La France a besoin d’un nouveau modèle énergétique

Tribune de Pierre Moscovici et François Brottes, conseiller énergie du candidat socialiste, parue dans les Echos le 10 février 2012.

Depuis une semaine, la France est frappée par une vague de froid historique. Celle-ci nous conduit, pour nous chauffer, à battre des records de consommation électrique, alourdissant le budget des ménages -d’abord celui des plus précaires.
La droite voudrait faire de cette situation la démonstration a posteriori de la justesse de ses choix énergétiques. Le candidat sortant va à Fessenheim, d’autres se déchaînent contre les socialistes sur Twitter pour mieux faire oublier que, pendant ce temps, la facture des Français s’alourdit sans qu’aucune solution sérieuse ne soit proposée.
Les derniers jours viennent, à l’inverse, conforter la stratégie de transition énergétique de François Hollande, qui propose la réduction de 75 à 50 % à l’horizon 2025 de la part du nucléaire dans notre « mix » électrique, en s’appuyant sur les deux piliers de la maîtrise de la demande et du développement des énergies renouvelables.
D’abord, parce qu’il n’y a pas meilleure solution, à long terme, que de rénover et de mieux isoler les logements pour faire baisser la facture des Français. Outre le remplacement massif des appareils domestiques énergivores, nous proposons ainsi la rénovation thermique de 600.000 logements par an, associée à la construction de 400.000 autres. En baissant la consommation, nous ouvrirons la voie à une transition énergétique maîtrisée.
Les énergies vertes, pour leur part, représentent un marché mondial annuel en forte croissance de 200 milliards de dollars dans lequel la France doit prendre toute sa part si elle veut rester compétitive. C’est pourquoi la transition proposée par François Hollande intègre la création de filières industrielles d’excellence dans les énergies renouvelables, grâce à la création d’un fonds vert de capital-investissement au sein de la future banque publique d’investissement.

Cette ambition énergétique est un formidable levier pour redresser l’appareil productif français. Les chantiers de la rénovation thermique de l’habitat et de la lutte contre l’insalubrité offrent ainsi un gisement considérable et non délocalisable de plus de 100.000 emplois. Les énergies renouvelables offrent, quant à elles, un potentiel important encore inexploité : en 2010, l’Allemagne comptait plus de 350.000 emplois directs dans le secteur, pour un peu plus de 100.000 en France. L’industrie nucléaire, enfin, conservera une très grande importance. Elle développera de nouvelles compétences en garantissant la sûreté des sites en fonctionnement, en contribuant aux recherches sur les énergies du futur, et en confortant son savoir-faire en matière de démantèlement.
Cette trajectoire sera inscrite dans une loi de programmation de la transition énergétique, adoptée par le Parlement au terme du grand débat national que François Hollande appelle de ses voeux. Au cours du prochain quinquennat, le site de Fessenheim sera fermé. Un bilan sera ensuite effectué à partir de 2020-2023 afin de prendre des décisions sur l’avenir des différentes centrales, en fonction de critères rigoureux établis en lien avec l’ASN. Dans le même temps, la filière nucléaire achèvera l’EPR de Flamanville, maintiendra la sûreté maximale du parc existant et continuera d’offrir les mêmes services à ses clients étrangers.
Dans le contexte de crise auquel nous faisons face, nous nous devons par ailleurs d’être réalistes pour assumer le financement de cette transition. Nous privilégierons de financer la réduction de la part du nucléaire avec les revenus générés par ce secteur.
Ce scénario comporte enfin une exigence : celle de ne pas peser sur les plus précaires. C’est pourquoi nous garantirons les usages indispensables de l’électricité et du gaz (s’éclairer, cuisiner, se laver, se chauffer) grâce à une tarification progressive selon le volume. Un forfait de base, dont le niveau sera établi en fonction de critères individualisés, sera ouvert à tous les consommateurs à un prix inférieur au tarif actuel. Il sera renforcé pour les 8 millions de Français considérés comme les plus précaires, afin de mettre fin à cette situation.
Notre action devra s’accompagner d’un effort d’explication de ces enjeux auprès de nos concitoyens. Il ne s’agit pas de mettre les Français devant le fait accompli, mais bien de faire évoluer ensemble les mentalités et les habitudes. La transition énergétique proposée par François Hollande n’est pas seulement une nécessité pour le développement durable mais d’abord une chance industrielle et sociale pour notre pays.

