Meeting « Renaissance pour l’Europe » au Cirque d’hiver – Discours de Pierre Moscovici

Discours prononcé par Pierre Moscovici le 17 mars à Paris à l’occasion du meeting « Renaissance pour l’Europe » de François Hollande.

Chers amis, c’est une grande émotion, un grand plaisir pour moi de prendre la parole devant vous, partisans de la cause européenne, leaders européens – mais aussi vous tous qui aimez l’Europe, ce qu’elle représente, qui vous battez pour son avenir. Pour moi qui ai toujours été un Européen engagé et convaincu, cette matinée est tout à fait spéciale. Il est rare de voir, de beau matin, autant d’Européens rassemblés ! Elle est spéciale parce que j’ai le sentiment que nous vivons peut-être sans en prendre totalement conscience un moment important pour l’Europe et pour la Gauche – un moment de reconquête, un moment de commencement, un moment de recommencement, un moment de renaissance. Ce mot est fort.

Et cette renaissance mes amis, elle a une histoire. Beaucoup d’entre nous se souviennent, bien sûr, de l’époque ou l’Europe était à majorité sociale-démocrate. Ils savent le progrès et l’espérance que peut porter une majorité de gauche pour notre continent. Ils se souviennent que c’est alors dans toute l’Europe qu’était le temps de la croissance, en France celui des 35 heures, celui de la CMU, celui du PACS. Et en même temps, cette renaissance n’est pas qu’un recommencement – car cette période est dernière nous et n’a pas été uniquement un succès. Pourquoi cela ? Parce qu’il y a eu l’usure du pouvoir. Parce qu’il y a eu la crise économique. Parce qu’il y a eu l’émergence de la Chine, de l’Inde, du Brésil. Parce qu’il y a une sensation du déclin, du déclassement européen, un repli européen. Mais aussi parce que nous n’avons pas su, pas pu dégager durablement une ligne idéologique commune. En face de nous, il y a une Droite dont les fondamentaux convergent : le durcissement identitaire, l’austérité pour seule politique. C’était une erreur de ne pas avoir de ligne idéologique commune. Et ce serait une erreur grave que de ne pas en avoir une aujourd’hui. Parce que le résultat, nous le connaissons : c’est une domination presque sans partage des conservateurs sur l’Europe. Et même quand la période – et nous y sommes – devrait nous être favorable, avec la crise du capitalisme que nous connaissons depuis 2008, nous n’avons pas connu, ou trop peu, le succès. Pourquoi ? Parce que nous n’avons pas su entendre. Parce que nous avons laissé le champ libre aux conservateurs. Parce que nous n’avons pas su passer par-delà nos différences. Nous avons ouvert la voie à ces politiques d’austérité, à la généralisation du moins-disant social, à la démagogie, au populisme.

Je veux une Europe qui se réconcilie avec les Européens

Eh bien mes amis, tout cela, ce matin, c’est fini ! La renaissance est là ! Les politiques des conservateurs, c’est une erreur économique, c’est une erreur démocratique. C’est une erreur économique parce que l’austérité est une impasse. C’est une erreur démocratique parce que ce qui est en jeu, c’est l’adhésion des peuples mêmes au projet européen. Et comme vous, je ne veux pas d’un divorce entre les Européens et l’Europe. Je veux une Europe qui se réconcilie avec les Européens. C’est tout l’enjeu de la plateforme qui est élaborée et présentée ici aujourd’hui. Et ce sera l’enjeu du discours de François Hollande.

Alors, la période dans laquelle nous avons été dans ces difficultés, je crois qu’elle est derrière nous ! Je le dis avec humilité mais avec force. Notre réunion d’aujourd’hui est la première pierre de la reconquête. Il existe – et cette matinée le prouve – un socle commun entre toutes les forces de progrès européennes. Et le travail qui s’est fait hier, le texte des fondations, en sont la preuve. Evidemment, ce sont les fondations, pas encore les parties – et chacun garde son appréciation propre. Mais le symbole est là, qui est le point de départ sur lequel nous construirons et nous construisons, ensemble !

Je crois qu’il y a cinq conditions pour la renaissance de l’Europe. D’abord pour renaître, l’Europe a besoin de responsabilités budgétaires – car, partout en Europe, la dette est l’ennemie de la Gauche. Quand on est endetté, on ne peut pas investir. Quand on est endetté, on ne peut pas développer les services publics. La dette, c’est aussi l’ennemi de la croissance. Alors, mes amis, ne laissons pas ce combat-là à la Droite ! Cela a été montré avec évidence par d’autres : la responsabilité, elle est aussi chez nous et en nous. C’est nous, en Europe, qui sommes les responsables. Pour renaître, l’Europe a besoin d’une croissance. Elle a besoin d’une vision industrielle. Elle a besoin d’une politique monétaire, d’une politique de croissance, d’investissements d’avenir, d’une coordination des politiques économiques. Et ce que j’ai compris hier en assistant aux travaux, c’est que quand François Hollande demande la renégociation du traité d’austérité, il n’est pas seul ! Il parle au nom de la famille socialiste européenne. Il parle surtout au nom des Européens qui n’en peuvent plus de l’austérité et qui attendent autre chose du grand projet, du grand idéal européen qui est le nôtre. Pour renaître, l’Europe a besoin de solidarité. Je pense à la gestion des dettes publiques, bien sûr, mais aussi aux politiques sociales et aux politiques de l’emploi. Pour renaître, l’Europe a besoin de démocratie. Notre rôle à nous, Socialistes et Sociaux-Démocrates, c’est de contribuer à remettre les Européens au centre des décisions qui les concernent. Et ce socle commun-là fait un pacte de reconquête. Et puis, il y a la cinquième condition : l’Europe doit enfin faire émerger de nouvelles figures, une nouvelle génération d’Européens qui réussira, elle, à relancer l’Europe et à la transformer – là où Nicolas Sarkozy et Angela Merkel ont échoué. Et la première figure de cette nouvelle génération, c’est François Hollande, qui sera – j’en suis sûr – le prochain président de la République française !

Mes amis, bien sûr, c’est aux Français de choisir. Puis, ce sera aux autres peuples européens de décider ensuite, à leur tour, librement, de leur destin. Mais c’est notre conviction – c’est ma conviction : l’élection de François Hollande à la présidence de la République française en mai prochain permettra d’impulser une dynamique politique qui va – et c’est le sens de notre rencontre aujourd’hui – bien au-delà de nos frontières, et particulièrement en Allemagne et en Italie. Cher Pierre Luigi, tu es avec nous ce matin. Sigmar Gabriel était là il y a quelques minutes. Et à tous les deux, je le dis : nous comptons sur vous aujourd’hui ! Merci d’être là ! Mais vous pourrez aussi compter sur nous demain. Car cette Europe, c’est Rome, c’est Berlin, c’est Paris, ensemble, avec les progressistes ! Et c’est cela que nous devons, que nous voulons construire.

