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Conférence de presse de Pierre Moscovici, Ministre de l’économie des finances et du commerce extérieur

Catégorie : Actualité,Europe / International,Politique | Par pierre.moscovici | 07/06/2012 à 15:53

Pierre Moscovici a tenu hier sa première conférence de presse en tant que Ministre de l’économie, des finances et du commerce extérieur.

Pierre Moscovici a présenté le projet de banque publique d’investissement, fait un bilan de la séquence européenne, et partagé sa vision de la politique économique, au niveau national et européen.

Vous pouvez trouver ci-dessous le script de cette conférence de presse :

« Bonjour,

Merci à vous d’être venus à ce premier point de presse depuis que je tiens ces fonctions de ministre de l’économie, des finances et du commerce extérieur.

Je tiendrai de tels points de presse de manière régulière pour établir une bonne communication entre nous, pour vous informer sur les enjeux importants pour notre pays, je choisirai à chaque fois un ou deux sujets d’actualité. Nous aurons ensuite une série de questions-réponses, parce que j’estime en effet qu’il faut avoir une voix politique sur ces questions et faire en sorte que vous soyez vous-même informés au plus près et au plus juste de ce que nous faisons à la fois au niveau national, au niveau européen et au niveau international.

Cette méthode là, c’est une méthode qui s’inscrit dans le cadre de ce que le gouvernement a voulu, de la concertation, de la pédagogie dans les réformes, comme doit le faire un gouvernement républicain. C’est pour cela que je me prêterai volontiers à cet exercice, de manière encore une fois très régulière.

Aujourd’hui, j’ai sélectionné un certain nombre de points. D’abord, je vous parlerai de la communication que j’ai faite ce matin en Conseil des ministres sur la Banque Publique d’Investissement. La Banque Publique d’Investissement, c’est le premier des soixante engagements qu’a pris le Président de la République, François Hollande, pendant sa campagne. Et je veux vous en présenter aujourd’hui les grandes lignes, les grandes lignes d’une réforme que je piloterai en tant que ministre de l’économie et des finances, en liaison notamment et au premier chef avec Arnaud Montebourg, le ministre du redressement productif.

D’abord, pour vous dire ce qu’est la Banque Publique d’Investissement, c’est un des trois volets de la politique globale du financement de l’économie française que nous voulons organiser ou réorganiser. Le premier volet, c’est l’orientation de l’épargne des français dans le financement d’une croissance durable, et à cet égard, le Président de la République a la volonté très claire de faire en sorte que le doublement des plafonds du Livret A et du Livret de développement durable soit fait, et soit fait rapidement.

Le deuxième volet, c’est la résilience de notre secteur bancaire, en le purgeant de certains de ses excès. Nous travaillerons sur la séparation des activités qui sont utiles à l’économie, celles qui sont plus spéculatives. Et puis, le troisième volet, c’est la mobilisation de nouveaux instruments publics, comme la Banque Publique d’Investissement, et tout cela s’inscrit bien évidemment dans un contexte européen. Je me suis entretenu lundi avec le Commissaire Barnier à ce sujet là pour une meilleure régulation.

La création de la Banque Publique d’Investissement, elle répond à des enjeux très concrets, très immédiats, qui se posent pour le financement de l’économie française. Et d’abord le financement des PME et des entreprises innovantes. Nous savons que dans notre pays, il est fragile. Je suis comme beaucoup de ministres en ce moment sur le terrain, et je constate qu’il y a des besoins de financement massif qui s’opèrent là et nous savons aussi qu’il y a dans le tissu économique et notamment industriel français, une sorte de chaînon manquant ; ces PME-PMI innovantes qui font la force de l’Allemagne.

Il y a aussi le fait que le financement de certains secteurs stratégiques d’avenir, comme ceux qui sont liés à la transition énergétique, numérique, à l’économie sociale et solidaire, que ce financement là ou encore celui de certains segments, en particulier le financement à l’export, tout cela n’est pas suffisamment pris en charge par le secteur privé. D’où l’idée que l’Etat doive se doter d’un nouvel instrument pour pallier ces défaillances et pour permettre de nouvelles orientations.

La Banque Publique d’Investissement verra le jour en 2013 comme le Président de la République s’y est engagé, et ce matin d’ailleurs il a demandé que ce soit au début 2013 qu’elle voie le jour, pour répondre aux besoins des entreprises, de manière à la fois plus simples, plus efficaces et plus stratégiques. Plus simples d’abord, nous allons créer un «guichet d’entrée unique» pour les entreprises en régions. Aujourd’hui, dans les régions françaises il y a une multiplicité d’interlocuteurs, c’est très compliqué pour les entreprises. Les régions auront, au-delà de la Banque Publique d’Investissement, un rôle important à jouer, dans l’animation d’un réseau plus large. Les acteurs qui accompagnent les entreprises, je pense à l’Etat, aux régions à nouveau, aux fonds régionaux, à Pôle emploi ou aux Chambres de commerce et d’industrie. Donc, simplicité avec le guichet unique.

Deuxièmement, nous voulons que ce soit une réponse plus efficace aux besoins. La Banque Publique d’Investissement doit couvrir l’ensemble des instruments de financement, essentiellement les prêts garantis d’un côté, les prises de participations de l’autre, et elle va appuyer aussi les entreprises dans leurs projets en France comme à l’export pour qu’elles puissent trouver des réponses à l’ensemble de leurs besoins. Concrètement, elle sera chargée d’entités en charge de deux grands métiers : prêts garantis d’une part, fonds propres d’autre part.

Enfin, troisième réponse, elle doit être plus stratégique, une holding qui chapeautera les différentes entités du groupe. Cette holding de tête donnera les orientations stratégiques d’investissement dans les secteurs d’avenir, et passera des accords, là encore avec les régions pour le développement des territoires. Comment allons-nous faire ? Ce matin, c’était une communication préliminaire, une communication de méthode. Je porterai avec Arnaud Montebourg, cette réforme dans les mois à venir. Pour y parvenir, il y aura une large concertation de l’ensemble des acteurs qui sera nécessaire. Une mission de préfiguration de la Banque Publique d’Investissement sera menée qui formulera des recommandations opérationnelles rapides. Quand je dis rapides, c’est rapides, fin juillet pour le déploiement de la réforme en trois temps, d’abord la constitution en lien avec les régions. Quand je parle de concertation, je pense d’abord à la concertation avec les régions, du réseau de distribution et des guichets uniques de financement.

Deuxièmement, il faudra mener à bien les opérations capitalistiques entre les acteurs existants, et on pense au premier chef à Oséo ou au fonds stratégiques d’investissement. Puis, point d’aboutissement, il y aura un projet de loi qui portera création de la Banque Publique d’Investissement pour que celle-ci soit opérationnelle en 2013. Voilà ce projet qui a été ce matin communiqué au conseil des ministres. Des débats ont eu lieu d’ailleurs, parce que la place respective de l’Etat, des orientations stratégiques qu’il définit, des régions, est un sujet qui d’ailleurs devra être débattu aussi.

Deuxième point que je voulais évoquer devant vous, c’est la séquence européenne de contacts que j’ai pu avoir ces dernières semaines. Au cours des dernières semaines, enfin depuis que je suis ici d’ailleurs, j’ai pris contact avec beaucoup de mes principaux partenaires européens. Avec les questions européennes, avec la préparation du Conseil européen, d’impact de croissance qui sont des sujets majeurs dans le rôle d’un ministre de l’économie et des finances. Il fallait que je noue un contact rapide avec mes homologues. Dans les trois dernières semaines, j’ai rencontré d’abord Wolfgang Schäube à Berlin, le ministre de l’économie et des finances allemand. Puis je me suis rendu à Luxembourg où j’ai vu Jean-Claude Juncker, le Président de l’Eurogroup. Lundi, j’ai rencontré les trois institutions européennes. D’abord, la Commission européenne, j’ai vu Joaquin Almunia, le Vice-président chargé de la Concurrence, Michel Barnier, le Commissaire français chargé du marché intérieur, Olli Rehn, le Vice-président en charge de l’euro et des affaires économiques et financières, et l’après-midi, j’ai vu aussi Martin Schulz, le Président du Parlement européen et Harman Van Rompuy, le Président du Conseil européen.

