Réhabiliter la politique

Le Parti socialiste tenait ce mercredi son forum sur les institutions. Exercice compliqué, pour un parti dont l’inconscient semble régulièrement assailli par des réminiscences du « Coup d’Etat permanent » de François Mitterrand : j’en veux pour preuve le refus du bureau national d’approuver le texte proposé à cette occasion. De fait, il est symptomatique que Manuel Valls soit en charge de ce forum, lui qui, au sein du Parti socialiste, a poussé l’approche présidentielle de la pratique politique à son paroxysme – on aura remarqué que, contrairement à moi, il est rasé de près.

j’ai cependant l’impression que nous pouvons aller plus loin, que nous manquons quelque part d’ambition, peut-être par défaut d’analyse

Sur le fond de son travail, il faut reconnaître que Manuel a produit là un travail sérieux, en ayant simultanément l’honnêteté de préciser que le sujet des institutions ne sera pas central dans la prochaine élection présidentielle. C’est, à mon sens, un sujet néanmoins important, technique en apparence, mais dont les ressorts sont particulièrement sensibles en ces temps d’hyper-présidence. La volonté de parvenir à un exercice plus « républicain » de la fonction présidentielle sous-tend d’ailleurs le texte proposé par Manuel Valls. C’est d’abord à ce défi qu’il essaie de répondre, à travers trois axes : l’encadrement du pouvoir exécutif – par le travail du parlement et de l’opposition-, le renforcement des contre-pouvoirs – la Cour constitutionnelle, les agences indépendante et les médias – et la promotion des « nouvelles formes démocratiques » – partie relativement fourre-tout où cohabitent le droit / l’obligation de vote, la diversité, le vote des étrangers aux élections locales, la démocratie participative ou encore le cumul des mandats…Au-delà des propositions appréciables de ce texte, j’ai cependant l’impression que nous pouvons aller plus loin, que nous manquons quelque part d’ambition, peut-être par défaut d’analyse.

56% [des Français] ne font confiance ni à la droite ni à la gauche, 83% estiment que les hommes politiques ne se préoccupent pas de ce qu’ils pensent

Il faut en effet considérer le contexte quelque peu particulier dans lequel s’est déroulé ce forum. Le baromètre de la confiance en la politique, paru il y a quelque jour, résume mieux que tout discours l’état critique de la relation entre les Français et leurs représentants : 56% ne font confiance ni à la droite ni à la gauche, 83% estiment que les hommes politiques ne se préoccupent pas de ce qu’ils pensent. La crise est grave, alimentée par les difficultés économiques, la multiplication des révélations de conflits d’intérêts mais aussi l’installation d’un poujadisme latent – dont Jean-Luc Mélenchon se fait hélas parfois un porte-parole à la fois consciencieux et peu scrupuleux. A ce titre, c’est la chute de la légitimité-même des politiques menées – les policies au sens anglo-saxon du terme – et de ceux qui les mènent au nom de courants d’idées – les politics – qui doit nous interpeller. Pour avoir beaucoup de bonnes intuitions, le texte présenté ce mercredi me semble achopper sur ce point, qui le conduit à manquer en gros à la fois de profondeur de vue et de fil directeur. C’est particulièrement prégnant dans le propos introductif, long plaidoyer pour la Ve République – comprenez que la VIe n’est pas une bonne idée – qui concède une évolution de la légitimité et des formes de mobilisation pour l’enterrer illico sous le primat absolu de la démocratie représentative.

C’est l’évolution de la légitimité démocratique qu’il faut interroger

Que cela soit clair : je n’ai nulle intention de nier l’importance d’aller plus loin dans le sens de la séparation des pouvoir ou du rôle de l’opposition. Il me semble pour autant que là n’est pas le combat principal. C’est plutôt l’évolution de la légitimité démocratique qu’il faut interroger, et les implications profondes que cela doit avoir sur notre conception des institutions. C’est ce travail que nous devons mener si nous voulons rétablir la confiance des citoyens dans leurs élus, les inciter à renouer avec cette expression démocratique au sujet de laquelle ils sont de plus en plus sceptiques, sinon indifférents. Ce combat, je lui vois trois axes principaux : la remise en cause de l’élection comme moment unique d’expression de l’électeur, l’émergence de ce que Pierre Rosanvallon appelle la société des particularités, la décrédibilisation du personnel politique. Répondre à ces trois questions ne résoudra pas l’ensemble de la crise démocratique que connaissent les pays occidentaux. Mais ce serait déjà un pas considérable.

L’élection n’implique plus – de fait – une légitimation a priori des politiques menées

Le premier point fait écho aux difficultés de notre démocratie représentative : l’élection n’implique plus – de fait – une légitimation a priori des politiques menées. Les citoyens demandent un droit de regard, une coproduction plus poussée des décisions publiques. A ce titre, il faut reconnaitre ce que François de Singly appelle « la supériorité du consommateur sur le citoyen ». Depuis longtemps, le premier a un pouvoir que le second n’a pas : les marques ont intégré les avis des consommateurs, les « retours client » dans la définition et l’évolution de leurs produits. Chacun d’entre nous le vit au quotidien. A l’inverse, et en dépit des efforts appréciables de nombreuses collectivités – j’ai moi-même tenu à mettre en place un processus de consultation démocratique pour l’élaboration du projet d’agglomération du pays de Montbéliard-, le citoyen a peu voix au chapitre en dehors de l’élection. Cette distorsion peut paraitre anecdotique, je la crois importante. Non pas que j’assimile pour ma part l’acte démocratique à l’achat d’un dentifrice – loin s’en faut, mais elle est révélatrice d’une certaine conception du rôle citoyen. En 2006-2007, Ségolène Royal avait su, à travers la démocratie participative, incarner une dynamique nouvelle, sous des atours parfois démagogiques. Il faut se pencher réellement sur cette question, développer de nouvelles manières d’échanger, de rendre compte et de faire participer les Français aux politiques menées. Cela devra impliquer l’ensemble des niveaux politiques, se construire dans une concertation étroite avec les élus locaux.

(…) garantir les fondements du vivre-ensemble dans une société plus fragmentée, c’est d’abord certifier que les politiques publiques sont justement détachées des intérêts particuliers.

