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« La dette est l’ennemie de la gauche » – Le Figaro

Catégorie : Actualité,Politique | Par pierre.moscovici | 02/08/2011 à 10:46

INTERVIEW de Pierre Moscovici parue dans Le Figaro daté du 1er août 2011.

Le député du Doubs coordonne la campagne de François Hollande pour la primaire socialiste.

LE FIGARO – Voterez-vous la « règle d’or » comme Nicolas Sarkozy vous y invite dans un courrier qu’il a adressé aux parlementaires ?

Pierre MOSCOVICI – J’ai effectivement reçu, assez tardivement, la lettre du président de la République. Sur la forme, j’ai trouvé la démarche curieuse. Il pouvait choisir de s’adresser au Parlement par un message ou convoquer un Congrès. Il ne l’a pas fait. Sur le fond, cette lettre me paraît plus destinée à valoriser les résultats du sommet européen sur la crise de la zone euro. C’est une démarche électorale qui brille plus par son habileté supposée que par sa grandeur. Nicolas Sarkozy a tendance à s’y livrer à un plaidoyer pro domo, même si je me réjouis de ce qui a été fait pour sauver la Grèce. Reste que ce plan de sauvetage n’est pas la solution miracle que Nicolas Sarkozy nous présente dans sa lettre. C’est un plan tardif en forme de compromis entre l’Allemagne, qui ne voulait pas payer, et la France qui ne voulait pas faire de mal aux banques. Mais le saut fédéral n’a pas été fait, et l’effort demandé aux banques est extrêmement limité.

Donc vous ne voterez pas la règle d’or ?

Non, car je n’accepte pas les leçons de vertu délivrées par un chef de l’État qui a pratiquement mis la France en faillite, ce que son premier ministre a d’ailleurs reconnu. Il voudrait imposer la politique qu’il n’a pas faite comme un modèle.

Mais vous vous exposez aux accusations de « laxisme » de la part de la majorité.

Elles n’ont pas de sens. À chaque fois que la gauche a été au pouvoir, la gestion des comptes publics a été contenue. À chaque fois que la droite a été au pouvoir, la France a vu sa dette dériver. En la matière, Nicolas Sarkozy est le champion.

Il a fallu affronter la crise financière.

L’impact de la crise est partiel. Tous les rapports ont établi que la crise n’était responsable que d’une partie des déficits et que la dégradation des comptes publics avait commencé avant la crise. Notamment avec le bouclier fiscal, la détaxation des heures supplémentaires ainsi que les cadeaux fiscaux aux plus riches. Nicolas Sarkozy a mené une politique inconséquente et, aujourd’hui, il nous demande de lui délivrer un brevet de vertu !

Pensez-vous que Nicolas Sarkozy réunira le Congrès, même s’il est assuré de ne pas vous voir voter la règle d’or ?

Je ne suis pas son conseiller. Mais quand on aborde ce genre de sujet, il faut chercher le rassemblement. Dans un contexte pré-électoral, avec un gouvernement qui n’a pas renoncé à sa politique d’injustice fiscale et économique, il ne peut pas obtenir un consensus. Aller au Congrès dans ces conditions serait une manœuvre pour diviser. Et s’il était battu, non seulement cela le ferait apparaître en position de faiblesse, mais cela enverrait un signal très négatif aux marchés.

Vous ne voterez pas la règle d’or, mais Hollande promet de revenir à 3% de déficit dès 2013. N’y a-t-il pas contradiction ?

Nicolas Sarkozy veut nous faire croire qu’il n’y a qu’une seule politique possible. C’est faux. Il y a une alternative à cette règle en plaqué or, c’est de prendre dès maintenant des engagements pour rétablir nos comptes publics. La dette est l’ennemi de la gauche. Nous devons effectivement revenir à 3% de déficit, dès lors que la droite ne nous laisse pas une situation trop catastrophique.

Martine Aubry propose d’augmenter le budget de la culture de 30 à 50% , cela est-il compatible avec une bonne tenue des comptes publics ?

Nous aurons l’occasion de parler de tout cela lors de la primaire. La culture doit être une priorité, ce qui ne veut pas forcément dire que l’on doit augmenter son budget.

Les échanges entre les candidats se font parfois avec virulence, comme lorsque Valls s’en prend à la démondialisation que prône Montebourg .

Ces échanges et ces différences existent. Si nous ne sommes pas capables de les exprimer nous-mêmes lors des débats, nous laisserons court à toutes les dérives. Je préfère que nos différences s’expriment dans les débats.

Quand les débats commenceraient-ils ?

Après le 21 septembre et les élections sénatoriales, c’est le bon moment. Chacun sait que les électeurs se déterminent tardivement. Mais si cela a lieu avant, ça ne me dérange pas.

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27 commentaires

  • LOYARTE dit :