Ce que je retiens de ces contacts, c’est une très grande convergence de vue avec nos partenaires sur la nécessité absolue de doter l’Europe d’un véritable pacte de croissance qui viennent compléter les règles communes déjà adoptées en matière budgétaire. Alors, au moment où je parle, certaines mesures, sont déjà assez largement consensuelles, en particulier sur le financement de l’économie. Je pense au lancement de l’augmentation de capital de la BEI, même s’il faudra encore vaincre certaines réticences. Je pense à l’accord politique sur les projets de bonds qui va permettre le lancement d’initiatives concrètes. Il faudra y travailler de manière là aussi concrète. Par exemple, en France, je pense aussi à une meilleure utilisation des fonds structurels européens. Il y en a d’autres qui sont des projets de plus long terme, qui redisent notre confiance dans notre projet européen qui doivent nous aider à créer des conditions de la croissance en Europe. C’est l’idée, je cite là M. Van Rompuy de «Faire entrer l’union économique et monétaire dans une nouvelle phase», de renforcer l’intégration des contrôles bancaires et financiers. C’est l’idée de l’union bancaire de commencer à dessiner les étapes qui nous permettront d’avoir une gestion européenne de la dette à travers des eurobonds.

Et puis, il y aussi les mécanismes qui permettront une recapitalisation directe des banques à travers le MES. Ce sont des projets importants, audacieux, ambitieux, et ce que nous attendons du Conseil européen des 28 et 29 juin, c’est un message fondamental en particulier dans la période d’instabilité actuelle. Car nous devons, je crois, pour retrouver la croissance, à la fois donner tous les signes de notre maintien de la confiance dans la zone euro et aussi aller plus loin vers une perspective plus dynamique. C’est bien mon intention de poursuivre ces rencontres avec ceux des partenaires que je n’ai pas encore rencontrés, à la fois pour établir de bonnes relations de travail, mais il faudrait aller plus vite que çà, parce que le 27 et 28 juin prochains, ça vient très vite. Et je pense notamment au Conseil Ecofin et à l’Eurogroup des 21 et 22 juin à Luxembourg où nous discuterons des recommandations que la Commission a proposées d’adresser à la France.

Je vous dis un mot sur ces recommandations. Je m’en suis entretenu avec M. Rehn, lundi à Bruxelles. Et au fond nous avons deux points d’accord et finalement un troisième point sur lequel nous travaillons ensemble. Le premier point d’accord il est sur le diagnostic, c’est-à-dire sur la situation de l’économie française qui est confrontée, après ces années que nous venons de passer. Je dis un mot ici de l’audace extraordinaire de François Fillon qui vient nous donner des leçons. Quand on laisse un pays dans cet état, on ne propose pas les mêmes remèdes qui ont échoué et on est un peu plus modeste que l’ancien Premier ministre. Mais enfin, je ferme cette parenthèse. Le diagnostic, c’est un triple déficit. Déficit d’activité, nous sommes en-deçà de notre croissance potentielle ; déficit extérieur, qui est un problème de compétitivité, et enfin, déficit de crédibilité, de crédibilité budgétaire. Il faut restaurer tout çà. Avec un pays, la France, qui a des atouts formidables, qui peut se redresser, qui a des capacités de le faire, mais qui est confrontée à ce défi.

Le deuxième point d’accord, c’est sur la confiance que fait la Commission dans la crédibilité budgétaire de la France. J’ai réitéré à M. Rehn les engagements qui sont les nôtres. Réduire les déficits qui sont à 4,5 % en 2012, nous le ferons. L’évolution spontanée donnerait 5 %, nous prendrons les mesures utiles. Et puis, passer à 3 % en 2013. C’est un engagement qui sera tenu. Le point sur lequel nous avons des discussions, nous allons continuer à les mener, c’est tout ce qui concerne la position de la Commission sur les réformes structurelles. Nous mènerons des réformes structurelles, mais ce seront les nôtres, car si nous avons une finalité commune, le redressement de la France, le redressement de sa compétitivité, nous avons aussi notre propre chemin. Je l’ai dit à M. Rehn et dans le point de presse que nous avons tenu, il en est convenu, il est logique qu’un pays comme la France choisisse ses voies et moyens et soit au final jugé sur ses résultats. Mais il n’a pas à se voir, ici ou là, dicter telle ou telle politique sectorielle. François Hollande a été élu sur un projet, le projet de changement, c’est ce projet là que nous mettrons en œuvre.

Je vous dis enfin deux mots, sur deux pays que vous connaissez maintenant bien, la Grèce et l’Espagne. La situation politique et économique en Grèce a été discutée au Conseil européen. Le Conseil européen a réitéré sa volonté que la Grèce reste dans la zone euro tout en respectant ses engagements. Les états-membres sont conscients des efforts importants qu’ont déjà consentis les citoyens grecs, les citoyens grecs doivent être respectés. Il faut d’ailleurs entendre les souffrances, les difficultés du peuple grec et être capables de mettre en place des politiques de croissance pour y remédier. La zone euro de son côté, a fait preuve d’une solidarité importante. Il faudra veiller à ce que les fonds et instruments structurels européens soient mobilisés pour mettre la Grèce sur la voie de la croissance et de la création d’emplois, donc il faut poursuivre des réformes pour cela. Nous espérons tous qu’après les élections il y aura un choix qui permet la poursuite de ses engagements. Nous y sommes évidemment prêts et nous en sommes même plus que prêts, nous sommes disposés à l’aider.

Enfin, un mot sur la situation de l’Espagne, je m’entretiendrai cet après-midi avec mon homologue espagnol, Luis de Guindoz, qui vient à Paris. On pourra avoir ensemble une discussion approfondie sur la situation de son pays sur la zone euro. On sait que l’Espagne a lancé une série de réformes très significatives qui concernent, à la fois la maîtrise de ses finances publiques, sa compétitivité et son secteur bancaire. Une revue de cela qui est en cours en Espagne, revue utile. Comme le gouvernement espagnol nous attendons le résultat de cette revue. Tout ceci, je peux le dire ici, va dans le bon sens, et nous n’avons aucun doute sur la détermination du gouvernement espagnol à prendre les mesures nécessaires. Si le gouvernement espagnol le souhaite, à un moment ou un autre, il lui revient d’en décider souverainement. Nous avons, dans la zone euro, des instruments de solidarité que nous pouvons mobiliser très rapidement. Et encore une fois, on n’a pas de doute sur la capacité et la volonté du gouvernement espagnol à faire ce qui est nécessaire. Quoiqu’il arrive, nous apporterons collectivement les réponses. Et donc moi, je souhaite que l’apaisement puisse prévaloir.

Dans le même temps, il faut travailler. Nous travaillons à créer les conditions de la confiance et de la croissance en zone euro, et ça me ramène à ce que j’évoquais il y a quelques instants, je pense aux mesures de court terme pour améliorer le financement de l’économie, je pense au renforcement de la surveillance bancaire, élément crucial d’une future union bancaire. J’ai pu dire là-dessus mon soutien à Michel Barnier, et enfin de nouveaux instruments dont j’ai peu parlé jusqu’à présent, ce serait notamment la possibilité, et la France y est favorable, que le futur MES puisse faire des recapitalisations directes des banques avec des conditions appropriées en matière de supervision. On va travailler ensemble dans ce but en direction du Conseil européen qui vient maintenant très vite.

