Le Front national, identique et différent

Je reviens, avec un peu de retard – je passe beaucoup de temps, je l’avoue, dans l’écriture d’un livre, j’en ai du coup moins pour ce blog… – sur le Congrès du Front national, à Tours, qui a vu l’élection de Marine Le Pen à la présidence de ce parti, occupé depuis sa fondation par son père. Il existe, dans le pays, une curieuse complaisance à l’égard de Marine Le Pen : ses sondages sont élevés, très élevés – beaucoup plus que ceux de son père un an avant la présidentielle de 2002 – elle talonne dans les intentions de vote de premier tour les candidats socialistes, à l’exception notable de Dominique Strauss-Kahn, les commentaires qui l’entourent sont parfois aimables, on lui prête une « normalité » qui la sert, des qualités qui l’encouragent. Je suis pour ma part plus réservé, à l’examen des ressemblances et des différences entre le père et la fille Le Pen.

Bien sûr, les nuances existent entre ces deux personnalités, qui n’appartiennent pas à la même génération. Marine Le Pen s’est débarrassée – du moins en apparence – de certaines lubies post-fascistes du vieux leader frontiste. Ainsi ne démontre-t-elle jamais une obsession antisémite, du moins explicitement, alors que celle-ci fut – et reste d’ailleurs comme l’a montré sa réaction après le tabassage honteux d’un journaliste d’origine juive lors du dernier Congrès – la marque de fabrique de Jean-Marie Le Pen. Sa culture, son langage sont infiniment plus pauvres que ceux de son père – qui doit sa carrière à son éloquence, dévoyée mais remarquable. Elle est plutôt, de ce point de vue, proche de Nicolas Sarkozy, à qui elle emprunte un parler pauvre qu’elle croit accessible. Sa thématique est différente et plus subtile : au racisme ouvert qui faisait la tradition du Front national, elle substitue une défense – fallacieuse mais dangereuse – de la laïcité, conçue comme une marque d’exclusion et non de tolérance. Surtout, alors que Jean-Marie Le Pen se complaisait dans une fonction « tribunicienne », se satisfaisait d’une opposition perpétuelle, sa fille aspire manifestement à exercer un jour le pouvoir, à mettre sur pied une grande formation de droite dure appelée à prendre la relève de l’UMP, après une défaite de Nicolas Sarkozy qu’elle souhaite ardemment – et que le discrédit désormais gigantesque du Président sortant rend probable.

Pour la nouvelle présidente du Front national, comme pour son prédécesseur, le fonds de commerce principal demeure le combat contre l’immigration, désormais détourné en lutte contre l’islam

Ne nous y trompons toutefois pas : le Front national reste le Front national, les éléments de continuité l’emportent sur les novations. Non, le Front national n’est pas devenu un parti de droite banal, voire fréquentable, sa présidente n’est pas un leader politique « comme les autres », avec qui il faudrait échanger placidement. Ce parti reste national-populiste, c’est à dire anti-élites – ce n’est pas une fin en soi en démocratie, où la représentation issue de l’élection doit être respectée – et nationaliste. Pour la nouvelle présidente du Front national, comme pour son prédécesseur, le fonds de commerce principal demeure le combat contre l’immigration, désormais détourné en lutte contre l’islam. Le musulman est l’ennemi, la peur est le moteur, le repli sur soi la solution. Et son parti sera, demain comme hier, violemment anti-européen, prônant l’euro pour cible. Cette extrême-droite là est plus « moderne », elle est davantage à l’image de celle qui s’impose dans les pays scandinaves ou au Pays-Bas, qui prospère en Europe de l’Est, elle n’est pas pour autant rassurante ou modérée. Le passage de témoin au Front national ne doit donc pas conduire au relâchement de la vigilance des Républicains et des démocrates, moins encore à l’admiration ou la fascination.

Le pathétique débat sur l’identité nationale animé par Eric Besson, le médiocre discours de Grenoble, la chasse aux Roms de l’été 2010 ont davantage réveillé les forces de l’extrême-droite qu’ils ne les ont canalisées

Faut-il être inquiet de cette nouvelle donne ? Ne la sous-estimons pas. Le niveau des intentions de vote – 17 % à 18 % – prêtées à la future candidature de Marine Le Pen est élevé, est impressionnant. La pénétration des idées du Front national au sein de l’électorat de la droite UMP est sans précédent – aidée il est vrai par la légitimation de ses thèses par le Président de la République lui-même : le pathétique débat sur l’identité nationale animé par Eric Besson, le médiocre discours de Grenoble, la chasse aux Roms de l’été 2010 ont davantage réveillé les forces de l’extrême-droite qu’ils ne les ont canalisées. Un nouveau 21 avril n’est pas encore à craindre, pas davantage d’ailleurs qu’une situation symétrique, qui verrait le Président sortant éliminé au premier tour. Mais il faut rester vigilants. Pour l’éviter, la gauche devra résister à son pêché mignon – le goût de la fragmentation, la tentation de l’atomisation – et le Parti socialiste se trouve dans l’obligation de penser avec soin au premier tour de la présidentielle, de choisir celle ou celui qui le placera loin devant l’extrême-droite, et si possible en tête.

Construisons, en tout cas, les bonnes ripostes. Ne répondons pas au populisme par le populisme – de ce point de vue, je suis persuadé que Jean-Luc Mélenchon, pour qui j’ai de l’estime personnelle, qui est un homme attachant, se trompe : au final, le Front national tirera toujours les marrons de ce feu là. Ne concédons rien au nationalisme : réorientons l’Europe, c’est nécessaire, ne lui tournons surtout pas le dos. Et restons fermes sur nos valeurs républicaines, celles qui font notre devise nationale – liberté, égalité, fraternité – auxquelles j’ajoute la laïcité – qui est fatalement, si elle est sincère, tolérante et ouverte. Je suis élu d’une région, la Franche-Comté, et surtout d’un territoire, le pays de Montbéliard, qui ont donné à Jean-Marie Le Pen des scores très élevés en 2002. Je connais ces électeurs, qui sont loin d’être tous des extrémistes ou des fanatiques, qui votent souvent à gauche lors des scrutins locaux, dont beaucoup se tournent vers le Front national du fait de la crainte du déclassement, de la peur des délocalisations ou de la désindustrialisation, qui se réfugient dans l’illusion d’une société fermée, du retour à la France d’avant la mondialisation. L’indignation vertueuse ne suffira pas à les détourner de la tentation frontiste, je le sais d’expérience.

