Glissement

Le premier tour des élections cantonales a rendu son verdict : il exige de notre part une analyse approfondie.

Vendredi, je vous livrais mon analyse de la campagne : elle est confirmée par ses résultats. Elle tenait en quatre points, tous vérifiés. Le premier est la force de l’abstention – qui prive ce scrutin de valeur prédictive absolue en vue d’une élection nationale. Les Français n’ont pas été passionnés par ces élections, qui se sont de plus tenues dans un contexte international tendu, dont l’impact psychologique a sans doute pesé sur les consciences : la portée du scrutin est loin d’être négligeable, mais ce n’est pas le premier tour de la présidentielle. Le deuxième enseignement est, sans aucun doute, la poussée du Front national, qui dépasse les prévisions par son ampleur. Avec près de 15 % des voix, qui plus est en étant absent dans 400 cantons, le FN réalise son meilleur score historique dans un scrutin local – peu favorable à ses couleurs, tant il privilégie les « notables » bien implantés – il est présent au second tour dans 399 cantons et talonne l’UMP. Je le vois dans le pays de Montbéliard, où il retrouve son score de 2002 – entre 25 et 31 % – et où il est le seul parti présent dans les 4 cantons renouvelables – 2 duels PS/FN, 1 triangulaire, 1 duel FN/droite. La menace d’un nouveau 21 avril – « à l’endroit », avec l’élimination du PS, ou « à l’envers », au détriment du Président sortant, n’est plus un fantasme – elle est sérieuse, nous devons l’avoir en tête.

Le total des voix de gauche s’établit à peu près à 50 % des suffrages : c’est un niveau très élevé, qui laisse espérer un bon résultat au second tour, avec la conquête possible de plusieurs départements

La gauche, dans ce contexte, se tient bien. Le Parti socialiste confirme son statut de premier parti de France, obtenant plus de 30 % des voix avec ses alliés divers gauche, 25 % pour lui-même, pendant que nos partenaires écologistes et du Front de gauche se maintiennent ou progressent légèrement. Le total des voix de gauche s’établit à peu près à 50 % des suffrages : c’est un niveau très élevé, qui laisse espérer un bon résultat au second tour, avec la conquête possible de plusieurs départements – même si la solide implantation des sortants, de part et d’autre, peut amortir ce mouvement. Il faut donc, maintenant, appeler à l’union de toutes les forces de progrès et à la poursuite de la mobilisation pour confirmer et amplifier au second tour ce nouveau vote sanction à l’égard du pouvoir, et nous donner plus de force encore en vue des échéances à venir. Soyons toutefois conscients, en pensant à celles-ci, que rien n’est joué, qu’aucun trou définitif n’est fait : ne faisons preuve d’aucune forme de forfanterie, on nous attend plus que jamais sur la solidité de nos propositions, nous devons impérativement faire preuve d’intelligence et de responsabilité dans le choix de notre candidat(e).

Après s’être cachée pendant toute la campagne du premier tour, l’UMP tente une incroyable OPA hostile sur tous les élus de la droite modérée et du centre

Le dernier – et peut-être principal – enseignement de ce scrutin concerne l’UMP, le parti du Président. Celui-ci avant été construit pour rassembler la droite républicaine, pour lui permettre de se maintenir durablement au-dessus de 30 % des suffrages. Ce pari est raté. L’UMP, aujourd’hui, pèse 16 % des votes. Après s’être cachée pendant toute la campagne du premier tour, elle tente une incroyable OPA hostile sur tous les élus de la droite modérée et du centre, qui ne se reconnaissent pas en elle : la pathétique comptabilité du ministre de l’Intérieur, Claude Guéant, qui voit la « majorité présidentielle » à 32 % des suffrages doit être comprise et dénoncée pour ce qu’elle est, une invraisemblable manipulation. Il y a, décidément, dans le pays, un incroyable rejet du sarkozisme, et d’abord du Président de la République lui-même. On le voit sur le terrain, l’électorat populaire de l’UMP – ça existe ! – est retourné ou passé au Front national, le mouvement inverse de l’élection de 2007 est en marche : Nicolas Sarkozy avait alors « siphonné » le Front national, il le nourrit désormais à coup de débats ambigus et d’échec économique et social.