Voilà les quelques sujets sur lesquels je souhaitais vous entretenir. Il y en a peut-être d’autres encore mais je suis prêt à répondre à des questions, quelques questions, pas une foule de questions. »

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33 commentaires

  • gaffg dit :

    A-ce serait plus crédible d’avoir un pacte budgétaire opérationnel, plus adapté, et appliqué
    -> ex.:passer de 3% si ça intéresse qqn à entre 2 et 5% ss certaines conditions. ex. : si plus de tant -> « droit de regard » de l’UE, il y a plusieurs intérêts
    – ça existe déjà en partie mais mal défini. dc « qu’une évo » de l’existant
    – ce serait une solution hybride entre la souverainté des états en toute circonstance et une sorte de sécurité pour les autres états+ affirmation de la « souverainté européeenne »
    – les états pourraient jouer plusieurs stratégie : « serrée » pour garder toute les commandes
    – plus large pour prendre des risques, quitte à « perdre la mise » et ds ce cas déléguer certaines décisions à l’échelon au dessus
    – plus de lisibilité pour tous les acteurs
    B-créer une cour des comptes europééne similaire à la cour des comptes française qui rendent des rapports comparables pour tous les états membres. intérets : facile à faire. ce serait une base commune plus lisible que les seuls états d’âme éparpillés,
    dispersés des chefs d’états, de commission ou de conseil ou autres

  • Aide toi et le ciel t’aidera.Le figaro est un journal droitier(un journal qui paraissait pendant l’occupation)On sait pour qui il roule.
    Il est hors de question d’accepter les pro^positions d’Angela Merckel.Ce n’est pas l’Allemagne qui dictera la conduite de notre politique.Nimbus disait amen à tout alors qu’il se gonflait d’importance au début de son quinquénat.
    Les negociations européennes se feront avec l’ensemble des états européens qu’ils soient forts ou affaiblies.L’europe n’est pas la boscherie.Aliors la crédibilité du Figaro et de ses journalistes qui n’ont aucune déontologie.Ils ont tous signé un document ou ils s’empêchaient de critiquer les entreprises alors ce journal!!!!!

  • Bangor dit :

    INACCEPTABLE !
    « Europe: Paris refuse la proposition d’Angela Merkel » titre le Figaro en citant la déclaration du noniste Cazeneuve à l’AFP.
    Si c’est vrai, Hollande a trahi ceux qui lui ont fait confiance parce qu’il affichait des opinions plus proeuropéennes que celles de Sarkozy, adepte de la méthode intergouvernementale.

    • Bangor dit :

      Je n’exclue pas une manoeuvre de déstabilisation du Figaro en ce jour de scrutin, mais si c’est le cas, il faut réagir et vite.

    • seb dit :

      A quoi bon ce « pas fédéral » pour de mauvaises raisons (« payer plus facilement les banques privées » : super motivation pour la construction européenne !) ?

      Si la Commission Européenne n’a pas su faire son boulot avant – faire respecter les traités – si les Etats membres ne sont pas capables de respecter ce qui les lient (les traités), si surtout on continue à faire des « plans de sauvetage » qui aggravent la situation…Je ne vois pas l’intérêt de nous « fédérer » (plus ou moins) en plus dans un contexte où il apparait évident que les citoyens Français n’y sont pas prêts (pas plus qu’en 1789, ils n’étaient prêts à la République)

      Conséquence directe, du dernier pan de sauvetage en date : la Dette publique espagnole pourrait dépasser. Elle devrait passer de 68.9% du PIB en 2011 à 94.2% en 2013 ! Voilà qui va « aider » le pays…On en convient !

      Je rappelle que ce plan d’aide est entièrement considéré comme de la Dette.

      Les données sont établies à partir d’un Plan d’aide de 100 Milliards d’Euros. C’est ce qui était attendu. Et c’est ce que les marchés ont obtenu. Par contre, le FMI précise pour sa part que l’aide sera d’ un minimum de 40 Milliards d’Euros et pour un maximum de 100 milliards d’Euros.

      On attend donc de voir quel montant exact sera accordé. Il est encore trop tôt pour le dire. Au minimum, si on en croit le FMI (avec un plan à 40 mds €), la Dette publique espagnole augmentera d’au moins 10,1 Points en 2 ans, passant de 68,9% du PIB en 2011 à 79% en 2013. Tout çà pour sauver des banques !

      …Banques, on omet de le mentionner, détentrice d’un capital, d’actionnaires/associés, et bien sur d’actifs importants (propriété, immeubles, etc.)

      J’en reviens au super « plan de sauvetage ». Ce dernier revient à ce que le « Gouvernement espagnol renfloue les banques espagnoles, et que les banques espagnoles renflouent le gouvernement espagnol! » C’est ce qu’a déclaré le prix Nobel d’Economie Joseph Stiglitz dans une interview à un media anglosaxon.
      Pour lui, « c’est de l’économie vaudou ».

      En fait, ce Plan va rendre encore plus difficile et plus coûteux d’ici deux ans les adjudications de la Dette espagnole. Le fait de vendre des obligations va s’avérer plus compliqué. Car aujourd’hui, qui se porte à l’achat de la Dette espagnole ? Les banques espagnoles elles-mêmes ! C’est donc le serpent qui se mord la queue..

      Etant donné que les banques espagnoles, y compris la Banque d’Espagne, sont les principaux acheteurs de la dette espagnole – selon un rapport publié par la Banque Centrale espagnole – le fait est que le Gouvernement espagnol puisse avoir à demander (dans un proche avenir càd d’ici 1 ou 2 ans) à demander un soutien de la part des mêmes institutions à qui il a apporté son soutien aujourd’hui ! Allez comprendre… Mais on en reparlera le moment venu, si cela se produit.

      On le voit. L’objectif à l’heure actuelle est porté sur la réduction des coûts d’emprunt, à grand renfort d’aide qui sont pour le moment sans contrepartie. il est avéré aujourd’hui que c’est un jeu risqué. Ces actions sont même de nature à aggraver la crise, avec au passage la possibilité de mettre en péril l’avenir de la monnaie unique. D’autant qu’ on aurait presqu’oublié l’enjeu qui se dessine : les élections grecques la semaine prochaine. Avec comme possibilité la sortie de la Grèce de la zone euro.

      C’est un fait : la BCE a voulu plier ce plan d’aide à l’Espagne AVANT les élections en Grèce du 17 Juin. Comme d’habitude, sans le moindre appui démocratique !(Comment fait on pour sortir les sommes mentionnées (20 milliards apparemment, alors même que nous n’avons pas de Parlement pour les voter ? La séparation des pouvoirs n’existe plus ?)

      La BCE a souhaité le faire pour prendre ses précautions – au cas ou le vent tourne en Grèce. Il s’avère que si le scrutin en Grèce ne parvient pas à faire émerger une majorité soutenant les mesures d’austérité liées au deuxième plan de sauvetage, c’en était fini pour l’Espagne. Puisqu’ en cas de sortie de la Grèce de la zone euro, les analystes et les agences de notations s’accordent pour dire que l’Espagne et l’Italie figureront parmi les pays les plus exposés à une telle déflagration.

      Aujourd’hui, la sortie de l’Espagne de la Zone euro n’est plus un tabou. C’est est même évoqué par le ministre de l’Economie Luis De Guindos lui-même (il annonçait fin Mai que « l’euro est en jeu en Espagne et en Italie »).

      Ce n’est pas le scénario le plus réaliste à mon sens, mais c’est une possibilité que les marchés ont commencé à intègrer. Signe de cette extrême faiblesse, on observe une grosse pression sur les Taux espagnols : en Mars, le Gouvernement rejetait l’austérité.. On était à 4.8% sur l’Emprunt à 10ans.

      Ce taux est passé à 6.6% aujourd’hui. Pour rappel, au-delà des 7% on était dans un cas similaire à celui de l’Islande !

      A l’évidence, la seule stratégie actuelle est d’acheter du temps.

      On sauve le système. On le maintient à flot. Qu’il ne chavire pas. Mais le soucis, c’est qu’il continue à prendre l’eau. Alors on raffistole. On met des bouts de rustine.

      Au-delà de ce plan Anti-naufrage, la question qu’on peut se poser maintenant, c’est de savoir si la stratégie adoptée avait été une faillite des Banques espagnoles. Avec une refonte en profondeur du système bancaire, exactement à la manière de réponse apportée lors de la Crise asiatique de la fin des années 90.

      Je rappelle qu’après deux années de Crise (intense, il est vrai), la région asiatique avait alors connue un formidable renouveau. Pour preuve, l’épicentre de la Crise asiatique, la Thaïlande, est à +6% de croissance cette année.