Refusons la stigmatisation et les discriminations, plaidons pour une société plus ouverte et plus harmonieuse, mettons notamment le paquet sur une vraie politique de la ville et des banlieues

Pour y parvenir, il faut plutôt répondre concrètement, efficacement à leurs inquiétude économique et sociale. C’est ce que je fais quotidiennement, à ma modeste échelle, au sein de l’agglomération que je préside, qui se bat pour l’industrie, pour la relocalisation des activités productives, pour le développement d’une économie de la connaissance seule à même de créer des emplois nouveaux et de qualité, pour l’amélioration des conditions de vie dans nos villes, à commencer par les quartiers populaires. Je suis persuadé, pour ma part, que l’agenda de 2012 sera avant tout économique, puis social. Aux billevesées du Front national, qui au fond ne trompent personne car chacun sait qu’il dénonce sans proposer, il faut opposer une stratégie de croissance très crédible, créatrice d’emploi, donnant la priorité à l’investissement sous toutes ses formes : dans l’éducation, la recherche, la santé, les transports… Cette stratégie ne sera efficace que si elle est européenne : il est nécessaire, en 2012, de proposer un nouveau contrat à l’Allemagne. De cette stratégie naîtront de nouvelles marges de manoeuvre pour une redistribution plus juste, passant par une réforme fiscale en profondeur. Conservons, enfin, l’esprit de notre République – ou plutôt retrouvons le après l’expérience sarkoziste – refusons la stigmatisation et les discriminations, plaidons pour une société plus ouverte et plus harmonieuse, mettons notamment le paquet sur une vraie politique de la ville et des banlieues.

Ces habits neufs du Front national ne sauraient donc faire illusion. Avec son changement de président, ce parti n’a pas fait une évolution « à l’italienne », à l’image de celle de Gianfranco Fini à la fin des années 90. Il s’est relooké, il a rajeuni, il n’a pas muté. Il reste une formation d’extrême-droite redoutable, d’autant plus qu’elle avance masquée, et nocive pour la démocratie et la République. Pour lui faire face, nous avons le devoir de bâtir une réponse à la fois de gauche et efficace.

40 réflexions au sujet de « Le Front national, identique et différent »

  1. Il faut bien que Marine Le Pen fasse quelque chose si on ne veux pas qu’il se passe en France ce qui se passe en Tunisie ,maintenant en Egypte,et que dans 10 ans on dise aux Francais « DEGAGE »

    • Les Tunisiens ne disent pas aux Tunisiens dégage, ils ont dit dégage à des gouvernants ayant sombré dans des dérives inacceptables.

      La vraie question n’est pas de savoir si des étrangers peuvent renverser un gouvernement et nous envahir (est-ce ce que vous voulez dire d’ailleurs), mais si une révolution à la Tunisienne pourrait arriver en France aussi. Peu probable mais possible, à ceci près que je verrais plutôt des manifestants sur le parvis de la Défense avant d’aller à l’Élysée.
      La question du détournement des richesses et de leur mauvaises répartition se pose en France, c’est notre combat. La réforme radicale suffira-t-elle ou faudra-t-il plus ?

      • Comparons ce qui est comparable, la France est une démocratie, la Tunisie n’en est pas encore une. C’est la démocratie que demande le peuple tunisien, il veut aussi la justice sociale, evidemment, mais si le peuple tunisien est vent debout c’est qu’il veut la fin du RCD et des élections libres. On en a déjà en France des élections libres et depuis un bon moment. Comparons ce qui est comparable

  2. il n’a plus rien dire se monsieur,il est devenu meprisant vis à vis de monsieur le president gbagbo de la côte d’ivoire,continuez nous d’origines africaines on votera cette fois-ci le fn,vous soutenez un rebelle avec son chef,si vous ne savez pas faite un tour en côte d’ivoire et vous verez,il est de venu tout d’un coup ignorant en suivant nicolas sarkozy,celui de la cei il est actuellement en france et pour quoi

  3. « Le député Pierre Moscovici a estimé aujourd’hui que Dominique Strauss-Kahn était « le meilleur » candidat socialiste pour la présidentielle et le seul capable d’éviter au PS « la menace d’un 21 avril ». »
    et
    « Pour autant, il s’est dit « persuadé que Mélenchon, au second tour, ne se trompera pas ». « Entre Sarkozy et Strauss-Kahn, quoi qu’il dise aujourd’hui, il fera » le nécessaire, a conclu l’ancien ministre. »

    Il est un petit peu impatient là, Pierre…comme dirait Martine…en plus il n’est pas (encore) candidat.

    http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2011/01/26/97001-20110126FILWWW00589-moscovici-dsk-est-le-meilleur-candidat.php

    • Cela donne une impression de perte de confiance et que l’histoire est entrains de tourner vinaigre.

  4. La grosse différence entre la fille et le père Le Pen est que la fille a des ambitions politiques réels, prendre le pouvoir, ne pas se contenter d’une opposition éternelle. Le père ne voulait surtout pas le pouvoir, il n’y avait qu’à voir sa tête quand il a su qu’il était au second tour !!
    La fille est donc plus dangereuse en ce sens, car on ne sait pas jusqu’où elle peut aller. PAr contre, il est vrai qu’elle n’a pas l’éloquence du père.

    Sinon bloggy t’as plus d’infos sur la sortie de M. Moscovici contre Mélenchon ?

    • en ayant vu l’émission, j’ai compris naturellement que Aubry utilisait le « là » avec accent, mais sur le plateau ils ont mal compris eux et ont rigolé, d’où le buzz. Et avec les entourages un peu nerveux dans chaque camp, il n’en fallait pas moins.

      Mais bon, c que du détail… Même si cela dénote une certaine ambiance…

  5. Qu’elle belle politique social au sein de votre agglomération ! Vos petit chef de service qui font tout pour viré deux jeunes en plein dans leur études !! Allez vous cautionner que des apprentis perde Emploie et Diplôme ? C’est ca votre politique social ?

  6. LA PROPAGANDE EST-ELLE AUSSI UNE SPÉCIALITÉ FINANCIÈRE ?
    Notre titre ci-dessous n’est pas aussi élégant que l’allégorie d’auteur par Peyrelevade “Mélenchthon aux chiffres faux”, que nous avons néanmoins respectée car : des salades, oui, mais des salades…au thon !

