Dans les médias

Articles de août 2011


La « règle » d’or est un mensonge politique.

Catégorie : Actualité,Le Parti socialiste,Politique,Réflexions | Par pierre.moscovici | 30/08/2011 à 10:31

TRIBUNE de Pierre Moscovici parue dans Libération daté du 29 août 2011.

La désormais fameuse règle dite d’« or », dont Nicolas Sarkozy tente de faire l’alpha et l’oméga du débat politique français, voire européen, est juridiquement inutile, matériellement abusive et politiquement mensongère.

Juridiquement inutile, car les traités européens, depuis Maastricht, posent des règles obligeant à respecter des critères de convergence pensés à l’époque pour le bon fonctionnement de la monnaie unique. Or, ces critères, respectés par le gouvernement de Lionel Jospin qui a préparé l’entrée de la France dans l’euro, ont commencé à être bafoués dès l’arrivée de la droite au pouvoir, après 2002. Les mécanismes de sanction existent. Ils ont même été initiés par la Commission européenne, au moment où les dérapages des finances publiques nationales commençaient. Mais le Conseil, réunion des Etats membres, l’a allègrement contredite, l’affaire se terminant devant la Cour de justice, qui laissa finalement aux Etats la marge de manœuvre voulue. La leçon de l’épisode est que le droit ne peut rien sans bonne volonté des Etats. Au reste, si l’objectif est d’encourager le législateur à planifier la réduction des déficits sur plusieurs années, on ne voit pas ce qui l’interdirait dans la Constitution dès à présent.

Au contraire, selon l’article 34 de la Constitution française, les orientations pluriannuelles des finances publiques définies par les lois de programmation s’inscrivent dans l’objectif d’équilibre des comptes des administrations publiques.

Lire la suite


Un bon départ

Catégorie : Actualité,Le Parti socialiste,Politique,Réflexions | Par pierre.moscovici | 29/08/2011 à 12:34

Comme chaque année depuis 1990 – date de mon entrée au Secrétariat national du Parti socialiste, après le funeste Congrès de Rennes – j’ai passé le dernier week-end d’août à La Rochelle, lieu de notre traditionnelle Université d’été.

Je ne suis pas, je l’avoue, un fan de ces rencontres. Si j’apprécie la chaleur des militants, qui récompense des efforts faits au service de la cause politique que je défends, si j’aime y retrouver mes amis, je suis moins enthousiaste de l’aspect « festival de Cannes » de cette manifestation chaque année plus importante – cette édition, m’a-t-on dit, a vu 5 000 participants. Il faudrait, me semble-t-il, revenir à un module plus modeste – quitte à l’organiser plusieurs fois dans l’année – seul à même de conserver à ce rendez-vous son caractère d’université, sa vocation formatrice, de rendre à nos plénières et ateliers le caractère de vrais débats ouverts à des intellectuels, syndicalistes, acteurs sociaux, qui doit être le leur, plutôt que de les transformer en forum pour les différentes personnalités et sensibilités du parti. Et puis, il y a la présence, l’omni-présence même des médias. Je n’ai rien contre eux, au contraire – même si je ne me plie pas toujours à leurs règles particulières, ce qui me fait parfois passer pour rugueux. Mais la médiatisation frénétique nous contraint, les uns et les autres, à des jeux de rôle qui peuvent, parfois, être excessifs voire désagréables.

La foule était immense, les caméras innombrables, et d’aucuns redoutaient un climat dur, voire délétère.

Le cru 2011 était, bien sûr, particulier. Il s’agissait, en effet, de notre dernière rencontre collective avant les primaires, qui trancheront, enfin, la question du leadership socialiste, contribueront à clarifier nos options, et surtout désigneront celui ou celle d’entre nous qui affrontera Nicolas Sarkozy pour permettre, enfin, l’alternance et l’élection d’un Président de la République socialiste. La foule était immense, les caméras innombrables, et d’aucuns redoutaient un climat dur, voire délétère. Il est vrai que tout ne s’annonçait pas forcément sous les meilleurs auspices. En effet, comme j’ai eu l’occasion de le souligner sur RTL il y a quelques jours, l’organisation de l’Université d’été elle-même pouvait à certains égards paraître déséquilibrée – pas de langue de bois, elle l’était sans ambiguïté. Certains pouvaient craindre les claques et les clans – nous avons connu, dans notre histoire de tristes précédents – alors que d’autres pouvaient songer à les organiser.

Lire la suite


Libération

Catégorie : Actualité,Réflexions | Par pierre.moscovici | 24/08/2011 à 17:57

Je me suis peu exprimé ici sur les évènements survenus à New York le 14 mai – c’est à dire sur la mise en cause de Dominique Strauss-Kahn par Cyrus Vance, le Procureur de cet Etat, à partir des allégations de Nafisatou Diallo. D’abord, parce que j’ai eu l’occasion de le faire souvent, longuement, dans les médias. Ensuite et surtout parce que je ne souhaitais pas, sur le forum qu’est ce blog, porter un jugement quelconque sur une procédure judiciaire en cours ou susciter une éventuelle polémique. La décision de non-lieu prise hier par le tribunal, après l’abandon des charges suggéré par le Procureur, me permet désormais un commentaire.

