Nous nous engageons avec François Hollande

Texte proposé par Pierre Moscovici et une première liste de signataires

Pour signer le texte, envoyez un mail avec vos nom et prénom à pmoscovici(at)assemblee-nationale.fr

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Le 9 juin dernier, plusieurs d’entre nous ont signé ensemble un texte, « L’audace d’innover », pour revendiquer notre identité social-démocrate et réaffirmer les principes qui, pour nous, devaient constituer les priorités du projet socialiste pour 2012. D’autres nous rejoignent aujourd’hui. Sur la base de ce texte, nous avons évoqué la possibilité d’une candidature issue de nos rangs et échangé avec les différents candidats à l’investiture socialiste pour déterminer quelle était la meilleure solution pour que ces idées, inspirées par le projet réformiste que nous avions défendu autour de Dominique Strauss-Kahn, s’expriment au mieux dans les primaires.

Ce dialogue approfondi a été mené avec tous, dans le meilleur esprit. La fidélité à nos idées, le souci de la cohérence mais aussi la volonté de ne pas diviser notre parti nous conduisent à penser que c’est aux côtés de François Hollande que nous porterons le plus efficacement cette voix réformiste. Nous nous réjouissons que l’horizon judiciaire de Dominique Strauss-Kahn s’éclaire heureusement ; le temps politique pourra ensuite s’ouvrir à nouveau pour lui. Nous poursuivons notre combat ici et maintenant : nos choix demeurent. Avec François Hollande, nous assumons de vouloir dessiner une vision économique et sociale de gauche dans la mondialisation et refusons la tentation de la démagogie : l’autarcie ou le protectionnisme ne feront que dégrader le niveau de vie en France et pénaliser nos entreprises, très dépendantes de l’international. Dans la campagne, nous porterons cette volonté d’incarner devant les Français la responsabilité et l’expérience économique.

Nous devons pour cela créer les conditions d’une nouvelle croissance. Avant de pouvoir plus justement redistribuer la richesse créée, il faudra d’abord produire, plus et mieux. Il s’agit de créer des emplois dans les PME et les grandes entreprises, de financer l’innovation dans les régions françaises, de développer de nouvelles industries dans le secteur public et privé, de retrouver une capacité d’exportation, de diminuer nos importations d’énergie, bref, d’être efficaces pour redresser la France et la remettre au premier plan.

Nous partageons également un diagnostic commun sur l’état de la société française et de la sphère publique. Dans le contexte d’une économie nationale stagnante, la forte croissance des inégalités et le besoin de justice rendent l’idée d’une réforme fiscale d’ampleur plus nécessaire que jamais. C’est pourquoi nous défendrons ensemble la création d’un impôt unique et individuel remplaçant l’impôt sur le revenu et la CSG, prélevé à la source, pour plus de justice, de simplicité et d’efficacité. Face à la crise de la dette qui frappe plusieurs pays européens, un discours de vérité est nécessaire, tant les Français ont été trompés et déçus par les promesses exagérées de Nicolas Sarkozy et son « tout devient possible » : il nous faudra remettre de l’ordre dans les finances publiques françaises, fortement dégradées par dix ans d’exercice du pouvoir par la droite. Tout en réinvestissant dans les leviers d’avenir – jeunesse, innovation, industrie… – nous devrons consacrer une attention extraordinaire à l’efficacité de cette dépense, notamment en généralisant l’évaluation de nos politiques publiques.

Cette exigence doit nous conduire à une réflexion volontariste sur la nature et le périmètre de nos politiques sociales. Le déficit de la sécurité sociale doit certes être combattu, mais cet effort ne saurait se traduire par la régression des droits ou de l’accès au soin des plus démunis. Il doit justement se répartir et mettre à contribution les revenus du capital afin que le travail ne soit pas le seul à supporter le coût de la solidarité. Il exige de nous un effort d’innovation vers plus d’efficacité sociale, pour développer la prévention ou encore mieux prendre en compte la réalité des situations individuelles.

