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Sérieux de gauche

Catégorie : Actualité,Politique,Réflexions | Par pierre.moscovici | 06/07/2012 à 23:10

Mes activités, assez remplies, me conduisent hélas à écrire moins sur ce blog, que j’ai toujours tenu à alimenter personnellement, sans intermédiaire ni « plume » – vous comprenez aisément, du coup, pourquoi je me fais plus rare. Aujourd’hui est pour moi un jour un peu spécial, celui où un nouveau Président, Jacques Hélias, maire de Montbéliard, est élu à la tête de l’agglomération que j’ai dirigée pendant 4 ans, au terme d’une semaine marquée par les premiers débats sur les finances publiques du pays devant les deux Assemblées. C’est donc du « sérieux de gauche » dont je veux vous parler ce jour.

J’ai aimé présider cette agglomération. Cette expérience m’a apporté une connaissance du terrain, des élus, des citoyens, qui est irremplaçable pour un responsable politique.

Devenu ministre de l’économie et des finances, je mets en application l’engagement pris par les membres du gouvernement de renoncer à leurs fonctions exécutives locales, à la demande du Président de la République, et du Premier ministre. Je mentirais en disant que c’est sans regret, en tout cas sans une forme d’arrachement. J’ai aimé présider cette agglomération. Cette expérience m’a apporté une connaissance du terrain, des élus, des citoyens, qui est irremplaçable pour un responsable politique. Je n’avais jamais, auparavant, exercé de mandat exécutif local. Celui-ci fut passionnant. Avec mon équipe, nous avons mis sur les rails un projet d’agglomération à la fois économique, social, écologique, culturel, sportif et urbain. Nous avons choisi d’investir dans et pour l’avenir, dans un contexte financier rendu difficile par la suppression de la taxe professionnelle, voulue par Nicolas Sarkozy – ce n’est pas de l’acharnement, mais un constat – qui a fortement pénalisé les territoires industriels. Nous nous sommes battus, pied à pied, pour l’emploi, pour l’image et le rayonnement de notre territoire.

Je crois avoir réussi dans cette tâche – de nombreux témoignages de sympathie, après les récents et bons résultats électoraux, me le confirment. J’ai appris à travailler avec les élus locaux, si proches dans leur diversité de leurs administrés, des problèmes concrets, si dévoués et investis dans leur mandat. La contribution des agents de l’agglomération, précis, compétents, disponibles, m’a été précieuse, celle de mon cabinet, chaleureux et efficace, indispensable. Je crois avoir animé ma majorité en la laissant vivre, animé l’exécutif sans brider les talents, respecté l’opposition sans toujours la ménager. Il m’est arrivé de décider avec autorité, y compris contre les autres – c’est parfois nécessaire – mais sans jamais renoncer à expliquer.

La fonction qui m’a été confiée au gouvernement par le Président et le Premier ministre me comble autant qu’elle m’occupe, elle n’est pas compatible avec un mandat exécutif sérieusement rempli, qui exige disponibilité et prévisibilité

Bref, j’ai le sentiment d’avoir progressé – il n’est jamais trop tard. Ce furent 4 années de travail, de réflexion, de bonne humeur, j’en garderai un souvenir fort et un seul regret, celui de n’avoir pas mené à bien le projet que j’ai conçu avec mon équipe. En même temps, je veux être réaliste et sincère. La fonction qui m’a été confiée au gouvernement par le Président et le Premier ministre me comble autant qu’elle m’occupe, elle n’est pas compatible avec un mandat exécutif sérieusement rempli, qui exige disponibilité et prévisibilité. La décision de François Hollande de faire avancer le non-cumul des mandats, en commençant par ses ministres, est donc sage, c’est la bonne et je m’y suis conformé sans rechigner. Je quitte ces fonctions assuré que la continuité du travail entrepris sera assurée par Jacques Hélias, Premier vice-Président de l’agglomération jusqu’à aujourd’hui, maire de Montbéliard, ami fidèle qui connait à la perfection cette maison… Je ne quitte pas le pays de Montbéliard. Au contraire, je demeure conseiller municipal de ma commune d’élection, Valentigney, conseiller délégué à l’agglomération, je viendrai ici chaque semaine et travaillerai, différemment, au service des habitants et au côté de mes amis. Ce n’est ni un adieu, ni un au revoir, mais une page qui se tourne, dans les meilleures conditions : j’ai un pincement au cœur, mais pas de nostalgie.

