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Engager la France dans la transition énergétique

Catégorie : Réflexions | Par pierre.moscovici | 28/09/2011 à 15:36

Pierre Moscovici publie une note pour la Fondation Jean Jaurès, intitulée « Engager la France dans la transition énergétique ».

Nombreux sont nos voisins européens à s’engager vers une sortie du nucléaire. Comment la France, pays le plus « nucléarisé » au monde, peut-elle réagir à l’après Fukushima ? Pierre Moscovici présente un scénario nous permettant d’envisager une transition énergétique.

Retrouvez l’intégralité de cette note sur le site de la Fondation Jean Jaurès :  http://www.jean-jaures.org/Publications/Les-notes/Engager-la-France-dans-la-transition-energetique/%28language%29/fre-FR

Synthèse

La préparation de la France à la transition énergétique est désormais une nécessité absolue. Reste à en définir les modalités.

Afin de préserver son indépendance énergétique, la France n’a cessé de développer son parc nucléaire, à l’origine de 75 % de sa production d’électricité. Cet engagement s’explique par les nombreux avantages que peut représenter l’atome : une production d’énergie avec une émission limitée de gaz à effet de serre, une dépendance réduite vis-à-vis des producteurs d’hydrocarbures, l’élaboration d’une filière industrielle d’excellence, créatrice d’emplois. Cependant, les problèmes que pose le nucléaire sont à la hauteur de ses avantages et les événements du 11 mars dernier en sont une parfaite illustration.

La catastrophe de Fukushima, qui s’est produite dans un pays où il y a tout lieu de croire que les mesures de sécurité sont d’autant plus draconiennes que les risques sismiques sont élevés, nous permet de réévaluer les risques pesant sur notre propre politique de sécurité. Les opinions ne sont pas restées neutres et, aujourd’hui, les Français, qui, pour la moitié, estimaient avant 2010 que l’importance du nucléaire dans notre mix énergétique constituait un avantage, sont 77 % à se déclarer favorables à une sortie de l’atome. Pourtant, au sein de cette forte majorité, bien peu sont prêts, y compris parmi les sympathisants d’Europe Ecologie-les Verts, à en assumer les surcoûts !

Afin de dépasser le débat entre pro- et anti-nucléaires et de proposer un scénario différent de ceux rendus publics à ce jour, qui reposent sur un horizon de long terme (2030-2050), une priorité absolue donnée à la maîtrise de la demande d’énergie et le maintien d’une part d’électricité produite à partir du charbon et/ou du gaz pour pallier l’intermittence de certaines énergies renouvelables et équilibrer le système électrique, il est possible de tracer un chemin ambitieux préparant l’après nucléaire.

Ce chemin se fonde sur cinq grands principes : la volonté de conserver l’excellence industrielle française en matière énergétique et de développer les emplois qui en découlent ; le respect des contraintes budgétaires de l’Etat et du pouvoir d’achat des ménages ; l’inscription dans une perspective de long terme afin de se concentrer sur la maîtrise de la demande énergétique ; la certitude que la stabilité du cadre de régulation est indispensable à la réalisation d’un objectif ambitieux ; le refus de sacrifier unilatéralement les exigences de Kyoto : la transition énergétique ne se fera pas au profit d’énergies moins coûteuses à court terme que les énergies renouvelables mais dont les performances en termes de rejet de CO2 sont incomparables.

L’application de ces principes nécessite d’inscrire la transition énergétique dans un cadre de régulation renforcé et de doubler l’investissement dans la maîtrise de la demande et les énergies renouvelables ; or cette exigence constitue également une opportunité : celle de faire de la France l’un des leaders mondiaux en matière d’énergie verte. Avant cette transition progressive, les centrales en fin de vie ou présentant des risques majeurs, comme celle de Fessenheim, doivent être démantelées. Mais notre ambition énergétique sera vaine si elle n’est que nationale, elle doit faire l’objet d’une priorité européenne réaffirmée et concrétisée.

Plutôt que de débattre indéfiniment de la sortie du nucléaire à l’horizon 2040, 2050 ou 2060, il est proposé ici de s’engager fermement et précisément pour les quinze prochaines années. C’est-à-dire celles qui relèvent de la responsabilité du prochain président de la République. Dès le début du prochain quinquennat, un grand débat national sur la transition énergétique devra être proposé afin que la préparation des conditions économiques et sociales de l’après nucléaire puisse faire l’objet d’un large consensus national.

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25 commentaires

  • Pierre BONN dit :

    EOLIEN INDUSTRIEL. Pour le CITEPA (Centre Intertechnique de l’Etude de la Poluution Atmosphérique) il n’y a que 5% en moyenne des émissions de GES qui proviennent des centrales thermiques à flamme. Quelque soit le nombre d’éoliennes, elles sont sans effet sur les 95% restant. Pire : à cause de son intermittence, l’éolien industriel doit être épaulé par des centrales thermiques à combustible fossile et il est dans la cause de plus d’émissions de GES.
    Le kWh éolien est racheté à un prix exorbitant par EDF qui les refacture aux usagers. Compte tenu des centrales thermiques de régulation et des coûts d’adaptation du réseau cela représente plus de TROIS MILLIARDS PAR AN pris dans la poche des français (en pleine crise). Cela fait la fortune des promoteurs qui se disputent les places du « Fortune 500 » de Challenge. Ces promoteurs n’hésitent pas à utiliser mensonges, chantage et corruption pour arriver à leur fins. Ils sont soutenus par des « vert » psycho-rigides qui croient que l’éolien va les sauver du nucléaire. S’il faut remplacer du nucléaire par des centrales gaz/fuel/charbon/lignite c’est moins coûteux et moins nuisible sans éolien – mais que proposent-t-ils quand il n’y aura plus de combustible fossile (ou alors à des prix …).
    Il y a 400 000 ménages (plus de 2% des électeurs) qui sont écœurés par l’éolien, son coût et ses nuisances insupportables sonores, visuelles, sociales, mobilières, touristiques, …. Sarkozy a conforté cette arnaque désastreuse initiée par Jospin. Le centre avec Borloo, Lepage est éolâtre. Les socialistes sont soit pour (S.Royal) soit ne se prononcent pas pour ne pas se mettre les verts à dos ? (verts qui ne voteront pourtant jamais Sarkozy). Faudra-t-il que, totalement désespérés il leur reste plus que « casser la baraque » et voter Le Pen ?!!!! Ne nous obligez pas à cela !

