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Pierre Moscovici invité de France Info

Catégorie : Actualité,Politique | Par pierre.moscovici | 07/02/2012 à 11:12

Pierre Moscovici était ce matin l’invité de France Info.


Nicolas Sarkozy toujours pas candidat : "Cela… par FranceInfo

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67 commentaires

  • marie mcb dit :

    Comment peut on réduire les incivilés et les violences dans les écoles quand des ministres de la République attisent la violence par des propos injurieux et méprisants ?
    Les électeurs du FN sont des personnes qui ne voteront pas à droite par racisme mais parce que leur situation financière est désespérée.
    La violence verbale ne ramènera pas les électeurs du FN vers la droite en revanche, cette violence verbale détruit le lien social d’une société tres fragilisée.
    Cette violence verbale est tres dangereuse et frole l’inconscience.

  • seb dit :

    « Je garantirai l’indépendance de la justice et de tous les magistrats : les règles de nomination et de déroulement de carrière seront revues à cet effet ; je réformerai le Conseil supérieur de la magistrature. J’interdirai les interventions du gouvernement dans les dossiers individuels. Je remettrai à plat la procédure pénale pour la rendre efficace dans le respect des principes fondamentaux de l’état de droit. L’accès à la justice de proximité pour tous les litiges portant sur des aspects essentiels de la vie quotidienne des Français sera facilité. Les peines prononcées seront toutes effectivement exécutées et les prisons seront conformes à nos principes de dignité. »

    C’est quand même malheureux qu’un homme, qui semble conscient de ses devoirs sur le plan national – garantir l’équilibre des pouvoirs, garantir l’indépendance de la Justice, agir en arbitre –
    en apparence tout au moins…Ne trouve rien à redire lorsque des textes « européens » sont en contradiction/violation des engagements « européens » de notre pays, de ceux internationaux qui l’engagent, et plus encore de la Constitution elle même…Avec la DDHC en tête.

    Pourquoi adouber une politique qu’en discours on lacère ?

    • lola dit :

      @seb comment garantir l’indépendance de la justice ,dans l’état actuel des choses ??

  • domi 25 dit :

    Je n’ai rien à dire ,alors profitez-en…

  • lola dit :

    Les blogueurs-fleuves ont manifestement envie d’élever le niveau de connaissances et de réflexion du « lectorat » de ce blog ,par charité chrétienne ? c’est une tâche ardue à laquelle ils s’attellent; ils l’ont déjà perçu ;mais, passer de la Boulè à Pareto en convoquant 20 minutes, jl Mélenchon ,carlo Cipolla et le MIT risque de leur donner le mal de mer ,ou ,peut-être,se décideront-ils à en faire leurs choux-gras,et se limiteront-ils à écouter vos leçons en mangeant du chocolat ;l’avenir le dira …

  • h-toutcourt dit :

    On a vu ci-dessous en quoi l’équilibre concurrentiel n’est pas un optimum de l’utilité globale pour la société, défini démocratiquement comme la somme des utilités élémentaires.
    Le bon sens nous l’indiquait déjà: que dirait-on d’une famille où la moindre tâche à accomplir serait l’objet d’une libre concurrence interfamiliale basée sur le rapport effort consenti / bénéfice retiré? C’est pourtant le dogme de l’économie libérale!
    Un autre exemple de bon sens en a été donné: mille euros de plus pour un smicard doublent son salaire; la même somme pour Mme Bettencourt ne lui fait ni chaud ni froid. Car les fonctions d’utilité n’ont rien de proportionnel au capital: leur effet de saturation est de type logarihmique!
    A cela, les libéraux répondent tous en coeur: comment voulez-vous faire pour qu’une société d’agents anonymes fonctionne autrement?
    Tout d’abord, en ayant clairement conscience des modèles évoqués plus haut.
    Il y est dit que l’utilité globale n’est rien d’autre que l’espérance mathématique de la fonction d’utilité individuelle, sous la forme: U(x) = Somme des Pi.Ui(x).
    D’où:
    « Dès lors, la formulation univoque du problème d’optimisation de l’économie politique, telle qu’énoncée par les utilitaristes, ainsi que Pareto, s’obtient en remarquant que: Pi = Ni/N, où Ni est le nombre de citoyens ayant la même fonction d’utilité Ui(x), N le nombre total de citoyens.
    On voit là tout l’intérêt de la formulation fréquentielle en Ni/N par les probabilités: lorsque la population est en nombre N élevé, il est impossible d’interroger un à un les citoyens pour connaître leur fonction d’utilité. Cela devient, en revanche, envisageable si l’on peut disposer d’un échantillon réduit de n citoyens, où les rapports réduits ni/n=pi sont les mêmes que les rapports Ni/N, c’est à dire les probabilités Pi. Dans ce cas seulement, on peut parler d’une démarche “démocratique” car elle préserve fidèlement la représentation du peuple par la représentativité de l’échantillon.
    [Sur ce « modèle réduit », il est alors possible de simuler le comportement individuel (vecteur décisionnel d) et d’optimiser en conséquence les structures macro-économiques à mettre en place: nationalisations, services publics, fiscalité, etc… Les commissions parlementaires sont censées passer leur temps à ça!]
    Deux sortes d’une telle démarche ont été appliquées dans l’histoire:
    – la démocratie directe par tirage au sort : c’est celle de la démocratie athénienne dans la Grèce antique, qui dura prés de deux siècles (-507 / -322). Elle possède la propriété essentielle, dite “sans biais”, que l’espérance mathématique de u(x)=somme des pj.uj(x), sur l’échantillon réduit, est la même que celle de la population totale, même si la cardinalité de j est inférieure à celle de i (autrement dit, même si toutes les fonctions d’utilité ne sont pas représentées). C’est si vrai que cela s’applique en particulier au tirage au sort d’un seul représentant, dont l’espérance reste non biaisée. C’était là tout le sens de la “Stochocratie”.
    – la démocratie indirecte par délégation élective : c’est celle appliquée de nos jours par les “démocraties occidentales”. Elle consiste théoriquement à regrouper les citoyens qui se reconnaissent tous la même fonction d’utilité Ui(x) qu’un des leurs, qu’ils élisent comme représentant dans l’échantillon réduit des uj(x). Elle nécessiterait i=j, donc la même cardinalité, d’où l’adverbe “théoriquement” ci-dessus, car ce n’est jamais le cas en pratique. Dans tous les cas, le citoyen doit se prononcer pour celui des représentants qui lui paraît “proche” avec tous les inconvénients biens connus qu’évitaient les grecs: démagogie, influence de l’éducation, de la position sociale, de la fortune, etc… »

    A ce sujet, voici l’information que relevait, en mars, le journal gratuit « 20 minutes »:
    « Et si, finalement, les Grecs avaient trouvé la meilleure solution avec la Boulè et le tirage au sort des membres du Parlement? C’est le point de vue du mathématicien Alessandro Pluchino et de ses collègues de l’université de Catane.
    Selon leurs recherches, reprises par la Technology Review du MIT, un système avec un Parlement basé sur deux partis fonctionne mieux si les députés et les sénateurs sont tirés au sort avec un nombre optimal d’élus indépendants introduit.
    Dans le système actuel, en caricaturant, des centaines de millions d’euros sont dépensés dans de longues campagnes, des heures sont perdues en obstruction parlementaire et les systèmes n’échappent en général pas à la corruption, avec certains élus qui font passer leur intérêt, ou celui d’un groupe avant celui de l’ensemble de la société.
    S’appuyant sur des travaux de l’économiste et historien Carlo Cipolla, Pluchino et son équipe ont ont divisés la population entre quatre catégories :
    • les personnes intelligentes, dont les actions produisent un gain pour eux et les autres
    • les naïfs (perte pour eux, gain pour les autres)
    • les bandits (gain pour eux, perte pour les autres)
    • les stupides (perte pour tout le monde)
    Dans leur modèle, les élus peuvent soit proposer un projet de loi et voter pour/contre. Via des formules mathématiques compliquées, ils concluent que dans un système bipartite, les hommes politiques élus ont tendance à graviter autour d’un même comportement qui n’est que rarement le point optimal pour un gain pour le reste de la société.
    Selon eux, plus on introduit des parlementaires indépendants tirés au sort, et plus le nombre de lois ajoutant de la valeur pour l’ensemble des citoyens augmente. Et pendant ce temps-là, les socialistes s’apprêtent à s’entredéchirer… »
    Source : http://www.20minutes.fr/article/685020/ … ace-voter-

    • siolgnal dit :

      Le capitalisme repose sur le profit, sur la transformation du capital-marchandise ou capital, en argent, sur « la valeur actionnariale » comme on dit aujourd’hui, c’est à dire sur la confiscation maximale des fruits du travail.
      Mais depuis trente ans, le capitalisme dit « postmoderne » a changé, non dans sa logique intrinsèque, mais dans ses modalités. Le cycle n’est plus M-A-M, mais A-M-A. Les flux financiers qui circulent sont devenus trés supérieurs à ceux des marchandises. 4 000 milliards de dollars de transactions sur les monnaies ont lieu tous les jours. Ce qui est mondialisé, c’est la finance… Le profit résulte pour une large part d’opérations financières. La logique n’est pas seulement de faire du profit, même plus de le maximiser, mais d’en faire toujours plus, encore et encore.

      LA FINANCIARISATION

      Le capitalisme est régi par la maximisation de la « valeur actionnariale » pour les propriétaires du capital financier sous forme d’actions vendables en Bourse. Les dirigeants ont pour fonction de valoriser au maximum le patrimoine financier de l’entreprise, c’est à dire la valeur des titres-valorisation boursière laquelle dépend des dividendes versés et des plus-values en Bourse.
      Les managers à l’ancienne ont perdu le pouvoir parce que la dispersion des titres est révolue par suite, notamment, de l’entreprise des fonds de pension capitalisés. Mais surtout, les managers new look ont compris que leur rémunération dépendait de leur capacité à faire suer de la valeur pour l’actionnaire. Ce qui pousse les managers à faire gonfler, y compris artificiellement, le cours des ttitres: ce qui rapporte dans les stock-options, ce sont les plus-values sur vente des titres à échéances.
      L’enjeu principal est l’énorme pression exercée sur toutes les entreprises (rappelons-nous que le capitalisme forme un système automatique auquel nul ne peut échapper) pour augmenter la rentabilité par tous moyens: baisse des salaires et dégradation des conditions de travail, mise sous pression et en concurrence exacerbée des fournisseurs et prestataires de service, délocalisations dans les pays sans taxes, sans fiscalité (d’où le développement des paradis fiscaux devenus nécessaires au recyclage des profits afin d’échapper aux impôts dans le pays du siège social), sans écologie, sans droit du travail, sans protection sociale et à faible coût de main d’oeuvre, baisse des coûts des transports (concurrence dans le camionnage, pavillons de complaisance, bateaux poubelles); dégraissages (downsizing), réorganisations (reingineering), autonomisation des opérateurs (empowerment), sous traitance au moins-disant par externalisation des fonctions.
      Dans les pays développés, reprise de toutes les garanties apparues dans les Etats-providence: retraites par répartition, SS, salaires minima, indemnités de chômage, CDI et temps complet au profit des CDD, de l’interim et du temps partiel (exigence de flexibilité), suppression ou diminution des impôts pour les riches ou baisse des charges sociales pour les entreprise, reportées sur les contribuables ou avec diminution des droits,etc. Les conséquences sur le travail sont terribles.

      « ON NE PEUT PAS FAIRE AUTREMENT »…

      Un enjeu caché réside dans la perte de légitimité du pouvoir politique et de l’Etat dont les dirigeants en sont réduits à proclamer qu’ils ne peuvent rien faire contre ce toboggan où, une fois sur la pente, on ne peut plus s’arréter. Le tonneau des Danaïdes n’a pas de fond, la spirale vers le moins disant n’a pas de fin, sauf politique, mais maintenant à un niveau international. Car le système entraîne la mise sous concurrence non seulement des salariés mais encore des peuples, des régimes sociaux (comme en témoigne la réaction: «les revenus du travail sont-ils trop taxés en France, à cause des cotisations sociales ? Si tel est le cas, diminuons les charges sociales.»)
      C’est du reste ce à quoi s’applique ne varietur depuis trente ans l’Union européenne avec son dogme de la « concurrence libre et trés faussée » et son refus de toute harmonisation (notamment fiscale) et de toute intervention publique dans le capital. C’est pourquoi depuis plus de trente ans, des lobbies patronaux se sont employés à faire pression sur les politiciens de façon que les frontières soient annihilées. En Europe l’European Round Table (ERT), club des grosses entreprises européennes (ou l’AFEP, association française des entreprises privées), soit les gros bonnets du CAC 40, a obtenu, notamment du curé Delors (livre blanc et grand marché lors de sa présidence de l’UE) l’ouverture totale des marchés à la concurrence.