    Bonjour,
    Quand va t’on sérieusement à gauche récupérer une image de gestionnaire avisé.On continue à verser dans l’ignorance et laisser croire à l’opinion que c’est une vertu de droite et que l’on ne peut être juste sans dépenser moins.L’orthodoxie financiere serait incarnée par la droite donc.
    Alors il serait temps de présenter de vrais bilans d’action, de quantifier réellement les coûts d’un programme et d’expliquer clairement les financements.Lorsque l’on regarde les graphiques de notre dette et des déficits, la gauche a fait des erreurs de gestion,oui!!!!et si l’on compare les années de gestion droitieres!!!!!il n’y a pas à rougir mais néanmoins la droite se claironne de bons gestionnaires et communique la dessus, relayée parla grande partie des médias allié de leur politique.
    Il serait souhaitable de faire de la pédagogie et de prendre un engagement clair en terme de gestion et en impot.Je trouve votre message, en tant que français de base illisible et flou, ce qui ne fait pas monter la côte de François Hollande dans l’opinion et n’améne pas de français non PS à le soutenir.
    C’est un humbmle avis et je ne suis pas encarté à un parti .Je suis proche des écologistes en terme d’idée et je trouve là aussi que vous ne réconciliez pas l’écologie, l’industrie et l’écomie alors que celle-ci (contrairement à ce que pensent certains écolos bornés)l’écologieest indissociable de l’industrie et les progrés se feront ensemble.L’écologie n’est en aucun ennemi de l’emploi, bien au contraire il est le futur de l’emploi.Tout sera basé sur la recherche, le développement, l’incitation au vert (exemple le LED qui permet d’économiser l’electricité dans des proportions considérables et qui est un moyen de faire régresser le nucléaire dans les prochaines années en réduisant la consommation .C’est une étape et c’est un moyen de réduire les dettes par la création et la réduction de certaines dépenses d’intrastructure.
    Je souhaite de François Hollande qu’il meparle des préoccupations en clarifiant son discours , qu’il parle à chacun d’entre nous.
    Au passage je vous suggere de faire modifier les parts fiscales en considérant simplement qu’un couple fait 2 parts et qu’un enfant a la même valeur (riche ou pauvre) .Instaurer un forfait déductible de l’enfant par exemple 2000 Euros par an pour chaque enfant au lieu de ces parts qui permettent plus de déductions aux hauts revenus, même chose pour les frais professionnels en instaurant la aussi un montant forfaitaire plafonné.Ce serait plus équitable.
    Merci à françois Hollande s’il le peut d’integrer du vert industriel dans son approche, vous penserez que je raisonne par rapport à moi alors que je pense simplement que cela peut lui donner une aura prés des verts.
    Pour le futur candidat à la présidentielle, il sera important de parler emploi, développement vert, forêt, bois, recherche agronomique, plantation d’essence de bois pouvant éviter(par substitution)de l’importation de bois et de fabriquer des produits résistant en incitant peut être les paysans à planter dans les zones de friches des arbres destinés à cela.Créer une foret d’acacias peut generer des emplois, une réduction de l’importation, un revenu pour certains exploitants etc,etc
    François Hollande peut être un Président simple tout en prennant de la hauteu, rester proche du peuple et pouvoir n’est pas incompatible.Qu’il écoute c’est une chose, entendre c’est mieux et investir dans le futur c’est créer un présent.Bonne chance à lui et à vous.

  • Hadrien dit :

    RÉPONSE GROUPÉE

    @ Bernard:
    « En refusant de voter la « règle d’or » ne risquez-vous pas d’être incompris de certains ? Le soutien ne serait-il pas possible une fois que les impôts ne seraient plus justes, taxant plus fortement les « riches », supprimant les niches fiscales… »

    C’est se bercer d’illusions que croire Hollande capable de concevoir autre chose que ce que fut la doctrine PS sur la dette du temps du gouvernement Jospin: c’était celle du conseiller économique Jean-Paul Fitoussi (la dette n’est pas un problème…) aujourd’hui devenu conseiller de Sarkozy!
    N’est-il pas symptomatique que le feuilleton des dettes publiques continue de se dérouler, sans que personne (ou presque) s’interroge sur leur raison d’être.
    L’ARNAQUE DE LA DETTE
    Aprés la décision par Nixon de changes flottants en 1971, cela remonte pour nous à 1973 sous Pompidou/Giscard, comme prélude à l’Europe néo-libérale et l’euro-qui-nous-protège…
    En voilà deux, proches des milieux financiers, qui savaient ce qu’ils faisaient en interdisant au Trésor Public de se monétiser auprés de la banque de France, et en leur faisant obligation de s’adresser aux marchés pour nourrir d’intérêt les banques commerciales et les rentiers.
    Qui donc s’est élevé contre cette loi (3 janvier 1973), alors que nous avions jusque là une croissance supérieure à 5% (deux fois celle des USA) ?
    Peu de monde, comme lors de la dernière guerre, à part chez les communistes et les gaullistes pur jus!
    Cf à ce sujet un auteur déjà signalè sur ce blog:
    http://www.scoop.it/t/bankster/p/246621162/191-aj-holbecq-l-arnaque-de-la-dette-plus-loin-que-jorion
    Sa courbe en référence montre que la dette n’a jamais cessé d’augmenter (sauf un pallier d’une année sous le gouvernement Jospin). La courbe ne commence qu’en 1979 pour des raisons d’archives de la comptabilité nationale entre 1973 et 1979, mais elle était déjà de 21% en 1981 aprés l’austérité du gouvernement Barre qui réussit cette prouesse de diviser en même temps la croissance par deux tout en ayant 15% d’inflation.
    Ces faits, à eux seuls, montrent l’arnaque de la dette. Si les déficits nous coûtent encore plus cher aprés emprunt auprés du secteur privé, on peut et on doit les éviter en adoptant tout simplement la politique fiscale qui s’impose:
    Il y a aujourd’hui 468 niches fiscales pour les particuliers fortunés (73 milliards d’exemption), et 284 niches professionnelles, fiscales et sociales, pour les entreprises (172 milliards). Il n’y a donc plus que les classes moyennes et pauvres pour payer l’impôt, via essentiellement la TVA et la TIPP.
    Les sommes non perçues ci-dessus sont supérieures au déficit incriminé… et il en est ainsi depuis près de 40 ans!

