Faillite

Le Printemps arabe est en marche. Partie de Tunisie, une vague de fond démocratique submerge, une à une les dictatures arabes : l’Egypte de Moubarak a basculé, la Lybie de Khadafi, la Syrie, l’Algérie, la Jordanie, la Bahrein sont touchés. Le Maroc, par ailleurs, est concerné. Ce formidable élan doit être accueilli sans réserve.

Les causes communes de ce soulèvement pacifique sont connues. Faute d’avoir développé leurs économies, les dictatures arabes ne les ont pas mises à l’abri de la crise qui a accru le coût des importations. Elles ont confisqué la richesse, au détriment d’une population jeune, informée, branchée sur internet, étalant le spectacle de clans corrompus vivant dans une richesse indécente pendant que la masse peinait à sortir de la misère. Ces régimes sont différents – ainsi le Maroc a-t-il su installer une monarchie constitutionnelle, imparfaite mais indéniable, là où d’autres n’ont laissé aucun espace à la démocratie. Mais, pourtant, l’aspiration à la liberté se fait jour partout et s’exprime avec dignité et courage : il y a, dans ces mouvements, imprévus autant qu’irrésistibles, quelque chose qui rappelle furieusement l’effondrement du communisme. Ils sont, pour le monde, une bonne nouvelle. Ils doivent donc être accueillis avec sympathie, sans naïveté – la préoccupation des équilibres géopolitiques, la sécurité de la région et la paix avec Israël ne doivent pas être oubliées ou négligées – mais aussi sans cynisme. Telle est nécessairement la position des démocrates et des Républicains, celle de la gauche : ce devrait, cela aurait dû être l’attitude de la France.

Or, à l’évidence, la diplomatie française est, à tout le moins, passée à côté de l’évènement. Chacun pense, bien sûr, au plus spectaculaire : le comportement aberrant de la ministre des Affaires étrangères, Michèle Alliot-Marie. Piégée par ses confusions entre l’intérêt général et ses intérêts privés, entre sa sympathie personnelle pour la régime tunisien et le poids de ses fonctions, elle s’est enfoncée dans la complaisance et le mensonge : elle s’est, je l’ai dit et redit, discréditée, elle ne peut plus incarner la voix de la France. Nicolas Sarkozy a choisi, non sans hésitation, de la maintenir en poste : ce choix est absurde, il en paiera le prix politique. Mais, plus profondément, c’est notre politique étrangère elle-même qui est en faillite. Car le Président de la République ne s’est jamais exprimé de façon substantiellement différente. Il est resté dans sa logique, préférant le statu quo à l’incertitude du changement – en ceci, d’ailleurs, il est plus conservateur que néo-conservateur, cette école de pensée était favorable au « regime change » -, hanté qu’il est par la crainte de l’islamisme. Il s’est donc cantonné à la prudence, voire à l’insensibilité, alors que l’administration américaine de Barack Obama était, elle, mobile, plutôt à l’offensive.

Quelle erreur, quel ringardisme ! Comme l’a justement écrit Dominique Moïsi – que personne ne soupçonne d’être indifférent à la menace islamiste – ces soulèvements se sont faits sans et en dehors de la mouvance islamiste, sans référence négative aux Etats Unis et à Israël. La jeunesse arabe d’aujourd’hui, diplômée, informée, n’aspire pas à un régime à l’iranienne, elle souhaite une voie démocratique. C’est bien, comme le dit encore Moïsi, un monde post-islamiste qui s’annonce, y compris d’ailleurs à terme en Iran. Cette incompréhension historique du sarkozisme est lourde de conséquences. La France, parce qu’elle a été absente lors de ces évènements, parce qu’elle n’est capable que d’arrogance – comme l’a montré le comportement invraisemblable de Boris Boillon, le nouvel ambassadeur à Tunis, protégé et clône du Président – risque de perdre pied dans le monde arabe, comme elle s’est effacée en Europe de l’Est faute d’avoir bien compris la chute du mur de Berlin et l’effondrement de l’Union soviétique. C’est un nouveau pan de notre influence qui tombe.