      Mais le fait est qu’aujourd’hui avec l’Espagne on ne sait même pas si ce pays reprendra un jour le vrai chemin de la Croissance (je parle d’une croissance durable supérieure à +2%).

      Bref, on continue à acheter du temps. Chèrement. Mais c’est une façon de laisser la main aux politiques et d’annoncer que tout est « sous contrôle ». Jusqu’à quand ? Jusqu’à ce que l’Espagne ait une Dette publique supérieure à 200% du PIB ? Ou jusqu’à 2013…Quand les Allemands, par lassitude, vont envoyer bouler Angie et cie ?
      http://www.les-crises.fr/jusqu-a-allemands-craquent/

      • lola dit :

        @seb 22h37 .Je ne connaissais pas ce site, il y a des choses intéressantes , et un lien avec le blog en fr.de Noam Chomski; ce qui est sujet à réflexion ; c’est le débat qui fait avancer. J’ai lu ,sur le monde.fr (idées) l’interview en fr. de niall Ferguson et de nouriel Roubini « créons une Europe des banques » (plus complet ds le Financial times)tout ce qui permet d’avoir une meilleure approche est bon à prendre ; je désespère de l’Europe, quel destin, avec qui ,comment,et en vue de quoi ? « Hurried Spanish banking bail out »; le concept-europe renvoie-t-il à du positif ou n’est-il qu’une illusion, une image qui est bancale? renflouer précipitamment les banques, constamment ?

  • Bangor dit :

    Editorial du Monde daté d’aujourd’hui :

    « M. Hollande est un fils spirituel de Jacques Delors et de François Mitterrand, deux des pères de l’euro. On ne doute pas de sa réponse à Mme Merkel. Il devrait dire oui à ce petit pas fédéral pour sauver l’euro, quitte, ce jour-là, à envoyer M. Fabius en tournée à l’autre bout de la planète. On attend le discours du président Hollande sur l’Europe. »

  • lola dit :

    Cela pourrait être une réponse à Pablo et à Nicolas ; je suis allée lire les 2 articles de Terra Nova, très intéressants, de même que la note et les commentaires ; pas question de me lancer ds un com.bien trop long ; j’en dirai une phrase : « aujourd’hui plus que jamais une pédagogie et une reconquête du sens des mots est nécessaire »; il y est fait allusion à Yazig Sabeg dont j’avais apprécié le travail //je suis triste quand j’y lis les mots de « primo-arrivants, impulser, impacter, minorités visibles, termes euphémisés » etc …et cela a ,pour moi, un lien très direct avec la situation politique actuelle sur plusieurs points ;
    pour penser mieux je viens de m’offrir le livre d’a.Levy-Lang : « il faut maîtriser la finance, qu’en pensent les économistes « ? et pour m’y retrouver, un autre sur « sociologie du personnelde l’U.E. »(que je n’ai pas encore trouvé)
    Lasse d’errer dans des brouillards insupportables //je vais manger de la salade et aller nager à défaut de pouvoir monter à bord du Belem ;après cela ,celui qui me parle de « normal, exemplaire,créer des richesses » etc…je lui rentre dedans ; arrêtons la langue de bois,il faut agir, que les dirigeants des états-membres agissent, et que les dés ne soient pas pipés ; et oui ,j’irai tt de même voter.

  • seb dit :

    Au sujet des points concernant la situation européenne, quelques interrogations :

    **Vous dites que si vous êtes d’accord sur le diagnostic avec la Commission Européenne, concernant la France, vous êtes hostile à ce que celle ci impose les moyens pour parvenir à un résultat (ici le redressement du pays). Autrement dit, vous semblez assez favorable à un maintien de la souveraineté nationale en terme budgétaire/politique/économique.

    Une vue que je partage – sans doute pas pour les mêmes raisons que vous mais au fond qu’importe – mais qui m’apparait incohérente avec votre volonté de centraliser le pouvoir législatif, au bénéfice de l’exécutif européen (et par là même au détriment du législatif national) qui exige des pertes de souveraineté nationale plus qu’importantes (donner à la Commission, et pire encore au Conseil exécutif du MES un droit de veto sur les décisions du Parlement c’est clairement imposer un mandat impératif aux élus).

    Ne serait il pas envisageable – et peut être préférable – de repartir du traité de Maastricht et de faire en sorte que les citoyens européens (en tant que personne physique ou morale) puissent poursuivre, devant la CJUE ou/et leur Cour Constitutionnelle, leur Gouvernement et les « institutions » européennes s’ils en violent les règles ? Cela aurait le mérite de rassurer les investisseurs (qui savent ce que vaut la parole politique !) et de responsabiliser (et unifier) les citoyens européens, en leur donnant la possibilité de contraindre leurs gouvernants à respecter les textes dérivés de la Constitution nationale. On éviterait, dans le même temps, les «petits arrangements» entre membres du Conseil Européen et Commission Européenne, pour dépasser des règles prescrites. Et cela ne coûterait, par ailleurs, pas un sol à l’UE, puisque les citoyens ne seront pas payés pour réaliser ce contrôle, tout en donnant un coup de transparence réel à l’UE. La mesure pourrait être prescrite pour tous les traités : ainsi, la France pourra t elle voir sa langue défendue…Si les Ministres en fonction, oublient de la faire respecter !

    **Autre interrogation : vous dites qu’il est logique qu’un pays comme la France ait la possibilité de choisir les moyens de redresser son économie. Qu’on ne lui impose pas de schémas directeurs. Je suis d’accord…Mais la France (pour des raisons x) bénéficierait elle d’un privilège en la matière ? Apparemment, puisque vous nous dites que la zone euro veut que la Grèce reste dans l’euro (comme si elle avait le moindre droit de veto en la matière !) et que vous accolez, respect d’engagements antérieurs (par la majorité sortante) et possibilité de rester dans la zone euro. Est ce à dire que la Grèce n’aurait pas les mêmes droits que la France ? A savoir écouter les instances européennes mais suivre ses propres choix ? Est ce à dire que le Parlement français ne devrait pouvoir se faire dicter sa conduite…Alors qu’il en serait autrement pour les élus Grecs ? Depuis quand une majorité sortante impose t elle à la nouvelle des engagements pris sous la mandature précédente ? Depuis quand certains élus européens sont ils pourvus d’un mandat impératif ?

    Pour ce qui est du MES, j’aimerais vous rappeler qu’il ne peut entrer en vigueur…Tant que le traité fustigé par M. HOLLANDE ne l’est pas. Donc, à moins que ce dernier change d’avis sur la question, on ne peut mobiliser le MES pour renflouer (en plus) des banques qui ont la possibilité de se sortir d’affaires sans les contribuables (qui payent ces renflouements). Au passage, là encore, les euro bonds sont inconstitutionnels. (Interdiction par le traité de Lisbonne qui est (à ma connaissance) en vigueur, idem pour Maastricht, et qui (à preuve du contraire) est juridiquement supérieur au MES/FESF, etc.)

    **Dernière interrogation : vous souhaitez (apparemment) renforcer la centralisation des pouvoirs en direction de l’UE. (Union politique, budgétaire, etc.) En soi, pourquoi pas, mais là encore, un peu de cohérence politique serait bienvenue : comment comptez vous, tout à la fois, donner plus de libertés aux élus locaux et donner une cohésion européenne ? On peut être girondins mais c’est tout de même difficile de prétendre donner une liberté qu’on va reprendre si vivement.

    Surtout, cette centralisation européenne est elle possible ? Le déroulé même de la crise depuis 2008 a eu tendance à accentuer des tendances hostiles dans l’opinion publique à une telle évolution qualitative de l’Union européenne .

    Tout d’abord, jamais auparavant depuis les années 1950, ne s’étaient autant exprimés aussi ouvertement dans l’opinion publique des rancœurs réciproques prenant pour cible d’autres Européens : imaginer une “Fédération de l’Euro” qui comprenne la Grèce et l’Allemagne après tous les mots doux échangés de part et d’autre suppose tout de même une bonne dose d’optimisme, mais sans doute faut-il oublier les offenses et savoir pardonner en bons chrétiens !

