Dans les médias

Pierre Moscovici face à la rédaction de Nice Matin

Catégorie : Actualité,Politique | Par pierre.moscovici | 07/02/2011 à 11:19

Après avoir longtemps été au plus haut, la cote de popularité de Dominique Strauss-Kahn semble s’effriter. Cela vous inquiète-t-il ?

Beaucoup se contenteraient de tels sondages. Dominique Strauss-Kahn reste de très très loin le mieux placé à gauche et il y a une attente très solide. Mais les seuls sondages auxquels j’accorde vraiment de l’importance sont ceux qui simulent le premier tour de l’élection présidentielle, pour trois raisons. 1. DSK est, de manière invariable, de 8 à 10 points devant tous les autres socialistes. 2. C’est le seul qui nous met à l’abri d’une menace du FN et d’un nouveau 21 avril. Tous les autres sont à portée de fusil de Marine Le Pen. 3. C’est lui qui peut arriver en tête au premier tour et garantir une victoire possible. Il est le mieux placé à gauche, et le mieux placé tout court pour cette élection.

DSK fait l’objet de beaucoup d’attaques, à l’extrême gauche comme au PS. Ce jeu n’est-il pas dangereux ?

Quand on a un tel atout dans la manche, on ne l’abime pas. La machine à taper sur Dominique Strauss-Kahn ressemble fort à la machine à perdre. A force de le critiquer, de le solliciter, on finit par éroder son capital. Au sein même du PS, il y a des petites musiques qui peuvent se révéler gênantes.

Mélenchon peut-il faire perdre la gauche ?

Cette semaine, il a baissé d’un ton et il a raison car au final ses excès le desservent. Je me réjouis que le contact soit renoué entre lui et Martine Aubry. Tout le monde se souvient qu’il a été ministre socialiste. Qu’est ce qu’il flattait Jospin ! Il joue un rôle ; c’est un bon comédien d’autant meilleur qu’il croit à ce rôle. Mais en réalité c’est aussi un homme de gauche. Je suis persuadé qu’il n’hésiterait pas dans un second tour Sarkozy Strauss-Kahn. Et s’il hésitait, ses électeurs n’hésiteraient pas. C’est aussi ce qu’on observe dans les sondages : un report massif de tous les électeurs de gauche et bien au-delà sur une candidature socialiste parce qu’il y a un vrai désir de changement.

A gauche, beaucoup voudraient savoir s’ils peuvent compter sur DSK…

Ce qui me frappe, c’est que tout le monde fait comme si l’élection présidentielle était en mai 2011. Les Français sont exaspérés, ne veulent plus de Nicolas Sarkozy et l’impatience qui se manifeste n’a aucun sens. Dominique Strauss-Kahn n’a pas à se déclarer maintenant. Ce serait même absurde. Jamais un candidat sérieux à l’élection présidentielle ne s’est déclaré quinze mois avant. Notre calendrier est le bon. Ces sollicitations sont contre-productives. C’est ce que j’ai répondu à Jean-François Copé : il faut poireauter !

Quel regard porte-t-il sur le PS ?

Je ne peux pas parler à sa place. Il n’a pas de porte-parole et n’en souhaite pas. Par rapport au PS, Dominique Strauss-Kahn observe une saine prudence. Il est à sa tâche au FMI, ça le passionne. De plus, il est sous la surveillance des services juridiques du FMI, et de médias anglo-saxons intransigeants. La meilleure façon pour lui d’être tranquille, c’est de ne pas parler de tout cela.
Comment jugez-vous l’entrée en course précoce de Ségolène Royal et l’offensive timide de Martine Aubry ?

Ségolène Royal a été notre candidate en 2007. Elle ne l’a pas emporté alors que la situation était plutôt favorable pour la gauche. Elle a une forme de charisme particulière, mais je pense que quelque chose est atteint dans sa crédibilité. Je ne pense pas qu’il y ait le même désir d’avenir autour d’elle qu’en 2007. Quant à Martine Aubry, elle est à sa tâche. Mais la fonction de premier secrétaire n’est pas idéale pour se lancer à l’assaut de la fonction de président de la République.

Et l’hypothèse François Hollande ?

C’est un outsider qui a son rôle à jouer.

Si DSK ne se lance pas, qui pourra être le bon candidat du PS ?

Ce sera plus compliqué. Aubry, Royal et Hollande seront sans aucun doute candidats aux primaires, mais celles-ci ne devraient pas leur être réservées. La génération d’après, à laquelle j’appartiens, n’a aucune raison de s’effacer. Si DSK ne se présentait pas, ce que je ne souhaite pas, je serai candidat pour incarner cette famille socio-démocrate. Cette hypothèse laissera beaucoup de place aux outsiders.

