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Moscovici à Aubry : Attention à ne pas se tromper d’adversaire

Catégorie : Actualité,Le Parti socialiste,Politique | Par pierre.moscovici | 14/10/2011 à 12:03

PARIS, 13 octobre 2011 (AFP)

Pierre Moscovici, coordinateur de la campagne de François Hollande pour la primaire PS, a lancé jeudi soir une mise en garde à Martine Aubry, l’autre finaliste de ce scrutin, en déclarant à l’AFP: « attention à ne pas se tromper d’adversaire ».

Pierre Moscovici réagissait à l’interview de la maire de Lille dans 20 minutes.fr qualifiant son rival de « candidat du système » et des sondages « plus facile à battre que Nicolas Sarkozy ».

François Hollande avait répliqué un peu plus tôt qu’il « n’était fabriqué par personne d’autres que les électeurs ».
Le langage de Martine Aubry « n’est pas un langage de gauche », a déclaré à l’AFP M. Moscovici, pour qui ce type de propos, « cette rhétorique peuvent évoquer d’autres familles politiques ». « On est passé de la dérive au dérapage », a-t-il déploré, en relevant que les attaques de la maire de Lille contre François Hollande « n’appartenaient pas au vocabulaire socialiste ».

« Attention à ne pas se tromper d’adversaire », a-t-il lancé. Mettant en garde contre « le risque de dérapages », « une attitude inutile », M. Moscovici a estimé que de la part de Mme Aubry, « affirmer que François Hollande était pour la règle d’or » voulue par Nicolas Sarkozy était « un mensonge ».
« Pendant le débat » mercredi soir, a-t-il poursuivi, « chacun a exprimé ses différences » et ce n’est « pas la peine de dénigrer ».

« La campagne de la primaire a été une belle campagne, il ne faut pas l’abîmer, il faut rester dans un rapport de respect car dimanche soir il n’en restera qu’un ou une pour porter les couleurs du Parti socialiste en 2012 contre Nicolas Sarkozy », a-t-il dit encore.

« Prenons ces dérapages comme une parenthèse » après le débat de mercredi soir, a poursuivi Pierre Moscovici, en affirmant que « François Hollande ne déviera pas de sa ligne de rassemblement » des socialistes et de la gauche. Il a rappelé à cet égard les soutiens au député de la Corrèze de Manuel Valls, Ségolène Royal et Jean-Michel Baylet, tous trois éliminés au premier tour, en espérant celui d’Arnaud Montebourg, arrivé 3e.

Pour lui, il est essentiel dimanche prochain de donner « une victoire nette à François Hollande », qui a devancé de 9 points sa rivale au premier tour, pour qu’il puisse affronter avec « le plus de puissance possible » le chef de l’Etat lors de la présidentielle.

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35 commentaires

  • Martin dit :

    Martin à Moscovici

    Attention à ne pas vous faire trop d’ennemis.

    Une grande partie des gens de gauche ne voteront pas Hollande en 2012 à cause de gens comme vous.

  • MERRY dit :

    Aujourd’hui nous répondrons présent pour confirmer notre soutien à François HOLLANDE le seul qui va pouvoir contrer notre Président, de plus très déçu par l’attitude de Madame AUBRY qui c’est trompée d’adversaire ces derniers temps pourquoi tant de méchancetés elle oublie qu’elle est dans le meme camp et Monsieur HOLLANDE a été très digne dans ces moments alors COURAGE pour la suite et surtout restez groupé !!!!!!!!

  • LOYARTE dit :

    Juste une précision.Excusez les quelques fautes commises.Pris par ma fougue, j’oublie parfois de les corriger.Comme vous êtes des gens sympas, vous voudrez bien me pardonner donc,surtout les professeurs de lettresqui dés fois sont intraitables la dessus et oublient le fond!!!Merci d’avance.