      L’EURO

      Ensuite, la combine a été la monnaie unique, qui interdit à chaque pays de jouer sur son taux de change et sa politique monétaire, en ne laissant que la politique budgétaire , fiscale et sociale. Ce qui a mis les différents pays en concurrence les uns avec les autres. Or, les pays de l’Euro-Group ne peuvent plus dévaluer (ni emprunter collectivement) depuis la mise en place de l’euro. Dévaluer sert à rendre ses exportations plus compétitives donc à améliorer la balance commercaiale. Ils ne le peuvent plus. Il ne leur reste plus qu’à se livrer une concurrence féroce entre eux pour être plus compétitifs les uns que les autres: baisse des charges sociales pour les entreprises, stagnation des salaires, diminution de la protection sociale, subventions plus ou moins tolérées de l’UE aux industries, réduction de la voilure de l’Etat, etc. Il semble clair maintenant que cet aspect de l’euro est un moyen imaginé par les libéraux de l’UE pour forcer les peuples à entrer en concurrence sauvage.
      C’est malin. En effet, avec l’euro d’un côté et les règles économiques et commerciales de la concurrence « ouverte, libre et trés faussée », de l’autre, sans politique de change et avec un budget limité, les pays adhérents à l’euro se mettaient dans une situation intenable par hyper-concurrence entre eux. C’était un bon moyen de pousser les gouvernements à mette en place le libéralisme sauvage conforme aux saintes écritures du marché total qui « équilibre » tout. Ce fut alors chacun pour soi et Dieu pour tous.
      Ce qui frappe le plus, dans cette histoire, c’est que ce sont les gouvernants, parés des plumes de l’Etat impartial et de la loi neutre , alors qu’ils ne sont que les dépositaires momentanés de l’exercice du pouvoir d’Etat, qui ont organisé le sabordage de ce qui est public et d’intérêt général.

      • Jonas dit :

        Et le flood continue !

        • h-toutcourt dit :

          C’est peu en comparaison du flood des financiers qui, comme vous, préféreraient qu’on se taise à ce sujet:
          Siolgnal fait état de 4OOO milliards de dollars en transactions journalières sur les monnaies.
          En transactions financières totales, c’est trois fois plus, soit chaque année, soixante-dix fois le PIB mondial.
          Ainsi, chaque jour, le travail humain fait-il l’objet de 70 négociations d’exploiteurs sur sa plus value !

          Ça ne vous interesse donc pas ?

          • Jonas dit :

            Bien sûr que si ça m’intéresse, mais faire des commentaires interminables et incessants sur ce blog n’aidera en rien à résoudre le problème !

        • Marianne dit :

          Ça y est! J’ai compris ce qui intéresse le lectorat de ce blog:

          La politique est question de rapports de forces. Du moins, en théorie. Car les tractations qui se jouent en ce moment entre formations de gauche démontrent que ce n’est pas toujours celui qui pèse le plus ou prend le plus de risques qui se voit le plus généreusement « récompensé ».

          On sait pertinemment que le PS porte une attention particulière à ces circonscriptions où un second tour « droite versus extrême droite » pourrait avoir lieu. Jean-Luc Mélenchon lui-même avait évoqué, début janvier sur France Info, l’existence au PS d’une « liste secrète de 90 circonscriptions dont [les socialistes] pensent qu’elles sont menacées par une éventuelle percée de l’extrême droite ». « Dans ces 90 circonscriptions, expliquait à l’époque Mélenchon, toute la gauche pourrait se rassembler pour ne pas être éliminée du deuxième tour et ne pas être conduit à devoir voter au deuxième tour UMP. On pourrait s’entendre là-dessus, sur des choses de bon sens. Mais ils sont fermés, ils ne pensent qu’à eux. »

          Oui, les socialistes pensent à eux. Mais pas que. Ils pensent donc visiblement aussi aux écologistes et aux « partenaires » communistes de Jean-Luc Mélenchon au sein du Front de gauche. Reste que son parti, le PG, lui, pour l’heure, est toujours assis sur le banc de touche des négociations. Ça n’est pourtant pas faute d’avoir essayé d’y prendre part. En novembre dernier, des émissaires de Mélenchon rencontraient les socialistes Christophe Borgel et Bruno Le Roux pour évoquer ces circonscriptions où la gauche pourrait passer à la trappe au profit de l’UMP et du FN. Mais l’épisode du « capitaine de pédalo » est passé par là et, dans la foulée, Martine Aubry aurait fermé elle-même la porte des négociations au PG.

          Si le PS n’y répond pas favorablement, il faudrait donc comprendre qu’Europe écologie avec ses petits 3% d’intentions de vote à la présidentielle pourrait être remerciée avec de belles circonscriptions et de jolis maroquins. Un comble pour Jean-Luc Mélenchon qui, avec son idée du Front de gauche et l’investissement total de son parti dans la bataille, s’il confirme les intentions de votes que lui confèrent les sondeurs (trois fois plus qu’Eva Joly), peut ramener les communistes à des niveaux qu’ils n’ont pas connus depuis des lustres !

          http://www.marianne2.fr/Et-si-Melenchon-etait-le-dindon-de-la-farce-electorale_a215231.html

          • Bangor dit :

            Tout ceci montre que Mélenchon n’est qu’un politicard de seconde zône, ce que tout le monde sait. S’l devait être le dindon de la farce, nous serions nombreux à sabrer le champagne.

          • Marianne dit :

            Quelle brillante argumentation !
            Bravo encore de relever ainsi le niveau du débat…

            J’avais ironisé, sans oser croire qu’il y en aurait un pour réagir au premier degré !

      • h-toutcourt dit :

        Si les financiers sont discrets, Bruxelles l’est moins, comme le révèle Le Monde Diplomatique de ce mois:
        Depuis quelques mois, l’Union place l’évolution des salaires au coeur de sa stratégie de la crise qui secoue l’Europe. Mieux, elle somme les autorités nationales d’obtenir des baisses. Le traité de Maastricht stipulait pourtant que cela était étranger à ses compétences, clause reconduite dans le récent traité de Lisbonne…cher à Moscovici. Apparemmment, il n’en a cure…!
        Au delà de la limitation des dettes et des déficits publics, l’Union entend désormais s’immiscer dans les négociations nationales pour imposer sa conception de la discipline salariale. Le « paquet sur la gouvernance économique européenne », dit « six pack », voté par le parlement européen en Octobre 2011 s’assortit même de contraintes juridiques…
        Demandez donc à Moscovici ce qu’il en pense !
        Ce dispositif, qui contient six actes législatifs européens, a été adopté dans l’urgence, en toute discrétion. Il prévoit qu’un tableau de bord donnera l’alarme en cas de « déséquilibre macroéconomique » ou « d’écart de compétitivité » jugé trop important à Bruxelles. Le terme « compétitivité » maquille mal la nature du projet: une intensification de la concurrence entre les pays européens, au sein d’une union dont les concepteurs affirmaient pourtant qu’elle favoriserait la coopération de ses membres vis à vis de l’extérieur…
        Un nouveau modèle est érigé: l’allemagne, que les réformes de Gerhard Schrôder ont transformée en parangon de modernité…
        « Nous avons créé l’un des meilleurs secteurs à bas salaire en Europe » se félicitait-il lors d’une édition du forum économique mondial de Davos.
        Hollande n’aura même pas besoin d’aller voir Merkel: Bruxelles lui dit déjà ce qu’il faut faire. Nul doute que sa fibre social-démocrate lui enjoindra d’obéir aux directives européennes, comme lui et Moscovici l’ont toujours fait: tout ce qui porte le nom d’Europe n’est-il pas béni ?

        • Bangor dit :

          « tout ce qui porte le nom d’Europe n’est-il pas béni ? »

          Et pour le souverainiste que vous êtes, tout ce qui est européen est mauvais en soi.

          • h-toutcourt dit :

            Vous avez tort. On peut être « internationaliste », sans tomber dans le panneau de « l’eurolibéralisme » et de la globalisation financière ». Relisez JG :

            « Bon nombre de personnes sérieuses prônent une sortie de l’euro. Il y a d’autres voies que le nationalisme, souvent néo-faciste, ou l’abdication devant le néolibéralisme.
            Il y a une voie pour faire changer les choses dans l’Union européenne : la subversion en interne. On reste dedans et on désobéit de manière fort aimable et diplomatique : nous prévenons les autres gouvernements que conformément au mandat du peuple français, nous n’allons pas respecter un certain nombre de traités et de directives européennes. »

            Et surtout, relisez Karl Marx: « Prolétaires de tous les pays, unissez-vous! »

          • Jonas dit :

            Très bien, relisons Karl Marx, et puisque vous citez, relisons ce qui se trouve juste avant votre citation : « Que les classes dirigeantes tremblent devant une révolution communiste ! Les prolétaires n’ont rien à y perdre que leurs chaînes.
            Ils ont un monde à gagner. »
            Je ne sais quel monde imaginaire vous espérez, ni même si c’est le cas, mais quoiqu’il en soit on a vu ce qu’a pu donner cette prophétie, suivie du mot d’ordre que vous citez.
            Vos techniques rhétoriques (je parle des divers floodeurs) sont assez proches des techniques utilisés par les marxistes de divers acabits que j’ai cotoyé durant mes études. Je pense pourtant que vous avez des certaines choses intéressantes à dire, contrairement à ceux que je cotoyait. (par exemple quand JG dit que l’Etat devrait emprunter sur son propre marché intérieur (épargne des français), je suis plutôt d’accord, mais je me garde de certitude, connaissant mal les mécanismes (réels plus que légaux) qui déterminent à qui l’Etat emprunte…

          • seb dit :

            « Et pour le souverainiste que vous êtes, tout ce qui est européen est mauvais en soi. » (BANGOR)

            Pourquoi toujours utiliser cette réthorique que trouver des défauts à la construction européenne – ou plus exactement aux politiques « européennes » – signifierait que « tout ce qui est européen est mauvais en soi » ?

            J’aime la France. Je n’en critique pas moins – et vous de même – les politiques nationales quand je les estime mauvaises ! La TVA pseudo « sociale », les contrats soient disants de « compétitivité » ou encore le « bouclier fiscal » version M. SARKOZY…Sont pour moi de très mauvaises mesures. Est ce que celui signifie, à mes yeux, que « tout ce qui est français est mauvais en soi » ? Bien sur que non !

            Pourquoi ce qui vaut pour un pays (les Français aiment la France, ils n’en râlent pas moins contre tout ce qu’ils jugent mauvais dans son fonctionnement), pour un couple (j’aime mon épouse, je n’en reste pas moins critique de certains de ses choix et elle de même), un travail (j’adore mon job (chef d’entreprise) mais déteste le temps que je passe à remplir des papiers pour l’administration)…Ne serait pas valable, possible, pour la construction européenne ?

            Prétendre que critiquer la construction européenne ou plus bêtement la politique menée par M. BARROSO et consorts, signifierait être « contre la construction européenne » ou « nationaliste » ou même « souverainiste » au sens qu’en donne Marine (qui n’a pas du tout la même conception que NDA, Mélanchon, ou les VRAIS Finlandais par ex)…C’est à mon sens absurde.

            Peut être avez vous vu la série « Borgias » sur Canal +. Je la trouve pour ma part très intéressante. Sur l’ascension de ce Pape hors norme bien sur…Mais parce qu’elle pose la question de savoir si critiquer/entrer en guerre contre la personne du Pape signifie s’en prendre à la Chrétienté.

            Les Chrétiens doivent ils reconnaître un Pape aussi peu digne du trône de Saint Pierre…Ou pas. Car, au final, c’est un peu çà l’interrogation de la série.

            A cette question, le Très Chrétien roi Français Charles VIII répond par la négative : le Pape doit être démis s’il enfreint les règles qui sous entendent son ministère. Son épouse, la reine Anne de Bretagne, avait elle une toute autre opinion : même après la reconnaissance de ses enfants, même après le scandale (il est vrai propagé par ses ennemis intimes) de sa relation avec la belle Judith (ou quelque chose d’approchant), même après les assassinats commandités par le « Saint Père » elle estimait que ce dernier devait continuer à « régner » sur les Chrétiens.

            Pour ma part, je crois qu’un homme qui a des responsabilités, ne peut se cacher derrière sa fonction, pour se dérober à la critique.

            Pour finir, un « souverainiste » c’est quelqu’un qui croit en la « souveraineté ». Et qui pense être suffisamment légitime pour l’exercer. Nous sommes donc l’un et l’autre des « souverainistes » puisque nous estimons être suffisamment dignes pour occuper la place de Souverains. Si nous n’étions pas « souverainistes » nous ferions campagne pour l’héritier présomptif du trone de France, le comte de Paris.

          • lola dit :

            En fait, il est possible de donner au mot « souverainiste » plusieurs acceptions ; le tout est de s’entendre ! la ddhc ,la constitution,affirment que le peuple français est « souverain » :le parlement qui en est une émanation a le droit, l’obligation de demander des comptes au gouvernement .Et le Président de la R. qui, en fait, gouverne comme un chef absolu,semble en prendre,brusquement, conscience
            puisqu’il vient d’annoncer une série de plusieurs referendums ;à 2 mois de l’élection; il vaudrait mieux qu’il annonce sa candidature ,incluant dans son projet la tenue de referendums . Cela aurait ,au moins le mérite de lever des ambiguités, de plus en plus insupportables et inadmissibles.

        • seb dit :

          A H-TOUTCOURT

          Il est en effet curieux – suspect ? – que M. HOLLANDE, M. MOSCOVICI ou les membres de l’équipe…Soient si…Discrets, pour ce qui concerne le pacte dit euro +.

          L’examen du texte, en effet, ne laisse aucun doute : c’est bien en effet de l’adoption d’un seul style de politique économique pour tous les pays de la zone Euro (et, plus généralement, pour tous les pays membres devant adopter à terme selon les Traités cette monnaie unique) dont il est désormais question.

          La question du benchmarking, ouverte depuis les années 1990, serait résolue de fait : tout le monde doit faire comme le champion allemand, et point barre ! Et tant pis si, l’on constate que l’un des champions en la matière – MAC DO pour ne pas le citer – adapte sa politique marketing en fonction des pays !

          Allez aux USA et en France : vous n’aurez pas les mêmes produits, pas le même service et encore moins la même communication !