32 réflexions au sujet de « La France a besoin d’un nouveau modèle énergétique »

  1. cherche co-auteur de gauche pour mon livre: POUVEZ VOUS ME CONVAINCRE DE VOTER A GAUCHE ?

    Bonjour, je suis de gauche mais je vote à droite pour les raisons énoncées dans mon manuscrit cijoint et résumé cidessous
    Seriez vous intéressé de répondre et d’insérer votre réponse dans mon livre, en cours d’édition ?
    Merci!

    LA VIE EST PLUS DURE EN FRANCE QUE DANS une bonne dizaine de PAYS RICHES

    pourtant

    La France est championne du monde des dépenses publiques depuis 30 ans

    car

    Trop de social tue le social

    donc

    POUVEZ VOUS ME CONVAINCRE DE VOTER A GAUCHE ?

    +

    SUICIDE chômage SANTE LOGEMENT PAUVRETE INEGALITES LOISIRS CRIMES ET SATISFACTION

  2. Monsieur Moscovici,

    bon courage pour cette campagne
    vous êtes modéré c’est très appréciable même si ce n’est pas facile à faire passer d’un point de vue médiatique
    le changement pour le changement est énergivore et inefficace

    Pourtant, la France doit continuer à se moderniser et à se réformer même si c’est assez douloureux, le printemps tunisien doit nous servir de leçon même si le régime politique tunisien n’est pas comparable à celui de la France

    salutations

  3. Bonjour Messieurs ou Mesdames,

    je pense que votre tribune sur l’énergie est raisonnable et modérée. On ne peut pas se priver de l’énergie nucléaire: ce n’est pas réaliste car les ménages ont besoin d’une énergie peu couteuse mais aussi l’industrie et les services.

    La problématique de l’énergie est fondamentale dans notre mode de vie, nous devons essayer de rester compétitifs sur le plan économique tout en permettant aux citoyens de vivre dignement.
    C’est stratégique pour la France de mettre en place une dynamique de recherche fondamentale et appliquée très importante dans le domaine de l’énergie et de son stockage.

    Effectivement, par ailleurs il est nécessaire d’éduquer les citoyens français à apprendre et à réfléchir pour économiser l’énergie.

    merci de votre ou vos lectures
    salutations

    p.s. je ne fais pas d’engagement politique et n’ait pas l’intention d’en avoir un

  4. Athènes en flammes c’est le prix que demande les européens ou plutôt Merkel au grec pour bénéficier de sa « solidarité ».

    On en viens à souhaiter aux grecs un gouvernement souverainiste anti européen pour les faire sortir de cette mouise à leur souhaiter un redressement à la manière de l’Argentine.

    Hier Soros s’en prenait à Merkel qui pour lui fait exactement les mêmes erreurs que les dirigeants ont fait après la crise de 1929.
    Il est temps que les gouvernements de la zone euro reconnaissent Leurs échecs et arrêtent de s’entêter sur cette voie qui ne mène à rien. Dans un papier de Philippe Cohens dans Marianne cite l’économiste Karine Berger « La dette grecque est passée de 263 milliards en 2008 à 355 milliards en 2011. Le PIB grec est lui passé de 233 milliards à 218 milliards. Le chômage de 8% à 18%.Et avec un taux d’intérêt officiel à 32%, il va de soi que la Grèce ne peut plus se financer du tout sur les marchés ».

    Il est temps que les dirigeants européens redeviennent sérieux, la stratégie européenne est peut être bonne pour l’Allemagne mais néfaste pour le reste de l’Europe, si l’Europe veux s’en sortir il faut que l’Allemagne cède sur les prérogative de la BCE afin qu’elle redevienne un vrai banque centrale, je reste subjugué devant le fait que la BCE prête des centaines de milliard au banques à 0.5% ce qui leur permet de faire des marges juste énormes sans contreparties mais laisse la Grec depuis 2ans emprunter à des taux usurier proprement inacceptable.J’en suis même à me demander si le concept de monnaie commune de défendent certain au lieu d’une monnaie unique n’est pas une bonne chose.