Dominique Strauss-Kahn, désormais, retrouve une totale liberté – de mouvement, de pensée, de parole : je m’en réjouis.

Ma réaction est d’abord et avant tout une réaction amicale. Je pense à Dominique Strauss-Kahn, à sa famille, à Anne Sinclair, à leurs enfants : ils sortent d’une épreuve judiciaire et personnelle, d’un cauchemar. Je suis heureux de cette issue, elle est pour moi comme pour beaucoup de Français, et d’abord de socialistes, un soulagement, une véritable libération. C’est ce que tous nos responsables ont exprimé à l’unisson, avec sincérité. Dominique Strauss-Kahn, désormais, retrouve une totale liberté – de mouvement, de pensée, de parole : je m’en réjouis. Je souhaite que cette décision judiciaire soit pleinement respectée : c’est une question de principe, c’est une question humaine. Les charges ne sont pas à moitié levées, elles sont abandonnées, le soupçon ne saurait perdurer, quelles qu’en soient les motivations, pour certaines très malsaines – la recherche de la vengeance, la quête de l’argent, la volonté de provoquer un discrédit.

Lire la suite


Pierre Moscovici invité d’Europe 1

Catégorie : Actualité,Europe / International,Le Parti socialiste,Politique | Par pierre.moscovici | 23/08/2011 à 12:00

Pierre Moscovici était hier soir l’invité d’Arlette Chabot sur Europe 1.


"La voix de DSK comptera" par Europe1fr


Pierre Moscovici invité de RTL

Catégorie : Actualité,Le Parti socialiste,Politique | Par pierre.moscovici | 23/08/2011 à 11:17

Pierre Moscovici était ce matin l’invité de Jean-Michel Aphatie sur RTL.


Pierre Moscovici, député PS du Doubs… par rtl-fr


La France a renoncé sous la pression allemande

Catégorie : Actualité,Europe / International,Politique | Par pierre.moscovici | 20/08/2011 à 16:27

Le sommet franco-allemand a révélé l’incapacité du chef de l’Etat français à résister à la logique économique de Mme Merkel, qui privilégie la stabilité financière au détriment de toute solidarité.

Marianne : Quelles conclusions tirez-vous du sommet franco-allemand?

Pierre Moscovici : C’est un renoncement absolu de la part de Nicolas Sarkozy. Le sommet a, certes, permis des microavancées (la perspective d’une taxe sur les transactions financières, la mise en place d’un gouvernement économique de l’Europe), mais il a surtout été marqué par un recul fondamental, un pas en arrière extraordinaire, puisque la France et l’Allemagne ont enterré la possibilité des euro-obligations, Sarkozy participant lui-même à ces funérailles. C’était « la » mesure qu’il fallait prendre, et c’est la mesure à laquelle on a renoncé sous la pression allemande.

A quoi joue l’Allemagne en refusant le principe des euro-obligations?

P.M. : Mme Merkel veut imposer à l’Europe une logique de stabilité financière sur le modèle de sa propre pratique en matière de finances publiques. Elle refuse toutes perspectives de solidarité, de mutualisation de la dette et de relance de la croissance. C’est une logique que l’on peut comprendre, compte tenu du paysage politique allemand et du poids des conservateurs, mais que je conteste.

Lire la suite


Urgences sociales

Catégorie : Actualité,Politique,Réflexions | Par pierre.moscovici | 17/08/2011 à 18:32

La crise financière, les sommets européens et la réduction des déficits sont au cœur de l’agenda estival. Ces questions exigent des réponses, et nous y travaillons depuis des mois. Pour autant, elles ne doivent pas nous faire oublier la crise sociale qui secoue notre pays : celle-là non plus ne connaît pas la trêve estivale. Or, pendant que Nicolas Sarkozy multiplie les effets d’annonce, d’autres drames se jouent en coulisse, qui affectent les plus vulnérables de nos concitoyens.

Ces dernières semaines, un évènement m’a particulièrement marqué : la réduction brutale des crédits du Samu social de Paris servant à financer l’hébergement à l’hôtel des familles sans-abri. La démission de Xavier Emmanuelli de la présidence du Samu social nous a tous frappés. La situation dans laquelle la politique gouvernementale actuelle enferme le secteur de l’urgence sociale est telle que même un ancien ministre d’Alain Juppé n’a pu la tolérer. C’est dire.

C’est une tragique ironie politique que de voir qu’en période de crise, le pouvoir commence par réduire les crédits dédiés à ceux qui sont les premiers touchés par la période difficile que nous traversons. Est-ce ainsi que le gouvernement actuel pense répondre à la crise de la dette ? En sacrifiant les plus faibles, dans le silence général ?Ce choix politique confirme à ceux qui en doutaient encore que Nicolas Sarkozy est un président qui ne se préoccupe guère des exclus. La politique est affaire de choix – en termes de priorités, de publics, de moments – et Nicolas Sarkozy a fait le sien. Jamais auparavant un gouvernement n’avait décidé, de manière ainsi assumée et décomplexée, de laisser des familles et leurs enfants dormir dans la rue.