La France, après dix ans de gouvernements conservateurs, souffre d’un triple déficit – déficit de croissance et d’emploi, déficit de compétitivité, déficit de crédibilité budgétaire

Ministre de l’économie et des finances, j’ai cette semaine présenté avec Jérôme Cahuzac, le ministre du budget, les engagements de finances publiques du gouvernement. Ceux-ci sont globaux : ils comprennent à la fois la loi de règlement, qui fait l’état des lieux, les orientations pluriannuelles qui seront développées dans les prochaines semaines, le collectif budgétaire – le projet de loi de finances rectificative – indispensable pour réduire nos déficits à 4,5 % en 2012, avant 3 % en 2013 puis l’équilibre en 2017. Je ne veux pas refaire ici le débat, qui s’est engagé devant les Commissions des finances des deux Assemblées, face à une droite que j’ai trouvée, à l’Assemblée nationale, à la fois amnésique et agressive. Je me contenterai ici de quelques brèves remarques. D’abord, pour souligner la difficulté de la situation dont nous héritons. La France, après dix ans de gouvernements conservateurs, souffre d’un triple déficit – déficit de croissance et d’emploi, déficit de compétitivité, déficit de crédibilité budgétaire. Sur ce point, la Cour des Comptes a fait le clair, de façon à la fois impartiale et sévère. Je ne saurais tirer ce rapport vers telle ou telle option politique – je me suis exprimé cette semaine avec force, avec un peu d’excès en une occasion, en ce sens.

combattre la dette est bien une politique de gauche. Encore faut-il, pour cela, conduire cette politique de redressement dans la justice

Mais les faits sont là : nous avons le devoir impérieux de redresser nos comptes publics. La dette publique s’est fortement accrue dans les dernières années – 800 milliards depuis 10 ans, 600 depuis 5 ans. Les déficits publics ont augmenté. Ils étaient encore de 5,2 % en 2011, alors que l’Allemagne, avec la même monnaie, la même crise, est presque à l’équilibre. Nous ne pouvons vivre durablement dans cette situation. A cause de notre appartenance à la zone euro. Parce qu’il s’agit d’une question de souveraineté – je ne veux pas d’une France prisonnière des marchés, acquittant des taux d’intérêt élevés pour le service de la dette. C’est aussi une condition pour retrouver des marges de manœuvre afin de financer nos services publics. En ce sens, combattre la dette est bien une politique de gauche. Encore faut-il, pour cela, conduire cette politique de redressement dans la justice. C’est ce que nous faisons, en faisant peser les prélèvements indispensables – en cours d’année budgétaire, les économies de dépense, qui seront plus élevées dans les années qui viennent, sont très limitées – sur les ménages les plus favorisés, qui ont bénéficié de nombreuses largesses dans les dernières années, et sur les grandes entreprises, dont les taux d’imposition effectifs sont plus faibles que ceux des PME, PMI et ETI.

Est-ce, comme je l’ai lu ici et là, l’austérité ou la « rigueur de gauche » ? Je veux m’arrêter sur ce point, qui n’est pas que sémantique. Je récuse toute idée d’austérité – celle-ci fut la marque de fabrique de la politique menée par Nicolas Sarkozy et François Fillon ces dernières années. L’austérité appauvrit, démantèle et parfois privatise l’Etat. Elle assèche la consommation, moteur historique de la croissance française, et attaque le pouvoir d’achat. Quant au mot « rigueur », s’il n’est pas, en soi, à rejeter – je préfère gérer les finances publiques rigoureusement que de façon approximative, avec scrupule plutôt que dans le flou – il est connoté. Dans l’histoire de la gauche, il est associé à un cycle qui l’a vue, à chaque occasion ou presque – en 1924, après 1936, après 1981 – commencer par des promesses justes, assorties de dépenses publiques élevées, suivies par un choc contre le mur de l’argent, par une « pause » puis par un « tournant », celui de la rigueur. C’est précisément ce que nous avons voulu conjurer : il n’y aura pas de tournant, de renoncement, de reniement. Le projet présidentiel de François Hollande a été bâti sur une analyse crédible et réaliste de la situation du pays, sur des prévisions économiques réalistes et prudentes : il est et restera notre feuille de route.

Ce projet ne se borne pas au redressement des comptes publics. Il suppose aussi un redressement productif, une politique de rétablissement de la compétitivité.