  • LOYARTE dit :

    Paul
    Il ne faut pas vous enfermer dans un vote pour un candidat!!!Je me permets juste de vous dire que votre avenir sera porté par le gagnant de ces primaires et qu’il représentera de bonne façon le camp et vos espoirs.Renoncer à voter c’est permettre à ceux qui ont choisi l’injure, l’exploitation ,l’inféodation à l’argent et à leurs sbires spéculateurs.Ne renoncez pas d’abord à vos idées mais choisissez vos valeurs et de porter le courant de vos aspirations.Je crois fermement aux rassemblements des anti-Sarkosy et c’est pour cela que je vote à ces primaires .Même si FH était battu ce que je ne crois pas, je voterai aux présidentielles contre Sarkosy et pour le camp de ceux qui aspirent à la justice.La gauche ne doit en aucun cas se résumer à l’impot et à la taxation ( pour papou).L’impôt est un moyen et non pas une finalité.La cohérence de cette société doit se faire dans la construction d’une société juste.Ce n’est pas matraqué la réussite, non!!! C’est de l’inciter tout en associant chacun à cette réussite par la juste rémunération du travail et de ses profits.Inciter et diriger l’investissement vers la création de richesse et de travail par les innovations et la recherche et non pas parla défiscalisation à outrance de niches non créatrices d’emplois.Sous couvert d’incitation fiscales dans la construction on empêche les jeunes générations d’accéder à la propriété en faisant des cadeaux fiscaux à des investisseurs qui ont pour beaucoup un patrimoine extremement important alors que l’on peut en faisant le même efforts financiers sous une autre forme maintenir l’activité de construction dont on a besoin , c’est un exemple.Nous sommes d’accord pour dire qu’il est necessaire de ne pas s’en prendre systematiquement au systeme capitaliste mais à l’utilisation qui en est faite par les anarchistes financiers.A l’arrivée les classes moyennes et basses se trouvent taxées à outrance (impots sur le revenu, TVA , taxe de tout gentre.Voilà l’avenir passe par un juste équilibre.

  • papou dit :

    Oui, en effet! ne vous trompez pas d’adversaire. Surtout pas. Sachez que l’on peut aussi quitter ce pays de M…! comme dirait Jospin – les Guignols de l’info. Vous croyez que vous allez taxer les professions libérales? Moi, je me casse ailleurs – je le peux. Alors avec tous vos « camarades », vous paierez l’impôt: denier à Dieu!

  • Paul dit :

    Bonsoir,
    Depuis l’age de mes 18 ans, je vote, je n’ai jamais loupé un épisode ( législative, présidentiel, etc…).

    Je suis face un dilemme, j’ai choisi de voter MA, pour des raisons qui me sont propre.

    Plus la primaire avance et plus je me dis  » si elle est ne passe pas, je ne voterai pas au second tour, même si il y a le FN, et en ayant déjà voté Chirac… « .

    Vous allez me dire que c’est ridicule, et je le pense aussi mais je crois que les primaires m’ont un peu plus dégoûté de la politique, car je me suis impliqué ( à mon échelle, j’ai regardé l’ensemble des débats, lu ce qui se passait dans la presse, en fait suivi de près le dossier, etc…).

    Et je ne crois pas que FH apportera et/ou portera le changement (toujours pour des raisons qui me sont propre), vraiment pas ( j’en ai assez des politiciens communicants), alors je ferai comme les autres, je m’abstiendrais (le vote blanc n’étant pas reconnu).

    Et enfin je pourrai dire  » je suis un homme libre et je suis allé jusqu’au bout de ma pensée, je ne voterai pas pour quelqu’un que l’on m’a imposé  »
    Bien à vous

    • Amelle dit :

      Si Hollande gagne cela voudra dire qu’il est élu pas qu’il est imposé.

      Pour le reste, il lui restera 6 mois pour vous convaincre que c’est un candidat du changement et qu’il mérite qu’on vote pour lui aux présidentielles

    • Martin dit :

      Je partage entièrement et je ferai comme vous.

      Le pire c’est de soutenir un candidat en 2012 qui va décevoir et faire dire comme toujours « la droite la gauche c’est la même chose ».