J’ai eu l’occasion, dans les Remarques sur le texte proposé sur l’égalité réelle, d’évoquer l’individualisation de la société et ses conséquences. C’est un défi pour la gauche, mais également pour nos institutions. La fin de la société des classes, le développement du paradigme individuel – à tout le moins identitaire – ont une double conséquence : la méfiance vis-à-vis du collectif, la nécessité de dépasser la vision de la majorité comme expression de la totalité. A ce titre, Nicolas Sarkozy a poussé jusqu’à la caricature le principe d’une politique de caste. Or, garantir les fondements du vivre-ensemble dans une société plus fragmentée, c’est d’abord certifier que les politiques publiques sont justement détachées des intérêts particuliers. Dans cette optique, le développement de contre-pouvoirs, d’agences indépendantes dotées de moyens réels, largement abordé dans le texte de Manuel Valls, me semble une très bonne chose. Cette approche doit être complétée par une gestion fine des particularismes, en se gardant du communautarisme.

[Nous devons être] avec nous-mêmes d’une sévérité – fût-elle judiciaire – implacable.

Le troisième et dernier chantier n’est pas le moindre : il fait écho aux nombreux conflits d’intérêts, à l’entrisme des milieux d’affaires dans le monde politique, mais aussi – il faut le reconnaître – à des pratiques politiques parfois limites. Cette légèreté n’est pas une spécialité française, comme l’affaire des notes de frais des parlementaires britanniques révélée par le Guardian le démontre. Elle n’en est pas moins dévastatrice auprès d’une opinion publique mise sous pression par la crise économique. Face au développement préoccupant de la rhétorique du « tous pourris », entretenus par des comportements aussi aberrants que celui de Michèle Alliot-Marie, niant l’évidence des faveurs acceptées d’un proche du clan Ben Ali en pleine révolution de Jasmin, nous avons le devoir de relégitimer la fonction politique, y compris en étant avec nous-mêmes d’une sévérité – fût-elle judiciaire – implacable. Sur ce point, l’attitude des parlementaires UMP – et en premier lieu de Jean-François Copé – essayant de limiter la transparence financière demandée aux députés, a été indigne.

Ces trois axes doivent nous servir de guides. Ils sont à développer, à concrétiser, en complément des avancées proposées par Manuel Valls. Car, au-delà du débat sur le numéro de notre République, devenu vain, notre mission profonde est de restaurer la confiance dans la fonction politique et dans l’action publique, de ramener les citoyens vers les urnes – sans que ce soit nécessairement en rendant le vote obligatoire. C’est bien la politique elle-même qu’il s’agit de réhabiliter. Pour cela aussi, pour cela d’abord, l’élection présidentielle est bien un rendez-vous décisif, que nous n’avons pas le droit de manquer.


64 réflexions au sujet de « Réhabiliter la politique »

  1. Très bonne intervention ce matin sur France 2. Mais je tenais à rajouter ceci suite à l’interview de MAM sur EUROPE 1 quand elle dit: « Par ailleurs, cet ami tunisien qui l’a transportée à bord d’un appareil privé est « une personne qui ne m’a jamais rien demandé. C’est simplement une relation désintéressée et amicale ». Il n’est plus de la famille mais devient un ami, voir une relation amicale….Il y a une semaine elle nous le vendait comme un membre de la famille….Demain il sera peut être cet homme « on s’est croisé lors d’un diner, rien de plus »….Bref tout ceci n’est pas sérieux et cette dame s’embourbe.Quand je vois les difficultés qu’elle a pour se sortir de cette polémique, je doute qu’elle n’ait pas fait quelques choses pour aider cet homme tunisien ou d’autres. Que ce soit en tant que Ministre des AE ou avant Garde des Sceaux…..Sans vouloir jeter l’opprobre sur MMe Alliot Marie mais on est obligé de se poser des questions. Les avoirs de ce monsieur n’ont pas été gelé?? A t’elle usé de son influence pour cela? L’a t’elle aidé à sortir de la Tunisie en étant dans cet avion?? On connait cette affaire car il y a eu la révolution jasmin dans ce pays. La question devient morale, pas seulement pour MAM mais pour tous les hommes politiques et leurs relations qu’elles soient amicales ou professionnelles. Les petits services rendus peuvent ou pourraient être gênant dans notre classe politique. Gauche comme droite. Si on pousse le raisonnement plus loin ont ils des relations avec la mafia? Des terroristes du type Al Qaeda ou des gens qui soutiennent ces organisations? A t-on arrangé des procès sous prétexte de dessous de table? Donné des marchés publics à des sociétés à l’aide de pot de vin?? Je pousse très loin…Ce qui devrait pousser nos politiques à vérifier leurs « relations amicales et désintéressées »

  2. Pardon pour le coq à l’âne, mais ce n’est pas tout à fait un coq à l’âne.
    Avez-vous, Pierre Moscovici, ou quelqu’un, entendu le discours de Jean-Paul Delevoye au Forum de la culture ? Je l’ai trouvé juste, perspicace et généreux.
    Surtout après les banalités lues et annonées par Frédéric Mitterrand que l’on a connu mieux inspiré.

  3. message à Denise : ta triste expérience de militante porteuse de projets reflète très exactement la désaffection grandissante depuis des décennies envers les élites dirigeantes qui méprisent le peuple et s’imaginent être les seuls à pouvoir faire des propositions, mais le problème est justement qu’ils sont bien trop préoccupés par leur égo pour daigner apporter une réponse à une militante, ce comportement empreint d’un mépris scandaleux est indigne.
    Tant que les cadres dirigeants sortiront exlusivement de l’ENA (l’Ecole Nationale de l’Argumentaion ou de l’Arnaque au choix), la désaffection se poursuivra. Le PS a besoin de militants issus de la société civile provenant d’autres horizons, bref tant que la représentation nationale ne correspondra pas à la société civile, ce parti socialiste restera sclérosé et inerte. Les verrous sont encore bien fermés et bien gardés, aussi cela n’est pas étonnant que tes propositions n’aient reçues aucune réponse.

    • Oui… mais : je ne jette pas non plus l’élite aux orties et honnêtement je ne crois pas que la cause soit dans l’ENA. Par contre, il est vrai que nos dirigeants ont tendance à penser qu’ils sont les seuls à pouvoir nous apporter les solutions. L’idéal pourtant ne serait-il pas d’organiser la remontée des diagnostics et des idées et de mettre à l’ouvrage les experts pour voir comment on peut les mettre en oeuvre ?

