Régression

Nicolas Sarkozy a-t-il perdu la main ? A-t-il encore la foi ? A l’observer, à regarder ses lieutenants souvent désorientés, manifestement peu informés des intentions de leur candidat, à les voir faire campagne sans vraie conviction et en ordre dispersé, alternant les – rares – phases d’optimisme et les rechutes pendant lesquelles ils décrochent et se préoccupent essentiellement de leur avenir en cas de défaite, il m’arrive parfois d’en douter. Ils attendaient – nous aussi d’ailleurs – le moment annoncé comme décisif, comme un tournant dans la campagne, celui de la présentation du projet du candidat sortant. Bien sûr, cette présentation était tardive – mais c’était pour mieux surprendre et impressionner. Evidemment, l’élaboration du texte avait été secrète, hésitante, réduite à un petit cercle – mais le talent était là. Bref, on allait voir ce qu’on allait voir. Eh bien, on a vu, et le moins qu’on puisse dire est que le résultat n’est pas un évènement, que la montagne a accouché d’une souris.

Beaucoup de bruit pour rien, tout ça pour ça : telle pourrait être la bande annonce du projet Sarkozy. Je n’insisterai pas beaucoup sur la forme. Le Président sortant s’est livré à un exercice qu’il a peu affectionné pendant son quinquennat – la conférence de presse – avec une mauvaise humeur manifeste. Il a passé beaucoup de son temps et consacré l’essentiel de son énergie à dénigrer François Hollande et critiquer les socialistes, à tenter de faire peur en évoquant le spectre de la Grèce et le contre-exemple de l’Espagne, s’attirant au passage les foudres du ministre de l’économie, conservateur, de ce pays, qualifiant ses déclarations de non-sens. Propos agressifs, devenus hélas ordinaires, caricatures qui ne peuvent convaincre, amalgames sans intérêt : ce n’est pas avec ça que le sortant pourra à nouveau entraîner. C’était poussif et défensif. Puis vint le projet, ou plutôt le soi-disant projet.

Le candidat Sarkozy ne dit rien sur le pouvoir d’achat, rien sur l’emploi, rien sur la relance économique du pays, rien sur les difficultés rencontrées par le monde industriel, rien sur l’innovation, rien sur l’éducation, rien sur l’avenir, en un mot rien sur la France…

En vérité, c’est la vacuité de la démarche et du propos qui frappe. Sur le fond, c’est un non-évènement, une compilation de mesures déjà annoncées et toujours pas financées, en décalage total avec la réalité économique et les préoccupations des Français, une gesticulation de plus. On nous promettait la République qui agit, on nous propose en vérité la République qui s’agite. Le candidat Sarkozy ne dit rien sur le pouvoir d’achat, rien sur l’emploi, rien sur la relance économique du pays, rien sur les difficultés rencontrées par le monde industriel, rien sur l’innovation, rien sur l’éducation, rien sur l’avenir, en un mot rien sur la France… Une seule nouvelle mesure en trente longues minutes de conférence de presse : avancer le versement des retraites d’une semaine – annonce déjà faite maintes fois et toujours repoussée. Les retraités s’en souviennent, cela devait leur être octroyé en compensation de la réforme en… 2010. Après avoir réduit son programme pour la jeunesse à une banque devenue simple site internet, il propose pour améliorer les conditions de vie des retraités une mesure déjà prévue, jamais mise en œuvre. Et un référendum pour demander aux Français de se prononcer sur la répartition des compétences entre deux ordres de juridiction !

Tout laisse à penser, en vérité, que Nicolas Sarkozy n’a plus rien à dire aux Français, qu’il ne les connait plus, qu’ils ne l’intéressent plus. Qu’il s’est enfermé dans la certitude orgueilleuse de sa propre valeur, dans l’espérance qu’elle sera reconnue comme une évidence face à la « nullité » présumée de son adversaire principal, qui manifestement l’obsède – ce qui est toujours, dans une campagne électorale, un terrible aveu de faiblesse. Le candidat sortant paraissait las, terriblement narcissique, il semblait surtout se parler à lui-même, dans un soliloque tourné davantage vers le passé que vers l’avenir, comme s’il s’agissait du début d’un adieu plus que d’un rendez-vous pour demain. Cette tonalité un peu crépusculaire, cette amertume apparente, ce non-projet sonnaient faux, et ressemblaient à un gros bide. Faut-il considérer cela comme anodin pour autant ?

Il persiste, il signe, il s’enorgueillit même de son bilan. Il veut poursuivre, il aggrave la perspective et alourdit la facture. C’est le sens de son projet.

Non, car malheureusement son projet ce n’est pas seulement une absence de projet : c’est la poursuite de son bilan en pire. Nicolas Sarkozy a dramatiquement échoué, on le sait. Son quinquennat laisse un goût amer, et surtout a affaibli le pays : 1 million de chômeurs en plus, 600 milliards d’euros de dette publique supplémentaires, 4 500 000 emplois industriels en moins, 70 milliards de déficit du commerce extérieur, des services publics appauvris, l’éducation nationale défaite, la cohésion sociale attaquée, la République blessée… C’est cet échec, terrible et que la crise n’explique pas en totalité – car, non, il n’est pas vrai que la France y ait mieux résisté que ses partenaires et concurrents – qui a créé, pour l’essentiel, le puissant rejet qui affecte le candidat sortant. On aurait pu, dans un univers rationnel, penser qu’il en tirerait, fût-ce pour le temps d’une campagne, et pourquoi pas en sincérité, quelques leçons. Pourtant, il fait le contraire : il persiste, il signe, il s’enorgueillit même de son bilan. Il veut poursuivre, il aggrave la perspective et alourdit la facture. C’est le sens de son projet.

La vraie voie vers la régression, c’est celle que nous propose le candidat sortant, sans imagination, sans volonté, sans idéal

Son projet, c’est le repli et l’austérité à perpétuité en France et en Europe : casse des services publics, attaques contre les collectivités locales et remise en cause des politiques qu’elles mènent – transport, culture, sport, cohésion sociale, logement…-  gel de notre participation au budget européen, règle d’or, traité d’austérité. Tel est son credo. Comme s’il fallait, pour réformer le pays, briser la puissance publique, affaiblir encore un Etat déjà durement touché, faire des élus locaux des boucs-émissaires, de l’Europe un ennemi public. Cela signifierait l’immobilisation de la France et l’arrêt de la construction européenne : sans croissance, sans emploi, sans ambition technologique et industrielle, pas d’avenir pour notre pays et pour l’Union européenne. La vraie voie vers la régression, c’est celle que nous propose le candidat sortant, sans imagination, sans volonté, sans idéal. Ce serait pire qu’un recul, un abandon. Je ne m’y résigne pas.

La plupart des experts notent les nombreuses impasses et incohérences des évaluations du projet de Nicolas Sarkozy, alors qu’ils ont, pour l’essentiel, validé celles du programme de François Hollande, qui a, de surcroît été présenté de manière concrète et chronologique

Son projet, c’est le matraquage fiscal des classes moyennes. Je ne me lancerai pas ici dans la querelle du chiffrage. Je me contenterai toutefois de signaler que la plupart des experts notent les nombreuses impasses et incohérences des évaluations du projet de Nicolas Sarkozy, alors qu’ils ont, pour l’essentiel, validé celles du programme de François Hollande, qui a, de surcroît été présenté de manière concrète et chronologique. La cohérence, le sérieux ne sont pas à droite, ils sont à trouver dans le programme que nous défendons. Je note aussi que le candidat sortant se garde bien de mentionner la principale de ses propositions fiscales : la hausse de la TVA, à la fois anti-sociale et anti-économique, que nous annulerons si nous l’emportons. L’aveu, l’oubli est de taille : cachez cette nouvelle injustice qui ne saurait être vue… Enfin, je relève surtout qu’il y a 20 milliards d’impôts qu’il se garde bien d’expliquer aux Français. Et des dépenses nouvelles sous-évaluées : 9,5 milliards selon lui, alors que tous les instituts indépendants en évaluent le montant à plus de 20 milliards. Qui va payer ? Il ne répond pas. En fait, il n’y a pas de surprise, ce sont les mêmes qui règlent la facture depuis 2007, ce sont les mêmes qui trinqueraient après 2012 s’il était d’aventure réélu.

Son projet, enfin, c’est la méfiance généralisée. On le sait, le candidat sortant ne cesse de fustiger les « corps intermédiaires », considérés comme des obstacles à l’action. Les collectivités locales, je l’ai dit, qui sont devenues sa bête noire. Les corps de contrôle, qui ont le grand tort de dire parfois la vérité, et maintenant les instituts économiques. Les médias, qui ne sont jamais assez dociles à son goût. Les syndicats, à commencer par la CGT, qu’il dénigre et caricature. Les associations, la société civile, accusées de toutes les paresses. Comme s’il était possible de réformer et de redresser le pays en affichant son mépris pour les partenaires sociaux, les collectivités territoriales et l’Europe ! Est-ce bien raisonnable ? Plus que jamais, c’est le pouvoir d’un seul, appuyé par un clan, qu’il propose. C’est l’inverse de ce que doit être une démocratie politique et sociale vivante. C’est l’inverse de ce que nous proposons et ferons avec François Hollande.

Il faut changer de Président, pour changer de politique, pour redresser la France dans la justice, rassembler les Français et redonner un sens, une voix à l’Europe. Pour cela, pour gagner, il faut faire confiance à François Hollande, dès le premier tour

Finalement, la conférence de presse d’hier a été, je le crois, utile. Elle a montré ce qu’était le projet caché de Nicolas Sarkozy, un projet de régression, qui ne connait pas la France et oublie les Français. A ceux qui en doutaient encore, qui espéraient je ne sais quelle rédemption, aussi improbable eût-elle été, du candidat sortant, elle apporte une réponse définitive, incontestable : il faut changer de Président, pour changer de politique, pour redresser la France dans la justice, rassembler les Français et redonner un sens, une voix à l’Europe. Pour cela, pour gagner, il faut faire confiance à François Hollande, dès le premier tour. C’est pour cela que la mobilisation, à deux semaines du 22 avril, doit encore s’intensifier. C’est pour cela qu’au-delà de mon travail comme directeur de la campagne de François Hollande, je sillonne le pays – ces dernières semaines à Lomme, Wattrelos, la Drôme, l’Isère, Gap, Avignon, Lons le Saunier, et bien sûr dans le pays de Montbéliard. Je vous invite à continuer à agir et convaincre de la nécessité du changement.

100 réflexions au sujet de « Régression »

  1. et vous ne savez pas .. le président sortant veut un 2eme débat ,entre les 2 tours ..et HOLLANDE ..esquive .. il a peur de se faire mettre en miettes ..comme à chaque élection présidentielle ,le face à face doit se faire ..qu’on soit incompétent ou pas ..celui de 2002 avec JACQUES CHIRAC ET JEAN MARIE LE PEN ,n’avait pas eu lieu ,pour des raisons!!!nous attendons ce débat comme des millions d’électeurs !!

    • Avant de se projeter sur le second tour, attendez d’abord les résultats du premier tour. Sauf cas exceptionnel, comme ce fut le cas en 2002, si Hollande et Sarkozy se retrouvent au second tour, il y aura bien un face à face lors de l’entre deux tour.

      Mais si Sarko voulait tellement un débat, il n’avait qu’à accepter la proposition de France2 d’un débat entre les dix candidats. S’il avait dit oui, Hollande aurait bien eu du mal à refuser (et vice-versa).

      Mais j’en profite pour dire que le schéma retenu par l’émission « Des paroles et des actes » est certainement le plus équitable pour les candidats, en particulier pour ceux qui ont moins bénéficié d’une couverture médiatique jusqu’ici.

  2. Remarque en vrac :

    -Je trouve que les campagnes des candidats de gauche s’améliorent, que se soit Hollande ou Joly, j’avoue que j’ai adoré celle ci hier dans l’émission « des paroles et des actes » sauf pour son attaque gratuite concernant la gauche molle et la gauche folle. Preuve qu’elle a perdu son temps des mois durant à ne parler que nucléaire et a faire de l’anti PS comme elle le perd aujourd’hui en faisant de l’anti front de gauche. Même Poutou qui n’a pas le talent d’un Besancenot n’est pas inintéressant. J’ai apprécié que Hollande prenne le temps hier de les saluer dans les coulisses.

