« Les critiques de la droite sur le projet du PS étaient stéréotypées » – Le Post

Attaque de l’UMP contre la primaire et contre le projet du PS, rapport de forces entre Martine Aubry et Dominique Strauss-Kahn…

Sur Le Post, le député strauss-kahnien renvoie dans les cordes Jean-François Copé, qu’il accuse d’avoir voulu « faire diversion » en remettant en cause la légalité du scrutin interne des socialistes pour désigner leur candidat à la présidentielle. Et il assure que « Martine Aubry n’est pas dans une stratégie d’empêchement » vis à vis de DSK.

Mercredi, le président du Sénat a annoncé que la Commission des Lois du Sénat allait vérifier la légalité de la primaire PS, après que Jean-François Copé a lancé des accusations contre les modalités de votre scrutin interne. Jeudi, cette commission et le Conseil constitutionnel se disent tous deux incompétents pour en juger. Qu’en pensez-vous ?

« C’est du grand n’importe quoi. Dès le départ, cette attaque de Copé m’a parue saugrenue. Comme cela intervenait au lendemain de la convention sur la laïcité, il a peut-être voulu faire oublier le fiasco de son débat et ouvrir un autre front. »

« C’est une diversion grossière qui fait un flop pour deux raisons : la Commission des Lois du Sénat et le Conseil constitutionnel sont incompétents pour juger de la légalité de la primaire. Et d’autre part, le PS s’est entouré de toutes les garanties juridiques nécessaires en consultant la Commission nationale informatique et libertés (Cnil), la Commission nationale des comptes de campagne et de financement des partis politiques (CNCCFP), le Conseil constitutionnel et le ministère de l’Intérieur, qui a autorisé la constitution du fichier électoral. »

« Copé a voulu faire coup double : faire diversion et jeter le doute sur notre processus interne. Mais avec la réaction de la Commission des Lois du Sénat, c’est un juste retour à l’envoyeur. Et l’attaque de Copé produit l’effet inverse, cela crédibilise notre projet. »

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La richesse de la diversité dans l’unité de la République

Intervention de Pierre Moscovici à la convention nationale de la LICRA
2 avril 2011

Tout le monde ici s’accordera pour reconnaître un droit à l’expression de « la diversité », dans un cadre unitaire de valeurs communes. Personne à cette table ne renierait la phrase de Fernand Braudel «La France se nomme diversité» (in L’Identité de la France). Mais une fois qu’on a posé en préalable cette pétition de principe, on a pas dit grand chose… et à dire vrai le sujet de la présente table ronde est assez périlleux si on regarde ce qui se cache derrière les bonne intentions et les grandes phrases, si on cherche à en tirer des conséquences politiques.

Périlleux par l’inconsistance effective de ce que signifie « la diversité » : ce n’est rien en soi, la diversité, le singulier du terme apparaît même comme une contradiction avec ce qu’il est censé incarner. Au mieux, la notion se décline comme qualificatif. Chacun d’entre nous a des appartenances diverses, des identités diverses, des conditions diverses. Chacun d’entre nous aussi est traversé d’attaches diverses, de sentiments parfois contradictoires, d’inscriptions sociales multiples. On est tout à la fois un père et un travailleur, une mère et la fille de ses parents. Je suis, moi, fils de parents nés Roumains, d’une communiste et d’un écologiste, je suis un Européen, socialiste, je suis député du Doubs bien qu’ayant grandi à Paris etc…

Bref, la diversité n’est rien parce qu’elle est tout, parce que personne ni aucune réalité n’est univoque, et c’est bien heureux ainsi. La diversité, avant d’être une chose qu’on devrait rechercher ou apprendre à tolérer est d’abord une réalité première, têtue, nécessaire, sur laquelle tout le reste se construit.

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Et la santé ?

La santé publique en France est une question qui se pose avec de plus en plus d’acuité.

Chaque semaine, de nombreuses personnes viennent à ma permanence, souvent en sortant de la pharmacie en brandissant la facture qu’elles ne peuvent plus payer. Chaque semaine, des courriers dénonçant des dysfonctionnements inacceptables de l’hôpital public me parviennent. La précarité vécue par une partie croissante de la population se développe à tous les niveaux.

