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Pierre Moscovici sur Bloomberg TV

Catégorie : Actualité,Politique | Par pierre.moscovici | 20/01/2012 à 19:09

Pierre Moscovici a répondu hier aux questions de Bloomberg TV.
Cliquez sur l’image ci-dessous pour retrouver la vidéo (en anglais).

Retrouvez ci-dessous la retranscription en Français de cette interview :

CAROLINE CONNAN : à propos de ce sommet social.
Pensez-vous qu’il a été utile pour freiner l’aggravation de la situation économique que connaît la
France en ce moment ?

PIERRE MOSCOVICI :
Ce n’est jamais inutile d’avoir un dialogue avec nos partenaires sociaux. Ce n’est pas inutile de prendre quelques mesures, comme le chômage partiel, ou l’augmentation des moyens de Pôle emploi. Mais la mesure semble bien faible, surtout quand on voit les sommes allouées, alors qu’il y a quelques mois on faisait des cadeaux fiscaux énormes aux plus favorisés de notre pays. D’un côté 430 millions d’euros pour le chômage, de l’autre 2 milliards d’euros donnés aux plus riches avec la réforme fiscale.
J’appellerai donc ça un sommet électoral, et non un sommet social. De plus, tout le monde sait que ce qui nous attend maintenant, la TVA, est un coup terrible pour les gens qui ont des bas revenus, et cela n’a pas encore été abordé.

CONNAN : Donc quel est votre plan ? Quel est le plan de François Hollande pour empêcher ces
dizaines de milliers d’emplois de disparaître cette année ou dans les mois à venir ?

MOSCOVICI : Tout d’abord, nous devons recréer les conditions nécessaires pour développer la croissance dans notre pays. Sans croissance, pas de création d’emplois. C’est ce qu’a fait l’Allemagne. Notre croissance annuelle est de 0,5%. Celle de l’Allemagne de 3 %. C’est ce qui fait toute la différence. C’est pourquoi nous devons muscler l’industrie française. A cet effet, nous allons créer une banque publique d’investissement qui injectera de l’argent dans l’économie pour sauver notre industrie. C’est notre priorité. Nous devons aussi conclure un pacte de croissance en Europe, parce que nous ne pouvons nous satisfaire d’une politique d’austérité généralisée.
Ensuite nous devons également prendre des mesures spécifiques pour favoriser l’emploi, plus spécialement pour les jeunes. C’est pourquoi nous allons créer 150 000 emplois, particulièrement dans les banlieues. Nous allons également mettre en place ce que François Hollande appelle un contrat de génération, pour que les seniors puissent rester dans l’entreprise pour former les jeunes.

CONNAN : De manière évidente, la situation du budget est très difficile actuellement. Votre plan est de rééquilibrer le budget d’ici 2017 pour revenir à 3% en 2013. Et pour cette année, l’année 2012 ? Pouvez-vous estimer la réduction du déficit pour les six premiers mois, si François Hollande est élu ?

MOSCOVICI :Notre premier budget sera le budget 2013. Et nous avons pris des engagements qui sont très forts et que nous respecterons. Le déficit en 2013 sera inférieur à 3%. C’est absolument nécessaire. Nous tiendrons nos promesses.
Et nous allons l’obtenir grâce à la politique fiscale et les économies de dépense. Nous devons nous attaquer à ces deux aspects avec un solide accord économique, et évoluer vers un équilibre du budget avant 2017 parce que nous devons réduire nos dettes. Sans réduction de la dette, on ne peut pas créer d’emplois.

CONNAN : Mais quelle va être…

MOSCOVICI : C’est une sorte de paradoxe.

CONNAN : Mais quelle va être votre principale proposition pour arriver à cet objectif ?

MOSCOVICI : Nous devons attendre un peu, parce que cela va être révélé par François Hollande dans le projet qu’il va présenter aux Français d’ici fin janvier.

CONNAN : Et pouvez-vous nous donner un tout petit aperçu de ce projet économique ?

MOSCOVICI: Oui, mais vous savez déjà…

CONNAN: Ok

MOSCOVICI: Vous connaissez notre projet…

CONNAN : Encore peut-être une petite question. Vous parliez de l’Allemagne. Est-il prévu que François Hollande rencontre la Chancelière Angela Merkel d’ici fin mars ?

MOSCOVICI : C’est une possibilité et cela semblerait naturel. Madame Merkel n’est pas seulement un membre du parti conservateur allemand, elle n’est pas seulement un soutien de Nicolas Sarkozy, même si tout le monde sait qu’il y a sûrement une préférence entre eux, elle serait bien avisée de reconnaître la nécessité de rencontrer celui qui pourrait être le prochain Président français. Si François Hollande est élu, ce qui est assez probable aujourd’hui, ils vont avoir beaucoup de travail à effectuer ensemble.