    -Hollande qui dit qu’il n’y aura pas de négociation avec le FDG et qu’il ne reprendra rien du programme d’EELV, je veux bien mais ma question est: Est que Hollande veux être élu et pouvoir gouverner avec une forte majorité ? parce que moi je serai électrice de Melenchon ou de Joly je m’abstiendrai au second tour devant une déclaration aussi péremptoire même s’il y a accord avec les écolo et même si Buffet dit qu’elle appellera à voter pour Hollande au soir du 1er tour sans rien lui demandé pour faire gagner la gauche et virer Sarko, si Hollande est au second tour.
    Je veux bien qu’au 1r tour les électeurs choisiront un programme mais sur des mesures où il n’y a pas de divergence notables et il y en a des tonnes, on peux enrichir son programme de mesures écolo et sociales, ce qui permettrait de rassurer les électeurs des différents partis pour le second tour et mieux appréhender les législative. On a toujours reprocher à Hollande son esprit de synthèse, au moment ou on en tous besoin après que les électeurs aient trancher sur l’essentiel voila que celui ci voudra imposer sa manière de voire les choses sur ses potentiels partenaire. Je rappelle que le but est de dégager Sarko comme dirait Poutou.

    -Dans le Figaro on a vu que des personnes ont des états d’âme concernant la campagne, à 2 semaine?! Qu’ils en parlent directement à Hollande ou à Aubry qui fera suivre mais à la presse en général et le Figaro en particulier, c’est juste dingue!

    -Bayrou qui n’a pas compris que le systeme de la cinquième république ne peux s’adapter à sa volonté, qu’on ne peux pas faire confiance à une personne qui ne rassemble pas avant son élection pour rassembler le pays apres être élu, d’autant plus que les cinq dernières années il a préféré la jouer solitaire avec son ni ni alors qu’il avait la chance de sa vie de rassembler sa famille de centre droit qui exécrait Sarko, il a laissé ce rôle à Borloo qui a jeté l’éponge, il en paye le prix.
    N’empêche qu’il commence à m’énerver sérieusement avec ses attaques contre Hollande, je comprend qu’il soit désarçonné par les sondages, mais ça ne le grandi pas, il retombe sur ses travers qui lui ont fait perdre les européennes de la pire manière.
    Et même sa manière de vouloir peser avec son score, franchement c’est ridicule, avec un score a 10 ou moins de 10%, il ne sera 1er ministre de personne, à la limite ministre pour le peu qu’il arrête d’attaquer ad hominem. Ça aurait marché en 2007, se positionner au second tour aujourd’hui ne mène à rien.

    -Concernant les sondages,je me pose des questions sur les scores de la droite et l’extrême droite, les sondages leur donne un score cumulé de 46%, plus que 2007 avec 41% cumulé alors que pas mal de personne à gauche et au centre avaient voté Sarko et qui sont aujourd’hui archi déçus et ne revoteront plus pour Sarko et plus qu’en 2002 avec 36% cumulé quand Le Pen était au second tour.
    Perso j’ai du mal à y croire, on surestime Sarko ou Le Pen voire les deux d’autant que les problèmes d’émigration ne sont plus une priorité et que les gens sont en overdose de ces problèmes, la preuve avec le résultat des régionales quand la droite avait instrumentalisé le débat sur l’identité nationale.
    Je pense que le niveau des deux camps cumulés ne doit pas être loin du score de 2002 c’est a dire 36%, en supposant que le minimum que peux avoir Le Pen est 10% comme en 2007, Sarko est a 26%, mais j’opterai plus pour un 12-13% pour Le Pen et un 23-24% pour Sarko.

    • Si je peux me permettre, Amelle, bravo pour cette contribution ! J’applaudis un peu moins fort sur la fin (les sondages), non que je la désapprouve mais parce que je ne parviens pas à guérir mon allergie à ce genre de choses. Dans l’isoloir, il faudrait pouvoir sonder les reins et les cœurs ; nous savons bien que tout est possible.

  3. Communiqué de Jean-Luc Mélenchon, candidat du Front de Gauche à l’élection présidentielle de 2012, le 11 avril.

    Pendant que Sarkozy et Hollande se font des querelles de mots sur la finance, celle-ci vient de s’offrir un nouveau pouvoir considérable en France. Je condamne la création annoncée pour lundi 16 avril prochain d’un nouvel instrument spéculatif contre la dette française. Lancé par la bourse de Francfort sur le Marché européen des produits dérivés, ce « contrat à terme sur les obligations d’Etat françaises » va offrir des moyens considérables aux spéculateurs pour attaquer notre pays.

    Ce nouvel instrument de faire de l’argent sur le dos de notre peuple a aussitôt été saisi par les banksters qui ont déjà déclenché la crise de 2008 aux USA puis celle de la dette en Europe, comme les banques anglo-saxonnes Morgan Stanley et Barclays Capital.

    Face à ce nouveau coup de force de la finance contre notre pays, je m’étonne du silence de Nicolas Sarkozy et de son gouvernement pourtant si prompts à agiter la menace des marchés financiers contre la gauche.

    J’invite François Hollande à prendre conscience du danger qui menace et à rejoindre ma stratégie de combat. Je préviens que si je suis élu, ces contrats seront interdits comme toutes les ventes à découvert et les CDS non adossés. Je préviens que des poursuites seront engagées contre ceux qui ont préparé ou facilité la mise en place de ces mesures contre les intérêts économiques fondamentaux de la nation (article 410-1 du code pénal).

    • Donc, Méluche nous annonce qu’il voudrait engager des poursuites contre une société germano-suisse qui opère à Francfort. Il nous prend vraiment pour des idiots.
      Ceux qui spéculeront contre la dette française pourront gagner ou perdre des sommes considérables. Voter pour Mélenchon et pour son programme économique issu des années 70 et de l’époque communiste, reviendrait à aider les spéculateurs à attaquer l’économie française.

    • Hollande a aussi déclaré au Bourget que les CDS seront supprimé, cette vente à découvert à partir du 16 avril est et restera la faute du gouvernement qui l’autorise et personne d’autre.

  4. EUREX: La bourse de Francfort introduit un instrument de spéculation de masse
    CONTRE LA DETTE FRANÇAISE. Lancement le 16 Avril, semaine du premier tour !
    http://www.marianne2.fr/Une-autre-crise-de-la-dette-a-venir_a216600.html

    Éditorial de l’ancien trader MARC FIORENTINO du 23 mars, pour Allofinance :

    “Quel hasard! Quelle coïncidence. 13 ans après la disparition du MATIF, le marché à terme des instruments financiers, une semaine avant les élections française, tous les spéculateurs du monde entier pourront facilement vendre à découvert de la dette française. Facilement. A coûts bas. Et avec un effet de levier maximum. Non, bien sûr, la “Finance” ne se prépare pas à la guerre contre François 2.
    À partir du 16 Avril, tout le monde pourra spéculer contre la dette Française
    C’est une annonce qui est passée relativement inaperçue. Le 16 Avril, soit, quelle coïncidence, une semaine avant le premier tour des élections françaises, le marché des dérivés, l’Eurex, va ouvrir un contrat à terme sur les emprunts d’État français. Qu’est ce que cela veut dire? Très simplement. Jusqu’à présent, si vous vouliez spéculer contre la dette française, vous n’aviez que deux moyens: acheter des CDS, ces fameux contrats d’assurance contre la faillite, ou vendre à découvert des emprunts d’État français, deux moyens destinés aux grandes institutions financières et aux gros fonds spéculatifs et qui nécessitaient de gros moyens.
    Avec l’ouverture de ce contrat, ce sera plus facile
    Tout le monde ou presque pourra acheter ou vendre à découvert des emprunts d’Etat français. Facilement. Et en plus avec un effet de levier de 20. C’est-à-dire qu’avec 50 000 euros seulement vous pourrez vendre à découvert 1 million d’euros d’emprunts d’État français. C’est l’arme idéale pour attaquer la France. Cela fait plus de 13 ans qu’avec la disparition du MATIF, le marché à terme des Instruments Financiers, on ne pouvait plus spéculer contre la France aussi facilement.
    On va dire que c’est une simple coïncidence. Que c’est un hasard si quelques jours avant les élections françaises, les spéculateurs du monde entier se dotent d’une arme fatale, bon marché, et à fort effet de levier pour s’attaquer à la dette française. Il n’y a pas de complot. Rassurez-vous. Dormez tranquille. Il ne se passera rien….”

    Communiqué de Solidarité et Progrès (JACQUES CHEMINADE), 9 avril 2012, 17:03 : les spéculateurs comptent prendre en otage le prochain président français.

    Tout le monde sait, comme cela a été le cas avec Barack Obama en janvier 2008, que le ton d’une nouvelle présidence est donné dès les premiers jours de l’entrée en fonction du vainqueur. Si le nouveau président hésite à prolonger l’élan qui l’a conduit à la victoire, le rapport de force s’inverse rapidement et il devient ensuite trop tard pour changer quoi que ce soit.
    Un candidat aussi hésitant que François Hollande, qui accuse « la finance sans visage », tout en lui proposant une entente cordiale, ou tout autre candidat par ailleurs, sera-t-il en mesure de prendre la mesure de cette menace ? Dès ce matin, Jacques Cheminade, interrogé par Jean-Jacques Bourdin sur RMC-BFM, a exposé le danger.
    La menace brandie par Eurex – la plus grande place financière pour les produits dérivés dans le monde – avec 24 millions de contrats échangés en 2010 sur une base quotidienne – doit être prise au sérieux. Eurex, une société germano-suisse, a acquis International Securities Exchange (ISE) en 2007 aux États-Unis et est aujourd’hui représentée à Londres, Paris, Chicago, New York, Hong Kong, Tokyo et Singapour.
    Rappelons qu’Eurex avait introduit un contrat sur la dette italienne en 2009, un acte qui n’est pas sans rapport avec la mise sous tutelle de l’Italie deux ans plus tard par le technocrate Mario Monti de Goldman Sachs.
    Aujourd’hui, c’est donc clairement la France qui entre dans le viseur.

    Message de Forum, 10 avril 08:55, par André-Jacques Holbecq (auteur de « La dette, une affaire rentable. A qui profite-t-elle? », « Argent, dettes et banques », Ed. Y.Michel )

    « La gestion budgétaire d’un pays devrait inclure la possibilité pour lui de monétiser ses besoins de financement, donc de ne pas devoir faire appel aux marchés financiers. C’est ce que nous réclamons, soit par le « 100% monnaie » soit par le « chartalisme ». Mais des candidats comme Mélenchon, Dupont-Aignan ou Le Pen, le réclament également : le dogme monétariste de l’U.E. et de la BCE est mortifère…. »

    Heureusement que « l’adversaire de la finance », HOLLANDE, avait son arme secrète: la position de son conseiller économique Cahuzac, président de la Commission des finances à l’Assemblée, dans son débat pour « Le Monde » du 29 mars:

    « Réduire les déficits est impératif… et le plus vite serait le mieux
    … il faut conserver la confiance des investisseurs. »

    • COMPLÉMENT D’INFORMATION

      Mi-février, l’Autorité des Marchés Financiers [Président Jean-Pierre Jouyet, l’ami intime de François Hollande] avait à nouveau autorisé les ventes à découvert sur les titres émis par dix grandes banques et sociétés d’assurance cotés à Paris (April Group – Axa – BNP Paribas – CIC – CNP Assurances – Crédit Agricole – Euler Hermès – Natixis – Scor – Société Générale). Elle les avait interdites en août dernier, au plus fort d’une tourmente boursière estivale, puis à nouveau début novembre, quand les bourses européennes étaient encore sous tension. Le 13 février dernier, elle avait considéré que la menace de spéculation contre nos institutions financières était suffisamment éloignée pour que cette interdiction puisse être levée: « Le dispositif visant à interdire toute prise de position courte nette ou tout accroissement d’une telle position sur des titres de capital d’une liste définie de valeurs financières françaises a pris fin le samedi 11 février 2012 » avait-elle communiqué.

      Quelques semaines plus tard, on apprenait que l’Eurex, le leader des marchés de produits financiers dits dérivés, allait ouvrir un contrat à terme sur les emprunts d’Etat français ce lundi 16 avril.

      • Je n’ai peut-être pas été assez complet pour respecter jusqu’au bout la convergence Modem-PS, après celle de l’UMPS sur l’Europe.
        J’aurais dû dire:

        Heureusement que BAYROU et HOLLANDE, avaient leur arme secrète: la position de leurs conseillers économiques respectifs Peyrelevade et Cahuzac, dans leur débat pour « Le Monde » du 29 mars…

        – Peyrelevade: La croissance… suppose la restauration de la confiance des prêteurs. Ce qui passe par la nécessité pour la France de retrouver très vite l’équilibre budgétaire.
        – Cahuzac: Réduire les déficits est impératif… et le plus vite serait le mieux… il faut conserver la confiance des investisseurs.
        – Peyrelevade: Nous sommes prêts à faire 30 à 40 milliards d’économies en trois ans… Comment? En réduisant les dépenses de protection sociale…et des collectités locales.
        – Cahusac: Le calandrier de redressement des finances publiques doit être vraisemblable pour s’assurer la confiance des marchés… Aux Etats « d’ajuster »… !

