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Révolution culturelle

Catégorie : Actualité,Europe / International,Le Parti socialiste,Politique,Réflexions | Par pierre.moscovici | 11/08/2011 à 17:49

Étrange été, en vérité. Bien sûr, les Français – ou du moins beaucoup d’entre eux, car les difficultés du pouvoir d’achat touchent de nombreux concitoyens – sont en vacances. Comme je vous l’avais dit, j’ai moi-même pris quelques jours de congés – que j’interromps brièvement. Mais la crise, elle, ne fait pas relâche, l’incertitude, voire l’inquiétude se répandent, la vigilance s’impose, la réflexion est incontournable. Car c’est le paysage compliqué des prochaines années qui se dessine sous nos yeux, parce que le portrait de la prochaine élection présidentielle apparaît : il s’agit de penser une réponse efficace, juste et européenne à la crise. Cela contraint, en vérité, la gauche à une révolution culturelle.

Le débat public de l’été, un peu ralenti, met l’accent sur les faits et gestes de Nicolas Sarkozy. Le Président de la République éprouve sans doute des sentiments contradictoires face aux difficultés du moment. Celles-ci le remettent en scène dans sa fonction, elles gomment les facettes les plus spectaculaires et les moins prisées de son personnage. En ceci, elles sont pour lui un atout politique dont il tente de jouer, en se peignant comme un capitaine tenant le cap dans la tempête, se battant pour le « AAA » français, vantant la justesse de sa politique budgétaire, et en dénigrant la gauche, renvoyée à ses supposées contradictions et à sa prétendue incapacité à gérer. Telle est la fonction de la fameuse « règle d’or » : montrer qu’il n’y a qu’une seule politique possible, la sienne, et pointer notre défaut de responsabilité. C’est pourquoi le chef de l’État ne répugne à aucune mise en scène, laissant filtrer chacun de ses coups de fil, convoquant ses ministres pour une « réunion de crise », envoyant ses troupes au charbon médiatique.

Ce Président, qui est resté passif face à la crise de l’euro pendant 18 mois, qui n’a pas su proposer de remèdes structurels à celle-ci, ce Président là n’a pas de leçon d’Europe à donner.

Puis-je avancer que cela ne m’impressionne pas, ne me convainc pas ? Car la crise fragilise aussi Nicolas Sarkozy, elle souligne son échec, cuisant, écrasant même. Ce Président, qui a laissé filer les déficits et la dette comme aucun de ses prédécesseurs, qui a dégradé les finances publiques par ses choix politiques et non du fait de l’impact de la crise, ce Président qui ne connait qu’une cible, la dépense publique, ce Président là n’a pas de leçon de vertu à donner. Sa politique n’est pas un modèle indépassable, elle est même un anti-modèle, voire un repoussoir : les Français, qui condamnent son injustice, l’ont jugée, ils ne vont pas maintenant la réhabiliter ou la valider, surtout si elle ne change pas. Ce Président, qui est resté passif face à la crise de l’euro pendant 18 mois, qui n’a pas su proposer de remèdes structurels à celle-ci, ce Président là n’a pas de leçon d’Europe à donner. Enfin, les vertus « magiques » qu’il prête à sa parole sont loin d’être vérifiées : la réunion de crise qu’il avait convoquée pour utiliser à son profit une hausse espérée des marchés a été accompagnée… de leur effondrement et s’est terminée sans autre conclusion qu’un rendez-vous le 24 août. Il ne suffit pas que le Président apparaisse pour que les marchés s’apaisent… Pour ma part je crois la donne inchangée, malgré les efforts du chef de la droite : l’attente de l’alternance reste aussi forte qu’est faible la confiance placée en lui.

Je plaide, comme tous les socialistes, pour une autre régulation financière, pour un ordre financier international plus juste et plus contrôlé, pour la maîtrise des agences de notation. Mais, à court terme en tout cas, il y a là des réalités que nous ne pouvons négliger

La vraie adversité pour la gauche est ailleurs : comment construire notre propre réponse, et pour cela bouleverser certains de nos modes de pensée ? En face de nous se trouvent en effet les marchés et les agences de notation. On peut certes critiquer l’irrationalité, la fébrilité, la volatilité des uns, déplorer la toute puissance et les jugements politiques des autres – c’est ce qui explique d’ailleurs la dégradation de la note américaine par S&P. Je plaide, comme tous les socialistes, pour une autre régulation financière, pour un ordre financier international plus juste et plus contrôlé, pour la maîtrise des agences de notation. Mais, à court terme en tout cas, il y a là des réalités que nous ne pouvons négliger : l’économie d’aujourd’hui, traumatisée par des années de crise, est allergique à la dette, publique et privée, et tout écart sur ce point est sanctionné, sans pitié, par un renchérissement des taux d’intérêt qui nous prive de toute marge de manoeuvre. Soyons conscients que nous allons vivre avec ça, que notre arrivée éventuelle aux responsabilités sera marquée par ce contexte, que nous n’échapperons pas à l’ardent impératif de réduire les déficits publics et la dette.

Qu’on me comprenne bien : je ne dis pas que la rigueur doit devenir, pour nous, l’alpha et l’oméga du socialisme. Nos finalités ne changent pas : justice, réduction des inégalités, préparation de l’avenir, création d’emploi.

