Questions au gouvernement – Pierre Moscovici répond à Jean-Luc Laurent

Lors de la séance de questions au gouvernement de l’Assemblée Nationale, Pierre Moscovici a répondu mercredi 25 juillet à la question de Jean-Luc Laurent, député SRC, sur la compétitivité industrielle de la France et sur la politique industrielle et monétaire.


Question au gouvernement – Réponse de Pierre… par pierremoscovici

6 réflexions au sujet de « Questions au gouvernement – Pierre Moscovici répond à Jean-Luc Laurent »

  1. En ce moment, je lis un livre très intéressant sur Hannibal, attaquant Rome durant la deuxième guerre, entre Carthage et Rome.
    On vit en direct – si je puis dire – les confrontations politiques du Sénat romain, les difficiles décisions du Sénat de Carthage et les divisions gauloises et l’arrivée du Conquérant Hannibal, à l’origine de toute cette agitation.

    Et bien, quand je vois « l’actu eco », cela m’y fait penser. Je me demande si le Gouvernement – et notamment notre hôte – voit les périls à venir et s’il a un « cap » à nous donner pour la suite.

    Nous voilà, en effet, à un peu moins d’un mois du sommet européen décisif de la fin du mois de juin 2012, et, comme il était largement prévisible, rien ne semble réglé, bien au contraire.

    La Cour constitutionnelle allemande a en plus rajouté son grain de sel en ajournant sa décision sur le MES au 12 septembre 2012…

    Un communiqué conjoint franco-hispano-italien, appelant à une action immédiate sur les marchés, a été annoncé par un ministre espagnol, pour être ensuite démenti et même dénoncé par les ministres italien et français concernés, tout en étant suivi de déclarations française, allemande, et italienne allant en fait dans le même sens d’une réaffirmation de la nécessité d’aller vite dans la mise en œuvre des décisions du sommet européen de juin 2012.

    Du point de la conjoncture économique, l’Espagne semble en effet prendre la voie de la Grèce; l’Italie suit de près l’Espagne dans le marasme, avec une pointe de crise politique à l’horizon; quant à la Grèce, son propre Premier Ministre a – enfin!- qualifié sa situation comparable à la “Grande Dépression” des années 1930 aux États-Unis.

    Toutes ces politiques d’ajustements prônés par le trio BCE-FMI-Commission et les pays créditeurs au sein de l’Union (“dévaluation interne” d’une part, et retour à l’équilibre budgétaire, voire maintien d’un surplus budgétaire primaire comme en Italie, d’autre part) semblent bien mener à la dépression d’une partie de l’économie européenne, et à la récession de l’ensemble. Comme prévu par beaucoup. Pas de surprise en fait !

    En tout cas, il est encore une fois fascinant de voir à quel point la presse française ne s’affole guère de la situation. La lecture de la presse italienne, allemande, et britannique, à laquelle je m’adonne, me renvoie de fait une toute autre image de la situation que celle que je trouve dans la presse d’ici. Encore qu’il serait facile de faire le lien entre la déroute des constructeurs automobiles français et la conjoncture économique en Europe… Il est vrai qu’en France, nous n’avons pas (encore?) eu de coupes budgétaires drastiques qui perturbent radicalement la vie des collectivités locales, des hôpitaux, des administrations, des familles. Les pharmaciens acceptent la Carte Vitale, les ordures sont encore ramassées, et l’éclairage public fonctionne… Tout va donc très bien, Madame la Marquise!

    Bref, le tracassin continue. Et tout le monde semble se raccrocher à la phrase de Mario Draghi (dans son entretien avec le Monde d’il y a quelques jours) affirmant que “la BCE n’a pas de tabou”, et à ses gloses sur l’obligation qu’a la BCE de lutter contre l’inflation et la déflation. Cela sent à plein nez le conflit à venir entre la majorité de la BCE et une partie au moins de l’establishment allemand.