    Cette Europe Merkozy finira par nous transformer tous en souverainiste

  5. Après le bilan que l’on lui connait, N.Sarkozy a du culot de se représenter.

  6. Est il possible de créer des puits canadiens qui serviraient à un collectif d’habitants? La copropriété de moyens est elle utopique ? merci

  7. Pour la construction de maisons à ossature bois qui sont écolos;pourquoi ne pas se servir des capacités françaises? Plutot que de se servir en Suède par exemple.

    • Cher domi25
      La qualité des bois des scieries française n’est pas du niveau recquis pour ce type de construction, de plus celles-ci sont attentistes et ne font pas les efforts pour s’adapter.
      Les bois du nord Europe ont des qualités supérieures et sont parfaitement séchés et calibrés.
      Pour ces raisons lers bois d’import truste le marché de la construction.Nos massifs sont gérés comme des forets patrimoiales pas comme des forets industrielles

      • Attendre dans le monde globalisé est suicidaire.L’utopie est de ne pas anticiper,entreprendre.La peur n’a jamais écarté le danger.Nous sommes obligés,dés aujourd’hui d’oser ,de créer.L’Europe revisitée sera obligée d’etre à la hauteur ,sinon ,le pire sera notre quotidien… Amicalement…

  8. François tacle le gouvernement sur Renault mais c’est la gauche qui a ouvert le capital de l’entreprise et poussé a en faire une entreprise qui délocalise a fond.
    Renault sous capital publique n’avait un énorme rendement financier mais ne délocalisait pas et faisait vivre des milliers de PME.
    Renault privatisé cherche a faire des profits et délocalise.

    C’est comme la belle idée de Pierre pour les énergies.

    L’état en 1990 avait EDF(avec le CEA), GDF, ELF et total(société mixte).
    En 2012 , il reste plus que EDF et Arreva qui fonctionnent comme des entreprises financière a court terme. On va pas pouvoir faire de politique industriel avec cette base.

  9. Les doubistes doivent regretter leur vote de 2007; des promesses non tenues , un député absent , ils ont servi de marche pied à un homme sans scrupule vis à vis des petits gens.
    Il n’a aucune honte à faire la leçon au Président de la République .
    Pierre Moscovici déjà « aux affaires » sous Jospin qui au delà de sa petite personne à peu de considération envers les français.
    La plus grande erreur de hollande , l’avoir choisit comme directeur de campagne , c’est homme n’est pas aimé par les français , ces multiples apparitions font le jeu des autres candidats , c’est tout bon.Merci Pierrot continue.
    La droite la plus bête de France.(On en reparle dans 78 jours)

    • Effectivement, ce n’est pas un post très intéressant. Évidemment, si votre critère c’est que le directeur de campagne soit hyper charismatique, il faut pas s’étonner d’avoir un tel pitre au pouvoir.

      D’autre part, vous vous méprenez sur la personne de PM. Ce n’est pas parce que l’on est quelqu’un de réfléchi qu’on en a rien faire du peuple. Et si tout ce qui vous intéresse, c’est le show, je vous conseille de vous reconvertir au visionnage d’émissions de divertissement, vous serez servi. Ce ne sont pas les clowns qui manquent là dedans.

    • le FIM a baissé à 0,3% pour 2012 et un peu plus de 1% pour 2013. F Hollande a pris une moyenne à 0,5%, il est dans la fourchette basse, en étalant les mesures, sachant qu’il peut compter sur une augmentation de la croissance au cours du quinquénat(ce n’est pas moi qui le dis c’est l’OCDE et le FMI). Ca paraît vraissemblable.
      Au fait, 5%, c’est aussi la base qu’a prise L’UMP,(le même UMP qui s’attribue la médaille du réalisme économique) pour faire son programme, sauf qu’ils ont été plus long à la détente, jusqu’au dernier moment et bien plus tard que les socialistes ils se projetaient encore autour de 1,5%.
      Pardon pour le débat un peu technique Bloggy-:), mais y’a quand même des fausses évidences à ne pas laisser passer.