  5. Gros plan hier lors de l’émission de Laurent Ruquier « on n’est pas couché » sur les chaussures d’Audrey Pulvar.

    La journaliste, compagne de Montebourg, porte les escarpins Louis Vuitton à cadenas dont le prix est de 490 € soit la moitié d’un mois net de SMIC !

    Dans les années 80, il avait été beaucoup question des bottines sur mesure d’un Ministre de François Mitterrand, nul doute que ces escarpins devraient aussi susciter de nombreux commentaires dans les derniers jours de la campagne présidentielle.

    • Les chaussures de la compagne d’un membre de l’équipe Hollande, qui plus est quand la compagne gagne très bien sa vie et peut se payer à ses frais de belles chaussures, sûr que c’est essentiel pour les français. On pourrait parler des séances de shopping de Rachida Dati, mais tout cela n’a pas le moindre intérêt.
      Comparons plutôt les projets, entre un François Hollande qui propose une vision pour la France, le redressement dans la justice, l’équilibrage des comptes publics sans la mise à sac des services publics et dans un esprit de justice (rétablissement d’une justice fiscale terriblement abimée par Sarkozy), une politique industrielle volontaire et stratégique, s’appuyant notamment sur le développement des PME, et bien d’autres mesures. (j’invite tous ceux que ça intéresse à se renseigner : http://francoishollande.fr/le-projet/ pour le projet lui même, cliquez sur « les 60 engagements du projet), entre le projet solide de François Hollande, donc, et le projet sans vision pour la France, mal ficelé, baclé, dont le financement est très discutable, qui contient des impôts cachés, et qui n’est en définitive que son bilan en pire, nous avons là de quoi intéresser les français et débattre. Alors les histoires de chaussures…

      • Le projet sans vision pour la France… et qui n’est en définitive que son bilan en pire, est celui de Sarkozy, mais tout le monde aura compris.

  6. Dans les récentes intentions de vote,on constate une baisse sensible et continue de Bayrou qui commence à glisser en-dessous de 10%. On peut expliquer ça parce que ses électeurs pensent(contrairement à 2007)qu’il ne sera pas présent au 2ème tour,donc,ils anticipent leur vote du 6 mai en étant d’ailleurs plus nombreux à choisir Holl que Sarko. De plus,son projet écartelé entre la gauche et la droite apparaît illisible et vaseux; B.risque de retrouver son étiage de 2002. Eternel problème des centristes!!!Seule question intéressante:que dira-t-il entre les 2 tours? Sera-t-il plus audacieux qu’en 2007?

  7. LA RÉGRESSION UMPS…

    Après le référendum de mai 2005, les candidats à l’Elysée des deux principaux partis représentés au Parlement ont ignoré l’opposition de la majorité des Français à une construction européenne dont toutes les erreurs de conception se révèlent aujourd’hui.
    http://www.marianne2.fr/Entre-Hollande-et-Sarkozy-c-est-encore-et-toujours-oui_a80815.html
    Le scrutin référendaire s’était pourtant traduit par un vote sans appel, à l’issue d’un débat national de meilleure qualité que l’actuelle campagne électorale.

    Or, la présidence de M. Nicolas Sarkozy, qui devait marquer le retour en grâce du volontarisme en politique, s’achève sur une suite de déclarations déconcertantes:
    – François Baroin, ministre français de l’économie, prétend que « s’en prendre à la finance, c’est aussi idiot que de dire “je suis contre la pluie”, “je suis contre le froid” ou “je suis contre le brouillard” ». De son côté, le premier ministre François Fillon recommande au candidat socialiste François Hollande de « soumettre son programme électoral à Standard & Poor’s ».
    – François Hollande aimerait dissocier la solidarité européenne, qu’il défend, de la thérapie de choc libérale, qu’il conteste. Il s’est engagé à « renégocier » le TSCG, avec l’espoir d’y ajouter « un volet de croissance et d’emploi » adossé à des projets industriels à l’échelle continentale.

    « Aucune politique de gauche n’est possible dans le cadre de ces traités », estime en revanche M. Jean-Luc Mélenchon. Assez logiquement, le candidat du Front de gauche s’oppose donc au TSCG, tout comme au mécanisme européen de stabilité (MES), lequel prévoit une assistance financière aux seuls pays en péril qui auront préalablement accepté des mesures impitoyables d’équilibre budgétaire. La candidate écologiste et les candidats trotskistes mènent également campagne pour un « audit européen des dettes publiques » (Mme Eva Joly), voire pour frapper celles-ci d’illégitimité en arguant que les baisses d’impôts de ces vingt dernières années et les intérêts versés aux créanciers expliquent l’essentiel de leur niveau actuel (M. Philippe Poutou et Mme Nathalie Arthaud).

    …VERS LE « REPLI ÉLASTIQUE » DE 1997

    Peer Steinbrück, dirigeant du SPD, qui espère succéder à la chancelière dans dix-huit mois, a jugé « naïf » l’engagement de M. Hollande à « renégocier une nouvelle fois tous ces accords [européens] ». Il anticipe un revirement du candidat français : « S’il est élu, sa politique pourrait concrètement différer de ce qu’il a dit. »
    On ne saurait en effet exclure une telle hypothèse. En 1997, déjà, les socialistes français avaient promis avant les élections législatives qu’ils renégocieraient le pacte de stabilité européen signé à Amsterdam — une « concession faite absurdement au gouvernement allemand », estimait alors M. Lionel Jospin. Une fois au pouvoir, la gauche française n’obtint pourtant guère plus que l’ajout des termes « et de croissance » à l’intitulé du « pacte de stabilité ».
    Pierre Moscovici, actuel directeur de campagne de F. Hollande, est revenu en 2003 sur cette pirouette sémantique. En le relisant, il est difficile de ne pas penser à la situation qui pourrait s’ouvrir dès mai prochain : « Le traité d’Amsterdam avait été négocié — fort mal — avant notre arrivée aux responsabilités. Il comportait de nombreux défauts — et d’abord un contenu social très insuffisant. (…) Le nouveau gouvernement aurait pu légitimement ne pas l’approuver (…), ou à tout le moins demander de reprendre sa négociation. Ce ne fut pas notre choix final ».
    [P. Moscovici était alors ministre délégué chargé des affaires européennes]

    MM. Sarkozy et Hollande ont soutenu les mêmes traités européens, de Maastricht à Lisbonne. Ils ont tous deux entériné des objectifs draconiens de réduction des déficits publics (3 % du produit intérieur brut en 2013, 0 % en 2016 ou en 2017). Ils récusent l’un et l’autre le protectionnisme, mais attendent tout de la croissance. Ils défendent des orientations de politique étrangère et de défense identiques, dès lors que même la réintégration par la France du commandement intégré de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN) n’est plus remise en cause par les socialistes français.
    L’heure est pourtant venue de rompre avec l’ensemble de ces postulats.
    L’équivoque ne sera pas entretenue indéfiniment. Très vite, il faudra envisager la « désobéissance européenne » que recommandent M. Mélenchon et d’autres forces de gauche. Ou bien poursuivre sans espoir le cours déjà engagé.

    • UMPS, réthorique typique du front national. Typiue aussi du troll à la pensée simpliste et dogmatique que vous êtes. Si vous pouviez cessez de polluer ce blog en abusant de la liberté d’expression dont vous jouissez ici…

      • J’abuse si peu de cette liberté d’expression que je n’emploie jamais les expressions comme « troll à la pensée simpliste et dogmatique » !

        « Simplistes et dogmatiques » sont plutôt ceux qui n’ont guère besoin de plus de trois lignes et deux expressions préformatées (« réthorique typique », « front national ») pour formuler toute leur rationnalité politique, avec erreur de 180° qui plus est !

        • Bien sûr que si vous en abusez, la preuve en est que le flood est interdit sur la quasi totalité des forums, et les floodeurs sont généralement bannis et considérés comme des trolls. Et, oui, l’UMPS est une réthorique typique du front national, ce n’est pas une expression préformatées, mais uin fait.

          • Comme vous dites, L’UMPS n’est malheureusement « pas une expression préformatée, mais un fait » !

          • Ce n’est pas du tout ce que je dis, ce que je dis est que l’expression UMPS est une expression typique du FN. La déformation des propos des autres semblent être aussi une de vos caractéristiques. Typique d’une réthorique où on fait dire aux autres ce qu’ils n’ont pas dit pour appuyer ses (faibles ou fallacieux) argument.
            Cette expression ne correspond à aucune réalité, les différences de politiques sont flagrantes, regardez ne serait-ce que les projets.
            De plus, si l’on vous suit, Mélenchon aurait fait partie de cet UMPS. Cela n’a aucun sens et je suis convaincu que Mélenchon et ses électeurs sauront très bien faire la différence au soir du 22 avril. Ne vous déplaise !

  8. LES IMPASSES DU MODÈLE ALLEMAND SPD-CDU,
    CE SONT CELLES DE l’UMPS-BAYROU :

    Témoin le débat dans « LE MONDE » du 29 mars intitulé malicieusement:
    « A chacun sa rigueur, le débat PS-MODEM » (J. Cahusac / J. Peyrelevade:

    Peyrelevade: La croissance ne se commande pas…
    Elle suppose la restauration de la confiance des prêteurs. Ce qui passe par la nécessité pour la France de retrouver très vite l’équilibre budgétaire.

    Cahuzac: Réduire les déficits est impératif… et le plus vite serait le mieux… il faut conserver la confiance des investisseurs.

    Peyrelevade: On ne réduit pas le déficit budgétaire sans une action énergique sur la dépense publique. François Hollande, non seulement ne la réduit pas, mais continue à l’augmenter en volume de 1,1% par an…

    Cahuzac: François Bayrou propose un gel, en valeur, de la dépense publique jusqu’à 2014. François Hollande a choisi, lui, de ramener le rythme de progression , en volume, de la dépense publique, de 1,7% à 1,1%… [inférieur à l’inflation]. Cela diminuera la dépense publique de 2,6 points en 2017.

    Nicolas Sarkozy, François Bayrou et les Strauss-Kahniens du PS ne cessent de lorgner vers l’Allemagne et sa réforme du marché du travail mise en oeuvre par Gerhard Schröder en 2004.
    Hélas, une étude récente publiée par le DIW (Deutsches Institut für Wirtschaftsforschung) montre la gravité du recul socialimposé aux salariés allemands depuis cette date: dans le 1er décile, ils ne gagnent que 259 euros par mois! Les revenus du travail peuvent être complétés par des allocations familiales ou des allocations logements, mais ce revenu de 259 euros est rien moins que choquant (il n’y a pas de SMIC en Allemagne). Et les 10% au-dessus gagnent seulement 614 euros par mois.
    Le Medef ne cesse de dire que la profitabilité des entreprises allemandes est meilleure que celle des entreprises françaises. Au prix d’esclaves au travail dans l’échelle inférieur des salaires, est-ce un bien ?
    Le salaire moyen a baissé de 4,2% en dix ans, pour revenir à l’étiage français, ce qui implique une très grande inégalité d’après les chiffres ci-dessus et un effondrement de la consommation populaire. L’Allemagne n’a maintenu sa croissance que grâce à ses exportations vers la France, l’Italie ou l’Espagne qui continuaient à distribuer normalement du pouvoir d’achat. Si tous les pays d’Europe avaient fait comme l’Allemagne, nous serions tous en récession.
    Dans un rapport publié le 24 janvier 2012, l’Organisation internationale du travail a jeté un pavé dans la mare en affirmant que « l’amélioration de la compétitivité des exportateurs allemands est de plus en plus identifiée comme étant la cause structurelle des difficultés récentes de la zone euro » et en critiquant sévèrement les réformes engagées en 2003-2004 par le gouvernement Schröder.
    N’en déplaise aux libéraux, la justice sociale n’est pas un luxe auquel il faudrait renoncer à cause de la crise. Bien au contraire !
    L’Allemagne n’a maintenu sa croissance

    • La citation entière de Cahuzac

      «  » Jérôme Cahuzac : Réduire les déficits est impératif afin de nous passer autant que possible des marchés. Et le plus vite serait le mieux. Le désendettement n’est pas en effet une affaire d’orthodoxie budgétaire, mais le seul moyen de recouvrer une souveraineté nationale aliénée aux marchés et aux agences de notation. C’est aussi une nécessité pour que l’épargne s’investisse dans l’économie et non dans des emprunts d’Etat. Mais en attendant, il faut conserver la confiance des investisseurs. Pour annuler le déficit public en 2017, il faut un effort de 4 à 5 points de PIB [produit intérieur brut] dans la mandature. Nous y sommes prêts. «  »

      • L’hypocrisie, tout aussi entière, de Cahuzac:

        « Nous passer autant que possible des marchés. Et le plus vite serait le mieux ». Et pour cela, on va continuer d’enrichir les riches, en payant plusieurs % d’intérêt au-dessus du 1% auquel se financent les banques ?
        Les plus optimistes ont calculé qu’on en aurait pour trente à quarante ans, à supposer que l’on adopte le régime à la grecque, sous la férule d’un bon représentant de Goldman Sachs…
        Ce n’est pas « se passer des marchés », mais continuer de subir ce racket, instauré en 1973/74, et fortement lié à l’influence des lobbies bancaires sur la construction européenne !