La révolution culturelle que j’évoquais se situe là. Certes, la gauche a montré par le passé sa capacité à bien gérer le pays, à le gérer mieux que la droite, elle en fait la preuve quotidiennement dans les collectivités locales qu’elle dirige. Mais l’équilibre financier ne fait pas partie des objectifs qu’elle poursuit initialement, pas au premier rang en tout cas : la croyance keynésienne en la vertu des déficits, voire de l’inflation, a longtemps été notre patrimoine commun, elle est encore dans certaines têtes. Sur ce point, nous devons évoluer. Qu’on me comprenne bien : je ne dis pas que la rigueur doit devenir, pour nous, l’alpha et l’oméga du socialisme. Nos finalités ne changent pas : justice, réduction des inégalités, préparation de l’avenir, création d’emploi. Et notre attachement au service public reste entier. Simplement, nous devons penser ces fins de façon concomitante aux moyens mis en oeuvre pour les atteindre, dans un cadre financier précis, encadré, programmé.

Nous dirons aussi ce que doivent être les priorités budgétaires d’une gauche aux responsabilités. Car si nous ne pouvons accepter le crédo de l’UMP, qui veut faire porter tout le fardeau de l’ajustement sur les dépenses publiques, nous devons être conscients que nous ne pourrons pas accroitre tous les postes du budget, qu’il faudra même dégager certaines marges d’économie.

C’est ce travail qui nous attend. Ne tombons pas dans le piège, grossier, de la « règle d’or », que Jean-François Copé nous tend à nouveau sans finesse. Ce n’est pas d’une règle constitutionnelle, théorique et au demeurant vague, dont nous avons besoin pour 2013, mais d’un chemin de finances publiques efficace, sérieux, permettant la mise en oeuvre de politiques de croissance et de solidarité, dès 2012. En refusant de voter la « règle d’or », nous ne sommes pas, comme tente de le faire croire la droite, de mauvais patriotes : nous refusons, simplement, de donner un satisfecit à une politique d’une insigne médiocrité. En revanche, il nous appartient d’aller au-delà de l’affirmation, forte, de la nécessité de revenir à 3 % des déficits dès 2012, en disant comment nous le ferons. Il faudra, pour cela, mettre en demeure le Président de la République de renoncer à certains cadeaux fiscaux consentis par la droite depuis 2002, et plus particulièrement depuis 2007. Nous dirons aussi ce que doivent être les priorités budgétaires d’une gauche aux responsabilités. Car si nous ne pouvons accepter le crédo de l’UMP, qui veut faire porter tout le fardeau de l’ajustement sur les dépenses publiques, nous devons être conscients que nous ne pourrons pas accroitre tous les postes du budget, qu’il faudra même dégager certaines marges d’économie. Enfin, il nous reviendra de montrer aussi ce que peut être un saut fédéral réussi pour la zone euro : plus de capacités d’intervention du FESF, une politique de croissance affirmée, une gouvernance effective.

Non, la crise ne suffira pas à faire gagner Nicolas Sarkozy. Le Président tentera, autant qu’il le peut, de ramener son quinquennat d’errement à la gestion de la crise au demeurant contestable. Ça ne suffira pas à faire oublier ses inconséquences, ses injustices et ses provocations. Mais la gauche peut, elle, perdre l’élection présidentielle si elle n’est pas capable de rompre avec certaines de ses routines, avec quelques dogmes, si elle ne sait pas inventer un nouveau paradigme dans cette nouvelle donne. Je suis persuadé que nous le pouvons, et c’est ce à quoi nous nous attelons avec François Hollande. C’est là dessus, sur la définition de cette nouvelle pensée de gauche, sérieuse et juste, que se jouent les primaires, bien sûr, mais au-delà, l’avenir du pays.

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39 commentaires

  • bof dit :

    Incroyable!

    Pour une fois le PS et le marché sont d’accord!

    Ils veulent tous des Eurobonds!

    Qu’on se le dise.

  • hamdoune fannia dit :

    « la vertu des déficits » : j’avais déjà exprimé la caducité du modèle Keynesien et la nécessité impérative de faire évoluer les approches financières et ne plus croire à la sacro-sainte croissance, un déficit raisonnable, ne dépassant pas le tiers des ressources d’un état est gérable et peut apporter la croissance, mais là les déficits sont abyssaux et il n’est plus possible de continuer ainsi, car ce sont nous les citoyens et nos enfants qui devront payer la note! Le discours du président et de la chancelière, cet après-midi était plus qu’urgent à organiser et leurs déclarations vont dans le bon sens, la règle d’or doit être appliquée au sein de la zone euro, en tant que citoyenne je refuse que les déficits continuent à s’aggraver, et il est faux de reprocher cet état de fait à la droite, ce sont et la gauche et la droite les responsables de cet immense catastrophe financière que sont les dettes, je rappelle dette publique, donc la dette des citoyens, refuser la règle d’or serait une hérésie de la part de la gauche et je suis pour ma part en faveur d’un référendum sur cette question de la dette publique, car elle concerne directement l’ensemble des citoyens. Je suis très déçu par l’intervention de Mme Aubry et de tous les socialistes totalement aveuglés et obnubilés par la présidentielle, un peu de sérieux, l’heure est grave, il s’agit d’assainir une situation financière désastreuse!