      • @denise dit : 6 février 2011 à 18:31
        Tu crois que les citoyens et/ou les militants détiennent chacun une parcelle de vérité sur l’analyse et la solution à chaque problème, puis qu’ensuite, il reste à trouver des experts pour fédérer ?
        Ça marchait (peut être) du temps de Thucydide entre 460 et 395 avant JC !

        • bah la démocratie, ça ne peut pas être « donnez-moi vos idées, bouts d’idée, débuts d’idée, et j’en ferai un programme ». On irait droit dans le mur.

          Et ce n’est pas non plus « voici ce que je pense, acceptez-le tel quel et votez pour moi ».

          Le plus difficile, donc, est de trouver le juste milieu. Personne n’a vraiment trouvé la solution entre le besoin de chaque citoyen non spécialiste de participer et de dire son mot ET le besoin de l’expertise des spécialistes pour trouver des solutions concrètes et faisables à des problèmes extrêmement complexes….

          • Malgré tout, nous faisons comme si cela ne posait pas de problème.
            Il reste à inventer une démocratie adaptée à un monde plus ou moins complexe, selon la nature des sujets analysés et cela sans se mentir.
            PMF nous manque !

  4. « la fin de la société des classes » : les inégalités sociales sont à leur paroxysme et le parti socialiste est en incapacité à traduire les valeurs de gauche en des propositions concrètes permettant de réduire la fracture sociale.
    Certes les institutions ne sont pas secondaires, elles sont un cadre dans lequel s’exerce la démocratie, mais devant 4 millions de chômeurs, l’urgence est ailleurs, la société attend en vain celui ou celle qui présentera un plan d’urgence pour accompagner les nombreux jeunes, seniors, femmes, immigrés, ouvriers etc… (la liste est trop longue) une politique d’envergure sur la question centrale liée à l’emploi, car le travail est un puissant constructeur d’identité, et ne pas avoir de travail désocialise nombre de nos concitoyens qui se tournent vers l’extrême droite.
    Le danger de 2012 se résume ainsi : la désespérance sociale conduit inéluctablement à l’extrêmisme, alors de grâce, cessez les explications professorales sur les institutions et traduisez la théorie en pratique, c’est cela et uniquement cela que nous attendons!

  5. je suis dubitatif. la democratie, la repiblique, l etat sont aussi des resultats des contraintes techologique d une epoque. le mode de voter en est un exemple : on a choisi un scrutin majritaire parce que c est plus simple a mettre en oeuvre qu un scrutin au consensus par exemple. nous avons un parlement et une delegation de pouvoir parce que la connaissance, le debat, l organisation sociale ne permettaient pas de faire mieux. or les choses ont change, essayons de briser l evidence et les paradigmes sinon nous ne produirons que d aimabes bavardages.

  6. Réhabiliter la politique, sujet essentiel.
    Mais quand on lit les commentaires à l’article de M Moscovici et quand on parcours son blog, on trouve des sujets et des préoccupations concernant essentiellement le pouvoir, son partage, la démocratie…
    Or, ce que veulent les français, ce n’est pas cela.
    Ils veulent de vrais réponses à leurs vrais problèmes : le chômage, le mal-logement, les crises économiques et écologiques.
    Or, de cela, personne n’en parle, pas de propositions, pas de débats sur le comment faire, comment résoudre ces problèmes.
    On renvoie tout cela à un hypothétique programme politique,
    Or; l’essentiel n’est pas la prise de pouvoir,mais bien ce que l’on voudra en faire, ce que l’on pourra en faire pour améliorer la vie des français.
    J’aimerais voir sur ce blog un article et des commentaires autour de la meilleure façon de régler un problème précis. Cela m’aiderait à réhabiliter la politique !

    • C’est exactement cela, et c’est ce qui me laisse ce goût d’amertume que l’on peut déceler dans mes quelques posts précédents. Nous sommes un certain nombre à avoir débattu longuement ici de propositions relativement précises au cours de l’année dernière. Elles ont été combattues par d’autres qui ne les trouvent pas pertinentes, et c’est bien leur droit.
      Mais de n’avoir aucun retour, aucun signe du moindre intérêt du titulaire/propriétaire de ce blog, et comme je l’écrivais même pas une fin de non recevoir, me rend très dubitative sur ce que l’on va bien pouvoir proposer au français comme alternative ; je dis bien comme alternative et non pas comme alternance.
      Martine Aubry nous promet un véritable projet de CIVILISATION, rien que ça ! Mais il va être écrit par un cénable d’experts divers et variés, et nous n’aurons, nous les militants, comme possibilité que de dire oui ou non, comme d’hab. Comme si, analphabètes que nous sommes, nous étions incapables de penser un tant soit peu. Or, la vie des français, nous la partageons et nous la connaissons largement autant qu’eux. Et il se pourrait bien que nous ayons quelques idées valables, quand même ! Si elles ne le sont pas, encore faudrait-il le démontrer. Mais non, rien, circulez, il n’y a rien à voir, on va vous concocter un projet aux petits oignons, et vous, les gueux, on vous demandera de l’adopter, c’est tout ce que vous êtes capables de faire.

      • Ah, la prise de conscience tardive…
        Cela fait un bail que la direction du PS se fiche pas mal de ce que les militants pensent ou veulent (Reims en est une parfaite illustration).
        Mais ne t’inquiète-pas Denise, je connais une candidate aux primaires qui promeut la démocratie participative. Veux-tu savoir de qui il s’agit ? Il existe même un site sur lequel tu peux déposer tes idées…
        De toute façon ton ancien champion n’avait et n’a aucune chance, bourrage d’urnes, tricherie ou pas.

        • Ouais ben j’aimerai bien qu’on me cite ne serait-ce qu’une idée, issue de la démocratie participative version désir d’avenir, reprise par Royal in fine. Et je ne parle pas des slogans genre « politique par la preuve » etc.

          • Je ne vois qu’un grand forum comme il en existe d’autres sur la toile. Tout juste est-il plus modéré, encadré et partisan (ce n’est pas péjoratif) que d’autres.

            En attendant, ça ne dit pas en quoi ce qui y est écrit est finalement repris comme propositions par la candidate Royal.

            Dans « La France invisible » (2005 ou 2006), il y a un chapitre sur les experts travaillant avec les politiques, avec les exemples de Fabius, Royal et Sarkozy. Mais c’est un fait général. Rien de scandaleux à cela.