    On peut donc résumer: les gouvernants au pouvoir se sont complus à exempter le capital, pour emprunter ensuite le non perçu, avec intérêt! On pourrait en rire si ce n’était devenu si grave.
    On vient d’en avoir la démonstration aux USA, où le programme adopté reconduit les exemptions d’impôts décrétées par G.W. Bush, et fait porter l’austérité sur les mesures sociales… Même les marchés financiers (qui ont retenu un minimum de keynesianisme) n’y croient pas!
    Et il s’agit là d’un seul pays, monétairement souverain, sans problème de coordination d’une union…
    C’est donc bien le conservatisme politique qui est en cause (surtout préservons le capital privé!), avec toute son idéologie et ceux qui la soutiennent ou l’acceptent, qu’ils soient actuellement au pouvoir ou ailleurs…

    @ Bloggy bag:
    « des pays comme le Japon sont beaucoup plus endettés que nous mais sont moins « chahutés » par les marchés… : ces pays financent majoritairement leur dette en interne. Il me paraît donc souhaitable de réfléchir sur la possibilité d’un emprunt national forcé… »

    Encore et toujours le même réflexe conditionné: surtout ne pas prélever sur le capital des riches; le leur emprunter, avec intérêt…que paieront les pauvres et les classes moyennes en TVA!
    J’ai signalé ci-dessus (réponse à Bernard) en quoi ce fut la philosophie à droite comme à gauche depuis prés de quarante ans! Une raison simple à cela: le manque de courage, car l’emprunt est encaissé immédiatement alors que ses échéances sont indéfiniment repoussées… jusqu’à présent.

    J’avais déjà signalé la même chose du côté de Martine Aubry:
    Dans l’ouvrage « Changer de civilisation » (excusez du peu!) édité chez Odile Jacob par « Martine Aubry avec 50 chercheurs et citoyens », voici ce qu’écrit en substance Henri Sterdyniak, Professeur d’économie à Paris-Dauphine, répétant le dogme qui nous a conduit là, sous un paragraphe « La dette ne coûte rien ».
    Ci-dessous le passage de Sterdyniak cité, cette fois en un seul tenant, ainsi que le suivant, sous leurs titres respectifs:

    « LA DETTE NE COÛTE RIEN…
    En 2009, la charge de la dette était de 2,3% du PIB, soit un taux d’intérêt moyen sur la dette de 3,5%. Supposons que le taux d’intérêt moyen sur la dette soit de X% (4%). Pour stabiliser la dette à Y% (60%) du PIB, un déficit de XY% (2,4%) suffit. Dans ce cas, le coût de la dette, c’est à dire le solde primaire nécessaire pour la stabiliser, est nul. Si la France avait une dette nulle qu’elle souhaitait maintenir, le solde primaire devrait l’être aussi; le gain en termes de marge de manoeuvre budgétaire serait nul par rapport à la situation actuelle. Les charges d’intérêt ne sont pas le deuxième poste des dépenses publiques: corrigées de la croissance elles sont nulles.
    Le taux d’imposition des intérêts est de 30%. Un taux d’intérêt nominal de 4%, avec une inflation de 2%, correspond donc à un taux réel aprés impôt de 0,8% bien inférieur au taux de croissance tendantiel.
    La dette ne coûte rien tant que le taux d’intérêt (aprés impôt) est inférieur au taux de croissance. Elle pose problème si ce taux devient nettement supérieur au taux de croissance mais, en principe, cela ne peut se produire qu’en période de forte croissance et, dans ce cas, les rentrées fiscales permettent de réduire les déficits sans larmes.
    Pour réduire la dette de 90% du PIB à 60%, il faudrait un effort de 3% du PIB pendant dix ans. Imaginons que les pouvoirs publics dégagent ces trois points, faudrait-t-il les consacrer au désendettement (au risque de nuire à l’activité) ou à la recherche, à l’enseignement, à la formation, au soutien à l’innovation industrielleIl n’y a aucune raison de se fixer une norme d’équilibre des finances publiques. L’Etat n’est pas un ménage immortel, il peut avoir une dette en permanence; il n’a pas à la rembourser, mais seulement à garantir qu’il pourra en servir la charge… »

    [Comme déjà dit, ce raisonnement abusif à la Fitoussi est d’autant plus surprenant chez Sterdyniak qu’il est contradictoire avec son passage, deux pages plus loin, sous le titre]:

    « DETTES ET EQUILIBRES MACOECONOMIQUES
    … La montée de la dette dans les pays européens ne provient pas d’une hausse des dépenses publiques puisque celles-ci, en proportion du PIB, sont en baisse (de 1997 à 2007, de 1,4 points pour la zone euro, de 0,8 point pour la France), mais de l’effritement des recettes publiques (de 1,5 point de PIB dans la zone euro comme en France, sur la même période). Le marché unique sans harmonisation fiscale a conduit les pays à la concurrence fiscale. Les réductions d’impôt (sur les bénéfices des sociétés, sur le revenu des plus riches, sur les patrimoines) se sont multipliés, sans impact favorable sur la croissance. Avec l’argent économisé sur leurs impôts, les ménages aisés ont pu acquérir les titres de la dette publique que les administrations ont dû émetttre pour financer les déficits ainsi provoqués. En même temps, ce désarmement fiscal a été choisi par les classes dominantes de façon à tirer prétexte du déficit ainsi créé pour déclarer inéluctable la baisse des dépenses publiques. »

    [La contradiction avec le passage précèdant est patente: si s’endetter ne coûte rien, pourquoi donc sembler ici le regretter?]

  • Bloggy Bag dit :

    Suite au bazar financier du jour, je me suis fendu d’un post dans lequel je soumets une proposition à la discussion : l’idée d’un emprunt national forcé.

    (…)
    Contrairement au PS dont les théories keynésiennes posent comme postulat que la dette est l’ennemie de la gauche, le gouvernement sarkofillon et l’ump ont délibérément choisi cette voie de la dette, pour nous amener là où nous sommes actuellement, ignorant par incompétence ou aveuglement idéologique que cette voie n’offrait aucun échappatoire en cas de problème. L’accident était inévitable.

    Aujourd’hui, il est urgent de répondre à une double question :

    comment payer ce que l’on doit ?
    comment reprendre sa liberté financière vis-à-vis des marchés ?