    • Bangor dit :

      Tout cela est vrai même si les écologistes prétendent le contraire. Pourtant le Danemark, champion des éoliennes, est aussi l’un des pays qui émettent le plus de CO2 car il a fallu développer des centrales au charbon pour épauler les éoliennes.

  • Pit dit :

    L’optimisation de la production hydraulique est une réponse (10% de la production actuellement) de plus maîtriser pour tous les acteurs (tourisme, collectivités, eau-potable, agriculture..) en fait une priorité citoyenne. Pour les anti-EDF éteignez vos écrans plats décodeur, climatiseur, ordinateur, adsl, GSM, chauffages électrique et laissez le confort aux autres ou achetez vous des groupes électrogènes.

  • titeuf dit :

    HOLLANDE VEUT GERER LA FRANCE ET LA CORREZE QU IL PRESIDE EST UN DES PLUS ENDETTE ? C EST BIEN QUAND ON VEUT GERE LA CRISE ET LA FRANCE.

    EN TERME DE DEPENSE HOLLANDE FOURNIT DES I PAD A TOUS LES ECOLIERS ET ENSEIGNANTS DE CORREZE ET CA COUTE 1.2 MILLIONS D EUROS / SUPER POUR UN FUTUR PRESIDENT QUI SE DIT LE PAPE DES ECONOMIES . CA VA Y ALLER DANS LES DEPENSES EN 2012 ET APRES AVEC HOLLANDE .

    DEPUIS 2 ANS IL A PAS FAIT GRAND CHOSE A PART REPETER POUR ETRE PRESIDENT . HEUREUSEMENT SINON QU EST CE QUE CA SERAIT DANS LES DEPENSES .

    • Bangor dit :

      Arrêtez de hurler Titeuf. Comment se fait il que vous écriviez ici après avoir osé ce message :

      « titeuf dit :
      27 septembre 2011 à 15:05
      Eh les gars ci dessous, je sais pas si vous avez remarqué ,mais vous êtes toujours la même petite bande de 5 à 7 cloportes à scribouiller sur le blog de Moscovici sur lequel personne d’ autres que vous ne vient écrire.
      Ce blog comme tout les autres de site F.Hollande est bidon et vous ne le voyez même pas .

      AVEZ VOUS DU TEMPS A PERDRE ?

      VOUS Z’ETES NUUUUUULLLLLLLLLLLLLLLs !!!! »

      J’en déduis donc que vous n’êtes qu’un cloporte, que vous avez du temps à perdre et que VOUS Z’ETES NUUUUUULLLLLLLLLLLLLLL !!!! »

      S’agissant de la Corrèze, vous devriez vous renseigner avant de hurler et d’écrire des bêtises. F. Hollande ne préside le conseil général que depuis 2008 et ce sont les comptes du musée Chirac qui plombent le budget départemental.

  • Siolgnal dit :

    EDF, LE COLOSSE AUX PIEDS D’ARGILE

    Le fleuron de ce qui reste des entreprises publiques en France affiche une façade à la Potemkine. Il va lentement mais sûrement vers la dégradation après se demi-privatisation décidée en 2004, avec ouverture du capital en 2005. A l’époque, l’action a été introduite en bourse au prix sous-estimé de 32 euros (pour réussir l’opération et pour satisfaire les investisseurs ravis de privatiser le capital collectif) ; elle n’en vaut plus que 26, en baisse continue depuis 2010. Ce qu’il y a aussi d’amusant, c’est que les agents d’EDF avaient eu droit à des titres à prix d’ami (28 euros, si je me rappelle bien) au lieu d’une augmentation de salaire… Cela, avec la bénédiction des syndicats.

    EDF, c’est 42,5 milliards d’euros de dette au 1/1/2010 pour 17,5 milliards de résultat d’exploitation et 65 de chiffre d’affaires en 2010. Une opération comptable de vol des provisions constituées pour le démantèlement des centrales périmées (un fonds dédié est obligatoire) a rapporté 12 milliards mais la dette nette n’a baissé que de 8,1, la ramenant à 34,4 au 31/12/2010 et cela malgré la cession du réseau britannique pour 6,7 milliards. En 2010, le bénéfice est tombé de 3,9 milliards en 2009 à 1 seul. Proglio a dû passer 1 milliard de provision pour rompre avec Constellation Energy, achetée aux USA (pour 4 milliards en 2009) d’en l’espoir d’y fourguer de l’EPR, et 915 millions chez sa filiale à 49,9 % Edison en Italie (pas de majorité suite à l’opposition de Berlusconi à la prise de contrôle d’Edison par EDF). De plus, le land allemand du Bade-Wurtemberg veut virer EDF d’ENBW où elle détient 45 % des titres. Malgré tout EDF a versé un dividende… supérieur au bénéfice de 2010 car l’Etat impécunieux et voleur est actionnaire à 85 %.