Aux conservateurs qui disent que changer l’Europe n’est pas possible, que nous n’y arriverons pas, nous répondons que leur propre échec n’est pas une fatalité, mais c’est le signe de leur insuffisance.

Aux conservateurs qui disent que changer l’Europe n’est pas possible, que nous n’y arriverons pas, nous répondons – comme le fait François Hollande – que leur propre échec n’est pas une fatalité, mais c’est le signe de leur insuffisance. Cet échec de l’Europe, il est le leur. Et la relance, ce sera la nôtre ! La renaissance, ce sera nous !

A ceux qui veulent changer l’Europe, à ceux qui l’aiment, à ceux qui s’en sont éloignés, à ceux qui refusent ce qu’elle est devenue, nous disons qu’une belle espérance se lève, qu’elle est née ici, aujourd’hui, et qu’elle verra bientôt le jour dans toute l’Europe ! En mai prochain, dans quelques semaines, les Français vont voter pour changer leur propre avenir. Et vous le savez, je le dis à mes amis européens, ils ont le choix entre d’un côté la persistance dans l’inefficacité et l’injustice – c’est Nicolas Sarkozy – et le changement, le redressement dans la justice – c’est François Hollande. Mais ils ont aussi le choix entre deux avenirs européens. Et j’ai été, comme vous, extrêmement choqué de cette semaine qui a commencé à Villepinte avec un président de la République sortant qui prenait l’Europe comme bouc émissaire, qui voulait fermer nos frontières, qui voulait revenir sur des traités existants. Cette Europe-là, ce n’est pas la nôtre ! Et c’est tout un symbole que cette semaine. Elle se termine ici, au Cirque d’hiver, avec des progressistes européens unis, qui veulent changer l’Europe ! Qui veulent la croissance ! Qui veulent la justice ! Qui veulent la solidarité ! Qui veulent la politique, la démocratie ! C’est ce symbole-là que nous incarnons aujourd’hui !

Je souhaite la renaissance de l’Europe, qui ne se fera pas sans une victoire de la Gauche européenne. Et cette victoire de la Gauche européenne, elle commence en France.

Alors le changement en France aura aussi des répercussions bien au-delà de nos frontières. Je souhaite le succès de la Gauche en France, bien évidemment. Je me bats pour cela. Je souhaite la renaissance de l’Europe, qui ne se fera pas sans une victoire de la Gauche européenne. Et cette victoire de la Gauche européenne, elle commence en France. Elle commence en mai prochain !

Et je terminerai, comme Sigmar Gabriel, en disant : oui, c’est vrai, le changement c’est maintenant, mais le changement en Europe aussi, c’est maintenant !

20 réflexions au sujet de « Meeting « Renaissance pour l’Europe » au Cirque d’hiver – Discours de Pierre Moscovici »

  1. UNE ERREUR D’AIGUILLAGE NON ASSUMÉE

    Les critiques mutuelles que s’adressent les candidats du « système » de l’alternance semblent bien dérisoires en regard de l’erreur d’aiguillage qui nous a menés où nous en sommes.
    Les raisons de leur désarroi, en pleine crise financière de la zone euro, se comprennent aisément lorsqu’on s’inspire du titre que vient de publier Christian Saint-Etienne (« L’incohérence française »):

    Une erreur d’aiguillage majeure eut lieu pour la France, il y a vingt ans à Maastricht, en entérinant comme principe fondateur de l’Union la concurrence fiscale et sociale, par l’exception faite aux décisions à la majorité en ce domaine, ce qui donne un droit de veto à quiconque. Et ce traité a bien été négocié par un président et un gouvernement français socialistes en fin de règne, alors que Jacques Delors était président de la Commission européenne. Comment l’Europe, qui prétend se gouverner par le partage des souverainetés, a-t-elle pu poser le principe de concurrence fiscale et sociale comme principe premier de l’Union politique ?
    Omnubilée par la promesse d’un euro-mark, non seulement la France en accepta toutes les conditions mais elle consentit à l’affirmation, dans les traités européens régissant l’Union, du primat de la concurrence par les normes fiscales et sociales, vraisemblablement sans en comprendre toutes les implications. Ce primat, désormais constitutionnalisé par les traités européens, a semé les graines de la fin de l’Europe politique et peut-être de l’Europe tout court. En imposant la concurrence fiscale et sociale dans les faits, il affaiblit l’Etat ayant la fiscalité et les règles sociales les plus lourdes: la France.
    Ce n’est pas pour rien que la France a redescendu les marches de sa puissance économique et politique après 1990-1991: au même moment, lors de ces deux années qui menèrent à la négociation finale du traité de Maastricht en Décembre 1991, elle a construit le piège mortel dans lequel elle se trouve aujourd’hui.
    Ceux qui aiment les chiffres citent l’Allemagne qui a choisi les restrictions en abaissant son coût salarial unitaire dans l’industrie, d’abord de 15% entre 1995 et 1998, puis à nouveau de 20% entre 2002 et 2007, ce qui n’a rien d’une performance: La « compétitivité » d’un pays se juge-t-elle à la faculté de pouvoir conserver son niveau de vie ou de devoir s’aligner sur le moins-disant ?
    Et ce n’est pas fini, car la pression amont de la mondialisation est là, qui en demande plus, pour longtemps encore:
    Nous sommes au premier rang de la dépense en protection sociale avec 33% du PIB en France, contre 25% dans le reste de la zone euro, mais les Brics sont à quatre fois moins que nous, ce qui correspond aussi au rapport entre coût salariaux unitaires.
    Nous avons, dit-on, le système de retraite le plus généreux, avec 14 points de PIB en prestations contre 11 points dans l’UE, mais c’est oublier que les Brics sont à 3 points. Va-t-on s’échiner à les rejoindre ?

    La vérité , face à cela, c’est qu’il n’y a que trois attitudes:
    – la « servitude volontaire » de la mondialisation
    – la rupture de la zone euro
    – la renégociation
    Mais certainement pas l’attitude en faux-semblant des candidats du consensus systémique !