Les Français l’ont bien compris. Pendant longtemps, ils ont pensé que Nicolas Sarkozy, à défaut d’être un bon Président pour le pays, menait une politique étrangère efficace. C’est fini : le sondage de « Libération » ce matin, qui montre que la quasi-totalité des personnalités de gauche – Dominique Strauss-Kahn étant très en tête sur ce point – sont perçues comme mieux à même que lui de conduire les affaires internationales de la France, est cruel, mais si juste. Le roi est nu, il ne reste rien à un Chef d’Etat qui vit dans son monde, un monde à l’écart du monde, qui marie à contre-temps des symboles lourds, faisant à nouveau de l’islam une menace au moment où il s’ouvre, au risque de faire monter encore un Front national à un score menaçant. Il faut, décidément, qu’il parte. A la gauche de construire, aussi, une politique étrangère réaliste, certes, mais aussi attachée à ses valeurs : la démocratie, les droits de l’Homme, la construction européenne, la régulation. Ne soyons pas, comme nous l’avons trop souvent été, inaudible ou cynique, mais dans cette matière là aussi, soyons capables d’être progressistes et vraiment de gauche.

Un mot, pour finir, sur Dominique Strauss-Kahn. Il n’en a pas fait plus hier qu’il ne le pouvait – sa responsabilité, majeure, au FMI, lui impose une certaine réserve – et ne le devait – l’urgence n’est pas aux déclarations de candidatures. Mais chacun aura compris qu’il se rapprochait de la France, qu’il parlait en socialiste et montrait sa capacité à répondre aux défis économiques d’une Europe et d’un pays menacés de déclassement, qu’il se préoccupait de la justice sociale mise à mal par la droite, qu’il était prêt à riposter à celle-ci sur le terrain politique, avec pugnacité. Sa prestation fut habile et ciselée, certes, mais elle a été également engagée et à la hauteur. Il me paraît, pour ma part, dans le bon rythme. Qu’en pensez-vous ?

Photo : CC Ahmad Hammoud

67 réflexions au sujet de « Faillite »

  1. Dans le bon rythme, oui. Le tout est de garder ce rythme jusqu’à une annonce publique de candidature aux primaires du PS mais surtout après, à savoir une excellente réactivité (engagée et habile) au contexte socio-économique pour garder une bonne opinion publique qui soutienne sa campagne, mais aussi de conserver cette réactivité, sa cohérence et son engagement (ne pas s’excuser comme Jospin), même si à un moment l’opinion publique est moins favorable. Mais pour tout cela j’aurais plutôt tendance à lui faire confiance, Strauss-Khan est bien campé et bien conseillé, je crois.

  2. « le quai d’orsay se rebiffe » dit-on;henri guaino rétorque :la politique étrangère est le domaine réservé du président de la République;elle ne dépend pas de n’importe quel chef de service des ministères,les diplomates font de la diplomatie ,le Président fait de la politique étrangère.(sic à quelques mots près).Henri guaino a de l’humour….

  3. Faillite de la diplomatie française : au lieu de se réjouir et soutenir les peuples arabes qui payent de leur vie l’aspiration à la liberté, commune à toute l’humanité, cette diplomatie nous livre des anachronismes de l’histoire, et dresse des parallèles simplistes. Alors que sous l’ère Chirac, chacun se souvient de la position digne de la France sur la guerre en Irak, et du discours fleuve de M.Villepin, applaudit à l’Onu tellement son discours était parfait (il est rare d’être applaudit à l’Onu), la diplomatie française en ce temps était respectée dans le monde, et tout particulièrement dans le monde arabe. Aujourd’hui, cette diplomatie est détestée dans l’ensemble du monde arabe, beaucoup de mes amis en Egypte, Tunisie, Algérie sont scandalisés par l’arrogance de la diplomatie française à leur encontre et s’étonnent du peu de soutien apporté compte tenu de la grande tradition française de lutter en faveur de la liberté. L’ère Sarkozy marque une rupture profonde non seulement en matière diplomatique mais aussi en terme d’image véhiculée hors de nos frontières, la France est abîmée et l’attitude de ce pouvoir en place porte atteinte à tous les français, car représenter le peuple c’est s’imposer un minimum de retenue et de pudeur dans la parole qui engage tout un peuple. La gauche n’a pas le droit d’échouer aux élections, il en va de la crédibilité de notre histoire et patrimoine commun qui tient en ce triptyque républicain : liberté, égalité, fraternité.