    Tout cela, c’était avant la catastrophe de Fukushima qui a entraîné le retrait de l’Allemagne et de l’Italie du nucléaire. Cela signifie qu’EDF devient le seul gros client d’Areva pour l’enrichissement de l’uranium (ex-Eurodif), le retraitement des déchets, la production avec eux de MOX (produit très dangereux, ce qu’a montré Fukushima) ; les prix vont donc monter pour notre cher producteur nationale d’électricité nucléaire. Mais qui va payer Doudou dis donc ? EDF, devenue leader dudit nucléaire en France après le non-renouvellement de Mme Lauvergeon à la tête d’AREVA, va devoir réviser ses ambitions françaises et tsarkozyennes pour la propagation des centrales EPR. Déjà, Abou Dhabi avait choisi la Corée du Sud (petits réacteurs bien moins puissants et coûteux que l’EPR) dans un appel d’offre au grand dam de Tsarkozy et avec la complicité implicite de Proglio qui, lui, préconisait des centrales moins sûres… avant Fukushima ; après, changement de discours : il faut acheter de l’EPR car il serait beaucoup plus sûr. Cette affirmation est contestée par des experts par suite des déboires de l’EPR construit en Finlande. Ce dernier chantier a déjà pris 4 ans de retard et sont coût est passé de 3 à 6 milliards d’euros. A cette occasion, les autorités de sûreté ont constaté moult malfaçons dues à Bouygues et ont vu que le système de contrôle commande était très insuffisant (pas assez de redondance des circuits en cas de panne du réseau principal). Bouygues s’illustre aussi sur l’EPR de Flamanville en faisant appel à des sous-traitants faisant du trafic de main d’œuvre polonaise avec contrats de travail douteux et appliquant en France le droit social polonais (ouvriers payés 2 fois moins, sans SS, etc.). Bouygues forcerait aussi sur la sous-déclaration des accidents du travail à Flamanville. Comme EDF est le donneur d’ordre, la chose ne saurait manquer de rejaillir sur elle avec les pénalités y associées. Par ailleurs, Fukushima a lancé un grand mouvement de hausse des normes de sécurité, ce qui va encore augmenter des coûts de construction déjà très élevés, de même que le prix du KWh. Ce dernier va monter à 60 euros le MWh alors que Proglio vient d’obtenir 42 (au lieu de 45 demandés contre 38 offerts) pour vendre le quart de son jus nucléaire à ses concurrents (suite à la loi NOME, nouvelle organisation du marché de l’électricité, imposée par Bruxelles et le gouvernement afin d’ouvrir le secteur à la concurrence « libre et non faussée) ! Devinez qui va payer la facture ?

    Le nucléaire en France s’est construit dès le début sur la base de décisions des gouvernements, par décrets, sans consultation du parlement. Les politicards ont monté un Meccano où tout se tient par la barbichette sous la houlette des ingénieurs X-Mines ; il a fallu attendre 2006 pour qu’une loi très modérée installe quelque contrôle des opérateurs nucléaires. Loi souvent violée et, mieux, sans décrets d’application, comme par exemple pour la surveillance du fonds dédié à doter par EDF pour provisionner le coût du démantèlement des vieilles centrales déclassées. Ce coût est estimé par EDF (!) à 35 milliards ; or la désaffection de Brennilis (1ère et minuscule centrale) va déjà couter 500 millions. Les experts étrangers ou indépendants (fort rares en France et souvent en conflits d’intérêts car ils font des ménages pour EDF) estiment le coût réel pour 58 tranches à entre 100 et 200 milliards d’euros. Devinez qui va payer ? La loi inappliquée de 2006 pour le contrôle du fonds a permis à EDF de le provisionner seulement 12 milliards fin 2010 (ce qui est exigé pour l’instant), après avoir pioché dedans. Sont très sous-estimés aussi les coûts de stockage des déchets, surtout pour ceux de très longue durée de vie pour lesquels seul le site de Bure existe aujourd’hui. Les Allemands avaient un site eux aussi ; celui-ci s’est révélé fuyant dans la nappe phréatique et on a été obligé de le vider. Quand aux assurances en cas d’accident, on est dans le ridicule : EDF est tenu à indemniser à hauteur de 91 millions et la France de 500 ; c’est à comparer aux dégâts de Fukushima estimés à entre 100 et 150 milliards d’euros ! Du reste, nul assureur n’existe pour de tels risques. Devinez qui va payer en cas de gros accident ou de la multiplication des « viandes à REM » développant un cancer à l’instar des travailleurs de l’amiante ?

    En catastrophe, le mot est juste, l’Europe vient d’imposer des « stress tests » comme pour les banques. La France a obtenu que ces tests ne porteraient pas sur les séismes ni sur le crash d’un gros avion genre les tours jumelles de New York en 2001. Mieux, il semble que ce soient les autorités françaises qui procéderont à ces tests et non des experts européens ! Or les experts en France sont juge et partie, stipendiés par le lobby nucléaire. Rappelons-nous les exploits du Professeur Pellerin (poursuivi mais en quelque sorte acquitté !) qui avait dit que le nuage radioactif de Tchernobyl s’était arrêté aux frontières de la France ; ou de l’inénarrable professeur Tubiana, directeur de la sûreté nucléaire à EDF, qui avait estimé le nombre de morts en Ukraine à 30 ! Gageons que les Allemands et autres finiront par obtenir des tests plus sérieux et plus indépendants au niveau européen. D’où il ressortira une remise à jour de nos centrales vers de nouvelles normes drastiques, ce qui augmentera encore les coûts. Devinez qui paiera ? Les tranches de type PWR (pressurized water reactor, licence Westinghouse, 17 en France dont Fessenheim) seront les 1ères touchées.