19 janvier 2012
Journaliste : Caroline Connan, Bloomberg news

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4 commentaires

  • seb dit :

    M. MOSCOVICI, je comprends que vous tentiez de revenir sur la boulette de M. HOLLANDE…Mais pourquoi user d’une telle explication ?

    http://francoishollande.fr/actualites/il-s-agit-de-graver-dans-le-marbre-les-principes-d-une-loi-qui-unit-les-francais/

    Si M. SARKOZY a effectivement donné une interprétation de la laicité, non conforme à l’esprit d’icelle…On ne voit pas bien l’utilité d’écrire une nouvelle fois dans la Constitution l’attachement du pays à celle ci ! L’ex du Président sortant étant d’ailleurs éloquent : le fait de graver dans « le marbre » (sablonneux) des principes ne suffit pas !

    D’ailleurs, les révolutionnaires de 1789 en avaient conscience. C’est pourquoi d’ailleurs, ils ont donné mission, aux élus et aux associations politiques, de rappeler en toute occasion les principes inscrits pour qu’ils ne soient pas « méprisés », « oubliés », « ignorés » !

    Ce qui est problématique, ce n’est pas que la laicité – ou les autres principes de notre pays – ne soit pas inscrite dans la Constitution ou même que le Président ait une interprétation qui diffère de ceux ci. Ce qui est problématique, c’est que les élus nationaux n’aient pas (encore) trouvé de sanction pour punir ceux qui sont responsables d’une violation desdits principes !

    Il y a des lois qui répriment (par ex) la négation de certains génocides. Il y a des lois qui sanctionnent les maires malhonnêtes.

    En revanche, les Ministres, Président, et même parlementaires, peuvent violer autant qu’ils veulent les engagements de la France (traités, compromis) et ses principes constitutionnels. Rien n’est prévu pour réprimer ce genre de « dérive ».

    Sur la question, le candidat HOLLANDE manque de réponse. Pourtant, il ne serait pas choquant que les élus et nommés, en vertu de la DDHC, soient sanctionnés lorsqu’ils violent la Constitution ou/et les traités.

    On a bien mis en place un tel système sous la « Restauration ». Le respect de la « Charte » conditionnant le retour de la Monarchie.

    • Jonas dit :

      « On ne voit pas bien l’utilité d’écrire une nouvelle fois dans la Constitution l’attachement du pays à celle ci ! »

      Si justement, au-delà du symbole on a bien vu que la laïcité pouvait faire l’objet d’attaques quand Sarkozy a sorti son concept fumeux de laïcité positive. Il cherchait alors a attenter à la loi de 1905 même s’il se gardait de le dire ainsi (il avait notamment nommé une commission composé de personnes opposées à la loi de 1905).
      Pour éviter ce type d’atteinte à cette loi, l’inscription dans la constitution est utile, en plus d’être un symbole fort.

      Juridiquement, donner valeur constitutionnelle à une partie de la loi de 1905 permet de prohiber des loi qui contredirait ce à quoi on donne valeur constitutionnelle, au-delà de la définition de la France comme laïque, ce qui n’a pas les mêmes répercussions juridiques.

      • FH se doit d’integrer la laicité dans la constitution car on commence à voir certain président dériver.
        Mr Sarkosy, baissant la tête et embrassant la bague d’un religieus est inaceptable.Le Président français représente la France laicque et libre, que ce valet de l’église aille faire des corbettes à un représentant d’iune soi-disant autorité divine voulant imposer des vues religieuses aux autres états et voulant que l’on reconnaisse cette tutelle divine est insupportable.
        Le représentant de l’état français ne doit en aucun cas être porteur d’une quelconque religion.Il est le fédérateur théorique d’un état libre en pensée et représente la liberté déclarée du culte en France et doit en assurer cette liberté en aucas cas faire du proselytisme .
        Sarko voulait faire integrer dans la constitution européenne la régférence chrétienne soulillant notre république .La religion n’a pas fédéré l’Europe , elle l’a asservie, notre révolution française a fait valoir cette liberté.Aujourd’hui devant les agissements de ce nain d’esprit et les tentatives de colonisation de l’esprit de la république par les religieus il est temps de mettre les limites sinon, elles s’imposeront.
        Sarkosy est mal placé pour parler de notre constitution pour l’avoir bafouée lors de son vote par le parlement de la constitution européenne( je suis européen), il a commis un deni de démocratie, en refusant lea voix des urnes, en crachant sur le résultat du référendum qui avait dit non.Un mandat de Président ne lui accorde pas le droit d’invalider un vote par référendum.
        Il n’est plus en position ce despote non éclairé, pour parler de notre république, de notre démocratie, de ses droits car il est désavoué par ses actes.Ce prophete sauveur du monde, ferait mieux de se préoccuper de savoir ou il va finir sa chute car les faits que l’on lui reproche sont extremement graves.Il n’a jamais trouvé grace à mes yeux puisque ses dettes étaiebnt inscrites dans son programme et ses méthodes déjà connues (on pourrait reparler de l’épisode du forcené).
        On ne peut plus tolérer de ce Monsieur qu’il parle de » probité, d’honneur, d’équité, de vérité, d’honneteté,de respect, de citoyenneté, de nationalité,de laîcité, de droits de l’homme,de respect de la république, de respect de la démocratie, de respect des droits de l’homme, de racisme ou autres sujets, ce qui me direz vous fait beaucoup, mais il est discrédité de par ses actes, par ses propos et ses actions pour pouvoir aborder ces sujets!!!!!!