    LA “LONGUE MARCHE” DE PEYRESALADE … À MELANCHTHON !
    PARTIE I: DU PARTAGE DE LA RICHESSE (1) À [Sarkozy: L’erreur historique]

    Ayons la curiosité de remonter à l’origine du propos de l’auteur, concernant son présent billet, où Peyrelevade ferait mieux de mettre ses chiffres à jour du biais de salarisation, avant d’accuser les autres.
    http://gesd.free.fr/pcrt.pdf
    (Michel Husson relèvait les mêmes biais statistiques sur hussonet.free.fr/psal49.pdf)

    DU PARTAGE DE LA RICHESSE (1)

    JP – Tout commence, pour moi, par un article de Michel Husson du 23 septembre 2007, “la baisse tendancielle de la part salariale”: …intervient au début des années 1980 un retournement de tendance qui conduit à une baisse régulière puis à une relative stabilisation à un niveau historiquement très bas”. Il ajoute : “La baisse de la part salariale enregistrée en France (9,3 points) entre 1982 et 2006 est voisine de la baisse observée dans l’Union Européenne (8,6 points)”. D’où la conclusion : “il n’est pas possible de faire reculer le chômage sans remettre en cause la financiarisation et donc la répartition des revenus actuels”.

    JP – Le deuxième épisode est de décembre 2007. MM Jean-Marie Harribey et Pierre Kalfa publient dans “Le Monde” du 8 décembre…”Il n’est pas acceptable de considérer comme pérenne la baisse très importante de la part des salaires ayant eu lieu ces dernières années”.
    Là, me dis-je, les choses deviennent sérieuses. Essayer de faire payer…les entreprises en revenant à la situation de 1982 où le partage de la valeur ajoutée leur était exceptionnellement défavorable, c’est bercer le peuple d’illusions. J’envoie au “Monde” un bref courrier pour marquer mon désaccord sur cette analyse. Le journal m’informe, trois mois plus tard, qu’il n’a pas l’intention de le publier.

    JP – L’épisode suivant est à “Ripostes”, l’émission de Serge Moati diffusée chaque dimanche sur France 5. Cela se passe le dimanche 27 janvier 2008. Henri Emmanuelli reprend les mêmes affirmations, devant des millions de téléspectateurs. … Comme je suis au milieu de la rédaction de mon dernier livre “Sarkozy, l’erreur historique”, je décide de consacrer un chapitre entier à cette question et à la perte de compétitivité de l’appareil productif français. Le livre paraît en août 2008 :

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    AVANT-PROPOS:
    “La réforme de l’Etat…elle se traduit par des décisions qui sont loin de la dimension du problème de finances publiques que nous avons à traiter: 23000 agents de l’état en moins au budget 2008, soit une diminution de un pour mille. Non pas beaucoup de bruit pour rien, mais beaucoup de bruit pour pas grand chose, du moins dans l’ordre des chiffres” (p.9)

    CHAPITRE 1
    “On ne parle plus que de la répartition de revenus dont on ignore la provenance: la répartition de droite (en faveur des riches), aujourd’hui mise en oeuvre, s’oppose à la répartition de gauche (contre les riches) qui le fut hier. Pendant ce temps, faute de s’occuper vraiment de la santé de son appareil productif…la France recule.” (p.24)

    CHAPITRE 2 (Le pouvoir d’achat) :
    “La promesse d’amélioration du pouvoir d’achat faite pendant la campagne électorale devient une injure aux citoyens si elle ne peut être tenue… Or, elle n’est pas près de l’être. Dans la répartition de la richesse nationale, les ménages ont reçu leur dû et même un peu mieux.” (p.35)

    CHAPITRE 3 (Le mal français) :
    “ – Relever la part des salaires par rapport aux profits pour à la fois armer et équilibrer notre économie, ce serait une façon de redonner aux Français des repères !
    Drôles de repères qui ont pour effet d’égarer. Quel malaise de voir Nicolas Sarkozy et Lionel Jospin professer les mêmes erreurs: démagogie de droite et démagogie de gauche, également ancrées, se rejoignent.Ce qui montre à quel point le mal est profond. A quoi sert de changer nos dirigeants s’ils professent tous les mêmes inepties? ” (p.71)

    CHAPITRE 4:
    ” C’est aux bénéficiaires et à eux seuls de payer par leurs impôts et leurs cotisations les prestations qu’ils reçoivent. Les personnes physiques, les ménages, sont les seuls concernés, les seuls à être malades ou à prendre leur retraite. Que vient faire ici l’entreprise qui ne connaît pour elle-même ni droit à pension ni droit à assurance santé? Demander une contribution au système productif n’a comme sens que de masquer l’ampleur de l’effort nécessaire et comme seul effet de peser sur sa compétitivité.” (p.103)

    CHAPITRE 5 (Les fausses solutions) :
    “Un Etat impécunieux est un Etat impuissant, on ne renforce pas une économie qui a un problème d’offre en allégeant les impôts des ménages, et les plus beaux gadgets ne peuvent pallier l’absence d’une vraie pensée macroéconomique . Si l’on veut trouver un sentier de croissance plus favorable, le transfert doit se faire dans l’autre sens. Seuls les ménages peuvent financer l’effort à consentir en faveur des entreprises.” (p.144)

    CHAPITRE 6 :
    “Pascal Lamy à Rivoli…, moi-même à Matignon servions de relais entre nos patrons politiques respectifs (Jacques Delors aux Finances, Pierre Mauroy Premier ministre)” (p.158-159)
    “C’est ainsi que fut pris le virage de politique économique de Juin 1982, puis mars 1983, vers ce que Lionel Jospin, alors premier secrétaire du parti socialiste, crut bon d’appeler la parenthèse de la rigueur, commettant ainsi une erreur de forme et de fond… (p.151)
    “Il y eut dans notre action, pour une part significative, comme une sorte de relicat de correction Barriste…Une hausse temporaire des prélèvements obligatoires sur les ménages fait partie intégrante de tout plan de redressement digne de ce nom (155-156):”
    “De 1982 à 1984, le taux de croissance de l’économie française fut divisé par deux (de 2,4 à 1,2%)… Simultanément, en 1983 et 1984, le pouvoir d’achat des ménages subit une légère diminution (-0,1 puis -1,1%), ce qui était conforme à la politique suivie.” (p.156-157)