  2. Puisque je vois qu’il est question d’Europe, avec un zeste de Peyrelevade au menu, je m’insère volontiers dans ce débat pour ajouter mon commentaire, posté il y a peu sur son blog.
    Avec un sens du raccourci digne du café du commerce, un émule du banquier y faisait part de son explication de la crise en zone euro:
    « les gouvernements étaient habitués à imprimer la monnaie, pour dépenser sans compter. Et ils ont continué à le faire sous l’euro, alors qu’ils n’ont plus le droit d’imprimer de papier et doivent supplier M. Draghi. Voilà comment on en est arrivé là. »

    Ce serait donc la faute à la politique monétaire pratiquée auparavant, c’est à dire la souveraineté monétaire des Etats jusqu’alors !
    On n’aura pas l’outrecuidance de demander depuis combien de siècles, mais sans doute nous dirait-il: depuis que les Etats ont eu ce détestable monopole de battre monnaie, c’est à dire depuis que la monnaie existe… Alors qu’il eut été si simple de confier ce monopole aux banquiers Lombards, ces ancêtres de Monsieur Draghi. On aurait été ainsi habitués d’emblée à la soumission au capital, ce qui est bien naturel sur ce blog !
    Même vu sous cet angle, c’est oublier un peu vite que les pays de la zone euro sont les seuls au monde dans ce cas alors que tous les autres ont su conserver leur souveraineté monétaire, depuis les Etats-Unis qui ont monétisé plus de 2000 milliards de dollars après 2009, jusqu’à la Chine qui maintient un taux de change artificiellement bas pour favoriser ses exportations.
    Chez nous, les eurocrates sont parvenus à ce tour de force de nous priver de l’une et l’autre des deux possibilités par les institutions les plus vulnérables au monde:

    Ainsi, alors que la crise est née aux Etats-Unis en 2007, l’impact sur l’Union européenne a été beaucoup plus violent que sur les institutions politiques et monétaires états-uniennes. En effet, alors que les besoins de crédit des gouvernements des autres pays développés, dont celui des Etats-Unis, peuvent être satisfaits par leur banque centrale, notammment par l’intermédiaire de la création monétaire, les pays membres de la zone euro ont renoncé à cette possibilité. De par ses statuts, la Banque centrale européenne a l’interdiction de financer directement les Etats. L’article 101 du traité de Maastricht, repris intégralement par le traité de Lisbonne, précise:
    « Il est interdit à la BCE et aux banques centrales des états membres […] d’accorder des découverts ou tout autre type de crédit aux institutions ou organes de la communauté, aux administrations centrales, aux autorités régionales, aux autres autorités publiques. »
    L’UE s’est donc placée volontairement au service des marchés financiers puisque les gouvernements des pays de la zone euro dépendent totalement du secteur privé pour leur financement.
    Ainsi, les investisseurs institutionnels (banques, fonds de pension, assurances) et les investisseurs spéculatifs (hedge funds, etc.) ont pu réaliser de juteux profits en obtenant une rémunération importante en termes de taux d’intérêt versés par les pouvoirs publics pour refinancer leurs dettes. Les banques privées ont pu notamment se financer directement auprès de la Banque centrale européenne en lui empruntant des capitaux à 1% de taux d’intérêt pour les prêter dans le même temps aux pays les plus déficitaires à des taux bien supérieurs.
    La France elle-même n’échappe pas à cette curée, comme en témoignent les courbes des déficits depuis l’après-guerre:
    http://postjorion.wordpress.com/2012/02/02/228/
    Les déficits primaires (sans les intérêts bancaires massifs introduits par la loi scélérate de Giscard et Pompidou en 1973) sont voisins de zéro jusqu’à la veille de la crise en 2008.

    Par ailleurs, pour reprendre la comparaison entre l’UE et les Etats-Unis, les états membres des Etats-Unis ne sont pas confrontés entre eux au problème du déficit commercial , comme c’est le cas de l’UE, les deséquilibres étant compensés par le budget fédéral américain. Enfin, la dette fédérale est en dernier ressort achetée par la Fed.
    Toutes sortes de choses interdites par les traités de Maastricht et Lisbonne dont le résultat est inverse: mettre les pays de la zone euro en concurrence interne, par la course au moins-disant. Déjà, en 1982, Jacques Delors en avait dessiné les contours dans ses préparatifs à l’Europe de Maastricht qui fut son oeuvre: c’est l’année qui vit en France la desindexation des salaires sur les prix !

    En fait, la crise qui secoue la zone euro n’est pas une surprise, elle est un avatar des deux principes qui régissent cette zone: marché unique des capitaux et monnaie unique. Plus largement, elle est la conséquence des logiques qui dominent l’intégration européenne: la primauté donnée aux grandes entreprises industrielles et financières privées, la large promotion des intérêts privés, la mise en compétition à l’intérieur de l’espace européen d’économies et de producteurs qui ont des forces tout à fait inégales, la volonté de retirer aux services publics un nombre croissant de domaines d’activité, la mise en concurrence des salariés que sous-tend le refus d’unifier vers le haut les systèmes de sécurité sociale, les salaires et les règles du marché du travail.
    Tout cela poursuit un objectif précis, celui de favoriser l’accumulation maximum de profits privés, notammment en mettant à la disposition du Capital une main d’oeuvre la plus malléable et précaire possible.

    • Je vois que Peyrelevade souleve des passions sur ce blog….

      Question idiote: Pourquoi sur ce blog précisément ?
      Quelle relation étrange y a t-il entre Mosco et Peyrelevade et que apparemment je suis la seule à ne pas connaitre ?

      • La relation, c’est ce que Bangor pense du dernier livre de Peyrelevade « 2012, Etat d’urgence », qui n’est autre que le programme de Bayrou…

        Bangor dit :
        24 novembre 2011 à 20:33
        « C’est un vrai régal et j’en conseille la lecture. »

        Ça en dit long sur les convictions d’un social-démocrate !