Oui, ce projet est sincère, oui il tient la route. Et il ne se borne pas au redressement des comptes publics. Il suppose aussi un redressement productif, une politique de rétablissement de la compétitivité. Il exige une exemplarité continue et sans faille dans l’action publique, que le gouvernement souhaite établir. Il passe par une réorientation de la construction européenne, engagée par François Hollande depuis son élection, et concrétisée par les résultats solides du Conseil européen des 28 et 29 juin, qui a permis la définition – enfin ! – d’un pacte de croissance pour l’Europe et tracé les grandes lignes d’une stabilité – indispensable – du système bancaire et financier européen. Nous ne voulons pas, encore une fois, faire de la réduction des déficits un objectif en soi et pour soi, mais bel et bien le levier d’une politique plus généreuse, plus juste, plus efficace. J’ai déjà eu l’occasion de le dire : je ne me vois pas comme le ministre des moyens face aux ministres des fins, comme l’homme de la rigueur face aux demandes économiques et sociales.

Je souhaite au contraire, sous l’autorité du Président de la République et du Premier ministre, travailler à la place qui est la mienne à marier la crédibilité et le changement. Cette attitude, cette démarche ont un nom, donné justement par Jean-Marc Ayrault à sa politique lors de sa déclaration de politique générale : le « sérieux de gauche ». Je m’y reconnais pleinement.

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30 commentaires

  • gaff dit :

    Temps pluvieux

    les tabloids anglais n’ont pas été séduit par la virée britannique du président Hollande. la politique française est jugée trop interventionniste et le président « n’est pas le plus chaleureux ».

    dans l’autre sens Mr.Cameron semble avancer ses pions un peu vite avec ses remarques sur la fiscalité et on pourrait ajouter que sa personnalité, vue du continent, ne déborde pas non plus à priori d’originalité.

    Comme on dit « L’herbe est toujours plus verte chez les autres »…

  • infox dit :

    Martine Aubry et Jean-Marc Ayrault auraient déjà choisi leur candidat en vue du congrès du Parti socialiste. Olivier Faure, 43 ans, député de Seine-et-Marne et conseiller spécial du Premier ministre, défendrait la vision portée par le duo: unité et soutien au gouvernement. Mardi, Martine Aubry et Jean-Marc Ayrault ont fait savoir par communiqué qu’ils entendaient défendre une contribution commune, à laquelle ils appellent les ministres et les dirigeants du PS à se rallier de manière exclusive.

    L’initiative unitaire du chef du gouvernement et de la patronne du PS ne fait pourtant pas l’unanimité. Pascal Cherki, député de Paris, a préféré jouer l’ironie sur Twitter en invitant Jean-Marc Ayrault et Martine Aubry à signer la contribution qu’il rédige avec Benoît Hamon. Le sénateur de la Nièvre, Gaëtan Gorce, qui présente sa propre contibution, regrette de son côté que l’initiative «ferme un débat qui n’est pas encore ouvert».

    Chez les «hollandais» historiques, la colère gronde également. Et tant pis si Olivier Faure est l’un d’entre eux. Gwendal Rouillard, député de Lorient, confie à Paris Match que «la méthode ne va pas du tout». «L’unité oui, le rassemblement oui, mais pas sur n’importe quelle ligne. Martine Aubry dit qu’elle n’est pas candidate mais elle organise sa succession à tous les niveaux. Ça ne peut pas se passer comme ça», ajoute l’élu. Les partisans de François Hollande estiment avoir été marginalisés depuis la victoire de Martine Aubry au congrès de Reims, en 2008. Et ils entendent bien rappeler que c’est leur champion qui a remporté la présidentielle. «Il faut que Martine Aubry se rende compte qu’elle n’est pas présidente de la République», glisse Gwendal Rouillard, qui n’est pas tendre non plus avec le Jean-Marc Ayrault: «Je suggère que le Premier ministre s’occupe davantage des affaires de la France.»

    Face à ce que beaucoup perçoivent comme un coup de force, les «hollandais» s’organisent. Dès mardi soir, ils se sont rencontrés au ministère de l’Agriculture, autour de Stéphane Le Foll, fidèle parmi les fidèles. Une vingtaine de députés et de sénateurs étaient là, rejoints par la plupart des barons: François Rebsamen, maire de Dijon, Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense, Kader Arif, ministre délégué aux Anciens combattants, Frédéric Cuvillier, ministre délégué aux Transports, Marie-Arlette Carlotti, ministre déléguée chargée des Personnes handicapées et Bernard Poignant, maire de Quimper et chargé de mission auprès de François Hollande. Par ailleurs, les ministres de l’Economie, Pierre Moscovici, et de l’Education, Vincent Peillon, qui planchaient sur une contribution avec le camp hollande, pourraient les rejoindre. En attendant, les députés du groupe ont prévu de se retrouver dès mercredi à la buvette de l’Assemblée nationale, puis une fois par semaine, probablement avant la réunion du groupe PS, chaque mardi matin. Et si François Hollande ne se mêle pas des initiatives de ses partisans, il n’a rien fait non plus pour les stopper.

