5 réflexions au sujet de « Pierre Moscovici invité de C à dire »

  1. Le passage sur Marseille est affligeant malgré les efforts d »Axel de Tarlé. J’envisage de plus en plus de voter pour Arnaud Montebourg lors des primaires.

    A propos du vote de dimanche dernier, voici ce qu’on peut lire sur le site de 20minutes .fr :

    « MARSEILLE – Deux cantons perdus dès le premier tour, des scores en net recul par rapport à 2004, une claire menace du FN dans certains de ses bastions: le PS marseillais a, selon certains de ses ténors, incontestablement pâti de l’affaire Guérini.
    « Qui peut le nier ? » Patrick Mennucci, secrétaire national adjoint du PS et élu marseillais, est formel: le climat entourant le PS local ces derniers mois, encore alourdi par l’écho pris par le rapport d’Arnaud Montebourg sur la fédération, a clairement influencé le scrutin des cantonales et les scores de son parti.
    Pourtant, le président du Conseil général, Jean-Noël Guérini, dont le frère Alexandre est mis en examen et incarcéré depuis décembre dans le cadre de plusieurs enquêtes sur des malversations présumées sur des marchés publics de traitement des déchets, estime que « non, les affaires n’ont pas contribué à ces résultats ».
    Dans le canton du Camas (centre), Antoine Rouzaud, candidat PRG sur la liste Guérini et vice-président de la communauté urbaine en charge de la propreté, est éliminé dès le premier tour, avec 21,17% des voix derrière le FN (24,16%) et l’UMP (23,07%).
    A Notre-Dame-du-Mont, là encore dans le centre, le candidat de la liste Guérini, Jocelyn Zeitoun, disparaît lui aussi, avec 19,71% des suffrages, laissant face à face l’UMP (23,66%) et le FN (22,30%).
    Et dans tous les cantons marseillais, le PS recule. Par exemple aux Cinq Avenues, au-dessus de la Canebière, Marie-Arlette Carlotti, pourtant bien implantée, perd plus de quinze points par rapport à son score de 2004 (41,10% contre 25,19%).
    « Dans cette campagne, au lieu de parler politique, on nous a d’abord parlé de morale et d’éthique », remarquait dimanche l’élue socialiste, en colère.
    Et pour le deuxième tour, la situation est difficile dans de nombreux cantons où le PS se retrouve en tête à tête avec le FN, avec parfois beaucoup de retard à rattraper.
    Dans le canton de La Pomme (est), le vétéran René Olmeta, ancien candidat PS à la municipale et vice-président du Conseil général, accuse un retard de 10 points sur le candidat frontiste, après avoir perdu plus de 13 points par rapport à son résultat de 2004 (37,14% contre 23,82).
    A Saint-Just, Michel Pezet, autre poids lourd du parti, est lui aussi derrière le FN. « C’est quand même vrai que ce que nous vivons depuis quelques mois à Marseille sur les affaires n’était pas fait pour arranger le climat général », dit-il.
    M. Guérini « a tort de sous-estimer ce phénomène qui est réel: soit les gens sont restés chez eux, soit ils sont venus en se disant: ils commencent à nous fatiguer », ajoute-t-il.
    Selon un responsable socialiste local, le PS n’a réuni que son vieil électorat traditionnel, perdant les jeunes qui lui ont préféré les autres forces de gauche, notamment Europe Ecologie Les Verts (EELV) dont les candidats, comme Sébastien Barles, porte-parole d’EELV à Marseille (18,65% des voix), ont parfois dépassé les 15%.
    « Il y a des choses qu’il faudra remettre à plat, qu’il faut aborder de façon objective si l’on veut préparer les prochaines échéances dont la présidentielle, les législatives et les municipales », prévient M. Pezet, même si la priorité de la semaine est de « travailler pour essayer de résister à cette vague frontiste ».
    Pour Philippe San Marco, ex-député PS et président de Convention citoyenne, « face à une telle déroute, +l’homme fort+ du département, responsable de cet échec, doit démissionner ».
    Côté EELV, on avait dès le premier tour appelé les militants PS à se choisir un autre champion pour la présidence du Conseil général. A l’heure actuelle, aucune candidature alternative à celle de M. Guérini ne s’est déclarée. »

