconnaitre une réelle compétence en matière économique, alors que la gauche de la gauche lui chie dans les bottes. Que Pierre le soutienne, quoi de plus normal, qu’il accepte que Mélenchon l’assassine au coin du bois, ça se discute. :-(

  • La gauche, oui, le PS actuel, non dit :

    « La popularité de DSK n’est pas friable»
    Une belle affirmation, mais tout le monde n’est pas d’accord :

    Le décalage entre le socle culturel de l’opinion et le positionnement de DSK laisse planer un doute sérieux sur la performance de son profil pour la présidentielle 2012.

    L’opinion publique moderne connait des « bulles médiatiques » qu’elle fait exploser d’un coup.

    Lors de la présidentielle américaine 2008, ce fut le cas de Rudolph Giuliani.

    L’ex Maire de New York, un temps dénommé le « Maire des Etats-Unis » tant il était populaire, était donné gagnant de la primaire républicaine.

    Gagnant jusqu’au jour où il est entré … en campagne officielle. D’un coup, il fut alors affublé de tous les maux :
    – prétention pour cause de départ tardif,
    – vie privée trop « laxiste »,
    – rémunérations professionnelles trop élevées avec possibilités de conflits d’intérêt,

    Le merveilleux en dehors de la mêlée devenait très fragile une fois dans la mêlée …

    Il fit un petit tour et partit.

    Pour DSK, son profil est en principe à l’opposé des tendances culturelles du moment.

    Il incarne l’élite quand l’opinion veut la sanctionner. Il incarne l’élite politique quand son épouse incarne de surcroît l’élite médiatique.

    Il incarne la mondialisation quand l’opinion attend un retour au fait national.

    Il incarne la mondialisation financiarisée quand l’opinion veut sanctionner la finance.

    Il incarne les revenus très élevés quand l’opinion attend de l’exemplarité et du comportement public spartiate.

    Comment ces décrochages objectifs pourraient ne pas impacter sévèrement une candidature DSK ?

    http://www.exprimeo.fr/article/6362/dominique-strauss-kahn-et-les-bulles-mediatiques.htm

    • Nicolas(Nantes) dit :

      si tu cherches à dire simplement qu’il n’y a pas de profil idéal, oui tu as raison, tous les candidats ont leur liste de défauts.

      Maintenant, il y en a un qui empêchera toute chance de gagner : l’absence de crédibilité et de capacité à gérer un pays. Et ça, quand tu l’as pas, bah tu l’as pas !

    • Pablo dit :

      Ce qui est intéressant, c’est qu’on nous a longtemps bassiner les oreilles avec le besoin de candidats de proximité, très présents
      localement et médiatiquement, et qu’aujourd’hui l’homme politique qui a la meilleure côte de popularité est le plus éloigné de la vie politique française.

      Je pense qu’une des raisons de ces sondages aux résultats plutôt favorables, c’est la crise économique actuelle. DSK ayant la réputation d’être un homme compétent en la matière, que cette compétence soit surestimée ou non, il colle avec les attentes du moment. Si la situation économique s’arrange, il pourrait ne plus être autant apprécié.

      • La gauche, oui, le PS actuel, non dit :

        Oui l’opinion tente de se raccrocher à une bouée sans chercher à savoir si elle est rose ou bleutée.
        Ils ont l’air de converger vers cette bouée « providentielle » sans se préoccuper du programme de l’individu.
        C’est un économiste silencieux…un gage de qualité…bof.
        Il y a quand même 53% de nos concitoyens qui ont voté sarko, c’est dire le niveau global…

        • Pablo dit :

          « Oui l’opinion tente de se raccrocher à une bouée sans chercher à savoir si elle est rose ou bleutée. »

          La métaphore de la bouée n’est pas très judicieuse ici. Quand on est sur le point de se noyer, il faut être stupide pour se demander si la couleur de la bouée nous convient pour s’y accrocher :)

          « Ils ont l’air de converger vers cette bouée « providentielle » sans se préoccuper du programme de l’individu. »

          J’ai eu la même impression en 2006 lorsque le PS a désigné Ségolène Royal comme candidate (je n’étais pas militant alors) :P

          Tout le monde n’est pas politisé. On peut regretter que les gens ne s’intéressent pas aux programmes ou qu’ils votent en fonction de l’image gendre-idéal, de son étiquette politique, des sondages répétés, de ce que dit monsieur tartanpion à la télé ou madame michou la voisine qu’à l’air de s’y connaitre… mais je vois pas comment changer ça dans l’immédiat.

  • Hadrien dit :

    DSK OU LE COURANT UMPS

    A l’Europe de Delors et la mondialisation de Lamy, il manquait évidemment, pour finir de discréditer la social-démocratie, la politique intérieure de DSK: carcan monétaire, privatisations, stock-options, fonds de pensions,etc.
    c’est à dire les sept péchés capitaux de DSK répertoriés par François Ruffin

    LE CARCAN MONETAIRE : SANS CONDITIONS

    « Dominique Strauss-Kahn convainc Lionel Jospin de jouer à fond la carte de l’euro », Le Monde.