    CHAPITRE 7 (Les voies du redressement) :
    “Libérer le travail:
    La première mesure consiste à libérer le travail…je veux dire le libérer vraiment en mettant fin aux trente cinq heures, sans avoir à payer pour cela des milliards d’euros d’argent public.” (p.169)
    “Rétablir les finances publiques:
    L’objectif central est de déplacer de quelques points, trois à quatre, en faveur des entreprises et donc au détriment provisoire des ménages, le partage de la valeur ajoutée…
    Année aprés année, avec une sorte de tranquillité opininiâtre, il convient de modifier à la marge la répartition de la valeur ajoutée, du PIB, de façon à en laisser une part un peu plus fournie aux entreprises, un peu moins grande aux ménages.” (p.169-171)
    “Diminuer l’impôt sur les sociétés:
    On peut ainsi réver à une sorte d’utopie fiscale. Supposons que l’on réduise à rien l’impôt sur les sociétés qui est actuellement du tiers du bénéfice imposable. Les marges brute et nette de l’entreprise sont augmentées du montant de l’impôt supprimé.” (p.179-180)
    “Cette utopie permettrait de résoudre au passage l’énigme déjà rencontrée de l’arbitrage fiscal entre le travail et le capital…Vaut-il mieux imposer les revenus du capital ou ceux du travail? L’arbitrage fiscal, à partir du moment où l’on n’y mêle plus les entreprises, exercé au sein de la catégorie des seuls ménages, prend alors tout son sens, économique et politique.” (p.181-182)

    [ L’ennui de l’ “utopie fiscale” ci-dessus, c’est qu’elle a déjà été expérimentée, par les “Chicago boys” de Milton Friedman : c’était au Chili, sous le régime de Pinochet… ]

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    – L’épisode le plus récent (ce n’est sûrement pas fini, nous disait alors JP, la preuve!), est signé dans un blog du Monde diplomatique, par…Frédéric Lordon…
    “Il faut avoir la bonne mine de Jean Peyrelevade pour soutenir face caméra sourire aux lèvres que la part salariale n’a pas varié « depuis cinquante ans ». Il est vrai que Jean Peyrelevade est le seul à dire aussi ouvertement que la part des salaires dans la valeur ajoutée est bien trop élevée et qu’il s’agirait qu’elle rende au plus vite 3 ou 4 points au profit.”

    Les rodomontades du banquier trouvèrent, en fait, toutes leurs réponses:

    Celle de Michel Husson fut une Tribune dans “Le Monde”, disponible en ligne:
    http://mirabelle-rouge.blog4ever.com/blog/lire-article-382612-1758831-partage_de_la_valeur_ajouteearticle_de_m_husso.html
    Celles de JM Harribey et P Kalfa sont parues dans diverses revues et sur le net.
    Celle d’ H. Emmanuelli prit la forme d’une controverse retranscrite par Libération:
    H.E. “Ce mythe de l’entreprise française massacrée est faux. Dans ce pays, depuis Sully, quand on veut parler de fiscalité, c’est la mauvaise foi totale…La France est le pays occidental au taux d’épargne le plus élevé, 16% du PIB, mais cette épargne ne va pas dans l’appareil de production. Ce pays a des ressources mais n’est pas bien dirigé.”
    Quant à celles d’Hadrien, qu’on a pu lire sur ce blog, pendant près d’un an et demi, toujours sur le fond, elles ont été effacées et interdites d’accès.

    Ce qui ‘empêche pas JP de clamer :
    “Il n’y a aucune censure. La seule chose qui m’intéresse est le débat d’idées dont nous avons tous besoin… À l’évidence, il n’a surtout pas besoin d’un cours sur la jésuistique, mais comme ex-modem, il lui manquerait plutôt une mise à niveau sur la démocratie !

    [Il est à craindre qu’il soit vain pour JP de censurer l’ensemble des commentaires de Sina comme ceux d’Hadrien…qui font la joie d’autres blogs parallèles, n’est-ce pas?
    Vous ne pensiez tout de même pas qu’on ne destinait ces bijoux qu’à vous-mêmes?]

    • LA « LONGUE MARCHE » DE PEYRESALADE (-Suite-)
      PARTIE II : DU PARTAGE DE LA RICHESSE (2) à (12)

      Outre les courbes corrigées déjà données ci-dessus, il est important de bien se mettre en tête les paroles de (peyrelevade | le 14 janvier 2011 à 17:04) :
      JP: en 81/82 la part des salaires dans la valeur ajoutée au prix de base a atteint un pic absolu, record historique qui n’a plus jamais été touché… On peut rester un court moment en haut de l’EVEREST. Personne ne considère que c’est une situation normale. Juste pour donner un peu de perspective objective, je cite à nouveau les chiffres de la République, relatifs aux deux années extrêmes de la période considérée. En 1960, la part des salaires était de 67,1, celle de l’EBE de 30,2. En 2008, la part des salaires était de 65,1, celle de l’EBE de 31,3. Entre les deux, on a essayé de monter en haut de l’EVEREST et on s’est cassé la gueule.
      …afin de mieux savourer celles qui les ont précédées depuis un an et demi :

      COMMENT APLANIR L’EVEREST

      JP: Je maintiens ma thèse : depuis cinquante ans, la marge brute des sociétés non financières n’a pas sensiblement varié.

      JP: Il est vain de poursuivre la polémique : la répartition de la valeur ajoutée entre salaires et marge brute est en France restée remarquablement stable.

      JP: La prise en compte des sociétés financières ne modifie pas le paysage. En d’autres termes, les financiers manipulent et font circuler d’énormes masses d’argent avec une valeur ajoutée faible !

      JP: Regardons-y de plus près…La marge brute s’effondre, de 30% …Les plans de rigueur de 1982 et 1983 et la “désinflation compétitive” permettent de corriger partiellement la situation.

      JP: Les marges brutes des sociétés non financières sont stables depuis cinquante ans, aux alentours de 30% en moyenne. J’ai passé beaucoup de temps à essayer de vous en convaincre.

      JP: Continuons notre promenade en prenant maintenant comme guide le rapport Cotis que j’ai enfin lu…Nous avons le même diagnostic : la stabilité du partage de la valeur ajoutée, ce qui signifie qu’au cours de la période les salaires bruts par tête ont augmenté au même rythme que la productivité du travail.