          Le moins qu’on puisse dire – en dehors du fait que, là encore, se procurer une version française relève du miracle (!) – c’est que le principe du pacte c’est que tout le monde émule les bonnes pratiques germaniques en matière de compétitivité : tout le monde doit reculer, si ce n’est déjà fait, son âge de la retraite à 67 ans; tout le monde doit inscrire une règle constitutionnelle nationale imposant des budgets en équilibre; tout le monde doit mettre fin à l’indexation des salaires sur les prix; tout le monde doit faire plus de R&D; enfin, tout le monde doit taxer les gains des entreprises de la même façon.

          On ne peut guère que s’étonner que l’équipe HOLLANDE ait gardé – à preuve du contraire – silence sur ce pacte euro +…Si contraire tant aux déclarations de M. HOLLANDE (et compagnie) qu’à son projet lui même. Pour qui prétend vouloir proposer au lieu de singer…Il y a là quelques incohérences, manque de crédibilité.

          – premier point, sur l’indexation des salaires sur les prix ou sur l’âge de la retraite, on touche là à des compromis sociaux fondamentaux dans chaque pays. La Belgique a conservé une forme d’indexation des salaires sur les prix, cela n’empêche pas de fait ce pays de se tenir dans la course à la compétitivité. Les pays européens de la zone Euro se trouvent aussi dans des situations démographiques un peu différentes tout de même. Surtout la Cour constitutionnelle allemande n’a-t-elle pas rappelé dans son jugement sur le Traité de Lisbonne rendu en juin 2009 que le peuple allemand devait avoir le droit, même dans le cadre européen, de définir les fondamentaux de son système social? (ce qui suppose par réciprocité entre pays membres que tous les autres peuples de l’Union disposent du même droit).

          On se trouve ici en pleine contradiction : légalement et pratiquement, il n’existe pas de “peuple européen”, pourquoi devrait-il y avoir alors une seule façon d’organiser les fondamentaux des sociétés européennes au nom de la “compétitivité” (autrement dit de la conquête des parts de marchés, européen et mondial)? De fait, on peut être compétitif (ou pas) de différentes manières, ne serait-ce que, parce que la géographie et l’histoire ne sont pas identiques partout, et il faut tenir compte de l’ensemble du système socioéconomique pour comprendre ses ressorts !

          Le silence du candidat PS est d’autant plus impardonnable que le PS…Possède de nombreux élus locaux ! Or, si à législation nationale identique, tous les grands pays européens connaissent des divergences internes de compétitivité régionale…Ne va t il pas de soi que ces divergences internes ne peuvent être que semblables si l’on avait la bêtise de jouer les moutons de PANURGE ?

          Pour être plus explicite, il ne fait pas de doute que l’Allemagne a regagné beaucoup de compétitivité depuis 2000 à travers une politique de modération salariale drastique et de flexibilité plutôt radicale sur le marché du travail – mais se demande-t-on jamais comment cela a été supportable (si l’on peut dire) par les divers salariés, intérimaires, employés à “1-euro”, etc. ?
          Il faut aussi aller voir du côté des dépenses de ces travailleurs appauvris ou pauvres, dont les sacrifices ont fait une bonne part de la compétitivité allemande.

          En Allemagne, point de bulle immobilière générale qui fait augmenter le prix des logements, et par contrecoup, les loyers ; point de cartellisation de fait de la grande distribution (la grande chaîne de magasins historiques y a même fait faillite!); point d’autoroutes payantes qui freinent la mobilité des travailleurs, etc. – c’est tout un équilibre sociétal qui s’avère différent, et je ne suis pas convaincu que l’on puisse simplement copier l’Allemagne contemporaine. (Par exemple, en France, le prix du logement, en particulier en région parisienne, est aussi dû à des facteurs de mobilité des riches de toute la planète qu’on ne retrouve pas en Allemagne – le jour où les oligarques russes rêveront de s’installer à Hambourg et non à Nice n’est pas encore arrivé…)

          – deuxième point, en admettant même que tous les pays de la zone Euro se mettent à la diète germanique, par exemple pour la France en revenant à une durée légale du travail – pas sur que Martine apprécie qu’on détruise son œuvre… – de 39 heures (ou 40 si l’on veut, ou 48 si l’on veut aller au taquet européen directement), et en supprimant toute incitation pour les entreprises à augmenter les salaires en fixant pour dix ans le SMIC horaire à son niveau actuel (faute d’oser le supprimer comme en Allemagne…), les parts de marché au sein du marché unique se rééquilibreraient sans doute en faveur des partenaires européens de l’Allemagne, mais, si elle veut se maintenir en tête, comme il est inévitable qu’elle le veuille vu ses antécédents, cette dernière devrait surenchérir.

          La stagnation salariale allemande depuis 10 ans a signifié une stagnation de la consommation des ménages dans ce pays; si tout le monde en Europe se met à ce régime austère, il semble aller de soi qu’on devrait aboutir à une stagnation généralisée de la consommation des ménages en Europe. Certes, les marchés dynamiques sont déjà ailleurs qu’en Europe, mais, avec un tel régime, cette prophétie risque bien d’être auto-réalisatrice.
          Peut-on viser à faire de tous les pays européens des champions de l’exportation en direction du reste du monde, et seulement cela? En tout cas, en France, le slogan devra être  désormais “travailler plus et plus longtemps pour gagner autant”. Cela va être dur à vendre sur le marché politique !
          troisième point, l’harmonisation fiscale pour les entreprises.

          C’est évidemment le contrepoids nécessaire pour que ces propositions de recherche de la compétitivité ne paraissent pas honteusement défavorables aux intérêts (immédiats) des salariés. Les responsables irlandais protestent déjà, et avec eux, les autres pays qui entendent suivre la même voie du paradis fiscal. Bien sûr, cela serait fort satisfaisant pour les finances publiques des autres pays de regagner des ressources du côté des profits des entreprises, et ainsi de pouvoir équilibrer les comptes publics comme le demanderaient les constitutions révisées.

          Mais ici le conflit d’intérêt ne peut être que frontal entre pays membres de la zone Euro – et, comme la règle de l’unanimité est en vigueur dans cette matière, la négociation risque d’être rude. Par ailleurs, même si un accord se faisait pour la zone Euro, comme la principale place financière de l’Union européenne, Londres, n’est pas dans la zone Euro – et ne risque pas à ce rythme d’y être avant le jour du Jugement dernier! voire après ! – une harmonisation de la fiscalité des entreprises dans la zone Euro devra tenir compte de ce détail gênant en présence de la libre circulation des capitaux garantie par les Traités…
          Et ne parlons pas des divers paradis fiscaux hors UE que les entreprises européennes pourront toujours utiliser pour échapper au Leviathan fiscal européen !

          Au delà de ces considérations, la compétitivité ainsi entendue repose toujours sur l’idée du parallélisme des trajectoires (comme dans la Stratégie de Lisbonne définie en 2000, dont on connait les succès….) entre pays européens, mais témoigne (sauf sur le point fiscal) d’un refus de penser en d’autres termes que ce parallélisme de la copie du meilleur (du moment présent) un “intérêt général européen” qui tiendrait compte des réalités géographiques, historiques, sociales, du continent.

          Ha oui…Parce que cela reste très drôle tout de même…L’harmonisation fiscale/salariale est interdite par…Le traité sur l’adhésion de la Croatie. Pour rappel : c’était une condition – l’interdiction d’européaniser ces thématiques/de les harmoniser – d’un deuxième référendum en Irlande, sur le traité de Lisbonne.

          Que préfère M. HOLLANDE ? L’annulation du traité Lisbonne – au regard de la violation du traité d’adhésion de la Croatie comportant un protocole qui interdit expressément qu’on touche à la fiscalité irlandaise – ou du pacte euro + qui, outre les considérant évoqués, est une violation dudit traité de Lisbonne ?

          Je sens que mon avocat va bien s’amuser dans les mois à venir ! Entre le traité de Lisbonne – la procédure parlementaire était illégale – le pacte euro + (appelé aussi six packs), le MES et le FESF…Sans parler de la « nomination » des députés européens par les députés Français (et oui, çà vient de sortir, les députés européens sont désormais « élus au suffrage universel indirect ». Mais où donc est ce écrit ? Nulle part…Dommage ! Et une violation de la DDHC…Une !)

          Ai je précisé que le « protocole Vaclav Klaus » qui doit aussi être ratifié via le « traité d’adhésion » de la Croatie – c’est un traité ou une poubelle ? – est aussi une violation de la Charte des Droits ?

          Pour finir…Il est INTERDIT d’inscrire dans un traité d’adhésion (ex celui sur la CROATIE) des éléments qui n’y ont pas leur place (ex protocoles irlandais ou tchèque !)

          En effet, seules les questions relatives à l’adhésion d’un Etat peuvent être traités dans un traité d’adhésion ! Dixit la Convention de Vienne sur les traités ! (Ratifiée par la France)

          En effet, les règles qui régissent les traités d’adhésion ne permettent de n’y faire figurer que des sujets concernant cette adhésion. Autrement dit, l’insertion de protocoles dans les traités européens devait attendre qu’un nouveau traité soit élaboré et ratifié…Et rend caduc le traité d’adhésion de la Croatie et tout ce qui y est rattaché.

          Il n’y a donc personne aux « affaires européennes » au PS ? (Je rappelle au passage que l’idée d’inserer lesdits protocoles est une « idée » de M. SARKOZY…Il est malheureux que le PS ait adoubé une telle « proposition » ! Personne n’a fait du droit constitutionnel ou l’étude du droit européen au PS ? Il n’y a pas de députés européens au PS ?)

          M. HOLLANDE pourrait il faire l’effort – et vous avec M. MOSCOVICI – d’être C.O.H.E.R.E.N.T ? C.R.E.D.I.B.L.E (pas par rapport à M. SARKOZY mais par rapport à un Président digne) ? Et…L.O.G.I.Q.U.E avec lui même ?

          Parce que là…

  • h-toutcourt dit :

    A SEB
    « les libéraux – les vrais – ne peuvent être qu’extrêmement déçus de la construction européenne » :
    Il est vrai que Maurice Allais disait du système actuel:
     » Ce n’est pas le libéralisme, c’est une chienlit politico-financière » !

    Mais, puisque la discussion revient sur l’éternel sujet du néolibéralisme, il faut rappeler que c’est celui de l’équilibre concurrentiel de marché face à l’optimum global qui serait souhaitable pour la société. Et là, les vrais libéraux ont eux-mêmes péché par simplisme:

    Dans une collectivité citoyenne, chaque agent i (individu ou ménage) a une fonction d’utilité qui lui est propre u(i,xj,dij), où:
    – l’argument vectoriel xj décrit tous les biens et services échangeables en économie, y compris le travail et le numéraire. (Revenu, pouvoir d’achat, etc. ne sont que des aspects de cette fonction u(i,x) qui est elle-même un agrégat).
    – Les contraintes sont toutes sur la variable x (ressources naturelles, capacités de travail, etc.). Le patrimoine est une dotation initiale Xo.
    – l’argument vectoriel dij représente chaque décision de l’agent i d’échanger un bien ou service j.
    Le dogme libéral a cru devoir justifier par l’existence d’équilibres la démarche multi-critère suivante (« laisser-faire ») :

    1) NASH (équilibre de) : chaque agent maximise son utilité individuelle par ses décisions dij :
    Max/dij de u(i, x, d11,…,dij,…), pour chaque i, et ce pour tous les j.
    On a bien autant d’équations que d’inconnues, mais l’existence d’un équilibre n’est garantie que sous des conditions particulières (continuité, convexité, etc.)
    Cet equilibre n’est pas en général un optimum de Pareto (où l’on ne peut améliorer une utilité qu’en dégradant une autre), à moins de conditions supplémentaires. On n’a pas, non plus, de garantie sur la stabilité de l’équilibre.
    On note également que chaque agent doit résoudre le système en entier pour prendre sa décision. C’est donc plus couteux qu’une procédure centralisée qui le ferait une seule fois pour toutes.

    2) PARETO (équilibre de), WALRAS (marché):
    Cette formulation vise à éviter aux agents d’avoir à connaître les fonctions d’utilité des autres. Elle imagine ainsi un “commissaire-priseur” capable de faire varier le système de prix des échanges comme celui de la bourse, pour converger vers le point fixe “offre = demande”, s’il existe.
    Au sens de Walras originel, il n’y a pas plus d’existence d’équilibre garantie qu’à celui de Nash en stratégies pures. Arrow et Debreu ont énuméré des hypothèses (déterministes) assurant cette existence. Puis Allais, Arrow, Baumol en ont rajouté d’autres qui en font un optimum de Pareto. Mais le théorème de Sonnenschein assure qu’on ne peut garantir en général la stabilité de cet équilibre. (Ainsi, à la bourse, le commissaire n’attend pas d’égaliser offre et demande pour changer les prix, il poursuit une tendance qui varie en permanence!)

    3) PARETO (optimum de) lui-même a été conduit à définir comme critère d’optimalité sociale l’utilité globale agrégée :
    U(x) = Somme sur i de a(i).u(i,x,d).
    Pour une population citoyenne en nombre N, a doit être égal pour tous en démocratie [point sur lequel s’interrogeait Allais dans le livre cité par Marianne!].
    La démocratie Athénienne utilisait déjà implicitement une formulation similaire, au plan politique, où la nature et surtout le nombre de variables sont plus faciles à manipuler. Elle avait compris qu’on peut simplifier considérablement la collecte des fonctions d’utilité u, en tirant au sort parmi la population citoyenne n agents (n beaucoup plus petit que N) qui seront représentatifs des divers types de besoins/capacités, corps de métiers, etc.
    Chez eux, n égalait cinq cents (la boulée). Vingt formaient leur gouvernement dont dix élus (stratèges) et dix tirés à nouveau au sort (archontes). En bref, ils étaient chargés de résoudre le problème d’optimalité, à partir et sous le contrôle des voeux des cinq cent.
    C’est la structure politique que l’on a gardée de nos jours, en éliminant malheureusement l’essentiel : le tirage au sort, seule garantie de représentativité (par la loi des grands nombres), éliminant du même coup les biais de l’élection (notabilité, démagogie, corruption, trahison des électeurs, etc.).
    En économie, cette agrégation des facteurs en un mono-critère reste limitée, pour l’instant, aux sous-ensembles (entreprises, collectivités locales, etc.).