        • Et c’est l’avis de Bangor qui vous anime à ce point ? D »autant plus qu’il l’aurait peux être dit par pure provocation

      • A l’intention d’Amelle, quelques compléments où chacun pourra reconnaître les siens, et pas seulement Bangor…

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        C’est seulement dans les pays attardés du monde que l’accroissement de la production est un objectif important; dans les pays les plus avancés, ce dont on a besoin sur le plan économique est une meilleure répartition.
        JOHN STUART MILL
        Principes d’économie politique, 1848
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        LE PRÉCÉDENT ALLEMAND: EXPLOSION DU SME EN 1992

        Les évidences énoncées précédemment n’empêchent pourtant pas certains, à la mémoire courte, de pousser à la roue:
        « Nous avons en France une déformation idéologique, à droite comme à gauche, selon laquelle il faut par priorité soutenir la consommation. Il faut investir… et donc renoncer à consommer.
        Ce qu’il faut, c’est que les pays européens déficitaires, dont la France, regagnent en compétitivité vis à vis du reste du monde. Ils s’amélioreront du coup vis à vis de l’Allemagne. »
        (J. Peyrelevade)
        « C’est une guerre que nous avons à livrer. Guerre qui ne dit pas son nom…
        Pour gagner une guerre, il faut se concentrer sur l’essentiel… savoir par quoi commence la survie d’abord et la victoire ensuite.
        C’est une immense duperie intellectuelle que de proposer un programme qui requiert l’assentiment de nos voisins, tout en sachant avec certitude que ces voisins n’y souscriront jamais. Jamais au grand jamais. »
        (F. Bayrou)
        Le banquier Mathieu Pigasse rappelle lui-même à ceux-là que l’Allemagne n’a pas emprunté le chemin de la rigueur spontanément, mais qu’elle y a été contrainte par la crise du système monétaire européen en 1992-93:
        – Les raisons de l’explosion du SME en 1992-1993 sont simples: l’Espagne, l’Italie et le Royaume-Uni ne supportaient plus les effets trop négatifs de l’ancrage de leur monnaie au Deutsche Mark… à la suite de la réunification.
        Ils subissaient le niveau élevé des taux d’intérêt allemands alors qu’eux-mêmes n’avaient ni choc de réunification ni menaces inflationnistes.
        L’Italie, l’Espagne, le Royaume-Uni, mais aussi la France, souffraient donc de taux d’intérêt et de taux de change trop élevés, avec pour conséquence d’étouffer leur croissance . Ils ont fini par sortir du SME en considérant que les inconvénients l’emportaient sur les avantages.
        – Déjà, à l’époque, les Allemands auraient pu faire jouer les mécanismes de solidarité et apaiser les tensions. Mais,… entièrement tournés vers eux-mêmes et leurs propres difficultés, ils n’ont rien fait et ont délibérément laisser le SME exploser. Les conséquences ont été terribles. Leur commerce extérieur s’est dégradé, leur chomage a explosé. Il leur a fallu plus de dix ans d’efforts pour se redresser et l’acceptation collective d’une rigueur salariale extrême (le coût salarial unitaire, base 100 en 1988, est de 120 en Allemagne pour 2010 contre 190 pour le reste de la zone euro!) pour redevenir compétitifs…
        – Peut-on penser, et les Allemands notamment peuvent-ils le penser, qu’une dislocation de la zone euro aurait des conséquences moins graves que l’explosion du SME ? Non. Au contraire, elles seraient bien plus lourdes parce que les allemands sont beaucoup plus intégrés à l’Europe qu’ils ne l’étaient à l’époque. Une dislocation de la zone euro, avec la probable envolée de leur monnaie qui s’ensuivrait, aurait des conséquences économiques catastrophiques pour l’Allemagne. Cela la condamnerait à vingt ou trente ans d’efforts et de souffrances pour restaurer sa compétitivité comme l’éclatement du SME lui en avait déjà imposé une bonne dizaine…

        CONCLUSION: Suivre le conseil avisé de Stuart Mill, ci-dessus, et non ceux de Bayrou/Peyrelevade… et consorts !

  3. J’aurai vraiment aimé être présent ce 17 mars…

    Car oui Pierre, cette réunion des gauches européennes entrera peut être dans l’histoire. A défaut de le faire, j’ai bien peur que l’Europe ne reste engagée dans cette logique de repli sur soit de chacun de ses peuples, sur ses petits intérêts nationaux, ou en tout cas sur ceux de l’électorat conservateur, qui ne reflètent pas exactement les grands problèmes auxquels nous sommes confrontés à l’heure de l’entrée dans la phase d’impact économique et sociale d’une crise sans précédant.

    Toutes les propositions de Hollande me séduisent à ce sujet, mais d’un point de vue campagne et communication, je regrette quand même que cette réunion n’ait pas été d’avantage médiatisée, alors que Mélenchon faisait son coup médiatique (qui n’en était pas moins un début de sursaut démocratique contre cette austérité qu’Hollande combat de la même force…). C’est que les français savent d’avantage manifester en contre qu’en constructif. On va dire que c’est culturel, et donc qu’il ne faut pas juger, mais il faut mobiliser d’avantage sur cette proposition d’une Europe des peuples.

    N’y allons pas par quatre chemins : c’est votre responsabilité historique de préparer et d’obtenir un mandat clair de la part du peuple français, coordonné avec les gauches européennes, ça c’est une excellente initiative (pour laquelle je milite modestement sur ce blog depuis des lustres) sur cette question essentielle : quelle Europe dans quel monde pour demain ?

    François Hollande sera le tout premier président d’une puissance mondiale (si on exclut Poutine, avec qui il faudra bien composer) a être élu sur un programme de sortie de crise. IL FAUT MARTELER ET RE-MARTELER CETTE NOUVELLE AMBITION EUROPEENNE DANS CETTE CAMPAGNE !

    En tout cas, il faut cesser de « gérer le capital électoral » jusqu’au dénouement, il faut re-mobiliser notre électorat, parce que vu d’ici, il y a un début d’essoufflement de la campagne de Hollande, et pas uniquement dans les sondages. Evidemment, c’était le risque en partant de si loin dans les primaires, mais il reste un impératif : la victoire, certes, mais la victoire d’un mandat, pour la renaissance de l’Europe, et de ses enfants, on est bien d’accord.

    @ Bangor : je suis sur que nous pourrions avoir un débat constructif sur cette question, et que ceux qui « détournent » parfois un peu les sujets pour taper sur Peyrelevade nous accorderons un espace de parole, parce que je ne doute pas qu’ils respectent le débat démocratique.

  4. Comme l’Autre, je vais me répéter : ras le bol. C’est dommage car il aurait été intéressant d’échanger ici sur ce que Pierre a qualifié de « renaissance pour l’Europe ». Je présume qu’en réponse à ces quatre lignes, l’Autre imbécile va poster dix pages déjà publiées à de multiples reprises.

    • Je n’aurais pas osé, mais c’est bien mérité !