Est-ce ainsi que le gouvernement actuel pense répondre à la crise de la dette ? En sacrifiant les plus faibles, dans le silence général ?

Le gouvernement a beau jeu de renvoyer la responsabilité de ces décisions aux difficultés budgétaires : il a été, en la matière, un bien piètre gestionnaire du secteur de l’urgence sociale. Il justifie la baisse des crédits de financement des nuitées hôtelières par la forte croissance qu’avaient connu ces mêmes crédits les années précédentes ? Ce qu’il se garde bien de rappeler, c’est que les crédits ont progressé pour accompagner une plus grande précarité, mais aussi et surtout parce que le gouvernement a été incapable de mener une politique de long terme pour lutter contre le mal-logement et la grande pauvreté. Au lieu de financer des hébergements pérennes en nombre suffisant, il a ouvert des places temporaires dans des gymnases et utilisé l’hôtel comme une variable d’ajustement, finançant les familles en difficulté au jour le jour par l’intermédiaire du Samu social.

Lire la suite


Révolution culturelle

Catégorie : Actualité,Europe / International,Le Parti socialiste,Politique,Réflexions | Par pierre.moscovici | 11/08/2011 à 17:49

Étrange été, en vérité. Bien sûr, les Français – ou du moins beaucoup d’entre eux, car les difficultés du pouvoir d’achat touchent de nombreux concitoyens – sont en vacances. Comme je vous l’avais dit, j’ai moi-même pris quelques jours de congés – que j’interromps brièvement. Mais la crise, elle, ne fait pas relâche, l’incertitude, voire l’inquiétude se répandent, la vigilance s’impose, la réflexion est incontournable. Car c’est le paysage compliqué des prochaines années qui se dessine sous nos yeux, parce que le portrait de la prochaine élection présidentielle apparaît : il s’agit de penser une réponse efficace, juste et européenne à la crise. Cela contraint, en vérité, la gauche à une révolution culturelle.

Le débat public de l’été, un peu ralenti, met l’accent sur les faits et gestes de Nicolas Sarkozy. Le Président de la République éprouve sans doute des sentiments contradictoires face aux difficultés du moment. Celles-ci le remettent en scène dans sa fonction, elles gomment les facettes les plus spectaculaires et les moins prisées de son personnage. En ceci, elles sont pour lui un atout politique dont il tente de jouer, en se peignant comme un capitaine tenant le cap dans la tempête, se battant pour le « AAA » français, vantant la justesse de sa politique budgétaire, et en dénigrant la gauche, renvoyée à ses supposées contradictions et à sa prétendue incapacité à gérer. Telle est la fonction de la fameuse « règle d’or » : montrer qu’il n’y a qu’une seule politique possible, la sienne, et pointer notre défaut de responsabilité. C’est pourquoi le chef de l’État ne répugne à aucune mise en scène, laissant filtrer chacun de ses coups de fil, convoquant ses ministres pour une « réunion de crise », envoyant ses troupes au charbon médiatique.

Ce Président, qui est resté passif face à la crise de l’euro pendant 18 mois, qui n’a pas su proposer de remèdes structurels à celle-ci, ce Président là n’a pas de leçon d’Europe à donner.

Puis-je avancer que cela ne m’impressionne pas, ne me convainc pas ? Car la crise fragilise aussi Nicolas Sarkozy, elle souligne son échec, cuisant, écrasant même. Ce Président, qui a laissé filer les déficits et la dette comme aucun de ses prédécesseurs, qui a dégradé les finances publiques par ses choix politiques et non du fait de l’impact de la crise, ce Président qui ne connait qu’une cible, la dépense publique, ce Président là n’a pas de leçon de vertu à donner. Sa politique n’est pas un modèle indépassable, elle est même un anti-modèle, voire un repoussoir : les Français, qui condamnent son injustice, l’ont jugée, ils ne vont pas maintenant la réhabiliter ou la valider, surtout si elle ne change pas. Ce Président, qui est resté passif face à la crise de l’euro pendant 18 mois, qui n’a pas su proposer de remèdes structurels à celle-ci, ce Président là n’a pas de leçon d’Europe à donner. Enfin, les vertus « magiques » qu’il prête à sa parole sont loin d’être vérifiées : la réunion de crise qu’il avait convoquée pour utiliser à son profit une hausse espérée des marchés a été accompagnée… de leur effondrement et s’est terminée sans autre conclusion qu’un rendez-vous le 24 août. Il ne suffit pas que le Président apparaisse pour que les marchés s’apaisent… Pour ma part je crois la donne inchangée, malgré les efforts du chef de la droite : l’attente de l’alternance reste aussi forte qu’est faible la confiance placée en lui.

Lire la suite