    Augmenter les taxes et impôts ou leur assiette (c’est-à-dire le nombre de personnes qui les paient), diminuer les dépenses, « manger » la dette par une inflation importante, refuser purement et simplement de payer. Le panel de solutions est connu, plutôt que de nier le problème il faut soit que ce gouvernement fasse pour une fois ce qu’il faut ou qu’il démissionne et rende rapidement les clés, reconnaissant son incroyable incompétence, abandonnant une politique vieille de presque 10 ans, politique qui à l’exception d’une année n’a jamais réussi à remettre la dette de notre pays dans la bonne direction.

    La gauche est décidée à faire ce qu’il faut, et à la différence de la droite, l’expérience passée (1997-2002) montre qu’on peut lui faire confiance pour que cela soit aussi juste que possible et surtout, efficace.

    Mais second point, comment reprendre sa liberté vis-à-vis des marchés, car on peut bien tempêter contre les financiers, si l’ump avait fait le choix d’avoir le choix, le rapport de force serait différent. En 1997 le gouvernement Jopin sous la direction de Dominique Strauss-Kahn a qualifié la France pour l’euro et nous avons choisi l’intégration européenne : il est temps d’achever le travail massacré par la droite : l’Europe doit se doter d’un organe de gouvernance dont le rôle est de veiller à harmoniser les éléments financiers structurants de l’Union, et cet organe doit pouvoir relever le défit d’agir selon des choix politiques démocratiques au niveau européen. Par ailleurs, on remarquera que des pays comme le Japon sont beaucoup plus endettés que nous mais sont moins « chahutés » par les marchés ; il y a une raison simple à cela : ces pays financent majoritairement leur dette en interne. Il me paraît donc souhaitable de réfléchir sur la possibilité d’un emprunt national forcé : transformer une partie de l’épargne des Français en emprunt remboursable à court terme (moins de 5 ans) à un taux d’intérêt à fixer. Cela me paraît être une des formes les moins douloureuses de contribution au sauvetage financier de notre pays.

    (la totalité du post est ici : http://wordpress.bloggy-bag.fr/2011/08/08/ou-est-passee-la-bonne-dette-qui-doit-on-ruiner-maintenant/)

    • Bloggy Bag dit :

      Au passage, j’ai actualisé le graphique « la droite c’est la dette » : http://wordpress.bloggy-bag.fr/wp-content/uploads/2011/08/droite-dette.jpg

    • Hadrien dit :

      « des pays comme le Japon sont beaucoup plus endettés que nous mais sont moins « chahutés » par les marchés… : ces pays financent majoritairement leur dette en interne. Il me paraît donc souhaitable de réfléchir sur la possibilité d’un emprunt national forcé… »

      Encore et toujours le même réflexe conditionné: surtout ne pas prélever sur le capital des riches; le leur emprunter, avec intérêt…que paieront les pauvres et les classes moyennes en TVA!
      J’ai signalé ci-dessous (réponse à Bernard) en quoi ce fut la philosophie à droite comme à gauche depuis prés de quarante ans! Une raison simple à cela: le manque de courage, car l’emprunt est encaissé immédiatement alors que ses échéances sont indéfiniment repoussées… jusqu’à présent.

      J’avais déjà signalé la même chose du côté de Martine Aubry:
      Dans l’ouvrage « Changer de civilisation » (excusez du peu!) édité chez Odile Jacob par « Martine Aubry avec 50 chercheurs et citoyens », voici ce qu’écrit en substance Henri Sterdyniak, Professeur d’économie à Paris-Dauphine, répétant le dogme qui nous a conduit là, sous un paragraphe « La dette ne coûte rien ».
      Ci-dessous le passage de Sterdyniak cité, cette fois en un seul tenant, ainsi que le suivant, sous leurs titres respectifs:

      « LA DETTE NE COÛTE RIEN

      En 2009, la charge de la dette était de 2,3% du PIB, soit un taux d’intérêt moyen sur la dette de 3,5%. Supposons que le taux d’intérêt moyen sur la dette soit de X% (4%). Pour stabiliser la dette à Y% (60%) du PIB, un déficit de XY% (2,4%) suffit. Dans ce cas, le coût de la dette, c’est à dire le solde primaire nécessaire pour la stabiliser, est nul. Si la France avait une dette nulle qu’elle souhaitait maintenir, le solde primaire devrait l’être aussi; le gain en termes de marge de manoeuvre budgétaire serait nul par rapport à la situation actuelle. Les charges d’intérêt ne sont pas le deuxième poste des dépenses publiques: corrigées de la croissance elles sont nulles.
      Le taux d’imposition des intérêts est de 30%. Un taux d’intérêt nominal de 4%, avec une inflation de 2%, correspond donc à un taux réel aprés impôt de 0,8% bien inférieur au taux de croissance tendantiel.
      La dette ne coûte rien tant que le taux d’intérêt (aprés impôt) est inférieur au taux de croissance. Elle pose problème si ce taux devient nettement supérieur au taux de croissance mais, en principe, cela ne peut se produire qu’en période de forte croissance et, dans ce cas, les rentrées fiscales permettent de réduire les déficits sans larmes.
      Pour réduire la dette de 90% du PIB à 60%, il faudrait un effort de 3% du PIB pendant dix ans. Imaginons que les pouvoirs publics dégagent ces trois points, faudrait-t-il les consacrer au désendettement (au risque de nuire à l’activité) ou à la recherche, à l’enseignement, à la formation, au soutien à l’innovation industrielleIl n’y a aucune raison de se fixer une norme d’équilibre des finances publiques. L’Etat n’est pas un ménage immortel, il peut avoir une dette en permanence; il n’a pas à la rembourser, mais seulement à garantir qu’il pourra en servir la charge… »

      [Comme déjà dit, ce raisonnement abusif à la Fitoussi est d’autant plus surprenant chez Sterdyniak qu’il est contradictoire avec son passage, deux pages plus loin, sous le titre]:

      « DETTES ET EQUILIBRES MACOECONOMIQUES

      … La montée de la dette dans les pays européens ne provient pas d’une hausse des dépenses publiques puisque celles-ci, en proportion du PIB, sont en baisse (de 1997 à 2007, de 1,4 points pour la zone euro, de 0,8 point pour la France), mais de l’effritement des recettes publiques (de 1,5 point de PIB dans la zone euro comme en France, sur la même période). Le marché unique sans harmonisation fiscale a conduit les pays à la concurrence fiscale. Les réductions d’impôt (sur les bénéfices des sociétés, sur le revenu des plus riches, sur les patrimoines) se sont multipliés, sans impact favorable sur la croissance. Avec l’argent économisé sur leurs impôts, les ménages aisés ont pu acquérir les titres de la dette publique que les administrations ont dû émetttre pour financer les déficits ainsi provoqués. En même temps, ce désarmement fiscal a été choisi par les classes dominantes de façon à tirer prétexte du déficit ainsi créé pour déclarer inéluctable la baisse des dépenses publiques. »

      [La contradiction avec le passage précèdant est patente: si s’endetter ne coûte rien, pourquoi donc sembler ici le regretter?]

  • Bernard dit :

    Bonjour,
    je suis sympathisant socialiste depuis toujours et je souhaite que François Hollande soit le candidat du PS et du plus grand nombre possible de sympathisants de gauche.
    Après avoir creusé les déficits et fait une politique en faveur des plus riches, Nicolas Sarkozy tente de mettre les candidats du PS en difficulté avec sa proposition d’interdire les déficits budgétaires. Pourquoi ne pas faire savoir dans la presse que le soutien à ce projet serait possible APRES que Sarkozy aura fait une vraie réforme des impôts pour les rendre plus justes : suppression de la dernière réforme de l’ISF, augmentation de la tranche supérieure de l’ISF pour faire revenir dans les caisses de l’état des pertes dues pendant 5 ans au bouclier fiscal, création d’une tranche supplémentaire de l’impôt sur les revenus, imposition des revenus du capital ….
    En refusant de voter la « règle d’or » ne risquez-vous pas d’être incompris de certains ? Le soutien ne serait-il pas possible une fois que les impôts ne seraient plus justes, taxant plus fortement les « riches », supprimant les niches fiscales qui ne profitent qu’à ceux qui ont des revenus si élevés qu’il leur reste beaucoup après avoir assuré les dépenses du quotidien ?
    Il me semble qu’il faut commencer dès maintenant à demander la réforme fiscale indispensable à plus de justice sociale
    Courage pour la campagne des présidentielles et merci de nous défendre.
    BG

    • Hadrien dit :

      C’est se bercer d’illusions que croire Hollande capable de concevoir autre chose que ce que fut la doctrine PS sur la dette du temps du gouvernement Jospin: c’était celle du conseiller économique Jean-Paul Fitoussi (la dette n’est pas un problème…) aujourd’hui devenu conseiller de Sarkozy!
      N’est-il pas symptomatique que le feuilleton des dettes publiques continue de se dérouler, sans que personne (ou presque) s’interroge sur leur raison d’être.
      L’arnaque de la dette, aprés la décision par Nixon de changes flottants en 1971, remonte pour nous à 1973 sous Pompidou/Giscard, comme prélude à l’Europe néo-libérale et l’euro-qui-nous-protège…
      En voilà deux, proches des milieux financiers, qui savaient ce qu’ils faisaient en interdisant au Trésor Public de se monétiser auprés de la banque de France, et en leur faisant obligation de s’adresser aux marchés pour nourrir d’intérêt les banques commerciales et les rentiers.
      Qui donc s’est élevé contre cette loi (3 janvier 1973), alors que nous avions jusque là une croissance supérieure à 5% (deux fois celle des USA) ?
      Peu de monde, comme lors de la dernière guerre, à part chez les communistes et les gaullistes pur jus!
      Cf à ce sujet un auteur déjà signalè sur ce blog:
      http://www.scoop.it/t/bankster/p/246621162/191-aj-holbecq-l-arnaque-de-la-dette-plus-loin-que-jorion
      Sa courbe en référence montre que la dette n’a jamais cessé d’augmenter (sauf un pallier d’une année sous le gouvernement Jospin). La courbe ne commence qu’en 1979 pour des raisons d’archives de la comptabilité nationale entre 1973 et 1979, mais elle était déjà de 21% en 1981 aprés l’austérité du gouvernement Barre qui réussit cette prouesse de diviser en même temps la croissance par deux tout en ayant 15% d’inflation.
      Ces faits, à eux seuls, montrent l’arnaque de la dette. Si les déficits nous coûtent encore plus cher aprés emprunt auprés du secteur privé, on peut et on doit les éviter en adoptant tout simplement la politique fiscale qui s’impose:
      Il y a aujourd’hui 468 niches fiscales pour les particuliers fortunés (73 milliards d’exemption), et 284 niches professionnelles, fiscales et sociales, pour les entreprises (172 milliards). Il n’y a donc plus que les classes moyennes et pauvres pour payer l’impôt, via essentiellement la TVA et la TIPP.
      Les sommes non perçues ci-dessus sont supérieures au déficit incriminé… et il en est ainsi depuis près de 40 ans!