Le gouvernement avec ses objectifs de restriction budgétaire n’a épargné aucun champ médical: les augmentations des franchises médicales, les déremboursements de médicaments, le seuil forfaitaire hospitalier réévalué à 120 €, la réduction des remboursements des frais de transports, la baisse de la prise en charge des dispositifs médicaux et la hausse des tarifs de consultation des médecins et les dépassements d’honoraires… La liste est longue obligeant ainsi un nombre sans cesse croissant de Français à renoncer aux soins ou alors à les retarder.

La solidarité inscrite à l’origine au cœur du système français de protection sociale n’a aujourd’hui plus de signification.

Alors que la qualité de l’accès aux soins est l’une des inquiétudes majeures des Français, force est de constater que la politique menée en matière de santé ne fait que creuser les inégalités. Pas de problème pour ceux qui pourront payer des mutuelles complémentaires, pour les autres qu’adviendra-t-il ? Les personnes modestes préfèrent y renoncer alors que ces mutuelles sont devenues indispensables en raison du désengagement de l’État. Pourtant, longtemps, notre système de santé a figuré comme l’un des plus performants au monde. Entamé par les réformes successives du gouvernement, le danger qu’il ne subsiste qu’une coquille vide pour une majorité de citoyens, est grand.

La loi HPST (juillet 2009) a notamment modifié le paysage administratif dans le domaine de la santé. Les DRASS, DDASS, ARH, CRS et URCAM ont pour l’essentiel été fusionnées pour créer les agences régionales de santé (ARS). Le mérite des ARS, qui avait fait consensus à droite comme à gauche, était de vouloir rapprocher la médecine de ville de la médecine hospitalière, traditionnellement cloisonnées en France. L’ARS devait être un outil efficace au service d’une politique de santé avec comme principal objectif de garantir l’accès aux soins pour nos concitoyens.

Les objectifs et l’organisation laissent cependant apparaître des divergences. La méthode de mise en place des ARS et les organisations retenues posent question en termes d’efficacité, d’équité en santé publique et suscitent non seulement un fort mécontentement chez les fonctionnaires des administrations concernées mais aussi de justes inquiétudes quant à la qualité des soins qui seront apportés à la population. En effet, comment garantir une équité de traitement sur tout le territoire quand 26 Agences Régionales avec 26 organisations différentes ont été installées ? Dans les faits, l’organisation retenue est liée pour l’essentiel à la personnalité du Directeur Général. Pour atteindre les objectifs fixés par la révision général des politiques publiques (RGPP), les fonctionnaires peuvent se trouver affectés à des missions qui ne sont pas de leurs compétences et ce, pour pallier à la diminution des effectifs. Je prends un exemple pour illustrer l’aberration de cette politique comment en effet assurer la sécurité sanitaire si demain n’importe quel fonctionnaire peut devenir inspecteur de pharmacie.

Que peut-on dire du bilan de ces réformes ? L’assurance maladie restera toujours déficitaire, à  moins de 11.6 milliards d’euros en 2011.

Ces mesures ne feront que contenir le déficit de la branche maladie de la Sécurité Sociale et non le réduire. Le sacrifice consenti par nos concitoyens est trop important pour le résultat obtenu.

Revenons-en à la quatrième circonscription du Doubs ! Les problématiques de santé se posent aussi avec beaucoup d’insistance. En effet, un futur hôpital médian, le territoire de santé du Nord Franche-Comté, la clinique des Portes du Jura, la cancérologie, sont autant de dossiers qui nécessitent une attention particulière.

Je ne l’ai jamais caché, je suis favorable à un hôpital commun à Belfort et Montbéliard, un nouvel hôpital qui offrira un haut niveau de qualité des soins.

Investir dans la réhabilitation de l’hôpital de Montbéliard serait à mon avis trop coûteux. Parallèlement à Montbéliard, la clinique des Portes du Jura doit être confortée afin d’offrir un relais proche aux habitants de la circonscription.

En ce qui concerne, la réorganisation du service de cancérologie, j’ai attiré l’attention de Madame Mansion, directrice de l’ARS sur les plaintes des patients qui estiment ne pas avoir été suffisamment pris en charge en particulier sur le plan humain. La dimension sociale de la prise en charge des malades n’est pas à négliger puisqu’il doit entrer complètement dans le protocole de soin. Par ailleurs, le réseau constitué avec Besançon doit reposer effectivement sur une allocation de moyens juste et équitable entre les deux pôles francs-comtois au bénéfice des patients.