    L’optimalité monocritère de Pareto, définie ainsi, n’a aucun des avatars précédents si le centralisateur (équivalent du commissaire-priseur) connaît les n fonctions d’utilité. Il peut même déterminer plus généralement la trajectoire dynamique optimale sur un horizon temporel (To,Tf), échappant aux cycles qui affectent le système conflictuel du laisser-faire. On peut donc se demander pourquoi l’adoption d’une telle formulation, qui est la règle pour de grandes entreprises, poserait plus de problèmes pour les nations.
    Inversement, si la formulation libérale était la bonne pour le fonctionnement d’une nation, on serait en droit de demander qu’on l’applique aux entreprises.
    Or, on n’a jamais vu une entreprise abandonnée aux désiderata conflictuels de chacun, pour définir quel doit être le mode de fonctionnement d’ensemble:
    qui monterait dans un avion dont la conception et la fabrication résulteraient de l’équilibre spontané d’une équipe où chacun travaillerait pour son compte ? On sait déjà à quoi cela conduit pour la construction d’une maison, en l’absence de tout maître d’oeuvre…
    C’est pourtant à ce genre d’ânerie que nous convie le libéralisme…ou, plus exactement ceux qui sont les bénéficiaires de cette pagaille organisée !

    Quant au “monde réel”, s’est-on seulement demandé pourquoi on peut avoir tant de demandeurs d’emplois au chômage pendant que Mme Bettencourt reçoit plus de vingt millions d’euros par mois ?
    Précisément parce que l’équilibre multicritère ne permet pas le transfert que fait l’optimisation monocritère : on y constate immédiatement que le même numéraire accordé à Mme Bettencourt a une faible utilité marginale, alors qu’ils aura une très forte utilité marginale pour le chômeur (cf. définition des utilités).
    C’est pour cela que Pareto conçut son monocritère, sans aucun doute, comme un progrès sur le multicritère : il permet de comparer l’utilité contributive pour chacun au “bien-être” total !
    À cet égard, parler de théorie du bien-être en multicritère est une escroquerie : abandonner le système économique à l’équilibre de marché ne garantit aucun optimum collectif souhaitable, sinon celui qu’on décrète tel par tautologie : ainsi, “l’efficience” (optimalité?) de l’équilibre multicritère est seulement qu’on ne peut ajouter d’utilité à l’un sans en enlever à l’autre un tant soit peu (la belle jambe !). L’exemple précédent prouve que cela peut être à peu près n’importe quel point, en faisant varier convenablement la dotation initiale et la forme des fonctions.

    La question n’est pas de discuter les u spécifiques aux agents. Elle porte sur le nombre et le lieu des Max.
    Doit-on laisser chacun faire ce qu’il veut ou peut, et espérer de tout ça un équilibre stable, parce qu’optimum de Pareto ? (Le théorème de Sonnenschein répond d’ailleurs que non, en général, ce qui explique les cycles et crises).
    Ou doit-on s’entendre sur une formulation bénéfique à la moyenne (ou à sa variante, la majorité) et, à terme, à tout le monde ? Moyenne ou majorité n’ont évidemment de sens que rapportées à la vraie représentation fidèle (tirage au sort) et non à l’élection de notables en vue dans les médias.
    Et pourquoi “à terme, à tout le monde”?…
    Parce que, depuis l’ère préhistorique, les lois de la civilisation ont aboli la loi du plus fort, ce qui a dû être au début un traumatisme pour lui. À terme, il y a gagné la protection en commun contre la nature et les ennemis de toutes sortes et, plus tard, des progrès dans tous les domaines… Il en va de même aujourd’hui.
    Ce mouvement semble avoir bien pénétré le droit (”libres et égaux en droit”), mais pas encore l’économie et la politique où l’on est entre l’entreprise et la nation : les libéraux prétendent toujours que les entreprises et lobbies doivent avoir le champ libre.
    Ils ont même privatisé les entreprises nationalisées et services publics qui avaient réussi cette intégration de l’intérêt général en 1946. On sait ce qu’il en est, depuis, pour la satisfaction du citoyen moyen…
    C’est pourquoi la revendication libérale européenne des grands groupes actuels, “concurrence libre et non faussée”, ressemble encore à celle des plus forts sous l’ère préhistorique : “compétition libre et non faussée” (j’ai le droit de tuer mon voisin, d’occuper son territoire, de lui chipper sa femme et/ou sa nourriture…).
    Et l’on a étendu ça avec l’OMC à la mondialisation, qui est une globalisation à l’envers (non pour optimiser l’intérêt général, mais agrandir le terrain de chasse des plus forts). C’est « Le grand bond en arrière », titre d’un livre de Serge Halimi (Fayard, 2006) ou, plus récemment, celui du livre de Jacques Généreux, « La grande régression » (Seuil, 2010).

    • h-toutcourt dit :

      ADDENDUM

      L’équilibre de Walras-Arrow-Debreu est statique et l’on a gardé ce cadre traditionnel par brièveté… En fait, le marché est dynamique. L’état x des biens et services en possession de chaque agent est, du fait des transactions du marché, indicé par le temps:

      x(t+1) = F(x(t),d(t)), ou, en continu:

      dx/dt = f(x(t), d(t))

      Ce que visent à optimiser les décisions de transaction d(t), c’est la (les) utilités u en fonction des x. Mais cela, sur un horizon temporel T (qui peut être grand pour des investissements) et non en instantané. Les critères sont donc en général non les u directement, mais leur intégrale temporelle sur cet horizon:

      U(0,T) = Sommme sur t des u(x,t), avec un coefficient d’actualisation monétaire.

      C’est un probléme de commande optimale qu’on sait résoudre à chaque instant en passant à l’Hamiltonien du système (où l’on est ramené au cas statique précédent) et tout le reste de la discussion est inchangé. On parle de jeux dynamiques au lieu de jeux statiques.

      En toute rigueur, le cas statique correspond à l’optimisation sur un coup (une unité de temps): u(i, Xo,…,dij,…, t=1). Les économistes tentent de s’y ramener par des biens et services eux-mêmes anticipés, pour ne manipuler que des variables statiques. Mais cette approche n’est pas la bonne:
      – on a des générations imbriquées qui deviennent vite inextricables.
      – la notion de stabilité, si essentielle, perd son sens et son cadre naturel (la dynamique temporelle).
      – le passage au continu, si essentiel pour un grand marché, n’accepte pas cette approche.

      On voit d’ici l’intérêt d’une bonne formulation pour en faire une base claire: on ne peut pas aborder ces questions comme s’il s’agissait des réactions instantanées de la bourse où le trading à haute fréquence par les ordinateurs aujourd’hui descend sous la milliseconde pour éviter tout retard sur la moindre réaction du marché !

    • JG dit :

      Jonas va encore être mécontent:
      « C’est plus le flood incessant qui me déplait… »
      Quand c’est pas le fond, c’est la forme !

  • lola dit :

    mercredi #15h40 séance de questions au gouvernement .La député du jura (ump) pose une question au ministre de l’intérieur ,lui demandant de « commenter le programme de fr.Hollande » en ce qui concerne la sécurité .Tollé dans les rangs.Mais le ministre avec flamme commente les différents points du projet socialiste !le Palais Bourbon devenu lui aussi salle de meeting électoral ; ils sont louf ces hommes politiques ,il faut qu’ils subissent une cure de désintoxication,vite ;ils ne savent plus ce qu’ils sont, ni ce qu’ils font;c’est pitoyable pour la député et pour le ministre ;que pouvait ou devait faire le président de l’assemblée ?

  • JLM dit :

    Aux remarques de SEB qui demandait:

    « Et comment, consciemment, pouvez vous – M. MOSCOVICI – rallier les suffrages du PS à un texte qui viole délibéremment les traités et la Constitution ?
    N’êtes vous donc point…Parlementaire ? En tant que tel garant des lois – et donc de la plus fondamentale – et appelé à faire respecter « la volonté générale » ? Comment un parlementaire, qui a donc ratifié des traités, peut il ne pas s’offusquer, être scandalisé, par le fait qu’un Gouvernement s’assoit sur l’expression dont il est l’incarnation ?
    Le premier acte de M. HOLLANDE sera t il de violer les textes qu’il aura mission de garantir ? Ou bien de dégommer, avant même toute victoire possible, des textes qui violent DELIBEREMMENT les engagements pris par la France ? Tout çà pour le confort des bankers. »,

    on doit ajouter, sur le fond:

    Cela vous a sans doute échappé mais lundi dernier ce n’est pas un mais deux traités qui ont été validés par le Sommet de l’Union européenne, ce Traité sur le MES étant conçu comme « complémentaire » du Traité sur la rigueur budgétaire (TSCG). La règle en Europe est de faire compliqué pour que personne ne s’y retrouve. Le second Traité institue la mise en place du Mécanisme européen de Stabilité dit « MES ». Ce MES, c’est l’institutionnalisation de l’actuel Fonds européen de stabilité financière. Les prêts qu’il propose aux Etats en difficulté ou « à titre de précaution » sont subordonnés à l’application de plans d’austérité infligés par l’Union et le FMI. Ceux-ci sont à l’origine du martyre actuel de la Grèce. Mais le Portugal et l’Irlande mangent bon eux aussi.
    Ainsi, les rédacteurs des deux traités ont poussé le chantage à l’austérité au point qu’à partir du 1er mars 2013, un Etat n’ayant pas ratifié le Traité TSCG n’aura pas droit à une assistance financière. Le Traité MES donne en outre un droit de véto à l’Allemagne, à la France et à l’Italie pour décider quel pays aura droit à une assistance financière d’urgence. Il donne aussi un droit de véto à l’Allemagne, la France, l’Italie et l’Espagne pour la date de son entrée en vigueur, d’où l’importance des votes de ratification de ces quatre pays.

    Ce second Traité sera soumis à la ratification de l’Assemblée Nationale dès le 21 février prochain. Il le sera en même temps que l’amendement au Traité de Lisbonne qui permet l’inscription de ce mécanisme et donc du FMI dans le droit primaire de l’Union européenne !
    Rappelons que conformément à l’article 11 de la Constitution française « Le Président de la République, sur proposition du Gouvernement pendant la durée des sessions ou sur proposition conjointe des deux Assemblées, publiées au Journal Officiel, peut soumettre au référendum tout projet de loi portant sur l’organisation des pouvoirs publics, sur des réformes relatives à la politique économique ou sociale de la nation et aux services publics qui y concourent, ou tendant à autoriser la ratification d’un traité qui, sans être contraire à la Constitution, aurait des incidences sur le fonctionnement des institutions. Un référendum (…) peut être organisé à l’initiative d’un cinquième des membres du Parlement, soutenue par un dixième des électeurs inscrits sur les listes électorales». Ce Traité entrainant un engagement économique conséquent de la France, le peuple français devrait pouvoir être consulté. Il n’en sera rien bien sûr. Les amis de la liberté au Venezuela et à Cuba n’ont pas l’intention de se rebeller contre un déni de démocratie aussi flagrant. Du temps de l’URSS, les pays du Comécon n’étaient pas traités aussi grossièrement. De toute façon, François Hollande a prévenu qu’il ne demanderait pas de référendum. « Le prochain président » ne sera donc guère différent de l’actuel sur ce point.

    Ce ne sera pas la première fois que les socialistes agissent ainsi. Déjà, au moment du vote sur le Traité de Lisbonne, P. Moscovici s’était porté volontaire, en explication de vote à l’Assemblée nationale, pour braver les éclats de rire en justifiant l’hypocrite « abstention » du PS sur le viol de la constitution concernant le caractère souverain d’une décision du peuple par référendum.
    Et de soupirer d’aise, dans un billet ici-même, sur le succès de sa mauvaise action: « Lisbonne, tout de même…! »

    • JG dit :

      Nous subissons 30 ans de dogme européen néolibéral: dans cette économie mondialisée, les gouvernements nationaux ne seraient plus armés pour contrôler l’économie. Ce diagnostic est faux. En réalité, les États ont toujours gouverné l’économie. Ce ne sont pas les Martiens qui ont libéré les innovations financières, qui ont laissé les banques de dépôt faire de la spéculation et retiré aux banques centrales leur pouvoir de soutenir la finance publique. Les territoires se sont retrouvés en compétition, une compétition bien utile aux néolibéraux pour briser les résistances sociales et syndicales.

      Un État comme la France ne peut pas contrôler les mouvements de capitaux à ses frontières, ni les taux de change ; il est menotté par les traités européens. Mais les gouvernements se sont passés à eux-mêmes des menottes en plastique, elles peuvent donc être cassées à tout moment.

      L’enjeu n’est pas que le politique reprenne le pouvoir sur l’économie mais de remettre le politique sous le contrôle des citoyens. Il faut casser ce système oligarchique qui fait qu’une minorité d’individus arrive à mobiliser à son seul avantage l’ensemble de la puissance publique. L’enjeu est une révolution démocratique.