      On peut donc résumer: les gouvernants au pouvoir se sont complus à exempter le capital, pour emprunter ensuite le non perçu, avec intérêt! On pourrait en rire si ce n’était devenu si grave.
      On vient d’en avoir la démonstration aux USA, où le programme adopté reconduit les exemptions d’impôts décrétées par G.W. Bush, et fait porter l’austérité sur les mesures sociales… Même les marchés financiers (qui ont retenu un minimum de keynesianisme) n’y croient pas!
      Et il s’agit là d’un seul pays, monétairement souverain, sans problème de coordination d’une union…
      C’est donc bien le conservatisme politique qui est en cause (surtout préservons le capital privé!), avec toute son idéologie et ceux qui la soutiennent ou l’acceptent, qu’ils soient actuellement au pouvoir ou ailleurs…

  • Adrien dit :

    Il me semble que les évenements recents devraient inciter la gauche, et donc ses principaux candidats déclarés, à faire preuve d’unité dans une proposition commune en réponse au courrier de Sarkozy.
    La nature exceptionnelle de ce qui nous attends dans les prochaines semaines doit inciter à une réaction immédiate et coordonnée, pourquoi pas via une conférence de presse commune.

    Appelons à la convocation du Congrès, oui. Mais afin de revoir en urgence le budget, et surtout la fiscalité de notre pays, cruellement destabilisée depuis 2007. Car la perspective d’une nouvelle récession (aux effets dévastateurs à notre niveau d’endettement actuel) semble désormais tout à fait probable. Soyons dans l’anticipation…

    2012 se jouera sur la crédibilité économique et internationale. Pour l’international, depuis la sortie de piste de DSK, ce n’est pas gagné d’avance. Mais sur les questions économiques, des personnages tels que Moscovici peuvent tout à fait renforcer notre crédibilité.
    Encore faut-il avoir un discours clair et audible, réagir à temps avec des propositions concrètes et réalisables, sans sombrer dans l’alarmisme primaire pour autant.

    Au delà d’une bonne manoeuvre politique du PS (qui semble s’engluer dans l’inaudibilité estivale), ce serait également un signal fort, que les marchés sauraient interpréter en faveur d’un maintient des perspectives de remboursement de notre Etat.

    Il faut réagir, d’une façon ou d’une autre, et je m’adresse à tous les candidats, réagissez !

  • Hadrien dit :

    Un seul armateur grec interrogé récemment sur «C dans l’air» avouait un chiffre d’affaires de 20 milliards d’euros pour zéro impôt. Et ils sont nombreux…(deuxième flotte marchande mondiale)!
    Conclusion: il y a collusion de longue date entre les pouvoirs politique et financier, contrelesquels le peuple grec s’insurge et ne peut pas grand chose. Lorsqu’un Caramanlis de droite est grillé, les médias aux mains des mêmes mettent en scène un Papandréou social-démocrate, et l’on repart pour un tour!
    C’est évidemment la même chose chez nous.

    L’ARNAQUE DU « PUITS SANS FOND »

    L’endettement public est bien une arnaque pour les peuples, en deux temps:
    – les dirigeants politiques se font élire en perpétuant le clientélisme auprés des lobbies qu’ils ménagent (en Grèce, ce sont les riches armateurs et l’église orthodoxe qui sont exempts d’impôts; en France c’est Total ou BNP off-shore, Bettencourt sans ISF l’année prochaine, etc.).
    – c’est aux mêmes puissances financières que s’adresse ensuite l’emprunt de ce qui ne leur a pas été prélevé en impôts. C’est alors non seulement sauvegardé, mais ça rapporte une rente que l’on veut pérenne.

    Les agences de notation financières sont là pour rappeler aux peuples assujettis la carotte et le bâton selon un scénario bien huilé qui fait jaser dans les chaumières (le pays est endetté parce que nous sommes « des fainéants… », dixit Peyrelevade)
    Mais on ne dit pas ce qu’il advient chez les peuples modèles du capitalisme:
    Comme l’ont rappelé Marianne et Footnote, l’Allemagne a vu son pouvoir d’achat baisser chaque année durant la dernière décennie et, en Chine, la pression sur les salaires fut telle que leur part du PIB a diminué malgré l’augmentation des effectifs!
    Dire où passe la différence, c’est dire à qui profite le crime…

    Chez nous, il faut croire que l’arnaque du « puits sans fond » de la dette, qui est une « affaire rentable » pour certains, n’apparaît pas encore clairement à tout le monde. Dans l’ouvrage « Changer de civilisation » (excusez du peu!) édité chez Odile Jacob par « Martine Aubry avec 50 chercheurs et citoyens », voici ce qu’écrit en substance Henri Sterdyniak, Professeur d’économie à Paris-Dauphine, répétant le dogme qui nous a conduit là, sous un paragraphe « La dette ne coûte rien ».
    p.395:
    « Supposons que le taux d’intérêt moyen sur la dette soit de X% (4%). Pour stabiliser la dette à Y% (60%) du PIB, un déficit de XY% (2,4%) suffit. Dans ce cas, le coût de la dette, c’est à dire le solde primaire nécessaire pour la stabiliser, est nul. Si la France avait une dette nulle qu’elle souhaitait maintenir, le solde primaire devrait l’être aussi; le gain en termes de marge de manoeuvre budgétaire serait nul par rapport à la situation actuelle.
    La dette ne coûte rien tant que le taux d’intérêt (aprés impôt) est inférieur au taux de croissance. »

    L’erreur manifeste est qu’entre les deux situations (endettée ou non-endettée) pour un même pays, le taux de croissance ne peut rester le même: le service de la dette aux marchés est autant de prélevé annuellement sur notre économie productive (2/3 vont à l’étranger, et le tiers restant aux nationaux les plus fortunés qui, ne pouvant le consommer, le capitalisent… notamment en nouvelles obligations).
    Sans cela, l’auteur n’aurait même pas besoin d’ajouter la précaution de sa dernière phrase, car le taux de croissance inclue toute l’économie: selon sa logique, que le taux d’intérêt le dépasse ou non n’aurait alors aucune importance si le pays le supporte en gardant la même croissance.
    C’est bien cette logique qui est à l’oeuvre pour la Grèce: on demande au peuple grec de réduire ses salaires tout en comptant sur le même taux de croissance.