  4. Vous aurez sans doute entendu comme moi : sur la 2, hier soir, Villepin. Il n’est pas encore candidat, mais il élabore un projet. Et par exemple, en passant, il envisage de proposer un REVENU DE CITOYENNETE, et il évoque un montant, 850 euros, et il l’annonce dégressif. L’argument, l’objectif : rendre la dignité aux personnes.
    Cela m’a d’abord brisée : ainsi, faute d’études et de débat, le PS va se laisser piquer cette belle idée.
    Aujourd’hui, je me dis que tant mieux, le PS va bien être obligé de se positionner. Et je vais être curieuse de voir quels arguments il sortira s’il entend démolir, détruire l’idée. Quand je dis le « PS », je m’entends. Je devrais dire les quelques experts qui pensent pour nous.

    • Oui Denise, j’ai également entendu la proposition de Villepin hier soir. Je me suis dit que tu devais être « contente » que l’idée fasse son chemin. Mais bon, le nom c’est une chose, les modalités de mise en oeuvre en sont une autre.

      • Merci de ta pensée, Pablo. J’ai été d’abord très en colère. Mais je pense effectivement que cela peut déclencher un ré-examen et je m’en réjouis. Bien entendu, les modalités auront leur importance et la première qui a été indiquée (qu’elle soit dégressive) va à l’encontre de son principe même, sauf à ne pas avoir la même idée de ce qu’est la citoyenneté ; c’est un question philosophique qui a son importance.

    • Chère Denise, comme l’écrit Pablo, « le nom c’est une chose, les modalités de mise en oeuvre en sont une autre ». Ce qu’envisage Villepin n’a pas grand-chose en commun avec le « revenu citoyen » que tu proposais. En effet, il ne s’agit pas de le verser à tout le monde, de façon indifférenciée, avec un mécanisme pratiquement impossible à mettre en oeuvre pour le récupérer en parie par voie fiscale.
      Si j’ai bien compris Villepin, il s’oriente plutôt un aménagement assez astucieux de l’actuel RSA. Si c’est bien le cas, il aurait repris une idée qui circule dans certains cénacles proches du PS et cela mérite d’être creusé.

      • L’important est que l’idée soit débattue, que l’on débatte des motivations et que l’on voit comment y aller.
        Peu importe celui qui est le 1er audible sur le sujet si en face il y a quelqu’un pour lui donner la réplique.

        Les processus actuels sont trop complexes, trop inefficaces, pas assez universels, pas assez justes, pas assez rattachés à un horizon idéologique.

        • Absolument. Et merci à Villepin (!) d’avoir simplement lancé le débat ; je ne suis même pas sûre que ses objectifs sont si éloignés des nôtres.
          Rappelons que notre proposition s’inscrit dans un vrai projet de société, peut aider d’un côté ceux qui souhaitent rompre avec des attitudes essentiellement marchandes, d’un autre ceux qui veulent se lancer dans la création mais ne peuvent prendre de risques inconsidérés, et au milieu tous ceux qui subissent les aléas de la vie. Par ailleurs, sa mise en oeuvre, telle que nous l’avons suggérée, nécessite des réformes préalables importantes, notamment en matière fiscale.

      • Je sais ce que tu en penses, cher Bangor, mais j’aime bien te lire aujourd’hui : pour une fois, tu ajoutes « quasiment » impossible à mettre en oeuvre.
        Je pense au contraire que la simplicité est la caractéristique essentielle de la proposition et qu’elle romprait avec la complexité actuelle.
        En matière de révolution fiscale, par ailleurs, j’ai bien aimé la façon dont Picketty et consorts analysent le système actuel dans leur dernier livre « révolution fiscale » ; pour le RDC, c’est un peu pareil. On se propose de remettre tout à plat et de faire simple !