      Je ne veux pas participer à cette déception des franaçis

  • LOYARTE dit :

    C’est faire le jeu de Sarko que de tirer sur l’un des deux candidats de votre camp.N’oubliez pas que le gagnant portera vos couleurs et vos espoirs.Aloirs évitez les mots limites , supporter n’est pas insulter l’autre camp.C’est valoriser, défendre, argumenter pour faire gagner vos idées.Alors que ce soit MA ou FH svp respect, car vous vous respecterez vous même.Ne tombez pas dans la bétise de l’UMP qui en est à utiliser des mots qui les positionnent au niveau caniveau.L’honneur et la fierté de notre camp doit l’emporter pour montrer à l’ensemble du pays l’utilité de ces primaires et si ce n’est pas votre préféré l’heureux élu, restez dans la dignité pour défendre vos idées communes.Je pense sincerement que l’on aura donné le bon exemple si l’on reste courtois, correct même dans la semi défaite.On ne peut parler de défaite ou de désaveu pour les candidats écartés.C’est un choix et le candidat final sera porteur d’un vrai projet de société dont les aspirations proviennent des attentes de chacun de nous.

  • Jonas dit :

    Nécessité de battre Sarkozy doit faire loi pour les socialistes.
    Donc, jusqu’à dimanche : respect de chacun. Et après : rassemblement de tous, front commun contre Sarkozy derrière le gagnant ou la gagnante !

  • Édith (de Nantes) dit :

    Tartine est en train de s’apercevoir que ce n’est pas facile de gagner quand on ne peut pas tricher… mais il est un peu tard (de 14 juillet).

    • lola dit :

      votre post n’est fait que « pour survivre à Parme dans les salons ambigus & les violettes fanées de l’inutilité …. »signé « biscuit LU »

    • Jonas dit :

      « Tartine… »
      Ce genre d’attaques dégradantes n’ont pas lieu d’être.

    • Édith (de Nantes) dit :

      Attaques dégradante?

      Tartine c’est gentil. Je n’irais pas jusqu’à dire affectueux. Il ne faut pas exagérer.
      Si j’avais dit « Tartine aux beurs », peut-être alors…

  • lola dit :

    « Ne nous trompons ni de débat ni de calendrier » a dit JF Copé.C’est la voix de la raison et c’en est aussi la voie , me semble-t-il. Pour tout un chacun .Par ailleurs,P.Moscovici a dit clairement,sur bfmtv,hier,que,si FH était choisi puis élu,le héros du sofitel n’aurait aucune place dans son gouvernement;2 sujets de (courte) méditation .

  • guerini dit :

    proverbe wolof (senegal) « C’est parce que l’aigle est très haut qu’il pisse sur la hyène » nos espoirs sont en vous.cordialement

  • Jonas dit :

    Sur le même sujet, Laurent Joffrin, envers qui j’ai pas mal de réserves, fait néanmoins, et malheureusement, une analyse assez juste dans cet article :
    http://tempsreel.nouvelobs.com/laurent-joffrin/20111014.OBS2444/primaire-ps-aubry-cogne-hollande-au-risque-de-blesser-la-gauche.html

    La primaire fut digne, les débats passionants, que les perfidies cessent avant qu’elles ne gâchent tout, de grâce !

    • lola dit :

      Laurent J.a dit: N S.observe cela non en tremblant …mais en jubilant;il est peut-être temps ,encore,de ranger les poignards /analyse « assez » juste.

  • myriam dit :

    j’ai reçu un mail  » couleur PS  » m’invitant à voter Martine Aubry, avec videos de ses interventions et renouvellement des ses  » arguments  » anti- Hollande : candidat du système etc…

    je suis adhérente au PS et ai voté Dimanche dernier, et revoterai dimanche.

    Je suis un peu choquée de cet envoi de « propagande « . Comment a t’on eu mon adresse mail si ce n’est en piochant dans le fichier de ma Fédé ? Est ce normal ? si non François Hollande ne devrait il pas bénéficier de la même possibilité ?

    • denise dit :

      J’ai fait la même remarque à ma propre fédération.