        « Recouvrer une souveraineté nationale aliénée aux marchés et aux agences de notation », c’est recouvrer sa souveraineté monétaire par une Banque centrale sous contrôle de la démocratie et non de Goldman Sachs !

  9. Il faudrait admettre ce paradoxe : Un « programme », en tant que construction intellectuelle, peut avoir pour effet … d’alimenter les exclusions qu’il vise pourtant dans le meilleur des cas à combattre. Pour toutes les victimes du temps qui s’accélère et du cynisme de la productivité à tout prix, le « rêve » répond d’abord à une nécessité tout simplement vitale : il faut « s’en sortir ». Dès lors on comprend bien qu’un programme, si recevable qu’il soit, risque de relever d’un monde totalement étrange, pour ne pas dire d’une incongruité. Au regard de la contre-société qui s’est installée par la force des choses, la question de l’abstention, qui nous occupe, ne saurait trouver une réponse suffisante dans l’injonction incessamment répétée à chaque consultation : « Chaque voix compte ». Il est à craindre que cela n’ait aucun sens pour qui cherche quotidiennement son morceau de dignité dans le désert, sa voix ne recevant d’autre écho que le sien. Il n’en est pas pourtant dépourvu de pensée, contrairement à ce que les calculateurs et experts en clientèle électorale « de gauche » ont imaginé, et cela dans la méconnaissance coupable des ravages dont le ressentiment est capable. Pour accompagner ce ressentiment, on voit bien que les charlatans ont maintenant le champ libre, à commencer par le candidat sortant (*), qui ne manque aucune occasion d’y faire appel. Le clip de campagne de Sarkozy le montre à l’évidence. Un sinistre exemple : « Celui qui travaille doit gagner plus que celui qui ne travaille pas » L’intention du propos, avec tout ce qu’il comporte d’insinuation, lève le cœur. Même si l’on admet volontiers que lorsqu’on dispose d’assez d’argent pour que cet argent « travaille » tout seul, dans ce cas il n’y a pas de raison de gagner plus que celui qui travaille effectivement, et produit, quand il a la chance de pouvoir travailler. Qu’il y ait donc encore à faire pour convaincre, cela va de soi. Mais, après tout, n’est-ce pas là depuis toujours la noblesse de la politique, même si de ces deux mots le premier comme le second laissent trop souvent dubitatif ? Raison de plus pour être sincère. Il n’est pas possible que le maquillage puisse encore gagner.

    (*) On ne juge pas nécessaire d’insister sur ces ectoplasmes qu’on voit aujourd’hui usurper laborieusement le masque de Mélenchon non pour construire quoi que ce soit mais in fine pour briser tout élan. A chacun de voir où et surtout à quel moment il peut être utile.

  10. Mais le phénomène Mélenchon n’explique pas tout. Les doutes des socialistes reposent aussi sur le candidat et sa stratégie. «Il est mauvais, voilà tout, résume de manière un peu brutale un de ses camarades. Il a tenu miraculeusement deux mois, mais désormais les médias ont changé d’avis sur lui.» Si le jugement peut paraître sévère, il illustre la déception et l’agacement devant cette campagne qui devait se dérouler sous de bons auspices. «Elle était facile à faire, explique un de ceux qui ont été tenus à l’écart. Mais Hollande est le fils de Jospin. Sa pensée se résume à: je suis ni pour ni contre, bien au contraire!» Là où un Sarkozy, voire un Mélenchon ont des positions tranchées, Hollande donne l’impression de vouloir ménager tout le monde. «Ce n’est pas parce que tu bouges et que tu te déplaces en province que tu imprimes quelque chose, regrette un élu. Hollande tient deux meetings par jour, mais qu’est ce qu’il en reste?»

    Certains ne sont pas loin de rappeler ce que Talleyrand, fin stratège, disait: «Je crains plus une armée de cent moutons commandée par un lion qu’une armée de cent lions commandée par un mouton.» Face à ces critiques, Hollande reste de marbre. «Il ne veut pas accepter de faire autre chose», assure un de ceux qui travaillent pour sa campagne. Pire, plutôt que d’accepter de lever le pied, de prendre un peu de recul pour penser à sa campagne, François Hollande en rajoute. Il a demandé à ses équipes de lui préparer un grand rendez-vous en région parisienne avant le premier tour. Ce sera le meeting de Vincennes le 15 avril. «Il a décidé de ne plus réfléchir et d’aller jusqu’au bout, comme une fuite en avant», constate le même.

    http://elections.lefigaro.fr/presidentielle-2012/2012/04/05/01039-20120405ARTFIG01037-hollande-et-si-ce-n-etait-pas-lui.php

    • La situation, sur le fond, est malheureusement ENCORE plus grave que ça:
      Mouton ou lion, ENCORE FAUT-IL NE PAS SE TROMPER DE DIAGNOSTIC !

      « Car si le diagnostic est faux,
      il n’y a aucune chance qu’on
      parvienne à vaincre le mal. »
      (P. LARROUTUROU)

      C’est en analysant les statistiques de la Réserve fédérale américaine pour les 60 dernières années qu’on comprend les causes de la dette publique. Jusqu’en 1981, le ratio dette/PIB était parfaitement stable. L’économie n’avait pas besoin de dette pour croître régulièrement car des règles collectives assuraient une progression régulière des salaires et un partage équitable entre salariés et actionnaires. Ce «compromis fordiste» a permis aux Etats-Unis de connaître 30 ans de prospérité. Sans dette.
      Mais, en 1981, Ronald Reagan arrive à la Maison blanche. Les néolibéraux baissent les impôts sur les plus riches, tandis que les politiques de dérégulation amènent à une très grande précarité et à la baisse de la part des salaires.

      «Dans la zone euro, les entreprises prennent chaque année
      l’équivalent de 1 % du PIB dans la poche de leurs salariés, en plus de ce qu’elles ont fait les années précédentes» explique Patrick Artus , directeur des études de Natixis.
      Pendant des années, l’économie n’a continué à croître que parce qu’on distribuait par la dette le pouvoir d’achat qu’on ne donnait pas en salaire : «sans l’augmentation de la dette des ménages, la croissance serait nulle en zone euro depuis 2002, continue Artus. Et avant 2002, c’est l’endettement des entreprises qui nourrissait la croissance.»
      Au total, en 30 ans, ce sont des sommes considérables qui sont parties vers les marchés financiers au lieu d’aller aux salariés et donc aussi à l’Etat, via la TVA. Cet argent a-t-il profité à la recherche ou à l’investissement ? Non. Toutes les études montrent que l’investissement et la recherche sont stables. Ces sommes colossales ont été accaparées par un tout petit nombre d’individus.

      En 2008, tout le monde affirmait que la crise venait du capitalisme dérégulé. Mais, depuis quelques mois, à cause de la Grèce (où le non-Etat est largement responsables de la crise), l’Etat-providence est de nouveau sur le banc des accusés.
      Ainsi, dans le journal « Le Monde », la confrontation Cahuzac et Peyrelevade pour le compte des programmes Hollande et Bayrou, faisait-elle dire à
      Cahuzac (en plein accord avec le « tournant de la rigueur » de son interlocuteur, de sinistre mémoire ») : « Réduire les déficits est impératif… et le plus vite serait le mieux…, il faut conserver la confiance des investisseurs ».

      C’est d’abord et avant tout une crise du Capitalisme dérégulé et non pas une crise de l’Etat-providence: quand l’OCDE montre que la part des salaires dans le PIB a baissé de 10 %, quand l’International Herald Tribune
      affirme que, jamais depuis 80 ans, la part du PIB qui revient aux actionnaires n’a été aussi importante 17, quand le directeur des études de Natixis écrit que « chaque année, les entreprises prennent l’équivalent de 1 % du PIB dans la poche de leurs salariés, en plus de ce qu’elles ont fait les années précédentes », on pourrait espérer que la gauche porte une ana-
      lyse plus claire de la crise dans le débat public et apparaisse moins sur la défensive. Et ce d’autant plus que les néolibéraux tentent de noyer
      le poisson et de ramener tous les problèmes aux limites de l’Etat-providence…

    • Faudrait voir aussi à arrêter de fantasmer. Hollande, ça fait 6 mois que tout le monde prédit qu’il va s’écraser et on est à 10 jours du premier tour et il s’est toujours pas écrasé, il se maintient même à un niveau très élevé dans les intentions. Hollande n’a pas le caractère de Sarko, Mélenchon, Royal ou d’autres. Soit! Ca ne veut pas dire pour autant qu’il ne convaincra pas les gens. Donc oui, un peu de recul est nécessaire, mais surtout de la part des commentateurs.

  11. Nous avons besoin d’ un Président réfléchi qui a une vision de la France et un réel projet pour l’ avenir, et non d’ un agité qui ne prévoit rien et se contente de réagir à chaud à tout événement. Il nous faut un GUIDE et pas un POMPIER !

  12. LA SECONDE RÉGRESSION DE LA SOCIAL-DÉMOCRATIE:
    « LE RÉALISME RÉFORMISTE », à moins que ce soit… « LE RÉFORMISME RÉALISTE »

    On a vu ci-dessous tous les dégâts qu’a pu faire la rangaine libérale de l’impuissance:
    – On ne peut pas faire autrement !
    Voilà le verrou qui protège les profiteurs du système, mieux que n’importe quelle armée. Le fameux TINA « There is no alternative » de Margaret Thatcher est le mot d’ordre répété…
    par tous les perroquets pour nous persuader que le souhaitable est impossible et qu’il faudra bien nous contenter de l’inacceptable !

    Après avoir succombé à cette vague néolibérale des années 1980 (Thatcher-Reagan), la gauche européenne a pris un tournant analogue, une decennie plus tard, dans la façon de procéder à l’élargissement de l’UE. À l’inverse de ce qui avait été consenti autrefois pour aider les nouveaux entrants, ce nouvel élmargissement a été réalisé sans effort comparable de solidarité.
    Nulle part ailleurs que dans l’UE, la mise en compétition des territoires et des travailleurs n’a été aussi radicalement instrumentalisée pour tenter d’imposer la nouvelle orientation néolibérale des gouvernements.

    Car, en fait, les électeurs avaient bien chassé la droite néolibérale par le vote… mais en vain.
    Rappelons l’arrivée au pouvoir de Lionel jospin (France, 1997), Tony Blair (Royaume-Uni, 1997), Gerhard Schröder (Allemagne, 1998). À la fin des nnnées 1990, travaillistes, socialistes et sociaux-démocrates gouvernent treize pays de l’UE sur quinze. Mais au grand dam des électeurs qui croyaient voter pour le changement, il s’agit là, certes, d’une alternance des partis au pouvoir, mais sans alternative politique réelle. Les nouveaux dirigeants des partis socialistes et sociaux-démocrates sont en effet copnvaincus que la mondialisation libérale est une donnée irréversible, de sorte que toute politique doit s’y plier.
    Alors, quand vint l’heure de réviser les traités européens en 1997 (négociation du traité d’Amsterdam), la gauche bénéficie certes du rapport de force pour réorienter la construction européenne et ouvrir une autre voie que celle de la mondialisation néolibérale… mais elle n’en a plus la volonté !
    Dans la campagne des élections législatives de 1997, les socialistes français prometttent d’éxiger cette réorientation en posant des conditions impératives à la csignature de la France. Ils gagnent les élections… mais le nouveau Premier ministre Lionel Jospin signe le traité d’Amsterdam, sans réellles conditions, au nom d’une intime conviction d’impuissance: le Parti socialiste ne peut pas combattre le néolibéralisme en se désolidarisant de la social-démocratie européenne qui y a renoncé !
    La même trahison et la même abdication se reproduiront en 2004-2005, dans le débat sur le traité constitutionnel européen. Le programmme du PS pour les élections européennes de juin 2004 énonce clairement une série d’amendements nécessaires pour soutenir un traité jugé inacceptable en l’état. Sur ce programmme, sur cette promesse, le PS remporte la victoire électorale. Un mois plus tard, son premier secrétaire, François Hollande, part en campagne pour le traité constitutionnel… en l’état !
    Seulement, voilà: les peuples font de la résistance! Par referendum, les Français, comme Irlandais et Néérlandais, votent explicitement NON.
    Mais le président Sarkozy décide en 2008 de commettre un crime de haute trahison contre le peuple français. Au lieu de porter haut l’exigence populaire d’une renégociation, il s’entend avec les autres gouvernements pour organiser la ratification parlementaire d’un traité quasi identique à celui qu’ont rejeté les Français.
    On aurait pu espérer que les socialistes , par respect du suffrage universel, refuseraient ce coup de force contre le peuple. Mais non ! Hormis une poignée de députés fidèles à leurs engagements (dont les fondateurs du Front de gauche), les élus socialistes s’entendent avec Sarkozy pour s’abstenir afin de permetttre une majorité de ratification de ce traité, dit de Lisbonne.
    http://www.marianne2.fr/Entre-Hollande-et-Sarkozy-c-est-encore-et-toujours-oui_a80815.html
    Ainsi, les néolibéraux sont de plus en plus convaincus de l’inconsistance idéologique de la social-démocratie. Ils n’ont donc plus peur de perdre les élections en avançant sur des « réformes » trop radicales, puisque les sociaux-démocrates n’oseront jamais revenir sur les réformes néolibérales, voire y sont en partie favorables…

    Un retour de cette gauche-là au pouvoir ne ferait que préparer la prochaine victoire de la droite !