    EDF s’enorgueillissait d’exporter du jus ; cela est bien compromis car les capacités de production (en recul de 5 % en 2010) sont atteintes par les révisions de tranche dont le coût et la durée de travaux s’accroissent avec le vieillissement des installations, dont pourtant EDF et le gouvernement veulent porter la durée d’amortissement de 30 à 40 ans, voire plus (une mise à niveau pour prolongation de l’usage coûte 500 millions minimum et cela avant le durcissement des normes qui va se produire en Europe). Rappelons que le taux de disponibilité des tranches nucléaires françaises n’est pas fameux avec seulement 82 à 83 %, en dessous du taux US ou britannique. Par ailleurs, les sécheresses se multiplient et déjà en 2011 l’étiage des rivières ou fleuves est bien bas ; rassurons-nous ; dans sa bienveillance le gouvernement autorisera EDF à continuer de pomper la flotte de tous en donnant une dérogation sur le seuil de température des eaux au-delà duquel il faut ralentir les centrales ou les fermer. Il est donc probable qu’avec un peu plus de temps, EDF ne vendra plus aucun courant même aux Allemands qui en auront pourtant besoin avec la fermeture très rapide de leurs centrales nucléaires. Devinez qui va payer les centrales à gaz ou au charbon qu’il faudra mettre en service pour passer les pointes de consommation et les étés ? De plus, la concurrence entre EDF, GDF-Suez et autres fournisseurs (dont une boîte dirigée par un ex-directeur commercial d’EDF !) s’intensifie ; il faudra bien veiller à ne pas estourbir les clients par des tarifs trop élevés.

    EDF avait poussé au chauffage électrique pour rentabiliser ses centrales ; manque de pot le chauffage devient bien trop ruineux pour les habitants des logements tout-électrique ; ils fuient et profitent des aides pour l’isolation, ce qui diminue heureusement la consommation, donc les résultats financiers d’EDF. EDF va sans doute perdre une bonne part de ses 500 concessions de barrage hydraulique (ouverture des appels d’offres à tout soumissionnaire au lieu du vieux monopole). Or les centrales hydrauliques produisent pour pas cher du tout (elles sont amorties, télécommandées et ont peu d’entretien sauf les grands barrages) et leur courant fait baisser le coût de revient moyen de l’électricité. C’est la raison pour laquelle le gouvernement avait cadeau à Suez de la CNR (compagnie nationale du Rhône). Une bonne nouvelle, toutefois : EDF Energies nouvelles (où EDF vient de prendre tout le capital) a obtenu un droit d’installation du photovoltaïque juste avant que le gouvernement n’amenuise très sérieusement les facilités offertes (aux frais des clients par le biais de la taxe de « contribution au service public de l’électricité), violant en cela son propre plan issu du Grenelle de l’environnement. Il doit y avoir des ondes favorables quelque part sous forme d’accointances…

    EDF est limitée dans l’augmentation des tarifs (elle réclame 5 % par an mais n’a eu que 2,8 au 1er juillet 2011). En effet, cela pèse sur le pouvoir d’achat et les taxes qui pèsent sur l’électricité ressemblent à la gabelle (40 % à paris !, on se rapproche de la TIPP à 60 % sur l’essence). Or on a vu qu’il faut s’attendre à un prix de revient fortement accru par suite des tribulations décrites ci-dessus. Dur, dur la vie de PDG et de ministre de Ganelon-Besson.

    Le climat social n’est plus ce qu’il était. Passons sur le choc des cultures de service public (chez les vieux agents) et de gestion libérale. Cela fait 20 ans que l’on y est et par le biais du recrutement et des promotions EDF a depuis longtemps une masse importante de béni-oui-oui. Je veux parler de ce que l’entreprise n’hésite plus à faire appel à l maison Pouleman, aux huissiers, aux tribunaux pour faire la chasse aux syndicalistes et aux grévistes. C’est la nouvelle forme du dialogue social à la sauce libérale comme aux USA. Parallèlement, les conditions salariales maigrissent. Les progressions générales de salaires sont en berne au profit de l’avancement au mérite (ou « prime de lèche ») et de l’épargne salariale. La cotisation retraite est passée de 7,85 % à près de 12. L’âge de la retraite légale va augmenter à partir de 2016. Il est question de diminuer voire de supprimer l’avantage des agents sur le prix de l’électricité, tentative avortée pour l’instant, avantage en nature (électricité à 10 % de son prix normal) dont la fiscalisation vient d’être joliment augmentée en douce. Tout cela dans le temps où les dirigeants se sucrent grassement. Un directeur délégué touche maintenant, fixe et primes variables compris, 60 000 euros par mois (400 000 francs) à comparer au salaire de l’ex-PDG Marcel Boiteux (environ 120 000 francs). Ah qu’il est loin le temps où les dirigeants d’EDF travaillaient en vue de l’intérêt général avec des écarts de salaire faible avec leurs troupes. Ces 60 000 euros sont à comparer au salaire du prolo de base, soit dans les 2200 euros. On est donc passé à une différence de près de 30 fois. Et ce n’est pas fini car Proglio (spécialiste des « bonnes « relations avec les autorités concédantes, ami de Tsarko et ex-copain du clan pré-mafieux Guérini à Marseille) ramène à EDF ses copains de VEOLIA avec des contrats en or. On peut donc s’attendre à une explosion sociale un de ces quatre matins.

    Devant les menaces qui pèsent sur le nucléaire, EDF promet et promeut les énergies renouvelables (d’où sa reprise totale de sa filiale EDF-Energies Nouvelles). Il serait temps même si la différence de coût risque d’être ennuyeuse pour les tarifs et les clients. Qui va payer ?