      • Pardon, c’est « pratiquement » que tu as écrit, pas quasiment. Il faudra quand même qu’un jour tu nous expliques en quoi il est « pratiquement » impossible de mettre en oeuvre quelque chose qui existe déjà pour les allocations familiales ; et en quoi ces dernières seraientt « pratiquement » impossible à fiscaliser, par exemple, ainsi que le RDC. Comme l’on s’oriente vers une fusion de l’IRPP et de la CSG, afin de profiter de l’assiette élargie de cette dernière, en quoi serait-ce « pratiquement » impossible de fiscaliser les revenus qui ne le sont pas encore, comme une allocation ? Ce serait d’autant plus facile qu’elles sont versées par des organismes institutionnels, pourtant. S’il est plus difficile de demander à un locataire, par exemple, de déclarer les loyers qu’il verse à un bailleur, comme on le fait à une entreprise lorsqu’elle verse un salaire, où est donc la difficulté de demander à la CAF ou à l’administration fiscale elle-même de déclarer ce qu’elle verse ???

        • Il est inutile de continuer sur le blog de Pierre un échange qui est étranger à la social-démocratie et au keynésianisme. Nous sommes patisans d’une économie basée sur l’emploi. La proposition de Villepin n’est pas incompatible avec la social-démocratie. La tienne me parait plus inspirée par les thèses opéraïstes de Toni Negri. Nous sommes loin d’une simple discussion technique.

  5. On a beau raconter m’importe quoi, nous saouler toute la journée avec cette agitation médiatique pas franchement innocente, une chose et certaine : On assistera à l’automne au match retour Aubry-Royal et là si tout est transparent devinez qui va gagner !

      • Non mon ami les Français ne se feront plus avoir une 2eme fois par ce grand illusionniste et sa clique.

          • et que celui ou celle qui sera choisi (e) lors des primaires puisse partir à la bataille avec un parti et une gauche rassemblés pour en débarrasser la France.

    • Pour l’instant, ils sont quatre, dans cet ordre : DSK, Aubry, Hollande, Royal. Il est peu probable qu’Aubry et DSK s’affrontent. Quant à Royal, elle est sortie du jeu. Le plus crédible est donc un deuxième tour DSK-Hollande.

      • De quel jeu tu veux parler? Du vrai vote des militants et des des sympathisants … Je ne pense pas.Celui là sera favorable à Ségolène Royal à coup sur. Quand à un deuxième tour DSK-Hollande, faut pas rêver ce sont les mêmes gens qui votent pour l’un ou pour l’autre.Donc..

      • Un jeu ! le plus crédible ! dans cet ordre ( le vôtre rien de plus ) ; non vous nous exposez votre choix comme d’autres ont des choix différents , le vote n’a pas encore eu lieu et espérons le limpide et sans doute aucun …

        • Cet ordre nest pas le mien,c’est celui des intentions de vote au premier tour, publiées dans le Nouvel Obs d’aujourd’hui.

          • Que veulent dire des intentions de vote ! en 2002 ces mêmes sondages n’avaient rien prévu ! attendons les votes et non les intentions !

  6. Bonjour,

    Je trouve que vous faites preuve de grande hypocrisie ou d’idéologie utopiste quand vous dites que la préoccupation principale des français est le pouvoir d’achat, l’emploi. C’est faux entièrement faux et malhonnête intellectuellement et Roland CAYROL a au moins su dire pour une fois une vérité non interprétée en langage politiquement correct, ce qui préoccupe les français c’est le fléau majeur :intellectuel, financier, culturel cultuel sociologique, démographique etc que représente une immigration telle que nous la vivons en France. même si vous êtes un élu vous ne vivez pas au quotidien à coté d’individus que rien ne rapproche de nous bien au contraire. L’emploi phénomène éminemment politique est directement lié au coût exorbitant de l’immigration 40 milliards d’euros par an avec des politiques de la ville aussi fantaisistes qu’irréalistes.
    Ayez le courage de vous affronter aux réelles racines du Mal: L’immigration de peuplement qui tire TOUT vers le bas et surtout ayez le courage de le dire vous deviendrez crédible !!!Lisez le CAMP des SAINTS de jean RASPAIL cela vous éclairera

    • Vous vous trompez. Roland CAYROL a dit justement que quand on demande aux français quelles sont leurs préoccupation premières, celles qui arrivent en tête sont l’avenir de leurs enfants, le chômage et particulièrement le chomage des jeunes, le pouvoir d’achat, la sortie de crise… les perspectives économiques et sociales d’avenir.

