Cantonales: « pas de triomphalisme » au PS

AFP

Le député socialiste du Doubs Pierre Moscovici a vu aujourd’hui « un vote de crise politique » dans les cantonales, notamment avec la montée du FN et la forte abstention, et il a appelé le PS à « ne pas faire de triomphalisme » même s’il est « aujourd’hui en bonne posture pour 2012 ».

« Le vote d’hier est un vote de crise politique pour la France et on doit prendre ça avec sans doute la satisfaction d’avoir gagné les élections mais aussi avec un sentiment de responsabilité et presque un peu de gravité »,a déclaré M. Moscovici sur France Culture. « Il y a dans ce pays une digue républicaine qui a cédé. Nicolas Sarkozy en est sans doute responsable, notamment à cause de sa fameuse stratégie du ‘ni-ni’ (ni alliance avec le FN, ni front républicain contre lui) », a-t-il ajouté.

Selon lui, il y a « une porosité », « une espèce de mouvement de fuite de l’UMP vers le Front national » et « c’est le signe d’un profond malaise, un malaise démocratique, un malaise social ».

Face à cette situation, le Parti socialiste, « qui est aujourd’hui en bonne posture pour l’emporter en 2012, sans doute conforté » par son résultat aux cantonales, « ne doit pas faire de triomphalisme », a-t-il dit. « Pour réussir, nous devons avoir une offre politique qui ne soit pas simplement de l’antisarkozysme mais qui soit extrêmement convaincante et qui réponde à ces aspirations populaires déçues de Français qui se sont aussi abstenus, qui ont aussi choisi le Front national », a jugé M. Moscovici.

25 réflexions au sujet de « Cantonales: « pas de triomphalisme » au PS »

  1. Petite remarque sur un signe supplémentaire de cette infâme porosité : Copé s’est adressé avec vigueur aux électeurs qui avaient pu voter UMP et s’était tourné vers le FN… ceux qui s’étaient tournés vers la gauche ne semblait pas l’intéresser…

  2. D’accord, pas de triomphalisme mais halte aux pisse-froid et aux revanchards.
    Les cantonales représentent une campagne gagnée avec un bon score alors on sort la choucroute et les bières (ou les sardines et le blanc, c’est selon), et on prend le temps d’apprécier le moment.

    Quand aux arrières pensées, c’est un peu gonflant ! Oui la présidentielle se rapproche et oui les sondages confirment ce qu’ils disent depuis des mois, à savoir que certain(e)s ont échoué à renverser la vapeur, que d’autres peuvent se faire entendre mais que manifestement le vent de la victoire du PS souffle toujours dans le même sens.
    Il suffit presque d’être simplement sérieux et responsables pour que la gauche soit à l’Elysée en 2012. Alors si en plus on trouve quelques militants enthousiastes et heureux, on sera irrésistibles.
    Que les gens tristes se fassent une raison et n’empêchent pas la victoire.

    PS : qui sait si on a une chance d’être majoritaire au Sénat ?

    • C’est vrai qu’il semble aujourd’hui probable que le PS remporte la présidentielle, mais c’est toutefois loin d’être gagné. Peu importe à la rigueur, ça me semble secondaire.
      Moi, ce qui me pose vraiment problème, c’est pour quoi faire? Le PS n’a pas changé depuis 2008. Un certains nombre de problèmes passent encore et toujours à la trappe, comme l’immigration ou la démocratie – je sors l’ex des Bouches-du-Rhône/Nord? – et, quand il y a des réponses, elle s’inscrivent toujours dans le sillage de la politique menée sous Jospin. Au passage, Jospin aussi avait gagné un an avant l’élection…
      Je suis pas là pour casser quoi que ce soit ou qui que ce soit, mais je vois vraiment pas l’intérêt de se retrouver avec des conservateurs qui ne vont rien changer au pouvoir. Certes, on peut leur faire confiance pour être de bons gestionnaires…
      Par conséquent je pense que je voterai Joly, pour le personnage et le symbole. Peut-être même que je ferai sa campagne!