    Il suffirait d’un incident obligeant EDF à fermer momentanément les tranches nucléaires de type PWR pour que l’entreprise s’effondre. Aussi, je ne saurais trop conseiller aux heureux détenteurs de titres EDF de les liquider illico presto ; ils ont déjà perdu de la valeur mais ce n’est rien à côté de ce qui risque d’arriver.

  • Bangor dit :

    Lu dans le Monde daté d’aujourd’hui. La tonalité n’est pas la même que dans la note de Pierre, mais avant de s’aligner sur les thèses de l’écologie politique, il faudrait répondre sérieusement à des affirmations comme :
    -On ne peut pas se passer du nucléaire. Il fournit déjà 14 % de l’électricité mondiale. Et ce sera 24 % en 2050, selon l’Agence internationale de l’énergie.
    -Il y a actuellement soixante-cinq réacteurs en construction dans quinze pays. Je doute que la Chine et l’Inde renoncent à leurs projets.
    – Le nucléaire donne une certaine indépendance énergétique, comme en France. Si vous en sortez, vous dépendez du charbon, du pétrole et du gaz, dont les prix augmentent fortement. Et comment, alors, lutter contre le réchauffement climatique ?
    -Les énergies renouvelables ne peuvent assurer une production de base. Soyons réalistes : pour les cinquante prochaines années, on aura besoin du nucléaire.

    Directeur de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) de 1997 à 2009, Prix Nobel de la paix en 2005, Mohamed ElBaradei devait intervenir à Paris, mercredi 28 septembre, dans le cadre d’un colloque sur l’énergie organisé par le cabinet KPMG. Il analyse pour Le Monde l’avenir de l’énergie nucléaire après l’accident de Fukushima.

    Quels enseignements tirez-vous de l’accident de Fukushima ?

    J’en tire deux : il va falloir améliorer la sûreté pour les 430 réacteurs en exploitation dans le monde, car on était plus laxiste il y a trente ans, et accélérer l’introduction des nouvelles technologies, qui sont bien plus sûres. Quitte à être parfois brutal et à ne pas hésiter à fermer les vieilles centrales, dont on ne peut pas améliorer la sûreté. Je suggère de commencer l’examen par celles de type RBMK (comme à Tchernobyl), qui n’ont pas d’enceinte de confinement, et les réacteurs de type Fukushima. Il faut aussi trouver un moyen d’inspecter les réacteurs militaires.

    Le nucléaire a-t-il toujours un avenir ?

    On ne peut pas se passer du nucléaire. Il fournit déjà 14 % de l’électricité mondiale. Et ce sera 24 % en 2050, selon l’Agence internationale de l’énergie. Un milliard et demi d’êtres humains n’ont pas accès à l’électricité. Et sans cela, il n’y a pas de développement.

    Fukushima va-t-il néanmoins ralentir son développement et accroître ses coûts ?

    Le nucléaire sera sans doute plus cher, en raison de l’usage des nouvelles technologies et du renforcement de la sûreté, mais je ne le vois pas ralentir beaucoup. Il y a actuellement soixante-cinq réacteurs en construction dans quinze pays. Je doute que la Chine et l’Inde renoncent à leurs projets.

    Plusieurs Etats l’ont pourtant fait : Allemagne, Suisse, Italie…

    Oui, mais prenez la Suède, qui avait programmé la sortie du nucléaire en 1980 : elle avait alors douze réacteurs ; elle en exploite onze aujourd’hui. Le nucléaire donne une certaine indépendance énergétique, comme en France. Si vous en sortez, vous dépendez du charbon, du pétrole et du gaz, dont les prix augmentent fortement. Et comment, alors, lutter contre le réchauffement climatique ?
    Le nucléaire est une partie de la solution. Les énergies renouvelables ne peuvent assurer une production de base. Soyons réalistes : pour les cinquante prochaines années, on aura besoin du nucléaire. Des pays à forte population, comme l’Indonésie et le Vietnam, sont sur les rangs. La Turquie vient de confirmer des projets. Et d’autres s’ajouteront à la liste…

    Quel type de régulation serait souhaitable, et en s’appuyant sur quels standards ?

    Les standards de l’AIEA sont un point de référence. Et vous pouvez y ajouter des standards nationaux complémentaires. Les audits des centrales doivent être obligatoires. Ils ne le sont pas aujourd’hui, et c’est un défaut majeur dans le système de sûreté international. Si un pays veut utiliser l’énergie nucléaire, il doit les accepter. Car si un accident se produit, il a des conséquences mondiales.
    Le temps des audits effectués par des experts internationaux indépendants est venu. Après Tchernobyl ou Fukushima, les pays ne peuvent plus se retrancher derrière l’argument selon lequel la sûreté relèverait de la souveraineté nationale. Dans notre cadre mondialisé, ce concept de souveraineté a évolué. Un exemple : les pandémies, contre lesquelles un pays ne peut pas lutter seul. Un pays ayant opté pour le nucléaire doit accepter que ses voisins et le reste du monde lui demandent si ses réacteurs sont sûrs.
    Comment inciter les gouvernements à emprunter cette voie ?
    La pression de l’opinion est importante, car les gouvernements sont des « animaux » qui bougent lentement. Il faut que certains pays lancent le mouvement, en acceptant des audits obligatoires effectués par des experts étrangers, dans un cadre défini internationalement. Plus ils seront nombreux, et plus la pression sur les pays qui n’ont pas souscrit au protocole sera forte. Par ailleurs, il faut aller vers une mutualisation internationale des expertises. A cet égard, la mise en place d’une « force d’action rapide multinationale », proposée par Nicolas Sarkozy, est une bonne idée.