    • vous souhaitez donc que Mélenchon refuse d’appeler à voter Hollande au second tour ? On verra si vous êtes suivis et surtout si une majorité de Français est favorable à votre « vraie » gauche.

      • La situation est malheureusement plus grave que ça:
        Si c’est Hollande face à Sarkozy au second tour, ce dernier n’aura aucun mal à faire comprendre:

        – en acceptant tous deux les mêmes contraintes évoquées ci-dessus (« There is no alternative »), on s’embarque dans une gestion de la pénurie… pour les mêmes
        http://www.marianne2.fr/Michel-Sapin-allie-cache-de-Jean-Luc-Melenchon_a216397.html
        – pour 0,5% de différence affichée, les électeurs préfèreront toujours un homme de décision à un indécis qui ne répond jamais ni oui ni non…

        Face à cette problématique de la présidentielle, incontournable, autant vaudrait-il que ce soit Mélenchon dès maintenant, que Sarkozy au deuxième tour !

        • On verra bien si les Français vous démentent ou non, plus que 10 jours à attendre.

          • C’est bien ce que je disais ci-dessous, en réponse à Xavier de…:
            Faites vos jeux, messieurs et dames, rien ne va plus…
            Noir, impair et manque !

            Concevoir la démocratie comme le PMU, c’est tellement plus amusant que d’argumenter rationnellement…!

  13. La campagne de Hollande est très bonne,équilibrée,convaincante, argumentée et énergique; seulement,comme elle s’adresse à l’intelligence des gens et non à leur bas-ventre,elle ne rencontre pas autant de succès qu’elle mériterait. D’autre part,il semble que tous les scores se stabilisent,que Mélenchon n’atteindra sans doute pas la 3ème place,que Bayrou ne remontera pas et que Joly ne décollera pas. En ce qui concerne le 2ème tour,l’écart entre Hollande et Sarko est quasiment le même que celui entre Sarko et Ségolène de janvier 2007 au jour du scrutin et l’écart actuel ne semble plus guère bouger non plus. Certes, rien n’est joué, mais on n’est plus qu’à 13 jours du vote…

    • Quels admirables commentaires que ceux-là !
      Et, surtout, propices à éveiller une réflexion politique profonde sur les grands enjeux fondamentaux de cette élection:

      Faites vos jeux, messieurs et dames, rien ne va plus…
      Noir, impair et manque !

      • Il n’y a pas de quoi s’appesantir sur les programmes.
        On en trouve 3 totalement démagogiques: 2 de droite et d’extrème- droite quasiment identiques, un d’extrème-gauche où demain on rase gratis. Pour les 3 autres,celui de Joly est « visionnaire », celui de Bayrou est plutôt plan-plan; enfin, celui de Holl est le seul qui ressemble à un vrai programme par son réalisme réformiste,le seul qui a été vraiment travaillé et préparé et le seul qui peut être appliqué en grande partie, mais il ne fait pas rêver, c’est sûr…

        • Programmes:
          Pas de quoi s’appesantir sur « celui de Holl… un vrai programme par son réalisme réformiste » ?
          et « un d’extrème-gauche où demain on rase gratis » ?

          Qu’y a-t-il de réaliste à laisser les banques se financer à 1% auprès de la BCE, pour revendre aux Etats, plusieurs % au-dessus ?
          Non seulement c’est ruineux pour le contribuable, mais ça augmente la masse monétaire de ces % supplémentaires, une rente qui nourrit la plus détestable inflation: celle des riches !

          Et qu’y a-t-il de gratis à consentir les mêmes conditions aux Etats pour leurs investissements ?
          En le demandant, Mélenchon est encore en-dessous du « réalisme »:
          Sous le Général de Gaulle, c’était 0% !

          Certains, au lieu de répéter les slogans d’économistes amateurs poussés par les lobbies bancaires, feraient mieux de se taire…

  14. RÉGRÉSSION… DE LA SOCIAL-DÉMOCRATIE

    En Europe, la gauche a mis des decennies à se doter d’outils politiques pour ouvrir un autre chemin à l’histoire. que reste-t-il de cette ambition d’abord si avancée? Les sociaux-démocrates, devenus sociaux-libéraux, ont d’abord accompagné l’expansion du capitalisme toxique de notre temps. Puis ils l’ont devancé en organisant eux-mêmes le démantèlement de l’Etat solidaire. Cette logique de soumission n’a pas de bornes.
    En Grèce, G. Papandréou, président de l’Internationale socialiste et Premier ministre , sans une minute de résistance s’est agenouillé devant les banques, le FMI et la Commission européenne. La résignation de tous ses camarades en France, comme dans le reste de l’Europe vaut déclaration de principe et signal donné aux puissants. En cédant sans combattre, il a encouragé les prédateurs à s’attaquer à d’autres pays.
    L’Union européenne qui devrait être la solution est devenue le problème. C’est d’elle que part la mécanique odieuse qui soumet les peuples à la finance la plus cupide. L’arsenal des sanctions et des contrôles dorénavant prévu contre les récalcitrants ou les moins zélés souligne le caractère autoritaire de cette nouvelle étape de la construction européenne. Il est urgent de tourner la page.

    Il faut venir à l’essentiel. On ne mènera pas une autre politique en France, et surtout une politique de gauche, sans commencer par s’affranchir du carcan du Traité de Lisbonne. Aucun programmme sérieux ne saurait contourner ce point. Ceux qui choisissent de rester dans les clous du traité annoncent en même temps ce que sera leur politique sociale, économique, financière, et même internationale.
    Car le traité de Lisbonne et les dispositifs adoptés depuis lors pour encadrer les budgets des Etats ne laissent aucune ambiguïté sur le sujet. Le libéralisme le plus dogmatique a été institutionnalisé. À l’inverse, qui prétend conduire une autre politique, un tant soit peu écartée du modèle qu’impose autoritairement l’Union européenne, doit dire comment il compte briser l’agression prévisible de la finance et de l’oligarchie.Tout programmme de gauche qui contourne la question du rapport de forces à construire est une bien mauvaise plaisanterie, promise à très mal tourner.

    • C’est la ranguaine libérale de l’impuissance:

      On ne peut pas faire autrement ! Voilà le verrou qui protège les profiteurs du système, mieux que n’importe quelle armée. Le fameux TINA « There is no alternative » de Margaret Thatcher est le mot d’ordre décliné à toutes les sauces pour nous persuader que le souhaitable est impossible at qu’il
      faudra bien nous contenter du possible qui, lui, est inacceptable !

      Ce mythe a largement fondé le retournement idéologique de la social-démocratie
      européenne, passée d’une logique de transformatio du système économique et social à une logique d’adaptation aux exigences du marché mondialisé. Pour les promoteurs de cette « troisième voie », il était évident que la mondialisation des marchés et des entreprises s’imposait aux Etats comme un phénomène irrépressible, quasi naturel.
      Dès lors, puisque chaque Etat-nation perdait la capacité de metttre en oeuvre tout seul une quelconque transformation progressiste, il fallait fonder ou renforcer des institutions supranationales restaurant cette capacité à un niveau mieux adapté. Ainsi, depuis les années 1980, les sociaux-démocrates ont toujours présenté le développement de l’intégration dans l’UE comme le moyen de restaurer collectivement la capacité d’action collective qui s’évanouissait au plan national.
      Ce faisant, cette gauche européenne s’est trouvée alliée à la droite néolibérale pour multiplier les traités et directives qui ont dépossédé les Etats membres d’une part croissante de leur souveraineté au profit de la Commission européenne et, pour la zone euro, de la Banque centrale européenne. Quelles qu’aient pu être les intentions des uns et des autres, le simple examen des faits nous informe sans ambiguïté sur le projet qui l’a emporté: celui des néolibéraux.

  15. Le discours sarkozyste « ne dit rien sur le pouvoir d’achat, rien sur l’emploi, rien sur la relance économique du pays, rien sur les difficultés rencontrées par le monde industriel, rien sur l’innovation, rien sur l’éducation, rien sur l’avenir, en un mot rien sur la France… » Voilà bien sur quoi, en effet, nombre de nos compatriotes pourraient être encore éclairés si besoin était. Le discours de ce candidat est délibérément vicié par ses lacunes, tandis que son véritable et unique ressort est à chercher, ce qui est probablement pire, dans la nature vicieuse du personnage, attachée jusqu’à la frénésie au pourrissement de l’esprit public. Pour donner le change, il en est réduit à des expédients rhétoriques qui pourraient distraire s’ils n’étaient aussi navrants, cultivant insatiablement l’imposture jusqu’à imaginer que le creux puisse se substituer au vide. Entre mille exemples cet exergue de sa lettre de candidature : « Il n’est rien de plus beau en démocratie que l’amour de son pays ». Cela voudrait produire un effet, cela voudrait passer pour grandiose, rendant ipso facto toute exégèse inutile voire déplacée. Et pourtant cela n’a aucun sens. D’abord parce que cela vient sous la « plume » de quelqu’un qui lui-même n’a cessé de profaner les idéaux de la démocratie, pour autant qu’on ait une certaine idée de ce que le mot signifie. Ensuite parce que, même soutenu par l’emphase, un truisme reste un truisme. Certes, il n’est interdit à personne de proclamer par exemple qu’il n’est rien de plus beau dans un couple que l’amour réciproque, bien que cette découverte en tant que telle n’ait rien de particulièrement bouleversant. Mais on admettra que la démocratie puisse se passer de cet aphorisme à prétention esthétique tout autant que moralisatrice puisqu’il n’en est que la plus creuse paraphrase. Il met en tout cas sous une lumière crue que les destinataires du message n’appartiennent pas à la cohorte chaque jour grandissante des exclus, des déclassés, des révoltés qui ne demandent qu’à aimer la démocratie pourvu qu’elle le leur rende bien, par définition. Le candidat Sarkozy ne sait pas cela : qu’un peuple vivant ne se contente pas de plaques commémoratives sur les cheminées d’usines en ruine.
    Dans de multiples domaines et depuis le siècle des Lumières, la vulgarisation des savoirs et des idées aura été le creuset du Progrès universel. A l’inverse, les années que nous venons de vivre auront été celles de la régression, ainsi que l‘écrit fort justement P.Moscovici. La vulgarisation a cédé la place à la vulgarité. La campagne sarkozyste ne montre aucun autre ressort, malheureusement avec ce que cela comporte de connivences malsaines, qu’elle se flatte d’exciter.

  16. Bonjour,
    Que peut proposer François Hollande pour apaiser les électeurs qui voteront pour lui par rejet de Sarkosy mais dont les réelles aspirations sont plutôt chez les verts ou ailleurs ? Peut il s’engager à mettre un place un dispositif qui permette au citoyen de s’exprimer en dehors des urnes, quelque chose de nouveau et fort ? On a compris que Hollande compte consulter les acteurs sociaux ou associatifs mais ne faudrait il pas inventer un dispositif ? À l’air du numérique, il y a de quoi faire.
    Cordialement

  17. Il y a sûrement des électeurs de droite qui sont contre Sarko:ils pourraient voter Dupont-Aignan,candidat de droite estimable;ça nous arrangerait car ça ferait baisser le score du sortant au 1er tour,il devrait aussi récupérer les voix qui se seraient portées sur Villepin et Boutin. Or,ça ne se produit pas:ça montre que les électeurs de droite(contrairement à nous) sont moutonniers,conformistes et votent toujours utile. Leur absence d’esprit critique et leur médiocrité intellectuelle font leur force électorale. Triste constat un peu inquiétant pour nous…

    • « Ducon-Gnangnan, candidat de droite estimable »

      MDR!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

  18. RÉGRESSION, EN EFFET…

    Il y avait, en 1981, un souffle, une volonté, une part de rêve collectif qui, de nos jours, sert immanquablement de point de repère.
    Le « tournant de la rigueur » (1982/83) est encore douloureux comme une plaie qui n’a jamais véritablement cicatrisé. Lionel Jospin avait annoncé à l’époque qu’il s’agissait seulement d’une « paranthèse », mais, en réalité, celle-ci ne s’est jamais refermée.