    Le dépôt des motions en vue du congrès n’aura pas lieu avant environ deux mois. De quoi laisser du temps à la négociation entre les factions. Mais les «hollandais» n’hésiteront pas à aller jusqu’à porter leur propre motion si Martine Aubry et Jean-Marc Ayrault ne se montrent pas plus conciliants. L’été du PS promet d’être agité.

  • ESCHALIER dit :

    JE VOUS ECOUTE SUR bfm tv face à xavier bertrand , vous êtes talentueux, mais la langue de bois énerve même vos partisants,
    un petit conseil, parlez moins vite , vous en serez mieux compris
    et entendu.
    Ce qui attend la France et le monde est assez grave pour abandonner
    une fois pour toute la politique politicienne ,les efforts dans la justice , oui, mille fois oui, mais quand allez vous vous décider de demander des comptes au monde de la finance , Madoff aux usa
    est en prison, en France , pas un seul banquier inquiété, et KERVIEL
    en bouc émissaire!!!!

    • lola dit :

      Intéressant sur Bfmtv ; que P.M. soit talentueux, certes ; mais il ne sait pas régler son débit; il n’est pas trop tard pour apprendre à repirer !

    • JUMP dit :

      Demander des comptes au monde de la finance? C’est plutôt mal parti. C’est tout l’inverse qui se passe. Lisez plutôt cet excellent billet de François Lenglet… pour vous mettre le moral à zéro:
      http://www.lepoint.fr/politique/crise-de-la-dette-la-defaite-provisoire-du-contribuable-05-07-2012-1482586_20.php

      Un coup de force de l’Europe sans le sou, c’est le résultat du sommet de Bruxelles. Voilà des mois qu’Angela Merkel, la chancelière allemande, est assise sur son coffre-fort et repousse à coups de balai les attaques des miséreux, les pays de l’Europe du Sud. Au petit matin du 29 juin, après une nuit d’échauffourées, l’Espagne et surtout l’Italie sont parvenues à entrouvrir la porte. L’or du Rhin est à portée de leurs mains avides.

      Les banques nécessiteuses seront désormais renflouées directement par la collectivité des pays de l’euro, c’est-à-dire principalement par l’Allemagne et la France. L’Espagne va recevoir des dizaines de milliards d’euros sans contrepartie et sans que cet argent soit comptabilisé dans sa dette. Cette capitulation du Nord devant le Sud impécunieux a été signée sous le couvert d’un fédéralisme de pacotille : on va renforcer le gendarme bancaire européen, nous dit-on, pour éviter les dérives. Nous voilà rassurés. La dernière fois que ce Pandore s’est occupé des banques, c’était pour réaliser les fameux « tests de résistance » qui garantissaient que les banques espagnoles étaient en pleine santé. Juste avant qu’elles ne s’effondrent.

      Quant à l’Italie, elle veut s’abreuver, elle aussi, à la caisse commune. Les « pompes à phynances » européennes, FESF et MES, vont être autorisées à acheter les obligations de l’Italie et de tout autre pays ruiné sur les marchés financiers. Pour des dizaines de milliards. Et cela sans contrepartie aucune : le FMI n’entrera ni à Rome ni à Madrid.

      Le contribuable français, qui garantit 21 % du FESF, se trouverait responsable d’un bon cinquième de ces eurobonds subreptices. Comme les cigognes au printemps, les dettes vont migrer du sud vers le nord de l’Europe pour s’installer sur les cheminées de nos ministères des Finances. Et les taux d’intérêt allemands et français ne peuvent qu’augmenter.