    • En effet, il faut reconnaître que ce passage n’est pas convaincant, c’est le moins qu’on puisse dire. Que cela fasse plaisir ou non, le cas de Marseille est loin d’être hors sujet, comme il en avait été du reste du cas «Montpellier », naguère, pour des raisons souvent proches. Mais depuis le temps qu’on admet comme acceptable, au gré des circonstances, la balkanisation du PS pour l’ériger en pierre de touche de la démocratie interne, on prend l’habitude de tout avaler, bien entendu sous la contrainte de l’intérêt général. A tort ou à raison ? Là est la question. Mais il est à craindre que l’opinion en quête de confiance à donner s’accommode mal de ces comportements … disons élastiques, quelque indulgente qu’elle soit à l’occasion pour la frivolité. En tout état de cause, s’agissant de Marseille, gageons que parmi les faiseurs de rois il y en aura peu pour s’émouvoir de l’état des lieux et de ce qu’il signifie. La présidence du Conseil général de la Corrèze, symbole proclamé des plus hautes destinées, paraît-il, est infiniment plus excitante, n’est-ce pas ?

    • Puisqu’on en est aux interrogations, il en est une autre, qui jaillit à la lumière d’un discours devenu presque unanime : « La France a bien joué dans cette affaire-là », dit P.Moscovici. L’affaire en question c’est évidemment la Lybie. A l’exception de celle des rédacteurs de Médiapart, on n’entend guère de voix pour souligner tout ce que cette entreprise à l’avenir hypothétique peut comporter d’ambigu. Certes, nous sommes tous à espérer de toutes nos forces que le peuple lybien soit enfin à même de prendre librement son destin en main. Nous pensons tous – serait-ce pour le coup l’heureux effet de la mondialisation ? – que tout homme opprimé est à lui seul l’humanité opprimée. C’est assurément le cas des familiers de ce bloc-notes, il ne peut pas en être autrement. Mais il apparaît à chacun que cette « solidarité » au sens le plus concret et physique du terme est en pratique singulièrement sélective, le cas lybien jouissant en fait d’une exceptionnelle attention. Or l’unanimisme a ceci de particulier qu’en rassurant il dispense l’esprit critique de tout effort. A vrai dire, dans cette circonstance, il n’y a pas grand effort à faire pour voir l’enjeu final – non dit bien sûr – de ce « jeu » dont parle P.Moscovici. Tout en espérant que l’opération lybienne ait l’issue en théorie prévue (pour autant qu’elle sache entendre les enseignements de l’Histoire, qui a son rythme propre, quoi qu’en pensent les va-t-en guerre improvisés), on ne peut que s’effarer de voir la propagande qui aujourd’hui voudrait nous engloutir. Le phénix va renaître de ses cendres. Levez la tête au ciel, braves gens, voyez ces rafales de traînées blanches qui sont autant de preuves de notre grandeur. Cessez de « pencher vers les pavés vos têtes appesanties ». Le feu d’artifice vous réjouira le cœur. Quelle différence y a-t-il entre le discours d’un Président déchu et celui d’un tyran en exercice ? Il y en a peu, l’un et l’autre ayant pour point commun de confondre peuple et populace, laquelle ne peut être que prompte à la vindicte, quelque imbécile que soit la désignation des coupables désignés. Certes la méthode est parfois moins voyante, jusqu’à tenir du subliminal. « Croisade » ? Rien d’autre que du langage commun. « Votez blanc » ? Pourquoi pas « Votez blancs » ? Allons, allons, n’y pensez pas à mal. De toute façon, c’est vous qui voyez, hein ?
      La fin justifie les moyens. Et que vive la République !

      • Incohérence, improvisation, appréciations imprécises, fuite en avant, arrière-pensées intérieures …
        Quand on se lance sans filet dans une telle action, la seule justification est de retomber sur ses pieds. Le succès final, en l’occurrence, serait que la Lybie récolte in fine un régime humain, les critiques, y compris justifiées, seraient balayées.
        Inch’Allah !

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