    DEPUIS LE TOURNANT DE LA RIGUEUR

    Il est cocasse de lire à cet égard ce qu’écrivait l’ancien ministre J.P. Chevénement, il y a seulement quelques mois (« La France est-elle finie? », Fayard, 2011):
    « Le cabinet de Pierre Mauroy et celui de Jacques Delors étaient convaincus de la véracité du «Théorème de Schmidt»: les profits d’aujourd’hui font les investissements de demain qui feront les emplois d’après-demain.
    Bref, la priorité était à la restauration des profits.
    Et quiconque se mettait en travers de ce grand vent libéral relayé par les médias passait vite, au mieux, pour un «archéo». On reste médusé, rétrospectivement, par la facilité avec laquelle la victoire du néolibéralisme se sera imposée… »
    « Y avait-il place pour une autre politique fondée sur l’industrie, la recherche, la reconquête des marchés à l’exportation? Le Président de la République n’était pas sûr que cette politique fût possible. Il consulta et donna le sentiment d’hésiter au fond de lui-même.
    En face de lui: le Premier ministre Pierre Mauroy et son cabinet, avec Robert Lion et surtout Jean Peyrelevade, et le ministre de l’économie et des finances, Jacques Delors, adossés autant au Trésor et à la Banque de France qu’à la Commission de Bruxelles et à la chancellerie allemande. Bref, il y avait d’un côté quelques hommes isolés, affublés d’un sobriquet «les visiteurs du soir» et, de l’autre, tout le poids de l’establishment économique et financier.
    Pierre Mauroy demeura premier ministre. Ce fut l’acte de naissance du « social-libéralisme ». L’essentiel, pour ceux qui avaient imposé ce tournant, était que la France restât accrochée au mark au sein du SME, enserrée dans un carcan que le parti socialiste encore dans l’opposition en 1978 avait alors dénoncé. C’est ainsi qu’on réformerait « la France par l’Europe » (titre d’un livre de Jacques Delors). »

    Enfin, Chevènement évoque « une décision prise presque par surprise, aux lueurs de l’aube, en juin 1982″, après laquelle « la part des salaires a régressé de dix points dans le revenu national » et que l’économiste Alain Cotta assimilera à un « don Delors » fait au patronat. Ce dernier s’en félicitera plus tard en ces termes: « Nous avons obtenu la suppression de l’indexation des salaires sans une grève! »

    Le livre conclue sur ces points:
    » Après mars 1983, la politique dite de la désinflation compétitive…déconnecta, en sens inverse, les salaires de la productivité. Après ce tournant de la rigueur, la libéralisation de l’économie, le poids du chômage aidant, conduisit à faire des profits les seuls bénéficiaires des gains de productivité.
    Le cap avait bel et bien changé, mais la conscience ne s’en fit sentir que plus tard…
    Jacques Delors est un maître en idéologie. Son disciple Pascal Lamy, à la tête de l’OMC, raisonne pareillement…: pouvoir faire valoir aux yeux de l’establishment économique et financier que, pour faire la même politique que la droite, ils offrent une garantie de stabilité sociale infiniment plus sûre…les sociaux-libéraux ont posé toutes les règles sur lesquelles prospèrent toutes les inégalités qu’eux ou leurs successeurs font aujourd’hui profession de vouloir combattre ».

    JUSQU’AUX ABANDONS DE HOLLANDE

    Le va-et-vient avec 1981 prend ici tout son sens. Il interpelle les socialistes sur leurs véritables intentions, dans l’hypothèse de leur victoire à l’élection présidentielle, qui est loin d’être assurée:

    QUELLE POLITIQUE BUDGÉTAIRE ?
    En 1981, les socialistes ont eu le courage de conduire une politique favorable à la demande.
    Puis, soudain, leur mouvement s’est inversé. Après le tournant de la rigueur, les socialistes ont engagé une course sans fin vers le moins d’Etat. Il y eut, sous le prétexte de l’avancée vers l’euro, l’acceptation des fameux critères de convergence du traité de Maastricht. Puis l’acceptation du Pacte de stabilité (bien que Jospin eût dit, avant 1997, que les socialistes n’y souscriraient jamais, car c’était du « super-Maastricht »). Dans cette voie de la rigueur perpétuelle, les deux ministres des Finances successifs, Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius, firent du zèle, préconisant un retour à l’équilibre budgétaire que seuls les ultras-libéraux préconisaient dans le passé. Alors, quel est le chemin des socialistes pour l’après-2012 ? A l’évidence, le même !
    Si l’Europe est à reconstruire, sur quelles disciplines proposent-ils de le faire ? L’interpellation est d’autant plus importante que ce fut leur candidat putatif Dominique Strauss-Kahn, alors directeur général du FMI qui supervisa des plans sociaux violemment réactionnaires en Europe, à commencer par la Grèce. Des plans qui ne furent guère critiqués par les autres hiérarques socialistes, à l’exception d’Arnaud Montebourg.

    QUELLE POLITIQUE FISCALE ?
    Jusqu’il y a peu, tous les socialistes préconisaient une « révolution fiscale ».
    Il faut voir comment ont été accueillies par les socialistes, en réalité, les propositions de réforme de Thomas Piketty, notamment celle visant à fusionner l’impôt sur le revenu et la CSG, en assortissant ce prélèvement
    global d’un barème progressif. François Hollande a jugé que les taux d’imposition proposés par l’expert risquaient de frapper trop durement les contribuables fortunés.
    Au passage, reprenant une idée ancienne de DSK, il a suggéré qu’à l’avenir, l’impôt de solidarité sur la fortune pourrait devenir déductible des droits de succession !
    Bref, il n’est pas encore acquis que l’esprit de 1981 soit de retour…

    LA PUISSANCE PUBLIQUE ?
    La question de la propriété publique et des services publics soulève des interrogatioons du même type. Car, en 1981, les socialistes eurent le courage d’avancer à contre-courant du consensus ambiant et de nationaliser des secteurs clefs de l’économie.
    Puis la vague libérale fit, là encore, son office. Les socialistes furent contaminés à leur tour par la fièvre des privatisations: entre 1997 et 2002, ils ont privatisé plus que tous les gouvernements précédents (Chirac, Juppé, Balladur). Ce sont là encore Lionel Jospin et ses deux ministres des Finances successifs, DSK et Fabius, qui en portent la responsabilité. Tout y est passé, des autoroutes à France Télécom !
    Faut-il donc envisager une renationalisation du secteur bancaire, comme le suggèrent des personnalités telles que Jacques Julliard qui vient de la seconde gauche, celle qui précisément n’avait pas une franche sympathie pour le contrôle par l’Etat ? Jusqu’à présent, les socialistes n’ont rien fait pour porter un projet de ce type, qui rompe radicalement avec les logiques anciennes, celles du toujours moins d’Etat et de toujours plus de marché.

    LA POLITIQUE SOCIALE
    Les constats qu’inspire l’inventaire sont encore plus cruels. Lorsqu’on découvre la proposition 22, parmi les 110 de 1981, « le contrat de travail à durée indéterminée redeviendra la base des relations du travail », on se prend à penser que le monde de 1981 s’est décidément éffondré, abandonnant la place à un monde plus brutal et plus injuste. Parce que le capitalisme a fait peau neuve et que le capital éxerce une véritable tyrannie sur le travail; parce que depuis deux decennies la droite a multiplié les mesures de dérèglementation du travail.
    Terrible constat. S’il y a une proposition qui a été jetée aux oubliettes, c’est bien celle-là. De ce renoncement à l’une des plus célèbres des « 110 propositions », cumulé avec maintes autres reculades et abandons, est apparu le vote protestataire. Le séisme du 21 avril, c’était d’abord celui-là…

    UN PARTI DE NOTABLES
    De 1981 à 2012, il n’y a pas eu que des accomodements et des renoncements. Le parti socialiste est devenu un parti de notables que l’exercice du pouvoir a souvent bouleversé. Il faut le dire parce que c’est incontestable: le PS s’est embourgeoisé.
    En certains cas, c’est encore plus grave: défections en cascade de dirigeants socialistes qui, goûtant au confort et aux vertiges du pouvoir, sont passés sans le moindre scrupule dans le camp adverse, pour mendier qui un poste, qui une mission. D’innombrables hauts fonctionnaires qui se disaient de gauche et qui, profitant d’une privatisation ou d’une offre dans le privé, ont renoncé à toutes leurs attaches pour profiter de tombereaux de stock-options.
    Cela dit bien des choses, même en creux, de ce qu’est devenu le parti socialiste, du moins du côté de sa direction et de ses cadres.

  19. La Fondation Jean-Jaurès a publié, le 5 avril, une étude passionnante qui montre à quel point l’électorat de gauche se divise sur la question des immigrés.
    C’est un moment médiatique marquant de la campagne. Sur France 2, le 7 mars, François Hollande est interrogé sur l’affirmation de Nicolas Sarkozy selon laquelle « il y a trop d’étrangers sur notre territoire ». La question lui est posée à trois reprises. Et, à trois reprises, le candidat socialiste évite de répondre. De son côté, le chef de l’Etat ne reste ni silencieux ni inerte: il a empêché – pour emplir sa besace en vue de la bataille présidentielle – la droite sénatoriale de retarder l’adoption, au Sénat, du droit de vote des étrangers aux élections locales; il fait du mot « frontière » l’une des clefs de ses discours (voir L’Express du 21 mars 2012); il hisse la réduction du nombre d’immigrés accueillis en France au rang de priorité de son programme.
    Que signifie « être de gauche » face aux questions d’immigration? Une étude passionnante de la fondation Jean-Jaurès, initiée par Gilles Finchelstein, apporte des éléments de réponse et explique, du coup, pourquoi François Hollande se comporte ainsi lorsqu’il est à la télévision.
    La méthode est originale: un sondage délibératif (chacun est invité à participer à un forum sur Internet pendant deux semaines), réalisé en novembre 2011, auprès de 266 personnes ayant voté, au moins une fois, pour la gauche. « L' »impensé » a longtemps perduré, sur un terrain miné par les représentants d’une droite qui se radicalise », relève Ivoa Alavoine, avocat à la cour d’appel de Paris, qui a rédigé la note de synthèse.
    Trouver la bonne formule
    La synthèse, précisément, l’électorat de gauche peine à la réaliser, tant il est divisé en deux sensibilités numériquement quasi égales: les « ouverts », pour qui l’immigration est créatrice de richesse et constitue, donc, un besoin pour la France ; et les « ouverts/fermés », qui, tout en étant d’accord avec ces deux assertions, estiment qu’il faut réduire l’immigration.
    Les premiers évoquent des positions de principe, qui ont tendance à braquer les seconds, lesquels privilégient une approche pragmatique. « La terminologie généreuse de la gauche non seulement ne convainc pas les « ouverts/fermés », mais elle a tendance à les repousser », pointe Ivoa Alavoine.
    Comment sortir du piège? L’étude observe que « les personnes interrogées ont spontanément exprimé des positions extrêmes, voire extrêmement dures. Mais dès qu’un effort [de pédagogie] a été proposé, le débat s’est pacifié » – pas tout à fait le propre d’une campagne électorale.
    Comment lutter contre le communautarisme
    Autre préconisation, dès lors que les propositions concrètes se révèlent plus consensuelles que les expressions: faciliter une « immigration réussie », quitte à en réduire le nombre. Ce qui passe par l’application à l’ensemble de la population de droits et de devoirs, à commencer par la pratique de la langue française.
    D’autres pistes sont évoquées: « admettre qu’une régulation de l’immigration du travail est aujourd’hui nécessaire (sans toutefois préjuger de l’avenir) » – au-delà des artifices oratoires du candidat UMP, une proposition de fond proche de celle de Nicolas Sarkozy; lutter contre le communautarisme, devenu une vraie inquiétude chez les « ouverts/fermés ».
    Pour son discours fondateur du Bourget, François Hollande avait demandé à ses plumes une formulation équilibrée pour évoquer à la fois la lutte contre l’immigration clandestine et un effort pour l’intégration. Celle-ci, élevée au rang de « défi » dans son discours d’Aurillac, le 22 mars, fait désormais l’objet de propos plus précis de la part du candidat. « Il s’empare réellement du sujet, de la cohésion nationale et, en réalité, de l’image que la France a d’elle-même, ce qui constitue le substrat tacite de la question de l’immigration, s’agissant du moins de la façon dont les discours politiques l' »exploitent » », constate Ivoa Alavoine.