  7. La diplomatie Française est d’une faiblesse des plus importante depuis 1500ans(hors la période Pétain).

    La France dans son histoire est égorgé part cette droite incapable.

    Comment la France qui a fait 1789 peut se justifier 222 ans après de finir avec le tapis rouge pour des dictateurs et un diplomate en maillots de bains sur internet.

    Une ministre des affaires étrangères remplacé part la ministre de l’économie pour faire de la diplomatie en Tunisie.

    Une France qui se fait dicter en Europe sa politique économique par l’Allemagne alors que la France lui tient tête depuis 140 ans.

    Une France qui va faire un débat sur sa deuxième religion en nombre de pratiquants alors que la France dans son Histoire a été très meurtrit sur ces sujets.

    Pour DSK, je penses qu’il veut y aller mais aucun candidats ne va se retirer ce qui va le faire douter.

    • Que les autres se retirent n’aurait aucun sens, s’il veut y aller tout comme les autres il y va et les votes trancheront , s’il doute les autres aussi sans doute alors pourquoi aurait-il un régime particulier ?

      • bah c’est évident que d’autres ont de meilleures cartes que lui s’agissant uniquement des primaires : Aubry parce que première secrétaire (le parti en main), Hollande parce qu’ancien premier secrétaire (bcp de relais locaux) et Royal parce qu’ancienne candidate (aussi des relais).

        Maintenant, s’il veut être candidat, effectivement, c’est à lui de choisir, on a pas à le harceler pour qu’il se déclare dès maintenant, la date c’est fin mai. Personne n’est devin, chacun a son idée s’il va ou non y aller, on verra bien.
        Perso, j’ai pas le moindre doute qu’il va se déclarer fin mai.

  8. FAILLITE, en effet…pour DSK !

    http://www.cadtm.org/Strauss-Kahn-decoe-par-Ben-Ali
    Trés instructive video que celle ci-dessus. Aprés avoir proné en Lybie le rapprochement des deux régimes (Ben Ali – Khadafi), Dominique Strauss-Kahn s’y prononce sur la politique tunisienne:
    « l’économie tunisienne va bien, malgré la crise, (…) la politique économique qui est conduite est saine, et je pense que c’est un bon exemple à suivre pour beaucoup de pays,(…) le jugement que porte le FMI sur la politique tunisienne est très positif (…) les choses continueront de fonctionner correctement. »
    Comme le dit Stone ci-dessous,
    « Incontestablement, la prestation de D.S.K.a été convaincante et sèrieuse »

    De même, Pierre Moscovici est à féliciter pour son humour à mêler la révolution du jasmin:
    « Partie de Tunisie, une vague de fond démocratique submerge, une à une les dictatures arabes »
    à la célébration de son icône, en apothéose du billet,
    le tout à travers une série de paragraphes aux titres du plus bel a-propos:

    « Les causes communes de ce soulèvement pacifique sont connues (sauf de DSK!)
    les dictatures arabes…ont confisqué la richesse, au détriment d’une population jeune, informée, branchée sur internet, étalant le spectacle de clans corrompus vivant dans une richesse indécente pendant que la masse peinait à sortir de la misère. »

    « Or, à l’évidence, la diplomatie…est, à tout le moins, passée à côté…
    Car le Président de la République… s’est cantonné à la prudence, voire à l’insensibilité,… »
    alors qu’à DSK, rien n’avait échappé: il s’était carrément engagé dans le panégirique de la politique du dictateur!

    « Quelle erreur, quel ringardisme ! »
    (Tu l’as dit, bouffi…)

    « Un mot, pour finir, sur Dominique Strauss-Kahn. Il n’en a pas fait plus hier qu’il ne le pouvait (il ne pouvait pas embrasser Ben Ali plus fort?)
    Mais chacun aura compris…qu’il se préoccupait de la justice sociale…, qu’il était prêt à riposter à celle-ci sur le terrain politique, avec pugnacité »
    L’embrassade des dictateurs, ça nous donne une excellente idée de sa sincérité dans la pugnacité !