    • Nicolas(Nantes) dit :

      juste une précision. L’inscription de cette règle d’or dans la constitution n’apportera strictement rien. Notre déficit est énorme, il doit être réduit absolument, constitution ou pas.

      Il s’agit d’une pure et simple opération de communication : le gouvernement tente de faire approuver « l’obligation de la baisse des déficits » par l’ensemble des partis politiques, chose que le PS accepte évidemment, mais ensuite, le gouvernement ne demandera l’avis de personnes quant aux mesures à prendre pour réduire lesdits déficits.

      En gros, vous devez être OK avec nous pour réduire les déficits. Là-dessus, pas de souci, on peut pas vivre à un tel niveau de dettes/déficits.
      Mais ensuite, quid des mesures ? Et là, il y aura confrontation, mais le gouvernement pourra alors dire : attendez, vous avez accepté la baisse, donc hop on y va, vous ne pouvez plus reculer.

      Résumé : c’est de la pure communication. Constitution ou pas, ça ne change rien, il faut réduire les déficits. Cette opération sert simplement à avaliser leurs futures mesures sans avoir son mot à dire.

      • Nicolas(Nantes) dit :

        en plus, je trouve cette règle d’or un peu dangereuse.

        Imaginons que nous revenions à un déficit zéro, mais qu’une nouvelle crise arrive. Nous serions dans l’incapacité, avec cette règle, de faire voter un budget déficitaire pour supporter une nouvelle crise ? Je trouve ça assez suicidaire, ou alors je n’ai pas tout compris.

        D’autant que tous ceux qui proclament haut et fort, aujourd’hui, qu’il faut interdire de voter des budgets déficitaires, sont les mêmes qui ont participé à des gouvernements qui ont fait explosé les déficits (sarkozy, fillon, morin, bayrou, etc.)

        • Pablo dit :

          Je me permet de copier coller une note que j’ai écrit sur mon blog en février dernier:

          Non au budgétarisme constitutionnel

          Le rôle assigné à la dépense publique comme son impact sur l’activité économique est de ces sempiternelles controverses qui opposent les économistes entre eux, mais aussi les politiques, dès lors qu’on aborde la question de la dette publique.

          Conceptualisé par l’économiste néolibéral James Buchanan, le budgétarisme constitutionnel consiste à l’adoption d’une règle à valeur constitutionnelle destiné à interdire, ou restreindre fortement tout au moins, le recours au déficit budgétaire.

          Bayrou proposait une réforme de la Constitution en ce sens en 2007. En 2008, l’Allemagne a adopté une règle budgétaire constitutionnelle visant à plafonner le déficit structurel du gouvernement fédéral à 0,35% du PIB à partir de 2016 et ceux des Länder à partir de 2020.

          Face au risque d’une crise des finances publiques en Europe, l’Allemagne suggère dans son « Pacte de compétitivité » l’adoption, par les autres Etats-membres de l’UE, d’une norme similaire. Sarkozy va dans ce sens et y travaille. Zapatero commence à en parler en Espagne.

          L’idée c’est qu’en adoptant une telle norme, les gouvernements envoient un signal aux acteurs économiques (ménages, investisseurs institutionnels), pour les rassurer sur les engagements financiers de l’Etat, et par voie de conséquence, changer leurs comportements économiques.

          Selon la théorie des anticipations rationnelles, les ménages seraient sensibles au niveau de dette publique. Plus la dette est importante, et plus l’effort fiscal/ budgétaire, pesant sur les ménages, pour la réduire sera important. En conséquence, les ménages épargneraient pour faire face aux ajustements futurs.

          Les marchés financiers financent les émissions d’obligations des Etats, c’est-à-dire l’endettement public. Or plus la dette initiale est élevée et plus la dynamique de la dette nouvelle est importante, moins l’Etat apparait en mesure de faire face à ses engagements présents et à venir. Il en résulte une hausse des taux d’intérêt sur la dette, ce qui renchérit son coût.

          Par ailleurs, en contraignant les Etats à mener des politiques budgétaires restrictives, l’idée est de stabiliser la politique économique dans le temps, et donc de faciliter les choix économiques des agents. Ce faisant on s’inspire des politiques monétaires de ciblage d’inflation menée par les Banques centrales à partir des années 80.

          Pourtant, si la réduction des déficits publics est un objectif louable, je ne suis pas certain qu’un tel instrument soit pertinent. Avec le « Pacte de stabilité » (déficit limité à 3% du PIB), l’Europe a déjà adopté une norme de contrainte budgétaire, avec des résultats décevants pour la période 2002-2008.

          Quand bien même la norme allemande distingue « déficit structurel », résultat de choix politiques et « déficit conjoncturel », dépendant de la situation économique du moment, une telle norme conduira in fine à des ajustements de grandes ampleurs, indépendamment de la conjoncture. Les plans de rigueur adoptés en Europe en ce moment, en pleine période de reprise fragile, risquent de retarder la sortie de crise.