    • Je n’étais pas présent à cette réunion et il n’y a malheureusement pas de vidéo de son intervention (c’est toujours un plaisir d’écouter Rocard), mais si j’en crois les comptes-rendus faits de la réunion, son intervention ne se résume pas pas cette remarque. Il

      – Nouvelle phase de la décentralisation
      – Participation des salariés au conseil de surveillance et aux comités de rémunération des grands groupes,
      – Renforcement de la présence et de l’importance syndicale par une forte incitation à y adhérer
      – La suppression des stock-options.
      – Face à la crise du logement, une caution mutuelle solidaire
      – Faire la toilette des textes scandaleux sur l’immigration et la nationalité

  10. Pour eviter de sombrer dans des debats souvent trop techniques et pas cecessairement fondes il faut etre en mesure d annoncer un certain nombre de principes. parce que nous ne sommes pas malthusiens il nous faut une energie abondante. parce que l energie est necessaire a chaque etape economique il nous faut une energie la moins chere possible. parce que nous voulons preserver l avenir il nous faut un mode de production qui impacte au minimum les ecosystemes avec une gestion ootimale du risque.

  11. « D’abord, parce qu’il n’y a pas meilleure solution, à long terme, que de rénover et de mieux isoler les logements pour faire baisser la facture des Français ».

    Ca, c’est la théorie.
    Peut être avez-vous vu ce reportage lors d’un récent journal télévisé (je ne sais plus sur quelle chaîne) : une jeune femme faisait expertiser sa maison. Résultat des courses, 40 K€ pour isoler la maison par l’extérieur. Même si l’on arrive à diviser sa facture de chauffage par 2, il faut :
    1) avoir 40 K€ disponibles.
    2) pouvoir attendre 10, voire 20 ans, avant de rentrer dans ses frais.
    Conclusion, si en théorie, l’isolation est la meilleure des solutions, (est-ce d’ailleurs bien vrai ?), en pratique, cela me parait bien difficile à mettre en œuvre.

    • 10 ou 20 ans ?
      Bon déjà là vous passez du simple au double (ok, ça dépend des situations). Ensuite, je peux vous assurer que le prix de l’énergie n’est pas prêt de terminer sa croissance. Il est donc fort probable que vous sous-estimez le gain parce que vous sous-estimez le coût futur de cette précieuse énergie. Un article de la semaine passée tiré de « Science » estimait que pour atteindre les objectifs de diminution d’émission de CO2, il faudrait diminuer de 1.3% par an sur 40 ans la consommation d’énergie à travers une efficacité énergétique accrue (donc isolation en masse). Il faut évidemment faire cela intelligemment. Tous les isolants ne sont pas égaux en terme d’énergie grise.

      D’autre part, vous n’imaginez pas les déperditions énergétiques dans les maisons (généralement habitées par des classes défavorisées) monstrueuses. Ce qui provoque une explosion de la facture sans même avoir un confort de base.

      Si une maison est déjà relativement bien isolée, la dépense peut sembler inutile. Mais dans les cas où on parle de véritable passoire avec les conséquences au niveau de l’humidité, et donc même sur la santé, il est temps de faire quelque chose. C’est du vécu.

      • @Nico
        « D’autre part, vous n’imaginez pas les déperditions énergétiques dans les maisons (généralement habitées par des classes défavorisées) monstrueuses.  »

        Là est mon interrogation. Quelles sont les solutions actuelles (et à venir), qui permettent à ces classes défavorisées (mais également à celles, un peu plus aisées, mais qui n’ont pas forcément toutes plusieurs dizaines de K€ à consacrer à la rénovation de leur logement), pour financer l’isolation de leur habitation ?

        Quant à la proposition de rénover 600 000 logements, avez-vous une idée du coût que cela représente ?

  12. Je réécris ici ma réaction (déjà écrite hier)

    Le problème de cet article c’est qu’il ne prend pas en compte le retard d’investissement en matière de production d’électricité. Il y a eu des coupures d’électricité dans toute la France les 7 et 8 février, bien que l’EDF/RTE ne le dise pas. Regardez sur https://twitter.com/#!/search/coupure%20edf les messages qui le signalent. Ces derniers jours EDF a dû acheter au prix fort de l’électricité à l’étranger. Si on avait lancé quelques tranches nucléaires ou à charbon, ou à gaz supplémentaires en temps utile, on n’en serait pas là. Et c’est nous qui exporterions de l’électricité en améliorant le déficit du commerce extérieur.

    Si en plus du retard actuel, on ferme Fessenheim, ce n’est pas le programme de rénovation des logements, forcément lent à mettre en oeuvre, qui va compenser.