Cette vision économique et sociale ne se conçoit pas sans l’Europe. A l’heure où la situation financière de la Grèce alimente les peurs et les fantasmes autour de l’avenir de l’Union et de l’euro, nous réaffirmons notre confiance et notre ambition européenne. Nous croyons possible de faire du couple franco-allemand le levier d’une autre Europe. Encore faut-il que les deux pays renouent une relation gravement mise à mal par Nicolas Sarkozy. Nous voulons montrer qu’avec une autre couleur politique et un effort de démocratisation, une autre Europe est possible, avec l’euro pour monnaie : encadrer la spéculation financière, limiter les rémunérations excessives, faire participer les salariés à la gouvernance de leur entreprise… Au-delà de l’économie, nous avons en commun avec François Hollande une vision politique et démocratique de l’Europe, qui dépasse les cadres historiques et religieux. Le printemps des révolutions arabes doit nous conduire à nous interroger sur ce qui fait la chair de l’idéal européen, nous inciter à penser ce projet politique à long terme avec le pourtour méditerranéen.

Nous nous ferons enfin les porte-voix de l’urgence écologique, qui constitue depuis plusieurs années un des piliers de notre réflexion. Au-delà de la priorité donnée aux énergies renouvelables et à la nécessaire éco-modulation de la TVA, le drame de Fukushima nous invite également à faire, dans les années qui viennent, les efforts nécessaires pour préparer une alternative au tout-nucléaire. Nous voulons, sur ce sujet, incarner une voie volontariste et responsable. Nous veillerons à ce que cette vision s’inscrive dans une stratégie industrielle : cela implique de négocier avec nos partenaires européens la création d’un consortium européen, sur le modèle d’Airbus/EADS, pour produire à grande échelle sur le continent les éoliennes, panneaux solaires et autres sources d’énergie renouvelables qui pourront prendre à terme le relais du nucléaire.

Notre choix est un choix d’adhésion. Nous prendrons toute notre place dans la campagne de François Hollande, en lui apportant toute la force de nos convictions social-démocrates et réformistes : notre sensibilité ne se dissout pas, elle continuera à vivre, elle jouera un rôle central dans les mois et les années à venir. Nous sommes persuadés que nos idées trouveront toute leur place dans l’alliance nouvelle qui se constitue aujourd’hui. C’est pourquoi nous nous engageons dans ces primaires avec la volonté de respecter chacun et de tourner notre expression vers les Français, en poursuivant le travail d’opposition et de proposition que les citoyens qui souhaitent l’alternance attendent de nous. Pour gagner en 2012, un rassemblement de l’ensemble des socialistes sera nécessaire dès le lendemain des primaires. Nous ferons tout pour que celui-ci puisse se faire dans le meilleur esprit possible.

« François Hollande a changé » – Le Parisien

Interview de Pierre Moscovici dans Le Parisien – « L’invité du dimanche » du 10 juillet 2011

Ami personnel de DSK, dont il poussait la candidature, Pierre Moscovici soutient désormais François Hollande, dont il est le « coordinateur » pour les primaires PS.


Dominique Strauss-Kahn pourrait-il, s’il était blanchi, revenir en politique?
PIERRE MOSCOVICI.
Je ne fais pas de conjecture politique. J’ai ressenti cette période en ami. Blanchi, il pourra revenir en politique, s’il le souhaite. Mais le voudra-t-il? On ne traverse pas sans blessure une telle épreuve.

Avez-vous parlé avec DSK depuis la plainte déposée en France par Tristane Banon?
Non. Je n’arrive pas à trouver cette affaire convaincante ni fortuite. Les faits allégués seraient survenus il y a huit ans. Cette jeune femme avait déclaré qu’elle ne porterait pas plainte tant que Strauss-Kahn serait sur le sol américain et voilà qu’elle se décide à le faire au lendemain de la nouvelle heureuse d’une possible fin de la procédure. Il y a plainte, il faut laisser la justice suivre son cours. Mais cette affaire m’apparaît à certains égards mystérieuse et malintentionnée.

François Hollande est également mis en cause?…
Cela n’est également ni fortuit, ni convaincant. Je vois là une sorte de billard dont on ne peut pas mesurer le nombre de bandes.

