Alors que les réunions d’arbitrage se succèdent à Matignon et à l’Elysée pour préparer le PLF 2013, le ministre de l’Economie et des Finances clarifie ses projets. Il se rend aujourd’hui à l’université d’été du Medef.
Croissance nulle au deuxième trimestre, chômage en hausse… Comment qualifiez-vous la rentrée économique ?
Nous nous étions préparés à affronter une situation économique extrêmement difficile. Les Français, notamment les jeunes et les seniors, ont déjà payé un lourd tribut à la crise, avec la hausse du chômage. Le pouvoir d’achat n’a pas progressé depuis cinq ans, et la France a enregistré trois trimestres de croissance nulle. En réalité, nous héritons d’un triple déficit de croissance et d’emploi, de compétitivité et de crédibilité budgétaire.
Vous êtes donc contraints de revoir votre prévision de croissance pour 2013…
La prévision de croissance, que le gouvernement Fillon avait calée à 1,7 %, a déjà été abaissée à 1,2 % avant l’été. Nous ajusterons notre prévision au moment du bouclage du projet de loi de Finances pour 2013, afin qu’elle soit à la fois réaliste, parce que je souhaite un budget de vérité, et volontariste. Nous pourrons améliorer notre performance, si nous sommes capables de résoudre les tensions dans la zone euro, qui sont le principal facteur d’atonie.
Quelles sont les conséquences budgétaires concrètes de cette révision à la baisse ?
Nous présenterons un budget sincère, sérieux et juste. Nous ferons les efforts nécessaires, car la qualité de notre signature est essentielle. Nous empruntons aujourd’hui à des taux très bas parce qu’on nous prête une certaine crédibilité budgétaire ; je souhaite que cela perdure.