Dans la galaxie du pouvoir, c’est la thèse du principal conseiller du Président, Patrick Buisson, venu de l’extrême-droite ,qui semble l’emporter

La position prise par l’UMP et Jean-François Copé – avec le plein accord de Nicolas Sarkozy qui a confirmé cette stratégie du « ni-ni » – me paraît dès lors d’une incroyable inconséquence. Elle est, en réalité, non seulement contraire à toute idée de « Front républicain » – je n’y suis pas favorable non plus – mais elle avantage le FN. Car le parti majoritaire ne se contente pas de ne pas donner de consigne de vote au second tour, il appelle à l’abstention, malgré des contorsions sémantiques, en cas de duel FN/PS, et maintient ses candidats dans les triangulaires où il est 3ème, ce qui peut contribuer à l’élection de conseillers généraux frontistes. Cette stratégie est choquante : elle signe le glissement de ce que fut la droite républicaine vers une droite dure, radicale, plus proche de la xénophobie que des traditions et des valeurs de la République française, elle traduit la tentation désormais presque avouée d’une alliance « à l’italienne » avec un « nouveau Front national », pour éliminer la gauche. Dans la galaxie du pouvoir, malgré les réticences des républicains sincères comme Jean-Louis Borloo – radicalisme oblige -, Nathalie Kosciusko-Mortizet ou Valérie Pécresse – réprimandées par leur maitre -, malgré l’embarras, que j’ai perçu ce matin, d’un François Baroin, c’est la thèse du principal conseiller du Président, Patrick Buisson, venu de l’extrême-droite – sans jamais à vrai dire l’avoir quittée – qui semble l’emporter.

Ce glissement est aussi politiquement suicidaire. A effacer toute différence entre la droite et l’extrême-droite, il menace de faire sauter les dernières digues et de doper encore le FN : il faudra surveiller de près le résultat des seconds tours PS/FN et analyser le comportements des électeurs de la droite qui fut républicaine. A procéder ainsi, celle-ci joue 2012 à quitte ou double, elle peut – ce serait d’ailleurs logique – précipiter sa propre élimination du second tour de la présidentielle et faire du FN la relève conservatrice dans ce pays. J’en frémis !

cela ne m’empêche pas, par cohérence, par respect pour les convictions humanistes et républicaines de la gauche, de dire qu’il ne faut pas qu’il y ait, dimanche prochain, un Conseiller général FN au Conseil général du Doubs

Ne tombons pas dans le piège de cette confusion. Je ne veux pas stigmatiser ici les électeurs du Front national – dans le pays de Montbéliard, je les connais, ils me font souvent confiance – ignorer le malaise de ces ouvriers, de ces hommes et femmes issus des couches populaires, qui se sentent déclassés et fragiles dans la mondialisation. Nous devons les écouter, et répondre à leurs attentes, par une économie plus forte et une société plus juste : la gauche de l’avenir doit être elle-même populaire et efficace. Mais le Parti socialiste ne peut transiger avec les thèses proposées par Jean-Marie et Marine Le Pen, il ne peut les banaliser ou les valider : mon combat contre la xénophobie et l’extrémisme est celui de toute une vie. Il se trouve que je suis moi-même confronté à ce choix détestable puisque dans le canton de Montbéliard Est où j’habite – mais qui ne se situe pas dans ma circonscription, où le PS est conforté – se tiendra le 27 un duel entre le FN et la droite, occasionné par la division de la gauche. Ce vote est pour moi un crève-coeur. La droite montbéliardaise, depuis toujours, est dure, ambiguë, elle est une préfiguration de l’UMP de Jean-François Copé. Sa candidate est d’une extraordinaire malveillance, elle est une spécialiste des attaques personnelles, souvent d’une grande bassesse. Et pourtant, cela ne m’empêche pas, par cohérence, par respect pour les convictions humanistes et républicaines de la gauche, de dire qu’il ne faut pas qu’il y ait, dimanche prochain, un Conseiller général FN au Conseil général du Doubs. C’est une position nationale et de principe, je la revendique et l’applique. J’espère au passage, sans vraiment y croire, que la droite locale saura être aussi exemplaire.

