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Pierre Moscovici invité de LCI

Catégorie : Actualité,Politique | Par pierre.moscovici | 02/04/2012 à 18:05

Retrouvez ci-dessous l’intégralité de l’intervention de Pierre Moscovici ce matin sur LCI.

JULIEN ARNAUD
Merci d’être là. Un Français sur trois, visiblement, n’ira pas voter, selon un sondage publié hier, et visiblement ce chiffre inquiète un peu François HOLLANDE, qui dit : « Tous les sondages seront démentis à cause de cette abstention possible. Je ne sais pas quel sera l’ordre d’arrivée ». Pour poser les choses clairement, Pierre MOSCOVICI, y-a-t-il un risque nouveau de 21 avril bis ?

PIERRE MOSCOVICI
Ce n’est pas tant ça qui peut nous préoccuper, que le fait qu’une élection où il y a beaucoup d’abstention, c’est une élection d’un pays qui est en crise politique, en crise démocratique, où le rapport entre les électeurs et les élus est dégradé, et je pense que cette élection mérite une participation forte, mérite une mobilisation forte. On est à trois semaines du premier tour, eh bien moi j’en appelle justement à la mobilisation démocratique. Je peux comprendre pourquoi des électeurs sont tentés par l’abstention, parce qu’il y a eu l’élection de 2007, il y a eu les promesses qui ont été faites par Nicolas SARKOZY, il y a eu les mensonges, il y a eu les déceptions, il y a eu les trahisons…

JULIEN ARNAUD
Justement, il pourrait y avoir un enthousiasme de l’autre côté pour essayer de tourner la page, or, ça ne vient pas.

PIERRE MOSCOVICI
Il y a la crise, et donc si vous voulez, je pense que l’on a une sorte de contrecoup par rapport à ça. Nicolas SARKOZY a tellement déçu, tellement menti, tellement trahi, qu’il y a peut-être une tentation de
rétractation. Mais, changer est fondamental. Quand…

JULIEN ARNAUD
Mais il y a peut-être, aussi, un manque d’emballement pour votre camp.

PIERRE MOSCOVICI
Je ne suis pas un commentateur, moi, je suis un acteur, et donc je dis que changer de président, changer de politique, ça vaut la peine, parce que quand on a eu les résultats désastreux de ce
quinquennat, 600 milliards d’euros de dette en plus, un million de chômeurs en plus, l’effondrement de notre commerce extérieur, la désindustrialisation massive, les libertés plus ou moins respectées,
l’égalité battue en brèche, la laïcité devenue positive alors qu’elle doit être laïque, on a besoin de changement, et donc moi je dis, continuer ou changer, et pour changer il faut mobiliser, et pour mobiliser, il faut une participation forte, et cette participation forte, je crois qu’elle doit déboucher sur un premier tour clair, avec un vote élevé, très élevé, massif, disait François HOLLANDE, pour le candidat de la gauche.

JULIEN ARNAUD
Celui qui mobilise beaucoup, c’est évidemment Jean-Luc MELENCHON. Pour que les choses soient un petit peu claires, Pierre MOSCOVICI, parce que c’est un peu flou, faut-il des négociations avec Jean-Luc MELENCHON entre les deux tours ?

PIERRE MOSCOVICI
Ce n’est pas ça l’esprit de la Vème République. L’élection présidentielle, c’est une élection qui est d’une clarté totale. On commence par choisir au premier tour, on émet un vote de préférence, mais c’est aussi un vote qui doit être un vote efficace, et encore une fois, une force pour François HOLLANDE, au premier tour, lui donne la puissance pour rassembler au second, et pour gagner. Le vote François HOLLANDE, c’est le vote pour changer, gagner…

JULIEN ARNAUD
Donc, pas de négociations.

PIERRE MOSCOVICI
… et entre les deux tours, comme on dit, on élimine, et donc on se positionne par rapport aux deux candidats restant en lisse et la suite, c’est après, c’est les élections législatives, c’est la majorité présidentielle, ce sont les forces du gouvernement, donc il faut respecter les rythmes.

JULIEN ARNAUD
Donc, négociations pour les législatives, mais pas pour la présidentielle, c’est ça que vous nous dites.