    « Sous conditions ». Voilà la formule que trouvent, sur la monnaie unique, Dominique Strauss-Kahn et Lionel Jospin dans la soirée du 4 septembre 1996. C’est qu’en ces journées où le Parti socialiste concocte son programme, le Mouvement des Citoyens de Jean-Pierre Chevènement et les communistes réclament un nouveau référendum. Les Verts demeurent, à l’époque, opposés à Maastricht. Et même au sein du PS, la majorité soutient Henri Emmanuelli : « Si on veut retrouver la croissance, il faut sortir du carcan monétaire. »
    Devant cette offensive, DSK cherche la parade : le passage à l’euro se fera, mais sous « conditions ». Avec, notamment, l’affirmation d’un « gouvernement européen » face à la future Banque centrale, le rejet d’un euro surévalué par rapport au dollar, et la révision du pacte de stabilité.
    Sitôt promis, sitôt trahi. « Au lendemain des élections législatives de 1997, Dominique Strauss-Kahn convainc Lionel Jospin de jouer à fond la carte de l’euro, et, oubliant les fameuses conditions que posaient auparavant les socialistes à son lancement, de se convertir au très contraignant pacte de stabilité » (Le Monde, 3 novembre 1999). Les ministres européens des finances se disent vite « rassurés », se montrent « confiants » : aucun « séisme » ne secouera l’Europe. La « discipline budgétaire » est acceptée, le traité d’Amsterdam signé (18 juin), et même : « les quinze accélèrent la création de la monnaie unique » (16 septembre).
    DSK n’a guère bataillé. Ou seulement pour que Jean-Claude Trichet succède à Wim Duisenberg à la tête de la BCE : qu’un libéral français succède à un libéral néerlandais, voilà une jolie victoire… Depuis, tout le pouvoir est laissé aux banquiers, « indépendants », hors de contrôle démocratique. Eux se soucient de la seule inflation, qui menace la rente – guère de l’emploi. Et la gauche ne peut que se lamenter, impuissante, contre un « euro surévalué ».
    Le « carcan monétaire » ne s’est pas desserré. Mais renforcé.

    SERVICES PUBLICS : « LE PLUS GRAND PRIVATISEUR »

    « Lionel Jospin privatise plus que Alain Juppé » Le Monde.

    « Nous refusons la privatisation des services publics et leur transformation en objet de profits. » La plate-forme de la gauche plurielle n’avait rien de bolchevik, aucune nationalisation n’était prévue : ne pas privatiser, l’engagement, modeste, semblait tenable.
    Aussitôt installé à Bercy, pourtant, DSK reçoit Michel Bon, le PDG de France Télécom – qui plaide pour une « ouverture du capital » de son entreprise. A son tour, le ministre des finances « fait le siège de Matignon », et Lionel Jospin soupire : « Puisqu’il n’y a pas d’autre solution… » Dès sa déclaration de politique générale, le 19 juin 1997, à l’Assemblée, le Premier ministre revient alors sur son engagement de campagne, et prévient que, pour les services publics, « des adaptations seront nécessaires ».
    « Après une concertation sociale approfondie » – il faut cela pour avaler des couleuvres -, « Jospin donne son feu vert, début septembre, à une privatisation partielle. A Bercy, DSK se réjouit » (Le Nouvel économiste, 23/04/99). La « commission des privatisations », mot honni, est rebaptisé « commission des transferts » – et sous la houlette du grand argentier, elle « transfert » beaucoup : France Télécom d’abord, Thomson-CSF, Thomson Multimédia, Air France… DSK est médaille d’or : « le plus grand des privatiseurs », pour Les Echos (3 novembre 1999), tandis que Le Monde dresse ce constat : « Lionel Jospin privatise plus que Alain Juppé » (7 août 1998).
    Privatiser, soit, mais pour quel résultat ?
    Libéré de l’Etat et de ses pesantes contraintes, Michel Bon verse dans la folie des grandeurs : jusqu’alors prospère, France Télécom rachète, en 2000, le britannique Orange pour 50 milliards d’euros, acquiert quelques autres babioles, devient la seconde entreprise la plus endettée du monde, à hauteur de 75 milliards d’euros, et frôle le gouffre dès 2002. Ce fleuron du service public n’évite la ruine que grâce… à l’Etat : bon bougre, il remet 15 milliards au pot. Et son nouveau PDG, Thierry Breton, s’engage sur 15 autres milliards d’ « économies en interne » – sur le personnel, donc. Les suicides à répétition, chez les agents Orange, la pression qu’ils subissent, trouvent leur source ici. Dans un choix politique. Effectué sous un gouvernement de gauche.

    AIRBUS : EN CADEAU A LAGARDERE

    C’est à cet « incompétent » que DSK a remis les clés du trésor.