    Au delà de ces rancœurs diffuses, il faut tenir compte des situations politiques nationales dans 17 ou 27 États, en plein milieu d’une crise économique majeure où l’Union européenne n’a guère joué aux yeux des populations un rôle bien positif. La zone Euro est tout de même en train de battre ses records de chômage ces temps-ci. Cependant, du point de vue des forces partisanes, la difficulté n’est sans doute pas insurmontable. Même le PM d’Angleterre nous joue son hymne à l’UE, c’est dire !

    Et puis, il y a – tout de même – les citoyens. Si nombreux, sont les membres de la Commission à rêver de sommets européens type Congrès de Vienne, où les populations n’avaient pas leur mot à dire, nous sommes aujourd’hui (heureusement) dans des systèmes un peu plus démocratiques…Même si certains élus n’ont guère hésité à passer outre la volonté souverainement exprimée par les Français…

    En Allemagne, les partis semblent unis – et encore – dans le “plus d’Europe” si l’on en croit les déclarations publiques de leurs responsables. Mais personne ne peut dire qu’elle serait la dynamique d’une campagne référendaire (obligatoire suite à décision Cour suprême) demandant aux Allemands la fin de la République fédérale comme État pleinement souverain. Le succès immédiat de librairie du livre contre l’Euro de Thilo Sarrazin, Europa braucht des Euro nicht [l’Europe n’a pas besoin de l’Euro], en dit long sur une certaine humeur “isolationniste” outre-Rhin !

    J’imagine aussi les difficultés de ratification d’un tel traité de “Fédération de l’Euro” en France. (Obligatoire là encore, puisque la souveraineté est essentiellement nationale (DDHC) et que le CC a clairement dit, dans son jugement sur les traités, que tout transfert était acceptable si le but prescrit restait l’union de pays pleinement souverains nationalement parlant)

    Par ailleurs, cette “Fédération de l’Euro” sera symboliquement d’une faiblesse insigne. Elle ne sera au mieux qu’un expédient économique nécessaire. Aucune logique “sentimentale” ne la définira vraiment, tout à fait à l’image de la signalétique neutre des billets de banque européens, contrairement à l’Union européenne elle-même, qui, si elle ne fait pas vraiment rêver grand monde, possède au moins le mérite d’avoir l’ambition d’unifier tout le continent européen ! De plus, le statut de la langue anglaise comme lingua franca de la “Fédération de l’Euro” y sera d’autant plus étrange qu’a priori seule l’Irlande utilise cette langue comme langue courante, et que, bien sûr, le Royaume-Uni sera marginalisé dans le fonctionnement de cette dernière. Il serait démographiquement logique de passer à l’allemand (parlé en République fédérale et en Autriche), mais là, pour le coup, je sens qu’il va y avoir des réticences de ce côté-ci du Rhin !

    Enfin, la voie pour arriver à cette “Fédération de l’Euro” semble devoir être dans la foulée de ce qui a été fait depuis 2008. La résultante de choix pris dans des conciliabules d’experts, par les Exécutifs nationaux en charge des affaires. Vu l’importance de l’enjeu, on pourrait encore espérer à ce stade que les dirigeants nationaux innovent ! De toute façon, s’il s’agit de faire de grands changements à l’architecture de l’Union européenne actuelle, il faudra convoquer une “Convention” avant de passer à la C.I.G. et aux ratifications nationales à l’unanimité des États membres.

    L’autre souci, c’est aussi que ces conjonctures s’appuient sur un « plus d’Europe ou le chaos ». Or, à part quelques minorités actives, il n’existe pas de volonté réelle d’Europe, entendu comme la volonté de créer quelque chose qui dépasse définitivement les États nations. Il n’y a que la peur du vide, de l’aventure, du chaos. A l’image du traité de Troyes, porteur d’espoir sur le moment – la paix enfin ! – qui n’avait pas tenu compte du fait que la France, comme l’Angleterre, ne pourraient pas s’unir.

    • Bangor dit :

      Faute d’arguments, vous nous servez un long plaidoyer contre la construction européenne.

      • seb dit :

        Faute d’arguments dites vous…

        Mais dites moi, quels sont donc les vôtres ? Quels succès avez vous à proposer ? Quelle légitimité, aussi, y aurait il à construire dans le seul but d’éviter ce qu’on ne cesse de nous promettre (le chaos) ?

        Vous dites aussi que je fais là un plaidoyer « contre la construction européenne ».

        Rien n’est plus faux. Je suis un fervent partisan d’icelle !

        Ma différence avec vous, c’est que je ne confonds pas l’idéal européen (une Europe forte) avec sa représentation (UE) pas plus que je ne confonds la France avec sa représentation (Etat, partis politiques) !

        On peut aimer une idée et trouver quelle est travestie par ceux censés la mettre en oeuvre.

        C’est vrai pour la France, dont les idéaux sont souvent mis de coté par nos dirigeants ; c’est vrai pour une organisation comme l’Eglise qui a souvent oublié la parole du Christ ; c’est encore vrai pour la construction européenne qui est souvent brandie par ses propres adversaires.

        • Bangor dit :

          Je suis un partisan convaincu d’une Europe politique, fût-elle imparfaite, alors que vous semblez renoncer à toute construction qui ne serait pas parfaite.

          • domi 25 dit :

            J’abonde à vos propos Bangor 21 : 16 Aujourd’hui, les petits pas dans la reconstruction européenne,valent mieux que l’immobilisme mortifère. Les actes valent plus que belles paroles! Au travail, le changement c’est…

          • seb dit :

            A Bangor :

            Je ne souhaite qu’une seule chose : qu’on ne bâcle pas les choses. Pour pouvoir être heureux quand on arrivera au bout de la construction.

            Ne partagez vous pas cette vision des choses ? Pourquoi chercher à précipiter les événements au lieu de donner du temps…Au temps ?

            Je ne suis pas contre une union politique. Je constate simplement que les citoyens européens ne sont pas prêts à cela. Et je ne vois – surtout – aucune raison de les y contraindre. Surtout pour de mauvaises raisons (« sauver les banques » : quelle motivation !)

            Si nous souhaitons vraiment, un jour, construire une Europe politique, nous devons le faire avec soin, amour, et en prenant le temps de cet ouvrage…

            Nos ancêtres ont essayé – peut être parce qu’eux aussi étaient trop enthousiastes – d’imposer la République en France.

            -La première fois, celle ci a été proclamée dans l’indifférence la plus totale. La victoire de Valmy ayant un retentissement bien plus imposant que celle ci.

            -La deuxième fois, les Français n’ont accepté la République que du bout des doigts. Et pour cause, « grâce » à l’impayable Robespierre, le terme « République » était associé à la Terreur.

            -La troisième fois, la République a pu reprendre des couleurs parce qu’enfin les « élus » se sont rendus comptes qu’il fallait faire comme les rois de France : faire aimer le régime politique en faisant en sorte qu’il devienne une partie intégrante du « citoyen ».

            -la quatrième fois, la République a tenu car elle s’est faite « sociale ». Bref, elle s’est donnée un but qui allait avec les citoyens.

            -la cinquième – et dernière ? – fois, le Général De Gaulle a compris que les Français étaient des royalistes républicains. Il a donc repris le « schéma » constitutionnel de Louis XVI, et depuis nous vivons avec un régime qui « dure » pour
            la simple raison qu’il prend les acquis de la Monarchie et de la Révolution française.

            Au lieu de tirer des leçons de nos erreurs « nationales », nous les reproduisons au niveau européen, en témoigne les traités soient disant « durables » qui ont une durée de vie de plus en plus courte…Enfin, depuis 2008, c’est encore plus fort, on « oublie » les traités, on les viole, et tout va bien !

            Permettez moi de préférer bâtir une Europe politique qui soit aimée par les citoyens (comme la République l’est par les Français, bien qu’imparfaite).