PIERRE MOSCOVICI
C’est normal, pour un programme de gouvernement si celui-ci advient, ça c’est tout à fait…

JULIEN ARNAUD
Pour les législatives.

PIERRE MOSCOVICI
Après, mais en même temps, je crois que l’entre deux tours d’une présidentielle, ce n’est pas l’entre deux tours des tractations, on se respecte, on se parle, sans doute, mais, non, pas de tractations.

JULIEN ARNAUD
Est-ce que ces discussions, pour les législatives, dont vous nous parlez, elles rendent caduc l’accord avec Europe Ecologie Les Verts ? C’est ce que l’on a cru comprendre en écoutant Arnaud MONTEBOURG
ce week-end.

PIERRE MOSCOVICI
Moi, je suis d’une formation très juriste, je dirais en latin « Pacta sunt servanda », ce qui veut dire en français…

JULIEN ARNAUD
Il faut traduire, oui.

PIERRE MOSCOVICI
« Les accords sont faits pour être respectés ».

JULIEN ARNAUD
D’accord, donc, ce que dit Arnaud MONTEBOURG n’est pas vrai.

PIERRE MOSCOVICI
Les accords sont faits pour être respectés. Le Parti socialiste, qui les a signés, en l’occurrence, avec la première secrétaire, Martine AUBRY, les écologistes se sont engagés, il n’y a pas de raison de revenir
là-dessus, ou alors, nous ne serions…

JULIEN ARNAUD
Pourtant, Arnaud MONTEBOURG dit : « Il n’est pas écrit qu’un accord soit trouvé à ce jour avec les Verts ».

PIERRE MOSCOVICI
Il est signé, donc il est trouvé.

JULIEN ARNAUD
D’accord. D’accord, donc, Arnaud MONTEBOURG dit n’importe quoi.

PIERRE MOSCOVICI
Pas du tout. Je pense qu’il peut y avoir, ici ou là, des discussions ou des états d’âme dans tel ou tel endroit, mais l’accord est signé.

JULIEN ARNAUD
Pour revenir à Jean-Luc MELENCHON, qu’est-ce que vous pensez de la phrase de Laurence PARISOT, qui dit que Jean-Luc MELENCHON incarne une forme de terreur ?

PIERRE MOSCOVICI
Ecoutez, moi, ce dont je suis frappé, c’est de l’engagement extrêmement fort, de Laurence PARISOT, même si elle le nie, elle critique Bernard THIBAULT de s’être engagé dans la campagne, mais elle en fait
tout autant pour Nicolas SARKOZY, parce que, non, il faut respecter les forces de gauche, il faut respecter cette gauche qui demain, sera peut être le gouvernement de la France.

JULIEN ARNAUD
Pourtant, Gérard COLLOMB, lui-même, dit : « On a essayé ces méthodes en URSS et au Cambodge, Gérard COLLOMB il est socialiste.

PIERRE MOSCOVICI
Ecoutez, moi je suis socialiste, je suis social démocrate, je pense que la gauche qui change, je pense que la gauche qui réforme, je pense que la gauche qui agit, c’est la gauche socialiste. Je ne suis pas de la, exactement, même sensibilité que Jean-Luc MELENCHON, mais franchement, utiliser ce vocabulaire de guerre civile, ça fait penser justement à ce que disait GISCARD d’ESTAING, tiens, en 81, quand on
voyait les chars soviétiques arriver sur la Place de la Concorde. Et qu’est ce qu’on a vu au contraire ? On a vu la gauche changer la société, on a vu la gauche réformer le pays, on a vu des grandes réformes sociales, donc, moi j’appelle madame PARISOT à plus de respect…

JULIEN ARNAUD
Et monsieur COLLOMB.

PIERRE MOSCOVICI
A plus de respect…

JULIEN ARNAUD
Et monsieur COLLOMB.

PIERRE MOSCOVICI
Madame PARISOT à plus de respect pour la gauche en général, même si encore une fois, j’ai moi, bien sûr, ma préférence.

JULIEN ARNAUD
Et monsieur COLLOMB aussi, puisque c’est lui qui parlait de l’URSS. Ce matin…

PIERRE MOSCOVICI
Oui mais l’URSS a disparu depuis 1989, de toute façon.