      Outre les courbes déjà référencées, il est alors recommandé de jeter un coup d’oeil sur celle de la productivité, par Jacques Sapir : http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2963

      Car le rapport Cotis (Directeur de l’INSEE) commandé par Nicolas Sarkozy, lui aussi, commentait le diagramme par un résumé officiel qui noyait le poisson en ces termes :
      – Il ressort de ce dernier que l’ensemble de la rémunération du travail représente 67% de la valeur ajoutée des sociétés non-financières. Depuis vingt ans ce niveau est plutôt stable…
      Au vu des courbes, ce que l’on retenait de pareils commentaires, c’est le fameux
      THEORÈME DE COTIS-PEYRELEVADE:
      Lorsqu’une fonction du temps, aprés une progression ascendante durant plus de trois décennies (les Trente Glorieuses) s’effondre en moins d’une demie décennie (Tournant de la Rigueur) vers sa valeur la plus basse, c’est qu’elle est “plutôt stable” (COTIS)… et revient à sa valeur normale (PEYRELEVADE) !

      COMMENT CONCEVOIR LE SENS DE L’HISTOIRE

      JP: Passons donc au deuxième point, celui du partage des revenus entre les ménages. Tout part d’un article de Thomas Piketty dans Libération du 17 mars dernier : « les inégalités ont explosé en France au cours des dix dernières années.” Le terme est fort et je n’ai pas, intuitivement, le sentiment qu’il soit justifié.
      JP: Je cite à nouveau TP : “L’étude de Camille Landais le démontre sans contestation possible…avec pour conséquence un transfert de l’ordre de 15 points de revenu national en direction du 1% le plus riche, et la stagnation du pourvoir d’achat du reste de la population.” Là, je m’interroge vraiment : un transfert de l’ordre de 15 points du revenu national en direction du 1% le plus riche, c’est énorme.
      JP: Camille Landais nous dit que de 1998 à 2005 la somme des revenus déclarés par les ménages a augmenté de près de 19% en euros constants, soit un taux de croissance annuel moyen de 2,52%. Cependant, le nombre de ménages a simultanément augmenté d’un peu plus de 10%, soit 1,6% par an. De ce fait, le revenu moyen par ménage ne s’est accru que de 0,82% l’an (et 0,60% l’an pour le revenu médian) ce qui est effectivement bien peu.
      JP: Y aurait-il eu captation de cette faible progression des revenus, au sein de la catégorie des ménages, par les plus favorisés ? Oui répond Camille Landais, et de façon spectaculaire. Ma propre réponse est sensiblement différente. La vraie raison, c’est la médiocrité de notre taux de croissance et l’on ne gagne rien à trouver une mauvaise cause à un vrai problème.
      JP: Si on regarde la répartition des revenus entre ménages, il n’y a aucun doute que l’ “ultra-riche” (le millième des plus fortunés) a vu sa situation s’améliorer beaucoup plus vite que la moyenne depuis une quinzaine d’années… Quoi qu’il en soit, ce mouvement est-il contraire au sens de l’histoire ? Du partage de la richesse (12)

      Répondre non à cette question, comme tous les progressistes, c’est bassement démagogique. Et JP n’en veut pas de la démagogie…Ah ça, non !

      C’est pour ça qu’il est entré à la fondation SAINT-SIMON:
      Créée en 1982 pour “dépasser certaines pesanteurs du passé et en finir avec la diabolisation antérieure de toute culture de gouvernement, pour ouvrir intellectuellement un nouvel espace à la pensée réformatrice”, ce fut l’un des réservoirs qui alimentèrent nombre de groupes de réflexion destinés à préparer « l’ajustement structurel de la France ».
      Alain MINC fut le trésorier de la fondation. Jean PEYRELEVADE en constitua une recrue appréciée. Le président de la Société des lecteurs du Monde et lui ne manquaient pas d’amis dans les médias, ce qui leur permit d’injecter plus facilement dans les veines de la société leurs théories de la rationalité. Et ce qui conféra une coloration de gauche à des idées qui ne l’étaient pas.
      Une idée centrale, que rapporte S. Halimi, « la préférence française pour le chômage », n’est elle-même que la resucée d’une exigence ancienne de Raymond Barre: celle d’une « désinflation sociale compétitive ». L’ancien Premier ministre avait en effet pourfendu « une défense aveugle et simpliste » des salaires. L’augmentation du nombre de chômeurs avait beau coincider avec la baisse du pouvoir d’achat des salaires, cela ne pouvait prouver qu’une chose: que la baisse n’avait pas été suffisante, et que l’augmentation des rémunérations et des charges avait excédé celle de la productivité…!

      COMMENT FAIRE MAIGRIR LES FRANÇAIS

      Il y a deux personnes que JP vénère entre toutes :
      Raymond Barre, pour avoir dit « il faut que les Français maigrissent »,
      et Jacques Delors, pour y avoir réussi avec l’Europe !

      Car 1982, c’est le moment du “don Delors” au patronnat, celui de la desindexation des salaires sur les prix…et donc sur la productivité.
      Le ministre en question s’en félicitera plus tard en ces termes:
      ” Nous avons obtenu la suppression de l’indexation des salaires sans une grève ! ”
      (Cité in Jean Lacouture et Patrick Rotman: Mitterand, le roman du pouvoir, Seuil, 2000)

      Et en 1983, la France aurait-elle pu transiter du capitalisme d’Etat vers un socialisme de marché planifié ? Ou fallait-il préserver la nouvelle parité monétaire au sein du SME ?
      Lors de la visite des “visiteurs du soir”, avant d’en décider le vendredi 23 mars 1983, la première ligne fut défendue par Jean-Pierre Chevènement, la seconde par Jacques Delors (chef de cabinet: Pascal Lamy) et Pierre Mauroy (conseiller économique: JEAN PEYRELEVADE), ceux que Chevènement décrit comme « adossés à l’establishment ».
      Mitterand se résigna à « l’establishment ».
      La “désinflation compétitive” fut la norme de politique économique conçue pour rétablir la “confiance des marchés” (déjà!). Elle reposait sur trois piliers: la rigueur monétaire, la rigueur budgétaire et la rigueur salariale. Elle annonçait la transition de l’économie française vers un capitalisme de type actionnarial, c’est à dire la prédominance des intérêts privés des riches…
      Les grands patrons exultent.
      Denis KESSLER, président délégué du Medef, expliquera plus tard, dans La Tribune:
      ” L’europe est une machine à réformer la France malgré elle ”

      Mais une croissance divisée par quatre, par rapport aux Trente glorieuses !
      Ce qui n’empêche pas notre banquier d’en redemander… Sarkozy, trop timoré au regard de Peyrelevade, n’est pas aussi fort que les sociaux-démocrates en la matière, ce qui lui a valu quelques leçons de l’auteur dans son ouvrage (Sarkozy: l’erreur historique, 2008) relatées dans le précédent commentaire.