Que pensez-vous de la crise qui vient d’éclater entre les magistrats et Nicolas Sarkozy après la mort atroce de la jeune Laëtitia ?

Nicolas Sarkozy avait un mot d’ordre : se présidentialiser. Il estimait avoir une image un peu confuse. Il a fait beaucoup d’efforts pour apparaître plus posé, mais c’est un récidiviste. C’est même un récidiviste de la récidive.

Que voulez-vous dire ?

Un jour il fait une conférence de presse sereine et le lendemain il propose la énième loi sur la sécurité alors que le problème c’est l’application des lois. Et puis c’est un récidiviste des attaques contre les magistrats. Quand il était ministre de l’Intérieur, il avait cette tentation constante de voir son ministère empiéter sur la justice.

Comprenez-vous la colère des magistrats ?

Quand le président de la République explique qu’il y a eu des fautes de magistrats alors qu’il est le garant de l’indépendance de la justice, il est logique qu’il y ait une révolte des magistrats. Ils veulent pouvoir travailler sereinement et de façon indépendante. J’appelle donc le président de la République à plus de modération et à respecter la justice de son pays. Si des fautes ont été commises, elles doivent être sanctionnées. L’erreur de Nicolas Sarkozy est d’aller toujours plus vite que la musique.

Ne dit-il pas tout haut ce que les Français pensent tout bas ?

Oui, sans doute. C’est d’ailleurs pour ça qu’il le fait. C’est son intuition politique. En même temps, les Français pensent tout bas qu’il faut que la sanction ait lieu, ils sont révoltés par cette affaire extrêmement grave mais ils ne souhaitent pas que le président de la République déstabilise les institutions. Le pays ne se sent pas dirigé par quelqu’un qui a la sérénité, la hauteur de vue et l’impartialité nécessaires.

Quelles solutions proposez-vous en matière de sécurité ?

La situation de la sécurité ne cesse de se dégrader dans le pays et le bilan de Sarkozy n’est pas bon. On dit que la gauche serait angélique ou laxiste. Ce n’est plus le cas, si ça l’a été. On voit comment agissent la plupart des maires socialistes. Ils ont des propositions extrêmement fortes sur la sécurité. Mais ce qui me frappe aujourd’hui c’est la très grande démoralisation des forces de police et de gendarmerie, la perte de confiance. Il faudra donc une priorité à la sécurité, une priorité budgétaire. Le temps de la gauche angélique est fini mais le mythe du Sarkozy efficace est fini aussi.

Comment le PS lutte-t-il contre la menace du Front national ?

Par expérience, je sais qu’un électeur du FN n’est pas quelqu’un qui est systématiquement d’extrême droite. C’est très souvent un électeur populaire qui se sent menacé par l’insécurité économique et sociale. Le FN prospère sur l’incapacité des autres.

Marine Le Pen est-elle plus dangereuse que son père ?

Elle n’a pas la même capacité que son père à attirer l’électorat populaire, en revanche elle a la capacité d’attirer les électeurs de la droite classique.

Et une alliance avec le centre ?

Le centre de Morin et Borloo, c’est la droite classique. Ce n’est pas tout à fait le cas de Bayrou. Je suis contre une alliance sans être dans le mépris du centre. C’est au moment du second tour que se forge la majorité présidentielle, pas tant avec les appareils qu’avec les électeurs.

Un départ précipité de Moubarak pourrait-il ouvrir la voie à un scénario à l’iranienne en Egypte ?

Aujourd’hui, toutes les conditions objectives d’une transition sont réunies à condition que Moubarak y consente. Mais ne confondons pas les temps. En Iran, la Révolution s’est déroulée il y a trente ans. Si aujourd’hui il y avait la démocratie en Iran, il est vraisemblable que les Iraniens ne choisiraient plus les mollahs. Dès qu’il y aura la démocratie en Égypte, je suis convaincu que des partis laïcs l’emporteront.

La sécurité d’Israël est-elle menacée ?

Non. Israël est un pays qui a le droit de vivre dans des frontières sûres, en paix avec ses voisins. Même si, évidemment, il faut qu’Israël soit plus volontaire dans la reconnaissance de l’État palestinien qui se profile. Il faut être vigilant. C’est la sécurité du monde qui se joue là.

Les États-Unis ont semble-t-il pris la main et on entend peu l’Europe.

Les États-Unis jouent un rôle au Proche Orient direct. Un rôle que ne jouent pas les Européens. L’Union européenne a pris, je crois, le ton juste ces derniers jours, à l’exception de Silvio Berlusconi qui, comme toujours, est un défenseur acharné de toutes les dictatures.