    « Une excellente nouvelle », voilà comment Dominique Strauss-Kahn, alors ministre des finances et « coordinateur aéronautique en Europe », salue la privatisation de Aérospatiale. Et c’est à Lagardère qu’est confiée l’entreprise – un patron qui fréquentait le Cercle de l’industrie…
    A toutes les étapes du « deal », c’est DSK qui a négocié. Et tout accordé : « Airbus », d’abord, cette mine d’or – à une société, Matra, pourtant étrangère aux avions civils. Une ristourne sur les actions, aussi, évaluée à quatre milliard de francs. Et surtout, les pleins pouvoirs au privé : malgré les 15% qu’il possède encore, l’Etat français se retrouve « interdit de gestion ». Ses intérêts sont représentés par Jean-Luc Lagardère (0,9% du capital), dont les lieutenants (Philippe Camus, Noël Forgeard, Jean-Louis Gergorin, Philippe Delmas, Jean-Paul Gut) occupent les postes-clés. Europe 1, la radio de Lagardère peut exulter : « L’équipe Jospin sort des entreprises du giron de l’Etat à un rythme deux fois supérieur à celui de la droite. Pour ce qui est d’Aerospatiale, il était temps. » (16/02/99).
    Et pourquoi pareille urgence ?
    Par voracité. Durant « cinq années de dividendes », les actionnaires se goinfrent le cours du titre en bourse grimpe de 70 %, un rachat d’actions, à hauteur de 7 milliards d’euros, est programmé. Autre chanson, pour les salariés : à l’automne 2006, la direction décrète la plan Power 8, 10 000 emplois seront supprimés en Europe, délocalisés. L’injustice sociale se double d’un scandale financier : « J’ai le choix de passer pour quelqu’un de malhonnête ou d’incompétent qui ne sait pas ce qui se passe dans ses usines. J’assume cette deuxième version », se défend étrangement Arnaud Lagardère (Le Monde, 15 juin 2006).
    C’est à cet « incompétent », donc, que DSK a remis les clés du trésor – et l’héritier s’est servi à pleines mains. Mais l’ancien ministre n’en paraît pas fâché : au moment de l’affaire, Strauss-Kahn publie une tribune dans Le Monde (également copropriété de Lagardère) sans que ce nom ne soit prononcé. Ni Jean-Luc, ni Arnaud. C’est qu’un pacte les unit – dont le politique récolte aujourd’hui les fruits médiatiques…

    STOCK-OPTIONS : LA FISCALITE DES PATRONS

    Le Ministre des finances…fait ce que la droite n’avait pas osé faire

    Sujet sensible. DSK avance donc pas à pas : dès l’automne 1997, « les bons de souscription de parts de créateurs d’entreprise » – stock-options, en français… – bénéficient d’une fiscalité allégée, mais simplement pour « les sociétés de moins de sept ans ». Un an s’écoule, et en 1998, c’est désormais pour « les sociétés de moins de quinze ans. » En janvier 1999, Dominique Strauss-Kahn croit désormais l’heure venue : toutes les stock-options, désormais, même celle des patrons du CAC 40, seront imposées à 26 % – et non plus à 40 %… Le Ministre des finances de la gauche plurielle défait, ici, ce que la droite a construit : c’est Alain Juppé, deux ans plus tôt, qui avait relevé le taux d’imposition de 26 % à 40 % !
    Le cadeau est trop gros : c’est un tollé. « Quatre milliards de francs pour 12 000 privilégiés, s’emporte Louis Viannet, le leader de la CGT, comparés aux 4,5 milliards de francs dégagés pour quelque 4 à 5 millions de chômeurs ou d’exclus, on voit de suite qu’une telle mesure irait dans le droit fil de la justice sociale !… » (Le Monde, 9/01/99). Les communistes et les Verts protestent. D’autant que, malchance, on apprend alors que Philippe Jaffré, l’ancien (et nullissime) patron d’Elf, serait parti avec deux cents millions d’indemnités et de stock-options. Les députés socialistes, en rébellion contre Bercy, déposent un amendement pour relever la taxe à 54 % – comme l’impôt sur le revenu… finalement abandonné.
    On en reste au statu quo, un match nul. Et bientôt mis en examen, DSK ne mènera pas son combat plus loin. Mais à ses amis patrons, par pragmatisme, il aura tout de même évité quelques désagréments : la Taxe Tobin sur les transactions financières, prônée dans le programme mais aussitôt repoussée. L’impôt sur la fortune, qui devait s’étendre aux biens professionnels : les grandes fortunes y échapperont. Même les niches fiscales dans les DOM-TOM seront prolongées ! Quant à la taxe professionnelle, elle sera allégée de vingt milliards de francs en cinq ans…

    BANQUE : SE DEBARRASSER DU PÔLE PUBLIC

    « La mise en place d’un grand pôle financier public. » Voilà la promesse qu’adresse, au printemps 99, Dominique Strauss-Kahn aux députés communistes. C’est que le groupe PC à l’Assemblée bougonne. D’ « établissements de crédit à but non lucratif », les Caisses d’Epargne vont se transformer en en « banques coopératives », et nettement plus lucratives – un « véritable bouleversement » comme le titre La Tribune (7/02/00).