    • C’est pour ça qu’il a validé début mars l’entrée de la Bulgarie et de la Roumanie dans l’espace Shenghen !

    • Et alors, conclusion… ?
      C’est du Mélenchon ou du Marine Le Pen ?
      Comme toujours avec Hollande, p’têt ben qu’oui, p’têt ben qu’non !

      • C’est vrai que toujours voir la vie tout en noir ou tout en blanc, c’est tellement plus simple.

        Entre fermer toutes les frontières et renvoyer tout le monde, et laisser et entrer tout le monde, y’a pas de juste milieu j’imagine…

  20. Le fils de Valérie Trierweiler s’est fait épingler par les policiers (les vilains fachos !) pour avoir consommé de la drogue devant un lycée.
    Une information incroyable que pas un seul journaliste n’a relayé, alors même que de multiples articles avaient été écrits la semaine d’avant sur le fils de Sarkozy, qui avait jeté une tomate sur un policier.
    Deux poids deux mesures…

        • L’un fume un joint devant son école, wouaw, la cata, sûrement un futur Mohamed Mera non ?

          Et l’autre a la bêtise de ses 14 ans en jetant des tomates à une policière. Effronté mais pas de quoi en faire un scandale non plus. Heureusement pour lui, Bayrou ne l’a pas pris en flag et ne lui a pas foutu de targnole :)

  21. Régulièrement attaqué sur le bilan de son mandat présidentiel par le candidat socialiste, Nicolas Sarkozy a enfin répondu à l’anti-sarkozysme de François Hollande. Histoire de rappeler aux électeurs le bilan calamiteux de celui qui a été, dix ans durant, Premier secrétaire du parti socialiste et quatre ans président du Conseil général de Corrèze.
    Elue en 2008 (avec une exemplarité démocratique si chère au parti socialiste) à la tête du parti socialiste, Martine Aubry ne tarissait pas d’éloges pour son prédecesseur et l’état de ruine dans lequel il lui avait laissé le parti (« même les toilettes ne fonctionnaient pas », aurait dit la Première secrétaire).
    A force de consensus mou et de gesticulations d’appareil pour conserver le pouvoir, le bilan du Premier Secrétaire Hollande aura été plus que famélique, ponctué par deux présidentielles perdues par la gauche et un PS sans idées ni ligne directrice, laissé à l’abandon aux « courants » des éléphants socialistes.
    Mais Nicolas Sarkozy a également attaqué sur le « système mafieux » (dixit Arnaud Montebourg) mis en place dans la fédération socialiste des Bouches du Rhône à une époque où François Hollande était farouchement soutenu par Jean-Noël Guérini (et obtenait des scores staliniens lors des votes internes à Marseille).
    « Vous demanderez à François Hollande, premier secrétaire du Parti socialiste pendant dix ans, pourquoi il a laissé se développer dans la fédération des Bouches-du-Rhône un système mafieux. Je ne suis pas le seul a avoir un bilan », a ironisé le président.
    Si le parti dirigé par François Hollande est allé à la dérive, son département a suivi le modèle grec. Grâce aux efforts du candidat socialiste (et malgré l’écran de fumée chiffré qu’il tente d’apposer sur son bilan corrézien), la Corrèze est devenu le département le plus endetté de France.
    Et si la situation économique de ce département rural n’était déjà pas reluisante avant son arrivée aux manettes en 2008, elle s’est lourdement dégradée du fait de l’accroissement des dépenses de fonctionnement et de projets aussi loufoques qu’inutiles tels que l’attribution d’iPad aux collégiens

  22. C’est bizarre, ce billet fait immédiatemment penser à ce que
    Pablo disait, au billet précédent (6 avril 2012 à 17:11) :

    « Puisque vous ne savez pas vous définir autrement que par rapport à… , c’est que votre candidat… n’a pas d’idées propres à défendre. »

    Cette remarque s’applique ici à merveille aux paragraphes successifs:

    – Nicolas Sarkozy a-t-il perdu la main ? A-t-il encore la foi ?
    – Beaucoup de bruit pour rien, tout ça pour ça : telle pourrait être la bande annonce du projet Sarkozy.
    – Le candidat Sarkozy ne dit rien sur le pouvoir d’achat, rien sur…
    – Tout laisse à penser, en vérité, que Nicolas Sarkozy n’a plus rien à dire aux Français
    – Nicolas Sarkozy a dramatiquement échoué, on le sait.
    – Son projet, c’est le repli et l’austérité à perpétuité en France et en Europe
    – La plupart des experts notent les nombreuses impasses et incohérences des évaluations du projet de Nicolas Sarkozy

    Mais sait-on qu’il en va de même chez Hollande, en comparant au programme de Sarkozy, ce qui faisait dire à Marianne.fr:
    « Il fallait entendre Michel Sapin expliquer, sur France Inter dans un débat avec Valérie Pécresse, la différence entre le programme de Sarkozy et celui de son candidat François Hollande:
    – Faisons le débat entre le 0,5% de croissance de nos dépenses publiques qui est le vôtre et le 1% de croissance de nos dépenses publiques qui est le nôtre.
    En bref, une petite dizaine de milliards d’euros. De quoi convaincre des millions d’électeurs de voter Mélenchon… »
    http://www.marianne2.fr/Michel-Sapin-allie-cache-de-Jean-Luc-Melenchon_a216397.html

    On comprend pourquoi « Le Monde » daté du 29 annonçait en première page le débat:
    « Quelle politique économique pour la France? »
    pour développer ensuite, malicieusement, en pleine page 3 :
    « A chacun sa rigueur, le débat PS-MODEM » (J. Cahusac / J. Peyrelevade)
    où éclate la connivence dans l’acceptation néo-libérale.
    Le banquier d’affaires (Banca Leonardo, gestionnaire de fortunes) et le président de la Commission des finances à l’Assemblée nationale s’y disputent le chiffre après la virgule, dans l’estimation de taux de croissance ne différant pas plus que de 0,5% !

        • Perroquet imbécile et troll dogmatique vous vont mieux que footnote, hadrien, h-toucourt, senryu etc.

    • Je ne saurais évidemment égaler les magnifiques commentaires de PMU qui précèdent, sur l’ordre d’arrivée des candidats présidentiels.
      Quelle profondeur dans l’analyse ! Au regard de tels propos sur le fond, plus personne n’osera considérer ici Sarkozy et Hollande en songeant tout bêtement:
      – pour l’un, au bilan de son quinquennat
      – pour l’autre, à l’insignifiance de son programme

    • Il est vrai que les pronostiqueurs ne se sont pas encore prononcé sur la mesure la plus décisive:
      Le versement des retraites avancé d’une semaine ? …
      ou l’allocation de rentrée scolaire augmentée d’un quart ?

    • Et cette féroce lutte contre « l’ennemi finance » ?
      Il faudrait tout de même que le contenu ne se limite pas à séparer activités d’affaires et de dépôts… co-existant sous un même toit, comme l’a déjà accepté Hollande, ce qui n’était autre que la proposition des banques elles-mêmes !
      Car c’est déjà le cas, et ça ressemble assez à un couple séparé… couchant dans un même lit !

    • Il est vrai que la finance n’a plus « rien à craindre » depuis que le candidat les a rassurés par l’entremise du « Guardian »…

  23. Pour expliquer les mauvais scores de Holl et les bons de Sarko,il y a une raison toute simple et d’ailleurs valable pour d’autres pays: il est très difficile de battre un candidat sortant parce qu’il bénéficie d’une sorte de légitimité et que ses adversaires ont l’air de lui chercher méchamment des poux dans la tête. Ainsi,aux U.S.A.,Reagan et Bush furent réélus alors qu’il était difficile d’être plus nul que ces 2 hommes et que leurs adversaires étaient bien plus valables. Voilà encore des inconvénients de l’élection présidentielle au suffrage universel…Cependant,des sortants ont été battus:Carter,Bush sénior et bien sûr, notre Giscard!!!…

    • En prenant compte les marges d’erreur des sondages, on peut simplement dire qu’il y a trois catégories de candidats:
      – les leaders (Hollande et Sarkozy)
      – les « troisième homme » (Bayrou, Le Pen, Mélenchon)
      – les petits candidats (Arthaud, Cheminade, Dupont-Aignan, Joly, Poutou)

      Difficile donc de prévoir l’ordre d’arrivée (Sarko devant Hollande ou l’inverse?) ou de consacrer d’ors et déjà Mélenchon comme le troisième homme.

      Ensuite en France, même si ce n’est pas un loi générale et absolu, le président et la majorité sortante est rarement réélu (hors contexte de cohabitation, j’entends).

  24. Il paraît de plus en plus probable que,le 22 avril,les scores de Sarko et Holl seront quasiment identiques à cx de Sarko et Segolène en 2007. Les différences résident ailleurs: il y a le gros paquet de voix mélenchoniennes qui n’existait pas en 2007 et,par ailleurs,les électeurs de Bayrou et Le Pen sont globalement plus anti-sarkozystes qu’en 2007 puisque Sarko est sortant et qu’ils ne sont pas satisfaits de son « travail ». Donc,on peut déduire de tout ça qu’Holl pourrait être élu avec 51 à 52 % des voix comme Mitterrand en 1981. Mais,rien n’est joué!!!…

    • Sauf que le travail de reconquête des électeurs du FN et du Modem par Sarkozy semble porter ses fruits. Les reports s’améliorent de jour en jour pour le second tour. Un vrai travail d’orfèvre!
      Il faut dire que Mélenchon l’y aide bien en effrayant les électeurs modérés. Quant à ceux du FN, je crois que finalement une majorité reviendra vers Sarko. D’ailleurs il s’est adressé hier soir à Caen pour la première fois. C’est un signe.
      En effet rien n’est joué…

      Wait & see

      • Non c’est sûr, rien n’est joué et encore moins la réélection de Sarko.

  25. Sarkozy hier soir à Caen raconte l’anecdote du bonus de 16 millions d’euros accordé au patron de Publicis :
    « L’autre matin, j’écoutais François Hollande à la radio, il n’avait pas l’air content. Je me suis dit que cela devait être encore la faute à un mauvais sondage pour lui. Mais non, il dénonçait la rémunération d’un patron, en disant que c’était de ma faute si on lui avait accordé un bonus de 16 millions d’euros. Bon, ben, j’ai voulu rendre service, j’ai regardé le dossier et je me suis aperçu que la rémunération de ce patron avait été votée par ses amis socialistes ! Notamment par la famille Badinter ! » Le public, hilare, en redemandait.

    • Ca ne fera pas oublier le chèque de 30 millions d’euros qu’il a versé à Mme Bettencourt, tout en augmentant nos impôts à tous.
      Avec Sarkozy, plus vous êtes riches, plus l’Etat vous aide. C’est le nouveau concept de redistribution à la mode UMP.

        • Que vous vous en foutiez, c’est votre droit. Moi, que mes impôts servent à rembourser 30 millions d’euros à Bettencourt, ça me reste en travers de la gorge et je suis pas le seul.

  26. Je partage. Mon impression est étrange sur ce coup. Comme si rien avait été préparé, persuadé d’une défaite déjà écrite et que le léger optimisme renaissant avait obligé de préparer à la hâte un truc vite fait.

    Autre idée, Sarkozy attend l’entre deux tours pour des propositions chocs.

    Ou alors des propositions plus hards ont été abandonnées.

    J’en profite pour glisser une idée. Aujourd’hui un sondage du figaro (en plus) dit ceci. Pensez vous que nos joueurs de tennis, exilés fiscaux représentent la France? réponse NON 75%. Pourquoi Hollande ne ferait pas la proposition de retire le droit de vote aux exilés fiscaux?

    • Comment on reconnaît un exilé fiscal d’un exilé non fiscal ?

    • Tout à fait d’accord.On refuse le droit de vote aux étrangers payant leurs impots en France et on maintient la citoenneté à ces pourris (pas excessif) et qui nous donnent des lecons de civisme comme le nainbeau qui dirige le payset dont la famille ramasse le maximum par ses cadeaux.