    L’auteur se contredit plus loin sur ce point, en notant lui-même:
    p.396:
    « Pour réduire la dette de 90% du PIB à 60%, il faudrait un effort de 3% du PIB pendant dix ans. Imaginons que les pouvoirs publics dégagent ces trois points, faudrait-t-il les consacrer au désendettement (au risque de nuire à l’activité) ou à la recherche, à l’enseignement, à la formation, au soutien à l’innovation industrielle? »
    Faire un effort annuel de 3% serait donc inadéquat, mais se mettre dans la position d’abandonner chaque année plus que cela (90% x 3,5%) à des créanciers sans retour ne le serait pas?

    LA « MARTINGALE » MORTELLE

    C’est tout simplement la « martingale » de la fuite en avant, bien connue au jeu de roulette:
    – le joueur, lorsqu’il perd, mise le double en attendant de gagner. Il récupèrera ainsi toutes ses pertes!
    On démontre évidemment que c’est faux lorsqu’on intègre l’inévitable plafond empêchant de grimper à l’infini. La seule fois où le joueur atteint ce plafond (et il l’atteindra nécessairement s’il continue de jouer avec cette « martingale »), il reperd plus que tous ses gains!
    Ceux qui se sont entêtés en repoussant le plafond se sont finalement ruinés en laissant tout leur argent à la banque du casino…

    C’est ce qui est en train d’apparaître au grand jour: en réempruntant constamment pour payer les échéances d’une dette croissante, comme le faisait le joueur de Dostoievsky, on approche d’un plafond…

    C’est la raison pour laquelle on ne peut sortir du piège qu’en changeant les règles du jeu, comme la sortie en douceur dans la solution où le Nord adopterait un euro-mark, laissant aux pays du Sud l’euro nominal et donc la faculté de modifier l’interdiction pour sa Banque d’émission (BCE), de financer les Etats endettés.
    C’est aussi une sorte d’optimum de Pareto, où Nord et Sud y gagnent (à cet égard) en remboursant en euros factuellement dévalués. Et ce sont bien les banques et les rentiers qui y perdent.
    Evidemmment, il faut pour cela un changement de régime… et pas seulement remplacer l’UMP par le PS: Jean Paul Fitoussi, qui insufflait à Jospin cette philosophie de « la dette ne coûte rien » est aujourd’hui le conseiller de Sarkozy!

    COMMENT EN SORTIR EN DOUCEUR

    Toutes les propositions actuelles butent sur l’énormité de la dette à rembourser en euros actuels. Comme il apparaît clairement, c’est entre 20 et 4O ans de remboursement qui seraient nécessaires pour un pays comme la France…
    Que dire alors d’un pays comme la Grèce?

    La solution consistant à ce que l’Allemagne et ses satellites, comme ils commencent eux-mêmes à l’évoquer, reviennent à une monnaie séparée comme le mark, résoudrait tous les problèmes à la fois:
    Il est important pour que cela fonctionne que les autres pays gardent nominalement l’euro, mais avec une nouvelle politique monétaire rendue possible par l’absence de l’Allemagne et son orthodoxie héritée de l’Ecole Autrichienne. La dévaluation factuelle de cet euro par les marchés réduirait en réalité continuellement le service de la dette libellée en euros, débloquant la situation pour les pays méditerranéens et la favorisant encore plus pour l’Allemagne et ses satellites dans leur nouvelle monnaie forte.
    Dans ce scenario, il est crucial que ceux qui s’accomodent de l’euro-mark actuel (Allemagne, Autriche, Pays-bas, Luxembourg, Finlande) soient ceux qui sortent de l’euro, pour permettre aux autres pays de retrouver leur souveraineté sur l’euro en redonnant son statut normal à la Banque Centrale (privilège d’émission).
    L’euro redeviendrait ainsi une monnaie comme les autres (y compris le dollar), tout en laissant l’euro-mark à ceux qui s’en accomodent.

    Le schéma est trés souple: en cas de recours abusif à la monétisation de la part de membres du «Club Med », un pays comme la France pourrait à son tour sortir pour retrouver son franc, qui deviendrait plus fort que l’euro nominal restant, etc.
    L’essentiel est de laisser l’euro nominal à ceux qui en ont le plus besoin pour rembourser en euros.
    Le schéma comporte un autre avantage: plus les spéculateurs dévalueraient l’euro nominal restant, plus ils se punieraient eux-mêmes en dévaluant leurs remboursements nominaux dans cette monnaie.
    Evidemment, tous les banquiers et rentiers concernés protesteront à l’encontre de ce schèma, mais c’est la seule issue à l’erreur d’aiguillage historique d’une monnaie unique pour des économies divergentes.
    Espérer que ces dernières convergent à terme, c’est attendre le jour où l’économie de la Sicile sera celle de la Bavière!

    L’autre solution, préconisée par les européens acharnés, a également sa logique: elle consiste à proner l’abandon total de souveraineté des pays qui deviendraient ainsi les provinces d’une Europe fédérale. On pourrait alors compenser l’économie sicilienne par celles des bavarois au moyen du
    budget fédéral, comme on le fait aujourd’hui entre la Corse et l’Ile de France au moyen du budget national.
    Reste à savoir, outre le fait que l’Allemagne n’est pas près d’y souscrire, laquelle des deux solutions est la plus utopique: la première qui arrête le poison, ou la seconde qui recommande d’en boire toujours davantage…tant qu’il ne nous a pas tués?
    Si tous les pays développés étaient d’accord, on aurait déjà un monde fédéral, ce qui aurait résolu au passage tous les problèmes de mondialisation sous leur forme actuelle…

    • Bloggy Bag dit :

      Conclusion partielle, rapide, orientée.

      Le principe d’une escroquerie c’est que tout le monde en croque un peu pour perdre globalement que seuls quelques un ramasse la mise.