      Derrière cette victoire du Sud, il en est une autre. La « finance sans visage », honnie dans les discours seulement, l’a emporté une nouvelle fois sur le contribuable. C’est ce dernier qui va continuer à payer pour la crise, et non les créanciers. Au début de la crise, les créanciers ont fait alliance avec le nord de l’Europe pour imposer l’austérité au Sud et récupérer tout ce qui pouvait l’être. Cela ne marche plus, ces pays étant exsangues et en récession. Il faut aller prendre l’argent là où il en reste, chez les contribuables un peu gras du Nord, et faire alliance avec les méridionaux. Pas d’ennemis perpétuels, rien que des intérêts éternels…

      Bien évidemment, cela ne marchera pas non plus. Ces dettes sont tout simplement trop élevées pour être réglées. Un jour ou l’autre, le contribuable prendra sa revanche et tondra les créanciers, c’est-à-dire les épargnants. Soit avec l’inflation, soit avec la faillite. Ou avec les deux. Et c’est seulement ce jour-là que la crise aura trouvé un début de solution.

  • On tire des conclusions.FH n’a rien fait!!!Comment cela plus d’un mois et rien ne change.
    Pourtant la donne a changé avec l’Allemagne.On nous respecte contrairement à avant, ou un nain faisait le cake mais acceptait tout de l’allemande.
    Nous allons avoir effectivement une action europeenne contre la finance de spéculation, ce qui empechera bientot certaines actions.
    Regarder aux USA un candidat républicain veut entrer à la maison blanche alors que sa fortunes est planquées dans des fonds aux caîmans, c’est un bon américain, le bon exemple à flinguer et vite.
    Le chemin sera long et FH va se faire beaucoup dennemis mais voir des umpétainistes la ramener aujourd’hui aprés le grand pillage orchestré par cette soi-disant élite , me donne la nausée.
    On les voit parler de la défense des classe moyenne et du peuple!!!Nés le lendemain de la honte, il va falloir hâter la recherche des responsabilités dans la ruine de la France.

  • bisounours dit :

    Le sommet européen de la « dernière chance », dont le ravi de l’Élysée était tellement satisfait du bon tour joué à Merkel, n’a fait illusion que quelques jours.
    Le « marché » a compris que c’était du pipeau. Conséquence : les taux de l’Espagne et de l’Italie recommencent à exploser.

    taux des obligations à 10 ans :

    Espagne :
    Lundi 2 juillet : 6,38 %.
    Mardi 3 juillet : 6,25 %.
    Mercredi 4 juillet : 6,41 %.
    Jeudi 5 juillet : 6,776 %.
    Vendredi 6 juillet : 6,954 %.

    Italie :
    Lundi 2 juillet : 5,74 %.
    Mardi 3 juillet : 5,63 %.
    Mercredi 4 juillet : 5,77 %.
    Jeudi 5 juillet : 5,979 %.
    Vendredi 6 juillet : 6,026 %.

    • JUMP dit :

      Exact. Je vous recommande la lecture de cette très bonne analyse d’Éric Le Boucher de ce qui malheureusement et inexorablement nous attend. Bisounours s’abstenir;-) :

      « A écouter Jean-Marc Ayrault lors de son discours de politique générale, on a compris son objectif, «le redressement dans la justice», mais pas du tout la stratégie pour l’atteindre. La politique économique du gouvernement reste, comme les discours de François Hollande pendant la campagne, vague, en tout cas non formulée clairement et inexpliquée. Il faut lire entre les lignes et se livrer à l’incertaine interprétation des creux.

      L’énervante dénégation de la rigueur est le premier facteur de flou. Les «éléments de langage» avancés par le gouvernement (qui a hélas repris cette abêtissante méthode de communication de son prédécesseur) nous disent que François Hollande avait prévenu des difficultés et qu’il n’a fait que très peu de promesses, aucune vraiment coûteuse.

      C’est juste. Mais il n’empêche que la musique «le changement c’est maintenant» a laissé entendre le contraire et qu’à refuser de faire une pédagogie véritable des temps de crise on laisse croire à l’opinion ce qu’elle veut croire: les riches (les autres) paieront et pas moi. Quand, à l’automne, il faudra augmenter la TVA ou la CSG, comme l’a indiqué la Cour des comptes, le gouvernement va se trouver à court d’«éléments de langage».

      Pourquoi maintenir le cap des 3%?
      Faute d’avoir parlé clair, resurgira immanquablement le débat sur les 3% de déficit et l’équilibre en 2017. La récession qui s’est confirmée en Europe, l’anémie de la croissance française ne justifient-elles pas de retarder les échéances? Seule la gauche de la gauche en parle aujourd’hui, mais, à l’automne, la thèse grossira, ne serait-ce que parce que les Américains poussent dans ce sens keynésien. Pour François Hollande et Jean-Marc Ayrault, le piège est mortel: si le débat monte à gauche, les marchés financiers douteront de leur détermination budgétaire et les taux français prendront l’ascenseur des taux espagnols et italiens.