    En fait de « grand pôle financier public », Libération le félicite : « Et de cinq. Après le GAN, le CIC, la Marseillaise de Crédit et le Crédit Lyonnais, Dominique Strauss-Kahn n’avait plus qu’un dossier à boucler pour achever son grand œuvre, connu sous le nom de code de ‘restructuration du secteur financier’ : la cession du Crédit foncier de France (CFF). Depuis hier, voilà l’affaire réglée. (…) L’Etat s’est débarrassé de la dernière banque publique » (Libération, 11/07/99). On ne saurait mieux dire : bon débarras ! Devant pareille « œuvre », le ministre des Finances s’auto-congratule : « Le secteur financier public a été remis sur les rails. » Et comment ? En supprimant « le secteur financier public » ! Même le quotidien patronal Les Echos est surpris de cette prouesse : « La réduction spectaculaire de l’emprise du public, depuis deux ans, se réclame du réalisme » (7/10/99).

    C’est qu’à chaque fois, DSK sait trouver les mots qui touchent. Pour l’ouverture du marché de l’électricité, par exemple, trait de génie, il avait inscrit un « droit à l’énergie », et ça avait marché : les parlementaires avaient approuvé. Pour la « privatisation des Caisses d’Epargne », il ajoute un petit mot sur le « développement durable » et contre « l’exclusion bancaire ». Ca fait joli, et ça marche encore.

    Dix ans plus tard, en fait de « développement durable », l’Ecureuil est devenue une « vraie banque»: il s’est lancé à fond dans la spéculation. Jusqu’à la débâcle record de Natixis – près de 10 milliards épongés par les contribuables…

    RETRAITES : DES FONDS DE PENSION « A LA FRANÇAISE »

    « Une tentative pour faire avancer la retraite par capitalisation au détriment des régimes par répartition » : voilà comment, durant la campagne de 1997, le porte-parole du PS, François Hollande, condamne les fonds de pension.

    Changement de partition, à l’automne : « la création d’un système de retraite par capitalisation (fonds de pension), en marge des régimes par répartition actuels, est de nouveau à l’ordre du jour. Le ministre des finances, Dominique Strauss-Kahn, a expliqué devant les financiers réunis par la Commission des opérations de Bourse (COB), mardi 9 décembre, qu’il allait relancer la réflexion sur les fonds de pension à la française » (Le Monde, 11/12/97).

    C’est son dada, à DSK – et depuis un bail. Dès 1982, avec son ami Denis Kessler, ils publient L’Epargne et la retraite – un ouvrage qui plaide en faveur des « assurances vie ». Leurs trajectoires divergent, apparatchik socialiste pour l’un, dirigeant de AXA, puis de la Fédération française des sociétés d’assurance pour l’autre, mais les deux co-auteurs ne se quitteront plus. On dîne ensemble à la maison. DSK invite DK à s’exprimer devant les cadres du PS. DK invite DSK à s’exprimer aux Journées de l’assurance – contre 20 000 F. Et quand ils se retrouvent tous deux aux affaires, l’un comme « n°1 bis du MEDEF », l’autre comme maître de Bercy, les deux partenaires s’accordent pour créer des « fonds partenariaux » – un mot qui sonnait moins anglo-saxon.

    Là encore, sa mise en examen – et les réticences des députés – bloqueront le projet. Mais le grand argentier n’a pas dit son dernier mot : « Si on arrive à vivre 100 ans, déclarait-il en mai dernier sur France 2, on ne va pas continuer à avoir la retraite à 60 ans, il va bien falloir que d’une manière ou d’une autre ça s’ajuste. Dans beaucoup de pays, c’est la voie qui est choisie. » Comme quoi, sur les grands projets, pour les grandes idées, le directeur du FMI peut se soucier de politique intérieure…

    LA STRAUSS-KAHNISATION DE JOSPIN

    Avant qu’il entre à Matignon, Lionel Jospin sermonnait DSK: « Ne répète pas ce que te disent les patrons », lui reprochait de « baigner dans le patronat », s’agaçait de ses dîners en tête à tête avec le CAC 40.

    Mais aussitôt Jospin chef du gouvernement, DSK est son « conseiller particulier » : « Le Premier ministre écoute beaucoup le ministre des Finances, et que lui répète alors le « réaliste », le « pragmatique » Dominique Strauss-Kahn, sur Vilvorde, sur Michelin, sur l’Europe ?
    Que « les marges de manœuvre sont très faible », qu’ « il n’y a pas d’autre solution », etc., comme l’avait fait Delors auprés de Mitterand…
    Alors qu’une tentative de transformation réclame toujours, à gauche, une confrontation au monde, aux forces d’argent, à leurs médias, aux intérêts des élites, aux diplomaties conservatrices, Lionel Jospin « écoute » l’homme qui, dans son entourage, accepte pleinement cet ordre des choses – et lui recommande la même acceptation.