  9. Incontestablement, la prestation de D.S.K.a été convaincante et sèrieuse surtout face à la vacuité et à la démagogie délirante de l’actuel président…
    En ce qui concerne la date de l’annonce de son éventuelle candidature,les médias et ses adversaires sont ridicules de le harceler: autant que je sache,Sarko n’annoncera sa décision qu’en novembre et on ignore qui sera le candidat du centre ou des verts sans parler des autres!!!…

  10. Ping : Les tweets qui mentionnent Faillite | Pierre Moscovici -- Topsy.com

  11. La diplomatie français a pris en effet un sacré coup derrière la tête en moins de 4 ans de présidence Sarkozy. J’assiste avec tristesse à la déliquescence de l’influence française depuis son élection. Elle est certes une conséquence du déclin économique français mais aussi de la mauvaise gestion des affaires étrangères. Illisible, dictée par l’argent, les nécessités électorales ou encore l’émotion. Nous ne citerons ici que « Kadhafi sur le Tarmac », Cassez qui en a repris pour des dizaines d’années suite à l’intervention de Sarkozy, notre parole et influence inexistante dans les révolutions actuelles, le spectaculaire retour en arrière vis-à-vis de la Chine et les droits de l’homme, ou encore la polémique avec Mme Reding et les politiques anti-Roms…
    En conséquence de quoi, pensez-vous Pierre, qu’il soit possible que la campagne électorale, des primaires à l’élection, permette aux français d’assister à un débat sur ces questions? Qu’il ne s’agisse plus d’un domaine réservé, mené sans concertation et sans engagement devant le peuple? Parce que la honte, c’est nous, français, qui la trainons ensuite à travers le monde lors de nos voyages.
    Merci pour votre réponse!

  12. Nouvel essai :

    Je plains le pauvre ambassadeur de France en Tunisie obligé de jouer le lampiste qui paie les pots cassés à la place de MAM.

    Je suis sûr que lui il aurait envie de créer un nouveau climat franco-tunisien, mais comment peut-il le faire s’il n’y a pas une rupture (un mot laragement employé par Sarkozy pour sa campagne de 2007) entre lui et MAM ?

    Comment Boillon peut-il être un véritable partenaire de la transition tunisienne si on lui demande en même temps d’incarner la continuité avec MAM ? C’est mission impossible.

    Sinon je suis écoeuré par le titre du journal France Soir qui a été corrigé aujourd’hui, mais sans que le journal ne s’excuse :
    « les français ont encore confiance en elle ».

    Voir w w w . homepuzz . com/norma/status/51c19

    et surtout les réactions des internautes durant la journée d’hier lorsque le mauvais titre était encore écrit.

    Sans transition, je trouve le site internet du salon de l’agriculture lamentable, car tout est en français. Il n’y a pas un mot d’anglais ou d’allemand, sans parler de chinois de hindi ou de malayalam.

    Alors que Sarkozy fait le G20, on a l’impression que les agriculteurs français vivent avec un siècle de retard quant à la mondialisation et au titre « salon international » qu’est pourtant le titre officiel du salon de l’agriculture.

    Avec ce genre d’attitude rétrograde, la France est mal partie. La France est-elle en faillite ?

    Je pense que la France a besoin de gens comme DSK pour ouvrir les yeux sur un monde mondialisé.

  13. Je ne comprends plus comment fonctionne ce blog. Ne suffit il pas d’écrire un message et de cliquer sur « valider le commentaire » ?

    Ensuite plus rien ne se passe.

    Comment font les autres ?

  14. Je plains le pauvre ambassadeur de France en Tunisie obligé de jouer le lampiste qui paie les pots cassés à la place de MAM.

    Je suis sûr que lui il aurait envie de créer un nouveau climat franco-tunisien, mais comment peut-il le faire s’il n’y a pas une rupture (un mot laragement employé par Sarkozy pour sa campagne de 2007) entre lui et MAM ?