JULIEN ARNAUD
Ce matin, dans plusieurs interviews, Nicolas SARKOZY revient sur le chiffrage de son projet, il précise qu’il va donc demander 115 milliards d’euros d’efforts aux Français, dont 75 milliards de dépenses en moins. Et vous, au Parti socialiste, les dépenses, vous allez les réduire où ?

PIERRE MOSCOVICI
C’est très intéressant, cette question, parce que vous nous posez une question à laquelle nous avons répondu. C’est-à-dire que François HOLLANDE a présenté son projet, c’était le 22 janvier au Bourget. Ce
projet, il y a des engagements, 60, ils seront tenus. Il y a un chiffrage précis, qui dit par exemple que la dette publique… que la dépense publique, va diminuer ce 56 à 53 % du PIB pendant le quinquennat. Mais là, on est en train de faire un commentaire baroque sur Nicolas SARKOZY. C’est quand même extraordinaire, extravagant, qu’à trois semaines du premier tour de l’élection présidentielle, le candidat sortant, le président sortant, n’ai pas présenté son projet. Et là, on a une espèce de tête à queue, où les choses vont à l’envers. Il commence par présenter son chiffrage, alors qu’il n’a pas présenté son projet. Et moi je dis que c’est un défaut de transparence démocratique, il faut que Nicolas SARKOZY présente son projet, et pour le reste, le chiffrage lui-même, on sait qu’il est faux, il est déjà faux avant même toute chose. Il dit qu’il a déjà prévu, fait voter 32 milliards d’euros d’impôts, ça n’est pas vrai, il en a
fait voter une vingtaine, et donc il y a des impôts cachés. Et par ailleurs, tout ce que Nicolas SARKOZY a présenté jusqu’à maintenant, ce sont des mesures contradictoires, ce sont des mesures infaisables, ce sont des mesures qui ne sont pas justes, de surcroit, et enfin, dernière observation, Nicolas SARKOZY dit qu’il fera quand même 75 milliards d’économies, de dépenses. Je veux bien, mais je voudrais qu’avant de dire dépenses, dépenses, dépenses, économies, dépenses, on pense aussi service
public. Et je voudrais, moi, qu’on dise, ce qu’on va faire de l’Education nationale, nous, nous allons aider…

JULIEN ARNAUD
Vous dites, en gros…

PIERRE MOSCOVICI
… l’hôpital, la justice, la gendarmerie.

JULIEN ARNAUD
Vous dites en gros : Nicolas SARKOZY, il est dans le déni. Vous avez sans doute lu THE ECONOMIST, qui dit : l’ensemble de cette campagne, elle est dans le déni, et François HOLLANDE, de ce point de vue là, il est encore pire que Nicolas SARKOZY. Est-ce que THE ECONOMIST aussi dit n’importe quoi ?

PIERRE MOSCOVICI
C’est un journal que le lis toutes les semaines, qui est un journal libéral, conservateur, britannique, je n’y vois pas ma référence. En tout cas ce qui est sûr, c’est que la clarté, la transparence, le projet affiché, déjà chiffré, c’est François HOLLANDE, et que l’espèce de manoeuvre de passe-passe, d’illusionnisme, c’est Nicolas SARKOZY qui n’a pas affiché son programme et qui donne déjà, pour autant, un chiffrage faux.

JULIEN ARNAUD
Pierre MOSCOVICI, qui dénonce le tête-à-queue de Nicolas SARKOZY, ce matin, sur LCI. Merci beaucoup.

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20 commentaires

  • xavier de villebrun dit :

    Il ne faut pas oublier que,contrairement à 2007,Sarko étant cette fois-ci candidat sortant,les 9 autres candidats sont,par définition, non pas ses concurrents,mais ses adversaires(d’ailleurs,comme par hasard,un seul est issu de la droite classique).
    Le bloc de gauche représente,grosso modo,44à 45% des voix,Sarko à peine 30: pour gagner,il lui faudrait donc récupérer la quasi-totalité des électeurs de Bayrou et de Le Pen et c’est évidemment impossible. Quoi qu’il puise se passer d’ici le vote(meetings monstres,annonces spectaculaires e.t.c….),ces réalités sont incontournables!!!