          Le déficit public permet un lissage des à-coups de la conjoncture économique et la réalisation d’investissements de moyen/long termes (le grand emprunt). Interdire les déficits risque d’enfermer la politique budgétaire de l’Etat dans une logique pro-cyclique et sur un horizon de court terme, affaiblissant le potentiel de croissance à moyen/long terme.

          On ne sait pas encore très bien si cette norme s’appliquerait à l’ensemble des comptes publics (Etats, collectivité locales et organismes de sécurité sociale) ou seul le budget de l’Etat. Dans le cadre du financement de la sécurité sociale, interdire le recours à l’emprunt obligerait donc à stopper les dépenses de santé. La régulation du système de santé se ferait, comme en Angleterre, par la constitution de listes d’attentes.

          Le budget des collectivités locales est régi par une norme semblable. Elles ne peuvent s’endetter que pour financer des investissements. Mais il s’agit là moins d’investissements économiques que d’investissements patrimoniaux (genre piscine, complexe sportif etc.) qui engendrent par ailleurs des coûts de fonctionnement. Autrement dit, chercher à distinguer dépenses de fonctionnement et dépenses d’investissements est assez complexe.

          S’attaquer à la question du déficit et de la dette ne peut passer par l’établissement d’une ou plusieurs normes interdisant ou encadrant les déficits. On sait très bien qu’à chaque règle se trouve une exception. Des pays ont montré qu’il était possible de réduire le niveau d’endettement sans s’enfermer dans une logique court-termiste et/ ou une contrainte constitutionnelle.

          Pour réduire leur niveau d’endettement sans compromettre leur potentiel de croissance à venir, l’Union européenne aurait intérêt à se doter des ressources propres et/ou d’une capacité d’emprunt afin de financer les investissements communautaires porteurs (recherche publique, universités, secteurs en devenir) pendant que les Etats (une partie d’entre eux) réduiraient leurs déficits publics.

  • chouka dit :

    Que pensez vous de la réponse apportée aujourd’hui, avec ces propositions sur l’Europe ? Un pas intéressant.
    Le PS doit communiquer avec précaution et intelligence face à ce qui est aussi de la tactique politique ; je n’ai pas été convaincu par la réponse de Benoit Hamon aujourd’hui..

  • […] This post was Twitted by EmmanuelMBig […]

  • Maxence Primé dit :

    Non, la crise ne suffira pas à faire gagner Nicolas Sarkozy. Le Président tentera, autant qu’il le peut, de ramener son quinquennat d’erremment à la gestion de la crise au demeurant contestable

    ca c’est envoyé Pierre !

  • Henri djibrel dit :

    Face à la crise, le commentaire de Pierre Moscovici sur la volonté d’instaurer une véritable révolution culturelle me semble -à tout point de vue- nécessaire. Notre pays va mal, il y a bien longtemps que ce n’est plus un secret pour quiconque.
    Alceste, je te conseille de relire sa tribune car PM a mentionné pour évoquer la situation déplorable que nous sommes en train de vivre

  • Alceste dit :

    Que ce billet, et admirable « pantoum » (1), rende in fine nécessaire (ou fatale) une « révolution culturelle », excusez du peu, on aurait tendance à trouver osée et hasardeuse cette acrobatie rhétorique. Mais que l’auteur y voie le moyen d’y placer le nom de F.Hollande, renvoyant ainsi tous les autres à leur ringardise et leurs prétendus dogmes, voilà qui est encore plus prodigieux. Quoi qu’il en soit, que P.Moscovici se rassure : le conditionnement est aujourd’hui tel, assommés que nous sommes quotidiennement de « vérités » indiscutables, que désormais nous n’avons de planche de salut que dans le conformisme, la massue du consentement universel ayant depuis belle lurette écrasé toutes nos velléités de révolte. Reste une question : Puisque nul, parmi les gens de bonne compagnie, n’oserait contester que la dette soit « l’ennemie de la gauche », maxime remarquable mais qui pour autant ne rassure pas du tout sur les chances de succès de ladite gauche, au contraire – à moins que cela ne soit plus le sujet -, pourquoi faudrait-il donc vouloir absolument remplacer Sarkozy ? Quand, dans ces conditions, il est question de culture par exemple – que de frivolité en Avignon ! – pourquoi donc aurait-on l’idée d’élever la réflexion à la hauteur où elle devrait être et se priverait-on de ces répliques de boutiquier, telles qu’entendues, qui font en général tant plaisir, surtout parmi les déjà privilégiés ? Pourquoi le ferait-on si l’on est incapable de se dépêtrer des raisonnements de la droite, même en jurant que l’on n’a pas le choix ? La servitude ne serait-elle plus, aussi, d’abord, l’ennemie de la gauche ? On est heureux de voir P.Moscovici concéder encore que nos « finalités » n’ont pas lieu de changer. Mais on s’inquiète quand le discours les renvoie en fait aux calendes grecques, à la fois au nom du « réalisme » – figure imposée – mais aussi d’une « nouvelle pensée de gauche », à laquelle, c’est à craindre, il serait hasardeux d’espérer aujourd’hui l’adhésion enthousiaste de nos concitoyens, bien éloignés qu’ils sont, eux, d’avoir une revanche à prendre sur le dernier congrès du PS (2). En tout état de cause, cet exercice d’équilibriste met au rang des lointains souvenirs sa très respectable volonté de « donner du sens » à sa propre candidature éventuelle. A nos yeux du moins, avec autant de sincérité que celle qu’il applique consciencieusement – primaire oblige – , de billet en billet, à son nouveau rôle. In cauda venenum, cela va de soi.
    (1) Par exemple : http://www.cnrtl.fr/lexicographie/pantoum ou encore : http://fr.wikipedia.org/wiki/Pantoum
    (2) Notre ami Bloggy Bag, parlant de « refondation », est infiniment plus constructif.