    La transparence vous semble-t-elle suffisante ?

    Non ! Les acteurs du nucléaire, gouvernements et opérateurs, doivent être plus transparents, ce qui n’est pas dans leur culture. Cette source d’énergie doit faire l’objet d’un débat public. Les gens ont le droit d’avoir des explications, même si cela perturbe l’approche élitiste de l’industrie nucléaire.
    La transparence est la clé pour faire accepter le nucléaire à l’opinion. Elle doit porter sur la sûreté, mais aussi sur les coûts réels, depuis la construction jusqu’au démantèlement, si vous voulez une véritable compétition dans le secteur de l’énergie. Cette absence de transparence a été notable au Japon.
    Il faut aussi régler le problème du stockage des déchets ultimes. A mon sens, il faudrait disposer de deux ou trois pays pour les entreposer, pas davantage. La Russie pourrait être l’un de ceux-ci. Cette activité pourrait être très rentable.

    Quel rôle les autorités nationales de sûreté doivent-elles jouer ?

    Elles doivent d’abord être indépendantes, comme c’est le cas en France ou aux Etats-Unis, pour pouvoir dire clairement à quel moment un réacteur doit être arrêté. C’est d’autant plus important que la durée d’exploitation des réacteurs est actuellement prolongée. La trop grande proximité entre régulateurs et opérateurs a été l’une des sources du problème à Fukushima.

    Ce qui suppose que ces régulateurs aient des moyens…

    Il faut, c’est vrai, leur donner de vrais moyens, qu’ils soient nationaux ou internationaux. La technologie nucléaire est très sophistiquée, et donc complexe à surveiller. Malheureusement, les gouvernements ne réagissent le plus souvent qu’à la suite de chocs. Il a fallu Tchernobyl pour qu’on mette en place un système plus encadré de sûreté. Puis le 11-Septembre pour qu’on se préoccupe du risque terroriste. Le budget de l’AIEA (environ 320 millions d’euros) est ridicule par rapport à ces enjeux. Il faudrait au moins le doubler.

    Propos recueillis par Jean-Michel Bezat et Bertrand d’Armagnac

  • kazem dit :

    @ Bangor
    Footnote, h-toutcourt et d’autres… comme vous dites, ne sont pas les seuls à s’inquiéter de la pénétration du lobby des fonds de pension au sein du PS (cf Valls et bientôt Hollande):

    DES FONDS DE PENSION SOUS HABILLAGE TRICOLORE, Février 2000 – Le Monde Diplomatique
    (monde-diplomatique.fr/2000/02/NIKONOFF/13397)

    « M. Jean Peyrelevade, ancien conseiller de M. Pierre Mauroy quand il était premier ministre, puis président de l’UAP, et actuellement du Crédit lyonnais, illustre bien la culture d’une partie des élites fascinées par les illusions et les modes de la finance anglo-saxonne. Il affirme ainsi que « sans fonds de pension à l’anglo-saxonne, (…) il ne reste qu’une solution : aller chercher de l’argent à l’étranger (…), ce qui forcera à se rapprocher des règles des pourvoyeurs de fonds, principalement les Anglo-Saxons (7) ». Un tour de passe-passe particulièrement malhonnête : faire entrer les investisseurs non résidents, donner ensuite l’impression que le phénomène est « naturel », puis inquiéter l’opinion publique devant cette « invasion », afin de mieux la convaincre de la nécessité de créer des fonds de pension, « à la française », il va de soi…

    Cf : l’épargne et l’Europe – Revue française d’économie – 1992
    Auteurs: Denis Kessler, Jean Peyrelevade

    Denis Kessler, devenu N° 2 du MEDEF de 1994 à 1998, déclarait tout de go en félicitant le nouveau président de la République Sarkozy, le 4 octobre 2007, dans le magazine Challenges :
    « À y regarder de plus près, on constate qu’il y a une profonde unité à ce programme ambitieux. La liste des réformes ? C’est simple, prenez tout ce qui a été mis en place entre 1944 et 1952, sans exception. Elle est là. Il s’agit aujourd’hui de sortir de 1945, et de défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance ! ».

    Je m’étais moi-même longtemps demandé quelle était l’origine du régime dit de « répartition », que l’on devrait plutôt qualifier d’ « affectation instantanée », le régime de capitalisation strict (simplement actualisé de ses intérêts) n’étant pas autre chose qu’une « affectation différée ». Dit de cette manière, on voit bien que le « régime de répartition » est une simple « avance de phase » par décalage d’une génération. Seules diffèrent l’initialisation (on peut payer tout de suite en régime de répartition) et la terminaison (on ne peut plus l’arrêter, car les retraités demanderont justice de leur cotisation du temps de leur activité).