  • Amelle dit :

    Donc il y aura un grand rassemblement à Vincennes le 15 avril, ça va être une manifestation d’ampleur en moins de 15 Jours.
    Que ce soit Melenchon pour sa prise de la place de la Bastille, ou Sarko pour Villepinte, les deux ont mis 2 mois pour rameuter leurs monde.

    J’espère que les fedes sont misent à contribution pour inciter les personne a venir, en espérant que cela suffise pour avoir au moins autant de monde qu’a Villepinte. Pour faire autant que Melenchon,il aurait fallu s’y prendre plus tôt à moins que les bobos de la rive gauche t du centre parisien pro PS fassent aussi bien que les bobos de l’Est parisien pro Melenchon.

    Concernant le débat, je comprend que Hollande ne veuille pas y aller parce que le format d’émission de mot croisés est plus propice au pugilat qu’un vrai format de débat politique c’est a dire avec pupitres ou la même question sera posées à chacun comme pour les primaires.
    Je comprend aussi que Hollande ne veuille pas d’un débat à dix trop lourds pour aborder tout les thèmes, ou chacun ne pourra pas dépasser les 15 mn, à 30 mn chacun on est sur un débat de 5h de quoi dégouter à vie les gens de la présidentielle.
    Le bon format serait un débat à cinq, le mieux serait de faire une émission avec les 5 candidats de gauche, ça permettrait déjà d’approfondir le programme de Mélenchon, et les cinq autre pour un autre débat.

    Mais je ne comprend pas que la seule justification de ne pas aller au débat, c’est que Sarko n’y est pas. Franchement on s’en moque, le programme c’est au français qu’il faut le présenter pas à Sarko.

    Pour le débat, envoyez Montebourg please…..

  • domi 25 dit :

    Hollande est traité d’anti-sarkozy par l’ump.C’est tout à son honneur! Virer NS ,voilà un joli programme!La République appréciera!

  • Footnote dit :

    COMMENT DÉCODER :

    PIERRE MOSCOVICI
    « Je peux comprendre pourquoi des électeurs sont tentés par l’abstention, parce qu’il y a eu l’élection de 2007, il y a eu les promesses, il y a eu les mensonges, il y a eu les déceptions, il y a eu les trahisons…
    Effectivement:
    http://www.marianne2.fr/Entre-Hollande-et-Sarkozy-c-est-encore-et-toujours-oui_a80815.html

    JULIEN ARNAUD
    Celui qui mobilise beaucoup, c’est évidemment Jean-Luc MELENCHON.
    …faut-il des négociations avec Jean-Luc MELENCHON entre les deux tours ?

    PIERRE MOSCOVICI
    Ce n’est pas ça l’esprit de la Vème République.
    Le vote François HOLLANDE, c’est le vote [pas] pour changer, pour gagner…
    Regardez:
    http://www.marianne2.fr/Michel-Sapin-allie-cache-de-Jean-Luc-Melenchon_a216397.html

    JULIEN ARNAUD
    Donc, pas de négociations.

    PIERRE MOSCOVICI
    … et entre les deux tours, comme on dit, on élimine [Mélenchon] !

  • domi 25 dit :

    Le PS doit éclairer Bayrou sinon il perdra les élections,Mélenchon est devant ses responsabilités.

    • Footnote dit :

      Le PS éclairer l’UDF-Bayrou, vous n’y êtes pas !
      L’ex-UDF, ou ce qu’il en reste baptisé Modem, vient d’être rejoint par l’ultra-libéral Madelin…

      Et la gauche molle de Cahuzac, Collomb, Sapin, etc. fait tout pour expliquer qu’elle est aussi libérale qu’eux.
      La finance, notre ennemi? C’est pour rire… expliquait Hollande au Guardian!

      La vraie responsabilité de Mélenchon : incarner enfin la Gauche et entraîner l’Europe sociale !