C’est une France compliquée, tourmentée, qui sort des urnes de ce premier tour des cantonales. J’appelle, en vue du second, à une mobilisation de toute la gauche dans la clarté, pour conquérir de nouveaux cantons, de nouveaux départements. Il faudra ensuite réfléchir de façon sereine, profonde, sans autosatisfaction ni complaisance, à la préparation des échéances de 2012, qui exige de notre part force et intelligence.

36 réflexions au sujet de « Glissement »

  1. On comprend le comportement des classes défavorisées votant F.N., mais elles pourraient ou devraient voter Besancenot ou Mélanchon sans hésitation…On peut avancer comme explication le sentiment raciste anti-arabe,anti-noir et surtout anti-musulman très répandu dans les quartiers difficiles à un point que nous avons du mal à imaginer.Que faire devant une situation aussi inquiétante? Nous attendons des réponses des responsables socialistes!!!

  2. Le FN ne fait pas 12,5 % des inscrits et l’on parle de poussée du FN!!! Le PS fait lui 9,12 % et est éliminé dans le 12 ème canton de NICE. Après les électeurs viendront se plaindre d’Estrosi, de Ciotti. Nous avons de la chance, nous avons les deux!
    Le grand vainqueur du scrutin est le parti des abstentionnistes.
    À quand le vote obligatoire ?!

    MIQUEOU DE NISSA

  3. « une france compliquée » : ce qui est compliqué c’est l’aveuglement dont font preuve nos élites politiques face à la désespérance sociale dans laquelle s’enlise de plus en plus de personnes. Que de temps perdu sur les plateaux télés pour nous expliquer combien nous souffrons et comme les politiques sont à l’écoute, la france mérite bien mieux que le FN comme horizon politique, mais cette ascension continuelle de l’extrémisme dans ce pays impose un constat : de la fracture sociale nous sommes passés à la rupture sociale, les partis républicains n’arrivent plus à convaincre, alors oui le PS peut gloser sur leur victoire aux cantonales, comment parler de victoire quand plus de 50% des citoyens ne votent pas.
    Comment dans ce contexte envisager les présidentielles 2012 : encore une surprise, le FN sera au second tour, et les élites républicaines continueront à se choquer d’un tel niveau d’abstention, de la place du FN dans le paysage politique, une bonne fois pour toutes, ce parti est autorisé dans ce pays, alors est-ce vraiment nécessaire de le diaboliser? il serait bien plus judicieux de le combattre sur les pseudo-solutions proposées par ce parti extrême qui se moque des électeurs, c’est la dialectique projet contre projet qui doit animer les débats, et bien non, de nouveau le même cinéma sur les plateaux télés, la rhétorique « républicain dans l’âme » continue, et pendant ce temps le FN gagne du terrain. Les électeurs FN votent par conviction et pas seulement par désespérance sociale, c’est un vote adhésion, malheureusement pour ce pays, et aucune perspective ou stratégie d’opposition réelle sur le terrain des projets politiques ne voit le jour chez les républicains. Pauvre france, nos élites sont vraiment compliquées, elles n’entendent rien, et continuent leur aveuglement collectif!

    • Entièrement d’accord avec vous.
      Vote FN, vote d’adhésion. Oui mais une adhésion partielle ou oblique (comme pour tous les partis, plus ou moins).
      Effectivement la France n’est pas compliquée mais complexe. Et nos élites ne comprennent pas cette complexité (pourtant une élite est normalement constituée par les meilleurs éléments d’une communauté!)Alors les électeurs s’y sont adapté, ils découpent donc la réalité sociale. Et selon qu’ils sont exaspérés par des écarts de salaires injustes ou une insécurité qui les frappent au quotidien, qu’ils sont inquiets de perdre leur emploi ou de l’affaiblissement du modèle social français ils votent à droite ou à gauche, PS ou FN (et nos élites parlent d’électorats volatiles).
      Et comme « parler d’immigration c’est faire le jeu du FN », « parler de sécurité c’est faire celui de l’UMP », « parler social c’est faire le jeu du PS », »d’écologie celui d’EELV » chaque parti reste accroché à une part de réalité(la seule qu’elle comprenne!) et surtout son domaine de prédilection, s’autopersuade que 2012 se jouera là dessus.