      Dès l’arrivée au pouvoir d’une nouvelle majorité de gauche résolue à rompre avec ce système, il faudra reprendre le contrôle de la finance. Il faut réinstaurer le contrôle des mouvements de capitaux à nos frontières et interdire les produits financiers purement spéculatifs. Les capitaux peuvent circuler librement s’ils ont une utilité économique et sociale. Les transactions financières autorisées doivent être fortement taxées. Ensuite, il faut renationaliser le financement de nos biens publics. Lorsqu’un État emprunte pour financer les biens publics, il doit avoir recours à son marché national ou au marché européen pour un pays de la zone euro. Il faut également rétablir un portefeuille minimal obligatoire de titres publics dans les comptes des grandes institutions financières, voire des grandes entreprises. Il s’agit de garantir le placement de la dette publique auprès d’institutions et de sécuriser les bilans des institutions et des grandes entreprises. Dans le même temps, le pouvoir est redonné à la Banque centrale pour concourir efficacement au financement des titres publics. Il s’agit de créer de la monnaie en contrepartie de cette dette publique et ce, dans des limites fixées par la loi.

      Voici une panoplie de mesures de base qu’auraient pu mettre en place Georges Papandréou en arrivant au pouvoir en Grèce. S’il n’avait pas été lobotomisé par l’idéologie néolibérale, il aurait pu fermer le marché financier, suspendre tout règlement de la dette, et annoncer à ses créanciers qu’ils ouvraient des négociations avec ceux qui acceptaient de le refinancer s’il en avait besoin. Contrairement à tout ce qui est dit, un État ne tombe jamais en faillite ! De plus, il a une armée pour imposer ses décisions. L’Union européenne n’a pas non plus pris les décisions nécessaires pour stopper ladite crise de la zone euro. Elle avait deux options : jouer la solidarité entre les dettes européennes ou demander, par traité, à la Banque centrale d’intervenir. La dramatisation de la crise grecque sert à créer un climat de peur et à imposer des politiques de rigueur dans tous les pays. On nous répète à longueur de temps que les gouvernements se réunissent pour rassurer les marchés financiers, on pensait que les gouvernements devaient s’occuper de leur population et de leur pays !

      C’est la grande peur des représailles qu’on agite en permanence : si vous taxez les plus riches, ils vont fuir avec leur argent. D’abord, il faudrait qu’ils partent avant l’arrivée au pouvoir d’un vrai gouvernement de gauche. Parce qu’il ne faut que quelques minutes pour instaurer les décrets nécessaires à l’interdiction des placements spéculatifs et taxer très fortement les transactions financières. Les capitaux pourront circuler s’ils contribuent au bon financement de l’économie réelle. En très peu de temps, il est possible de lever des légions d’inspecteurs pour contrôler ces transactions. En plus, ces capitaux accumulés ne servent à rien car ils ne sont plus investis dans l’industrie. Aux États-Unis, ce que les actionnaires pompent en dividende est supérieur aux apports de capitaux dans l’économie réelle. Si on fermait la bourse, les entreprises seraient plus riches. Quant aux managers, s’ils partent parce qu’ils gagnent de 400 000 euros par an et bien bon débarras. La France est un pays qui regorge de diplômés et d’entrepreneurs ravis de vivre leur passion pour des salaires décents. L’interdiction de la spéculation nocive est aussi une façon de renverser les pouvoirs à l’intérieur des entreprises et les vrais entrepreneurs peuvent y être sensibles.

      Pour les délocalisations, il s’agit souvent d’un processus long, nous avons donc largement le temps de mettre en place des instruments d’intervention publique pour les éviter. Nous pouvons rétablir les autorisations administratives de licenciement. Pour délocaliser, il faut déplacer du capital, la forte taxation peut être décourageante. Je pense que cela ne serait même pas nécessaire, parce que la France est un pays attractif pour les investisseurs : une main-d’oeuvre qualifiée et efficace, une administration sérieuse, des infrastructures de communication et de transport efficaces, des très bons systèmes éducatif et de santé.

      Bon nombre de personnes sérieuses prônent une sortie de l’euro. Il y a d’autres voies que le nationaliste, souvent néo-faciste, ou l’abdication devant le néolibéralisme.
      Il y a une voie pour faire changer les choses dans l’Union européenne : la subversion en interne. On reste dedans et on désobéit de manière fort aimable et diplomatique : nous prévenons les autres gouvernements que conformément au mandat du peuple français, nous n’allons pas respecter un certain nombre de traités et de directives européennes. Est-ce qu’on risque des mesures de rétorsion ? Non, il existe de nombreuses conditions pour entrer dans l’Union européenne, mais aucune pour en être exclu. Si un seul pays décide de reprendre en partie le contrôle de sa banque centrale, s’il interdit certains produits financiers et s’il reprend le contrôle partiel des mouvements de capitaux, bref, s’il se met à l’abri de la spéculation, ça change tout pour la France et pour l’Europe. Les pays voisins verront que sans sortir de l’euro, sans faire de drame, on peut faire autrement pour régler la crise. Les Grecs, les Portugais, les Irlandais n’accepteront plus l’austérité et ils chasseront les gouvernements actuels. À partir de ce moment-là, c’est une révolution par le vote qui débouchera sur une vraie renégociation des traités européens et des directives.

      Dans les périodes de crise, il y a un piège démocratique qui peut se refermer. Les classes populaires ont toutes les raisons de ne plus faire confiance à cette gauche qui les a trahies. La droite est décrédibilisée. L’abstention et le vote réactionnaire grandissent. La pire des situations serait que la gauche gagne mais sans volonté de rupture avec la finance et l’Europe libérale : une alternance politique mais sans alternative. Le pays s’enfoncerait dans de nouvelles formes d’inégalités qui conduiraient à des révoltes violentes.

      • Jonas dit :

        J’aimerai bien pouvoir flooder sur le blog de Mélenchon, mais après quelques essais où mes postes n’étaient jamais publiés, j’ai laissé tombé. C’est bien de profiter ici d’une liberté d’expression totale que l’on a pas chez soi, n’est-ce pas ? Pour cela, souffrez donc que l’on ne vous lise pas, si l’on veut lire du Mélenchon on peut aller sur son blog, on est grand.

        • JG dit :

          Je comprend que des commentaires aussi profonds que:

          « Mittérand ne multipliait pas les déplacements… »
          qui semblent ignorer jusqu’au nom (« Mitterrand ») de celui qu’ils encensent…,ne soient jamais publiés ailleurs !

          Je comprend donc aussi que toute autre prose puisse être déplacée sur ce site…
          Excusez-nous de vous avoir dérangés !

          • Jonas dit :

            Vous ne me dérangez pas, vous abusez de la liberté d’expression de ce blog. Mais justement, ici, on peut s’exprimer. Nul ne vous en empèche, mais souffrez qu’on rétorque.

            Et d’ailleurs je n’encense pas Mitterrand (désolé pour la faute), je n’aime pas Mitterrand. Si vous voulez me réduire à ce commentaire de réponse, grand bien vous fasse, cela m’est égal, mais en dit long sur votre façon de raisonner.
            Mon commentaire n’était peut-être pas d’une grande profondeur, mais il était une simple réponse et avait au moins une qualité : la concision.

      • SEB dit :

        A JG

        Nous ne subissons pas – personne n’impose à nos politiques de signer/ratifier des documents, personne n’impose non plus aux citoyens de voter pour x ou y (si demain Marine gagne les présidentielles, ses partenaires feront avec…– de dogme européen.

        Et pour vous dire mon opinion, les libéraux – les vrais – ne peuvent être qu’extrêmement déçus de la construction européenne :

        **Contrairement à leurs aspirations, le marché ne joue pas les régulateurs…La Commission Européenne et les Etats membres fourrant leur nez partout. Au lieu d’avoir un droit simple pour tous, on se retrouve avec un droit qui donne des orientation (les directives et règlements) assortie de dispositions nationales qui la plupart du temps (en France notamment mais c’est aussi le cas en Angleterre, Belgique, Allemagne) contredisent le droit qui est supposé primé ! Ex : la loi sur les tarifs réglementés est légale…Mais inconstitutionnelle/non conventionnelle car elle viole la direction européenne sur la libéralisation du secteur énergétique !

        **Pour les libéraux – les vrais – chaque pays a des avantages absolus et des avantages comparatifs. Partant de là, l’idée d’une stratégie économique (Lisbonne I et II) visant à uniformiser/européaniser les politiques européennes en ces matières (finance, économie, emploi, fiscalité, etc.) est une absurdité.

        **Pour les libéraux, il va de soi que les banques/créanciers n’auraient pas dû être sauvé. L’idéologie libérale, c’est avant tout que le contribuable paye le moins possible. Il est donc assez compréhensible que les vrais libéraux pourfendent l’idée. Ce n’est pas par manque de solidarité que les libéraux de la coalition allemande refuse de monétiser : c’est par principe…Et par sens de l’économie !

        Pour moi, c’est moins un dogme européen qu’une chimère politique que nous subissons. Pour des raisons que j’ignore – cela m’a toujours dépassé – nos politiciens ont une fascination pour les Empires. La gauche a eu le sien à travers l’URSS et depuis cherche à le restaurer via la construction européenne. La droite est nostalgique de Napoléon, voire de l’épopée révolutionnaire. Quant au centre, au fond chrétien, il est à la fois désireux de restaurer l’idée qu’il se fait de la Chrétienté – une Europe unie avec un chef légitime – et rejette en bloc l’idée de Nation, car il n’en a jamais compris le sens profond.

        Le plus dramatique, dans l’affaire, est que les politiques s’efforcent, via la construction européenne, de mettre en place un régime qui prend à tous les guichets : Empire romain (ouverture des frontières, droit de vote des citoyens européens, tentative délicate mais espérée d’unir ces derniers), URSS (commissaire, place importante faites à l’exécutif, rabaissement du législatif et du judiciaire), Napoléon/Charlemagne (imposition de décision, « désignation » de candidats corrects, pressions « amicales », etc.)

        Un tel projet est pourtant, voué à l’échec. Toute l’Histoire européenne – mais pas seulement – en témoigne ! Les trois Empires référents ne se sont pas seulement effondrés. Ils se sont effondrés dans l’indifférence/colère ! Les Barbares – dont les fameux Francs ! – ont très rapidement pris l’ascendant. Les 100 jours de rab de Napoléon ont prouvé que le pays ne le suivait plus. Quant à l’URSS…Est il besoin de préciser que sa chute suscita la ferveur… ?

        • h-toutcourt dit :

          Si, nous subissons: il suffit de relire JJ Rousseau et son célèbre « Contrat social » !
          La société requiert l’abandon des libertés primitives pour des libertés collectives permettant d’accéder à un stade supérieur, par la coopération de tous.
          Tout ce passe comme si l’on signait un « contrat social », dès sa naissance, ou l’âge de raison, pour appartenir à la société. Mais une bande de petits malins a toujours su tirer les marrons du feu en l’organisant à ses fins: exploiter la plus-value du travail des autres, pour concentrer les richesses à son seul profit. Ainsi en est-il de la finance.
          On en subit les conséquences…
          (cf. Georges Friedmann: Où va le travail humain? Gallimard, 1950)

          Sur le point de vue libéral, voir la réponse plus haut…

          • seb dit :

            Nous « subissons » sans subir. Si, comme vous dites, des « petits malins » savent mieux exploiter les possibilités qu’on leur présente, c’est sans doute parce qu’ils le peuvent !

            Le « Contrat Social » engage la Société. Vous n’êtes, pour autant, pas contraint d’y participer. Certains préfèrent confier la souveraineté à autrui. Nous avons choisi un autre mode de fonctionnement – la démocratie en République – à nous d’agir pour ne pas être aussi condamnable que Louis XVI.

            Nous avons des « armes ». Encore faut il nous en servir ! Pour ma part, si M. HOLLANDE continu dans son délire de ratifier le MES – et le PS avec lui – je sais quoi faire.

  • lola dit :

    sujet du moment ;les « signatures » doivent-elles être « anonymes » ?
    diable les maires et autres parrains enverraient donc des feuilles blanches !afin que puissent être publiés sans entraves les indispensables parrainages,il suffirait qu’ils apparaissent sous forme de pseudos ,publiés au JO. …

  • Bloggy Bag dit :

    Je ne souhaitais pas particulièrement faire un post sur la nième stupidité provocatrice de Guéant en matière de fantasme de domination d’un peuple sur les autres. Mais bon, puisque cela s’emballe un peu dans le plat de choucroute sarkozyste, je m’y colle (je m’interroge au passage pour savoir si la choucroute est, du point de vue civilisateur, supérieure au Kig ar Farz ou au Potjevleesch).

    D’abord, nous avons tous compris que cette saillie avait deux buts : absorber une partie du discours de LePen fille et couvrir médiatiquement les nouveaux résultats économiques catastrophiques du commerce extérieur.

    On connaissait « la droite c’est la dette », « la droite c’est le chômage », « la droite c’est l’insécurité », on a maintenant aussi la preuve que « la droite c’est le déficit commercial ». On comprend que Sarkozy hésite à être officiellement candidat…

    Mais revenons à nos moutons civilisateurs et de façon concrète. Après tout, madame Michu tentée de voter pour l’icône présentable du FN, ou aux législatives pour un(e) brave candidat UMP local(e), peut s’interroger au moment de servir le pot au feu (version relativiste des plats sus-nommés en introduction) si les civilisations, ou plutôt la nôtre, ou plutôt la sienne, est oui ou non supérieure aux autres, ce qui serait fort réconfortant à l’heure où le bateau coule. Quant à sombrer, autant que ce soit dans le luxueux Titanique que sur un boat people !