Pour en venir aux primaires PS, pourquoi avez-vous choisi de soutenir François Hollande?
J’ai fait un choix de cohérence et de confiance. J’ai choisi Hollande en raison d’une convergence réformiste évidente. Nous pensons par exemple tous les deux que l’Europe doit être au cœur de toutes les politiques publiques. Avec lui, nous pouvons rénover les idées, les pratiques, les visages du PS.

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Pierre Moscovici invité du chat du Monde.fr

Ce Chat est à retrouver sur le site du Monde.fr

Invité d’un chat sur LeMonde.fr ce lundi, le député du Doubs affirme qu’il compte bien s’engager dans cette campagne des primaires au premier rang.


Voici l’intégralité du débat avec Pierre Moscovici, député PS proche de Dominique Strauss-Kahn, lundi 4 juillet 2011.

Pierre : On entend maintenant plus fortement parler de « complot » dans cette affaire. Quel est votre avis ?

Pierre Moscovici : Je n’ai jamais été partisan des thèses du complot. En l’occurrence, je parlerais plus volontiers d’un piège. Mais l’enquête, après l’issue judiciaire, fera le clair sur les circonstances de ce quiproquo invraisemblable.

Tom : Quelle différence entre un piège et un complot ?

Pierre Moscovici : Un complot suppose toute une machinerie. En l’occurrence, les choses peuvent avoir obéi à un engrenage un peu plus fortuit.

Wilfried : Tristane Banon a annoncé qu’elle porterait plainte contre DSK. Vous en pensez quoi ?

Pierre Moscovici : No comment.

Gibert : Ne craignez-vous pas que d’autres affaires DSK éclatent en France, en cas de retour sur le sol national de l’ex-patron du FMI ?

Pierre Moscovici : Décidément, la fiction est à l’ordre du jour. Ce que je sais, c’est que Dominique Strauss-Kahn s’est trouvé à mon sens injustement – mais c’est à la justice de l’établir définitivement – impliqué dans une procédure judiciaire dont il sortira bientôt indemne, je l’espère. Le reste ressort de la littérature ou du fantasme.

Victor : Que pensez-vous d’un éventuel report de la primaire ?

Pierre Moscovici : La primaire socialiste ne sera pas reportée. Mais la date de dépôt des candidatures peut l’être. Si Dominique Strauss-Kahn voulait, le cas échéant, être candidat aux primaires, il ne devrait pas en être empêché par une procédure bureaucratique.

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« DSK sera un acteur important de la campagne » – Le Journal du Dimanche

Interview parue dans le Journal du Dimanche daté du 3 juillet

Vous attendiez-vous à ce rebondissement dans l’affaire DSK?
Absolument pas. C’est un coup de théâtre absolu. Un coup de tonnerre heureux, comme l’a dit Lionel Jospin. C’est l’amorce d’un dénouement imprévu.

Si DSK est libre, l’affaire semble loin d’être finie…
Le temps judiciaire n’est pas achevé, mais on peut espérer que dans les prochaines semaines la vérité complète apparaîtra et qu’il retrouvera une liberté totale de mouvement et d’expression. La justice américaine a plus qu’un doute. Le procureur considère lui-même qu’il a un témoin peu fiable. Elle a menti à plusieurs reprises devant le grand jury. Au procureur maintenant de décider si et quand il doit renoncer aux charges reprochées à Dominique Strauss-Kahn. J’espère que ce sera rapide.

L’avez-vous eu au téléphone?
Non, pas depuis cet incroyable rebondissement.

Nous sommes encore dans le temps judiciaire. DSK consacre toute son énergie et toutes ses forces à prouver son innocence.

Peut-il revenir rapidement dans le jeu politique?
Il ne pense pas à cela aujourd’hui. Nous sommes encore dans le temps judiciaire. DSK consacre toute son énergie et toutes ses forces à prouver son innocence. Il a à cœur de laver son honneur après l’humiliation planétaire qu’il a subie. Les autres scénarios sont prématurés. Mais soyons logiques, quand il aura retrouvé la liberté et qu’il aura été blanchi, il pourra prendre toutes les options qu’il souhaite. Une fois libre, il sera s’il le veut un acteur important dans la campagne, dont la voix sera écoutée.

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