  4. La France vers un nouveaux paysage politique?

    La gauche , le centre, la droite… c’est la politique en France.

    La 5ème république ne passera pas 2012 et pour une bonne raison.
    Des blocs politique distincte vont obliger la création d’un système politique par coalition.
    Le PS peut gagner la présidentielle mais les législative sont totalement impossible sans des accords avec les autres partis de gauche.

    Le Front de gauche et les verts se rapproche des 12.5% ou l’on ne peut pas ne pas négocier…hors ils demandent la proportionnelles pour avoir obligatoirement des sièges.
    Le centre peut être intéressé pour s’affranchir de l’ump et jouer sont vrais rôle qui est d’aller parfois a droite et a gauche parfois.

    Mais qu’elle système pour réaliser cette 6 république.
    Je penses que le système allemand est celui que l’on doit copier.
    Il permet de garder les 2 grands partis majoritaire et donne de la place au autre partis.

    Le système: un seul tour.

    On a 2 voix par électeurs:
    -l’une est pour un candidat d’une circonscription ou l’on vote avec un scrutin majoritaire à un tour.
    -l’autre a la proportionnelle sur tout le pays.

    Ainsi chaque partis est représenté et l’histoire du vote utile n’existe plus.
    Un électeur de gauche peut voté utile sur le premier choix mais marquer sa différence dans le deuxième.

    L’intérêt est que le vote est a un tour donc non problématique après 2 tours de présidentiel, garantit une représentativité.

    Le président élue peut se retrouver avec une coalition qui lui oblige de négocier.

    Le sénat doit devenir une assemblé totalement proportionnelle avec un droit de véto sur les choix pour les collectivités locale.

  5. L’affaire du FN commence a être pathétique.

    L’ump ne veut pas voter pour le PS contre le FN? Et 2002?

    Le problème actuel est que le FN est vue comme le parti du Père Le Pen et non celui de sa fille.

    Sur le plan immigration et xénophobie l’ump veut faire des thèmes pour se rapprocher du FN mais le FN actuel est trop différent économiquement pour un véritable rapprochement.

    Economiquement la fille est a l’opposé du Père; le père était un ultra libéral alors que la Fille est une étatiste brutal.

    Les propositions fiscal de la fille sont clairement plus proche de la gauche que de la droite.
    Ainsi de suite pour d’autre domaine.

    On se retrouve avec une personne extrême dans les sujets d’immigration, de sécurités qui va aller sur des sujets réservé a la gauche.

    Le problème est que le FN est plus un partis d’extrême que l’on combattus pendant 40 ans mais un mouvement politique extrême qui peut prendre le pire de la droite et le pire de la gauche en jouant sur le populisme.
    En somme un Front de gauche light sur le plan économique avec les relents d’extrême droite.

  6. Edito de Yves Thréard
    Le débat se focalise sur Marine Le Pen et le Front national. Si l’on écoute Valérie Pécresse et quelques autres à droite, ce ne sont pas leurs idées qui sont en cause, les rendant infréquentables, mais leurs valeurs. L’UMP ne partage pas les mêmes. Soit. Même si je reste persuadé que le FN de Marine Le Pen n’est pas le même que celui de son père.

    Il est urgent de dire qu’à l’autre extrême de l’échiquier politique, les partis et leurs représentants ne sont pas plus fréquentables. On s’est à tort habitué à leur présence dans le paysage politique, à côté d’un PS qui ne rechigne pas à compter sur eux, à les présenter comme des alliés. Pourtant, le décryptage de leurs discours et postures est souvent effrayant.