    Et soyons encore plus précis. Moi qui habite au bout du bout de la Bretagne, je m’interroge avec angoisse pour savoir où classer la civilisation Celtes par rapport aux autres (pour les lecteurs moins supérieurs à madame Michu, le raisonnement est applicable en remplaçant Celtes par Occitans, Bourguignons, Savoyards, Flamands, Créoles, etc, et même plus anciens si vous le voulez). Or donc, quid des Celtes ? Sont-ils plus supérieurs que les autres ? Affectivement, pour madame Michu, forcément puisque c’est une part de son identité culturelle, et sans doute cache-t-elle sous son col un triskel aux vertus magiques. Bon point pour le tribun Guéant qui touche ainsi madame Michu alors que ces fichus socialos ne sauraient pas lui parler. Oui, mais l’angoisse ne saisit-elle pas madame Michu entre l’os à moelle et le far aux pruneaux (d’Agen) : les Celtes avaient une culture plutôt orale et n’étaient pas de grands bâtisseurs contrairement à ces Africains qui ont bâti des pyramides ou ces Indochinois qui ont bâti des temples dans la jungle. Or la supériorité dans l’esprit guéanesque se mesure aussi à la hauteur des édifices édifiés (sans talonnette) et à la longueur des étagères de bibliothèques (latines ou helléniques si possible). Elle se mesure aux guerres gagnées, elle se mesure a ce qui a été (r)écrits dans les livres d’histoire (avec l’appui de lois mémorielles si nécessaire). Finalement, dans cette mauvaise soupe culturelle promue par l’UMP, la supériorité est relative au jugement du pouvoir en place avec pour seul critère l’utilisation vicieuse de l’émotion des gens et leur ignorance plus ou moins grande des cultures montrées du doigt (car en fait de civilisation, c’est plutôt de culture qu’il s’agit).

    Allez demander aux candidats à la députation qui vont sillonner les circonscriptions en quoi la culture/civilisation locale est supérieure ou pas à celles d’à côté. Ce devrait être intéressant et vous pourrez mesurer au passage la profondeur de leur propre culture et l’horizon des valeurs qu’ils défendent. Je défends aux côtés de mes camarades socialistes une vision universaliste (et pas relativiste monsieur Guéant, quelle inculture !) de nos valeurs. Permettez-moi ici de rappeler l’article II de la déclaration de principes du parti socialiste :

    Article 2

    L’égalité est au cœur de notre idéal. Cette quête n’a de sens que par et pour les libertés. Égalité et Liberté sont indissociables. Aux injustices et aux violences du monde, l’idée socialiste oppose un engagement pour une humanité libre, juste, solidaire et respectueuse de la nature. Elle porte un message universel, dès lors qu’il s’agit de défendre les droits fondamentaux de chacun et de tous. Pour les socialistes, ces objectifs ne peuvent être atteints à partir du fonctionnement spontané de l’économie et de la société.
    La redistribution permanente des ressources et des richesses est nécessaire pour donner une réalité à l’égalité des droits, offrir à chacun les chances de conduire sa vie, et réduire les écarts de conditions.

    Les cultures sont diverses et nous les respectons car nous respectons chacun et chacune. Mais les valeurs portées par les dirigeants ou les leaders politiques ne sont pas équivalentes et, politiquement, nous en combattons certaines. Même si avec l’exemple de Nicolas Sarkozy et de ses soutiens nous pourrions en douter, la grandeur d’un peuple ne se mesure pas à l’aune de ses dirigeants. L’inculture d’un dirigeant ne dit rien de la richesse de son peuple. Les échecs d’un président ne disent rien des ambitions, de la créativité, de l’envie d’aller de l’avant des citoyens. Le combat de la gauche en général et des socialistes en particulier est de diffuser la connaissance, de défendre des valeurs que nous considérons universelles, de permettre l’émancipation des hommes et des femmes pour leur permettre d’être des citoyens responsables et décisionnaires de leur avenir.

    Il n’y a pas de races ou de civilisations supérieures, mais il y a des idées qui décidément doivent être combattues sans relâche.

    ____
    Avec les photos : http://wordpress.bloggy-bag.fr/2012/02/08/guerres-de-civilisations-piege-a-cons/

    • Jonas dit :

      Et que dire, bloggy, de la valeur du Gefilte fish comparativement à la choucroute et au pot-au-feu, doit-on faire un classement, et dans ce cas, comment les classer, notamment par rapport à la galette bretonne. Pourquoi pas un débat sur la valeur des civilisations relativement à leur cuisine, avec des débats en préfecture où chacun apporterait un plat typique et où… bon j’arrête mon délire, mais il vaut mieux rire de ces choses là.
      J’ai vu que M. LETCHIMY pourrait être sanctionné par l’assemblée, c’est un scandale !

    • Bangor dit :

      Tu fais bien, Bloggy, de distinguer civilisation et culture. Le terme « civilisation » était impropre dans la bouche de Guéant et personne n’aurait trouvé à redire s’il sétait contenté de remarquer que les régimes politiques ne se valent pas. Par exemple, le régime iranien est indéfendable mais cela n’implique pas que la brillante civilisation perse soit inférieure à la civilisation occidentale.

  • Jonas dit :

    Monsieur Serge Letchimy leur a mis le nez dans leur m…. à l’UMP.
    Tout le racolage à l’extrême droite auquel on a eu droit depuis plus de 7 ans de la part de la sarkozie, il fallait bien qu’on les mette devant le fait accompli. Bravo M. LECHIMY.
    J’ai eu la même pensée qu’Eva Joly : ils ont semé le vent, ils ont récolté la tempète.
    Mais cette polémique ne doit pas masquer les débats importants que les français attendent et les arguments forts de François Hollande: echec de la politique économique de Sarkozy, relance de l’appareil productif, lutte contre le chomâge, bonne gestion des finances publiques, projet, etc…

  • xavier de villebrun dit :

    Ce qui fait la force actuelle de F.H.,c’est qu’il continue de creuser son sillon en menant une campagne méthodique et thématique sans se soucier outre mesure des insultes de la droite et des critiques très sévères de la gauche de la gauche. Face à ça,Sarko s’agite frénétiquement comme un mauvais challenger avec sa diarrhée verbale qui ne le quitte pas et ses méthodes de plus en plus scandaleuses.
    Ce qui fait également la force de F.H.,c’est que l’opinion publique a peu à peu intégré inconsciemment l’idée qu’il sera élu et,ça, c’est très important psychologiquement…

  • SEB dit :

    Je reviens un tantinet sur le MES. M. HOLLANDE ne peut pas, d’un coté, discourir sur la République qui doit avoir des représentants (élus ou nommés) exemplaires…Et de l’autre, accepter sans problème de violer les traités et la Constitution, alors que (en tant que Président) il aurait le devoir de les garantir l’une et les autres !

    Il convient de bien comprendre la problématique juridique d’une aide à un État. Le point figure dans le corpus des Traités de l’Union (dit Traité de Lisbonne) :

    -Le Traité sur le Fonctionnement de l’Union Européenne
    -Le Traité sur l’Union Européenne
    -Tout repose, in fine, sur l’article 125 du TFUE qui précise :

    1. L’Union ne répond pas des engagements des administrations centrales, des autorités régionales ou locales, des autres autorités publiques ou d’autres organismes ou entreprises publics d’un État membre, ni ne les prend à sa charge, sans préjudice des garanties financières mutuelles pour la réalisation en commun d’un projet spécifique. Un État membre ne répond pas des engagements des administrations centrales, des autorités régionales ou locales, des autres autorités publiques ou d’autres organismes ou entreprises publics d’un autre État membre, ni ne les prend à sa charge, sans préjudice des garanties financières mutuelles pour la réalisation en commun d’un projet spécifique.

    Cet article est clair, précis, il a été mis en avant longuement dans la campagne pour la ratification du traité de Maastricht en 1992 : c’est la clause de “no bail-out” = clause de non renflouement (il est amusant de voir que ce surnom figure même dans les conclusions du Conseil des 28 et 29 octobre 2010).
    Ce n’est pas un mécanisme de « non solidarité » car il n’y a aucune raison qu’un État paye à la place d’un autre, tout comme il n’y a pas de raison que vous donniez vos économies à votre voisin qui ne peut payer les traites de sa maison de campagne.

    Le principe est donc « Chacun se débrouille avec ses dettes » et je rajouterais « et n’a qu’à faire défaut en cas de gros problème, comme toujours. ».

    C’est à mon sens une mesure très saine ; pas tant parce qu’elle « responsabilise » un État défaillant, mais surtout parce qu’elle évite des tensions dramatiques voire mortelles entre États membres pour des questions d’argent et de dette, meilleur moyen de faire exploser une union… ! Ne dit on pas d’ailleurs que les « bons comptes font les bons amis » ?

    Les Gouvernements ont donc été très ennuyés pour mettre en œuvre le FESF, au vu de cette interdiction plus que claire. Alors comme c’était interdit, ils l’ont fait quand même :

    Conseil ECOFIN 9 et 10 mai 2010
    « Nous avons décidé de mettre en place un mécanisme européen de stabilisation. Ce mécanisme est fondé sur l’article 122, paragraphe 2, du traité et sur un accord intergouvernemental entre les États membres de la zone euro. Son activation est subordonnée à une stricte conditionnalité, s’inscrit dans le cadre d’un soutien conjoint de l’UE et du FMI, et est soumise à des modalités et à des conditions semblables à celles fixées par le FMI.

    L’article 122, paragraphe 2, du traité prévoit un soutien financier pour les États membres qui connaissent des difficultés en raison de circonstances exceptionnelles échappant à leur contrôle.

    Nous sommes aujourd’hui confrontés à de telles circonstances exceptionnelles et le mécanisme sera maintenu aussi longtemps que nécessaire afin de préserver la stabilité financière. » [Conseil Ecofin 9 et 10 mai 2010]

    En effet, l’article 122 du TFUE indique :

    2. Lorsqu’un État membre connaît des difficultés ou une menace sérieuse de graves difficultés, en raison de catastrophes naturelles ou d’événements exceptionnels échappant à son contrôle, le Conseil, sur proposition de la Commission, peut accorder, sous certaines conditions, une assistance financière de l’Union à l’État membre concerné.

    Bien entendu, cet article 122 ne peut nullement s’appliquer en l’espèce, c’est ridicule ! Cet article comprend quelques principes généraux, et la dette n’est pas une catastrophe naturelle ! La situation grecque est parfaitement sous contrôle de l’État Grec : ou il peut payer et paye et donc contrôle, ou il ne peut pas payer, fait défaut et donc contrôle…

    Un principe de base du Droit est que la clause particulière l’emporte sur une clause générale – demandé à M. URVOAS – de même qu’une clause précise l’emporte sur une clause vague.

    On note que les États ont reconnu à demi mots que le FESF est illégal – tout va bien !

    « Il est expressément interdit dans les traités de sauver un Etat européen de la faillite. De facto, nous avons changé le traité avec le plan. » [Pierre LELLOUCHE, 28 mai 2010]

    En français, cela s’appelle…Violer un traité !

    Les États veulent donc contourner l’article 125 en modifiant comme indiqué l’article 136 pour acter l’existence du MES. C’est là que survient le deuxième problème. La création du MES est illégale.

    L’article 48 du TUE précise :

    6. Procédures de révision simplifiées :

    […] Le Conseil européen peut adopter une décision modifiant tout ou partie des dispositions de la troisième partie du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne. Le Conseil européen statue à l’unanimité, après consultation du Parlement européen et de la Commission ainsi que de la Banque centrale européenne dans le cas de modifications institutionnelles dans le domaine monétaire. Cette décision n’entre en vigueur qu’après son approbation par les États membres, conformément à leurs règles constitutionnelles respectives.

    La décision visée au deuxième alinéa ne peut pas accroître les compétences attribuées à l’Union dans les traités.

    Si vous avez bien lu les textes précédents, vous avez compris «la combine » :

    -on ne peut utiliser la procédure de révision simplifiée pour une mesure accroissant les pouvoirs de l’Union,

    -le MES a donc été défini comme un accord intergouvernemental des pays de l’Eurozone, c’est-à-dire comme n’ayant rien à voir avec l’Union Européenne,

    -donc le MES n’accroît pas les pouvoirs de l’Union. CQFD.

    Après consultation de l’équipe de http://www.prends-moi-pour-un-con.eu, je confirme qu’il est bien évident que cela ne tient pas la route une minute, comme l’a d’ailleurs écrit entre les lignes le Parlement européen (les Gouvernements n’ont tenu aucun compte de ses remarques et demandes)…M. HOLLANDE non plus apparemment.

    **Déjà, si le MES n’a rien à voir avec l’Union, pourquoi modifier l’article 136 du TFUE ? (Je vous le demande…)

    **De plus le MES utilise toutes les institutions de l’Union, à plusieurs reprises.

    **Enfin, et bien évidemment, le nouvel article 136 vient contredire de façon flagrante l’article 125 (no bail-out), qu’il vise ainsi à vider de sa substance. Cet article était mis en avant par les tenants du Oui lors du débat sur Maastricht, pour expliquer qu’il n’y aurait jamais de renflouement.

    Et là, on veut le supprimer par une procédure simplifiée, sans débat, par une argutie juridique de niveau CE1 en expliquant
    « que cela n’accroît pas les compétences de l’Union » ??