        • Je regrette de te le dire mais 1) ce n’est pas ce que j’ai dit et je ne vois pas du tout ce que Reims vient faire là-dedans, 2) désolée mais ta candidate me sort de plus en plus par les yeux ; plus je l’entends plus j’ai la sensation d’une insondable vacuité.

          • « Je regrette de te le dire mais 1) ce n’est pas ce que j’ai dit et je ne vois pas du tout ce que Reims vient faire là-dedans, 2) désolée mais ta candidate me sort de plus en plus par les yeux ; plus je l’entends plus j’ai la sensation d’une insondable vacuité. »
            Mais bien-sûr, ce n’est pas ce tu as dit, ce qui concerne les autres au PS n’est pas important, rien n’est plus fondamental que ce qui concerne sa petite solution ou sa petite personne.
            Rien que le fait de considérer que tel ou telle te sort par les yeux ou de ressentir son insondable vacuité dénote cette intolérance de l’autre qui conduit inexorablement vers un manque de cohésion du parti
            C’est du même tonneau que de suivre sans entrain en 2007 celle qui a été désignée aux primaires. C’est du même tonneau que les résultats aménagés de 2008. C’est du même tonneau que les réflexions agréables de Rocard ou Fabius.
            Tout le monde il est beau et il est gentil dès lors qu’il adopte les idées de l’autre. Dans le cas contraire, rien ne va plus.
            En fait le dicton « Ne fait pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu’on te fasse » s’applique à Mosco comme à toi ou comme à d’autres au PS, où seules les idées devraient être la source de compétition, les débats sont toujours pollués par des volontés de gagner soi-même, le programme passe au second plan, les exemples sont innombrables.
            Ceci est vrai entre militants du PS, alors que dire des idées de Mélenchon qui en sorti mais qu’il sera bien utile de venir chercher le moment venu.
            La victoire n’est pas pour demain, camarade.

      • Je peux comprendre ta déception Denise. Elle est à la hauteur de ton investissement à promouvoir le revenu citoyen et de la confiance que tu as accordé à Pierre.

        Maintenant, et tu le sais bien, il n’est pas le seul candidat (potentiel ou officiel) aux primaires. D’autres seront peut être plus attentif à ta démarche, voir favorable à ce projet. Montebourg peut être.

        • Merci de ton soutien, Pablo.
          Il y a un autre sujet qui me semble majeur, c’est la réforme (la révolution ?) fiscale. F. Hollande est très avancé sur cette réflexion. J’ai regardé la vidéo de son débat avec Picketty (sur Mediapart) et cela m’a semblé passionnant, même si pas totalement abouti. Il considère que c’est le problème n° 1 à réformer avant toute autre chose et c’est ce qui me semble aussi.
          Je vais voir de ce côté-là.

    • Rcoutouly dit : 5 février 2011 à 08:22

      Croire ou faire croire (SR) que l’on peut donner des réponses sur «le chômage, le mal-logement, les crises économiques et écologiques« sans rechercher prioritairement les remèdes à la crise mortelle de l’EU et aux dérèglements monétaires, revient à pisser dans un violon.

      Mobiliser les gens sur ces sujets, ne serait-ce possible que si les gens sont affamés ?
      Si c’est le cas, c’est que nous n’avons pas trouvé le moyen de faire de la démocratie dans une économie avancée.

  7. @ Denise dit : 4 février 2011 à 16:39

    Réhabiliter la politique, c’est autre chose que de se préoccuper de l’estime et du soutien d’un «chef»
    Militer, c’est faire de la politique une activité estimée par les citoyens, ça dépasse les petits problèmes d’égo de notre petite personne.

    Si tu n’as pas eu d’accusé de réception de tes propositions, tu peux encore espérer qu’elles étaient bonnes, même si elles n’ont pas été reconnues par leur destinataire.

    Si je fais preuve de ce mauvais humour noir, c’est que je suis chaque jour convaincu que nos réflexions et propositions sont loin d’être en rapport avec la réalité qui se dévoile devant les consciences des gens de gauche.
    Les points de vue des gens de droite sont plus conformes à leurs intérêts, mais ils ne sont pas les miens.

    Parfois, il arrive que nous sommes totalement ailleurs.
    Un exemple, la Chine a un comportement vis-à-vis de l’OMC qui devrait nous voir tous derrière l’OMC.
    On fait quoi ? On n’en parle pas, on évacue le sujet.
    Alors que par dépit, tu ne votes pas pour Mosco, on s’en fout.

    • @ Baillergeau
      Je t’accorde bien volontiers que ça dépasse les problèmes d’ego et je ne crois pas que ce soit ce que je ressens (mais vas savoir…). Je crois plutôt que si l’écart se creuse à ce point entre direction, responsables, édiles, « chefs », tout ce que tu voudras, et les militants, au point que ce qu’ils ont à dire ne soit même pas considéré le moins du monde (car s’il y a certes sujet à débat, c’est bien ce que j’aurais apprécié voir s’enclencher), il ne faut pas s’étonner de l’écart qui se creuse entre la population dans son ensemble et les politiques.

      Bien sûr que tout le monde se fout que je vote ou non pour Mosco aux primaires ; mais peut-être pas lui, quand même, si ? Sinon, que reste-t-il comme possibilité de se faire entendre ? J’ai du mal à imaginer un politique qui aspire à représenter le peuple qui commencerait par se foutre qu’on vote pour lui ou non. Nous autres citoyens, et citoyens-militants, nous n’avons guère d’autre moyen que notre bulletin dans l’urne.

  8. @ Pierre Moscovici,
    Pour réhabiliter la politique, il faut commencer par montrer quelque estime aux militants, voire à tes soutiens. Je t’ai remis un texte de réflexion et de propositions en main propre. Tu n’as pas pris la peine du moindre accusé de réception, même pas d’une fin de non recevoir.
    Je ne prendrai pas la peine de t’apporter ma voix aux primaires.

  9. De ce texte,je ne veux retenir que les mots qui suivent

    « la nécessité de dépasser la vision de la majorité comme expression de la totalité ».

    Tu mets le doigt sur ce qui rend la politique imbuvable pour la majorité des citoyens.
    La « nécessité conventionnelle de dire » que l’autre, celui de la minorité, est totalement mauvais, rend l’avis majoritaire détestable.
    Des droits constitutionnels étendus, alloués à la minorité ?
    On irait mieux.