    Au-delà de leurs idées, la haine et le rejet sont les moteurs de ses enfants de Staline, Trotski ou Mao. Leur en fait-on assez le procès ? Ouste ! Du balai ! De l’air ! Qu’ils s’en aillent tous ! Tels sont les mots d’ordre de Jean-Luc Mélenchon qui invitent ses adeptes à prendre aux cheveux les puissants. Il se rêve en nouveau Marchais, mais lui est en plus persuadé de ce qu’il avance. Que dire d’Olivier Besancenot, son meilleur ami-ennemi d’extrême gauche, avec qui il fait actuellement cause commune dans certaines élections cantonales. Besancenot est plus radical encore dans la démarche. Nouveau Saint-Just, qui accepte à ses côtés la présence de Jean-Marc Rouillan, terroriste d’Action Directe non repenti, et celle d’une femme voilée. Sont-ce là des valeurs républicaines que les socialistes partagent ?

    Faut-il rappeler qu’à l’antisémitisme rampant de certains militants du FN répond la judéophobie de quelques-uns des militants du Parti de Gauche de Mélenchon et du Nouveau parti anticapitaliste de Besancenot. Ceux-là mêmes que l’on voit défiler avec leurs deux leaders dès qu’une manifestation d’islamistes bat le pavé parisien. Sous les drapeaux et les appels à la haine du Hezbollah ou du Hamas, ils semblaient vraiment partager nos valeurs pendant la guerre du Liban, à l’été 2006, ou l’offensive sur Gaza, en décembre 2008 !

  7. Réponse à baillergeau:
    Le programme nazi était construit,abominable et applicable:on s’en est aperçu!!!Celui du F.N.est populiste et incohérent, ce qui n’enlève rien à la capacité de nuisance du mouvement…

    • Ne soyons pas manichéen.
      Dans le programme d’Hitler, il y avait aussi la création d’autoroutes et, en 1938, de la « voiture du peuple », la Volkswagen!

  8. Retour sur le F.N.D’abord, son score ne progresse qu’en% àcause de l’abstention:donc,du calme!Ensuite,s’il obtient des élus,ce sera grâce aux voix U.M.P., ça en dira long sur la mentalité de cx-ci!! Enfin,le vote F.N.reste un vote de dépit(raciste), car tout le monde sait que le programme de la fille Le Pen grotesque et inapplicable n’est qu’un leurre!!!

    • Pas si sûr. Extrait du dernier billet de Mélanchon.
      « Comment analyser un résultat électoral ? D’abord en comparant les scores de chacun. Ce n’est pas un exercice évident figurez vous. Comment comparer le résultat d’un parti présent dans cent pour cent des circonscriptions et celui d’un autre présent dans la moitié d’entre elles. Il faut donc ramener chacun à un dénominateur commun. Bien sûr la capacité à être présent dans un nombre plus ou moins grand de circonscription est une indication très importante de la capacité de chacun à couvrir le terrain. Mais c’est là une appréciation qualitative. L’appréciation chiffrée demande d’autres outils. Ainsi faut-il, pour bien comprendre ce qui se passe et mesurer l’influence de chacun dans la société, rapporter chacun au nombre de cantons où il est effectivement présent. Quand on procède à cet exercice, les nouvelles sont pires, par exemple, s’agissant du Front National. Car il atteint alors 21 %. Ce qui, dans la vie concrète, comme il s’agit d’une moyenne, signifie que dans certaines localités le score est extraordinairement plus haut. Et là où le score est extraordinairement haut, c’est un fait politique d’une qualité tout à fait différente de celui que produit l’information selon laquelle « le Front national atteint 15 % ». On voit là comment qualité et quantité s’articulent pour l’esprit et le ressenti politique. »

      • Malheureusement, aujourd’hui, tout programme est « grotesque et inapplicable ».
        Y compris celui du PS qui se fracassera contre le mur du réel.

        Heureusement, tant que la démonstration n’en a pas été faite, on peut toujours rêver.