    • Bloggy Bag dit :

      Dit autrement, un peu de fraîcheur et d’originalité ne pourrait faire que du bien à cette campagne…

      « Le preux chevalier guerroyant gaiement guerroye hardiment ! »
      Erwan de Pouldrezic, XIIème siècle (apocryphe)

  • Dudoubs dit :

    J’ai appris par hasard que notre « petit chat » m’avait dit la vérité à l’époque, ça m’a étonné. Que de souvenirs… comme le jour ou elle a miaulé deux trois arguments dans une AG pour stopper une grève à la fac (il faut croire que certaines vocations sont tardives). En tout cas c’est rassurant de voir la profondeur des convictions de nos dirigeants (et futurs dirigeant(e)s), et que les places sont attribuées seulement au mérite.

    Salutations, camarade.

  • AMEDENOU PLAISIR MODESTE dit :

    BONSOIR MONSIEUR IL Y A QUELQUE CHOSE QUE JE N4ARRIVE PAS A COMPRENDRE DANS LA VIE POLITIQUE ET J4AIMERAIS QUE VOUS M’EXPLIQUEZ
    JE VEUX CA CONFIDANSIELLEMENT DONC VOICI L’ADRESSE A LAQUE VOUS POUVEZ ME JOINDRE modestiose@yahoo.fr OU MON NUMERO DE TELEPHONE +22998474518
    TOUT MES RESPET L’HONNORABLE

  • idc dit :

    J’aime bien votre style : direct, précis et clair. Je vous fais confiance. Puissiez-vous susciter une très large confiance!

  • Bloggy Bag dit :

    Anecdote de fin de semaine. Je consultais ce matin les stats de mon blog et je me suis aperçu que les requêtes qui venaient en tête étaient « moscovici voici » ou « voici moscovici ». A quoi tient la célébrité ?

    Mais je craints fort que ceux qui arrivent chez moi avec ce genre de requête soit un peu frustré ; en effet ils arrivent sur un billet rédigé après le passage de Pierre à Paimpol, il y a bien longtemps déjà ( http://wordpress.bloggy-bag.fr/2010/12/28/news-de-la-presse-paimpol-voici-moscovici/ ). Le décalage de la relecture est assez amusant…

  • Hadrien dit :

    La réponse aux deux commentaires ci-dessous est malheureusement beaucoup plus édifiante encore que la question posée: les Etats ne devraient tout simplement pas avoir besoin des marchés pour se financer, si l’on en croît Ricardo lui-même, pourtant fondateur d’une certaine idéologie libérale…
    Mais sans doute pas assez au goût des sociaux démocrates de service qui s’empressent de venir au secours du secteur bancaire privé (au cas où il viendrait à l’idée de certains d’imiter De Gaulle en le nationalisant)!
    Cf:
    http://postjorion.wordpress.com/2011/08/07/199-ricardo-emission-monetaire-centrale/
    Extrait de « Des principes de l’économie politique et de l’impôt » page 263/264
    David Ricardo:
    Sous le point de vue de l’intérêt national, il est tout à fait indifférent que ce soit le gouvernement ou une banque qui fasse l’émission d’un papier-monnaie, si cette émission est dirigée d’après les sages principes que nous venons d’exposer. Que ce soit l’un ou l’autre qui l’émette, il en résultera à peu prés le même accroissement de richesse nationale ; mais l’effet ne sera pas le même quant à l’intérêt des particuliers. Dans un pays où le taux courant de l’intérêt est de 7 pour cent, et où le gouvernement a besoin, pour des dépenses particulières, de 70,000 liv. st. par an, il importe beau-coup aux individus de ce pays, de savoir s’ils paieront ces 70,000 liv. par an impôt annuel, ou s’ils pourront les obtenir sans payer pour cela d’impôt.
    J’ai déjà observé que, s’il pouvait y avoir une entière garantie qu’on n’abuserait point de la faculté d’émettre du papier-monnaie, il serait tout à fait indifférent pour la richesse nationale, prise collectivement, par qui ce papier fût émis ; et je viens de faire voir que le public aurait un intérêt direct à ce que ce fût l’État, et non une compagnie de marchands ou de banquiers, qui fit cette émission.