    Comment Boillon peut-il être un véritable partenaire de la transition tunisienne si on lui demande en même temps d’incarner la continuité avec MAM ? C’est mission impossible.

    Sinon je suis écoeuré par le titre du journal France Soir qui a été corrigé aujourd’hui, mais sans que le journal ne s’excuse :
    « les français ont encore confiance en elle ».

    Voir http://www.homepuzz.com/norma/status/51c19

    et surtout les réactions des internautes durant la journée d’hier lorsque le mauvais titre était encore écrit.

    Sans transition, je trouve le site internet du salon de l’agriculture lamentable, car tout est en français. Il n’y a pas un mot d’anglais ou d’allemand, sans parler de chinois de hindi ou de malayalam.

    Alors que Sarkozy fait le G20, on a l’impression que les agriculteurs français vivent avec un siècle de retard quant à la mondialisation et au titre « salon international » qu’est pourtant le titre officiel du salon de l’agriculture.

    Avec ce genre d’attitude rétrograde, la France est mal partie. La France est-elle en faillite ?

    Je pense que la France a besoin de gens comme DSK pour ouvrir les yeux sur un monde mondialisé.

    http://www.salon-agriculture.com/Visiteurs-internationaux/Votre-accueil-sur-le-parc

  15. Ne pensez-vous pas que la Tunisie et l’Egytpe ont vocation à rejoindre, à moyen/long terme, l’Union européenne ?

    Comparaison n’est pas raison, mais le Portugal, l’Espagne et la Grèce sortaient de longues dictatures dans les soixante-dix et ont rejoins la CEE 5 à 10 ans après.

    Bien sûr, on ne sait pas encore vers quel type de régime on va dans ces pays, ni si c’est là l’aspiration de ces peuples courageux.

    Mais l’UE étant facteur de paix, ça pourraît être un moyen d’assurer une stabilité dans la région, stabilité dans la démocratie.

    A tout le moins, faudrait-il relancer l’Union euro-méditérannée…

  16. En ce qui concerne DSK il a été épatant hier soir. IL fallait lire entre les lignes. Il y avait de l’engagement, une critique à peine voilée à la politique économique injuste de l’UMP. Son commentaire sur la décision de Delors en 1995 suivi d’un sourire en a dit très long selon moi.

    Quand on dit qu’il faut (en « Europe »): mener des politiques raisonnables (comprendre éviter l’explosion des déficits publics donc un emaitrise de la dépense) mais justes (comprendre: éviter les aménagement fiscaux couteux et injustes), on a l’ébauche d’un projet.

    Quand on insiste sur la souffrance sociale, on rappelle au bon souvenir de certains anciens ministres socialistes qu’il est bien à gauche (au moins autant que ses détracteurs du PG) et qu’il ne compte pas se renier après son passage à washington.

    Enfin l’attaque dure et ferme envers Jacob and co reflète l’état d’esprit d’un individu prêt à aller au combat.

    • Moi aussi j’ai bien aimé DSK (pas vu en direct mais sur internet) car je l’ai revu tel qu’en lui même : tout dans la com, méprisant, bref prêt à se prendre une deuxième raclée par S Royal lors des primaires. Encore que dès qu’Hollande se portera à la candidature suivi d’Aubry, je pense toujours qu’il n’ira pas.

      Les gars va vous falloir choisir entre Hollande, Aubry et Royal : çà ne doit pas être facile tous les jours d’être Strausskiste

      Désolé de ne pas commenter son projet puisqu’il n’en a pas :o))

      • le plus méprisant en l’occurrence c’est toi avec ce type de message sûr de toi, tu prends les autres de haut. Soit !

        Je vois pas trop l’intérêt d’écrire un message uniquement pour être désagréable ou pour narguer bêtement les autres.
        Allez chauffe Marcel…

        • C’est exactement çà ! çà ne fait pas avancer le schmilblick, mais çà soulage :o))

          Encore que me relisant, je confirme qu’il n’ira pas et que les primaires se joueront entre Royal, Aubry et Hollande ! ce qui donnera lieu à une vraie campagne électorale, avec son lot de débats, conflits… donc intérêt grandissant au plus on se rapprochera de la mi-octobre… donc un réel succès populaire pour les primaires

          • et bien si c’est le cas Marcel, on fera comme tout le monde. On votera parmi la liste des candidats. Si DSK y est, bah tant mieux, et s’il n’y est pas, bah on choisira qqun d’autre et on ira pas se jeter dans une rivière ni se pendre à une corde.