Vous dites avoir honte de la diplomatie française ?

Elle a fait preuve à tout le moins d’aveuglement et peut-être de cynisme dans l’affaire tunisienne. Alors que des violences se déroulaient, la diplomatie française a été silencieuse et on a découvert, après coup, qu’elle était aveugle puisque Michèle Alliot-Marie se rendant en Tunisie en fin d’année ne s’est même pas rendu compte qu’il y avait des troubles.

Ses explications devant les députés vous ont-elles convaincu ?

J’ai été choqué et même révolté. Elle disait que c’était légitime que nous prêtions main-forte à une entreprise de répression même si c’était pour faire en sorte que cette répression fasse moins de morts. C’était consternant. Ce cynisme n’est pas à l’image de ce que souhaite la diplomatie française. Nicolas Sarkozy, reconnaissons-le, a tiré les leçons de son fiasco tunisien. Sur l’Égypte, il a été plus raisonnable, plus à l’écoute du mouvement populaire.

Demandez-vous la démission de MAM ?

Oui. Elle s’est disqualifiée et si elle avait un peu de dignité, elle ne resterait pas à son poste. A la regarder tenter de se justifier, j’étais abasourdi. Son nez s’allongeait comme celui de Pinocchio. Si la voix de la France c’est celle qui raconte tout ce baratin et ces bêtises, c’est très gênant. On est loin de la république irréprochable qu’évoquait Nicolas Sarkozy.

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30 commentaires

  • Tosca dit :

    Je m’interroge quand même : Mélenchon est quasi anti-capitaliste, anti-libéral total, anti-mondialisation financière/économique, anti-europe libérale, etc etc. Comment pourrait-il, même pour être gentil avec les socialistes, devenir soudain compatible ?

  • infox dit :

    PM est un petit cachotier!

    Jean-Christophe Cambadélis, secrétaire national du PS, proche de Dominique Strauss-Kahn, a estimé mardi que la « clarification et l’union sont en marche au PS », après la décision du député Jean-Louis Bianco de renoncer à se présenter aux primaires socialistes.

    « Après Pierre Moscovici, Manuel Valls, Gérard Collomb, c’est aujourd’hui Jean-Louis Bianco qui annonce ne pas se présenter aux primaires », assure dans un communiqué le député de Paris, suscitant l’étonnement des deux premiers.

  • krimo dit :

    Avec Moscovici, comme le fait remarquer Lucas, on n’est plus dans le soutien à DSK mais dans le bourrage de crâne inconditionnel.
    C’est « le meilleur » nous dit-il à tout propos, ce qui se passe de toute commentaire… et exempte de toute explication !
    Mais le meilleur à quoi?

    « Le meilleur » À L’AUGMENTATION DE LA TVA ?
    On a été ravis d’apprendre sur ce blog l’idée nouvelle entre toutes de «ces nouveaux outils économiques : les différentes contributions et taxes (telles que la TVA) », par la bouche de Moscovici relayant son mentor DSK qui avait évoqué dans La Tribune « des instruments plus transparents au niveau européen, comme une TVA européenne», c’est à dire la TVA « sociale » de la droite transformant les cotisations sociales proportionnelles en taxe indifférenciée à la consommation, mais baptisée TVA « européenne » au nom de la convergence avec l’Allemagne.

    « Le meilleur » À LA RIGUEUR SALARIALE ?
    Car les élites, comme l’explique Chevènement, …comptent sur l’Allemagne pour faire supporter au peuple français une rigueur dont elles s’exemptent elle-même. C’était d’ailleurs le dessein de Jacques Delors lorsqu’il était président de la Commission : faire accepter aux Français, par le biais de l’Europe, une discipline, notamment salariale, qu’ils auraient refusé autrement. Un de ses livres s’intitule « la France par l’Europe ».
    Or, la zone euro est loin d’être une zone monétaire optimale…le vice de conception inhérent étant l’ignorance volontaire des réalités nationales. L’aliénation de la souveraineté monétaire de pays fort différents, tant économiquement que politiquement n’a pas conduit à une convergence des économies, mais bien au creusement des divergences. L’Allemagne a mené depuis 20 ans une politique de déflation salariale. De sorte que la France s’est située dans la moyenne de la zone euro, mais son déficit de compétitivité avec l’Allemagne s’est considérablement accru, d’environ 10%.
    Cela a conduit à la divergence des taux que l’on constate aujourd’hui, le système de l’euro étant par nature instable car il procède, on le sait, d’un vice de conception.