    D’où une métamorphose que raconte, surpris, Le Nouvel Economiste, au printemps 1999, titrant «Jospin le libéral » : « C’était mardi 6 avril, devant l’auditoire très select de la Fondation Saint-Simon. Lionel Jospin était venu s’expliquer sur ses conceptions économiques : ‘J’ai évolué, a-t-il avoué ce jour-là…affichant sans complexes son pragmatisme de gauche, devant la crème de l’establishment, au cœur du temple de la pensée unique. »

    « Mon programme n’est pas socialiste », proclama le gentil Lionel pour lancer sa candidature à la présidentielle. On connaît la suite.

    • Sina dit :

      HEUREUSEMENT QUE « LA POPULARITÉ DE DSK N’EST PAS FRIABLE »…

      Decillons, en effet, cette fausse ingénuité quant au “socialisme” de DSK:
      Propos de Christine Boutin, recueillis par Laureline Dupont – Marianne | Lundi 29 Novembre 2010 :
      » Dominique Strauss-Kahn me semble le mieux placé pour concourir face à Nicolas Sarkozy ce qui est finalement assez étonnant parce qu’ils sont très proches sur le plan philosophique et idéologique. Pourtant, il semble que ce soit lui qui tienne la corde en face. »
      habsb sera ravi d’apprendre l’idée nouvelle entre toutes de Moscovici sur «ces nouveaux outils économiques : les différentes contributions et taxes (telles que la TVA) », relayant son mentor DSK qui avait évoqué « des instruments plus transparents au niveau européen, comme une TVA européenne»,
      que l’on retrouve sous la plume, et maintenant sur le blog, de cet autre inévitable grand démocrate et ancien socdem qu’est le banquier Peyrelevade:
      17 nov. 2010 Le Figaro
      Pourquoi il faut augmenter la TVA
      Pour le banquier, une hausse de cet impôt sur la consommation est indispensable pour réduire les charges des entreprises.
      Je ne peux qu’adresser ici à DSK et son disciple les mêmes félicitations qu’à leur aîné:
      Bravo DSK, bravo les démocrates, les grands esprits se rejoignent !
      Ainsi, face à la crise due à l’impéritie de la finance globalisée, les financiers proposent déjà leur remède: l’augmentation de la TVA dont la caractéristique, on le sait, est d’être le plus durement ressenti par les faibles revenus. Rappelons ici à nouveau que les taxes, contrairement aux impôts sur le revenu, ne sont ni progressives, ni même proportionnelles, mais constantes: les mêmes pour Mme Bettencourt au revenu annuel de 400 millions, pour DSK qui reçoit 500 000 euros nets d’impôts au FMI, et pour le chômeur en fin de droit. C’est génial !
      DSK nous avait déjà fait comprendre ses motivations personnelles d’une rare subtilité concernant les travailleurs: “je n’ai pas le dogme des soixante ans…”
      Il nous en a dit plus, dans la Tribune, sur la durée du travail: « Les citoyens ne sont pas à leur plein potentiel… »
      Denis Kessler, ancien maoiste devenu N° 2 du MEDEF de 1994 à 1998, le déclarait tout de go en félicitant le nouveau président de la République Sarkozy, le 4 octobre 2007, dans le magazine Challenges :
      « A y regarder de plus près, on constate qu’il y a une profonde unité à ce programme ambitieux. La liste des réformes ? C’est simple, prenez tout ce qui a été mis en place entre 1944 et 1952, sans exception. Elle est là. Il s’agit aujourd’hui de sortir de 1945, et de défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance ! ».
      Au fait, qui a soutenu DSK dans sa candidature au FMI ?
      Et quel autre point commun relie donc Kessler à DSK ? C’est facile:
      Comme on l’a déjà signalé, c’est Claude BEBEAR, président du conseil de surveillance du principal groupe d’assurances au monde AXA, qui l’a rappelé en déclarant:
      “ Il y a vingt ans, nous étions quelques assureurs à avoir chargé Denis KESSLER et Dominique STRAUSS-KHAN d’une étude sur les fonds de pension . Ils avaient démontré tout l’intérêt de ces fonds , s’opposant en cela à l’opinion générale, et il nous a fallu vingt ans d’explications, de conférences pour faire admettre à 80% de la population qu’il était salutaire de compléter par une dose de capitalisation la retraite par répartition. Convaincre demande de la patience: tout l’art de gouverner consiste à faire passer les idées et à apprécier le moment où elles peuvent être mises en application.”
      (Entretien avec le Figaro Magazine, 13 Juillet 2002)
      Par une ironie de l’histoire, tous ceux-là montrent le nouveau modèle, l’eldorado des temps modernes: la Chine, qui a subitement gagné ses galons de respectabilité du simple fait que son régime inchangé permet aujourd’hui d’y « investir » et réaliser des plus values sur le travail sans commune mesure avec celles de notre vieux continent.
      Ainsi, les fonds de pension imaginés par Strauss-Kahn et Kessler pourront faire fructifier à souhait sur ces terres lointaines les faramineux montants que représentent nos actuels budgets sociaux. Ne sont-ils pas supérieurs au budget de l’Etat ? Voilà donc qui est parfait… Aprés avoir spéculé sur les dettes budgétaires, le monde de la finance mondialisée pourra bientôt gagner encore plus d’argent sur les dettes sociales !
      – Mais tout celà ne va-t-il pas s’écrouler ? demande le profane. Cette finance mondialisée ne peut indéfiniment soustraire leurs ressources et leurs acquis aux gens, sans qu’ils s’en aperçoivent…
      – Pensez donc ! Ils ont voté Sarkozy lorsque celui-ci le leur disait ouvertement… Ils voteront bien Strauss-Kahn qui ne leur en dit que la moitié !