    • papou dit :

      Tu oublies que M.Aubry est la 1ère secrétaire du PS? Elle est légitime. Si vous la faites perdre, le PS perdra la présidentielle. Mets-toi bien ça dans le cerveau.
      Amitiés socialistes. Fraternité!!!

      • denise dit :

        Elle n’est pas actuellement 1ère secrétaire, mais candidate, et tous les candidats devraient avoir des moyens équilibrés, et ce n’est pas le cas.
        Pour ma part, je pense que nous aurons de meilleures chances de gagner les présidentielles avec F. Hollande et qu’il remettra de l’ordre dans notre République, qu’il respectera le parlement, qu’il engagera une formidable réforme fiscale, qu’il luttera efficacement contre les inégalités, qu’il remettra l’école comme la priorité n° 1, et que les possibilités d’investissement seront concentrées sur l’indispensable réindustralisation de la France et la croissance verte. Et pour un mandat, c’est déjà pas mal. On pourrait peut-être gagner le match avec M. Aubry, mais je gage que c’est plus sûr avec Hollande et j’aimerais que nous ayons cette fois un Chef de l’Etat calme et respectueux, qui participe à apaiser les tensions et qui rassemble le pays pour aller de l’avant et affronter la situation catastrophique dans laquelle nous allons trouver nos finances publiques. Ce n’est pas d’affrontement, dont nous aurons besoin, mais de justice dans la répartition de l’effort.

  • Guillaume Delmotte dit :

    J’ai apprécié à sa juste valeur, depuis la fin de l’année dernière, la manière dont François Hollande a construit avec patience et détermination sa candidature, en instaurant une relation directe avec les Français, selon un modèle finalement assez classique, c’est-à-dire gaullien, sous la Vème République. Lui qui fut Premier secrétaire du PS quand Lionel Jospin dirigea le Gouvernement de la France et qui garda la vieille maison, pour reprendre le mot de Léon Blum, après l’échec de 2002, a su aussi démontrer une capacité à indiquer un cap, une direction, en mettant en avant ses priorités, dans un contexte où l’endettement public pèse dangereusement sur l’avenir de l’Union européenne et de la France : une grande réforme fiscale, fondée sur une juste répartition des efforts et préalable à des politiques publiques centrées sur la jeunesse – si méprisée et oubliée par la droite depuis 2002.

    Dans cette perspective, je n’étais pas convaincu par la candidature de Martine Aubry, qui s’est imposée à l’issue des « évènements » new-yorkais. Celle-ci m’apparaissait comme improbable au sens où elle procédait des circonstances (dont on sait qu’elles déterminent tant l’Histoire que les Hommes font), plutôt que d’une volonté personnelle et d’une détermination inscrite dans la durée. Nos institutions nous incitent, il est vrai, à cette lecture héroïque de l’histoire politique. De plus, et c’est peut-être là l’essentiel, je pensais que François Hollande était le seul qui avait toutes les chances de l’emporter au second tour, parce qu’il était le mieux à même de rassembler au-delà de la gauche, en captant l’électorat centriste, modéré, pour qui la figure de Nicolas Sarkozy, la politique du Gouvernement de François Fillon et la radicalisation de l’UMP sont autant de repoussoirs.

    Toutefois, Martine Aubry, en faveur de laquelle j’avais voté d’emblée pour la direction du Parti et le poste de Premier secrétaire en 2008, m’est apparue plus solide sur le fond, ses propositions étant plus construites et nourries d’expérience (malgré quelques maladresses comme l’idée d’augmenter de 30 % le budget du Ministère de la Culture, alors que par ailleurs on indiquait vouloir prendre en considération la question de la dette et des déficits). Les deux principales propositions formulées, pour ne pas dire martelées, par François Hollande, c’est-à-dire le « contrat de génération » (belle idée en soi) – i.e. la suppression des cotisations patronales pour l’emploi d’un « senior » et d’un jeune de moins de 25 ans – et la (re)création de 60 000 postes au ministère de l’Education nationale – mesure justifiée par un souci de donner un « signal » au monde éducatif – ne m’ont pas totalement convaincu, je dois le dire, bien que j’en partage les motivations essentielles. Si l’on reprend l’exemple de l’Education nationale, annoncer le chiffre de 12 000 créations de postes par an sur la durée du quinquennat, me paraît aussi arbitraire que la politique qui consiste à supprimer un poste sur deux lors des départs en retraite des fonctionnaires. Une telle politique doit d’abord être négociée avec l’ensemble des acteurs, comme l’a rappelé Martine Aubry, et tenir compte de toutes les contraintes, telles qu’elles seront connues en 2012 (la contrainte financière, bien sûr, mais aussi l’évolution démographique en fonction des classes d’âge, etc.)