    « Le meilleur » AU CARCAN DE LA ZONE EURO ?
    Pourtant, « Au lendemain des élections législatives de 1997, Dominique Strauss-Kahn convainc Lionel Jospin de jouer à fond la carte de l’euro, et, oubliant les fameuses conditions que posaient auparavant les socialistes à son lancement, de se convertir au très contraignant pacte de stabilité » (Le Monde, 3 novembre 1999).
    Les ministres européens des finances se disent vite « rassurés », se montrent « confiants » : aucun « séisme » ne secouera l’Europe. La « discipline budgétaire » est acceptée, le traité d’Amsterdam signé (18 juin), et « les quinze accélèrent la création de la monnaie unique » (16 septembre).
    Depuis, tout le pouvoir est laissé aux banquiers, « indépendants », hors de contrôle démocratique. Eux se soucient de la seule inflation, qui menace la rente, mais guère de l’emploi. Et la gauche ne peut que se lamenter, impuissante, contre un « euro surévalué ».
    Le « carcan monétaire » resserré autour du cou des travailleurs français.

    « Le meilleur » AUX PRIVATISATIONS ?
    La privatisation des dernières entreprises et services publics des « trente glorieuses » fut mise en route par DSK sous Jospin:
    Le Crédit Lyonnais, Le GAN, Le CIC, L’UIC, CNP Assurance, La Société Marseillaise de Crédit, DASSAULT, l’AEROSPATIALE, THOMSON-CSF, THOMSON Multimedia, EADS, ASF, TDF, La SFP, Les Autoroutes du Sud de la France, FRANCE TELECOM et AIR FRANCE.
    On a ainsi privatisé les profits d’entreprises bénéficiaires, déplaçant ces profits de l’intérêt général vers les intérêts privés de l’actionnariat. Au total, les privatisations ont dépouillé l’Etat d’un rapport annuel supérieur au service de la dette, de sorte qu’elle serait aujourd’hui considérablement réduite, sans les privatisations! On aurait aujourd’hui plus d’emploi et renfloué la dette. On a maintenant et le chômage et la dette en augmentation!

    « Le meilleur » À LA DÉFISCALISATION DES STOCK-OPTIONS ?
    En janvier 1999, Dominique Strauss-Kahn croyait l’heure venue : toutes les stock-options, désormais, même celle des patrons du CAC 40, seraient imposées à 26 % – et non plus à 40 %… la gauche défaisant ce que la droite avait construit : c’est Alain Juppé, deux ans plus tôt, qui avait relevé le taux d’imposition de 26 % à 40 % !
    Les députés socialistes, en rébellion contre Bercy, déposèrent un amendement pour relever la taxe à 54 % – comme l’impôt sur le revenu… finalement abandonné. Bientôt mis en examen, DSK ne mènera pas son combat…mais à ses amis patrons, par pragmatisme, il aura tout de même évité…la Taxe Tobin:

    « Le meilleur » À REFUSER LA TAXE TOBIN ?
    Lorsque Dominique Strauss Kahn a déclaré que “les transactions financières étant très difficiles à mesurer, une telle taxe serait très facile à contourner“ car, dans le monde des cyber-communications, la localisation même des transactions serait difficile à déterminer…de qui se moquait-t-il ?
    La téléphonie mobile sait aujourd’hui mettre à la disposition de la justice la moindre conversation privée, les “grandes oreilles” analysent en temps réel tout ce qui peut se dire à la surface de la planète… et l’on ne pourait pas détecter les transactions sur le net entre institutions financières ?

    « Le meilleur » À LA PROMOTION DES FONDS DE PENSION ?
    Comme l’a rappelé Claude BEBEAR, président du conseil de surveillance du principal groupe d’assurances au monde AXA:
    “Il y a vingt ans, nous étions quelques assureurs à avoir chargé Denis KESSLER et Dominique STRAUSS-KHAN d’une étude sur les fonds de pension. Ils avaient démontré tout l’intérêt de ces fonds, s’opposant en cela à l’opinion générale ».
    (Entretien avec le Figaro Magazine, 13 Juillet 2002)

    « Le meilleur » À REPOUSSER L’ÂGE DE LA RETRAITE ?
    DSK nous avait déjà fait comprendre ses motivations personnelles d’une rare subtilité concernant les travailleurs: “je n’ai pas le dogme des soixante ans…”

    « Le meilleur » À AUGMENTER LA DURÉE DU TRAVAIL ?
    Il nous en a dit plus, récemment, sur la durée du travail: « Les citoyens ne sont pas à leur plein potentiel… » (La Tribune)

    SI DSK se présente en 2012, il aura tout intérêt à le faire en candidat indépendant, car il sera indéniablement « le meilleur »…pour la droite !
    Il pourra alors former l’alliance UMPS, comme en Allemagne l’alliance CDU-SPD. N’est-ce pas merveilleux l’Europe germanique ?