Si les relations avec le CHU de Besançon tendent à s’étoffer, il est cohérent de définir un périmètre de proximité afin déterminer finement les besoins en offre de soins et en équipements de santé.

Ce territoire de santé recouvre l’aire d’influence du Centre Hospitalier de Belfort Montbéliard et de son futur site médian. J’ai signé un courrier avec Jean-Pierre Chevènement, Jean-Michel Vuillaumé, Martial Bourquin, Jean-Pierre Michel, Yves Ackermann, Etienne Butzbach, et Christian Rayot pour demander à Mme Mansion une réunion de concertation afin que l’ancien territoire de santé, correspondant aux contours de l’Aire Urbaine Belfort-Montbéliard-Héricourt soit rétabli.

La santé est un vaste dossier, important pour un territoire et pour la population qui y vit. Pour conclure, vous trouverez également en pièce jointe quelques-unes des questions écrites que j’ai posées au gouvernement. La santé reste au cœur de mes préoccupations. Vous êtes nombreux à manifester votre mécontentement envers une politique qui accroît la charge des citoyens tout en réduisant l’offre de soins. Sachez que je reste mobilisé pour défendre le droit élémentaire de tout citoyen français à pouvoir se soigner.

http://questions.assemblee-nationale.fr/q13/13-103589QE.htm

http://questions.assemblee-nationale.fr/q13/13-103588QE.htm

http://questions.assemblee-nationale.fr/q13/13-97361QE.htm

Un socle commun

Le projet des socialistes a été adopté ce matin par le Bureau national. Le contenu en a été, d’ores et déjà, analysé par la presse, le texte va être en ligne sur le site du parti, je ne vais donc pas en commenter le contenu, mais insister plutôt sur l’esprit des travaux, la logique de la démarche, son sens pour la période qui vient, afin de vous expliquer pourquoi j’ai voté et voterai ce texte.

Ce projet de changement est l’aboutissement du travail entrepris depuis deux ans par le Parti socialiste. Martine Aubry et sa direction ont repris à leur compte le processus que nous avions expérimenté avec Lionel Jospin entre 1995 et 1997 – j’étais alors le secrétaire national aux études du PS et l' »architecte » de cette élaboration. Trois Conventions nationales se sont tenues depuis un an ; la première sur le « nouveau modèle de développement », que j’ai animée, la deuxième sur la politique étrangère et européenne, confiée à Laurent Fabius, la dernière, sur l’égalité réelle, sous l’impulsion de Benoit Hamon. De nombreux forums – sur l’agriculture, la justice, la sécurité, les institutions… – ont été organisés. Le « Laboratoire des Idées » de Christian Paul a consulté think-tanks et intellectuels. Tout ceci a débouché sur des textes, certes de qualité inégale, n’ayant pas tous opéré les choix nécessaires, mais dont le mérite a été de garnir la « boite à outils » – ou plutôt à idées – du Parti socialiste.

l’exercice a été accompagné d’une volonté de crédibilité

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Contraste

Une semaine après leur conclusion, les élections cantonales des 20 et 27 mars n’ont pas épuisé leur effet, l’onde de choc qu’elles ont provoquée se prolonge, de façon contrastée selon que l’on regarde la droite ou le Parti socialiste.

La majorité est durement touchée et ne parvient pas à le cacher

La crise de la droite s’approfondit sans cesse, la majorité semble devenue une machine un peu folle. L’UMP aurait pu feindre et banaliser ce scrutin, boudé par plus de 50 % du corps électoral, et dans lequel elle a, un peu artificiellement, évité la déroute annoncée. Elle aurait pu souligner la stabilité de la représentation départementale – elle n’a perdu que deux présidences en France métropolitaine, les Pyrénées Atlantiques et le Jura, et conquis le Val d’Oise – ou bien resserrer les rangs. En réalité, elle est durement touchée et ne parvient pas à le cacher. Parce que son déclin en voix et en pourcentage est spectaculaire, parce que le rejet du Président – attesté par son recul dans les Hauts-de-Seine – est énorme, parce que sa stratégie du « ni-ni », sa tentation désormais ouverte de créer un grand bloc conservateur sans adversaire à droite rebutent l’opinion et désorientent ses troupes. C’est pourquoi la semaine écoulée n’a été, pour le camp du pouvoir, qu’amertume et fébrilité – et rien n’indique que cette tendance doive cesser dans les temps qui viennent.

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