    Mais, au-delà de ces considérations assez techniques, secondaires dans le moment qui nous occupe, l’essentiel consiste à tracer une voie, à lever une espérance, comme le dit François Hollande. En effet, le choix d’un candidat à l’élection présidentielle ne peut reposer seulement sur un catalogue de mesures et encore moins sur une seule d’entre elles : ce sera le temps des élections législatives, qui fixeront les rapports de forces créés au moment de l’échéance présidentielle, et ce en vue du choix d’un Premier ministre, de la formation d’une équipe gouvernementale et de la mise en œuvre d’un programme politique.
    Une candidature à l’élection présidentielle s’apprécie sur des critères qui sont d’abord la « présidentialité » (néologisme affreux que l’on peut définir comme la capacité d’incarnation de la fonction présidentielle), la crédibilité, la cohérence de la ligne politique, l’expérience (quelque soit cette expérience) et, enfin, la capacité de rassemblement pour battre Nicolas Sarkozy, si celui-ci – comme le candidat du PS – est présent au second tour le 6 mai 2012 (il ne faut pas négliger, en effet, la possibilité d’un nouveau « 21 avril », date devenue concept, compte tenu du risque de cristallisation du lepénisme, qui dispose de nouveaux relais au sein de certains secteurs encore circonscrits des élites françaises).
    Sur ces différents plans, la solidité et le spectre des propositions de Martine Aubry (qui s’étend au-delà du thème de la jeunesse, pour aborder ceux de la santé, du logement, de la solidarité et de l’emploi), sa détermination à vouloir être la première femme élue à la Présidence de la République, son expérience ministérielle, de femme d’Etat, sa connaissance tout à la fois de l’administration, de l’entreprise, de la vie associative et des collectivités locales, la manière dont elle a su rassembler les socialistes après la césure qu’a constitué le référendum sur le Traité établissant une Constitution pour l’Europe, son ancrage dans la tradition du socialisme réformiste et paneuropéen, son bilan à la tête du Parti socialiste, où elle a retissé les liens avec les forces intellectuelles passablement négligées jusqu’alors et avec les autres partis socialistes d’Europe, à commencer par le SPD, font d’elle, le fille de Jacques Delors, une candidate capable de rassembler la gauche au 1er tour et de l’emporter, peut-être, au second. C’est pour toutes ces raisons que j’ai voté « Martine Aubry » le 9 octobre.

    Toutefois, l’attitude de celle-ci lors du débat de l’entre-deux-tours (attitude que l’on percevait déjà auparavant et qui perdure jusqu’à ce jour), où elle fut agressive, rigide, tranchante, pour ne pas dire vacharde, critiquant ouvertement, en technocrate avisée et pointilleuse, les propositions de François Hollande et donnant ainsi du grain à moudre à une droite trop contente d’y puiser un contre-argumentaire prêt à l’emploi, a jeté un sérieux doute et ne m’a pas donné l’assurance qu’elle était la mieux à même de rassembler et d’incarner la fonction présidentielle après cinq années de sarkozysme élyséen, comme peut le faire à sa manière François Hollande, arrivé en tête à l’issue du 1er tour et déjà fort des soutiens des quatre autres candidats à la primaire : Manuel Valls, Jean-Michel Baylet, Ségolène Royal et Arnaud Montebourg. A aucun moment, François Hollande n’a pour sa part été tenté d’insulter l’avenir en portant le fer contre ses concurrents. Sa position de favori des sondages a évidemment contribué à soutenir cette posture, tandis que Martine Aubry a dû rattraper son « retard » en attaquant ledit favori.