      • Hadrien dit :

        ET PENDANT QU’ILS NOUS INVITENT À JEÛNER… LES BANQUIERS SE GAVENT !

        Le New-York Times d’hier révélait ce qu’absorbe Goldman Sachs par la seule rétribution de ses “partners”, c’est à dire quelques centaines des “executives” qui oeuvrent à sa prospérité. Ce n’est pas par millions, mais par milliards (billion) qu’il faut compter, c’est à dire des sommes commensurables aux dettes qu’accumulent les Etats. Encore ne s’agit-il là que d’une seule banque d’affaires dans le monde:

        “The documents illustrate just how much wealth the partnership owns and has cashed out. Goldman has almost 860 current and former partners, the documents show. In the past 12 years, they have cashed out more than $20 billion in Goldman shares and currently hold more than $10 billion in Goldman stock.”

        Quand on observe le gigantisme des sommes aux mains de fonds rentiers qui gravitent autour de la planète en quête de rapport (e.g. 600 OOO milliards de notionnel en CDS), alors que les Etats s’endettent au nom de leurs sujets qui travaillent (seule source de création de richesses), on se dit que ce système de prédation est instable et qu’il n’y a pas qu’en Tunisie qu’il va atteindre ses limites…

    • Bloggy Bag dit :

      Et c’est ainsi que de 1997 à 1999, puis dans une moindre mesure après le départ de DSK, que nous avons obtenu des résultats remarquables en matière économique (nous étions à l’époque en tête de train) et surtout sociale avec une diminution spectaculaire du chômage.

      Peut-être serait-il bon pour la gauche « radicale » de se poser 2 ou 3 questions des fois qu’il y aurait un lien de cause à effet entre la politique que vous décriez et les résultats que vous voulez oublier.

      En tout cas, cela explique que les Français soient prêts à voter pour un candidat qui a mené cette politique plutôt que pour un Besancenot ou un Mélenchon empêtres dans un galimatias idéologique d’un autre âge.

      • jpb dit :

        et qui a fait faillite. Raison de plus pour les rejeter définitivement, et de dire que s’il existe la droite et l’extrême droite, on trouve la gauche et l’extrême gauche. Plantu ne s’est pas trompé en associant sur les méthodes utilisées, les démagogues manipulateurs.

  • Bloggy Bag dit :

    « Que pensez-vous des attaques incessantes de Jean-Luc Mélenchon à son encontre? »
    Bin, que Méluche est dans les choux !
    http://www.lepost.fr/article/2011/01/19/2376088_l-echec-des-alternatives-a-gauche_0_5134554.html#reaction_5133416

    Mais ce qui est étonnant, c’est que toutes les alternatives à Martine ou Dominique (de la gauche-gauche au centre) sont aussi dans les choux, et qu’à droite ils vont devoir réfléchir à une alliance avec le FN pour espérer gagner (qui a doit qu’ils n’oseront pas ? Je tiens les paris !).

    Quant aux primaires du PS, si cette tendance se confirme, il va impérativement falloir leur donner un sens.

    • La gauche, oui, le PS actuel, non dit :

      Ils ne risquent pas d’être dans les choux, ceux-ci ne se plantent pas avant mars….
      Patience et longueur de temps….

    • hihihi dit :

      Quel dommage, ces sondages en berne.
      Pourtant le « Chef Bien aimé « , le « Sauveur Suprême » ne ménage pas sa peine.
      Quel ingrat ce peuple! Il faudra songer à en changer.

  • infox dit :

    A QUOI JOUENT LES SOCIALISTES?
    Lu sur le blog de Jean Quatremer
    mardi 18 janvier 2011
    Tunisie, Hongrie : l’honneur perdu des socialistes européens

    Le groupe socialiste du Parlement européen, présidé par Martin Schulz, a joint ses voix au groupe conservateur du PPE pour bloquer toute résolution sur la révolution tunisienne et sur la suppression de la liberté de la presse en Hongrie à la consternation des Verts, de la GUE (gauche non socialiste) et des… libéraux et démocrates. Ces deux groupes ayant la majorité à eux deux, l’Europarlement restera donc muet, lui qui est si prompt à condamner la moindre atteinte aux droits de l’homme à condition qu’elle ait lieu à l’extérieur de la zone d’influence de l’Union…