    C’est bien ce dernier point qui constitue l’obstacle (bienheureux) à une « réforme » rapide du régime actuel de répartition en un régime de capitalisation tel qu’en rêvent les banquiers et assureurs: un gigantesque pactole entre leurs mains, qui pourrait ainsi alimenter les profits et les pouvoirs de ses détenteurs, comme le font les fonds de pension anglo-saxons. C’est la raison pour laquelle l’oligarchie capitaliste envisage d’y parvenir par étapes, en présentant la capitalisation comme un complément d’abord « salutaire » qui deviendra bientôt « nécessaire » par extinction progressive du régime actuel.

    http://peyrelevade.blog.lemonde.fr/2011/09/28/marianne-aux-chiffres-faux-7/#comment-5403

    • Footnote dit :

      Comme on l’avait déjà signalé, c’est Claude BEBEAR, président du conseil de surveillance du principal groupe d’assurances au monde AXA, qui a rappelé bien des choses en déclarant:

      “ Il y a vingt ans, nous étions quelques assureurs à avoir chargé Denis KESSLER et Dominique STRAUSS-KHAN d’une étude sur les fonds de pension . Ils avaient démontré tout l’intérêt de ces fonds, s’opposant en cela à l’opinion générale, et il nous a fallu vingt ans d’explications, de conférences pour faire admettre à 80% de la population qu’il était salutaire de compléter par une dose de capitalisation la retraite par répartition. Convaincre demande de la patience: tout l’art de gouverner consiste à faire passer les idées et à apprécier le moment où elles peuvent être mises en application.”
      (Entretien avec le Figaro Magazine, 13 Juillet 2002)

      Par une ironie de l’histoire, tous ceux-là montrent aujourd’hui un nouveau modèle, eldorado des temps post-modernes: la Chine, qui a subitement gagné ses galons de respectabilité du simple fait que son régime inchangé permet aujourd’hui d’y « investir » et réaliser des plus values sur le travail sans commune mesure avec celles de notre vieux continent.

      Ainsi, les fonds de pension imaginés par Strauss-Kahn et Kessler pourront faire fructifier à souhait sur ces terres lointaines les faramineux montants que représentent nos actuels budgets sociaux. Ne sont-ils pas supérieurs au budget de l’Etat ? Voilà donc qui est parfait… Aprés avoir spéculé sur les dettes budgétaires, le monde de la finance mondialisée pourra bientôt gagner encore plus d’argent sur les dettes sociales !

      – Mais tout cela ne va-t-il pas s’écrouler ? demandera notre Candide. Cette finance mondialisée ne peut indéfiniment soustraire leurs ressources et leurs acquis aux gens, sans qu’ils s’en aperçoivent…

      Pensez donc !
      Ils ont voté Sarkozy lorsque celui-ci le leur disait ouvertement.
      Ils auraient voté Strauss-Kahn qui ne leur en disait que la moitié.
      Ils voteront bien Hollande qui, lui, ne leur en parle pas du tout…

    • Bangor dit :

      Kazem, encore un troll psychopathe. Comme si Peyrelevade était le seul sujet intéressant dans la France de 2011 !

      • Footnote dit :

        Non, mais il aide beaucoup à comprendre:
        DSK, Juillet, Peyrelevade…
        C’est pas danse avec les loups…
        C’est Valls avec Hollande !

  • marie mcb dit :

    Le deusième débat des primaires citoyennes était encore plus intéressant que le premier. Vous étiez tous plus décontractés. Ces débats génèrent un enthousiasme et une dynamique démocratique.
    Bravo, continuez sur ce chemin.
    Et courage à DSK.

  • Jonas dit :

    Effectivement, commençons par faire baisser la part du nucléaire dans notre mix energétique avant d’envisager une sortie.

    J’espère qu’EELV saura faire preuve de sagesse et éviter tout chantage sur une sortie du nucléaire comme condition sine qua none en vue d’un accords électoral. Ce serait se tirer une balle dans le pied. Pour eux comme pour le PS.

  • Jonas dit :

    Sentiment général : lassitude grandissante des polémiques stériles. Et j’ai vécu le congrés de Reims sur l’ancien blog pourtant !!

    • Jonas dit :

      Je parlais de certains commentaires très lassants, pas de la campagne des primaires qui se déroule plutôt bien

  • Footnote dit :

    IL est tout à fait exemplaire de l’inconscience politico-économique de reprendre ici le dialogue instauré au billet précédent:

    ——————————————————-

    La primaire socialiste est mal engagée pour Valls et Hollande !
    Car JP, apparaîssant hier soir sur la chaîne LCI à l’heure où l’on couche les enfants, nous a fait part de son choix: Valls au premier tour, Hollande au second,… ce qui, au passage n’est pas trés encourageant pour Valls !

    Mais c’est son commentaire plus spécifique à l’endroit de Hollande qui en a fait sursauter plus d’un, en réponse au journaliste qui l’interrogeait sur les capacités comparées de Sarkozy et de Hollande à appliquer les recettes peyrelevadiennes:
    – Alors, de Sarkozy ou Hollande, c’est Hollande qui aurait cette « lucidité » ?
    – Sans aucun doute !
    Pour reprendre la leçon de logique ci-dessus, on sait désormais pour qui il ne faut surtout pas voter…
    Répondre

    JP, tout le monde l’aura compris, n’est autre que l’inénarable Jean Peyrelevade, dont la renommée dans la blogoshère LeMonde.fr n’a plus de limite:
    http://lemonde-emploi.blog.lemonde.fr/2011/09/27/en-1929-les-partisans-dune-action-concertee-etaient-rares/#comment-4929

    • denise dit :

      Je ne vais pas ironiser sur de tels raccourcis, même si c’est tentant.

      (par ailleurs, avez-vu lu Peyrelevade, « Sarkozy : l’erreur historique » ? Vous devriez, ça ne fait pas de mal, je vous assure, de savoir à peu près de quoi on parle).

      • Footnote dit :

        C’est vous qui n’avez sans doute pas lu le livre de Peyrelevade
        “Sarkozy, l’erreur historique”, où l’auteur nous explique pourquoi Nicolas Sarkozy… est trop social!