  10. Merci pour ce texte qui ouvre, comme souvent, sur de larges réflexions…
    Je m’en permettrais ici deux.
    D’une part sur le cumul des mandats ; l’inscrire dans les textes du PS est nécessaire avant de réformer la constitution en ce sens, l’inscrire dans la pratique encore plus… encore faut-il réussir à clairement définir ce que l’on appelle cumul et mandats, de fixer des règles équitables, d’aller au bout des questionnements (quid par exemple du futur mandat de conseiller territorial, s’il vaut « conseiller général + conseiller régional » de termes de compétences, pourra-t-on le cumuler avec un autre mandat ? quid aussi de la durée des mandats, si 6 ans est peut être un bon temps pour l’action municipale c’est aussi très long pour les élus, entraînant parfois lassitude d’adjoints et de conseillers municipaux, par exemple, qui en délaissant leurs fonctions, contribuent aussi à la mauvaise image qu’ont parfois les élus), de garantir le statut de l’élu (en posant la question des indemnités, nécessaire mais complexe dans le rapport à l’opinion publique)… que des choses que tous savent déjà, mais sur lesquels je trouve que l’on ne va jamais assez loin ; sans compter la question liée du renouvellement sur lequel il est là encore facile de tenir des discours généraux (dans lesquels les mots parité, rajeunissement, société civile, diversité figurent toujours en bonne place) mais qui est plus complexe à mettre en œuvre sur le terrain… et sur toutes ces questions je n’ai pour l’instant jamais trouvé un texte du PS totalement abouti …

    Autre question, intimement liée à la précédente, celle de la démocratie participative / de proximité / continue / forte… sans jouer sur le vocabulaire, chacun est là encore conscient des enjeux ; il y a des expériences au niveau local qui fonctionnent, et il y a une réelle aspiration citoyenne… mais là encore les outils réellement pertinents (parfaits n’existant pas) doivent être inventés, afin de toucher la majorité de la population (la totalité me paraît illusoire, et assez peu démocratique au final) et de permettre par les instances de concertation / consultation aux citoyens de s’exprimer, tout en laissant aux élus la décision finale. Et au-delà des outils doit toujours être défini le rôle de chacun, et donc des élus et des projets politiques. prenons le cas du terrain vague sur une commune : consulte-t-on la population pour savoir ce qu’elle veut faire du terrain ? si oui lui laisse-t-on tout proposer ou propose-t-on des projets alternatifs (eux mêmes choisis selon les aspirations de l’équipe élue ?) ; si non la consulte-t-on simplement sur des aspects du projet, et quels types d’aspects ? et dans tous les cas, que fait-on si ce projet est contraire au projet politique porté par l’équipe élue (je ne dirai pas contraire à l’intérêt général, car qui peut vraiment le définir …). c’est bien la question de l’adéquation participation – représentation qui doit être posée, et qui peut être posée par ces outils de participation, mais aussi par les réseaux, les associations, la présence des élus sur le terrain, le militantisme quotidien… là encore c’est une réinvention des pratiques qui est nécessaire, mais qui appelle souvent un changement des mentalités ; car la concertation/consultation est encore trop vue soit comme un gadget, soit comme un outil de légitimation… soit comme un outil bien embêtant, avec des gens qui ne parlent que d’eux et qui bouffe des soirées ; sensibiliser élus (et fonctionnaires) sur ces points est nécessaire, mais là encore difficile (j’ai le souvenir de séances de formation à la rochelle où « créer son blog » attirait au bas mot 10 fois plus d’élus que « faire participer les citoyens »). Or les choses là encore n’évoluent pas toujours, et la démocratie participative est bien souvent galvaudée…

    • Mélenchon préfère donc débattre contre la social-démocratie avec Alain Minc, conseiller de Sarko. Dont acte, et oui la machine à perdre est en marche. J’ajoute que , sur le fond, Méluche raconte n’importe quoi.

      • « n’importe quoi » tu peux etre plus précis stp.
        quand il dit que les syndicats ont aujourd’hui moins de pouvoir par rapport au patronnat qui ont la possiblité de faire chanter les travailleurs avec la délocalisation…
        et que la gauche en europe au lieu de lutter elle choisit d’accompagner le capitalisme.
        exemple: italie le partie socialiste n’existe plus, c’est un partie du centre voir centre droit; en allemagne le spd a préferer une alliance avec le partie de droite au temps de schroeder; je te parle meme pas du cas grec là c’est le sommum.
        donc la question se pose c quoi la sociale démocratie aujourd’hui?

        • les syndicats pourraient avoir une force de frappe beaucoup plus forte, comme en Allemagne par ex., s’ils acceptaient d’accueillir une majorité de salariés en leur sein, mais ça… Evidemment, ca changerait la donne politique interne aux syndicats !

      • Si l’on comprend bien, Mélenchon ne doit pas convaincre le peuple de gauche, c’est trop « populiste », mais ne doit pas non plus affronter intellectuellement la droite…
        Et si on lui mettait un baillon et des boulets aux pieds, ça vous irait ?

        A l’audition de la video, on ne peut vraiment pas dire que « Méluche » raconte n’importe quoi… Ne serait-ce pas plutôt votre cas ?

      • Disons Nicolas que si le syndicalisme français évoluait vers un syndicalisme de services, comme dans les pays de tradition scandinave, il aurait certainement plus de poids.

        • mais tout cela n’empechera pas la délocalisation à moins de passer à un PROTECTIONNISME europeen, comme le préconise emmanuel todd.

          • L’objectif est de créer en Europe des emplois à forte valeur ajoutée, pas d’empêcher des délocalisations. Le protectionnisme, européen ou pas, est la pire des solutions.

          • En général on adopte le protectionnisme pour défendre ses entreprises, et donc indirectement les salairés, contre la concurrence étrangère, pas pour les contraindres dans un rapport de forces interne avec le salariat.

            Je dirai même plus, c’est parce que des entrepreneurs/industriels veulent défendre leurs parts de marchés qu’ils poussent les gouvernements à adopter des mesures (néo)protectionnistes.