    C’est aussi CREDIBLE que de dire que « la souveraineté nationale APPARTIENT au Peuple » ne remet pas en cause la « monarchie de droit divin » ! Ben non, « flouzer » Dieu de ses prérogatives au profit d’un corps social appelé « Peuple Français » cela n’a aucune incidence ! Pas plus, d’ailleurs, que le « Traité de Troyes » ne supprimait purement et simplement la France ! (Les défenseurs du traité nieront cette évidence historique et juridique jusqu’à la fin !)

    Pour rappel : 700 Md€ !!!! Dont 143 Md€ pour la France – c’est « juste » 3 années d’impôt sur le revenu ou 75 % des recettes de notre État !

    Plus des emprunts faramineux, sans limite théorique, qui ne seront jamais remboursés après avoir été versés dans le tonneau des Danaïdes des États en perdition budgétaire !

    Dans la catégorie « prends moi pour un con », le Gouvernement en a remis une couche en réponse à une question d’un député :

    « […] la modification de l’article 136 TFUE n’a ni pour objet ni pour effet d’accroître les compétences dévolues à l’Union par les traités. Elle a pour but d’ouvrir aux États membres de la zone euro la faculté d’établir un mécanisme européen de stabilité, dans le cadre distinct d’un accord intergouvernemental. […] » [Réponse à la question 98186 du 18/01/2011]

    Faux. L’accord gouvernemental ne pouvant « primer » sur les traités, sauf à considérer que la « primauté » reconnue (par la CJUE) du droit européen est à géomatrie variable…Les juristes européens se sont rabattus sur le « compromis » permis par les traités. Au reste, l’eurogroupe étant une formation politique mais pas juridique (il n’est pas reconnu par les traités) ses membres n’ont pas la « personnalité juridique » pour réviser les traités européens !

    Pour réviser un traité – l’amender comme disent les commissaires -il faut obtenir…Une demande de la Commission Européenne. Comment peut on dire qu’un traité, régit par les Institutions européenne, pourrait être révisé…Sans que l’Union soit concernée ?

    Pour finir, il convient de rappeler qu’on peut à peine lire le MES…!

    Sans doute pour soutenir cette vision pour lobotomisés de « le MES, ce n’est pas l’Union », je vous informe qu’il était impossible, jusqu’à très récemment, de trouver en ligne la version française du MES, traité adopté le 21 juillet 2011 !!!

    C’est là qu’on se demande « comment M. SARKOZY – ou M. LE MAIRE – qui nous ont montré leur grande connaissance de l’anglais, ont pu adopté une révision des traités…Dans une langue qui leur échappe ! Idem, pour M. HOLLANDE, qui a une connaissance de la langue des Anglais aussi pregnante – apparemment – que l’allemande !

    Pour la première fois, depuis l’existence de la France – traité de Verdun – une révision a donc été adoptée dans une langue différente de celle…De la République ! (le français)

    Et les parlementaires – qui ne semblent pas plus doués en langue étrangère (et même s’ils l’étaient cela n’y changerait rien) ont su donner un avis sur le MES…Alors qu’ils ne savaient pas ce qu’ils lisaient ! Même le traité de Troyes était en français !

    La seule fois – de triste mémoire – ou un traité a été ratifié, sans débat entre ses signataires, et sans copie dans chaque langue des signataires…C’est au moment du traité de Versailles. Les Allemands se voyant contraints de ratifier ce document sans discussion – sous peine d’encerclement du pays – et sans pouvoir « lire » seulement les termes du traité ! (Lequel était écrit en français)

    Alors que l’Union traduit n’importe quel compte rendu de ménage de la salle de réunion B874 du 8ème étage, on ne dispose que de la version anglaise de ce traité de l’Eurozone – dont 96,5 % des habitants n’utilisent pas l’anglais comme langue officielle…

    Un citoyen – pas un élu néanmoins – s’est donnée la peine de pallier à cette lacune :

    Jacques Roman, du site Euroconstitution.org, a en effet, longuement bataillé auprès du secrétariat du Conseil pour avoir le texte original français du traité tel qu’il figure dans le document T/ESM/fr de l’Union européenne, et qu’il a obtenu le 22 octobre, 3 mois après sa signature…!

    Pour conclure, voici la savoureuse réponse du secrétariat général du Conseil de l’Union européenne reçue par Jacques Roman :

    “Comme mentionné précédemment, le traité instituant le MES n’est pas un document du Conseil. Il est un traité intergouvernemental, signé par les Etats membres de la zone euro, et en tant que tel ne fait pas partie de la législation de l’UE. Par conséquent, les règles linguistiques appliquées aux documents officiels du Conseil, ne sont pas d’application ici. Cependant, comme il concerne les États membres de la zone euro, il est publié sur le site Eurogroupe. Ce site est actuellement disponible uniquement en anglais. »

    “L’Eurogroupe n’est pas une formation formelle du Conseil, il est une réunion informelle des ministres des Etats membres de la zone euro (selon le protocole 14 du traité sur le fonctionnement de l’Union Européenne). Par conséquent, le régime linguistique du Conseil ne s’applique pas ici. Le fait que le site est en anglais a des raisons pragmatiques plutôt que d’une intention de favoriser une langue particulière. » (Bah tiens !)

    “Dans ce cas particulier, nous allons explorer la possibilité de fournir le traité instituant l’ESM dans les langues des signataires.” [Secrétariat général du Conseil de l’Union européenne, 9 novembre 2011]

    Vous l’aurez compris…Si Jacques Roman n’avait rien fait, ils n’auraient donc rien diffusé ? Charmant… Ah oui, au fait, je vous cite l’article 41 du Traité MES “qui n’a rien à voir avec l’Union européenne” et qui “ne fait pas partie de la législation de l’UE” :

    “Le présent traité est déposé auprès du secrétariat général du Conseil de l’Union européenne, qui remet à tous les signataires des copies certifiées conformes du présent traité.” [Art. 41]

    Comment M. HOLLANDE peut il cautionner – ou vous même M. MOSCOVICI – sur le MES, alors que, de toute évidence, vous n’avez pas de version française du « traité » ?

    Et comment, consciemment, pouvez vous – M. MOSCOVICI – rallier les suffrages du PS à un texte qui viole délibéremment les traités et la Constitution ?

    N’êtes vous donc point…Parlementaire ? En tant que tel garant des lois – et donc de la plus fondamentale – et appelé à faire respecter « la volonté générale » ? Comment un parlementaire, qui a donc ratifié des traités, peut il ne pas s’offusquer, être scandalisé, par le fait qu’un Gouvernement s’assoit sur l’expression dont il est l’incarnation ?

    N’êtes vous point…Un homme politique ? En tant que tel, appelé à préserver les droits et libertés fondamentales, inscrite dans notre Constitution ? A commencer par le principe suivant : la LANGUE DE LA REPUBLIQUE EST LE FRANCAIS.

    A cet égard, si M. SARKOZY a adopté (signé) un engagement européen (ou international) dans une autre langue que le français, alors le traité est caduc. Et si les parlementaires ratifient un traité qui n’est pas écrit – dans sa forme originale – en français et diffusé dans les trois langues obligatoires de l’Union…Alors leur vote sera aussi caduc. (Au même titre que la validation des « Etats » du traité de Troyes (violant les Lois Fondamentales du Royaume) ou le soutien au Maréchal Pétain (violant la Constitution car remettant en cause la « forme républicaine du Gouvernement et la DDHC)

    Le premier acte de M. HOLLANDE sera t il de violer les textes qu’il aura mission de garantir ? Ou bien de dégommer, avant même toute victoire possible, des textes qui violent DELIBEREMMENT les engagements pris par la France ? Tout çà pour le confort des bankers.

  • Amelle dit :

    Oui le but Guéant est de racoler les électeurs de l’extrême droite que Sarko considère comme un électorat stupide, amnésique et borné.

    Oui, je pense que le PS n’avait pas à répondre a la provoque de l’UMP, de rester fixer sur le projet, Sarko c’est manifesté en disant que ces propos sont de bon sens,un bon sens qu’on cherche toujours chez lui, juste pour être attaquer sur cette phrase par les socialistes, c’est dire s’il veux cliver sur ce domaine

    Mais hier à l’assemblée le ridicule de l’UMP et même celui du gouvernement était tel que cela restera forcement dans les annales de la république comme un des comportements les plus idiot que l’UMP ait pu faire et pour cela notre courageux député Letchimy qui justement à parler avec énormément de bon sens, son texte était très bien, son ton juste, mérite un soutien beaucoup plus franche et plus tranchant de ses collègues de gauche.

    Quelque chose me dit que les ambassadeurs a Paris ont du envoyer à leur pays respectifs des notes concernant les propos de Guéant, je ne sais pas si Sarko aura l’occasion de les voir d’ici les présidentielles, mais si c’est le cas j’aimerai bien voir Sarko avec son bon sens dire tout le bien qu’il pense de leur civilisation chinoise, indienne, japonaise et devant les qatari et autre dirigeant arabe de la civilisation arabe …. d’ailleurs quand on entend son discours lors de son voyage en Arabie Saoudite en 2008 ou à Riyad ou il disait « La France et l’Arabie saoudite partagent les mêmes objectifs d’une politique de civilisation » on mesure le caractère faux cul de tout ces discours

    http://www.lemonde.fr/politique/article/2008/04/24/discours-de-nicolas-sarkozy-a-riyad-le-14-janvier-2008_1038207_823448.html

    • Sagone dit :

      Je suis assez d’accord avec vous le PS n’aurait pas du répondre aux provocations de ce sinistre Gueant.

      Hier j’étais devant mon poste de TV lors des questions au gouvernement, rien dans les propos du député n’avait d’insultant il posait des questions, et Gueant sur les bancs de l’assemblée riait des questions, c’est aussi ça la TV.

      Mais le plus choquant dans cette affaire est que F Fillon ait quitté l’assemblée , si le 1 er ministre de la France n’est pas en mesure de répondre a un député ou va – ton? Que fait il là?

      A mon avis il était incapable de cautionner les propos de Gueant et a preferé partir et réclamer des excuses, mais des excuse sur quoi? Sur l’insulte de guéant?

      trop facile c’est courage fuyons!!!

      • SEB dit :

        Quelques remarques :

        **Avant même de parler des propos de M. GUEANT, j’aimerais savoir ce qu’il faisait à une assemblée d’un syndicat étudiant ! M. GUEANT est censé être à la tête d’un Ministre régalien. En tant que tel, on attend de lui qu’il soit présent auprès des personnes dont il a la tutelle ! A savoir les policiers, les gendarmes, les préfets. On est, également, en droit d’espérer que ce brave Ministre, passe un minimum de temps au sein de son Administration – ne serait ce que pour coordonner la sortie des textes de loi avec les décrets etc. – et avec les élus locaux, lorsque ceux-ci (notamment) élaborent leur plan de sécurité pour leur commune.

        M. GUEANT doit travailler. Je constate, à mon grand regret, qu’il passe plus de temps à la radio, sur les plateaux télé – comme ses homologues d’ailleurs, en France (il ne vient pas à l’idée de son collègue Allemand, par ex, d’aller discourir au lieu de veiller à la sécurité des Français !) – qu’au travail !

        A quel titre, M. GUEANT, a-t-il parlé ? En tant que Ministre de la République – et dans ce cas, de quel droit vient il discourir sur les civilisations ? Il n’a pas autre chose à faire ? En quoi définir les bonnes ou mauvaises civilisations apportent quoi que ce soit aux Français – ou en tant que membre d’un parti politique – mais à ce moment là il aurait fallu qu’il le précise –désireux de se prononcer sur ce sujet (à titre personnel ou en es qualité de…au sein du parti) ?

        **Je ne crois pas que M. GUEANT cherche – surtout – à obtenir les voix des électeurs du FN. Je pense surtout qu’il préfère discourir sur des sujets philosophiques plutôt que de faire son travail.

        Les chiffres de la délinquance :
        -1 meurtre toutes les 12 heures, soit 2 par jour et 730 par an ;
        -1 voiture incendiée toutes les 12 minutes, soit 5 par heure et 43 800 par an ;
        -1 viol toutes les 7 minutes, soit 9 par heure et près de 78 000 par an ;
        -1 vol de voiture toutes les 2 minutes, soit 30 par heure et plus de 260 000 par an ;
        -1 cambriolage toutes les 20 secondes, soit 180 par heure et près de 1 600 000 par an ;
        -1 agression physique toutes les 65 secondes, soit 55 par heure et près de 482 000 par an ;
        -1 atteinte aux biens toutes les 13 secondes, soit 276 par heure et près de 2 500 000 par an.
        Plus généralement, un crime ou délit toutes les 8 secondes, soit 450 par heure et près de 4 millions par an.

        M. Guéant se félicite d’une baisse de la délinquance de 0,34 % en 2011 ! Même 1 % serait un chiffre ridicule. Une baisse de 5 % par an pourrait faire espérer une baisse de 50 % en 10 ans et cela indiquerait une politique efficace dans ce domaine. Tout résultat inférieur n’est, au mieux, qu’une tendance, qui n’empêcherait pas les Français de souffrir fortement de cet état de choses.

        Plutôt que de comparer les civilisations, M. GUEANT devrait chercher à faire en sorte que dans la sienne, la sécurité soit optimale !

        **Voyons, à présent, le discours lui-même.

        « Il y a des comportements, qui n’ont pas leur place dans notre pays, non pas parce qu’ils sont étrangers, mais parce que nous ne les jugeons pas conformes à notre vision du monde, à celle, en particulier de la dignité de la femme et de l’homme, a-t-il déclaré. Contrairement à ce que dit l’idéologie relativiste de gauche, pour nous, toutes les civilisations ne se valent pas. Celles qui défendent l’humanité nous paraissent plus avancées que celles qui la nient. Celles qui défendent la liberté, l’égalité et la fraternité nous paraissent supérieures à celles qui acceptent la tyrannie, la minorité des femmes, la haine sociale ou ethnique. En tout état de cause, nous devons protéger notre civilisation. »

        Qui est ce « nous » ? Nous, membres de l’union majoritairement politicienne…Ou « nous », le Gouvernement français ? Ou encore « nous », moi C. GUEANT et vous public UNI ?