      • Hadrien/Sina/Krimp and co

        Ce n’est pas parce que vous avez des problèmes pour vous exprimer sur le blog de Peyrelevade que vous devez nous copier-coller ici, le blog de Pierre Moscovici, les commentaires « censurés » là bas.

  7. Vous qui avez des relations, Monsieur Moscovici, pourriez-vous alerter Madame Royal du danger qu’elle court elle-même en ajoutant une nouvelle couche à son autoportrait à chacune de ses exhibitions ? A force de surcharges un peu lourdes l’image devient, hélas ! tellement bouffie qu’on ne voit plus que cela et qu’on ne parvient même plus à imaginer qu’il y ait la moindre lumière à attendre de ce barbouillage. Cette faute de goût dans le maquillage, qui à vrai dire ne surprend plus, depuis longtemps, ne serait pas très grave s’il n’y avait encore à craindre une confusion dans les esprits, enclins à penser de bonne foi que le Parti socialiste est partie prenante dans cette affaire, forcément puisque les journaux en font leur brouet quotidien. Comme il n’en est rien, on l’espère, le moment est peut-être enfin venu de décliner clairement toute responsabilité, comme on dit, au regard des exactions ainsi commises à l’encontre de tous ceux qui s’efforcent chaque jour de remonter la pente, dans leurs travaux au sein du parti comme dans leurs actes quotidiens, totalement indifférents en tout cas aux états d’âme de Madame Royal, quelque jouissance qu’elle puisse éprouver, à ce qu’il semble, aux troubles qu’elle provoque. Il n’est plus personne pour être dupe : Avant même le coup d’envoi, les primaires sont dénaturées. « Il faut, écrivez-vous, que les socialistes apprennent à respecter les décisions collectives. » On se demande si votre humour pourra longtemps être bien compris comme tel. Au regard des manœuvres, aussi épaisses que déplorables, auxquelles nous assistons et qui sont autant d’insultes à la raison comme à la confiance que nos concitoyens pourraient vouer à la gauche, cet humour – ou ce vœu pieux, peu importe le nom – pourrait finir par être lui-même déplacé. Il faut agir. Vous êtes à votre nouveau livre, dites-vous ? « Je n’ai pas plus fait mon livre que mon livre ne m’a fait », écrivait le bon Montaigne. Espérons donc …

    • Quel dommage de n’avoir que sa haine de l’autre à partager. C’est pitoyable.

      • Ce serait bien que l’excitée du Poitou se calme un peu. Heureusement que MA ne tombe pas dans ses pièges grossiers et désespérés pour buzzer et essayer de remonter la pente. Bravo à Martine pour sa sagesse… et sa patience;-)

        PARIS (Reuters) – Martine Aubry a appelé mercredi les socialistes à la patience et refusé d’accélérer son propre tempo présidentiel sous la pression de Ségolène Royal.

        L’ancienne candidate à l’Elysée, qui s’est lancée dans la course à l’investiture présidentielle dès novembre, presse le premier secrétaire du PS de se dévoiler avant le mois de juillet, date officielle du dépôt des candidatures à la primaire socialiste.

        « Ségolène a demandé que Dominique (Strauss-Kahn) et moi donnions notre réponse plus tôt », a expliqué Martine Aubry sur Europe 1. « J’ai rappelé qu’il y avait un agenda et j’ai dit qu’elle était un peu impatiente. Franchement, cela n’avait rien de méchant », a estimé la maire de Lille.

        « Ce que je sais, c’est que Ségolène et moi, on a la même impatience. C’est d’arriver en 2012 pour retrouver la France et nous faisons tout pour cela », a-t-elle souligné.

        « J’aimerais mieux que l’on nous montre main dans la main au lieu d’essayer en permanence de nous opposer car on travaille ensemble », a-t-elle assuré.

        Martine Aubry, qui refuse de dévoiler ses intentions présidentielles avant l’heure, n’a qu’un objectif: avoir un PS « en état de marche » pour 2012.

        « Je remets du sens et j’essaie de faire ce qui est juste. Il faut bien que quelqu’un mette un peu d’ordre » au Parti socialiste, a-t-elle souligné.

        « Pour une fois que des responsables politiques parlent politique et ne se mettent pas le nombril sur la table on devrait nous féliciter, non ? », a-t-elle ironisé.

    • Alceste poète incompris, poète maudit,
      Qui nous parle durable littérature
      Et à qui l’on répond vertes arguties*,
      Images d’errements passés et futurs**

      *(rime fort peu orthodoxe)
      ** (un peu mieux, mais qu’en dirait La Boétie ?)

  8. Qu’elle belle politique social au sein de votre agglomération ! Vos petit chef de service qui font tout pour virer deux jeunes en plein dans leur études !! Allez vous cautionner que des apprentis perdent Emploie et Diplôme ? C’est ca votre politique social ?

  9. On peut dire que 2012 commence rapidement a émerger.

    Tout les candidats déclaré sont déjà en campagne.

    Royal sur RTL commence a poser son programme économique.Au passage elle annonce l’augmentation de 150 Mds€ de recette fiscale ce qui gigantesque et des réductions de dépenses de fonctionnement et de redéploiement.

    Montebourg va commencer a monter et avance ses positions…

    Mélanchon est partit et va vouloir prendre toute la gauche de la gauche.

    Europe Ecologie les Verts a l’arrêt, cette histoire de Hulot est pathétique.
    Le PEN est aussi en campagne.
    Valls a totalement échoué dans son lancement de campagne…
    Le reste est pas annoncé officiellement et aucun programme existe.

    • « Au passage elle annonce l’augmentation de 150 Mds€ de recette fiscale ce qui gigantesque »
      Ce n’est pas gigantesque, c’est idiot. Pourquoi pas 1500 Mds€ tant qu’elle y est ? On peut toujours dire n’importe quoi lorsque, comme elle, on n’a aucune compétence économique.