      Ras le bol, en effet, de cette prose insipide aux mots creux:
      « François Hollande sera le tout premier président d’une puissance mondiale »… impuissante sur sa monnaie et son endettement, à la merci des marchés par la vertu de ses traités. Effectivement, MARTELER ET RE-MARTELER CETTE NOUVELLE AMBITION EUROPEENNE…, il fallait le faire !

      De là à dire de Pierre Moscovici:
      « Je présume qu’en réponse à ces quatre lignes, l’Autre imbécile va poster dix pages déjà publiées à de multiples reprises. », c’est certes le commentaire que nous avons tous envie de faire, mais n’est-ce pas un peu anti-déontologique à son égard ?
      Il fait ce qu’il peut: il était déjà bien embarrassé de n’avoir aucune idée à lui, d’où son surnom « la Voix de son Maître » auprès de DSK, et le voilà reconverti directeur de campagne d’un nouveau maître qui n’a pas plus d’idées que lui !
      En fait, par leur absence d’esprit critique, les socdems et autres oui-ouistes béats n’ont que ce qu’ils méritent…
      Après le pseudo-proxénète, c’est l’aveugle et le paralytique !

      • Eh bé!!

        Qu’est ce que vous faites sur le blog d’un aveugle ou paralytique?

        • J’aide l’un à voir et l’autre à marcher, pardi !
          Mais c’est bien parce que je suis une bonne âme…

  5. Autant restituer les choses, dans leur intégralité, telles qu’elles étaient énoncées en novembre dernier:

    Le Parti socialiste, si l’on considère ce parti comme étant encore à gauche, a fait de l’Europe le substitut au socialisme qu’il a abandonné: il alimente en permanence le mythe européen, l’Europe pour l’Europe, quel que soit le contenu, c’est son nouvel horizon historique. Il n’y a rien à attendre de ce côté, tant que l’électorat du PS CONTINUERA À SOUTENIR CETTE ORIENTATION POLITIQUE.
    Cependant, une grande pertie de son électorat ne vote pas pour le PS par conviction, mais par « utilité », c’est un vote par défaut pour éviter la droite. Qu’une vraie gauche apparaisse, et en quelques années ces électeurs désabusés, rejoints par beaucoup d’abstentionnistes, se remettront en mouvement.

    Jacques Touraine, qu’on connaissait à l’ordinaire moins incisif, avait eu cette phrase célèbre:
    « Le libéralisme avait mauvaise presse parmi les peuples. Alors, on a inventé un nouveau mot, le mot Europe ! »

    L’EUROPE NÉOLIBÉRALE

    L’eurolibéralisme est la version européenne du néolibéralisme. C’est la doctrine économique qui a servi à la construction européenne et qui aujourd’hui verrouille la politique de l’Union européenne.
    Sur le plan monétaire, le néolibéralisme a pris la forme du monétarisme…
    Le tournant monétariste eut lieu en juillet 1979 à Tokyo, lors d’une réunion de ce qui s’appelait à l’époque le G5 : il y fut décidé d’abandonner les politiques keynésiennes en vigueur depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Peu à peu, les principaux pays industrialisés mirent en place des politiques monétaires d’inspiration monétariste. Le gouvernement des États-Unis, cependant, conserva la possibilité d’imposer à l’institution qui fait office de banque centrale, la Réserve fédérale, l’achat de titres d’État (création monétaire). La Banque centrale européenne, elle, fut conçue selon le dogme libéral pur : non interventionniste.
    Sur le plan financier, le néolibéralisme prenait la forme de la pseudo-théorie de l’efficience des marchés. Selon cette conception délirante, pour qu’ils soient capables d’une « allocation optimale des ressources », il ne faut soumettre les marchés à aucune contrainte : la liberté la plus totale leur est nécessaire, est-il décrété…
    Le marché fut l’instrument d’une gigantesque reprise en main patronale, camouflée sous des théories fumeuses, et d’une guerre idéologique sans merci menée par les grands médias : étaient visés les salariés et les salaires. Pour le profit immédiat et futur. Pour des raisons économiques autant que politiques. La courbe du partage des richesses allait donc se modifier : la part affectée au travail baissait. Cette baisse a été particulièrement spectaculaire en France à partir de 1983, après que le gouvernement socialiste eut décidé de prendre le tournant « de la rigueur », néolibéral. À l’échelle internationale, les socialistes français ont été les plus efficaces pour redresser la part des profits dans la richesse produite et écraser celle du travail. C’est sans doute pour cette raison que l’ancien ministre socialiste des Finances, M. Strauss-Kahn, a été choisi par les milieux d’affaires internationaux et le président américain pour diriger le FMI.

    L’idéologie de la révolution conservatrice a imprégné la Communauté européenne qui l’a régurgitée sous la forme de l’eurolibéralisme et instituée avec l’Acte unique, qui en pose les fondements : l’ouverture des marchés publics, la libre prestation (banques, assurances, finances…), la liberté pour une entreprise de s’installer dans le pays de son choix datent de cette époque. La libre circulation des capitaux était effective le 1er juillet 1990. L’Acte unique ouvrait la voie au traité de Maastricht de 1992 qui allait décider de la monnaie unique. C’est encore un socialiste français, Jacques Delors, qui avait été le ministre de l’Économie et des Finances de François Mitterrand au moment du tournant de 1982-1983, qui conduisit la bataille. Nommé président de la Commission européenne en 1985 (jusqu’en 1994), il façonna l’Acte unique européen signé en février 1986.

    RESTITUER LA SOUVERAINETÉ MONÉTAIRE AU PEUPLE

    Du coup, il fallait que l’euro concurrence le dollar. La « construction » européenne a donc été subordonnée à ce but : attirer vers les marchés financiers européens les capitaux libres recherchant à l’échelle de la planète une rentabilité maximale et à très court terme. C’est cet objectif qui a été systématiquement poursuivi par la Banque centrale européenne (BCE), qui s’est traduit par une politique de taux de change élevés, appuyée sur des taux d’intérêt supérieurs à ceux des États-Unis. L’euro devait être le vecteur permettant la libre circulation des capitaux : il n’est pas un « bouclier » anti-spéculation, il attire la spéculation ! Dès lors, pour compenser le renchérissement des produits fabriqués dans la zone euro face à leurs concurrents de la zone dollar et des pays émergents (en raison de l’euro « fort »), les entreprises de la zone euro ont été volontairement poussées à exercer une pression sans cesse croissante sur les coûts salariaux et sur l’emploi. Les délocalisations ne trouvent pas d’autre explication.