        Et à quoi fait donc référence M. GUEANT lorsqu’il parle «d’idéologie relativiste de gauche » ?

        Pour moi, si le discours – en soi – n’est pas vraiment critiquable, au sens où il s’inscrit dans la continuité politique qui veut que la France ait un rôle à jouer pour le monde – sous l’Ancien Régime, celui d’être une protection contre les Empires, depuis la Révolution française, celui de défenseur des droits de l’Homme et du Citoyen – et l’humanité donc…Ce qui le rend scandaleux c’est la manipulation politicienne que M. GUEANT cherche à jouer ici.

        C’est, en effet, un certain Robespierre – qui ne peut être classé à « droite » – qui a promu, le premier, le rôle civilisateur de la Révolution et donc par la même de la France.

        C’est la III République (étiquetée à gauche) qui, cherchant à s’inscrire dans les pas du Général Vendémiaire (Napoléon), va – via la colonisation – tenter une expérience civilisatrice. Avec succès d’ailleurs, car même si l’on ironise aujourd’hui, et même s’il convient de garder en mémoire l’incohérence d’origine du projet (comment faire cohabiter droit de disposer de soi avec le credo expansionniste ?), les Harkis comme les soldats de 14/18 et 39/45 sont la preuve d’une intégration réussie.

        Et ce sont bien les communistes, en 45 – qui n’étaient pas vraiment des édiles du Général – qui feront pression pour que la France garde son rôle d’arbitre et de garante des Droits de l’Homme et du Citoyen ! D’ailleurs, en URSS, la France était appréciée car les défenseurs du projet soviétique étaient, en soi, des admirateurs de la France de 1789 ! La révolution de 1917 s’inscrivant dans la lignée d’icelle !

        Donc…Prétendre que la gauche aurait une idéologie qui s’opposerait à la défense de notre civilisation est absurde.

        Prétendre que la droite a toujours défendue icelle également. En 1940, les parlementaires qui violèrent la République étaient de toute tendance. Ceux qui trahir les révolutionnaires pour aller à Coblence, aussi. Et il suffit de regarder notre Histoire pour se convaincre que la France a vu sa civilisation, sa pensée, sa culture, bien plus protégée par des citoyens lambdas que par des élus ! Au reste, le seul exemple de défense des valeurs de 1789, par des élus – face à un réel danger pour icelles – s’appelle…Les banquets républicains ! Et ils étaient, généralement, le fait d’action d’élus de gauche ! (La « droite » ne se ralliant à la République qu’au moment de la guerre de 14/18)

        **Pour terminer : M. GUEANT cherche à se faire (ou à présenter la droite comme) le défenseur de la civilisation française. Le léger souci est que entre le discours et les actes, la dissonance est forte.

        La solidarité ? M. GUEANT l’admet pour les banquiers. Le reste du temps il l’appelle assistanat. (Par contre, les banquiers, eux ne le sont pas…Assistés !)

        L’égalité en droits ? Pas plus tard qu’hier, l’ump défendait la CJR, parce que les Ministres doivent avoir une justice particulière ! Au nom de l’inégalité en droits ?

        La liberté ? Où est elle, quand le Ministre passe son temps à traquer le citoyen – sans son bon vouloir au reste – et restreint ses libertés publiques ?

        Les droits de l’homme ? Nous avons eu M. EL BACCHAD sur les Champs Elysée ! Reçu en grande pompe un autre dictateur, et j’en passe. S’il semble y avoir une « malédiction des 14 juillet » (les dictateurs invités étant sur la sellette depuis)…Elle n’est pas le fait du Gouvernement actuel ou de l’UMP.

        • Sagone dit :

          Je pense aussi que personne n’a pu oublier le fameux discours de Grenoble, qui m’a fait froid dans le dos.

  • Ben dit :

    Ce qui m’a choqué hier, c’est qu’alors que le journaliste allemand posait ses questions dans un français impeccable au président français, le journaliste français a réussi ce tour de force qu’est de ne pas réussir à aligner deux mots justes en allemand. Il a dit à la chancelière « Guten Tag ! » alors qu’il était 20 heures, et qu’à cette heure, ce n’est pas « Bonjour », mais « Bonsoir » qu’on dit, en français comme en allemand. Donc « Guten Abend ! ». Ainsi la France donne d’elle même une image de cancre, paresseux, pas fiable, au public allemand qui regardait la télévision. La France, c’est la honte. Les Français aimeraient bien être fier de leurs élus et de leurs journalistes, de leurs élites, mais pas moyen, celles-ci leur font faux-bond par leur incapacité d’être à la hauteur.

    Pour la cour de justice de la République, je comprends sa supression pour les crimes de droit commun, mais pour les questions d’espionnage ou de trahison lors d’une guerre extérieure, je me demande si il ne faut pas préserver le principe d’un jugement plus politique que judiciaire. Dans la mesure où l’on ne supprime pas les tribunaux militaires, je ne vois pas pourquoi le président de la République ou le ministre de la défense devrait être jugé pour ses erreurs dans le domaine militaire par un tribunal civil de droit commun.

    • Nicolas (Nantes) dit :

      C’est vrai qu’envoyer des journalistes qui ne comprennent pas un mot d’allemand et n’en parlent pas non plus un mot, c’était naze. Mais ça voulait dire clairement une chose : cette interview était réalisée pour la France et non pas pour l’Allemagne. Tout signe a sa signification. Là, elle est évidente.

      • lola dit :

        @ben, nicolas .C’est assez simple :l’interview a été enregistrée au début de l’après-midi,donc ,bonjour-guten tag.Par ailleurs l’interview de la 2 n’est pas la même que celle de ZDF ;les journalistes s’expriment ,chacun, dans leur langue respective .Cela avait été expliqué par la 2 et par zdf.

        • Nicolas (Nantes) dit :

          Alors comment expliquer, comme le dit Ben, qu’on entend un journaliste allemand parlant parfaitement bien français et posant ses questions en français à Sarko ?

          • lola dit :

            @nicolas j’ai pour ma part entendu un journaliste allemand parlant allemand !tout dépend de la retransmission choisie.

        • Ben dit :

          Je me suis peut-être trompé sur le journaliste allemand parlant français. J’ai revisionné la vidéo sur le site de France 2 et le journaliste allemand dit « monsieur le président » en français (ce qui est un sans faute), et enchaîné sur une question en allemand (sur laquelle se superpose la voix de l’interprète). Ce qui est sûr, c’est que dans la même respiration, Pujadas a dit « Guten Tag » (tout court, en omettant de lui donner son titre de « Frau Kanzlerin », ce qui est irrespectueux) à Merkel et « Bonsoir » à Sarkozy. C’est incohérent. Par ailleurs, le journaliste allemand a dit « Guten Abend » en s’adressant aux téléspectateurs allemands dans la vidéo du site de ZDF.

  • Rabelle Jean Marie dit :

    Monsieur le député,

    Cette modeste correspondance sera peut être de nature à vous surprendre.
    J’ai toujours privilégié mon bulletin de vote depuis plus de quarante ans à un candidat de  » Droite « .
    J’ ai exercé des responsabilités, au sein de l’ UJP, l’ UNR, et le RPR. J.P Balligand, J.J Thomas, Monsieur Doziére, que j’apprécie un peu moins!!!
    Mes  » amis de l’ époque Pierre Andre, Jean Claude Lamand.
    Je vous livre le détail, afin de crédibiliser mon propos.
    Je viens de prendre la décision d’ accorder mon soutien au candidat du PS.
    J’ interviens régulièrement sur le forum du journal l’ Union sous
    le pseudo de  » CHAUNID  »
    Originaire de cette région, et bien que je réside en région Bordelaise. accompagné de certains contributeurs de site, il m’ est parfois difficile de rendre nos propos crédibles.
    Je ne vous demande pas des badges, ou toutes autres outils de propagandes.
    Simplement, que l’ un de vos collaborateurs, m’ adresse par email
    un peu d’ argumentaires sur les sujets de fond.
    Je vous prie de croire, Monsieur le Député, à l’ expression de mes sentiments respectueux.

    ps:
    Afin que vous puissiez vérifier la véracité de ce courriel.
    Je vous communique la totalité de mon identité.
    Jean Marie Rabelle
    62, av J Cailla0u
    33370 SALLEBOEUF
    Tel: 0617142157

  • domi 25 dit :

    Mme Merkel soutient Sarkozy « A tous les niveaux ».Chouette on va pouvoir lui vendre des centrales nucléaires !

  • xavier de villebrun dit :

    suite après interruption:
    Si Merkel participe activement à la campagne,cela peut nuire à Sarko dans la mesure où on parlera d’intervention étrangère malvenue: certains électeurs sont sûrement très sensibles à ce phénomène…Enfin,il est,en effet,particulièrement grossier de la part de Sarko de faire savoir à cette femme qu’il est candidat alors qu’il ne l’a même pas annoncé à la population française. Mais c’est vrai qu’il n’en est pas à ça près…..On en a vu d’autres avec lui!!!

  • xavier de villebrun dit :

    Il est plus que probable que Sarko a quasiment obligé Merkel à venir à son secours alors qu’elle n’avait sûrement pas tellement envie de se compromettre à ce point.Si elle participe

    • Nicolas (Nantes) dit :

      bah surtout, que dans le texte, Merkel fait le minimum syndical : « je soutiens Sarkozy à tous points de vue parce que nos partis sont des partis partenaires / amis ». Pas un mot sur son action. C franchement très léger comme soutien. Et puis, en France, ça donne surtout l’impression que Sarko a besoin de Merkel pour gagner, ca montre l’esprit « perdant » qui le hante.

  • lilia dit :

    je me souviends ,d’une chose…MITTERRAND à déclaré sa 2eme candidature mi-mars .. donc il a le temps ..quans il va se déclarer .. la bataille sera rude pour l’adversaire HOLLANDE … notre président gagnera !!

    • Jonas dit :

      Mittérand ne multipliait pas les déplacements aux frais de la République pour faire campagne sans débourser un centime !

    • Nicolas (Nantes) dit :

      Et Mitterrand, en 1988, était donné largement gagnant depuis décembre 1987 face à Barre d’abord, puis face à Chirac, jamais Mitterrand n’a été donné perdant, surtout dans de telles proportions. Il n’était donc pas contraint d’accélérer sa campagne. Niveau stratégie, Sarkozy joue au quitte ou double.

    • Bangor dit :

      Il veut jouer à Mitterrand en se présentant le plus tard possible, mais n’est pas Mitterrand qui veut.

      • seb dit :

        C’est surtout que nous ne sommes pas dans la même configuration. M. MITTERRAND était en cohabitation, M. SARKOZY dispose d’une pleine majorité.

        Dans l’histoire de la V République, seuls les Présidents ayant une cohabitation ont été réélus – parce que les Français, logiquement, considéraient qu’ils n’avaient pas la réalité du pouvoir (ce qui prouve au passage que les Français connaissent mieux la Constitution que les élus, puisqu’ils voient dans le PM le « vrai » détenteur du pouvoir – seul M. CHIRAC a été réélu alors qu’il avait une majorité, mais seulement pour faire barrage au FN !

        • Bangor dit :

          « seul M. CHIRAC a été réélu alors qu’il avait une majorité »

          Quelle majorité ? Jospin était Premier ministre.

          • SEB dit :

            A BANGOR

            Mille excuses. Vous avez parfaitement raison ! Pourquoi ai je pensé, l’espace d’un instant, que M. JOSPIN avait démissionné…

            Mémoire défaillante…Erreur reconnue, excuse acceptée ?

          • Bangor dit :

            Oui SEB, excuse acceptée. Il y a des oublis amusants qui peuvent être interprétés comme révélateurs de souhaits non exaucés. C’est à vous de répondre en votre fors intérieur à la question que vous vous posez sur la signification de votre défaut de mémoire passager.

    • pascal dit :

      Soyez poli, ne comparer votre clown avec Mr FRANCOIS MITTERAND, qui restera dans l’histoire comme l’un des plus grands président, notamment par des avances sociales comme jamais auparavent et dont votre droite s’emploie à supprimer chaque jour.
      Ne comparez pas le pitoyable schow de Mme Merkel avec son petit toutou qui ruine la france depuis 5 -voir 10- ans. Mitterand – Kohl, c’était le seul vrai couple de l’amitié franco-allemande, maim dans la maim à jamais gravé dans l’histoire.
      N’oubliez surtout pas que le président FRANCOIS MITTERAND était plébicité par le peuple français après 2 années calamiteuses dirigé par la droite. Votre président n’attendra plus très longtemps, parce qu’il y a le feu dans sa boutique; car son seul espoir est un faux pas de FH qui pourrait retourner l’opinion. Manque de chance pour lui, le tout mou qui ne l’est plus du tout renforce chaque jour sa stature présidentielle, démontre qu’il est l’homme de la situation et s’exprime de mieux en mieux; il a été ce soir exellent. HOLLANDE marche dans les pas de MITTERAND, son calme et sang froid peuvent en faire un exellent président, loin du pitre plein de tic et arrogant que la france ne veut plus: je l’ai encore entendu ce soir dans un resto de Neuilly (c’est pour dire et c’est véridique):  » n’importe qui mais surtout pas sarkozy ».

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