
Comme je l’ai dit dimanche lors du « Grand Jury » RTL/LCI/Le Figaro, j’avance dans ma réflexion sur les primaires et sur une éventuelle candidature de ma part. Je veux ici vous livrer les analyses, complexes, au milieu desquelles je forge ma décision.
Désormais, chacun se trouve face à son destin, avec ses forces et ses faiblesses. Il n’y a plus de candidat(e) naturel(le), mais des offres politiques – vision, stratégie, gouvernance, incarnation – à construire.
C’est d’abord, une question de situation. Le retrait forcé de Dominique Strauss-Kahn, qui se bat désormais pour prouver son innocence mais ne peut plus, ne doit plus être considéré pour l’heure comme un acteur de la vie politique, modifie la donne de fond en comble. Chacun voit, avec le recul, à quel point sa candidature – dont j’avais comme d’autres, après nos derniers échanges, la quasi-certitude – eût été une évidence, ou presque. Toutes les autres personnalités socialistes se positionnaient en effet par rapport à lui, pour le soutenir, le défier afin de prendre date, ou peser pour jouer un rôle. Désormais, chacun se trouve face à son destin, avec ses forces et ses faiblesses. Il n’y a plus de candidat(e) naturel(le), mais des offres politiques – vision, stratégie, gouvernance, incarnation – à construire. Les primaires, du coup, deviennent réellement ouvertes : ma génération, à commencer par moi, ne peut s’en désintéresser.
Cette conception du socialisme n’a pas disparu avec les récents événements qui ont mis Dominique Strauss-Kahn hors du jeu politique : elle doit être présente dans le débat des primaires, je veux la défendre parce que je la crois indispensable au succès et à la réussite de la gauche après
C’est ensuite et avant tout une affaire de conviction. Mon soutien à la candidature de Dominique Strauss-Kahn n’était pas au premier chef affectif – même si l’amitié et la confiance y jouaient un rôle évident. Je souhaitais son entrée en lice parce qu’il me semblait pouvoir apporter des solutions aux problèmes économiques et sociaux du pays, et parce que je partage avec lui une certaine conception du socialisme, défini comme un réformisme radical. Ensemble, nous avons milité pour un socialisme de l’émancipation qui combat les inégalités à la racine, qui met l’accent sur l’éducation et sur la politique de la ville, vitale pour retrouver l’écoute des milieux populaires que, pour ma part, je n’accepte pas d’abandonner. Ensemble, nous avons prôné un socialisme de la production, qui veut, avant de redistribuer, muscler l’appareil productif, doper l’investissement et l’innovation, miser sur le passage à une social-écologie engagée. Ensemble, nous avons défendu un socialisme de la régulation, internationaliste multinationaliste et européen, qui, loin de croire en une quelconque « démondialisation », veut doter la planète et l’Union européenne de règles permettant de contenir les dérives du capitalisme financier. Cette conception du socialisme n’a pas disparu avec les récents évènements qui ont mis Dominique Strauss-Kahn hors du jeu politique : elle doit être présente dans le débat des primaires, je veux la défendre parce que je la crois indispensable au succès et à la réussite de la gauche après 2012.
les « strauss-kahniens », qui sont à la fois cohérents et divers, ne doivent pas selon moi sauter d’emblée sur un nouveau cheval, en fonction de telle ou telle sympathie



Invité ce matin de France Info, Pierre Moscovici a exprimé son soulagement après l’annonce de la prochaine libération de l’ancien patron du FMI. Mais à propos de la présidentielle, il demande un « calendrier de décence ».
