Pierre Moscovici était ce matin l’invité de Guillaume Durand et Gilles Leclerc dans l’émission « En route vers la Présidentielle ».
EN ROUTE VERS LA PRESIDENTIELLE,Invité : Pierre… par publicsenat
Pierre Moscovici était ce matin l’invité de Guillaume Durand et Gilles Leclerc dans l’émission « En route vers la Présidentielle ».
EN ROUTE VERS LA PRESIDENTIELLE,Invité : Pierre… par publicsenat
Nicolas Sarkozy a-t-il perdu la main ? A-t-il encore la foi ? A l’observer, à regarder ses lieutenants souvent désorientés, manifestement peu informés des intentions de leur candidat, à les voir faire campagne sans vraie conviction et en ordre dispersé, alternant les – rares – phases d’optimisme et les rechutes pendant lesquelles ils décrochent et se préoccupent essentiellement de leur avenir en cas de défaite, il m’arrive parfois d’en douter. Ils attendaient – nous aussi d’ailleurs – le moment annoncé comme décisif, comme un tournant dans la campagne, celui de la présentation du projet du candidat sortant. Bien sûr, cette présentation était tardive – mais c’était pour mieux surprendre et impressionner. Evidemment, l’élaboration du texte avait été secrète, hésitante, réduite à un petit cercle – mais le talent était là. Bref, on allait voir ce qu’on allait voir. Eh bien, on a vu, et le moins qu’on puisse dire est que le résultat n’est pas un évènement, que la montagne a accouché d’une souris.
Beaucoup de bruit pour rien, tout ça pour ça : telle pourrait être la bande annonce du projet Sarkozy. Je n’insisterai pas beaucoup sur la forme. Le Président sortant s’est livré à un exercice qu’il a peu affectionné pendant son quinquennat – la conférence de presse – avec une mauvaise humeur manifeste. Il a passé beaucoup de son temps et consacré l’essentiel de son énergie à dénigrer François Hollande et critiquer les socialistes, à tenter de faire peur en évoquant le spectre de la Grèce et le contre-exemple de l’Espagne, s’attirant au passage les foudres du ministre de l’économie, conservateur, de ce pays, qualifiant ses déclarations de non-sens. Propos agressifs, devenus hélas ordinaires, caricatures qui ne peuvent convaincre, amalgames sans intérêt : ce n’est pas avec ça que le sortant pourra à nouveau entraîner. C’était poussif et défensif. Puis vint le projet, ou plutôt le soi-disant projet.
Le candidat Sarkozy ne dit rien sur le pouvoir d’achat, rien sur l’emploi, rien sur la relance économique du pays, rien sur les difficultés rencontrées par le monde industriel, rien sur l’innovation, rien sur l’éducation, rien sur l’avenir, en un mot rien sur la France…
En vérité, c’est la vacuité de la démarche et du propos qui frappe. Sur le fond, c’est un non-évènement, une compilation de mesures déjà annoncées et toujours pas financées, en décalage total avec la réalité économique et les préoccupations des Français, une gesticulation de plus. On nous promettait la République qui agit, on nous propose en vérité la République qui s’agite. Le candidat Sarkozy ne dit rien sur le pouvoir d’achat, rien sur l’emploi, rien sur la relance économique du pays, rien sur les difficultés rencontrées par le monde industriel, rien sur l’innovation, rien sur l’éducation, rien sur l’avenir, en un mot rien sur la France… Une seule nouvelle mesure en trente longues minutes de conférence de presse : avancer le versement des retraites d’une semaine – annonce déjà faite maintes fois et toujours repoussée. Les retraités s’en souviennent, cela devait leur être octroyé en compensation de la réforme en… 2010. Après avoir réduit son programme pour la jeunesse à une banque devenue simple site internet, il propose pour améliorer les conditions de vie des retraités une mesure déjà prévue, jamais mise en œuvre. Et un référendum pour demander aux Français de se prononcer sur la répartition des compétences entre deux ordres de juridiction !
Pierre Moscovici était hier l’invité de l’émission « France2012 » sur TV5MONDE.
Retrouvez, en cliquant sur l’image, l’intervention de Pierre Moscovici ce matin devant l’Association de la presse étrangère.
L’audio de la conférence est accessible en cliquant sur l’icône du haut-parleur.
Retrouvez ci-dessous l’intégralité de l’intervention de Pierre Moscovici ce matin sur LCI.
JULIEN ARNAUD
Merci d’être là. Un Français sur trois, visiblement, n’ira pas voter, selon un sondage publié hier, et visiblement ce chiffre inquiète un peu François HOLLANDE, qui dit : « Tous les sondages seront démentis à cause de cette abstention possible. Je ne sais pas quel sera l’ordre d’arrivée ». Pour poser les choses clairement, Pierre MOSCOVICI, y-a-t-il un risque nouveau de 21 avril bis ?
PIERRE MOSCOVICI
Ce n’est pas tant ça qui peut nous préoccuper, que le fait qu’une élection où il y a beaucoup d’abstention, c’est une élection d’un pays qui est en crise politique, en crise démocratique, où le rapport entre les électeurs et les élus est dégradé, et je pense que cette élection mérite une participation forte, mérite une mobilisation forte. On est à trois semaines du premier tour, eh bien moi j’en appelle justement à la mobilisation démocratique. Je peux comprendre pourquoi des électeurs sont tentés par l’abstention, parce qu’il y a eu l’élection de 2007, il y a eu les promesses qui ont été faites par Nicolas SARKOZY, il y a eu les mensonges, il y a eu les déceptions, il y a eu les trahisons…