    • bangor dit :

      36ème édition du même message.

      • krimo dit :

        Il ne s’agit en aucune manière d’un 36e message. Où avez-vous vu que l’on parle du refus par DSK de la taxe Tobin ?

        • Bangor dit :

          Où l’ai-je vu ? Les mêmes phrases figuraient au mot près, entre autres, dans le message d’Hadrien du 19 janvier à 20h34, dans les commentaires au billet de Pierre intitulé « la popularité de DSK n’est pas friable ».
          Hadrien écrivait très exactement : « Mais à ses amis patrons, par pragmatisme, il aura tout de même évité quelques désagréments : la Taxe Tobin sur les transactions financières. »
          Oserez-vous soutenir que votre message ci-dessus n’est pas un simple copié-collé de celui d’Hadrien et d’un certain nombre d’autres ? Vous n’êtes même pas capable de paraphraser.

          • krimo dit :

            Vous vous prenez les pieds dans le tapis, et je répète:
            Où voyez-vous « au mot prés » l’allusion d’Hadrien (car ce n’était que celà), dans mon texte sur la taxe Tobin:
            « Lorsque Dominique Strauss Kahn a déclaré que “les transactions financières étant très difficiles à mesurer, une telle taxe serait très facile à contourner“ car, dans le monde des cyber-communications, la localisation même des transactions serait difficile à déterminer…de qui se moquait-t-il ?
            La téléphonie mobile sait aujourd’hui mettre à la disposition de la justice la moindre conversation privée, les “grandes oreilles” analysent en temps réel tout ce qui peut se dire à la surface de la planète… et l’on ne pourait pas détecter les transactions sur le net entre institutions financières ? »
            ou encore, dans mon texte sur la rigueur salariale de la zone euro, qui est une citation de JP Chevènement…?
            Les principales têtes de chapitre ont d’ailleurs été répertoriées par bien d’autres dans la presse (François Ruffin). Désolé d’en trouver de nouvelles!

            Ce qui importe, ce n’est pas la répétition de ces items, c’est l’absence de réponse sur le fonds, chez les socdems favorables à DSK! Il n’est pas interdit d’être plus libéral que Sarkozy…Encore faut-il l’assumer!
            A cet égard, l’ancien socdem (et qui prétend l’être toujours) Peyrelevade est un modèle du genre, mais il ne l’avoue qu’aujourd’hui, à 72 ans: je vous invite à lire son dernier commentaire (peyrelevade | le 08 février 2011 à 14:51) : « Il faudra, en bonne logique, diminuer l’imposition des dividendes (ou, au choix, l’impôt sur les bénéfices des sociétés : je suis pour). Qui osera un tel programme ?
            … DSK sans aucun doute, au nom de cette nouvelle « rationalité socdem » qu’est devenu le néolibéralisme.

    • Pablo dit :

      La TVA est un des rares impôts qui soit harmonisé au niveau européen (seuls les taux varient d’un pays à un autre, avec pour plafond un taux à 25%). Donc en l’état actuel des législations nationales, c’est plus facile de créer une TVA européenne qu’un Impôt sur les sociétés européen.

      Une TVA européenne pourrait doter l’Europe de ressources propres, ce qui lui donnerait les moyens financiers pour soutenir l’activité et financier par exemple les objectifs de l’Agenda de Lisbonnes. Mais on en est pas encore là hélas.

      La TVA sociale c’est autre chose. Elle vise à faire évoluer le mode de financement de la protection sociale (d’où le qualificatif « social », il n’a jamais été dit que la TVA était un impôt redistributif) pesant actuellement sur le travail (cotisations sociales) vers la consommation. La TVA est aujourd’hui la première ressource fiscale de l’Etat.

      En contrepartie, en effet, les entreprises bénéficieraient de réductions des cotisations sociales, qui devraient permettre, selon les promoteurs de la TVA sociale, une amélioration de la compétitivité-prix des entreprises, des créations d’emplois voir des hausses de salaires. C’est évidemment très discutable.

      En attendant le premier projet de TVA s’inscrit dans une stratégie européenne commune, quand l’autre s’inspire des politiques de désinflation compétitive par rapport à nos principaux partenaires européens.

      Par ailleurs je rappelle qu’en 1998, les socialistes ont diminué le taux de TVA d’un point et réformé voir supprimé certaines taxes, par définition non progressives.