  • Arthur Lordon dit :

    LES FAUX-SEMBLANTS DE LA GAUCHE SERPILLIÈRE

    Il y a suffisamment de raisons d’être affligé de la campagne du candidat « socialiste » — qui ne trouve mot à redire au traité MES institutionnalisant les principes de l’« ajustement structurel », promet de renégocier le TSCG avec la franchise d’un trafiquant de voitures d’occasion, fait des moulinets contre la finance avant de se rendre à Londres jurer l’innocuité de ses intentions réelles — il y a, donc, suffisamment de raisons d’affliction pour ne pas noter le moindre tressaillement du gauchomètre, dont tous les tracés étaient restés jusqu’ici absolument plats. Sans doute l’oscilloscope n’est-il pas menacé d’exploser : le maniement de la fiscalité individuelle n’est le plus souvent qu’un instrument de correction d’effets dont on préfère ne pas attaquer les vraies causes.

    Le candidat socialiste aurait-il vraiment le projet de s’en prendre aux inégalités, aux chutes dans la précarité des uns et à l’indécente explosion des fortunes des autres, il s’attaquerait à leur principe générateur même, à savoir : la libéralisation financière, l’ouverture du commerce international à toutes les concurrences distordues — bien faites pour déstabiliser les classes ouvrières des pays développés et attaquer les Etats-providences —, l’orthodoxie de politique économique qui commande de satisfaire les investisseurs d’abord et les corps sociaux s’il en reste, soit synthétiquement les structures de la mondialisation néolibérale, spécialement mises en valeur par la construction européenne — dont les prétentions de « bouclier » (« L’Europe est un bouclier contre la mondialisation ») inspirent au choix le rire ou le dégoût. C’est à cela que s’en prendrait donc un candidat de gauche, conscient que la gauche se définit plus par le projet de transformer radicalement le cadre des structures du néolibéralisme que par celui d’y passer la serpillière…

    Précisément, on reconnaît la gauche serpillière, la gauche pleurnicheuse, la gauche qui ne veut pas être de gauche, aux chaudes larmes qu’elle verse sur la souffrance sociale sans jamais vouloir interroger, et encore moins modifier, les structures qui ne cessent de la recréer. On la reconnaît par conséquent aussi à ses instruments : emplois-jeunes, éducation-formation — avec le double aveu implicite que l’éducation est surtout une formation professionnelle et que, si bien sûr on les y aidera, il appartient tout de même aux individus de se rendre « employables » —, fiscalité enfin, soit tout ce qu’il reste de leviers secondaires pour atténuer les effets à l’intérieur du cadre mais sans jamais y toucher.

    De tous ces palliatifs, cependant, la fiscalité est le plus significatif — quand il n’est pas manié à la baisse à la façon du socialisme Jospin-Strauss Kahn-Fabius… Mais voilà que François Hollande, décidé cette fois à le pousser dans le bon sens, semble avoir empoigné le levier, et la chose est suffisamment étonnante pour être notée (sous les habituelles réserves de la jonction incertaine du geste à la parole…). Que le gauchomètre s’en ressente et donne une mesure fiable, est confirmé par le capteur complémentaire de l’éditorialomètre, machine corrélée mais réglée selon un principe de variation inverse : sans surprise Jean-Francis Pécresse (Les Echos), Dominique Seux (Les Echos, again), Alexandre Phalippou (Huffington Post tendance Anne Sinclair) prophétisent le désastre, ainsi que Yves Calvi (C dans l’air) en charge de brancher l’expertomètre sur l’éditorialomètre (corrélation positive) et qui réunit un superbe plateau à trois (plus lui) contre un pour bramer et faire bramer au désastre économique, avec parmi les bêtes à cornes l’inénarrable Philippe Dessertine, Christian de Saint-Etienne et surtout Elie Cohen, jusqu’à il y a peu conseiller économique de François Hollande mais horrifié des nouvelles velléités de gauche du candidat qu’il croyait sincèrement de droite.

  • domi 25 dit :

    Les médias à forte audience remplissent à fond leur rôle : pas de salut sans libéralisme.Ecraser les résistances d’où qu’elles viennent.La finance nouvelle religion,bon nombre de journalistes français en sont les prêtres. Le peuple français(qui ne va pas au Fouquet’s),saura le moment venu se faire entendre,n’en déplaise aux nantis ! TIC TAC TIC TAC…

    • Footnote dit :

      A condition de ne pas être découragé avant, en entendant Collomb, Cahuzac, Sapin et consorts, condamner le programme Mélenchon pour préserver le système actuel en répétant tous en coeur le mot d’ordre de Mrs Thatcher:
      le libéralisme… there is no alternative !