    Un spectre hante l’Europe : la sortie de l’euro ! Il n’est pas un jour, depuis le printemps 2010, où des dirigeants de l’Union européenne (UE) ne tentent d’effrayer les citoyens sur les risques que pourrait provoquer le départ de certains pays de la zone euro. Ainsi, présent le 27 janvier 2011 au sommet de Davos, en Suisse, qui rassemble chaque année les représentants des classes dirigeantes mondiales, le président français Nicolas Sarkozy a estimé, sous les applaudissements enthousiastes du millier de participants, que « les conséquences de la disparition de l’euro seraient tellement cataclysmiques qu’on ne peut jouer avec cette idée ».
    Cette opération d’affolement de la population a été relayée par les grands médias et tous ceux qui avaient promu le « Oui » aux référendums de 1992 et de 2005. Ils utilisent à nouveau les mêmes arguments fallacieux qu’à l’époque. En 1992, ils prétendaient que ce serait la « catastrophe » si le traité de Maastricht – ce texte qui prévoyait d’ouvrir la voie à la monnaie unique – était rejeté par une majorité de suffrages. En 2005, ils affirmaient que ce serait l’« explosion de l’Europe » si on ne votait pas pour le projet de constitution européenne…

    Qui pourrait croire à de pareilles menaces, surtout quand elles viennent de ceux qui sont responsables de la crise financière qui touche l’Europe depuis 2009 ? Si les plus riches de la planète ont applaudi comme ils l’ont fait le discours de M. Sarkozy à Davos, alors les plus pauvres ont de quoi se faire du souci…

    • J’oubliais la partie la plus interessante:

      COMMENT LE FAIRE EN DOUCEUR

      Toutes les propositions actuelles butent, nous dit-on, sur l’énormité de la dette à rembourser en euros actuels. Comme il apparaît clairement, c’est entre 20 et 4O ans de remboursement qui seraient nécessaires pour un pays comme la France…
      Que dire alors d’un pays comme la Grèce?
      Qu’à cela ne tienne…
      La solution consistant à ce que l’Allemagne et ses satellites, comme ils commencent à l’évoquer, reviennent à une monnaie séparée comme le mark, résoudrait tous les problèmes à la fois:
      Il est important pour que cela fonctionne que les autres pays gardent nominalement l’euro, mais avec une nouvelle politique monétaire rendue possible par l’absence de l’Allemagne et son orthodoxie héritée de l’Ecole Autrichienne. La dévaluation factuelle de cet euro par les marchés réduirait en réalité continuellement le service de la dette libellée en euros, débloquant la situation pour les pays méditerranéens et la favorisant encore plus pour l’Allemagne et ses satellites dans leur nouvelle monnaie forte.
      Dans ce scenario, il est crucial que ceux qui s’accomodent de l’euro-mark actuel (Allemagne, Autriche, Pays-bas, Luxembourg, Finlande) soient ceux qui sortent de l’euro, pour permettre aux autres pays de retrouver leur souveraineté sur l’euro en redonnant son statut normal à la Banque Centrale (privilège d’émission).
      L’euro redeviendrait ainsi une monnaie comme les autres (y compris le dollar), tout en laissant l’euro-mark à ceux qui s’en accomodent.

      Le schéma est trés souple: en cas de recours abusif à la monétisation de la part de membres du «Club Med », un pays comme la France pourrait à son tour sortir pour retrouver son franc, qui deviendrait plus fort que l’euro nominal restant, etc.
      L’essentiel est de laisser l’euro nominal à ceux qui en ont le plus besoin pour rembourser en euros dévalués.
      Le schéma comporte un autre avantage: plus les spéculateurs dévalueraient l’euro nominal restant, plus ils se punieraient eux-mêmes en dévaluant leurs remboursements nominaux dans cette monnaie.
      Evidemment, tous les banquiers et rentiers de la planète protesteront à l’encontre de ce schèma, mais c’est la seule issue à l’erreur d’aiguillage historique d’une monnaie unique pour des économies divergentes.
      Espérer que ces dernières convergent à terme, c’est attendre le jour où l’économie de la Sicile sera celle de la Bavière!

      L’autre solution, préconisée par les européens acharnés, a également sa logique: elle consiste à proner l’abandon total de souveraineté des pays qui deviendraient ainsi les provinces d’une Europe fédérale. On pourrait alors compenser l’économie sicilienne par celles des bavarois au moyen du budget fédéral, comme on le fait aujourd’hui entre la Corse et l’Ile de France au moyen du budget national.
      Reste à savoir, outre la position de l’Allemagne, laquelle des deux solutions est la plus utopique: la première qui arrête le poison, ou la seconde qui recommande d’en boire toujours davantage…tant qu’il ne nous a pas tués sous le néolibéralisme ?
      Car, si tous les humains coopéraient, on aurait déjà un monde fédéral, ce qui aurait résolu au passage tous les problèmes de mondialisation sous leur forme actuelle.
      Ce serait « Prolétaires de tous les pays, unissez-vous »,
      et non « Prolétaires de tous les pays, concurrencez-vous »… pour le plus grand bien des capitalistes qui vous regardent travailler !

  6. Puisque je suis interpelé, autant répondre ici directement à la géniale recommendation de Bangor:
    Bangor dit :
    24 novembre 2011 à 20:33
    « Votre acharnement à dénigrer Peyrelevade… m’a donné envie de lire son livre. C’est un vrai régal et j’en conseille la lecture. »

    Outre les extraits édifiants déjà donnés, sur son livre, voici ce que l’on trouve sous la plume de Peyrelevade, sur son blog :

    1/ « Il faut que les salaires non pas diminuent mais augmentent moins vite que la productivité… Or c’est le contraire qui se passe depuis dix ans. »
    Totalement faux:
    Cf la courbe 2 de la référence ci-dessous (concernant la France) que l’on retrouve partout, sous diverses formes… http://contreinfo.info/article.php3?id_article=3010

    2/ « Le problème s’est aggravé avec les 35 heures qui ont été imposées à l’économie française par un acte législatif »
    Des évaluations réalisées par la DARES au début des années 2000, concluent cependant que les entreprises qui se sont engagées les premières dans la réduction du temps de travail étaient plutôt plus dynamiques que les autres et qu’elles ont créé en deux ans 9 à 12 % d’emplois en plus que les autres. La Dares concluait donc que la réduction du temps de travail a été massivement créatrice d’emplois (presque 200 000 emplois créés à la mi-2000).
    (cf Wikipedia sur le temps de travail)

    3/ « les capacités de notre appareil de production ont perdu en compétitivité…
    Sur l’ensemble de sa vie professionnelle, l’Allemand travaille plus que nous. »
    La compétitivité n’a rien à voir avec la longévité du travailleur (bien au contraire!). Ce qui compte, c’est son coût global, y compris l’amortissement des prestations sociales et de l’imposition:
    Or, selon un rapport de de la Sécurité Sociale de 2010 (ccss201006):
    LE COÛT DU TRAVAIL EN ALLEMAGNE RESTE NEANMOINS PLUS CHER QU’EN FRANCE !