  9. « il ne faut pas qu’il y ait, dimanche prochain, un Conseiller général FN au Conseil général du Doubs. C’est une position nationale et de principe, je la revendique et l’applique. »
    Si la position du PS est qu’il faut voter UMP en cas de duel FN/UMP, c’est, à mon avis, transiger avec certaines thèses du FN. Comment un électeur de gauche pourrait glisser son bulletin de vote dans l’urne pour un candidat qui serait en accord avec cette droite que vous décrivez (avec justesse!) comme « dure, radicale, plus proche de la xénophobie que des traditions et des valeurs de la République française » ?
    Quand bien même, la reprise des thèses du FN ne serait QUE de la stratégie(et on sait que ce n’est pas complètement le cas), c’est faire un cadeau à cette droite. C’est laisser entendre que tout est permis pour racoler des électeurs, que la gauche est prête à courir aux urnes voter Sarko en 2012 dans le cas d’un éventuel nouveau 21 avril, et donc les conforter dans leur stratégie.

    • Petit exemple pour illustrer ce que j’ai écrit précédemment:
      « Dans le canton de Noailles (Oise), un duel oppose la FN, Florence Italiani (27,9 %) et l’UMP Jean-François Mancel (26,2 %). Les partis de gauche ayant appelé à un « front républicain » contre les candidats du Front national, Jean-François Mancel exclu du RPR en 1997 pour avoir négocié un rapprochement avec le FN et (bien évidemment!) réintégré à l’UMP en 2002 est donc quasiment assuré de l’emporter. Le radical de gauche Laurent Pagny, auquel il manque une centaine de voix pour se maintenir pour une triangulaire, ne s’y trompe pas: « Entre la peste et le choléra, je ne vais pas choisir », explique-t-il, « les voix qui se sont portées sur moi ne m’appartiennent pas. Et je ne vois pas la différence entre Mancel et le FN. Je n’appellerai pas à voter pour lui. »

  10. Cette ènième tentative, par le PS ou l’UMP, l’UMPS si l’on veut, de diaboliser une fois de plus le FN, avec le résultat que l’on sait, en tentant de « faire peur » avec lui (paradoxalement comme lui le ferait avec les étrangers!!! comme quoi la peur est humaine n’est-ce pas?)) et en appeler à un « front républicain » dérisoire de tartufferie, risque de s’avérer totalement contre-productif.
    C’est insulter les français, de plus en plus nombreux, de tous âges et de toutes conditions, qui ne sont pas des idiots comme vous avez une fâcheuse tendance à le penser, et qui, après mûre réflexion et sans doute en désespoir de cause, en sont venus à voter pour le FN qui, à leurs yeux, est le parti le plus à même, à tort ou à raison, d’apporter des solutions à leurs problèmes que vous, UMPS, vous ingéniez à nier depuis trop longtemps.
    Cela s’appelle la Démocratie. En avez vous peur?
    Avez-vous peur du peuple à ce point? Voulez vous en changer?
    Que chacun comprenne bien que Marine Le Pen, quadragénaire, est là pour longtemps. Qu’elle sera ministre un jour prochain et plus si affinités. C’est la logique des faits. Il faudra vous y faire.
    Et vous finirez peut-être même par l’aimer…

    • « et en appeler à un « front républicain »

      Personne n’appelle à un front républicain, en tout cas je n’ai pas entendu cela dans la bouche de ténors socialistes ou de ténors UMP contre la ligne officielle (faire barrage, voter contre, ça on l’entend oui.

      « C’est insulter les français, de plus en plus nombreux, de tous âges et de toutes conditions, qui ne sont pas des idiots comme vous avez une fâcheuse tendance à le penser, et qui, après mûre réflexion et sans doute en désespoir de cause, en sont venus à voter pour le FN qui, à leurs yeux, est le parti le plus à même, à tort ou à raison, d’apporter des solutions à leurs problèmes que vous, UMPS, vous ingéniez à nier depuis trop longtemps.
      Cela s’appelle la Démocratie. En avez vous peur? »

      Alors d’abord, il faut lire et écouter ce que disent les gens avant de dire des bétises grosses comme la haine véhiculée par ce parti :
      Je cite cet article de M. Moscovici que nous commentons présentement :