  3. Pour parler un peu de l’abstention, je crois qu’il faudrait vraiment se poser des questions sur le fonctionnement de la vie politique française au niveau local. Le président de ma région, Martin Malvy, est à ce poste depuis 1998. En d’autres termes, en 2014, cela fera seize ans à la tête de la région, et rien n’indique qu’il ne se représentera pas, puisqu’il vit encore… Le président du conseil général de mon département, Martin Malvy, fait encore mieux puisque voilà 23 ans qu’il le dirige.
    Alors, certes, tous deux ont été brillamment réélus, mais cela suffit-il à en déduire que tout va bien? Je ne crois pas. Comment peut-on, alors que tout le monde s’accorde à dire que le passage du mandat du président de la République de 7 à 5 ans et la limite du nombre de mandats à deux sont de bonnes choses, qu’il ne faut pas aller, au niveau local aussi, vers une limitation? Le rapport Attali le préconisait…

    • Fabien,

      Pour Martin Malvy, il se dit qu’il quitterait ses fonctions cet automne une fois élu sénateur.

      Pour Pierre Izard, le Président du Conseil Général, le problème c’est qu’aucun conseiller général n’a le courage de se présenter contre lui pour la présidence de l’assemblée départementale.

      • Il deviendrait sénateur à 75 ans? On se fout vraiment du monde…
        Et concernant Izard, ce que tu dis est sans doute vrai et c’est un problème. C’est pour ça que je pense qu’il faudrait limiter les mandats dans le temps, par exemple deux mandats pour un président de conseil général. Pour faire court je crois que c’est nécessaire si on veut faire avancer la politique, et je vois dans cette situation l’une des explications de l’abstention.

        • au-delà de l’âge et de la durée, je trouve que le principal problème d’une élection, réélection, réréélection, c’est les habitudes et le système de cour qui se mettent en place avec le temps.

          Quelle que soit la très bonne qualité d’une équipe, je trouve un peu malsain qu’une même équipe reste en place aussi longtemps. Je dis pas ça contre les gens, loin de là, mais c juste un penchant de la nature humaine : on s’installe, on s’entoure de gens proches et c’est le début d’un système qui avec le temps peut tourner un peu en cercle fermé.

          Le PS est vraiment confronté à ce problème je pense : dans toutes les collectivités, il y a un cercle très proche auprès des dirigeants locaux et on retrouve les mêmes absolument partout : vous allez dans une section du PS et vous retrouvez que des personnes élues ou directement impliquées dans une collectivité locale. Ca tourne un peu en boucle.

          Ca n’empêche pas une bonne gestion, mais ça donne vraiment l’impression d’un cercle fermé où chacun a qqch à gagner. On perd en objectivité.

        • Je pense qu’il faut introduire une règle de limite d’âge qui est que l’on doit démissionner dans l’année où l’on atteint la limite moyenne d’espérance de vie en France.

          Ne pas le faire fait prendre des risques à l’exercice du mandat électif, c’est donc contre l’intérêt général.

          Règle simple et de bon sens il me semble.

        • @ Fabien,

          Je suis moi même favorable à la parité, au mandat unique (strict), la limitation des mandats dans le temps, mais force est de constater, quelque soit le niveau d’abstention des élections, que ce ne sont pas des critères déterminants pour une majorité d’électeurs.

          Un des problèmes des élections locales, hors municipales(et encore), c’est que les électeurs connaissent mal les compétences et l’action des collectivités locales. Je m’en suis rendu compte en tractant sur les marchés ou en discutant avec les gens.

          L’élection du conseiller territorial en 2014 sera peut être l’occasion de réhabiliter la démocratie locale (même si il y a beaucoup à dire sur la question), ou en tout cas d’assurer une plus grande lisibilité.

          Autre argument qui ne plaide pas pour ton analyse, même si je suis plutôt d’accord avec toi, l’an dernier, une enquête avait révélé qu’une grande majorité de gens étaient incapable de citer le nom de leur président de région. Le résultat doit être pareil pour les Départements.

          @ Nicolas,

          Je suis d’accord avec toi… Mince ! ;-)

          • Le fait que les électeurs se déterminent – très souvent – en faveur des cumulards ne me semble en rien une preuve d’approbation du cumul des mandats – dans le temps et dans le nb, je mets tt ds le même sac – mais au contraire un élt qui tendrait plutôt à confirmer le fait que le cumul est un pb. Tt simplemt, il y a un moment où on a plus le choix! Quant au fait que bcp d’élécteurs soient incapables de citer le nom du pdt de région, je vois juste que ça montre à quel point les gens s’en foutent et, très honnêtement, c’est normal. Pour repartir sur l’exemple haut-garonnais, pourquoi aller voter puisqu’on sait qui va, invariablement, être élu?