  • Alceste dit :

    De jour en jour le candidat sarkozyste marque des points … dans son rallye des platitudes. Les Lorrains en sont encore tout muets de respect :
    « Ma conviction, c’est que la production d’acier est essentielle pour une grande économie comme l’économie française »
    « Je crois à la vocation industrielle de la Lorraine qui a beaucoup souffert »
    Le zénith du vide, du cynisme et par conséquent de l’insulte aux Lorrains sinistrés. Il n’était même pas besoin de s’en prendre misérablement aux « bavardages » (sic) d’Aurélie Filippetti.
    A qui ce prétendu candidat à une autre présidence croit-il donc s’adresser ? Jusqu’où faudra-t-il descendre dans cette campagne ?

    • Nicolas (Nantes) dit :

      Bah oui, une plainte à 3 semaines du premier tour, évidemment, ça sent pas du tout l’arnaque :)

      Fallait bien essayer de compenser les affaires Bettencourt, Kadhafi et autres rétrocommissios submarines.

      • Jonas dit :

        Sans compter les écoutes téléphoniques de journalistes, l’affaire Tapie, j’en passe et des meilleures !

  • infox dit :

    Le sénateur-maire PS de Lyon, Gérard Collomb, écrit lundi sur son blog qu’il a « toujours considéré Jean-Luc Mélenchon comme un démocrate et un républicain », mais que son programme économique est « inapplicable », après que le candidat du Front de gauche s’est ému d’attaques contre lui. Selon Le Figaro du 29 mars, Gérard Collomb a dit à propos de Jean-Luc Mélenchon : « Le modèle qu’il défend, on l’a essayé en URSS, au Cambodge, ça ne marche pas. » Ces propos ont été tenus lors d’un « déjeuner informel » et ont été rapportés « hors de leur contexte », explique-t-on dans l’entourage du maire de Lyon.

    Jean-Luc Mélenchon a de son côté accusé samedi sur son blog François Hollande d’avoir « chargé » des socialistes « de puiser dans l’artillerie lourde des injures ». « Le plus grossier est sans aucun doute Gérard Collomb, le maire de Lyon », ajoutait le candidat du Front de gauche, poursuivant : « Jusqu’ici on n’entendait ces âneries que dans la bouche des soutiens de Marine Le Pen. » « Me comparer à Pol Pot est une nouveauté dans l’infamie que je ne suis pas près d’oublier. J’attends le socialiste qui inviterait Gérard Collomb à réserver ses coups à l’extrême droite », écrivait encore Jean-Luc Mélenchon.

    Sur son blog, Gérard Collomb considère que le programme économique du candidat FG « est inapplicable » et Jean-Luc Mélenchon, « parce qu’il est un homme intelligent, le sait bien ». « Son programme n’est pas fait pour être appliqué mais pour frapper les esprits », ajoute le maire de Lyon. Jean-Luc Mélenchon « est un homme attaché aux valeurs de la gauche », poursuit Gérard Collomb. « Je n’ai donc aucun doute : il soutiendra sans condition François Hollande au lendemain du premier tour de l’élection présidentielle, même si, aujourd’hui, il est obligé d’être dans une posture », conclut-il.

    • Footnote dit :

      Evidemmment, Collomb est plutôt du genre Cahuzac (conseiller de Hollande) dont le débat montrait qu’il était d’accord sur tout avec Peyrelevade… le conseiller de Bayrou !
      Pardon, une chose les différentiait: 0,5% de différence dans l’estimation de la croissance…

      Sait-on qu’il en va de même en comparant au programme de Sarkozy, ce qui faisait dire à Marianne.fr:
      « Il fallait entendre Michel Sapin expliquer, sur France Inter dans un débat avec Valérie Pécresse, la différence entre le programme de Sarkozy et celui de son candidat François Hollande:
      – Faisons le débat entre le 0,5% de croissance de nos dépenses publiques qui est le vôtre et le 1% de croissance de nos dépenses publiques qui est le nôtre.
      En bref, une petite dizaine de milliards d’euros. De quoi convaincre des millions d’électeurs de voter Mélenchon… »

      http://www.marianne2.fr/Michel-Sapin-allie-cache-de-Jean-Luc-Melenchon_a216397.html

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