      « Je ne veux pas stigmatiser ici les électeurs du Front national – dans le pays de Montbéliard, je les connais, ils me font souvent confiance – ignorer le malaise de ces ouvriers, de ces hommes et femmes issus des couches populaires, qui se sentent déclassés et fragiles dans la mondialisation. Nous devons les écouter, et répondre à leurs attentes, par une économie plus forte et une société plus juste : la gauche de l’avenir doit être elle-même populaire et efficace. Mais le Parti socialiste ne peut transiger avec les thèses proposées par Jean-Marie et Marine Le Pen, il ne peut les banaliser ou les valider : mon combat contre la xénophobie et l’extrémisme est celui de toute une vie. »

      Voila, M. Moscovici n’ignore en rien le malaise d’une partie importante des électeurs FN, il dit bien qu’il faut les écouter, répondre à leurs attentes et leurs peurs du déclassement, du chomage, de la précarité, sans transiger avec les valeurs humanistes et républicaines de la gauche.
      Les racistes sont des gens qui se trompent de colère, disait, avec mansuétude, feu le président Senghor.
      Et j’ajoute que le racisme se nourrit de la désespérance sociale. De plus, M. Moscovici a déjà indiqué à plusieurs reprises que la gauche devait se garder de tout angélisme et de tout laxisme sur les questions de sécurité.

      Dernière chose :
      « Cela s’appelle la Démocratie. En avez vous peur? »
      M. Moscovici a bien indiqué que si des candidats FN sont élus, ils sont élus, pas de discussion.

      Après, mon avis personnel, oui c’est la démocratie, et ce n’est pas ça qui m’empêche d’avoir peur, très très peur même. Pour prendre l’exemple le plus frappant, un certain Adolphe Hitler est devenu chancelier allemand en 1933 de manière démocratique, le parti nazi ayant remporté les élections législatives, et le président allemand l’ayant nommé chancelier… et au passage, rappelons qu’un certain Jean-Marie Le Pen a commencé sa carrière en éditant des chants nazis.

        • Oui mais quand la perche est tendue… !
          Et puis quand on est « descendant de » vous savez, les points godwin, on ne les compte plus.

        • De plus, la référence étant juste, railler est pire qu’inconvenant. Qu’en déduire ?

          • Plutôt que l’infamie s’ajoute à la malice. Mais ça reste hypothétique. Mais avec ce genre de raisonnement on ne peut plus en parler, même quand la référence a lieu d’être. Ce qui est plus que dommageable

    • Ne vous en déplaise, nous avons le droit de combattre le FN et ses idées, nous avons le droit de dire ce que nous en pensons, nous avons le droit de dire que LePen fille n’est certes pas son père mais qu’en matière économique elle ne vaut pas tripette, que son statut de « fille de », apparatchik FN est en opposition avec le discours « près du peuple je suis comme vous », qu’elle est un pur produit de « l’établissement » comme disait papa.

      Quant au fond de la soupe FN, elle n’a pas changé : ostracisme, agitation des peurs et des fantasmes, rejet de l’autre, j’en passe et des meilleurs.

      Donc, tant que nous serons en démocratie, nous lutterons contre le FN, quelle que soit la tête d’affiche. C’est la logique des faits. Il faudra vous y faire, et vous finirez peut-être même par l’aimer…

      • Pour moi, le front républicain c’est la négation de la république.
        De deux choses l’une, soit le Front National est un parti anti-républicain, stricto sensu, soit il ne l’est pas.
        Soit il est légal, soit il est interdit.
        Si il est autorisé, alors les gens peuvent voter pour lui en leur âme et conscience sans qu’une pseudo autorité morale ne les en dissuade, si il est anti-républicain comme tant l’affirment, que ne l’interdit-on pas ?

        • kiko

          non non, un parti peut être à la fois parfaitement légal et être considéré comme anti-républicain. Prends l’exemple d’un parti monarchique/qui souhaite remplacer la république par une monarchie.
          Il n’y a pas incompatibilité.