    • Dans les 17 millions de voix, il y avait la mienne, et je ne votait pas par adhésion mais contre sarko, et j’étais loin d’être le seul à mon avis.
      Donc ne pas nous bassiner avec 17 millions de voix. Sarko en a fait 19 millions, il a beaucoup baissé depuis. Royal et Bayrou aussi…

  4. MOI ce soir, J’AI eu 53%.. @Copyright Aubry. La modestie ne l’a tuera pas! Vraiment Honte de ce ps.

    • @ marie
      On se calme.
      Sans doute est-ce ce sondage, qui donne Royal seule battue avec 17% par Sarkozy 21%, qui te met de si mauvaise humeur. Il y a en effet de quoi se poser des questions.

      Selon un sondage Ipsos pour France Télévisions, Marine Le Pen (FN) se qualifierait pour le second tour de la présidentielle dans tous les cas de figure et éliminerait Nicolas Sarkozy si le candidat socialiste était Dominique Strauss-Kahn, Martine Aubry ou François Hollande.
      D’après cette enquête publiée dimanche 27 mars au soir, la présidente du Front national arrive même en tête, avec 22 %, si Ségolène Royal est la candidate du PS. C’est d’ailleurs le seul cas de figure où M. Sarkozy parvient à franchir le premier tour, avec 21 % contre 17 % à Mme Royal. Le pire scénario pour le chef de l’Etat est celui d’une candidature de DSK : à la question « Si vous aviez au premier tour le choix entre les candidats suivants? », il ne recueille que 17 % contre 21 % pour Mme Le Pen et 34 % pour le directeur général du FMI.
      En cas de candidature de Martine Aubry, Nicolas Sarkozy atteint 20 %, mais reste derrière la présidente du FN (22 %) et la première secrétaire du PS (25 %). Si François Hollande représente les socialistes, il devance avec 23% d’une courte tête Marine Le Pen (22 %) et M. Sarkozy (21 %).

      • Effectivement de quoi se poser des questions ? le seul dpt qui passe de gauche à droite est celui de DSK, avec une fédé strausskiste pur sucre dans les hommes et les méthodes !

        et on a vu leurs capacités maintes fois démontrées dans le passé ( et qui se démontrera encore dans les primaires ) à se ramasser des gamelles lors des élections. C’est sûr que de se faire élire par des citoyens en chair et en os est moins facile que de truquer un résultat avec un logiciel comme lors de la nuit de Reims !

        On comprends toujours dés lors, la volonté de supprimer les primaires, pour passer par la case désignation magouilleuse !

        Pas de chance, les primaires auront lieu ! et il y aura une réelle campagne de primaire, projet contre projet, candidat contre et c’est celle qui aura su mobiliser les citoyens en sa faveur qui gagnera !

        On va bien s’amuser !

      • Quand M. Moscovici parlait de gravité…
        Que l’excellent score de DSK dans ce sondage n’entraine pas au PS une réaction du genre : « Bon ben c’est bon, avec DSK on l’emporte, reposons nous sur nos lauriers ». Cette réaction serait une catastrophe…

        D’autre part puisque François Hollande veut se présenter aux primaires, j’espère qu’il favorisera des primaires dignes et responsables.
        Si ça se transforme en foire d’empoigne avec petites phrases en cascades… ce serait une catastrophe également.
        Et comme vous l’avez dit hier sur i-télé, M. Moscovici, la défaite est interdite. Quitte à être pompeux et grandiloquent, je déclinerais cela ainsi : La victoire ou la ruine (du PS et de la France). D’autant plus que le ventre est fécond ces temps-ci…

        • Espérons que F.Hollande, qui ne considérait pas « utile » (sic) la candidature de L.Jospin à la primaire de 2006, saura démontrer que la sienne est devenue aujourd’hui vraiment utile. A qui ? Là est la question. Cela suppose en tout cas qu’il n’ait pas oublié hier de mettre sa montre à l’heure. On peut se le demander aussi.

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