      • krimo dit :

        La TVA est la taxe la plus injuste pour les petits revenus, puisqu’elle est non seulement dénuée de progressivité, mais n’est même pas proportionnelle.
        Lisez l’ouvrage qui vient de paraître par Landais, Piketty et Saez (« Pour une Révolution fiscale »).
        Vous trouverez :
        QUAND LES CHÔMEURS SONT PLUS IMPOSÉS QUE LES ACTIONNAIRES
        “Les revenus financiers sont presque entièrement sortis du régime d’imposition au barème. En toute légalité, le régime de droit commun est progressivement devenu l’exception pour ces revenus et les régimes dérogatoires sont devenus la règle…
        Moins de 20% des revenus du capital réels (50 milliards sur 300 milliards) se retrouvent dans la base de l’impôt progressif sur le revenu. Par comparaison, plus de 90% des revenus du travail réels sont imposés au barème progressif d’imposition…
        Pour les revenus financiers, on retrouve moins de 15% des revenus réels dans la base d’imposition. Par exemple, sur les quelque 170 milliards d’intérêts et de dividendes reçus chaque année, moins de 20 milliards se retrouvent dans les déclarations de revenus.
        En d’autres termes, sur ces vrais bases, “l’esprit rapide” en déduit immédiatement qu’aligner l’imposition des revenus du capital sur celle du travail, c’est passer de:
        50 x 17% = 8,5 milliards, à: 270 x 30% = 81 milliards,
        soit prés de dix fois plus !

        On comprend que les financiers fassent tout pour éviter ces constatations, y compris de la désinformation !

        • Bangor dit :

          Quel rapport entre cette citation et la TVA ? Aucun.
          Par ailleurs, la TVA n’est pas injuste. Elle n’est pas progressive et ce n’est pas son rôle. Il s’agit d’une taxe sur la consommation, pas d’un impôt redistributif.

          • Nicolas(Nantes) dit :

            c’est ptet paradoxal mais les pays qui affichent actuellement de bons résultats économiques et une bonne résistance à la crise, avec un minimum de casse sociale, sont les pays qui justement ont des taux de TVA très élevés, comme la Finlande, la Norvège, la Suède ou le Danemark.

            A part avec la TVA, comment aider ses entreprises nationales face aux produits étrangers sans surenchérir le coût du travail et de l’emploi ?

            Difficile question…

          • krimo dit :

            Si vous n’avez pas compris le rapport, le voici en clair:
            La TVA, par son poids sur la fiscalité contribue à ce qu’il n’y a plus de progressivité, bien au contraire:
            Dans « Pour une révolution fiscale, Seuil, janvier 2011), Landais, Piketty et Saez commentent:
            « On constate tout d’abord que les impôts sur la consommation, et…les cotisations sociales, sont fortement régressifs: les premiers prélèvent prés de 15% des revenus des plus pauvres et à peine plus de 5% de ceux des plus riches. Les secondes prélèvent 25% des revenus les plus bas et moins de 5% des revenus les plus élevés.
            En principe, les impôts sur le revenu et sur le capital devraient contrebalancer la regressivité de ces deux catégories de prélèvement »
            Or, c’est précisément ce qu’ils ne font pas.
            « Les 50% des français les plus modestes…font actuellement face à des taux effectifs d’imposition s’étageant de 41 à 48%, avec une moyenne de 45%. Les 40% suivants dans la pyramide des revenus sont tous taxés à des taux entre 48 et 50%. »
            Pour le dernier le dernier décile des 10% les plus riches, le prélèvement total redescend jusqu’à à peine plus de 30%:
            « A l’intérieur des 5% de revenus les plus élevés, et surtout des 1% les plus riches, les taux effectifs d’imposition se mettent trés nettement à décliner »

            Déplacer les cotisations sociales sur la TVA, comme en Allemagne, ne change donc rien à cet état de fait.
            C’est l’impôt sur le revenu, et notamment sur le revenu des capitaux (mon précédent commentaire) qui est en cause. Or, les financiers ne veulent pas en entendre parler!
            On comprend tous pourquoi…

    • Pablo dit :

      Le gouvernement Jospin rentre en fonction le 1er juin 1997.
      Le Traité d’Amsterdam, préparé depuis des mois, est signé le 18.
      On ne pouvait raisonablement pas espérer changer la donne en 15 jours. Mélenchon et Chevenement faisaient parti du gouvernement Jospin à cette époque là.

      Par ailleurs c’est bien beau de critiquer le carcan monétaire, mais ne venez pas ensuite vous offusquer dès lors qu’on propose d’aller vers une intégration fiscale (via la TVA d’abord) et un pouvoir budgétaire communautaire, seul moyen d’avoir un policy mix équilibré.

      • krimo dit :

        C’est bien à cause de cette politique menée par Jospin que Chevènement fut amené à démissionner. Il le raconte dans son livre instructif, paru la semaine dernière: « La France est-elle finie?, Fayard, Janvier 2011.