    Je vois mal en effet comment cette justification par la déflation à éviter d’une intervention sur les marchés de la part de la BCE peut avoir quelque crédibilité que ce soit en Allemagne, où, justement, les salaires viennent d’augmenter dans certaines branches…

    Acheter ou ne pas acheter de la dette publique des Etats en difficulté, telle est la question existentielle désormais posée à la BCE…Et à la Cour Constitutionnelle de Karlsruhe. Laquelle va sans doute (à raison) rappeler que les traités interdisent une telle chose…Sauf référendum en France et en Allemagne (cf ses décisions sur Maastricht et Lisbonne ou le FESF)…Et on sait combien le brave Hollande a peur de l’expression souveraine exprimée depuis 2005 !

    Bref, on va continuer de foncer dans le mur alors que des solutions simples nous permettraient de sortir de l’eau. Et les choses ne vont guère s’arranger, étant donné que l’Allemagne ne peut souscrire à une nouvelle violation des traités (sauf à perdre son AAA, ce qui flingera tous les « mécanismes » mis en place jusqu’à présent) et qu’en France, le Gouvernement nous présente un « plan de réindustrialisation » à l’ambition étonnante !

    • Vous êtes incorrigible,Seb ! vous voilà plongé dans Tite-Live ; vous connaissez donc l’histoire de la figue ;il ne suffisait pas de répéter aux sénateurs « censeo delendam esse carthaginem »(je pense qu’il faut détruire Carthage) ,il fallait les en convaincre;
      la figue rapportée de Carthage par Caton et qui semblait toute fraîche ,leur montra l’urgence de passer à l’action. Il ne s’agit pas ,aujourd’hui ,d’abattre une puissance mais de mettre en oeuvre des décisions . Quant aux solutions simples , je ne les vois pas aussi bien que vous ;mais je pense qu’on vit et voit au jour le jour et c’est plus qu’inquiétant.

      • A Lola :

        En fait, je lis le parcours d’Hannibal, retracé par l’écrivain Bertrand Lorie dans sa tétralogie « l’aigle et le lion », lequel reprend les textes anciens (effectivement) pour retracer l’épopée de ce Carthaginois pas comme les autres, qui avait non seulement des vertus guerrières indéniables mais aussi un bon sens politique, faisant manifestement défaut aux pseudos défenseurs de Rome (jusqu’à l’arrivée providentielle de politiques plus avisés), seulement obsédés par leur petite personne, et ancrés dans l’idée qu’il suffit d’ajouter légion sur légion, pour anéantir un ennemi (un peu comme aujourd’hui nos politiques ne voient de « solution » à la crise que nous traversons, qu’en ajoutant les milliards, bien qu’ils aient, sous leurs yeux, la preuve de l’inefficacité d’une telle méthode !)
        Résultat ? Plus « Rome » alignait les légions contre Hannibal, sans avoir l’once d’une stratégie pour le défaire (stopper une armée menaçante est une ambition suffisante, nul besoin de songer à anéantir une cité (Carthage)) et pour restaurer son crédit auprès de potentiels alliés…Plus elle s’enfonçait.

        Et bien là, nous avons très exactement la même chose. Plus nos politiques alignent les milliards sur la table (pour les banques, seules bénéficiaires des largesses européennes), pour obtenir un répit, plus ils mettent en danger la zone euro, l’UE. En témoigne la situation des pays « sauvés » par « l’aide » européenne ! (Récession partout où les « bienfaits » de l’UE (tutelle du pays + plan d’austérité) se sont imposés ! En témoigne aussi la situation critique des « sauveurs » ! (Les pays du Nord inspirent de moins en moins confiance parce qu’ils ont des créances pourries)

        Et ce n’est pas en menaçant lesdits pays – sur le mode « nous pouvons vous chasser à tout moment de la zone euro » – que l’on va restaurer le crédit bien entamé des institutions nationales et européennes, membres de l’UE, tant auprès des investisseurs (marchés) que des citoyens européens ! (Dont le moral a forcément une incidence sur l’économie européenne) D’une part parce qu’il est bien gentil d’exiger d’autrui des résultats quand soit même on est incapable d’en produire. D’autre part parce que les « marchés » sont assez informés pour savoir que la menace brandit est inopérante : seule les pays membres peuvent choisir de sortir de la zone euro. On ne peut les y contraindre…Une fois qu’on a accepté de les y accueillir !