            Une Europe reposant sur des fondations solides et cohérentes avec le message délivrée. Je ne comprends pas que le Gouvernement puisse détenir des pouvoirs législatifs à Bruxelles et exécutifs à Paris. Où est la séparation des pouvoirs…Tant prônée et mise en place dans chacun de nos pays ?
            A quand un PE ayant « l’initiative parlementaire » comme chacun des Parlements nationaux ? Pour moi, des élus qui ne peuvent pas proposer une loi sont impuissants. Pour moi, des élus qui dépendent du bon vouloir, non des électeurs, non de leur parti, mais d’exécutifs nationaux, ne sont pas indépendants. Dès lors, comment tolérer ce mandat impératif qui est leur ? Et comment pourrait il avoir une « profession de foi » s’ils ont moins de pouvoir que…Le Tiers Etat en 1788 ? (Qui avait au moins la possibilité de présenter des « doléances » au monarque !!)

            La perfection…Non. Des bases solides, oui. A quoi bon bâtir un édifice si on construit ce dernier sur un sol marécageux ? (Nous n’avons, hélas, par les ouvriers de Louis XIV pour contourner le problème)

  • chapelle dit :

    que dieu vous bénisse
    que la paix soit avec vous
    très belle idée
    merci pour le rassemblement

  • seb dit :

    Quelques questions et remarques :

    **Bon, je commence tout de suite avec le brave M. FILLON a qui vous faites l’honneur d’une petite ligne. Je trouve cet homme particulièrement odieux, surtout aux vues de ses arguments. En effet, celui ci explique qu’il faut voter pour son parti…Pour éviter de se voir trop lourdement imposer ou/et taxer (ce qui revient au même, puisqu’en France, les taxes sont éternelles et non temporaires. Un bonbon à celui qui me trouvera une taxe provisoire !)

    Le souci (pour lui) c’est que lorsqu’on regarde les chiffres, on observe que sur l’ensemble du quinquennat, M. FILLON a augmenté les prélèvements sociaux sur l’épargne de 3,4 points, les faisant passer de 12,1% à 15,5%. ils s’ajoutent à une fiscalité d’État qui a porté le niveau du prélèvement libératoire de 16% à 24% au cours du quinquennat (21% pour les dividendes). En clair, un placement qui était imposé à 16% de prélèvement libératoire plus 12,1% de prélèvements sociaux en 2007 ( soit 28,1%) le sera désormais à presque 40% de quoi encourager nos entreprises ! 11,4 points de hausse en cinq ans…

    Cette hausse de la CSG sur les revenus financiers est d’autant plus étonnante qu’elle entre en totale contradiction avec l’affichage, purement factice il est vrai, de la fiscalité entre la France et l’Allemagne. Vaccinée depuis la fin des années 1980 contre tout excès de taxation du capital (qui avait à l’époque fait fuir les capitaux massivement au Luxembourg), notre voisin taxe de façon beaucoup plus légère les épargnants. En revanche, notre voisin a un impôt sur le revenu plus lourd qu’en France, avec un taux marginal supérieur de 45% exactement le taux annoncé par François Hollande dans son projet présidentiel…! A se demander qui voulait se conformer au « modèle » allemand !

    **Passons à présent à votre « programme » ministériel. Vous prévoyez de créer une BPI en association avec OSEO, dont le but serait de faire le métier des banques, qui elles, renâclent (peut être avec de bonnes raisons…Elles ne sont pas toutes ennemies !) de prêter à des entreprises désireuses d’investir. A terme, vous en espérer des profits en terme de croissance, d’emploi, d’investissement. Coût de la mesure (si l’on se dit à M. HOLLANDE) : 20 milliards par an de budget. D’où les sortira t on ? Mystère.

    Pourquoi, au lieu de vous embêter à créer un nouvel outil – aux x existants – ne pas privilégier une action concertée, dynamique et active, en direction du capital d’investissement ?

    Aujourd’hui, nos PME/PMI ont deux problèmes.

    D’une part, elles ont des commandes qui augmentent rapidement, mais elles doivent faire l’avance de trésorerie pour produire (ce qui creuse leur trésorerie. D’autre part, elles sont amenées à réaliser des investissements stratégiques pour développer leur société. (Investissement R&D, infrastructures, internationalisations)

    En clair, ces sociétés ont beaucoup de mal à former le capital nécessaire à leur croissance de départ ou de développement. Pensez vous les y aider par le biais de la BPI ?

    En effet, une entreprise choisira toujours d’obtenir un prêt auprès de la BPI avant de se rendre dans une banque dite classique.

    –Premier effet pervers : ce ne sont pas forcément les entreprises qui auront fait chou blanc à la banque qui bénéficieront des prêts.

    –Deuxième effet pervers : après avoir postulé, l’entreprise
    pourra ne pas obtenir le prêt de la BPI…Et devra donc aller à la banque, qui dès lors verra en ladite société un postulant risqué. Même si la raison la plus valable d’un tel rejet est en fait un trop gros succès de la mesure (en nombre de demandes) qui nécessitera un tri et donc des perdants.

    –Troisième effet pervers : en prêtant, OSEO/BPI donnera un «bon bilan» comptable mais ne changera pas la donne : le capital sera toujours aussi faible (la BPI faisant des prêts et non des investissements) et donc nous continuerons à décrocher.

    –Enfin, parce qu’il s’agit d’argent public, nous ne sommes pas à l’abri d’une utilisation pervertie des sommes engagées. A l’image de la CDC, qui avait un but louable mais est devenu un instrument d’aide aux amis du pouvoir ou de lubies périodiques.

    Si vous souhaitez vraiment aider les entreprises – et pas seulement dans une perspective quinquennale – vous avez le pouvoir de le faire. Et puisque l’État ne peut couvrir le capital de toutes les sociétés existantes (heureusement d’ailleurs), pourquoi ne pas les aider (comme en Allemagne, puisque c’est justement la solution qu’ils ont adopté) en leur donnant la possibilité d’augmenter leur capital, les fonds propres de la société ? Cela en louant et en agissant activement en faveur du capital d’investissement ?

    Comment ? En enlevant toutes les obstacles à l’ouverture du capital des dites sociétés. Tant du coté des entreprises, des associations, des fonds…Que des particuliers eux mêmes.

    Ex : une mesure très simple serait d’augmenter significativement le pourcentage de la réduction sur l’IR pour les personnes physiques qui investissent au capital d’entreprises non cotées. Il me semble, en effet, et jusqu’à preuve du contraire, que les personnes assujetties à l’IR sont bien plus nombreuses que les ISF, et bien plus volumineux en terme de potentiel financier.

    Donc, il serait bien d »inciter fiscalement toutes les assujettis à l’IR d’investir dans du non cotée !

    Dans le même temps, vous pourriez créer des conditions favorables pour que les investisseurs institutionnels (et notamment les fonds d’investissement basés à l’étranger) financent des fonds de capital risque en France (toujours avec l’outil fiscal).
    Les Français sont des capitalistes qui s’ignorent. En effet, les français sont un peuple épargnant (comme les Japonais).

    En réorientant leur épargne, on pourrait obtenir deux choses :

    1) Sécuriser le présent et restructurer la dette souveraine de l’État (les français doivent prêter à l’État par émission d’obligation « obligatoire »). Il est préférable pour tout le monde que l’État emprunte à 3 ou 4% auprès des Français qu’à 6% ou plus auprès des marchés (= auprès des banques privées ou d’autres États)

    2) Préparer l’avenir et favoriser la création et le développement des entreprises innovantes (l’épargne devra être investie dans les fonds propres des entreprises non cotées, par conséquent l’avantage MADELIN devrait être encore plus renforcé) L’investissement dans les entreprises non cotées peut sembler à priori très risqué, mais les rendements des sociétés de gestion de fonds d’investissement démontrent clairement le contraire. Il rémunère très bien ses investisseurs, bien mieux que les actions cotées et les titres obligataires du marché boursier. Mais pour bénéficier de son retour sur investissement, l’investisseur doit accepter d’une part d’être patient (5-10 ans avant retour, et oui le temps de l’économie réelle !), et d’autre part accepter d’enregistrer des pertes à court terme dues aux frais de gestion.

    A cela, vous pourriez rajouter quelques signes économiques
    bienvenus en direction des fonds institutionnels et autres :

    **Faire en sorte que les créateurs d’entreprise qui ont une participation de moins de 25% dans l’entreprise ne payent pas l’ISF. Actuellement, c’est le cas, d’où les craintes de certains fonds à investir dans nos entreprises…Et si une exonération existe, elle ne vaut que pour les dirigeants actifs. Ce qui explique l’absence de renouvellement générationnel.