    Les arguments des socialistes pour se justifier sont pour le moins curieux. Dans le cas tunisien, il s’agit d’attendre que « la situation se stabilise »… On se demande quand ils jugeront qu’il conviendra de soutenir le mouvement démocratique alors que, comme l’a dit Daniel Cohn-Bendit, le coprésident du groupe Vert, « si le dictateur est tombé, la dictature est toujours en place ». Combien de temps a-t-il fallu pour que le Parlement européen salue la chute du communisme ? Combien de temps lui faudrait-il pour se prononcer si la dictature communiste de Biélorussie était renversée ? Le fait que le Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD) du président déchu Zine El Abidine Ben Ali soit membre de l’Internationale socialiste est peut-être un début d’explication. Ce n’est qu’aujourd’hui (je dis bien aujourd’hui) qu’il a été exclu…

    Sur la Hongrie, le groupe S&D (Alliance progressiste des socialistes européens) est encore plus vaseux si cela est possible : il veut attendre que la Commission européenne dise en quoi la loi sur les médias adoptée par le parlement hongrois est contraire au droit européen, comme si cela n’était pas évident.

    Démocratie, liberté de la presse : les socialistes européens ne semblent vraiment plus savoir ce que sont les valeurs européennes qui fondent l’Union et doivent être défendues tant à l’intérieur qu’à l’extérieur. Après cela, étonnez-vous que la gauche soit en perte de vitesse dans l’Union. Au moins la droite est-elle conséquente en condamnant Cuba et en soutenant la Tunisie de Ben Ali…

  • Marie dit :

    Voilà pourquoi les primaires sont trop tardives, les sondages et non  » des votes  » vont exaspérer les gens encore plus qu’ils ne le sont par un parti socialiste qui semble si compliqué .

    Je pense qu’aujourd’hui personne ne peut savoir qui est le mieux placé , des sondages peuvent se fabriquer.

    Moi je préfère l’attitude de SR qui s’est déclarée et qui a commencé sa campagne, et comme la citation le dit si bien en haut de votre blog Pierre ( au féminin )  » la femme libre est celle qui n’a pas peur d’aller au bout de sa pensée  »

    Une simple sympathisante qui vote socialiste depuis 30 ans !

  • guillaumeA dit :

    Les sondages deviennent énorme pour la gauche.

    Il faut aussi expliqué que le nouveau discours du FN va amené énormément de gens vers la gauche vue les thèmes de sa nouvelle présidente…
    Ainsi la droite va se faire tondre par un FN qui va lui couper ses réserves et donné du poids a la gauche.

    Marine Le PEN me parait bien différente de son père. Sa doctrine économique est plus plus d’un mélanchon que de l’ultra libérale du père.

    Le FN qui est un parti d’extrême droite risque de devenir un parti nationaliste très étatiste…qui va donner des reports de voix plus important a la gauche.

    La droite va s’épuiser sur le sécuritaire que le FN va mettre en avant et la xénophobie continuel. Sa nouvelle présidente veut garder ses thèmes d’extrême droite(présenté sous une autre forme)et conquérir les désespéré de la crise avec son nouveau étatisme protecteur.

    La gauche doit se méfier de ce FN.

  • guillaume dit :

    Peut être est-il un peu tôt pour dire que la popularité de DSK n’est pas friable. En discutant avec des militants, on s’aperçoit que certains très favorable à sa candidature il y a quelques mois se montrent un peu plus sceptiques aujourd’hui et se demandent s’il souhaite vraiment le job. Ils voient 2012 comme une opportunité formidable de battre sarkozy et se disent que plus tôt la machine électorale sera prête mieux ce sera.

    Bien qu’en désaccord avec eux, je crois qu’il faut tenter d’éliminer ces impressions au « risque » de voir un autre socialiste rafler la première place de la popularité: les sondages de ce matin sont un avertissement. Si Delanoé n’ira probablement pas, Aubry peut très bien se sentir pousser des ailes et s’affirmer tandisqu’Hollande qui garde une certaine aura dans le parti bénéficie d’une position lpus centrale dans le parti sans pour autant s’éloigner de la ligne réformiste de DSK.

    Je ne suis pas de l’avis de ceux qui pensent que clôturer les candidatures en juin/juillet est prématuré. Je pense qu’une foisle G20 achevé DSK devra se tourner au plus vite vers les français afin de leur faire part de son désir de briguer une candidature. Il faudra montrer au plus tôt la vision et la voie qu’il propose à la France, se détacher au plus vite de l’étiquette de directeur du FMI qui le desservira inévitablement durant la primaire et peut être même pendant la présidentielle.

    Je pense également que d’ici là, il faudra se montrer sans se déclarer. Expliquer, faire preuve de pédagogie sur les actions du Fonds impulsées sous sa présidence, sur les méthodes pour assainir les finances publiques sans brutaliser les individus.