    [ Si l’on veut, comme aujourd’hui, éviter l’émission monétaire pour les besoins de l’Etat, la seule réponse est un prélèvement fiscal à hauteur de ces besoins, prenant la ressource là où elle est: chez ceux qui en ont suffisamment pour se transformer en rentier au détriment de l’Etat…
    On ne dira jamais assez que le scandale actuel est plus dans la croissance des immenses sommes disponibles sur les marchés que dans celle des besoins publics des Etats: ceux-ci ne font ainsi qu’emprunter ce qu’ils auraient tout simplement dû prélever!
    Parler de « rigueur » pour réduire les dépenses sans jamais évoquer les recettes relève de la malhonnêteté intellectuelle.
    Rappelons qu’en France:
    – pour les entreprises, 287 niches fiscales et sociales représentent 173 milliards d’imperçus
    – pour les particuliers, 468 niches représentent un total de 72 milliards
    Il y a là de quoi financer trois fois notre déficit actuel de crise et sept fois le déficit d’avant crise…
    Et certains cherchent encore à quels sacrifices on pourrait bien s’astreindre pour éviter de toucher aux exemptions du capital des nantis! ]

    • Hadrien dit :

      Bien entendu, ce qui est dit là du déficit budgétaire voulu peut l’être encore davantage du déficit extérieur, toutes opérations comprises, où notre pays s’enfonce depuis peu (le solde net était encore positif avant 2007).
      L’ouverture dérèglementée tous azimuths avec une monnaie surévaluée nous réservent encore bien du plaisir pour nos emplois et nos acquis sociaux…

      Mais y remédier serait toucher à l’euro-libéralisme et la mondialisation chers aux icônes sociales-démocrates que restent Jacques Delors et Pascal Lamy!

  • Jonas dit :

    Il faudra être véritablement rigoureux, pas au sens de la « rigueur », qui signifie aujourd’hui austérité, et qui n’a d’ailleurs jamais été utilisée que pour signifier des baisses de dépenses qui n’ont pas empêché le déficit ni le creusement de la dette.
    On a gaché le mot de rigueur… et il faudra être très rigoureux dans le cadre d’un état stratège qui assainit ses finances publiques.

  • Jonas dit :

    J’ai entendu Mélenchon dire que la BCE prétait aux banques à 1%, banques qui prêtent ensuite aux Etats à des taux bien plus élevés. JLM propose que la BCE prêtent directement aux Etats.
    Je ne m’y connais sans doute pas assez en économie mais je trouve cette proposition intéressante a priori.
    Quelqu’un peut-il approfondir ?

    • Bangor dit :

      « J’ai entendu Mélenchon dire que la BCE prétait aux banques à 1%, banques qui prêtent ensuite aux Etats à des taux bien plus élevés. »

      Ce n’est pas parce que Mélenchon le dit que c’est vrai. Les banques se financent sur le marché et pas auprès de la banque centrale, pas plus en Europe qu’ailleurs. Il semble que Méluche, comme beaucoup d’autres à l’extrême gauche, confonde le taux directeur de la BCE avec la réalité des taux auxquels les banques se financent sur le marché. J’ai peine à croire que cette confusion ne soit pas volontaire.
      Le taux directeur, qui est de 1,5% et pas de 1%, ne concerne que des opérations de trésorerie de très court terme, entre deux et dix jours.

      • Bloggy Bag dit :

        « Il semble que Méluche, comme beaucoup d’autres à l’extrême gauche, confonde le taux directeur de la BCE avec la réalité des taux auxquels les banques se financent sur le marché. »

        Chez Méluche, je pense que cela est dû à un reste d’étau directeur marxiste…

      • Jonas dit :

        Merci d’avoir appronfondi ;)

      • chouka dit :

        Au plus jusqu’à 6 mois en ce moment, mais c’est une mesure exceptionnelle.
        Cependant attention, cela ne suffit pas à disqualifier la discussion sur le sujet : possibilité pour la BCE d’emprunter ou de prêter aux Etats.
        Au final on en reviendrait sans doute aux eurobonds d’ailleurs.

    • Hadrien dit :

      La réponse est malheureusement beaucoup plus édifiante encore que la question posée: les Etats ne devraient tout simplement pas avoir besoin des marchés pour se financer, si l’on en croît Ricardo lui-même, pourtant fondateur d’une certaine idéologie libérale…
      Mais sans doute pas assez au goût des sociaux démocrates de service qui s’empressent de venir au secours du secteur bancaire privé (au cas où il viendrait à l’idée de certains d’imiter De Gaulle en le nationalisant)!
      Cf:
      http://postjorion.wordpress.com/2011/08/07/199-ricardo-emission-monetaire-centrale/
      Extrait de « Des principes de l’économie politique et de l’impôt » page 263/264
      David Ricardo:
      Sous le point de vue de l’intérêt national, il est tout à fait indifférent que ce soit le gouvernement ou une banque qui fasse l’émission d’un papier-monnaie, si cette émission est dirigée d’après les sages principes que nous venons d’exposer. Que ce soit l’un ou l’autre qui l’émette, il en résultera à peu prés le même accroissement de richesse nationale ; mais l’effet ne sera pas le même quant à l’intérêt des particuliers. Dans un pays où le taux courant de l’intérêt est de 7 pour cent, et où le gouvernement a besoin, pour des dépenses particulières, de 70,000 liv. st. par an, il importe beau-coup aux individus de ce pays, de savoir s’ils paieront ces 70,000 liv. par an impôt annuel, ou s’ils pourront les obtenir sans payer pour cela d’impôt.
      J’ai déjà observé que, s’il pouvait y avoir une entière garantie qu’on n’abuserait point de la faculté d’émettre du papier-monnaie, il serait tout à fait indifférent pour la richesse nationale, prise collectivement, par qui ce papier fût émis ; et je viens de faire voir que le public aurait un intérêt direct à ce que ce fût l’État, et non une compagnie de marchands ou de banquiers, qui fit cette émission.