    Par ailleurs, l’irruption d’Arnaud Montebourg (que M. Copé qualifie de « bolchevik » : on voit par là l’état de décrépitude intellectuelle de la droite française), dans le champ politique à gauche, dont le discours « radical » a certes déporté nos deux candidats « finalistes » légèrement vers la gauche de l’espace politique (en redonnant, au passage, de la visibilité aux thèses défendues par Jean-Luc Mélenchon et le Front de gauche), ne devrait pas être une surprise dans le contexte actuel. La cure d’austérité généralisée et la sacralisation des critères de Maastricht (qui les a vraiment appliqués parmi les grands Etats ?) ne peuvent pas être l’horizon indépassable de notre temps, même si, il faut en être conscient, la dette publique est l’ennemie de la gauche et de la République, comme l’a rappelé avec force François Hollande.
    La social-démocratie européenne, qui est ma famille politique, devra se changer elle-même profondément si elle veut reconquérir le pouvoir. Le débat sur le « protectionnisme européen », dont les vertus sont vantées, notamment, par mon cher Emmanuel Todd – dont j’apprécie l’originalité des vues, même si je ne les partage pas toujours – ne doit plus être esquivé, faute de quoi c’est l’idée de préférence nationale et de protectionnisme chauvin, prônée par l’extrême-droite, qui pourrait prendre racine dans l’électorat fragilisé par les mutations économiques et géopolitiques en cours. La Commission européenne elle-même, pourtant peu suspecte de bolchevisme, commence à s’interroger sur de possibles restrictions concernant l’accès des entreprises extra-européennes aux marchés publics, compte tenu des pratiques de certains Etats comme la Chine. Même si je n’adhère pas au concept de « dé-mondialisation » – je lui préfère celui d’altermondialisation –, la gauche européenne se doit d’inventer un modèle de développement économique et social qui protège autant qu’il permet de créer, d’innover et d’entreprendre, un modèle de développement durable qui préserve l’accès aux biens publics et sécurise l’emploi, autant qu’il favorise le « juste échange », dans un cadre normatif nouveau. Elle doit s’attacher à (re)construire une « société des égaux », pour reprendre le titre du dernier livre de l’historien Pierre Rosanvallon, alors même qu’en France, une personne sur trois renonce à des soins médicaux pour des raisons financières.

    On l’aura compris, cet entre-deux-tours est marqué par une tension, entre le fond et la forme, entre le projet politique, étayé par des propositions techniques, et la manière dont les candidats qui portent ce projet pourront habiter la fonction à laquelle ils prétendent. Mais c’est une tension également dans l’offre politique elle-même.
    Parce qu’il incarne finalement mieux, me semble-t-il, la fonction présidentielle, telle que je la conçois, parce qu’il a su aussi maintenir une cohérence de la ligne politique, avec constance et esprit d’ouverture, parce qu’enfin il a su tracer une perspective pour le pays, je voterai pour François Hollande le 16 octobre en espérant qu’il l’emporte avec une majorité la plus large possible. L’unité et le rassemblement sont, comme il l’a déclaré, une évidence et une exigence pour le changement et la victoire de la gauche en 2012.
    Et puis François Hollande a de l’esprit, de l’habileté et de l’humour. Il en faudra pour les années qui viennent.

    GD

    • Titou dit :

      … en deux mots : Vive François !