    Le timing n’est pas évident c’est clair. Mais il serait idiot de courir des risques inutiles alors qu’il reste comme tu le dis le mieux placer pour une multitude de raisons. Nous avons l’opportunité de voir arriver enfin un social démocrate à a tête de notre pays: nouvelle méthode, nouvelle vision. Il ne fau tpas la gâcher.

    Si le G20 peut être l’occasion d’achever de convaincre les français, il faudra bosser dans son ombre afin de rendre sa candidature incontournable, et d’en faire l’homme dont la France a aujourd’hui besoin.

  • baillergeau dit :

    La gauche ne peut pas agir sans voir ce qui se dessine à droite.
    Sarko sait gagner, après il ne sait plus quoi faire de sa victoire.
    Aujourd’hui nous revenons à la case départ: la conquête !
    Nous savons qu’aucune conviction n’a d’importance pour lui et il n’a pas comme Mitterrand une épouse qui a des idées fermes sur l’essentiel.
    Avec quelques manips et dramatisations ad hoc, il peut se mettre à faire accepter à ses troupes et à un centre mou que le FN, devenu propre sur lui avec la fille Le Pen, peut être un allié utile contre la chienlit interlope, l’emplification de la crise foutant la trouille aux bourgeois et aux pauvres paniqués.(un nouveau pétinisme!)

    et nous ?
    DSK abîmé chaque jour, sans pouvoir répondre.
    Ségolène…
    Mélenchon qui se prend pour Marchais et tire une balle dans le pied de la gauche.
    Les Verts que DCB se désespère de regrouper.

    On va attendre l’automne 2011 en laissant filer tous les sujets ?

    Peut être pourrions-nous faire l’inverse de Sarko ?
    Convaincre les français que nous avons des convictions traduisibles dans des faits et que ainsi, nous n’aurons pas d’alliances contre nature.
    Partir du programme de 1944 du CNR en éliminant les positions devenues obsolétes, une idée…

    http://legueduyabboq.blog.lemonde.fr/

  • jpb dit :

    Ce qui est inquiétant, c’est l’existence de courants autres que social-démocrate au sein du PS. C’est source de confusion et d’entrisme. C’est accepter le vers dans le fruit, puis la compromission avec la gauche de la gauche, et au final couvrir toutes les dérives historiques qui en ont résulté. C’est perdre toute crédibilité en affichant une faiblesse découlant de l’assise partisane, avoir choisi la force du nombre à l’efficacité de l’esprit. Sur le long terme, ce n’est pas jouable.

    DSK offre une opportunité exceptionnelle, d’être clairement un social-démocrate réformiste, ce qui n’empêchera pas les « bons camarades » de tout faire pour s’ingénier à le faire chuter, Mélenchon n’en est que le triste exemple, son seul mérite étant de le faire ouvertement.

  • jpb dit :

    Mélenchon dans les pantoufles de « Jacques Duclos, secrétaire général du PCF, prédécesseur et mentor de l’inénarrable Georges Marchais » ? Entre bonnet blanc et blanc bonnet, il ne choisira ni DSK, ni Nicolas Sarkozy, et s’ingéniera à poursuivre son chemin pervers de démagogue. Il éprouve trop de plaisir à manipuler autrui pour pouvoir s’en passer. A favoriser DSK, il perdrait tout. Pourquoi vous le ménagez ? Dans l’espoir vain de le voir revenir au PS ? On peut être aveugle et rêver.

    • bangor dit :

      Jacques Duclos n’a jamais été secrétaire général du PCF, ni avant ni après Georges Marchais qui a succédé à Waldeck Rochet.

  • […] Ce billet était mentionné sur Twitter par Martin Razy. Martin Razy a dit: RT @pierremoscovici: « La popularité de DSK n’est pas friable» | Pierre Moscovici http://bit.ly/gCrqR9 […]

    • A2N dit :

      Mr Moscovici;

      Quand arrêterez vous de polluer la gauche avec votre champion ? Pourquoi voulez vous absolument l’imposer aux Français alors qu’il incarne la faillite du socialisme français: FMI, libéral, partisan de la retraite au delà de 60 ans, atlantiste et sioniste, etc…
      Et que dire alors de l’aversion que provoque ses moeurs légères, vous voyez de quoi il s’agit, n’est-ce pas ?
      C’est peu de dire que votre champion ne diffère en rien de Nicolas Sakozy. Or, après 5 ans de bling bling, la France veut retrouver un peu de sérénité et de hauteur. Ce n’est pas un pareil pédigree qu’elle se remettra de l’expérience du chien fou de l’UMP. Que le vouliez ou pas,la vraie rupture consistera à élire une femme à la tête de ce pays, il faudrait que vous et vos petits copains l’acceptiez. A défaut, en insistant avec votre candidat déconnecté des réalités franco-françaises depuis 5 ans, vous contribuerez à la réelection de Nicolas Sarkozy. Après tout, c’est peut-être le pari suicidaire que vous avez fait, ce qui expliquerait la propagande inlassable autour de l’arlésienne du FMI. Arrêtez, c’en devient lassant !

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