    • Bloggy Bag dit :

      Ceci dit, je ne suis pas fondamentalement en désaccord avec ce que tu relèves.
      Disons que je l’exprimerais d’une façon plus synthétique : qui a-t-on décidé de ruiner ?

      • Hadrien dit :

        La monétisation par les banques centrales concerne le recours flottant au marché qui s’est imposé aprés 1971 pour les USA (pour nous, Janvier 1973), mais sans nier l’existence de monétisation directe, notamment chez nous, avant cette date.
        Ne disait-on pas alors pour le trésor public « présenter ses effets à la Banque de France » en échange de création monétaire?

        Malgré les admonestations de Rueff qui avait l’oreille de De Gaulle, ce système a bel et bien fonctionné en France, et les dévaluations l’accompagnant ne nous ont pas empêché d’avoir la même croissance que les allemands (2 fois celle des américains) pendant toute la durée des trente glorieuses… On parle là de l’intérêt général!

        Il a fallu attendre Pompidou et Giscard, tous deux proches des milieux financiers, pour l’abandonner au nom de l’euro- libéralisme.
        La question, comme l’a posée quelqu’un, demeure: pourquoi ne pourrait-on y revenir, sinon par peur de « l’euthanasie du rentier »?
        C’est bien le régime de la Chine et sa croissance n’a pas l’air non plus de s’en porter plus mal…
        Le système de changes flottants, qui a fait le bonheur des spéculateurs, a suffisamment prouvé aujourd’hui sa nocivité!

  • Loubihou dit :

    Bonjour M. Muscovici, je trouve que vous la carrure d’un président de la République. Vous devriez vous présenter aux primaires. Vous parlez avec calme et assurance et vous avez des réponses missiles. L’interview au Figaro en est une preuve.

    Je viens de voir votre prestation sur Public sénat. Pour être franc, je n’étais encore jamais venu sur le site d’un homme politique. Vous m’avez donné une excellente impression et pourtant, et c’est la première fois que je fais cette démarche.

    Si vous cherchez un jeune prêt à s’investir en politique à vos côté, je suis motivé. Mon offre est gratuite. J’ai la conviction que vous pouvez porter la France.

    • Adrien dit :

      Oui, nous sommes quelques un a avoir cru qu’il devrait se présenter. Que dans le contexte actuel, son calme, son sérieux, son expertise économique pourraient faire la différence.
      Mais apparemment, lui-même n’y croyait pas assez fort !

      Si sa décision se comprends sous certains aspects politiques, espérons que nous n’ayons pas a le regretter.

  • Julien le marseillais dit :

    Pierre Moscovici a raison,il ne suffit pas de balancer des chiffres à la hussarde comme Martine Aubry le fait pour la culture. C’est pourquoi la gauche doit être crédible en matière de compte public.Il faut avoir les moyens de ses actions et à ce sujet il faut un leader prêt a changer la gouvernance de notre pays, maitrisant l’économie et le social. Pour moi la personne la plus qualifié est francois hollande.

    • cricri dit :

      Concernant la crédibilité de Mr Hollande, il ne nous a toujours pas dit comment il compte financer son « contrat de génération » cout: 10 milliards d’euros !! . Quand à Aubry elle a fait la CMU et les comptes sociaux créditeurs, qu’a fait Hollande ??

  • marie mcb dit :

    Vous avez raison. Personne ne peut croire que Sarkozy va se transformer en modèle de vertu après avoir creusé la dette de un tiers en 5 ans ! Il travestit la réalité continuellement, personne ne peut plus le croire, il se décrédibilise continuellement.

  • Jonas dit :

    Vous avez totalement raison, il en est de même pour le chomage, sa progression n’est pas dûe qu’à la crise mais bel et bien, pour une bonne partie, à la politique de Sarkozy qui a incité à ne pas embaucher (défiscalisation des heures sup’), sclérosé l’économie et favorisé la rente.
    Un de ces jours, il faudrait qu’on se rappelle que lors du débat face à Royal en 2007 Sarko avait annoncé qu’il ne se représenterait pas si en 2012 la France n’avait pas atteint le plein emploi (cad 5% de chomeurs). Même sans la crise il n’y serait pas parvenu, loin de là. S’il tenait sa promesse, il ne se représenterait pas. Bon bien sûr, Sarkozy qui tient ses promesses, ça fait rire tout le monde. Mais quand même, il faudrait peut-être lui rappeler cela à un moment de la campagne.

  • le goc robert dit :

    bonjour Pierre,
    On s’est vu à Rosporden chez nos amis…
    Je partage ta réaction à 300%… les vrais chiffres 1240 milliard de dette en 2007 et près de 1700 en 2011…voilà des vrais chiffres à publier…grâce à la « pub » de la dette américaine les français enfin prennent conscience du désastre à venir…
    A suivre…
    Amitiés
    RLG

  • Lyons-Noguier dit :

    M. Hollande c’est un peu comme aller à l’élection Présidentielle en aveugle, on ne sait pas ce qu’il vaut face à Sarkozy, les discours c’est bien mais les actes ?? qui nous prouve qu’il sera faire face ? on a qu’à voir , il aurait souhaité le report des primaires, il ne tient pas le cap, il fluctue.

    Je vous assure que votre talent, votre humanité celle dont vous avez fait preuve face au lynchage médiatique de votre ami DSK, aurait du trouver sa place aux côtés de Martine Aubry. Après les Primaires j’espère que vous saurez vous en rendre compte. Je respecte votre choix même s’il m’est difficile de le comprendre car l’enjeu de 2012 n’est pas une plaisanterie, les gens souffrent de la politique de la droite, il ne faut pas se tromper !!!!

    • echo dit :

      M. Aubry, c’est un peu comme aller à l’élection Présidentielle en aveugle, on ne sait pas ce qu’elle vaut face à Sarkozy, les discours c’est bien mais les actes ? Qui nous prouve qu’elle sera faire face?

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