        A preuve, le résumé suivant, qui fut déjà posté lors d’un billet antérieur:

        ——————————————————————————————————

        AVANT-PROPOS:
        “La réforme de l’Etat… se traduit par des décisions qui sont loin de la dimension du problème de finances publiques que nous avons à traiter:
        23000 agents de l’état en moins au budget 2008, soit une diminution de un pour mille. Non pas beaucoup de bruit pour rien, mais beaucoup de bruit pour pas grand chose, du moins dans l’ordre des chiffres” (p.9)

        CHAPITRE 1 Le désir d’argent
        « Au nom du refus des excés d’enrichissement personnel (« je n’aime pas les riches » a dit François Hollande), la gauche étend aux entreprises, sources de la richesse, les soupçons qu’elle nourrit vis-à-vis de l’argent. Condamner l’amont (le profit) au nom des débordements de l’aval (la miltiplication bruyante des fortunes individuelles), c’est vouer la collectivité à la médiocrité. » (p.20)

        CHAPITRE 2 Le pouvoir d’achat
        « La promesse d’amélioration du pouvoir d’achat faite pendant la campagne électorale devient une injure aux citoyens si elle ne peut être tenue… Or, elle n’est pas près de l’être. Dans la répartition de la richesse nationale, les ménages ont reçu leur dû et même un peu mieux.” (p.35)

        CHAPITRE 3 Le mal français
        “ Jospin: Relever la part des salaires par rapport aux profits pour à la fois armer et équilibrer notre économie, ce serait une façon de redonner aux Français des repères!
        Drôles de repères qui ont pour effet d’égarer. Quel malaise de voir Nicolas Sarkozy et Lionel Jospin professer les mêmes erreurs: démagogie de droite et démagogie de gauche, également ancrées, se rejoignent.Ce qui montre à quel point le mal est profond. A quoi sert de changer nos dirigeants s’ils professent tous les mêmes inepties? ” (p.71)

        CHAPITRE 4 Les déficits jumeaux
        ” C’est aux bénéficiaires et à eux seuls de payer par leurs impôts et leurs cotisations les prestations qu’ils reçoivent. Les personnes physiques, les ménages, sont les seuls concernés, les seuls à être malades ou à prendre leur retraite. Que vient faire ici l’entreprise qui ne connaît pour elle-même ni droit à pension ni droit à assurance santé? Demander une contribution au système productif n’a comme sens que de masquer l’ampleur de l’effort nécessaire et comme seul effet de peser sur sa compétitivité.” (p.103)

        CHAPITRE 5 Les fausses solutions
        Comment produire plus de richesses avec un même nombre d’actifs? M. de La Palice aurait trouvé la réponse: en augmentant la productivité par tête.
        Seconde idée simple: compte tenu de cette dernière contrainte, il faudrait, pour atteindre le niveau maximum de croissance possible -ce que les économistes appellent la croissance potentielle- , que chaque Français travaille davantage. »
        (p. 117-118)

        CHAPITRE 6 L’anesthésie perpétuelle
        “Pascal Lamy à Rivoli…, moi-même à Matignon servions de relais entre nos patrons politiques respectifs (Jacques Delors aux Finances, Pierre Mauroy Premier ministre)” (p.158-159)
        “C’est ainsi que fut pris le virage de politique économique de Juin 1982, puis mars 1983, vers ce que Lionel Jospin, alors premier secrétaire du parti socialiste, crut bon d’appeler la parenthèse de la rigueur, commettant ainsi une erreur de forme et de fond… (p.151)
        “Il y eut dans notre action, pour une part significative, comme une sorte de relicat de correction Barriste…Une hausse temporaire des prélèvements obligatoires sur les ménages fait partie intégrante de tout plan de redressement digne de ce nom (155-156):”
        “De 1982 à 1984, le taux de croissance de l’économie française fut divisé par deux (de 2,4 à 1,2%)… Simultanément, en 1983 et 1984, le pouvoir d’achat des ménages subit une légère diminution (-0,1 puis -1,1%), ce qui était conforme à la politique suivie.” (p.156-157)

        CHAPITRE 7 Les voies du redressement
        “Libérer le travail:
        La première mesure consiste à libérer le travail…je veux dire le libérer vraiment en mettant fin aux trente cinq heures, sans avoir à payer pour cela des milliards d’euros d’argent public.” (p.169)
        “Rétablir les finances publiques:
        L’objectif central est de déplacer de quelques points, trois à quatre, en faveur des entreprises et donc au détriment provisoire des ménages, le partage de la valeur ajoutée…
        Année aprés année, avec une sorte de tranquillité opininiâtre, il convient de modifier à la marge la répartition de la valeur ajoutée, du PIB, de façon à en laisser une part un peu plus fournie aux entreprises, un peu moins grande aux ménages.” (p.169-171)
        “Diminuer l’impôt sur les sociétés:
        On peut ainsi réver à une sorte d’utopie fiscale. Supposons que l’on réduise à rien l’impôt sur les sociétés qui est actuellement du tiers du bénéfice imposable. Les marges brute et nette de l’entreprise sont augmentées du montant de l’impôt supprimé.” (p.179-180)
        “Cette utopie permettrait de résoudre au passage l’énigme déjà rencontrée de l’arbitrage fiscal entre le travail et le capital…Vaut-il mieux imposer les revenus du capital ou ceux du travail? L’arbitrage fiscal, à partir du moment où l’on n’y mêle plus les entreprises, exercé au sein de la catégorie des seuls ménages, prend alors tout son sens, économique et politique.” (p.181-182)

        —————————————————————————————————-

        • lola dit :

          Billet antérieur déjà lu;merci de faire avancer le prompteur.

        • Bangor dit :

          Footnote , h-toutcourt et d’autres, à moins qu’un seul obsédé de peyrelevade ne se cache sous différents pseudos, sont particulièrement pénibles. On se demande quel est l’objectif poursuivi par ce ou ces trolls.

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