        On doit le mettre hors d’état de nuire à notre pays.

  • Siolgnal dit :

    « création d’emplois…C’est ce qu’a fait l’Allemagne » ?

    IMITER LES BOCHES, C’EST MOCHE !

    Pour le récent et l’actuel, c’est quoi le modèle allemand ? C’est de l’hyper-libéralisme imposé par la prétendue démocratie représentative sous forme « d’ordo-libéralisme », à savoir la détention légale du pouvoir pour faire voter les bonnes lois convenant au libéralisme économique. C’est ainsi que les gouvernants peuvent imposer légalement un ordre conçu pour le capital sous les saintes écritures de « l’économie sociale de marché ». Les libéraux glorifient la cogestion et la négociation à l’allemande avec les syndicats ; cela signifie simplement que les syndicats allemands, qu’on peut dire d’accompagnement, sont des associés aux intérêts du capital allemand et cela au nom de la social-démocratie. D’ailleurs les réformes Schröder, il y a 10 ans, sont passées comme une lettre à la poste. Or ces réformes ont laminé l’Etat social : réforme des retraites, baisse des allocations chômage, contention des salaires, etc. Il en est résulté une baisse du pouvoir d’achat et donc de la demande intérieure, la croissance étant assurée par les exportations chez les voisins grâce à cette politique de « désinflation compétitive ». Cette politique a été continuée et aggravée sous Angela Merkel notamment avec une TVA sociale de 3 points (ce qui revient à transférer une partie des charges de la protection sociale sur les consommateurs et équivaut à une dévaluation de 3 %). C’est comme cela que la politique prussienne s’est refait une santé et une compétitivité et a connu des excédents massifs de sa balance commerciale (153 milliards en 2010 ; 40 % de leurs exportations sont faites dans la zone euro) et cela en solo et de façon non coopérative. Il faut dire aussi que la direction des Fritz n’a pas créé de SMIC (9,18 euros de l’heure en France) et que les salaires à 5 euros de l’heure sont légion. Il ne faut pas se leurrer sur le taux de chômage par rapport à la population active à 6,4 % car les dirigeants teutons oublient que le considérable temps partiel n’y est pas compté. Qui plus est la Germanie a adopté la pratique Bolkenstein du « pays d’origine » par laquelle les travailleurs étrangers sur le sol tudesque sont maintenus dans les lois sociales et les salaires du pays d’où ils viennent. Du coup l’agriculture teutonne se porte comme un charme avec force de salariés agricoles étrangers surexploités. L’Allemagne a délocalisé la production des composants industriels à des sous-traitants sis dans l’ex-Est soviétique et fait ensuite de l’assemblage, faussement étiqueté « made in Germany » chez elle. Elle a ainsi baissé encore plus les coûts de production (technologie allemande super productive et faible coût de la force de travail). Par ailleurs, l’euro fort l’avantage car il permet de payer moins cher les productions faites dans les monnaies faibles des PECOS (ex-pays de l’Est). On comprend pourquoi les dirigeants teutons ont tellement poussé à l’élargissement sans fin de l’UE ; su reste la relation France/Allemagne est magnifiquement symbolisée par Mitterrand et Kohl se tenant pas la main à Douaumont ; c’est de l’entente cordiale, un cheval, une alouette.
    Le premier problème est que ce modèle d’austérité compétitive reporte tous les efforts sur le peuple allemand et surtout les populations les moins favorisées. Il n’est donc pas envisageable de le copier. Et surtout ce modèle implique que toute l’Europe devienne exportatrice, ce qui à l’évidence est impossible, soit à l’extérieur de l’UE, car les PVD lui font une concurrence largement déloyale, soit à l’intérieur où tout le monde ne peut être exportateur. Enfin ce modèle implique une concurrence sauvage entre tous les pays pour être plus compétitifs, ce qui fait entrer dans la spirale descendante du moins-disant et de la rigueur. Enfin, cette approche est hyper libérale au moment même où ce libéralisme sans entraves a fait faillite avec le crise. Continuer ainsi, c’est faire comme le bon docteur Purgon : encore une saignée d’austérité et le malade mourra guéri.

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