      Mais le flou de la forme cache en réalité l’indécision du fond. La France –le diagnostic est porté depuis longtemps– souffre de deux maux qui se résument dans deux déficits: celui des comptes publics et celui des comptes extérieurs.

      Le premier dit que l’Etat dépense trop, le second qu’il est de plus en plus difficile de créer des richesses en France et qu’il vaut mieux les importer. Des deux, le plus grave est très nettement le second. Mais la classe politique a mis tant de quinquennats à admettre le premier qu’elle se focalise dessus. La crise et la suspicion des marchés financiers ne lui laissent, il est vrai, aucun choix. Ce serait pourtant une erreur que d’inverser les ordres de priorité.

      Que fera Jean-Marc Ayrault? L’abandon de la TVA sociale et les nouveaux impôts levés sur les entreprises laissent deviner un choix politique: imposer la rigueur budgétaire au Parti socialiste et aux syndicats est déjà un tel exploit qu’il est impossible, en plus, de leur faire aimer les entreprises, de leur faire dire que leurs marges sont trop faibles et leurs coûts trop hauts. Le gouvernement a déjà du mal avec la «rigueur» alors avec une rigueur au carré, à l’allemande…

      Pas d’axe clair
      Le Premier ministre a laissé planer le doute. Il a renvoyé tous les choix à la conférence sociale qui va s’ouvrir. La méthode eût été louable si cette conférence avait été précédée d’un large débat sur une nouvelle stratégie économique française, sur un arbitrage neuf entre l’emploi et les salaires, d’une part, et l’Etat et les entreprises privées, d’autre part. Hélas, nous restons dans le non-dit et les dénégations, celle de la rigueur comme celle du coût du travail trop élevé en France.

      Quand un gouvernement manque d’axe clair, les événements décident pour lui. C’est ce qui vient de se passer, incognito, dans la fonction publique. Le choix par François Hollande de créer 60.000 postes dans l’enseignement est porteur de conséquences en chaîne déterminantes qu’il n’avait sûrement pas imaginées.

      L’emploi dans tous les autres ministères que les trois exemptés (enseignement, justice, police) va diminuer plus vite que sous Nicolas Sarkozy, mais, surtout, les salaires de l’ensemble public devront être gelés. C’est un changement fondamental: l’arbitrage est inversé dans la fonction publique entre emploi et salaire. Nicolas Sarkozy voulait moins de fonctionnaires mieux payés. François Hollande et la crise choisissent le contraire.

      Cette nouvelle stratégie subie, du quantitatif aux dépens du qualitatif, est très discutable. Tous les exemples étrangers démontrent que, pour obtenir un Etat plus efficace et moins cher, il vaut mieux réduire les effectifs, mais mieux payer les fonctionnaires pour en recruter de meilleurs, les motiver, les impliquer dans le changement. Et c’est vrai en premier lieu dans l’éducation! Jean-Marc. Ayrault, il est temps d’aller au fond et de parler net. »

      • Nicolas (Nantes) dit :

        Pour le dernier paragraphe, la France dispose de moins de fonctionnaires par habitant que la moyenne de l’OCDE…

        Et puis quand on vous lit tous les deux, on se dit que franchement, perdre face à un nullard pareil, fallait vraiment être un vrai crétin ou un pur incapable non ?

      • lola dit :

        –eric le boucher n’a pas pour habitude de manier la langue de bois. Il ne prend pas tjrs de précautions .Hollande n’a jamais dit qu’il ingurgiterait dans l’E.N.60.000 fonctionnaires ;il faut relire ses discours ; par ailleurs, il ne privilégie pas le quantitatif par rapport au qualitatif ; le prédécesseur de V.Peillon recrutait sur internet pour pallier les « trous » (personnels formés comment? payés combien ?)Le tableau présenté est tendancieux
        et inexact ; et les fameux » éléments de langage » ont été le
        fait des medias .
        –il semblerait, à vous lire ,que N.Sarkozy gérait bien les fonds publics: qualité,salaires justifiés ; la Cour des Comptes fera paraître en Sept. le rapport qui ,par ce qui a déjà été publié, montre la gabegie qui régnait à Sc.po, des dérives de tous ordres qui étaient réglées par l’Etat ,financièrement .La Cour des Comptes a décidément bien du travail !