        Une fois qu’on a fait ce constat, il me semble que les « solutions » sont claires.
        La première est évidemment de renvoyer M. BARROSO et compagnie, responsables de la situation actuelle – la crise que nous traversons leur est imputable puisque le premier n’a pas fait respecter les traités dont il avait la charge et les autres ont prôné des exigences qui aggravent la situation tant des pays soumis à ces diktats que celle de l’UE elle-même – à leurs études. Comment les pyromanes pourraient ils éteindre un incendie ?

        La deuxième est d’accepter le fait qu’on ne peut rien bâtir de durable si les fondations sont mauvaises. L’euro – c’est un fait reconnu – est une monnaie qui a été très mal pensé. Elle détruit la compétitivité des pays du Sud, met en péril la crédibilité des pays du Nord (depuis qu’on a eu la fâcheuse idée de mutualiser sans le dire les dettes des pays via des mécanismes européens super bien bâtis eux aussi, comme on peut le voir quotidiennement) et déresponsabilise les politiques et les banques, qui peuvent ainsi prendre des risques inconsidérés, sans être d’une manière ou d’une autre arrêtés dans leur folie, puisque l’on peut négocier son laxisme à Bruxelles avec la Commission Européenne et exiger, quand on est une banque, à la BCE (ou les Etats) de spolier les contribuables pour financer ses pertes !

        Ce n’est pas être « contre la construction européenne » ou « l’Europe » que de montrer les faiblesses de l’euro. Un vrai patriote n’aurait il pas dû, en 1870, souligner que les pantalons rouges de l’armée n’aidaient pas à la cacher à ses adversaires ?

        Si l’on a vraiment la volonté d’enrayer la crise – et non de refiler le bébé à son successeur, stratégie manifestement adoptée par nos politiques actuels – alors il convient de détruire le château de cartes qu’on a maladroitement édifié, pour ensuite repartir du bon pied, en creusant (cette fois ci) des fondations dignes de ce nom. C’est seulement à cette condition qu’on pourra voir une éclaircie.

        • @ Seb 28/7 . Je ne connais ni le livre dont vous parlez ni son auteur ; les guerres puniques auxquelles vous faites référence sont racontées et analysées par Tite-Live ; c’est un grand moment de l’histoire romaine et de l’histoire de la Méditerranée
          et c’est un raccourci spécieux de dire que les Romains se contentaient d’aligner les légions sans l’once d’une stratégie .
          –Par ailleurs,il n’y a nulle ressemblance entre la situation économique actuelle et les délibérations du Sénat Romain (eh bien, là, nous avons exactement la même chose).Ce sont deux mondes différents ,deux situations différentes. Si j’ai parlé de la figue , c’est que l’épisode est -était- connu de tous les élèves latinistes, autrefois . Vous êtes apparemment un mordu d’Histoire -et de petite histoire, nul doute que Tite-Live en vo ou en vf, occuperait agréablement vos moments de liberté. Je ne suis pas Historienne mais je suis allée pique- niquer sur les bords du lac Trasimène !

  2. vou n’avez as honte de faire cadeau de 3 milliards à la cote d’ivoire alors que vous nous demandez de serrer la ceinture pour remonter le déficit de NOTRE PAYS , alors que nos entreprises ferment, le chomage augmente

    ET ON NOUS DEMANDE D’ECONOMISER 9 MILLIARDS !!
    si j’avais su je n’aurais pas voté socialiste

    vous vous amusé avec l’argent des français , cet argent ne vous appartient pas il est au FRANCAIS

    C’est une honte !

  3. Un pacte national dépassant les clivages politiques est vital.Le devenir de la France est en danger.Le chaos frappe à la porte de notre vielle démocratie. Mesdames et Messieurs les politiques serrez les rangs face à l’adversité ! LA FRANCE LE MERITE !

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