          • Pas la peine d’aller chercher si loin quand il y en a un tout près de nous!
            Notre « cousin » du NPA tout simplement… avec un si gentil facteur à sa tête!
            Oups! j’aurais pas dû en parler?

      • Pour suivre Jonas et Bloggy Bag.
        Associer la « démocratie » au vote FN dans cette campagne des cantonales c’est en réalité offrir des bâtons pour se faire battre. L’affiche parle d’elle-même : C’est tout juste si le nom des candidats y apparaît. La participation du citoyen à l’avenir de la cité (collèges, action sociale, services, routes, choix économiques, dispositif de soutien à l’emploi …) ? Pas du tout. A la place : encouragement explicite ou implicite à toutes les formes de préjugés, embrigadement de l’impuissance et du malheur, négation de l’esprit critique, culte du chef (ailleurs,on dit le « guide ») et bien entendu bûcher sur la place publique : Tout y passe, y compris et surtout les idées, celles qui ont fait la force de notre pays quand il s’éclairait d’un seul mot : l’universel. Peur, donc ? Oui, certes, peur de cette imposture claironnée à tout va, qui fait de la régression une solution, du poison un baume, imposture qu’on voit exactement la même que celle dont on a connu ou connaît les sévices de Berlin à Madrid à Athènes à Tripoli et en tant d’autres lieux encore, hélas ! Peur d’abord, donc, de la dégénérescence de la démocratie, justement, quand on ose en son nom exploiter ceux qui, dans le rythme infernal où va ce monde, ont le dos au mur, et cela pour leur faire imaginer qu’ils ont une chance au grattage. Oui, les Le Pen, leurs milices et leurs sectateurs sont toujours là. Même sous le masque, leurs procédés grossiers n’ont pas changé, et pour cause : c’est leur marque de fabrique. Cela dit, on a vu, il est vrai, des lynchages tout à fait démocratiques au Texas. Quant aux moutons de Panurge, rien ne prouve qu’ils étaient étourdis. Cela leur faisait peut-être plaisir de se jeter à l’eau. Allez savoir.

  11. Il faut regarder froidement ces résultats.Les abstentions,déja, ont été accentuées par les propos des médias et du pouvoir.Notre score,par ailleurs,
    n’est pas pas terrible et nous ne gagnerons,sans doute,pas trop de départements!Les progrès du F.N.au détriment de l’U.M.P.se comprennent par le fait qu’entre les 2 électorats la différence est infime!!!Enfin, en cas de duel U.M.P./F.N., les leaders P.S.ne peuvent dire autre chose que ce qu’ils disent,quant aux électeurs de gauche…..

    • perso, en tant qu’électeur de gauche, je n’hésite pas une seconde, en cas de duel FN/UMP, je vote UMP. Pour moi, le FN est un parti à part qui représente tout ce que je déteste et ce qui me fait peur dans la nature humaine. Donc aucune hésitation.

  12. Copé a eu le culot de dire que PS et UMP n’avaient rien en commun. Je m’en souviendrai et, en cas de duel UMP-FN au second tour de la présidentielle, je ne voterai pas pour le candidat UMP. J’ai voté Chirac en 2002 avec une pince à linge sur le nez, même un masque à gaz ne me permettrait pas de voter Sarkozy.

  13. ne vous êtes vous pas remis en question sur le canton de montbéliard est ? Vous n’avez cessé de critiquer vos adversaires, vous avez abattu lionel manière, agressé ilker Ciftci, marie noelle biguinet,etc… n’avez vous pas compris que les gens en ont marre de vous, d’hélias, et toute la bande ? Quand on vous voit parler à la tv de votre ville, celle où soit disant vous résidez (alors que votre profil facebook marque paris) et que vous êtes venu 2 fois en 6 mois au conseil municipal sans assister à la totalité……..

  14. Bonsoir,

    Je viens de vous écouter sur RTL. MERCI !! J’ai voté UMP depuis des années, mais le « ni-ni » de M. Sarkozy me laisse knock out.

    Merci à vous et merci d’être clair.

    Je vous suivrai.

    Bien cordialement

    Elisabeth

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