        Et c’est pour les mêmes raisons (assujetissement inconditionnel à l’Europe) que Mélenchon a démissionné plus tard du PS !

  • hihihi dit :

    Obama a dit: «l’avenir de l’Egypte sera décidé par les Egyptiens», reconnaissant par cette déclaration qu’il n’y avait pas grand chose que les Etats-Unis puissent faire et a réitéré son désir de voir les réformes appliquées dès maintenant, mais il n’a pas réclamé explicitement le départ immédiat d’Hosni Moubarak.
    Avec quelque 1,3 milliard de dollars d’aide militaire par an, l’Egypte est un des grands bénéficiaires de l’aide américaine.
    C’est cher payé pour si peu de pouvoir sur les évènements, non?

  • Jean-Pierre dit :

    Comment osez-vous parler d’une façon aussi méprisante de Mme Alliot-Marie Ministre. »Cette femme doit démissionner » Vous êtes un vrai macho, vous n’avez aucun repect pour la femme.
    Avez-vous oublié que votre cher François Mitérand passait ses vacances dans un grand hotel luxueux au bort du Nil avec sa maitresse au frais de la princesse.
    Je ne vous envoie pas mes salutations, je respecte les gens qui respectent leurs semblables

    • baillergeau dit :

      Vous utilisez la « jurisprudence » Mitterrand pour justifier les conneries de MAM ? Votre éthique en prend un coup.

    • Nicolas(Nantes) dit :

      Que MAM n’ait pas été la seule à profiter de vacances sympas dans des pays pas « très très démocratiques », c’est une évidence.

      Mais la MAM, elle est quand même pas très maline de le faire au même moment où la population locale fait une révolution, tu trouves pas ?

    • Jonas dit :

      1 : je ne vois pas ce qu’il y à de macho, je n’ai pas vu le « cette femme doit démissionner » mais je ne doute pas que M. Moscovici a déjà dit « cet homme… », et ce n’était pas de la « misandrie » pour autant.
      2 : François Mittérand n’était pas particulièrement cher à M. Moscovici, ses réactions à l’affaire bousquet à l’époque et diverses de ses déclarations le prouvent (cf plus loin dans le post sur l’anniversaire de la mort du florentin)
      3 : si je suis votre raisonnement, puisque Mittérrand s’est permis d’abuser de l’argent public pour sa famille cachée, il justifie tous les conflits d’interêts, toutes les dérives futures de la droite.
      4 : MAM a décridibiliseré si ce n’est entaché sérieusement la politique étrangère de la France et choqué de nombreuses personnes avec sa déclaration sur le fait d’apporter le savoir faire français à la repression dictatoriale en Tunisie, deux jours avant le départ de Ben Ali. Plus l’affaire de l’avion. Quand on sait que rien qu’avec l’affaire de l’avion, au Royaume Uni par exemple mais dans nombres d’autres pays européens, c’est la porte direct. MAM doit démissionner

  • baillergeau dit :

    Je n’ai aucune info particulière, mais la baisse des sondages sur DSK a été crainte dès l’annonce des premiers chiffres – Je fais autant crédit aux agences de notation qu’aux instituts de sondage – après le départ de Sarko, il ne serait point impossible que l’on trouve des «explications»

    Mélenchon ? tu connais le personnage mieux que beaucoup et je regrette que son avancée hallucinée ne soit pas l’occasion de tordre le cou à certaines de nos affirmations passées qui étaient souvent des demi-mensonges, voir des vrais mensonges – sur ce que nous pourrions faire sans l’Europe, sur la réalité du PSE, sur la remise en cause nécessaire du fonctionnement de certains services publics, sur l’absence de politique internationale du PS, etc….

    Merci de bien illustrer la qualité du calendrier du PS.

    «Ségolène Royal a une forme de charisme particulière» Au sens de Saul de Tarse ?

    « Si DSK ne se lance pas » Qui peut brouiller les cartes ? Borloo ?

    «les magistrats et Sarko » : pour ça, les français devraient jeter Sarko, mais sur la justice, les Français n’sont pas des démocrates.

    «Comment lutter contre la menace du FN ? » 2° sujet sur 3 du plan UMP des Cantonales 2011 ? « L’exercice des cultes religieux dans la république laïque » !!! C’est là qu’il faut lutter contre les idées du FN.

    « Marine Le Pen est-elle plus dangereuse que son père ? » Oui, jamais son père n’aurait fait alliance avec un candidat de la droite propre sur elle.

    « Et une alliance avec le centre ? Morin, Borloo et Bayrou ? » Tu penches pour Bayrou, pour faire quoi avec lui ? Morin est un con, mais pourquoi pas Borloo, qui lui ne l’est pas et a des démocrates à l’américaine avec lui ?