    Donc ce n’est pas clair. Il faudra forcément compenser Fessenheim par quelque chose. Si ce n’est pas du nucléaire ce sera du gaz ou du charbon. Et cela coûtera plus cher. Et ce sera plus difficile de dire à monsieur Poutine de nous écouter sur différents sujets, comme les droits de l’homme en Russie ou la politique vis à vis de la Syrie.

    Par ailleurs je signale l’article suivant, assez pédagogique, qui explique pourquoi les énergies renouvelables ne créent pas d’emplois : http://www.sauvonsleclimat.org/communiqueshtml/comment-les-energies-renouvelables-remplacant-des-centrales-nucleaires-detruisent-des-emplois/35-fparticles/998-comment-les-energies-renouvelables-remplacant-des-centrales-nucleaires-detruisent-des-emplois.html

      • Cher Ben,

        Les articles en question ne sont pas le fait de personnes très informées.

        Le premier est très approximatif.

        Je résume, les consommateurs devraient payer plus cher leur électricité, mais cela créerait de l’emploi dans le domaine de l’énergie. Seulement, un emploi industriel ne peut être créer que par tranche de 100.000€ de chiffre d’affaire.

        Je veux bien, soit.

        Donc, ce monsieur nous explique que ces 100.000€ euros pourraient être mieux utilisés dans d’autres domaines tels que les services publics ou privés parce que dans ce cas là, il ne faut que 25.000€ de chiffre d’affaire.

        Ben évidemment, dans ce cas, liquidons toute l’industrie. Décidons de faire de notre pays une économie de service totale avec uniquement des infirmières et des profs. Je dis pas qu’on en a pas besoin, mais je trouve que les raccourcis sont un peu gros.

        On a besoin d’énergie, et le coût réel du nucléaire est une chose dont on ne parle jamais. Le coût du démantèlement des centrales n’est pas pris en compte, et ce sera donc aux futures générations de le payer.

        Ensuite, quand on parle de 100.000€ dépensés, ce n’est pas parce que l’on ne les dépense pas dans l’énergie que l’on va en faire don à l’état (les profs et es infirmières).

        Enfin, voilà, je trouve que cet article ne semble pas du tout pertinent, et cherche à faire une démonstration qui n’est pas suffisamment rigoureuse que pour pouvoir en accepter les conclusions.

        Dans le second article, on parle de la crise d’une entreprise française produisant des panneaux solaires.

        Donc, Cécile Duflot se trompe parce qu’elle est scandalisée que l’état ne soutienne pas cette entreprise.

        Figurez-vous que moi aussi. Et je vais vous expliquer pourquoi.

        Cette entreprise est donc victime des panneaux solaires chinois (principalement, mais pas uniquement) qui sont moins chers. Saviez-vous que les panneaux solaires CHINOIS produisent plus de CO2 pour leur production que ce qu’ils permettront d’économiser. Et ceci pour une simple raison, c’est que fondre du silicium pour l’épurer demande une énergie très importante. Hors, il se fait que les usines de panneaux solaires chinoises tirent leur énergie de centrales à charbon.

        Il n’est donc pas écologique du tout que d’acheter des panneaux solaires chinois. L’état devrait donc subventionner les panneaux solaires français, voir allemand (bien que les centrales à charbon soit aussi fort répandues, mais moins polluantes tout de même et sont quand-même aussi alimenté par d’autres formes d’énergies).

        Alors, bon je ne suis pas fan de cette Cécile, mais de là à essayer de la faire passer pour la dernière des c… , c’est clairement un parti pris réac de la part de l’auteur de cet article.

        Voilà mon cher Ben, quant au troisième article, je n’avais pas la patience de le lire.

        • Le solaire, qu’il soit français ou chinois n’est pas rentable. Il n’est rentable pour les investisseurs que parce que l’on ponctionne les consommateurs ou les contribuables pour remplir les poches de ces investisseurs. A tout prendre, il est de meilleur charité, qui commence par soi même de subventionner des travailleurs français que des travailleurs chinois, mais ce n’est pas la meilleure façon d’utiliser l’argent. On a trompé ces travailleurs en leur faisant croire qu’il y avait des emplois durables et soutenables dans cette filière.