  27. Pourquoi un Sarkozy qui monte au premier tour est largement battu au second ? Comment se comportent les électorats Le Pen ou Bayrou ? A quel niveau l’abstention modifierait le sens du scrutin ? Plus le premier tour approche, plus la lecture des sondages doit se faire avec prudence. Regarder les intentions de vote ne suffit pas puisque avec un duel Hollande-Sarkozy annoncé, les éléments de popularité et de souhaits de victoire comptent aussi beaucoup. La question de l’antisarkozysme et de sa résistance à la campagne reste central dans cette présidentielle 2012.

    La dernière livraison de sondages confirme une nette dynamique Sarkozy au premier tour, en raison d’une campagne menée tambours battants et surtout d’une rebipolarisation à l’approche du vote. Plus l’heure du choix devient concrète, plus l’électeur a tendance à retrouver son port d’attache. Or la persistance électorale des blocs droite-gauche reste réelle en France, malgré un vote Bayrou à 10-12%, selon les instituts. Et le président-candidat, en représentant unique de la droite, parvient donc à unir son camp de façon assez notable si l’on se souvient de son émiettement il y a quelques mois.

    Sarkozy double Hollande dans les souhaits de victoire

    Au-delà des intentions de vote qui le donnent à 28-30% des voix selon les instituts, cette dynamique de Nicolas Sarkozy au 1er tour se retrouve dans la remontée de sa popularité et de sa cote de confiance. Ainsi, selon le baromètre mensuel TNS-Sofres/Sopra Group pour Le Figaro Magazine publié mercredi, la cote de confiance du chef de l’Etat a gagné 7 points en un mois à 33% tandis que parallèlement celle de François Hollande a perdu 6 points à 52%. Ainsi, un Sarkozy qui était très bas et un Hollande qui était très haut retrouvent avec le combat de la campagne un niveau plus logique. Toutefois, il est à noter que le niveau de confiance de Nicolas Sarkozy est beaucoup plus bas que ceux de Jacques Chirac ou François Mitterrand avant leur réélection.

    Outre la remontée de popularité, il est un autre critère important qui peut réjouir l’UMP ces jours-ci, c’est l’évolution du souhait de victoire des sondés. Nicolas Sarkozy arrive en effet pour la première fois en tête des souhaits de victoire à l’élection présidentielle, à 26% (+5 points), devant François Hollande (25%, -2), dans le baromètre TNS Sofres réalisé depuis juillet 2011. De la même manière, le bilan de Nicolas Sarkozy comme président de la République progresse avec 45% de Français approuvant désormais son action (+6 points en deux mois), contre 54% qui le désapprouvent. En outre, sa présidentialité s’améliore, 66% des Français considérant que l’actuel hôte de l’Elysée a l’étoffe d’un président (+6). Avec 50% de Français déclarant qu’il a l’étoffe d’un président, François Hollande enregistre une baisse de 9 points.

    • Vous avez quand même regroupé les sondages les plus flatteurs pour NS

      D’autres (3 au total) montrent une reprise intéressante pour FH en particulier au second tour ou il regagne 1 à 2 points. (CSA et ipsos +1, BVA +2)

      Quant à la popularité, permettez moi de rire quand on parle de gain de 7 points à 33%. C’est un peu comme si je disais « mon fils devient bon en math, il a eu 3 alors que sa note précédente était 2. Il a progressé de 50% ».

      Ceci dit restons prudent. Rien est gagné.

      • RG Sarko 24-25 Marine 19-20 Hollande 29-30 Melenchon 13-14 Bayrou 10-11
        Erreur de 2 point
        Eva joly et le reste moins de 3
        Sarko n’est pas à 28-29 manipulation pour prendre des électeurs à Marine Le Pen par un vote utileet en faisant croire que ceertains électeurs le rejoignent.Le bataillon le Pen identifié est pratiquement à 20.les abstentionistes se porteront contre Sarko soit sur Le Pen, soit sur Mélenchon et peu vers les minorités
        Voilà Nimbus dans 15 jour son verra la réalité.

  28. 06 avril 2012
    Sarkozy: « Vous voulez la gauche? Vous aurez la Grèce, vous aurez l’Espagne! »
    « Nous avons rendez-vous avec l’Histoire », a attaqué Nicolas Sarkozy à Caen devant les militants UMP vendredi après midi. « Le peuple de France ne veut pas qu’on lui vole son destin ». Le candidat UMP a indiqué que « nous avons 16 jours pour imposer le débat à un monsieur qui n’en veut pas ».

    « Il m’avaient oublié. Je suis de retour », a indiqué M. Sarkozy, moquant François Hollande qui était « seul sur le ring ». « Il n’y avait pas d’Europe, pas de crise. C’était déjà fait, déjà gagné. Cela fait plaisir de les voir se réveiller avec une légère migraine. Ils se repartissaient déjà les postes. L’aimable Mme Royal à l’Assemblée nationale. M. Fabius avec sa modestie habituelle au quai d’Orsay. Pourquoi vous déplacer? Le peuple de France a répondu non ».

    Le candidat a précisé que ne pas tenir les engagements budgétaires de la France pour ne pas devenir cible de la spéculation.

    « Y a-t-il un seul Français qui envie le sort des Espagnols ou des Grecs », a demandé M. Sarkozy.

    « Un pays fort peut conserver ce qui lui est cher. Un pays faible laissera tout partir, y compris ce à quoi il tient le plus », a estimé M. Sarkozy, qui veut opposer la compétitivité aux délocalisations. « Compétitivité, un mot intraduisible en socialisme. Compétitivité, un mot qui n’existe nulle part dans le bréviaire socialiste », a-t-il poursuivi.

    Ensuite, le candidat UMP a abordé le sujet des frontières. « Si nous avons fait l’Europe, c’est pour qu’elle nous protège, pas pour qu’elle nous fragilise ». »Europe, réveille toi, il est temps », a dit Sarkozy, qui a de nouveau prétendu que la politique de la chaise vide de De Gaulle avait fait progresser l’Europe à la fin des années 60.

    Il s’en est pris ensuite aux syndicats qui ont refusé de réformer les retraites. « Qu’est ce que je devais faire? Rester à la table des négociations et attendre? ». M. Sarkozy a dit que les syndicats n’avaient défilé que parce qu’ils savaient que lui ne changerait pas d’avis. « Si cela leur faisait du bien de défiler, je ne suis pas contre ».

    M. Sarkozy a indiqué que les pensions de retraite seraient versées le 1er de chaque mois à compter du 1er juillet, ce qui consistait la principale annonce de sa conférence de presse jeudi à Paris.

    M. Sarkozy s’en est pris à la » gauche caviar » et a repris l’affaire du bonus de Maurice Levy, patron de Publicis, dont le premier actionnaire est Elisabeth Badinter, épouse de l’ancien garde des Sceaux de François Mitterrand Robert Badinter. « Le candidat socialiste n’était pas content parce qu’un grand patron s’est versé des bonus exorbitant ». « La famille Badinter soutient le soir M. Hollande dans les meeting mais cela ne la gêne pas d’octroyer des bonus exorbitant le matin », a accusé M. Sarkozy, qui a conseillé à M. Hollande de réfléchir avant de parler.

    Faussement, M. Sarkozy a parlé de Dominique Voynet au ministère du temps libre. Mme Voynet n’a jamais occupé ce poste.

    Il a ensuite parlé de la faiblesse d’ambition de Bertrand Delanoe pour la capitale française et a profité de l’affaire pour rendre hommage à Jacques Chirac devant son épouse Bernadette.

    Ensuite, c’est Eva Joly, la candidate des Verts, qui a été attaquée. M. Sarkozy a annoncé qu’il refusait les éoliennes dans le Mont Saint Michel, les forages pétroliers devant les Calanques. Mme Kosciusko-Morizet explique que l’annonce signifie le non renouvellement du permis d’exploitation dit Melrose.

    Ensuite, on est revenu à François Hollande, accusé dde « singer François Mitterrand ». « N’est pas François Mitterrand qui veut », a accusé M.Sarkozy, reprochant la politique nucléaire de la gauche. M. Sarkozy a faussement prétendu avoir été à Fukushima, alors qu’il a passé trois heures tout compris à Tokyo, entre ambassade de France et bureau du premier ministre japonais. Et il a repris ses blagues sans cesse redites sur les risques de tsunami en Alsace à la centrale de Fessenheim et à Saint-Laurent des Eaux sur les bords de la Loire.

    Puis, vers 18h45, les attaques se sont calmées et M. Sarkozy a vanté son projet pour ne laisser aucun enfant sur le bord du chemin. Ensuite, il est passé à la formation professionnelle.

    Six minutes plus tard, M. Sarkozy a accusé François Hollande d’avoir inventé « l’élection présidentielle pour un an ». Il l’a accusé de vouloir revenir sur la réforme des retraites -« pour le candidat socialiste, il n’y a pas d’allongement de la vie »-, embaucher 60000 fonctionnaires et augmenter l’allocation de rentrée scolaire. « Qui va payez? Vous », a dit M. Sarkozy. »Vous voulez la gauche? Vous aurez la Grèce, vous aurez l’Espagne ».

    Retour sur François Hollande, accusé de faire la guerre au dictionnaire, en proposant de supprimer le mot race dans la Constitution.

    • En 1981 la droite agitait le spectre des chars russes, en 2011 elle nous agite la perte du triple A et la « faillite du pays », rien que ça ! Comme disait Chirac, « plus c’est gros, mieux ça passe! ».

      • C’est pourtant la réalité. Et c’est pour çà que Sarkozy va être réélu.

        • La réalité, c’est qe les sondages donnent 10 points d’avance à Sarkozy au second tour. La réalité, c’est que depuis 2007, Sarkozy a toujours été majoritairement impopulaire parmi les français. La réalité, c’est que Sarkozy aura été le plus mauvais des présidents de la Vè République. La réalité, c’est qu’il y aura une explosion de joie dans le pays lorsque Sarkozy quittera l’Elysée pour aller se faire du fric dans le privé.

        • On agite la ruine,la peste, le desordre etc, etc tout cela pour éviter le châtiment.Bientôt pratiquement seul nimbus , le rdv est fixé, l’heure approche le lancer de nain est autorisé bientôt

    • Sarko donneur de leçon 600 milliards de dettes à lui tout seul et il veut donner des leçons aux grecs et aux espingouins??????
      Honte de rien ou né le lendemain de la honte.
      9a va être une boscherie .Sarko c’est 25% aujourd’hui et il est prêt à tout!!!!Souvenez vous d’human bomb.Ce type est dangereux;Il faut le mettre hors d’état de nuire en l’éjectant de l’Elysée ensuite à sa sortie c’est direction le palais de justice ou alors le jugement du peuple et il est déjà condamné.Lui, Jean sans terre Guéant et………………la liste est longue

    • Sarko tout seil a fait l’équivalent de la Grece et de l’Espagne!!!!Il parle de quoi ce félé?
      Tellement nul qu’il ne sait même pas l’étendue de son oeuvre.L’histoire retiendra un président centré sur lui-même, autocrate, versant dans le népotisme permanent, et quia laissé le pays à l’agonie, dans le désordre et l’injustice.
      Ce dangereux délinquant finit ses jours en prison pour trahison de la République et pour avoir spéculé contre le pays à travers des structures financieres occultes détenues par sa famille.
      Qu’il m’attaque en diffamation .Ses feres devront rendre des comptes sur es méthodes familiales.Ce n’est pas parce qu’il a commencé dans la politique avec Pasqua qu’il fait peur à tout le monde.
      Son compte est réglé et les comptes de la familles même s’ils sont situés dans les paradis fiscaux disparus d’aprés lui sont parfaitement identifiable comme ceux de ses proches amis.Melenchon parle de récupérer ces fonds et de poursuivre les délinquants financiers partout, il a raison!!!!!On ne peut laisser les fossoyeurs de la république en liberté et impuni, ce temps là est révolu.Sarko n’a pas de onnaie d’échange contrairement à Chirac avec lui.S’il est battu, ce que confirme la réalité des vrais chiffres Sarko 25 .Marine Lepen 20-21.il peut se gonfler on va éclater la grenouille est ses crapeaux.La pourriture va être nettoyée au Karcher .Les sarkochiens vous pouvez toujours essayer de mordre, votre maître est déjà mort même s’il gestcule encore, ce sont les spasmes de l’agonie.Il n’a déjà plus de tête l’illuminé démentiel.

    • Plus de 5% de déficit public, 600 milliards de dette en plus en 5 ans, 15 milliards de déficit de l’UNEDIC, 70 milliards de déficit commercial, un chômage à 10%, le nombre de Français vivant sous le seuil de pauvreté en hausse, le nombre de RMI/RSA largement en hausse, et il voudrait encore donner des leçons de bonne gestion ? Des prélèvements obligatoires en hausse sur 5 ans alors qu’il a baissé les impôts de ceux qui n’en avaient pas besoin.

      Son projet, c’est son bilan… en pire !

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