    **Taxer le financement par la dette plutôt que le financement par l’augmentation des fonds propres. Actuellement, il est plus intéressant de demander un crédit que d’avoir des associés ! En effet, les intérêts versés sont déductibles de l’IS…Alors que les dividendes sont taxés. Le FMI est intarissable sur les effets pervers de cette distorsion, qui fragilise les entreprises en période de mauvaise conjoncture. Il serait donc bon de ne pas rendre déductibles les dits intérêts et de taxer un peu moins les dividendes lorsqu’on est sur du non coté.

    Autre point, non négligeable : si vous utilisez l’outil fiscal, il va y avoir une très forte communication des mesures auprès des entreprises, organisations, particuliers…Car elles seront notamment relayées par des magazines professionnels (l’usine nouvelle, le petit abécédaire des mesures fiscales, comment réduire son impôt, etc.) et par le « bouche à oreille ».

    Au reste, il n’y aura aucune difficulté pour les entreprises à être « contactés » par les fonds renseignés plus haut ou pour les particuliers à investir chez icelles, puisque – là encore – des magazines spécialisés ou organismes spécifiques vont mettre l’information à disposition du créateur et des investisseurs.

    Cela fait autant d’argent à ne pas dépenser en « comm ». Et autant de praticité aussi, puisque vos services n’auront qu’à communiquer aux chambres de commerce (notamment) les nouveautés fiscales intéressantes.

    En donnant des outils aux acteurs « manquants » du système, vous dégorgerez aussi les banques, qui pourront faire ce qu’elles savent faire : à savoir prêter pour des dépenses ponctuelles pas nécessairement stratégiques. Ex : un achat d’une remise pour ranger du matériel.

    Et surtout vous aurez le mérite d’avoir, en asseyant solidement le capital des sociétés, réussi à mettre fin aux deux problématiques qui (semblent) vous tiennent à coeur.

    • Bangor dit :

      « vous dégorgerez aussi les banques »
      Voila un programme ambitieux et intelligent ! Rappelons que la crise des dettes souveraines a conduit les banques au bord de l’implosion.
      Ne serait-il pas préférable de louer votre remise ?

      • seb dit :

        A Bangor :

        1) Personne n’a demandé aux banques d’absorber des créances pourries

        2) Je ne suis pas responsable de la complaisance de la Commission Européenne envers ses membres peu scrupuleux en terme de gestion

        3) Il n’y a pas de « crise des dettes souveraines » (sinon, pourquoi les investisseurs continueraient ils à faire confiance à des pays bien plus endettés ou « risqués », alors qu’ils ne le font pas pour des pays européens « riches » ?) mais une crise de confiance…Aux conséquences financières, économiques, sociales, etc.

        Les investisseurs sont simplement logiques ! Si un Etat acquière les créances pourries de ses voisins ou/et des banques…Et bien pourquoi ferait il confiance à tel Etat ?

        Au reste, les mêmes investisseurs voient bien que les Etats signataires de traités contraignants, peuvent les violer à leur aise, avec la complaisance de la Commission ! Alors qu’un pays comme le Japon, qui emprunte auprès de ses citoyens, est bien perçue. Tout simplement parce qu’il peut y avoir une sanction politique !

        Maintenant, si vous voulez continuer à payer pour « sauver » les pauvres banquiers, bien à vous.

        • Bangor dit :

          1) Personne n’a demandé aux banques d’absorber des créances pourries
          Non, mais les emprunts des états n’étaient pas considérés comme des « créances pourries », bien au contraire. C’est la crise des subprimes aux Etats-Unis qui a servi de révélateur.

          2) Je ne suis pas responsable de la complaisance de la Commission Européenne envers ses membres peu scrupuleux en terme de gestion
          Non bien sûr,mais ce n’est pas une raison pour vouloir « dégorger aussi les banques ». Ce ne peut pas être un objectif.

          3) Il n’y a pas de « crise des dettes souveraines »
          Si, dans la mesure où la plupart des états européens sont incapables de rembourser leurs dettes. Il est donc normal qu’il y ait une crise de confiance dont la première conséquence est la montée des taux d’intérêts exigés par les marchés.Je veux bien parler de crise de l’euro, ce qui revient au même, l’une étant la conséquence de l’autre.

          Je ne juge pas utile de répondre à votre marotte concernant l’application des traités européens.

          Quant au Japon, il s’agit d’un cas très particulier, dans un autre contexte culturel, et qui ne semble pas pouvoir constituer un modèle pour l’Europe.

          • seb dit :

            1) Les Etats ont des « créances pourries » depuis qu’ils ont décidé – en violant les traités qui l’interdisent (ce n’est pas une marotte, c’est du droit, je vous renvois aux traités existants) – de racheter les actifs des banques « sécourues » en 2008.

            Si les Etats ne s’étaient pas portés au secours de ces banques qui ont décidé de prêter à des personnes non solvables (1) et par ailleurs nombreuses (2) par rapport à leurs clients solvables (3), ils n’auraient pas été « attaqués » par les investisseurs.

            En le faisant, ils se sont bêtement mis dans une situation impossible. Alors qu’ils suffisaient de ne pas céder au chantage sur les dépots (1) et de contraindre les banques à recouvrer du capital (2) comme n’importe quelle entreprise (3) confrontée à un problème de liquidités ou/et de risques de solvabilité ! (4)

            Pour couronner le tout, nos Ministres n’ont rien trouvé de mieux que d’affoler tout le monde, en expliquant que les pays étaient en « faillite » oubliant deux paramètres d’importance, qui ne concernent pas les acteurs autres que les Etats :

            **un Etat peut faire banqueroute, pas faillite. Et pour cause, il a des contribuables. Même décimée, la France a pu payer, rubis sur l’ongles, la Prusse, après sa défaite en 1870, et avant le terme requis…En faisant appel aux dits contribuables ! S’agissant de la France, son crédit est d’autant plus grand que, si l’Etat est effectivement très dépensier…Les Français, eux, sont des fourmis.

            Un certain Napoléon Bonaparte – ou plus exactement son Ministre des Finances – l’a bien compris puisque c’est grâce à la monnaie et en faisant appel aux Français que les finances publiques ont été redressées…En 3 ans !

            **Un Etat peut augmenter ses recettes. Il peut changer l’assiette, le nombre d’imposés, taxés, etc.

            A cela, on ajoutera que les investisseurs se déterminent, aussi – et peut être surtout – sur les personnes responsables avant même d’observer la situation du pays. Le crédit desdites personnes rejallissant sur le pays.

            C’est ainsi que le brave Necker, fort de sa popularité, pu obtenir des prêts sans problème…Alors que ses successeurs n’eurent pas le même succès, en raison leur incapacité à susciter la confiance.

            Même chose avec un certain Fouquet, qui inspirait confiance pour une raison simple : il prêtait à la Couronne. Or, de la même façon qu’on pouvait considérer que mettre son argent dans la banque où l’Empereur avait posé le sien était pertinent, on avait tendance à suivre la même conduite que l’homme le plus riche de France…Donc on prêtait à la Couronne !

            Les députés décideraient ils, avec pourquoi pas les Ministres, de prêter à « la France »…Que les « investisseurs » feraient de même…!

            2) Les banques veulent faire du profit rapidement. Elles ne sont pas intéressées pour « prêter » (et d’ailleurs elles ne le font pas, ou alors à des taux prohibitifs) par des investissements à moyen/long terme ou/et par des projets très innovants. Pourquoi n’avons nous pas de « HBO » par ex, en France ?

            Parce que si vous allez voir un banquier, pour lui expliquer que vous souhaitez concurrencer Canal +, en faisant des séries exigeants des budgets de même ampleur que ceux de ladite chaîne pour produire (par ex) une série telle que « Rome », il vous dira d’aller voir ailleurs. Parce qu’il faudra du temps pour que le succès se dessine, pour que les bénéfices arrivent.