    • eric B dit :

      est ce raisonnable de tirer des conclusions sur des séries de données sur 5 jours ? On pourrait faire remarquer que sur la mm période de 5 jours, celui de la Grèce diminue. http://france-inflation.com/taux_10ans.php

      • Bof dit :

        Vous semblez déçu par ce contre-temps. Mais c’était prévisible. J’espère que vous ne croyiez pas que Hollande avait une baguette magique!
        La conclusion, ici, semble être que les mesures annoncées lors de ce dernier sommet européen n’ont été qu’un feu de paille pour les marchés. Rien de plus.
        Les conclusions sont toujours provisoires. Ce qui n’empêche pas de les tirer pour analyser une situation à un instant T.

        • Nicolas (Nantes) dit :

          Non ça n’empêche pas c sûr, mais vous choisissez les données sur 5 jours de deux pays en difficulté (Espagne et Italie) mais omettez les mêmes données d’un autre pays en difficulté, la Grèce. Difficile de faire une conclusion pertinente en retenant uniquement des données partielles non ?

          Parce qu’à ce moment-là, il suffit de retenir les données de la Grèce seulement pour conclure que ce sommet est un succès, ce qui serait tout aussi ridicule de conclure l’inverse non ?

          • Bof dit :

            Il ne vous aura pas échappé que lors de ce dernier sommet, curieusement, il n’a pas été du tout question de la Grèce!!!
            Par contre, il n’a été question que du « complot » des gentils pays du Sud (Italie, Espagne, France), tellement laxistes, contre la méchante Allemagne de la vilaine Angela Merkel, tous les commentateurs parlant, le lendemain, de leur « victoire ». Victoire toute relative et en trompe-l’oeil.
            Il n’est donc pas inconvenant d’en analyser les réactions du marché.
            Si les taux à 10 ans de la France sont encore historiquement bas, ils le doivent plus à la gestion du gouvernement précédent qu’à l’actuel, qui s’ingénie à ne rien dire qui fâche ses partenaires et électeurs.
            Les marchés sont patients et attendent tranquillement que le loup sorte enfin du bois. Ca ne saurait tarder, rassurez-vous.
            Et comme le disait si bien la grand-mère de Martine Aubry: « Quand c’est flou, il y a un loup! »

          • Nicolas (Nantes) dit :

            Il me semble pas non plus que les marchés aient oublié la Grèce et si les décisions prises étaient mauvaises, ils l’auraient fait savoir de façon générale.

            Et autre point, vous dites que les marchés attendent de voir le loup, pourtant on nous bassinait que tout allait s’effondrer et notamment que les taux allaient exploser dès l’élection de Hollande, attendons attendons …

        • eric B dit :

          je ne crois pas dans les pouvoirs de baguettes magiques, tenues dans quelque main que ce soit. Et je vous rassure, je ne suis pas déçu. Pour le reste, je serai même tenter de dire que lorsque certains marchés « réagissent » mal à certaines mesures Hollandaises, c’est plutôt bon signe et encourageant pour qui veut réformer ce système (à la vue courte termiste et ne défendant qu’un seul intérêt : le sien.)

        • Jonas dit :

          « J’espère que vous ne croyiez pas que Hollande avait une baguette magique! »
          Rassurez-vous, contrairement à Sarkozy en 2007, Hollande n’a pas eu l’outrecuidance stupide et crasse de promettre la Lune une fois élu.

    • eric B dit :

      le « marché », c’est aussi celui qui choisit entre les bonnes et les mauvaises nouvelles pour justifier de ces choix : ainsi, cette semaine, les bonnes nouvelles sur le front de l’emploi US n’ont eu aucun impact sur les cours boursiers. Le « marché » réagit donc comme il veut, comme d’habitude, et ses orientations ne sont pas des éléments de preuve de l’efficacité d’une politique à long terme.

      • Relativisons dit :

        Oui. 6 milliards d’euros d’obligations à trois et six mois (- 0,005 % et – 0,006 %.) .
        Ca ne mange pas de pain pour l’instant pour les marchés qui ne savent plus ou donner de la tête.
        Le basculement des taux en négatif serait donc une bonne nouvelle ?
        Pas si sûr. L’absence de paiement d’intérêts est appréciable sur le plan comptable, mais marginale. En revanche, elle illustre l’écart grandissant qui se creuse en zone euro, signe de la profonde déstabilisation du Vieux Continent.
        C’est ce qui devrait nous inquiéter plutôt que de nous réjouir.