      [ Si l’on veut, comme aujourd’hui, éviter l’émission monétaire pour les besoins de l’Etat, la seule réponse est un prélèvement fiscal à hauteur de ces besoins, prenant la ressource là où elle est: chez ceux qui en ont suffisamment pour se transformer en rentier au détriment de l’Etat…
      On ne dira jamais assez que le scandale actuel est plus dans la croissance des immenses sommes disponibles sur les marchés que dans celle des besoins publics des Etats: ceux-ci ne font ainsi qu’emprunter ce qu’ils auraient tout simplement dû prélever!
      Parler de « rigueur » pour réduire les dépenses sans jamais évoquer les recettes relève de la malhonnêteté intellectuelle.
      Rappelons qu’en France:
      – pour les entreprises, 287 niches fiscales et sociales représentent 173 milliards d’imperçus
      – pour les particuliers, 468 niches représentent un total de 72 milliards
      Il y a là de quoi financer trois fois notre déficit actuel de crise et sept fois le déficit d’avant crise…
      Et les sociaux démocrates cherchent encore à quels sacrifices on pourrait bien s’astreindre pour éviter de toucher aux exemptions du capital des nantis! ]

      • Bangor dit :

        « Et les sociaux démocrates cherchent encore à quels sacrifices on pourrait bien s’astreindre pour éviter de toucher aux exemptions du capital des nantis! »

        De qui vous moquez vous ? Qui ici a parlé de sacrifices « pour éviter de toucher aux exemptions du capital des nantis » ? Vous déformez nos propos avec une totale mauvaise foi et l’appel à la rescousse des théories de Ricardo est hors sujet. J’ai tout simplement répondu de façon neutre à l’affirmation de Mélenchon selon laquelle les banques emprunteraient à la BCE à 1% pour reprêter aux états avec un fort bénéfice. C’est idiot et c’est faux.

        • Bloggy Bag dit :

          Le bouillant Hadrien avait utilisé la même mauvaise fois lorsqu’il avait balayé d’un commentaire rapide ma proposition sur l’emprunt national forcé ( « Il me paraît donc souhaitable de réfléchir sur la possibilité d’un emprunt national forcé : transformer une partie de l’épargne des Français en emprunt remboursable à court terme (moins de 5 ans) à un taux d’intérêt à fixer. »).

          J’avais eu à un « Encore et toujours le même réflexe conditionné: surtout ne pas prélever sur le capital des riches; le leur emprunter, avec intérêt…que paieront les pauvres et les classes moyennes en TVA! »

          Réponse lapidaire qui sous-entendait que l’on est riche dès que l’on épargne 4 sous et que « un taux d’intérêt à fixer » veut forcément dire dans nos cerveaux socdem « une rentabilité digne du loto ».
          Pour expliciter les choses, dans mon esprit le taux en question oscillait entre 0 et l’inflation, mais contrairement aux marxistes impénitents, je désirais que l’on débatte du principe et que l’on négocie in fine les modalités, le taux n’étant qu’une modalité à fixer par le consensus dans l’intérêt général.

          • Bloggy Bag dit :

            Pour fixer les idées, en 2010 les Français ont épargné environ 16% de leur revenu.

            « L’épargne des Français est restée majoritairement investie en assurance-vie. Elle a totalisé en 2010 quelque 77,3 milliards d’euros de dépôts, contre 76,9 milliards en 2009. Le montant total des sommes déposées sur ces contrats était de 1149 milliards d’euros à la fin 2010. Les contrats en unités de comptes ne totalisent, eux, que 211 milliards d’euros. » ( http://www.lefigaro.fr/placement/2011/06/23/05006-20110623ARTFIG00626-les-francais-privilegient-l-epargne-securisee.php ).

            Le déficit de 2010 est d’un peu moins de 150 milliards. Il semble donc que nous soyons capables de nous passer des marchés financiers, ou en fonction des intérêts de la France et de son indépendance, d’aller sur les marchés en position de force. Cela ne résout pas le problème de fond qui est celui de l’équilibre à moyen terme des comptes, mais cela résoudrait celui de notre souveraineté financière.

          • Bloggy Bag dit :

            Au passage, cet emprunt aurait un autre intérêt : au moment du remboursement cela représentera un formidable apport d’argent boostant le moral et la croissance française : l’effort de relance de 2009 n’avait été que de 26 milliards – http://www.gouvernement.fr/gouvernement/plan-de-relance-de-l-economie-francaise alors qu’on parle ici de près de 200 !

