Vous le savez, mon choix est fait : je ne serai pas candidat aux primaires, et je soutiendrai la candidature de François Hollande. Ce ne fut pas une décision facile – j’ai utilisé ici l’adjectif « cornélien », et c’était le bon. Elle décevra certains d’entre vous qui auraient souhaité que je me lance, voire que je m’engage auprès d’un(e) autre prétendant(e), j’en suis conscient. Mais je suis convaincu qu’elle est à la fois la plus sage et la plus efficace, et vous demande de la respecter. En attendant, je veux vous en expliquer les ressorts.
C’est donc aussi un choix collectif. Je ne voulais pas d’un « ralliement » individuel de plus – je déteste ce mot, qui sonne comme une forme de renoncement à soi, j’entends conserver ma liberté de pensée, de parole, de ton. Au contraire, je souhaitais que ceux qui travaillent avec moi partagent, nombreux, cet engagement.
Ce choix survient au terme d’un processus long et transparent, suivi avec méthode. C’est ce choix mûri et réfléchi. J’ai, bien sûr, pensé aux conditions d’une candidature de ma part, en pesant ses forces et ses faiblesses, ses avantages et ses inconvénients. J’ai aussi mené un dialogue constructif avec Martine Aubry et avec Ségolène Royal, avec François Hollande bien sûr, sur la base du texte « l’audace d’innover ». Et j’ai beaucoup écouté, consulté, échangé avec mes amis, avec beaucoup d’autres. C’est donc aussi un choix collectif. Je ne voulais pas d’un « ralliement » individuel de plus – je déteste ce mot, qui sonne comme une forme de renoncement à soi, j’entends conserver ma liberté de pensée, de parole, de ton. Au contraire, je souhaitais que ceux qui travaillent avec moi partagent, nombreux, cet engagement. Ce sera le cas : des milliers de militants et de sympathisants, des centaines d’élus et de responsables se joindront à ma voix dans les prochains jours.
Surtout, c’est un choix de responsabilité, un choix stratégique. Évidemment, j’aurais souhaité, après le retrait de Dominique Strauss-Kahn, être candidat aux primaires : j’en avais, j’en suis persuadé, la capacité. Mais je me suis posé une question à mes yeux incontournable : comment puis-je être le plus utile à mes idées – celles du réformisme et de la social-démocratie, à la victoire de la gauche et surtout à mon pays ? En cheminant, j’ai été amené à constater que, si l’espace pour ces idées était et demeure considérable, l’espace politique pour une candidature l’était moins. Je ne voulais pas d’une candidature « de plus », d’une « petite » candidature, d’un tour de piste pour préparer 2017, mais bel et bien contribuer à la victoire en 2012 – la défaite, je le rappelle, nous est toujours interdite. C’est pourquoi j’ai finalement pris une autre direction.
Oui, c’est bien une nouvelle alliance réformiste que nous construisons ensemble, et qu’il aura la responsabilité d’incarner dans les primaires puis, j’espère, face à Nicolas Sarkozy.