      « et des réductions de dépenses de fonctionnement et de redéploiement. »
      Ah oui ? Et que signifie une réduction des dépenses de redéploiement ? J’aimerais comprendre.

      • La fin des niches fiscal(75Mds€), la fusion de la CSG-IRPP qui dans sa version a elle donne 30Mds€ de plus de rendements. Et 50 mds€ de fraude fiscale.
        Elle envisage aussi le transfert d’une partie du financement de la protection sociale du travail vers le capital.
        Avec une politique de l’offre dans les industries verte et technologie c’est un bon plan.
        L’état en revenant dans la politique industriel(contrôle d’entreprise stratégique) et remise a niveaux du monde bancaire-assurance pour irrigué l’économie(l’état et les régions auraient leur propres banques pour les PME) pour créer un cycle économique dans les autres secteurs.

        La mise en avant du dialogue social avec une place beaucoup plus importante des syndicats doit être la touche social démocrate…

        La politique sur les jeunes est importante bien que je penses que cela manque encore de muscle.

        Elle va aussi a mon avis proposer comme Montebourg le développement des entreprises coopératives(elle le fait dans sa région).

        Reste des propositions très a gauche pour marquer les esprits comme l’interdiction des licenciements boursiers et autre propositions sociales.

        Après il faut attendre la suite de la campagne.
        Elle est avec Montebourg la plus avancé dans son programme.

        Sarkozy en 2005-2006 était a la ramasse dans les intentions de vote mais en partant de loin et avec un programme bien travaillé. Il a ainsi imposé tout de suite ses thèmes ou il avait travaillé et déstabilisé les autres, ainsi il avait les réponses aux questions qu’il posait.

        Royal applique cette stratégie.

  10. Lu sur le monde.fr à propos du parallèle FN/PG :
    « Je m’imaginais un parti ouvert, où l’on réfléchit, discute, débat (…).
    Le PG fonctionne, au contraire, comme un petit groupe ‘discipliné’ », écrit M. Ramaux.
    Résultat, explique le démissionnaire : une ligne trop aléatoire, peu sérieuse, notamment dans sa RÉFLEXION SUR LA CRISE ÉCONOMIQUE ET FINANCIÈRE.

    Or, Christophe Ramaux a été l’un des orateurs invités à définir la ligne du PG en l’occurrence, lors de son forum GOUVERNER FACE AUX BANQUES :
    Le 12 juin 2010 à Bagnolet, le Parti de Gauche a organisé un Forum national de réflexion sur les politiques publiques à mener face aux banques et les moyens de casser la prédation de la finance.
    De nombreux économistes sont intervenus : Bernard Cassen (Attac, Mémoire des Luttes), Dominique Plihon (économiste, Attac, Univ. Paris XIII), Laurent Cordonnier (économiste, Univ. Lille I), François Morin (économiste, Univ. Toulouse I) et pour le PG Jacques Généreux (économiste, Sciences Po), Christophe Ramaux (Univ. Paris I), Raquel Garrido (SN du PG à l’International).

    Son intervention est à voir sur: http://www.dailymotion.com/video/xdxr7f_christophe-ramaux-gouverner-face-au_news
    Celle de Jacques Généreux sur:
    http://www.dailymotion.com/video/xdq9rw_jacques-genereux-gouverner-face-aux_news
    dont un texte amendé présente désormais les orientations programmatiques du PG sur ces questions.

    « Au regard de son projet, conclue M. Ramaux, n’est-il pas paradoxal que le PG soit aujourd’hui, et de loin, le parti à gauche le plus personnalisé »
    Personnalisé par qui? Mélenchon?…il n’intervenait même pas dans ce forum!
    Il y a toujours des gens pour trouver la vision des autres « trop aléatoire, peu sérieuse ».
    A chacun de se faire son idée…

      • J’avoue ne pas tout à fait suivre le raisonnement du lien en question. Notamment le paragraphe 3.4, ou il est mentionné à multiple reprise « L’union européenne », alors qu’en préambule, il est question de remettre en cause (dénoncé) le traité de Lisbonne…. Comment pouvez vous espérer faire appliquer des règles à une « institution » dont vous vous efforcez par ailleurs d’en sortir ? Je cite :2.2. La ratification parlementaire du Traité de Lisbonne (copie conforme du traité constitutionnel européen) constitue un déni de démocratie, un contournement grossier de la volonté populaire clairement exprimée par le référendum du 29 mai 2005. Un gouvernement issu d’une nouvelle majorité de gauche sera donc fondé à suspendre l’application de toute disposition dudit traité qui aurait pour effet d’empêcher la mise en oeuvre ou le financement de son programme.)

  11. Lu sur le monde.fr à propos du parallèle FN/PG :
    « Je m’imaginais un parti ouvert, où l’on réfléchit, discute, débat (…).
    Le PG fonctionne, au contraire, comme un petit groupe ‘discipliné' », écrit M. Ramaux.
    Résultat, explique le démissionnaire : une ligne trop aléatoire, peu sérieuse, notamment dans sa RÉFLEXION SUR LA CRISE ÉCONOMIQUE ET FINANCIÈRE.

    Or, Christophe Ramaux a été l’un des orateurs invités à définir la ligne du PG en l’occurrence, lors de son forum GOUVERNER FACE AUX BANQUES :
    Le 12 juin 2010 à Bagnolet, le Parti de Gauche a organisé un Forum national de réflexion sur les politiques publiques à mener face aux banques et les moyens de casser la prédation de la finance.
    De nombreux économistes sont intervenus : Bernard Cassen (Attac, Mémoire des Luttes), Dominique Plihon (économiste, Attac, Univ. Paris XIII), Laurent Cordonnier (économiste, Univ. Lille I), François Morin (économiste, Univ. Toulouse I) et pour le PG Jacques Généreux (économiste, Sciences Po), Christophe Ramaux (Univ. Paris I), Raquel Garrido (SN du PG à l’International).