  • Thanel Edmond dit :

    Très intéressant article….sauf que tu sembles oublié que certains (certaine devrais-je dire) socialistes ont depuis longtemps réfléchie à la situation que nous connaissons aujourd’hui et qui était somme toute assez prévisible malheureusement. Il y a deux jours, Ségolène Royal qui n’est pas en vacances a fait une conférence de presse dans laquelle elle fait 7 propositions mûrement réfléchies. Attendre encore 15 jours pour mettre en place un comité de réflexion me semble un peu riche comme solution…Or nous n’avons plus les moyens d’attendre…cet attentisme (le seul dont on fait éta dans les médias:) commence à avoir un impact sur notre crédibilité collective. Je te mets le lien vers la conf de presse de Ségolène….les propositions qu’elle y fait me paraissent digne d’intérêt :)
    1/ Créer un fonds souverain européen (ou « Trésor public européen »);
    2/ Créer une agence publique en charge de noter la dette des États membres;
    3/ Mettre en place un gouvernement européen capable d’agir (Dans un premier temps, un ministère de l’économie franco-allemand);
    4/ Taxer les transactions financières;
    5/ Interdire la spéculation sur les dettes des États;
    6/ Adopter un plan de relance européen d’abord axé sur l’industrie de la croissance verte;
    7/ Réformer le système bancaire et appliquer les règles prudentielles de Bâle II…

    http://www.leblogdesegoleneroyal.fr/la-presidente-des-solutions/conference-de-presse-de-segolene-royal-sur-la-crise-le-mercredi-10-aout-2011/

    • Bloggy Bag dit :

      Je n’avais pas le sentiment que FH passait son temps sur la plage… http://www.google.fr/search?q=cameron&ie=utf-8&oe=utf-8&aq=t&rls=org.mozilla:fr:official&client=firefox-a#q=hollande&hl=fr&client=firefox-a&hs=ysS&rls=org.mozilla:fr:official&prmd=ivnsum&source=lnms&tbm=nws&ei=cdxETq2aDovJsga_4MCiBw&sa=X&oi=mode_link&ct=mode&cd=4&sqi=2&ved=0CCAQ_AUoAw&bav=on.2,or.r_gc.r_pw.&fp=1b341205fd8efe16&biw=1513&bih=1175

      Concernant ces propositions, c’est à la fois une collection d’outils dont on est supposé admettre sans démonstration ou arguments la pertinence et une jolie vision d’énarque étatiste. Quelle est la finalité, quel est l’horizon idéologique ?

      Le cas des agences de notation est typique. Aujourd’hui, elles sont contestées parce qu’elles sont juges et parties, qu’elles n’ont pas été très lucides dans le passé, que leurs décisions trop souvent mal fondées mettent en péril la souveraineté économique des États. En quoi une agence publique résoudrait-elle un de ces problèmes ?
      A mon sens, ce qui coince aujourd’hui c’est l’incapacité des États à recouvrer leur souveraineté financière : nous sommes intoxiqués et dépendants à l’emprunt, et nous n’empruntons que sur les marchés mondiaux, nous leur sommes donc soumis.
      J’ai déjà évoqué les solutions possibles, elles sont diverses. Mais ce n’est pas l’outil qui fait la solution, mais bien la pensée qui guide cet outil. Or Royal a toujours justement été incapable d’avoir une pensée idéologique solide, préférant des réponses ponctuelles aux demandes de l’agora. C’est un choix politique défendable, ce n’est pas le nôtre.

    • baillergeau dit :

      *Un fonds souverain européen, sans dire de quoi il doit être assorti est sans intérêt.
      *Créer une agence publique…? un nouveau thermomètre ne guérit pas le malade
      *Un gouvernement européen ? Où est le début du début depuis 2008 ?*Taxer les transactions financières ? impraticable selon l’auteur de la mesure !!! On peut aussi encourager la prostitution et taxer les passes ?
      *Interdire la spéculation sur les dettes des États – On y est ! Merci Paul Jorion et pas quelqu’un d’autre !
      *Plan de relance européen ! Où on a vu que ça se décrétait ?
      *Réformer le système bancaire et appliquer les règles prudentielles de Bâle ? Regarder l’avancement des travaux…

      Tout ça est piqué à gauche ou à droite, sans aucune idée neuve, il y a des conseillers qui ont vieilis – reveille-toi Keynes et PMF !

      Deux idées piquées à Paul Jorion:

      1)Rendre impossible pour une banque d’emprunter plus de dix fois ses propres ressources.

      2)Bloquer les transactions financières avec tout organisme :
      a) refusant, de transmettre les données sollicitées,
      b) dont l’objet est «l’optimisation» ou la fraude fiscale,
      c) dans l’incapacité de démontrer que l’origine des fonds qu’il détient n’est pas frauduleuse,
      d) dans l’incapacité de prouver l’existence d’une activité réelle.

      Après, on voit venir !

  • baillergeau dit :

    La situation financière mondiale a été mise à nu en 2008.
    Depuis la gauche n’a pas mobilisé sur le sujet au niveau où elle pouvait le faire en Europe et ailleurs.
    Le malade a une nouvelle poussée de fièvre et rien ne nous dit si les choses ont changé – je ne vois pas pouquoi ça changerait !
    Un sujet international n’est pas électoralement porteur et notre critique de ce que fait ou ne fait pas le triste Sarko suffit….c’est pathétique !
    Si, par la malice d’un Dieu sadique, nous gagnons en 2012, serons-nous faire quelque chose de notre victoire ? J’en doute un peu plus chaque jour.
    Ce n’est pas de la morosité, c’est une bouteille à la mer !

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