    • Alceste dit :

      On vous remercie pour la qualité de votre propos, parfaitement documenté, et pour l’honnêteté intellectuelle qui l’anime, cultivant l’équilibre entre données objectives et références subjectives proposées comme telles. Il ne viendrait donc pas à l’esprit d’y trouver matière à contradiction. On se permettra cependant de ne pas vous suivre tout à fait quand vous parvenez à votre conclusion, le faisant au nom de la « présidentialité », concept malléable presque en autant d’idiotismes qu’il y a d’électeurs, comme au nom du « rassemblement » brandi partout en étendard, à droite comme à gauche, avec pour réel mais seul profit l’apaisement passager que procurent les mythes. D’une certaine façon, votre réflexion met en évidence l’ambiguïté qui pèse sur cette primaire, qui a pour effet visible de consacrer la soumission de la gauche au présidentialisme, avec tout ce que cela peut comporter de redoutables menaces, quelles que soient les protestations des uns ou des autres. Certes, il y a bel et bien un socle commun programmatique, mais, comme vous le suggérez vous-même, semble-t-il, ce n’est pas vraiment la lecture qu’en font les candidats qui est aujourd’hui en question. La conséquence serait donc que les électeurs de dimanche, remettant les choses « utiles » aux législatives, devraient signer au réputé plus « crédible » un chèque en blanc, au propre comme au figuré. On ne vous en fait évidement pas grief. Mais vous concevrez qu’une autre démarche soit possible.
      P.S. Je suis, comme vous, un lecteur attentif d’Emmanuel Todd.

      • Guillaume Delmotte dit :

        Alceste,

        Je vous remercie pour votre commentaire. Je comprends votre scepticisme à l’égard du concept de « présidentialité », si peu en accord avec la tradition « républicaine » de la gauche, en ce sens que, comme vous le suggérez, il consacre dans les faits l’acceptation du présidentialisme par le Parti socialiste… et par moi-même. Les primaires citoyennes, en tant que mode de désignation du candidat à l’élection présidentielle, procèdent à l’évidence de cette mutation en même temps qu’elles contribuent à renforcer celle-ci. On assiste du même coup à une mue des partis politiques, en tant que forme sociale.
        Toutefois, nous sommes encore dans un régime parlementaire où le Gouvernement est responsable devant l’Assemblée nationale. C’est pourquoi me semble-t-il, c’est de la majorité qui sortira des urnes en juin prochain, à l’issue des élections législatives, qu’un programme politique pourra être mis en oeuvre par le Gouvernement. C’est si vrai que nous ne sommes pas du tout à l’abri, en théorie, d’une cohabitation, que le quinquennat et l’inversion du calendrier rendent moins probable mais pas totalement impossible.
        L’élection présidentielle donne le la, mais la partition reste à jouer et peut-être à composer.

        • Pierre TRUTT dit :

          Merci M Delmotte,
          Tant pour le contenu que le contenant. Il y a donc des gens qui savent encore écrire le français avec orthographe et grammaire. Concernant Mme Aubry je trouve son attitude suicidaire pour la gauche et la présidentielle.
          Par ailleurs je suis d’accord avec un seul point du programme de Montebourg, la VIème république. Nous avons raccourci Louis XVI, soit, mais nous n’en sommes pas encore remis. Il serait temps que l’on se passe d’hommes ou de femmes providentiels – élus dans l’hystérie populaire et succombant in fine à l’ivresse du pouvoir – et que l’on en vienne à une démocratie normale où le chef du parti gagnant exerce la fonction de 1er ministre. Il faudrait bien entendu, conserver le scrutin majoritaire à deux tours, seule vertu de la Vème garantissant la stabilité politique.
          Bien à vous,
          Pierre

    • papou dit :

      Tout ce charabia pour dire que tu te couches, que tu trahis. Ah, elle est belle la gôche!

      • Guillaume Delmotte dit :

        Vous avez une conception pour le moins féodale de la politique. Il ne s’agit de prêter des serments d’allégeance personnelle, tel un vassal à son suzerain. Ma position d’électeur, de citoyen, résulte d’une analyse de la situation politique et des chances de réussite de la gauche en 2012.

  • Gil dit :

    Martine, tenter de rabaisser ton adversaire pour te grandir est tout simplement …. primaire !. Allez François !

    • GOGOL dit :

      …primaire, primate, guenon … non, merde, je m’égare … p’tain arrête martine, c’est contagieux ce truc là !

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