            Dès lors, je ne vois pas l’utilité (en temps et argent) pour le créateur comme pour le banquier, de se rencontrer. Il serait préférable que le créateur sollicite l’aide d’une société dite d’investissement, qui elle l’aidera pendant cinq ans (ou plus) à développer son projet. Et que le banquier, de son coté, au lieu de vouloir se contraindre à faire plaisir à l’Etat (pour les stats), consentent des prêts à ceux qui en ont besoin pour une durée limitée : refaire une tuyauterie par ex.

            3) Les Etats ne sont pas « incapables » de rembourser leurs dettes. Pour une raison simple : ils ont le pouvoir d’émettre monnaie. C’est un pouvoir régalien que les Etats membres de la zone euro – pas les autres – ont décidé de s’interdire mais qui existent.

            La seule chose qui les empêche de « créer monnaie » c’est leur participation à la zone euro…Et les traités européens.

            Au reste, lesdits Etats pourraient tout à fait – comme la France en 1870 ou le Japon dont je parlais tout à l’heure – « nationaliser » leur dette. Ce faisant, ils diminueraient le « risque » d’être attaqués par les investisseurs puisque ceux ci verraient deux choses apparaitre :

            1) Le risque est moindre car la part « externe » est moindre

            2) En prenant à leur charge la dette, les citoyens vont contraindre politiquement la majorité gouvernementale à être rigoureuse car sinon…Sanction politique !

            Qu’est ce qui fait peur aux investisseurs selon vous ? La prétendue « insolvabilité » des Etats ? Bien sur que non.

            Ce qui pose problème, c’est le « jeu de domino ».

            Forcément, si Paul qui a une situation financière bonne, investie chez Laurent qui en a une moins bonne, chez Antoine qui est au fond du trou…Que va t il se passer ? Et bien Paul va perdre son AAA ! Parce qu’il est plus « risqué » qu’avant. Laurent et Antoine vont ils pouvoir « sortir le bec de l’eau » ? Et bien non. Parce qu’il n’y a que Paul qui tire tout le monde en surface.

            Temporairement – un mois pour le premier « sauvetage », trois jours pour le dernier -les investisseurs vont retrouver « confiance » et puis cela va vite déchanter. Parce que, et c’est une loi physique, quand vous voyez qu’il y a de moins en moins de personnes pour tirer vers la surface et de plus en plus pour aller dans l’eau, vous prenez peur…Et vous taxez aussi bien Paul (qui n’est pas assez solide) que ses compagnons d’infortune.

            Pour que les choses s’améliorent, il faudrait des « signes ». A l’endroit desdits investisseurs.

            Le premier serait, évidemment, d’arrêter de faire des « plans de sauvetage » qui ont aggravé la situation plus qu’autre chose. Au départ, un Etat en difficulté…A présent ?

            Le deuxième, ce serait que le brave M. BARROSO, quitte la Commission, ainsi que le Président de la BCE. Comment voulez vous inspirer confiance aux investisseurs avec cette fine équipe ? Le premier a coulé son pays, le deuxième aidé à tricher ! Ce sont, on le comprend bien, les hommes de la situation ! Là encore, qu’on tire les enseignements de l’Histoire. Le premier geste d’un certain Charles V – confronté à bien pire : guerre civile, guerre externe, famine, soldats rançonnant les populations, père emprisonné à Londres, handicap de sa main d’épée, trésor dilapidé – c’est de renvoyer l’équipée d’avant pour la remplacer par les « Marmousets » qui ne payent pas de mine mais bénéficient d’un fort crédit.

            Et, ho miracle, deux ans plus tard…Les caisses sont pleines !

            Sans prétendre que changer d’équipe procurerait un miracle, essayer « autre chose » que les recettes dépassées qui nous font échouer, serait bien.

  • Nicolas dit :

    Bonjour,
    Je ne m’étais pas connecté sur ce blog depuis le 1er tour
    Je remarque malheureusement qu’il met toujours en lien ami celui vers terranova qui est contre l’assimilation (celle qui à permis d’intégrer portugais, italiens, espagnols, qui se sont faits le devoir de se fondre dans la République), et pour une citoyenneté musulmane
    Voir :
    http://www.tnova.fr/note/france-m-tiss-e-2012-lappel-aux-candidats-16-propositions-pour-faire-bouger-la-r-publique
    http://www.tnova.fr/note/musulmans-de-france-pour-une-citoyennet-inclusive
    C’est à cause de ce lien que j’ai basculé à droite lors de ces élections
    Et ce ne sont pas les drapeaux tout sauf français (!?) place de la Bastille au 06/05, qui me feront revenir sur ma décision
    M Moscovici pouvez vous dire un mot sur ce sujet grave
    Merci
    Cordialement

    • Pablo dit :

      Avez-vous lu l’erratum en bas de page ? Je n’ai pas lu la note en entier mais j’ai regardé les propositions et il n’y a rien de bien choquant. Par contre c’est juste inopérant. Sur bien des sujets sociétaux et sociaux, la lecture médiatique est biaisée.

  • domi 25 dit :

    L’Europe se transforme en un outil efficace.Les nations qui la composent doivent arrêter de pratiquer l’individualisme.C’est pourquoi le fédéralisme ( partiel) est une nécessité.Les futures règles sont à définir et devront être adoptées par chaque Etat, sous peine d’exclusion de l’Europe.La Liberté est à ce prix!

    • Bangor dit :

      Absolument.

    • seb dit :

      Ce n’est pas du « fédéralisme » si les pays « centralisent » des compétences nationales.

      Je veux bien qu’on soit partisan du « modèle français » – qui a un centre fort et des périphéries faibles – mais dans ce cas, qu’on utilise le bon terme !!!

      • domi 25 dit :

        Heureusement que vous êtes la lumière de ce blog !!!!

      • Le federalisme n’empêche pas de conserver la main mise sur certaines décisions.
        Au même titre que de dire que s’endetter est ruineux.Tout est relatif.Comment se construire un patrimoine?On travaille, on achete avec des crédits, on rembourse et cela permet de s’enrichir.La dette bien maîtrisée est un moyen de parvenir par la suite à une certaine protection et réaliser des économies.On ne paye plus de loyer .
        Le fedéralisme n’est pas imposer tout à tout le monde.Non, c’est mettre en commun et impulser des régles.
        Etre l’ennemi de la dette ne conduit pas forcément à l’amélioration de la situationfinanciere.
        Nous sommes tributaires de la dette, des prets, de ses taux parce que nous les subissons pour avoir donner les leviers à une minorité de corrompus.
        Le souci est plutôt du côté des spéculateurs( les usuriers des temps modernes)
        Donc remettre les banques d’états à leur place avec la banque européenne et s’affranchir des banques privées qui veulent tout controler sous le dicktat des actionnaires.
        L’état responsable qui controle ces banques, ces banques privées qui appellent au secours aprés avoir dilapidé des fortunes par leurs conneries, leur appetit sans fin pour la création d’outils pourris incontrolables et sans valeur,pour faire du fric.Ces mêmes banques allument et attisent les incendies financiers à travers de multiples fonds vautours et appellent l’état et le contribuables au secours.Ces mêmes pourritures condservant des fortunes à titre privé.Alors il est necessaire de déconnecter nos fonds publics et de demander les fonds sortis par tous ces anarchistes financiers qui gagnent des fortunes en ruinant l’économie et qui générent les dettes que nous devons rembourser à leur place.La liberté peut être, mais pas l’irresponsabilité et donner carte blanche à tous ces irresponsables, non!Controle et surveillance et surtout poursuites des responsables des crachs
        Il est plus que temps de mettre un terme à tous ces dérapages et de taxer toute cette faune là à travers des impots sur tous les mouvements spéculatifs en imposant tous les mouvements financiers de court terme afin de les rendre onéreux et obliger à placer sur le long terme et dans le développement du travail ,pas de la monnaie de singe..
        Arretons les discours.La vraie richesse se fait à travers la construction des entreprises et le développement de celles-ci , par le travail.

  • Jonas dit :

    Sarlozy le faible a tout cédé à Merkel sur l’austérité, alors aucune leçon à donner. Alors de l’humilité. Mais vous semblez trop minable pour cela.

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