          • sauf qu’aujourd’hui les intérêts des entreprises c’est de produire avec un minimum de coût salarial, donc en dehors de l’europe. la chine est en train de remonter toute la filière technologique et meme les emplois à haute valeur ajoutée seront demain la-bas (ils produisent déjà les ipad). les industries un par un déserte la france et si on veut reduire le chomage je ne vois pas beaucoup de solution

  11. DES MOTS, RIEN QUE DES MOTS…où tout est faux !

    Pierre Moscovici sait-il de quoi il parle lorsqu’il évoque:

    1) « l’installation d’un poujadisme latent – dont Jean-Luc Mélenchon se fait hélas parfois un porte-parole à la fois consciencieux et peu scrupuleux » ?
    J’étais encore un jeune garçon lorsque Poujade sévissait, mais assez attentif à l’époque pour me souvenir des thèmes chers au poujadisme:
    – défense du libéralisme contre le socialisme
    – supériorité des professions indépendantes sur la fonction publique
    – contestation de l’Etat et de l’impôt redistributif
    – nationalisme étroit en France et colonialisme au Magrheb
    Tout le contraire des positions de JL Mélenchon !
    On avait le mot « populisme » qui ne voulait rien dire sinon qu’on s’adresse au peuple (qui ne le fait en politique?). On a maintenant le mot « poujadisme » de la part de ceux qui ne savent pas de quoi ils parlent!

    2) « La fin de la société de classes ». Où a-t-il vu ça ?
    Tous les économistes s’accordent à reconnaître qu’on voit réapparaître:
    – un écart croissant entre riches et pauvres, par la financiarisation
    – la disparition et/ou l’appauvrissement de la classe moyenne
    – la privatisation croissante des entreprises et services publics des « trente glorieuses ». Rien que sous Jospin/DSK:
    Le Crédit Lyonnais, Le GAN, Le CIC, L’UIC, CNP Assurance, La Société Marseillaise de Crédit, DASSAULT, l’AEROSPATIALE, THOMSON-CSF, THOMSON Multimedia, EADS, ASF, TDF, La SFP, Les Autoroutes du Sud de la France, FRANCE TELECOM et AIR FRANCE.On a ainsi privatisé les profits d’entreprises bénéficiaires, ce qui a déplacé ces profits de l’intérêt général vers les intérêts privés de l’actionnariat. Les thuriféraires du privé, comme DSK, prétendaient alors qu’il fallait amenuiser le secteur public pour réduire la dette (alors qu’elle se réduisait toute seule aprés 95, période de reprise). Au total, les privatisations ont dépouillé l’Etat d’un rapport annuel supérieur au service de la dette, de sorte qu’elle serait aujourd’hui considérablement réduite, sans les privatisations! On aurait aujourd’hui plus d’emploi et renfloué la dette. On a maintenant et le chômage et la dette en augmentation!
    – une fiscalité de moins en moins redistributive. Ainsi, JF.Coppé et X.Bertrand parlent d’augmenter la TVA sous forme de « TVA sociale » ou « TVA anti-délocalisation », et D.Strauss-Kahn sous forme de « TVA européenne », c’est à dire la même chose: une TVA à l’allemande où les charges sociales proportionnelles seront transformées en taxes identiques pour tous, pesant le plus sur les faibles revenus. Avec Valls et DSK, on est bien au coeur de l’UMPS !

    • Concernant Poujade, je pense que M. Moscovici ne se référait pas particulièrement à la doctrine de Pierre Poujade mais entendait le mot au sens étendue, signifiant dans un sens général populisme ou démagogie.

      Concernant la société de classes en effet les inégalités et écarts de fortune ne cessent de croitre, mais M. Moscovici parle alors de « la fin du paradigme individuel », il n’affirme pas que les inégalités n’existent plus, ce n’est pas le propos. En fait je pense qu’il veut plutôt parler de la conscience de classe qui décline au profit de l’individualisation et de l’individualisme.

      • Euh ? Quelle signification peut avoir une notion de « poujadisme » tellement étendue qu’elle ne se rapporterait plus du tout à Pierre Poujade ? De même, que signifie maintenant le mot « populiste », qui commence à être bien usé à force d’être servi à toutes les sauces ? On a bien compris que c’est une injure, mais dites moi (sans me servir la définition du Larousse, du Robert ou de wikipédia !) ce qu’il peut bien signifier… On oublie totalement que le « populisme » désigne avant tout un style politique (et aussi une technique) -et en aucun cas une idéologie. A l’origine, le mot était bien plus précis que « démagogie » (dont il désignait une des incarnations possibles, à travers une radicalisation démagogique de l’idée démocratique) mais à force d’être utilisé à tort et à travers il n’est plus d’aucune utilité analytique -en réalité, il sert plus à cautionner la paresse intellectuelle qu’il n’aide à penser !

        Autre tarte à la crème, la « fin de la société de classes »… Quelques lignes plus loin, notre hôte parle de renforcement de la politique de castes. Comprenne qui pourra…

        • C’est n’avoir absolument rien compris à l’évolution de la société que d’assimiler la fragmentation de la société à l’idée de « classe sociale ».

          Le « paradigme individuel » évoqué par Pierre Moscovici signifie que la société n’est plus conçue en termes de lutte des classes mais en terme identitaire (moi et mon petit groupe de semblable).

          Sarkozy n’est pas dans une optique de lutte de la bourgeoisie contre le prolétariat, il est dans une optique de défense de ses potes, c’est différent !

          Pierre Moscovici a donc raison de faire cette distinction.

    • Poujade libéral ? C’est une plaisanterie. Défenseur des petits commerçants et des artisans, Poujade a durement combattu le libéralisme incarné à ses yeux par les grandes surfaces. Il renvoyait dos à dos la gauche démocratique (à l’époque la SFIO)et la droite libérale, de même que vous pratiquez l’amalgame entre le PS et et l’UMP en parlant d’un soi-disant UMPS. En ce sens, votre attitude, comme celle de votre mentor Mélenchon, peut à bon droit être qualifiée de poujadiste. Pierre Moscovici a donc employé le mot juste.

      • Il est surprenant que vous ne répétiez pas ce que vous disiez le 30 janvier 2011 à 19:11 :
        « ne mélangez pas la TVA européenne avec une augmentation de la TVA. Ce sont deux sujets différents. »
        Les récentes déclarations de Coppé et Bertrand à ce sujet, vers une convergence avec l’Allemagne, vous auraient-elles fait changer d’avis ?