    4/ »il faut faire payer directement par les ménages (tous les ménages, salariés et non salariés, revenus du travail et du capital) des charges aujourd’hui supportées par les entreprises et, au sein de celles-ci, le seul travail salarié. D’où le transfert d’une partie des charges sociales sur la TVA ou la CSG ou un mélange des deux. »
    Rédigé par : peyrelevade | le 28 novembre 2011 à 16:03
    Sans doute un bel aperçu du programme de Hollande conseillé par cet ancien « haut fonctionnaire de gauche » !

    5/ Enfin, last but not least, le dernier billet de Peyrelevade a pour titre:
    « François Hollande n’est pas crédible »
    peyrelevade: « La refondation du capitalisme » (Actualité 31), 23 Fevrier 2012
    Le moins qu’on puisse dire, c’est que Bangor:
    -avait du flair en recommandant la lecture de Peyrelevade
    -révèle la vrai connivence des Socdems avec les ultra-libéraux de son genre
    Instructif à tous égards !

  7. LE CIRQUE…DE L’EUROPE NÉOLIBÉRALE, VOIE SANS ISSUE !

    Après les protections douanières, la zone euro a fait sauter la dernière variable régulatrice des équilibres économiques entre Etats: le taux de change des monnaies.
    Rien d’étonnant, donc, à ce que les pays du sud s’enfoncent irrémédiablement dans le déficit et la dette, sous monnaie unique, vis à vis de ceux du nord aux monnaies anciennement plus fortes. La variable d’ajustement ayant disparu, le système est en boucle ouverte. D’où la dérive divergente des économies de la zone euro. Vouloir la corriger sans toucher à la monnaie, c’est condamner le sud à l’austérité permanente.

    Impasse, voie sans issue! Voilà ce qu’a dû se dire Georges Papandréou lorsqu’il voulut s’en remettre à la décision de son peuple. L’ennui, pour eux comme pour nous, c’est de nous avoir amené jusque là, sans billet de retour: déjà pointe l’augmentation du taux d’emprunt italien dont le défaut serait ingérable par les banques… en attendant notre tour.

    Un petit rappel pour la France:
    Lorsque s’acheva l’introduction de l’euro, sous sa forme fiduciaire (2002), notre balance commerciale devint pour la première fois globalement déficitaire, de peu en 2003, puis de 5 milliards en 2004, de 24 en 2005, de 30 en 2006, de 42 en 2007, de 56 en 2008, …et nous en sommes à 70 milliards pour 2011 !
    Devant cet état de fait, les admonestations d’auteurs comme Bayrou (2012, état d’urgence) ou Peyrelevade (France, état critique), qui invitent à imiter l’Allemagne, ressemblent à un aveu d’échec: demander à la Sicile de devenir la Bavière ! Même un Etat unifié depuis des siècles, comme la France, garde encore un important differentiel régional que seule la redistribution nationale permet de compenser.
    Les européistes convaincus en appellent donc au fédéralisme, seule solution viable pour continuer dans la même direction. Malheureusement, la route est barrée par les dispositions constitutionnelles de la cour de Karlsrhue qui l’interdisent… L’Allemagne exportatrice veut bien profiter de la consommation européenne désormais captive en euros-marks, mais sans promiscuité excessive.
    Et dire que ces apôtres de l’euro-mark comme monnaie unique, de Delors à Strauss-Kahn en passant par Giscard, étaient tous les meilleurs ministres des finances qui soient ! Ça en dit long sur les autres…

    • Ras le bol, h-toutcourt. Cela fait des mois que vous recyclez ce même texte sans intérêt sur tous les blogs qui ne vous censurent pas. Personne ne vous répond ni ne vous lit. Vos thèses correspondent à la gauche des années 70. Le monde a changé et il faudrait évoluer.

      • Je constate effectivement combien, face à ce monde changeant, vous et vos affidés avez su évoluer. Outre votre « Ras le bol » en guise d’argumentation, il suffit de se rendre sur le dernier billet ouvert, ce 26 mars, pour y lire les commentaires illustrant cette évolution:

        Pablo dit: vos… leçons… d’élégance…foutez les…où je pense…

        LIBERTE 2012 dit: vous aimez la sodomie mozart, c’est pour cela que vous vebnerez votre grand maitre????C’est lui qui vous a donné ce pseudo car vous étiez le meilleur pour la sodomie et lecher le cul du président.

        Papa Razzi dit: Méchancon… Aurait-il quelque chose à cacher?

        On comprend mieux, à la lecture de ce site, pourquoi la censure ne peut s’y exercer: elle toucherait en premier lieu vos propres rangs !
        Tel le café du commerce, on s’y intéresse plus aux potins de la commère qu’à une discussion sur l’Europe qui est en train d’imploser.
        On comprend qu’après cela Peyrelevade puisse titrer le dernier billet sur son blog: Hollande n’est pas crédible…Il sait malheureusement de quoi il parle !

    • « Le monde a changé et il faudrait évoluer », dites-vous, Bangor ?
      Le problème, c’est que vos thèses, elles, n’ont guère changé, et leurs erreurs non plus. A preuve le billet, ici-même de P. MOSCOVICI (8 DEC 2010):
      SAUVER L’EUROPE…avec Strauss-Kahn !
      Les réponses furent prémonitoires de la part d’Hadrien:

      Comme le faisait remarquer Elie Arié, auteur dans Marianne.fr :
      « La distinction « libéraux / socialistes » n’a plus aucune signification… Regretterons-nous Sarkozy après 2012 ? »
      http://www.marianne2.fr/Face-a-l-austerite-liberaux-et-socialistes-se-confondent_a199777.html

      Quant à la logique libérale dans l’UE chère aux socdems, nous la connaissons déjà:

      – le “don DELORS” au patronnat en 1982, celui de la desindexation des salaires sur les prix, un prélèvement de 35 milliards actuels sur les salaires à partir de cette date.
      Le ministre en question s’en félicitera plus tard en ces termes: ” Nous avons obtenu la suppression de l’indexation des salaires sans une grève ! ”
      (Cité in Jean Lacouture et Patrick Rotman: Mitterand, le roman du pouvoir, Seuil, 2000)