    Son intervention est à voir sur: http://www.dailymotion.com/video/xdxr7f_christophe-ramaux-gouverner-face-au_news
    Celle de Jacques Généreux sur:
    http://www.dailymotion.com/video/xdq9rw_jacques-genereux-gouverner-face-aux_news
    dont un texte amendé présente désormais les orientations programmatiques du PG sur ces questions, à lire dans:
    http://jacquesgenereux.fr/news/gouverner-face-aux-banques

    « Au regard de son projet, conclue M. Ramaux, n’est-il pas paradoxal que le PG soit aujourd’hui, et de loin, le parti à gauche le plus personnalisé »
    Personnalisé par qui? Mélenchon?…il n’intervenait même pas dans ce forum!
    Il y a toujours des gens pour trouver la vision des autres « trop aléatoire, peu sérieuse ».
    A chacun de se faire son idée…

  12. Je ne me prononce pas sur la fille LE PEN.
    Je veux voir si elle n’a pas le calibre pour nous faire un TEA PARTY à la sauce franchouillarde.

    Au second tour des présidentielles 2012 ?

    Force supplétive à celle de Sarko qui gagnerait ?
    ou
    Force dominante draguant celle de Sarko et emportant la victoire ?

  13. Oui ce Front National est différend car il abandonne ses idée ultra libéral du père pour un étatisme très présent de la fille.

    Ne pas le voir est une erreur politique.

  14. Je peux me tromper, mais pour l’heure je crois que le score élevé du FN est dû à un transfert des voix de droite, pas des voix populaires qui sont, il me semble, toujours en attente de la gauche.
    Si nous devions les décevoir, alors oui ils feraient un vote sanction FN, et oui LePen fille se retrouverait au second tour.

    A nous d’être convainquant en arrêtant les mélucheries ou autres eraztitudes, et en trouvant dare-dare un sens aux primaires qui commencent à avoir une drôle d’odeur de foirage.

    • Vous avez tort de vous faire du mouron, cher ami. Entre une montreuse d’ours, fille de son père de son état, et une montreuse de marionnettes, qui s’exerce tous les matins à son miroir, le public a l’air content, à ce qu’il semble si l’on s’en tient à l’empressement des médias à faire commerce de tout cela. Mais patience ! Le rideau n’est pas encore levé. Il nous faudra bien aider la presse à sortir de son ennui, avec de vrais textes, de vrais dialogues et de vrais acteurs.
      C’est du reste cet espoir qui nous amène ici, n’est-ce-pas ?

      • La presse a du mal avec les vrais textes qui font autre choses que du clinquant ou du claquant. Mais j’ai bon espoir qu’ils s’améliorent un peu.

    • Ariane Masseney (sic) est l’arrière-arrière-arrière-petite-nièce du compositeur Jules Massenet

  15. Ping : Les tweets qui mentionnent Le Front national, identique et différent | Pierre Moscovici -- Topsy.com

  16. Je partage pleinement cette analyse, mais en même temps elle fait froid dans le dos : les citoyens musulmans sont montrés comme les responsables de tous les maux de la société, malheureusement trop de gens en sont convaincus.
    Mme Lepen est au dessus de 15% et pourtant les élections ont lieu dans un an, cela fait très peur, et à titre personnel me fait terriblement peur car je suis de tradition et de culture à la fois musulmane et juive. J’ai trouvé ignoble le propos du père Le pen sur le journaliste passé à tabac « cela ne se voit pas à ses papiers ni à son nez qu’il est juif », comment de tels propos sont-ils tolérables dans une démocratie? Sans faire de parallélisme avec une histoire pas si lointaine, je suis historienne, mais lorsque j’écoute le discours polissé et lisse de Mme Lepen, je ne peux m’empêcher de penser à un fait historique celui-là :
    Hitler est arrivé au pouvoir par la voie démocratique, il a été élu par une masse galvanisée par la haine, il a transformé un sentiment – le racisme – en idéologie qui a conduit à un génocide industriel sur des êtres humains, le degré de l’inhumanité a atteint son apogée à cette époque. La punition des démocraties c’est de tolérer et de s’accomoder de la bête hideuse – la haine -cachée sous un masque polissé, cela fait très peur. Le parti socialiste a un devoir moral envers les idées qu’il prétend défendre : convaincre les électeurs et gagner les élections !

  17. Je n’ai aucune estime personnelle pour Jean Luc Mélenchon, j’en ai par contre pour DSK, allez savoir pourquoi.

    « Ne nous y trompons toutefois pas : le Front de gauche reste le Front de gauche, les éléments de continuité l’emportent sur les novations. Non, le Front de gauche n’est pas devenu un parti de gauche banal, voire fréquentable, son présidente n’est pas un leader politique « comme les autres », avec qui il faudrait échanger placidement. »

    « la redistribution plus juste « , est-ce l’amorce du salaire citoyen universel personnalisable ? Merci de de pas attendre deux ans avant de confirmer, sinon le Front de gauche aura réussi à faire passer le Front national avant le PS en 2012

  18. Notre démocratie est depuis quelques années mise à mal par un péril brun fascisant !

    Depuis quelques mois, Marine Le Pen dit «incarner le peuple face aux élites»…!!

    Une rhétorique que l’on connait déjà.
    Le «vieux» s’en va, tant mieux…

    Mais ne nous leurrons pas, la fille porte en elle la haine & le testament Le Pen.

    Notre démocratie est en danger !!

    1933, cela ne vous rappelle rien ?

    National-socialiste, ça ne vous dit rien ?

    Les concordances avec la stratégie frontiste sont nombreuses.

    La propagande, la persuasion, la manipulation des masses, bref toutes les tentatives pour influencer la conduite des populations en s’adressant collectivement à leurs instincts bruts, à leurs peurs et à leur sentiment d’insécurité.

    Tout cela a joué un rôle décisif dans la croissance de l’Allemagne nazie et du nazisme.

    Hitler connaissait l’importance de comprendre et manipuler les émotions des masses. Pour cela, il bannissait les intellectuels et les raisonnements, pour privilégier les slogans et les idées simples de base.

    Il s’adressait aux émotions plus qu’à l’intellect, mettant en relief les doléances populiste.

    Nommé chancelier, la dictature fasciste se profilait…

    Et quelques faits d’armes : le 1er mars 1933, l’incendie du Reichstag fut imputé au Parti Communiste impliquant un décret d’annulation des libertés d’opinion, de la presse, et de réunion.

    La connerie humaine, le racisme, la xénophobie et la haine de son prochain est à ce point propre à l’extrême droite que c’est sans surprise que le fascisme indéfiniment se reproduit…

    Ce péril brun est une blonde…

    Attention danger !!

    Bien cordialement,

    Fabrice

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