          • Voyez le rapport de Dominique Finon : « Photovoltaïque: l’inadéquation du tarif d’achat », publié en 2009, disponible à l’adresse http://www.gis-larsen.org/Pdf/LARSEN_WP_20.pdf qui préconise la chose suivante : « On devrait réduire rapidement les incitations coûteuses à l’installation de cellules PV et de centrales au sol, et accroître les budgets de démonstration industrielle pour favoriser la consolidation de nouvelles filières (silicium cristallin amélioré et couches minces). On devrait cibler plus particulièrement la phase de démonstration et le développement industriel où se joue une grande partie des apprentissages porteurs de l’essentiel des baisses de coût. »

          • Je suis d’accord avec vous que le solaire n’est pas rentable.

            Cependant, il s’agit du coût actuel des panneaux solaires. Toute technologie est chère initialement.

            Ensuite, ce n’est pas parce que ce n’est pas rentable actuellement que ce ne le sera pas dans le futur. Et pour terminer, quel est le prix réel du nucléaire ? Difficile à estimer.

            Au delà même des coûts de démantèlement et du prix du stockage des déchets (qui pourrait être résolu prochainement, mais on n’y est pas encore), il y la question de l’accident. Je pense que les japonais peuvent en dire quelque chose, le coût pour leur économie est salé. Il faudrait comparer dans quelques années, le coût réel de leur nucléaire en mesurant l’impact sur leur économie de cette catastrophe, mais je ne suis pas sur qu’on soit encore très loin du prix avec des panneaux solaires ou d’autres technologies plus vertes.

            De toute façon, je pense que nous serons tous les deux d’accord sur un constat : l’enjeu de demain c’est l’efficacité énergétique en premier lieu, et je pense que la proposition de 600.000 logements par an mieux isolés, c’est une vision peut-être pas très sexy. Mais pourtant nécessaire et très rationnelle.

          • D’après Günther Keil, la modernisation énergétique des logements en Allemagne se traduit par des augmentations de loyers de 2,40 €/m² alors que l’allègement de facture de chauffage correspondant ne rapporte que 0,50 €/m² au locataire. Donc c’est encore une perte de pouvoir d’achat. Donc ce n’est pas très sexy. Ni très rationnel si l’on adopte une rationalité socialiste, c’est à dire qui accorde une priorité à la question sociale.

            Günther Keil, « Germany’s Energy Supply Transformation Has Already Failed » : http://www.eike-klima-energie.eu/fileadmin/user_upload/Bilder_Dateien/Keil_Energiewende_gescheitert/2012-EIKE_Germanys_green_energy_turnaround_V2.pdf

            Par ailleurs, je trouve inquiétant le silence des hommes politiques français sur le problème des factures EDF facturées aux consommateurs britanniques : http://www.independent.co.uk/news/business/news/energy-watchdog-tells-big-firms-cut-prices-or-else-6989027.html

        • @ Nico
          « Les articles en question ne sont pas le fait de personnes très informées.
          Le premier est très approximatif. »

          Ah oui ? La personne « pas très informée » qui aurait, selon vous, écrit un article très approximatif est Henri Prévot, l’un des meilleurs spécialistes français de l’énergie. Renseignez-vous avant de vous couvrir de ridicule. Voici une partie de son CV et de ses publications :

          Formation
          Ancien élève de l’Ecole Polytechnique (promotion 1964)
          Ancien élève de l’Ecole Nationale Supérieure des Mines de Paris (promotion 1969)

          Carrière
          1998 Conseil général des mines.
          1991 – 1998 Conseiller pour les affaires économiques et européennes au Secrétariat Général de la Défense Nationale (SGDN).
          1987 – 1991 Directeur dans la société Digital Equipment.
          1985 – 1987 Directeur général de la Région Aquitaine pour l’économie et l’aménagement du territoire.
          1980 – 1984 Délégué régional de l’ANVAR en Aquitaine.
          1979 – 1985 Délégué des ministres de l’Industrie et de l’Agriculture pour les massifs forestiers du Sud-Ouest.
          1974 – 1979 Responsable de la sous-direction du textile et de l’habillement au ministère de l’Industrie.
          1970 – 1973 Ingénieur à la Direction Régionale de l’Industrie, de la Recherche et de l’Environnement de Provence-Alpes-Côte d’Azur et chargé de mission auprès du Préfet de Région.
          1968 Ingénieur du fond aux Houillères du Nord.