    • Eric B dit :

      A bof : et le taux à 10 ans de l’espagne en baisse à 6,782 … http://www.bloomberg.com/quote/GSPG10YR:IND « Les conclusions sont toujours provisoires. Ce qui n’empêche pas de les tirer pour analyser une situation à un instant T » Donc, ce matin, on tire comme conclusion que cela va bien c’est cela ?

  • eric dit :

    Une bonne entame en tout cas. Parce qu’il y avait de l’attente, il y a de l’impatience de la part de celles et ceux qui attendent le changement. C’est légitime. Nous serons jugés, vous serez jugé autant sur la méthode que sur les résultats. Votre challenge est double : réussir pour la France, et que cette réussite ne soit pas vécue comme une parenthèse, une expérience de plus ou différente. Le socialisme, la gauche réformisme, la social démocratie, s’imposeront alors d’eux mêmes, comme la solution et non plus comme un recours aux épisodes longs et répétés de la droite libérale. Même si pour atteindre tout cela, il faudra bien plus d’un quinquennat.

  • jpb dit :

    Mais qu’est devenu le principe du salaire citoyen ? qu’est devenu l’innovation au service de tous ? Qu’est devenu la redistribution de la richesse après l’avoir créée ?

    Avoir une gestion boutiquière permet de perdurer dans le temps, elle ne permet pas de ré-enchanter le monde…

    Avoir du sérieux c’est bien, y rajouter un peu de fantaisie et d’utopie, c’est mieux.

  • Gauchemar
    La gauche n’est pas à gauche
    Et sans être de droite, elle est plutôt à droite
    Mal à droite et maladroite
    Depuis qu’elle est au pouvoir, il n’y a plus de pouvoir
    Elle savoure comme nous tous, l’impuissance de sa puissance
    Contente ou mécontente elle se contente de sa petite gouvernance
    En redistribuant la misère en toute bonne conscience
    Normal? puisqu’elle a cessé de croire à son propre idéal
    Navrante elle a 5 ans pour gérer les affaires courantes
    Et pour nous dégoûter à vie de toute espèce de rêverie.

    Parce que c’est le mode de production qui gouverne les hommes depuis que les hommes ont cessé d’être des hommes de bonne volonté
    pour devenir les jouets des forces productives.
    C’est désormais la Finance qui a usurpé notre essence
    Dès lors pourquoi s’acharner sur la gauche moribonde ?
    Parce qu’elle a prétendu être en mesure de nous rendre notre dû
    Alors qu’elle n’a rien fait d’autre que nous renvoyer dans la rue
    Mais… mais… laissons le temps au temps comme disait Mitterrand
    Mais… mais nous ne l’avons plus, le temps, nous sommes morts vivants

    Et pourtant… nos gouvernants font tout pour nous gouverner
    Avec quelques piécettes, quelques mesurettes, quelques pirouettes
    A défaut d’être bons, ils ne font rien de mauvais, il est vrai
    Mais sans nous spécifier qu’ils ne peuvent rien faire de bon
    Parce que les jeux sont faits pour tous les êtres doués de raison
    La politique est morte… et personne n’ose signer son acte de décès
    Je m’en vais le signer et envoyer une copie à l’AFP!

    http://www.lejournaldepersonne.com/2012/07/gauchemar/

  • lola dit :

    « sérieux de gauche » ..de quoi gloser à l’infini .Il me semblerait
    préférable de parler de ténacité,de vue à long terme,d’ingéniosi-té ,ce serait plus réconfortant !
    « réorientation de la politique européenne » ;j’ai lu sur Presseu-rop 2 articles intéressants (traduits) *-10 idées pour sortir de
    l’absurdité /27.01.2012 /d’Ingo Schulze (+les commentaires)
    *5 gestes pour sauver l’europe d’Eric Jozsef.(06.07.2012).
    ~~ 2 bons supports de réflexion ; malheureusement les commentaires postés sont essentiellement en angl,all,esp,ital,port ; et l’on enrage de maîtriser si mal les langues de l’europe ; il y a du travail .

  • Nananère dit :

    En fait de sérieux, vous organisez ni plus ni moins que « l’affaiblissement de la France », le «déclassement économique et social des français » et « l’asphyxie de l’industrie ».
    Et là je suis sérieux.

  • Nananère dit :

    « Sérieux de gauche »?
    çà a un petit air du fameux « austère qui se marre » de Jospin. Un simple oxymore.
    Ne pas confondre « sérieux » avec « triste ». Vous en tirez tous des gueules…

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