        Quant à Poujade qui ne serait pas un libéral, selon vous, simplement parce qu’il défendait les petits commerçants et artisans (seul aspect sympathique) …on voit bien où se situe votre libéralisme: pour avoir ce label, il faudrait être en outre ultra-libéral (ne devant subsister que les plus gros capables de manger les petits, selon le dogme immuable du Darwinisme social anglo-saxon).
        On n’est décidément pas faits pour s’entendre !

        Je pense donc plus que jamais que:
        – avec la « TVA européenne » de DSK, on est en plein UMPS…
        – Moscovici et vous-mêmes faites un contre-sens sur la signification politique de « poujadiste »!

        C’est curieux cette convergence avec le banquier Peyrelevade, souvent évoqué ici, dans la dérive à droite:
        – un récent billet (article du 17 nov. dans Le Figaro) s’intitulait:
        Pourquoi il faut augmenter la TVA: une hausse de cet impôt sur la consommation est indispensable pour réduire les charges des entreprises…
        -son dernier billet a pour titre: Melanchthon aux chiffres faux…
        Malheureusement pour lui, le banquier ne sait toujours pas comment on calcule la part du salaire dans le PIB, à partir des statistiques, (hussonet.free.fr/psalecopo.pdf) d’où sa fausse accusation, là aussi.

        Pour être sûr d’avoir raison, Peyrelevade censure sur son blog tous ceux qui lui en font la remarque. Encore un démocrate…
        Au moins Pierre Moscovici, à défaut du « social », honore l’appellation « démocrate ».

        • Non, je n’ai pas changé d’avis, et au contraire de vous, je n’éprouve pas le besoin de toujours répéter la même chose. Vous prêtez à DSK des projets qui ne sont pas les siens.

          • Merci Christine. Tu as raison, mais hier soir j’avais besoin de m’amuser un peu.

        • « Moscovici et vous-mêmes faites un contre-sens sur la signification politique de « poujadiste »! »

          Ah oui ? Je vous conseille à ce sujet la lecture de « Mythologies » de Roland Barthes. Ce qu’il écrit du poujadisme pourrait s’appliquer mot pour mot à Mélenchon.

          • « le bon sens des petites gens » à opposer à la parole de l’expert ou du scientifique.

            Bien évidemment que le mot « poujadisme » a dépassé l’homme Poujade…

            Et qui a prétendu que le populisme serait une idéologie?

            Nous sommes bien d’accord, c’est une technique politique qui, associée à la démagogie, a vocation à simplifier le message politique à sa plus simple expression afin d’y faire adhérer le maximum de personnes.

            Technique malheureusement utilisée par ceux qui méprisent suffisamment les individus pour considérer qu’il faut leur parler uniquement de ce qu’ils ont envie d’entendre et de la manière qu’ils aiment à écouter.

            Si nous devions opposer deux styles politiques et bien çà tombe bien, j’opposerais JL Mélenchon capable, nous le savons tous ici des plus belles argumentations politiques mais qui se croit obligé, quand il descend dans la fosse médiatique, d’utiliser un discours politique réduit à sa plus simple expression et dsk, susceptible d’expliquer à n’importe qui des mécanismes économiques complexes. Il donne l’impression à l’auditeur d’être un peu plus intelligent après qu’avant, çà s’appelle aussi PEDAGOGIE.

            N’est pas enseignant qui veut. Prouesse d’autant plus remarquable qu’il n’utilise à aucun moment le ton professoral qui pourrait donner l’impression aux citoyens d’être ignorant. Du grand art.

            J’espère que nous pourrons le voir à l’oeuvre en 2012.

          • Avec le sémiologue Barthes comme référence, lui qui a passé son temps à regarder son nombril et à mettre en avant la subjectivité, la politique atteint elle aussi son « degré zéro »!
            C’est bien ce que je reproche aux socdems: tout n’est que mots et imprécations sonnant faux. Pas un seul raisonnement tenant la route…et pour cause:
            La première des trahisons fut, avec Delors, la désindexation des salaires en juin 1982, suivie de la désinflation compétitive, puis de la dérèglementation financière. Que des « dé », comme destruction des acquis, ce à quoi il a fallu ajouter les privatisations de DSK! Tout cela, dans la lignée du néolibéralisme des années 80 qu’avaient initié Thatcher (1979) et Reagan 1980).
            Nathalie parle de « dsk, susceptible d’expliquer à n’importe qui des mécanismes économiques complexes » (curieux, au passage, cet contradiction subliminale consistant à écrire DSK en minuscules…). A mon tour de conseiller une référence, celle de l’économiste Bernard Maris: « Lettre aux gourous de l’économie qui nous prennent pour des imbéciles ». Il y décrit DSK comme certes adroit …car susceptible d’expliquer une chose et son contraire.
            On l’a bien vu aux primaires 2007 où il fut incapable de s’engager sur un programme articulé autre que « je suis social-démocrate »! Evidemment, ça change avec Mélenchon, qui n’a aucun mal à développer le sien…
            Mais pour les intellos de la gauche mondaine, avoir le verbe haut et ne pas en avoir honte c’est forcément vulgaire !

          • Les assertions d’un intervenant sur la valeur des travaux de Roland Barthes sont passionnantes. La révélation de l’année, sans doute. Mais il faut faire la part des choses, considérant que c’est bien là le problème avec la pratique de Wikipédia : Fort de ses sources (non révélées, cela va de soi), n’importe quel maniaque de la glose peut (essayer de) faire croire qu’il sait de quoi il parle. S’agissant de Roland Barthes, il faut reconnaître que l’exercice n’est pas aisé et en tout état de cause que c’est courir un bien grand risque. Plus grand encore qu’avec DSK, car l’insinuation, les citations tronquées, les procès d’intention etc. n’ont alors pas la moindre chance de marcher.

        • La TVA est un des rares impôts qui soit harmonisé au niveau européen (seuls les taux varient d’un pays à un autre, avec pour plafond un taux à 25%). Donc en l’état actuel des législations nationales, c’est plus facile de créer une TVA européenne qu’un Impôt sur les sociétés européen.

          Une TVA européenne pourrait doter l’Europe de ressources propres, ce qui lui donnerait les moyens financiers pour soutenir l’activité et financier par exemple les objectifs de l’Agenda de Lisbonnes. Mais on en est pas encore là hélas.

          La TVA sociale c’est autre chose. Elle vise à faire évoluer le mode de financement de la protection sociale (d’où le qualificatif « social », il n’a jamais été dit que la TVA était un impôt redistributif) pesant actuellement sur le travail (cotisations sociales) vers la consommation. La TVA est aujourd’hui la première ressource fiscale de l’Etat.