            Ici, tu entends très très rarement que c DSK ou rien, à l’inverse d’autres sites pour d’autres camarades…

            En attendant, ne sois pas trop sûr de toi, car tu ne sais jamais ce qui peut arriver. Si jamais Royal n’était pas ou ne pouvait pas être candidate… Tu y as réfléchi ?

          • J’irai probablement à la pêche lors des primaires car aucun des candidats probables n’a pour moi les qualités d’un président de la république.

            Et puis en 2012 j’aviserai parmi les candidats de gauche en présence.

          • Oui Royal, Aubry et Hollande vont se jouer la primaire.

            Personnellement je penses que celui qui prendra Montebourg comme second(futur premier ministre?)gagnera.
            Montebourg ne peut gagner la primaire mais son livre programme est très bon et donnera un complément a celui qui ferra équipe avec lui et il donnera un aire de nouveauté(il fait de la politique depuis longtemps mais pas connue de tout le monde).
            Valls peut être utile dans une équipe car peut porter des choses que le candidats ne peut dire.

            La présidence de sarkozy a été marqué par un pouvoir trop solitaire; donner l’image d’une équipe et pas d’une personne est la clef.

            La candidature probable de Hulot est un vrai cadeau pour le PS. Candidat moins a gauche que peut avoir EELV, il va aller chercher sur le centre. Il ne ferra pas de concurrence a un candidat PS et le vote utile marchera a fond.
            La gauche de la gauche double son score part rapport a 2007 ce qui donne des réserves.

          • c cool, tout le story telling est écrit, mais les scénarios changent souvent en cours de route, on verra bien :)

  17. Parfaitement Pierre, bon rythme est le mot. Je remarque que ceux qui lui conseille de se déclarer vite, ou feignent de l’espérer, ou regrettent qu’il ne l’ait pas fait, sont rarement ceux qui lui veulent du bien…
    Quand à la première partie de ton post, une remarque pour partager ton affliction : hier soir jusque tard dans la nuit, les médias du monde entier étaient braqués sur la situation très préoccupante de la Lybie. À une exception près: les médias français, qui passaient en boucle les résultats sportifs du WE. Consternation…

      • Vous avez posé cette question à plusieurs reprises et avez obtenu des réponses, en particulier de Pablo. Quel est l’intérêt de continuer ? Qu’est-ce qui vous gêne ? Que DSK ait plus de chances que quiconque à gauche de battre Sarkozy ?

        • Je n’ai pas obtenu de réponse du moins pas de l’intéressé, je conçois difficilement qu’un jour un responsable politique puisse dire « il faut qu’il se déclare avant fin 2010  » et que quelque temps après ce soit  » il a tout le temps de se déclarer  » voyez-vous cher Bangor le sujet était la  » parole politique  » et sans appartenir à quoi que ce soit comme assoc. ou parti, pour moi DSK ce n’est pas que « ça me gêne » c’est que pour moi il ne représente pas ce que je me fais comme idée du Socialisme et de la Gauche maintenant je respecterai le choix de la majorité si le vote est limpide et sans aucun doute .

          • « il faut qu’il se déclare avant fin 2010 »
            « il a tout le temps de se déclarer »

            Les phrases que vous citez relevent du commentaire politique et non d’un quelconque engagement électoral qui par définition lie, symboliquement tout au moins, la parole politique.

            Et commes vous l’a dit Nicolas de Nantes, il n’y a rien de scandaleux à ce que certains responsables politiques soutiennent tel ou tel candidat déclaré ou potentiel dans le cadre des primaires.

            Ces dernières, sauf cas de force majeure (décès, démission ou incapacité du Chef de l’Etat à remplir ses fonctions), auront bien lieu.

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