    « Moubarak, Egypte, Iran, mollahs ? » Peut-on être certain de quoi que ce soit dans des dossiers dont nous ne savions rien deux jours avant ?

    « La sécurité d’Israël est-elle menacée ? » Je ne suis pas d’accord avec ta position, l’accord Israël /Egypte devait être suivi d’un autre avec les Palestiniens, Israël a voulu jouer au plus malin, il a perdu – Saura-t-il en tirer les conclusions ?

    «Les États-Unis ont semble-t-il pris la main et on entend peu l’Europe.» «L’Union européenne a pris, je crois, le ton juste ces derniers jours» NON, l’Europe n’existe plus au Moyen Orient.

    «MAM» ? Qui c’est ?

    • Jonas dit :

      « Morin est un con, mais pourquoi pas Borloo, qui lui ne l’est pas et a des démocrates à l’américaine avec lui ? »
      Borloo est la marionette de Sarko, inutile d’envisager quoique ce soit avec lui.

  • Pierre Mougey dit :

    Je ne crois pas qu’il faille demander encore la démission de M.A.M.,car Sarko interdit généralement à ses ministres de démissionner, considérant que ce serait pour lui un échec personnel…De toute façon, la diplomatie française est nulle depuis 2007,M.A.M.ou pas M.A.M….

  • Lucas dit :

    Je suis surpris par le positionnement de Moscovici , qui est un homme intelligent et plein de bon sens : on n’est plus dans le soutien à DSK , mais dans l’idolatrerie , la béatitude … DSk est le plus beau , le plus grand , le plus fort … je le dis direct j’aime bien DSK et sa désignation ne me dérangerait pas du tout … mais la dernière référence présidentielle le concernant c’est pas les sondages c’est les primaires 2006 et il avait pris une rouste mémorable et pas seulement à cause des sondages comme le veut la légende … cela devrait emmener le camp DSK à un peu de modestie … ce n’est pas bien de dénigrer dans la presse ceux qui seront peut-être victorieux des primaires alors que la droite s’en chargera trés bien … si DSK revient il ne l’emportera pas les primaires aussi facilement que Royal en 2006 , c’est une certitude.

    • Lucas dit :

      il ne remportera pas les primaires aussi facilement pardon

      • Lucas dit :

        idolâtrie pardon … je ne posterai plus le lundi matin lol

      • Jonas dit :

        « si DSK revient il ne l’emportera pas les primaires aussi facilement que Royal en 2006 , c’est une certitude. »
        Je suis d’accord, dans le sens où il y aura des « affrontements » (de gentlemens et « gentlewomen », esperons le), et ça ne se jouera pas au premmier tour comme en 2006. Mais je pense qu’il aurait quand même de loin les meilleures chances, car il reste le mieux placé, comme le remarque M. Moscovici, il est le seul, et de très loin, avec autour de 30% contre 20-22, à dépasser Sarko dans les simulations de 1er tour. Si ce ne sont ps des intentions de vote, ça montre clairement sa capacité potentielle a rassembler ou fédérer de nombreux électeurs au 1er tour. Mais c’est sûr ce ne sera pas « bonjour je reviens du FMI je m’inscris aux primaires mais c’est une formalité etc… »
        S’il décide d’y aller, il faudra que DSK rentre dans l’arène, qu’il soit bien armé, qu’il fasse campagne aux primaires…

        • Nicolas(Nantes) dit :

          Tout à fait d’accord avec Jonas.

          Ca ne sera pas simple parce que ça ne doit pas être simple. Il devra se battre comme tous les autres et mieux que les autres pour gagner, ce que j’espère.

          Enfin, j’espère aussi qu’il y aura un second tour aux primaires. Je crois en la vertu du deuxième tour, première phase de rassemblement.

  • Rcoutouly dit :

    Ce qui est intéressant dans cet article, c’est les questions des journalistes, elles s’articulent autour de trois thèmes : la vie du PS, la sécurité, la politique étrangère. Rien sur les « autres » problèmes des français qui sont de véritables problèmes de fond : chômage, logement, vie chère, …. Comme si les français n’en avaient qu’un seul, la sécurité.
    Une seule question porte sur la politique future de la France: la sécurité.

    Voilà comment on emballe les vrais problèmes et comment on enfume tout le monde.
    Pierre, si tu veux être crédible, il faut cesser d’accepter ce diktat des journalistes, qui est celui de sarko, la seule question qui vaille n’est pas uniquement la sécurité.

    Pour être crédible et nous représenter, il faut se mettre en colère et demander aux journalistes de s’intéresser aux vrais problèmes des français.

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