          En contrepartie, en effet, les entreprises bénéficieraient de réductions des cotisations sociales, qui devraient permettre, selon les promoteurs de la TVA sociale, une amélioration de la compétitivité-prix des entreprises, des créations d’emplois voir des hausses de salaires. C’est évidemment très discutable.

          En attendant le premier projet de TVA s’inscrit dans une stratégie européenne commune, quand l’autre s’inspire des politiques de désinflation compétitive par rapport à nos principaux partenaires européens.

  12. r toutes les amèliorations démocratiques que l’on peut voter,aussi judicieuses soient-elles, comme celles de ce forum des idées risquent d’être insuffisantes voire superficielles.Lionel Jospin, dans son livre « Le monde comme je le vois »penchait in fine pour un vrai régime présidentiel(p.200.201).Il avait peut-être bien raison…

    • A propos de la constitution, le problème est relativement simple:depuis 1962, nous avons une constitution bâtarde qui mêle un régime parlementaire à l’anglaise à un .régime présidentiel à l’américaine.Cela ne peut pas bien fonctionner et,d’ailleurs, comme par hasard, on ne trouve ce type derégime que dans des systèmes autoritaires et jamais en Europe!Il faudrait choisir entre les 2 car toutes les améliorations que l’on peut voter aussi judicieuses soient-elles risquent d’être insuffisantes voire superficielles.Lionel Jospin, dans son livre « Le monde comme je le vois » penchait pour un vrai régime présidentiel(p.200.201): il avait peut-être bien raison!!!…

    • Dialogue de sourds mon cher Hadrien…manifestement.
      Et alors, çà te gêne tellement qu’un politique frnaçais ait justement au moment des primaires de 2006 clairement affiché qu’il était social-démocrate, empruntés que nous sommes dans notre surmoi marxiste marxisant (Marx au passage qui n’est pas la propriété exclusive des socialistes « plus à gauche que moi tu meurs » qui souvent s’y réfèrent sans même en avoir lu une ligne).

      Et bien oui, dsk (ou DSK, ou D S-K bref je ne pense qu’il prenne ombrage des minuscules tant cela n’a guère d’importance) a dit haut et fort qu’il était social-démocrate. Et ce fût, pour moi, une vraie révélation. Enfin on osait dire au PS que nous pouvions être social-démocrates. Bigre quelle révolution…!, çà tranchait avec tous ceux qui le sont en pratique (comment être autrement socialistes sans tomber dans les travers du totalitarisme et du collectivisme?) mais qui continuent lors de leur discours à fustiger les social-démocrates, schizophrénie totale…Mieux encore Benoît Hamon qui lorsqu’il était député européen, était SD lorsqu’il parlait Europe mais socialiste orthodoxe lorsqu’il parlait France…amusant…

      Quant à DSK grand « privatiseur » devant l’éternel…pour mémoire…DSK « simple ministre » de l’économie et des finances, d’un gouvernement Gauche PLURIELLE soutenu par une majorité parlementaire gauche PLURIELLE…juste…pour mémoire…

      Et puis alors la litanie des SD au pouvoir qui auraient flingué tous nos acquis sociaux…diantre! rien que çà. Les 35h, la CMU, le dispositif NSEJ…certainement que des politiques néo libérales sans aucun interventionnisme régulateurs. Bref…

  13. Ping : Les tweets qui mentionnent Réhabiliter la politique | Pierre Moscovici -- Topsy.com

  14. L’analyse se tient. Le problème, c’est qu’après Ségolène, tout le monde a fait semblant de faire du participatif, mais par-dessus la jambe. Nos élus sont-ils prêts à lâcher du lest sur leurs prérogatives ?

  15. « La confiance des citoyens dans leurs élus » est directement liée à la réponse qui leur est faite, « 83 % estiment que les hommes politiques ne se préoccupent pas de ce qu’ils pensent », ni de ce qu’ils ont réellement besoin, c’est à dire d’un pouvoir d’achat suffisant dans un univers social stable. La réponse immédiate à leur faire, c’est le salaire citoyen universel personnalisable, qui constitue un nouveau contrat social. DSK permet de l’aborder quand il déclare : « La reprise sera saine lorsque nous aurons une approche holistique de la gestion de l’économie : ne pas seulement mettre l’accent sur des politiques macroéconomiques et financières, mais se porter davantage sur la création d’emploi et la protection sociale. Car sans emploi, sans sécurité de revenu suffisante pour le citoyen, il n’y aura pas de rebond de la demande intérieure et, en définitive, pas de reprise durable.» http://www.facebook.com/pages/Dominique-Strauss-Kahn/289569844649?v=app_7146470109
    Ensuite on peut aborder le problème de la création d’emploi, qui restera, inexorablement, limitée du fait des progrès technologiques, remplaçant labeur humain par robotique. L’exemple des emplois jeunes n’est pas extensible à l’infini. Elle ne peut s’envisager dans le cadre de la mondialisation qu’au niveau européen, et une proposition réelle doit lui donner sens, une nouvelle capitale économique dédiée à la création de richesses, Schuman-Kanfen pour la coordonner et l’afficher. Tant que le politique taira par incurie ce genre d’analyse, il ne regagnera pas la confiance des citoyens.

    • L’analyse se tient. Le problème, c’est qu’après Ségolène, tout le monde a fait semblant de faire du participatif, mais par-dessus la jambe. Nos élus sont-ils prêts à lâcher du lest sur leurs prérogatives ?

    • @ Jpb

      As-tu des nouvelles de Seb qui intervenait un temps sur le blog de Moscovici (ancienne version) ?

      • Salut Pablo,
        Seb est sur la coopol sous son véritable nom. Il est membre du groupe DSK.
        Je t’envoie un SMS.

    • Ridicule le propos de jpb. Tellement que ce serait perdre du temps que de commenter.

    • Lorsque DSK déclare qu’il faut « se porter davantage sur la création d’emploi et la protection sociale », il exprime exactement le contraire de ce que tu lui fais dire. Seule une bonne dose de mauvaise foi de permet de raccrocher ses déclarations à tes sempiternels fantasmes de salaire citoyen ou de nouvelle capitale européenne.
      Bruxelles est la capitale de l’Europe et c’est bien ainsi.

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