      – Pascal LAMY, chef de cabinet de DELORS à Bruxelles, et aujourd’hui à la tête de l’OMC, vendra carrément la mêche :
      “Les chefs d’entreprise français sont européens parce qu’ils ont compris que que la remise en ordre et la marchéi-sation de l’économie française se sont faites par l’Europe, grâce à l’Europe et à cause de l’Europe.”
      (dans “Le modèle français vu d’Europe”, Le Débat, mars-avril 2005)

      – Dominique STRAUSS-KAHN dans son fameux texte à la « fondation Jaurès »:
      « Non seulement l’Etat providence ne corrige pas vraiment les inégalités de départ, mais il a même tendance à les aggraver… »
      A la veille des élections de mars 1993, sa réponse au Wall Street Journal sur « ce qui va changer si la droite l’emporte »:
      « Rien. Leur politique économique ne sera pas très différente de la notre. »
      Autres extraits de DSK:
      « La redistribution est près d’avoir atteint ses limites, en même temps que certains de ses objectifs »
      « La fin que poursuit le socialisme, n’est pas de réaliser une conception formelle de l’égalité… »
      Et, plus tard, dans La Tribune du 19.11.10 :
      « Les citoyens [européens] ne sont pas à leur plein potentiel, etc… »
      La Tribune n’ose y croire:
      « S’il est candidat aux présidentielles française en 2012, ces propositions choc seront-elles encore dans son programme ? »
      [Avec Sarko, on croyait pourtant avoir touché le fond…]

      L’euro annonce l’ère de l’Europe, par Dominique STRAUSS-KAHN :
      (Tribune de M. Dominique Strauss-Kahn, ministre de l’économie des finances et de l’industrie, dans « Nihon Keizai Shimbun », le 4 janvier 1999, sur les effets favorables de la naissance de l’euro et sur le rééquilibrage des relations monétaires internationales)

      Ce 4 janvier 1999 voit la naissance de l’euro, pour 11 pays de l’espace européen…
      Les avantages de l’euro sont multiples:
      Il apporte la stabilité à l’espace européen (ON A VU DEPUIS QUE C’EST AU CONTRAIRE LA DIVERGENCE DES ECONOMIES SOUS L’EURO QUI S’EST MANIFESTÉE!), et renforce les capacités de nos économies (DONT LA CROISSANCE N’A JAMAIS ÉTÉ AUSSI FAIBLE, TOUT EN CROULANT SOUS LES DETTES, FAUTE DE NON-MONETISATION PAR LA BCE).
      Il a déjà permis à l’Europe de résister aux turbulences de ces derniers mois (EN 1998 COMME EN 2008, C’EST AU CONTRAIRE LA RIGIDITÉ DE L’EURO QUI A FAIT DES PARTENAIRES DE L’ALLEMAGNE LA CIBLE DES MARCHÉS) et de faire jouer à notre continent son rôle de moteur de croissance (TOMBÉE À ZERO, DEPUIS LORS!).

      C’est désormais à l’ensemble des acteurs européens de faire fonctionner au mieux les institutions communes, afin que, dans un contexte non inflationniste, l’euro contribue à stimuler la croissance (ON A VU COMMENT) et à combattre le chômage (QUI VIENT DE FRANCHIR LES 10%!)
      L’euro s’inscrit dans le cadre institutionnel d’une Banque centrale européenne indépendante dont l’autonomie est garantie plus solidement que partout ailleurs dans le monde (A TEL POINT QU’ELLE EST OBLIGÉE DE RACHETER LES OBLIGATIONS D’ETAT SUR LES MARCHES À TAUX USURAIRE, C’EST À DIRE EN ENRICHISSANT LES BANQUES!)
      En outre, le traité instituant la monnaie unique intègre un code de politique budgétaire qui met l’accent sur le besoin de politiques responsables en matière de finances publiques ; nous avons élaboré les textes qui assureront le respect de cet engagement par les Etats membres.
      (ÇA, ON NOUS L’AVAIT CACHÉ, MAIS ÇA RESSORT EN CE MOMENT!)

      La monnaie unique va devenir un instrument de réserve important et contrebalancer le poids du dollar (QUI, LUI, VOIT MONÉTISÉES LES DETTES US PAR LA FED, TOUT EN S’ADAPTANT AINSI AU YUAN, CONTRAIREMENT À L’EURO PIÉGÉ PAR LA BCE)…
      Mais ce nouveau rôle de rééquilibrage du système monétaire international, l’euro ne doit pas être seul à le jouer. Il y aura de la place pour d’autres devises majeures dans ce nouvel ordre monétaire international, notamment en Asie (LE YUAN, PAR EXEMPLE?)…
      Le Japon est la première puissance économique de la zone asiatique, il tient une place essentielle dans les plans de soutien aux économies de la zone et sa place financière est la première de la région (ZUT, LOUPÉ!).
      La devise japonaise pourrait donc, conjointement avec la devise américaine et la devise européenne, être un partenaire majeur de l’ordre qui est en train de se créer (TU PARLES D’UN PARTENAIRE MAJEUR EN TRAIN DE SE CRÉER…! DÈS APRÉS CE DISCOURS ET DEPUIS 10 ANS, LE JAPON S’EST ENFONCÉ DANS SA PIRE RECESSION DE L’APRÉS-GUERRE, ET SA DETTE ATTEINT LES 200%!)

      LES JAPONAIS LECTEURS DU « Nihon Keizai Shimbun » DOIVENT SE FÉLICITER TOUS LES JOURS DES DIVINATIONS DU Dr Srauss-Kahn !

      IL EST VRAI QUE LES FRANÇAIS NE SONT PAS MIEUX LOTIS, QUI FURENT PRIÉS DE S’ENTHOUSIASMER SUR CE BLOG À LA LECTURE D’AUSSI CLAIRVOYANTS BILLETS QUE « Dominique Strauss-Kahn ne se laissera pas enfermer dans une image de droite! ».
      La vérité oblige à dire qu’il n’eut besoin de personne pour s’y enfermer tout seul…et qu’on n’en est plus à discuter l’image, mais bel et bien la compétence économique (cf Manifeste des économistes attérrés!).
      Quant à celle de Hollande…, n’était-ce pas alors ce candidat pour lequel Strauss-Kahn, l’idole de ce blog, n’avait que mépris, et ses affidés colère?
      Il fait bon de temps en temps se regarder dans une glace !

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