          Ouvrages publiés
          « Trop de pétrole ! Energie fossile et réchauffement climatique » – Le Seuil – 2007. (ISBN 2-02089-925-6) prix de l’Académie des Sciences Morales et Politiques
          « L’économie de la forêt – mieux exploiter un patrimoine »1 Lavoisier
          « La France : économie, sécurité – économie mondialisée, sécurité nationale, Union Européenne » – Hachette-Pluriel ; prix des ministères2.

          et plusieurs articles sur la construction européenne :
          Les coopérations renforcées : un nouveau départ pour l’Europe ; Relations internationales et stratégiques – hiver 1996.
          La fin de la méthode Monnet ; Esprit – mai 1996 ;
          Pour une lecture politique du traité de Maastricht ; Esprit – mai 1995 ;
          Souveraineté, subsidiarité, attention à ne pas confondre ! ; Administration – été 1994 ;
          Concurrence et intérêt général ; Le Monde – juillet 1994 ;
          Pour une Europe des projets ; Le Monde – décembre 1994 ; 3
          Les accords de Schengen : un exemple pour la construction européenne ; Commentaire – décembre 1993.

          Autres activités[modifier]
          Conseiller municipal de Sainte-Geneviève-des-Bois (Essonne)

          • Ok, il a un CV (vraiment pas terrible, mais bon soit) plus long que le mien.

            Je suis aussi issu d’une école polytechnique, et malgré mon jeune age (en comparaison), je ne suis vraiment pas convaincu par son argumentaire.

            Et j’ai surtout du mal à accepter votre argument qui n’est rien d’autre qu’un argument d’autorité !

            Je n’aurais d’ailleurs pas du parler de qui je suis parce que c’est se placer en plein dans votre logique étrange qui voudrait que parce qu’on a écrit trois livres et eu quelques responsabilités mineures, on a forcément raison, et ce que l’on dit est pertinent. Mouais. C’est risible.

            Voilà donc je me répète, ce qui est écrit dans cet article n’est pas pertinent et si vous pensez que j’ai tort. Eh bien dites-moi donc pourquoi !

    • Je voudrais corriger une bêtise que j’ai écrite ci-dessus : la France a en fait été globalement exportatrice en électricité en 2011 (en partie grâce au climat doux, en partie grâce à la crise économique qui a ralenti l’activité). Cela dit je pense qu’on est tout de même sous-équipé en matière de production de pointe. Il faudrait avoir quelques turbines à gaz supplémentaires. Et cela m’amène à évoquer un deuxième point : l’autre jour, je cherchais à savoir si la turbine à gaz de Gennevilliers (Hauts-de-Seine) était en service. J’ai cherché du mieux que j’ai pu sur le site internet d’EDF et je n’ai pas trouvé. J’ai peut-être mal cherché, mais je pense qu’il y a un sujet politique qui ne coûte presque rien et que les candidats aux élections devraient proposer, c’est d’améliorer la transparence. Il faudrait qu’à l’instant « t », le citoyen puisse savoir très exactement quelle tranche de quelle centrale thermique ou nucléaire ou parc solaire ou éolien est en service et quelle tranche est en réparation. Avec des archives ouvertes sur les jours, mois, années précédentes, de façon à ce que chacun puisse comprendre les enjeux. Il y a déjà beaucoup de gestes qui sont faits dans ce sens, mais cela peut être amélioré, et devenir plus systématique. Par exemple je ne suis pas sûr que EON France et Poweo soient aussi transparents qu’EDF sur ce qui se passe et ce que coûte chaque tranche. Il existe un « Haut Comité pour la Transparence et l’Information sur la Sécurité Nucléaire », mais il y aurait besoin d’exactement la même chose pour la transparence des énergies renouvelables et des énergies carbonées. On exige du nucléaire d’être transparent et c’est une bonne chose, mais les autres formes d’énergie doivent l’être aussi.

  13. « D’abord, parce qu’il n’y a pas meilleure solution, à long terme, que de rénover et de mieux isoler les logements pour faire baisser la facture des Français ».

    quelqu’un a dit l’inverse ?

    soyons plus pragmatiques et précis dans nos propositions !

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