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Devoirs de vacances

Catégorie : Actualité,Europe / International,Politique,Réflexions | Par pierre.moscovici | 02/08/2012 à 18:32

cc Elysee

Vous le voyez, le temps me manque désormais pour écrire souvent sur ce blog. C’est au fond rassurant, le contraire indiquerait un temps libre qui ne conviendrait pas aux fonctions que j’exerce. Je veux toutefois, à la veille de vacances particulières – car les vacances « ministérielles » sont forcément courtes, actives, et peuvent être interrompues à tout moment- vous livrer quelques remarques sur les mois écoulés et les temps à venir.

Tout, évidemment, n’a pas été fait, mais le travail accompli, en si peu de jours, est d’ores et déjà considérable.

La gauche est au pouvoir depuis 10 semaines, et cette période a été incroyablement dense. Je lis, ici ou là, des commentaires, j’entends des réflexions, non pas de déception – ce serait prématuré ou c’est de mauvaise foi – mais d’impatience ou de scepticisme. Notre action serait prudente, équilibriste, pour ne pas dire immobiliste. La session parlementaire aurait été creuse, voire vide, et marquée par la revanche, notre politique – en particulier dans le champ économique qui est le mien – serait insuffisamment claire et lisible. Je comprends les attentes, je sais que l’action humaine est perfectible, je connais le devoir de dévouement à la tâche et de réussite qu’exige l’exercice des responsabilités que nous ont confiées les Français, d’abord en élisant François Hollande à la Présidence de la République, le 6 mai, puis en donnant à la gauche, et en particulier au Parti socialiste, une large majorité parlementaire les 10 et 17 juin. Mais je veux dissiper les malentendus et corriger une injustice. Tout, évidemment, n’a pas été fait, mais le travail accompli, en si peu de jours, est d’ores et déjà considérable.

La gauche avait quitté le pouvoir depuis 10 ans. Elle s’est sérieusement et soigneusement préparée à le retrouver, si les Français lui accordaient à nouveau leur confiance. Nous savions, d’abord, l’état du pays, affaibli à la fois par la crise et par 10 ans d’une gestion de droite marquée par la brutalité et l’iniquité du sarkozisme après les hésitations du chiraquisme à son crépuscule. Le pays doute de lui-même, et souffre – je ne cesse de le dire, parce que c’est vrai- d’un triple déficit – de crédibilité budgétaire, de compétitivité, de croissance et d’emploi. Il se défie des politiques, parce qu’il ne saisit plus le sens de son avenir. Il s’interroge sur sa place dans le monde. Il n’est plus au clair sur son vivre ensemble. La tâche est donc considérable, lourde, elle est historique. C’est pourquoi, dans la campagne présidentielle, que j’ai dirigée aux côtés de François Hollande, nous avons tant insisté sur le redressement dans la justice. Car, si le redressement est indispensable, et s’il appelle des efforts, ceux-ci ne peuvent être acceptés que s’ils sont, à l’opposé des dernières années, justement partagés.

Mais chacun doit reconnaître, s’il est de bonne foi, la cohérence, la constance, la ténacité du Président de la République et du gouvernement qu’il a nommé autour du Premier Ministre Jean-Marc Ayrault.

Tel est l’engagement pris devant les Français, tel est le contrat passé avec eux dans l’élection : je prétends, j’affirme que nous le respectons. La démocratie suppose la confrontation, elle va de pair avec la contradiction, le débat politique exige l’existence d’une majorité et d’une opposition, structurée autour de conceptions, de visions, parfois de valeurs alternatives. Bref, on ne peut pas plaire à tout le monde, il serait vain de le chercher. Mais chacun doit reconnaître, s’il est de bonne foi, la cohérence, la constance, la ténacité du Président de la République et du gouvernement qu’il a nommé autour du Premier Ministre Jean-Marc Ayrault. Nous mettons en œuvre tout simplement, avec force, en y mettant toute notre énergie, en y donnant le meilleur de nous mêmes, en bonne intelligence avec la majorité parlementaire, soudée et mobilisée, le projet présidentiel, nous observons scrupuleusement – ce qui ne veut pas dire sans réflexion ou sans souplesse – la feuille de route qui a été tracée. Sans être long ni répétitif, je veux en rappeler ici les grandes lignes.

Nous voulons, d’abord, rendre à la politique sa dignité et aux fonctions d’Etat la simplicité qu’elles ont perdu : c’est le devoir d’exemplarité. C’est pourquoi les rémunérations du Président de la République et des Ministres ont été d’emblée diminuées de 30%. C’est pourquoi a été constitué, pour la première fois dans l’histoire de la République, un gouvernement intégralement paritaire, qui plus est rajeuni et renouvelé, davantage conforme à la diversité de la France aussi. C’est pourquoi les Ministres ont renoncé – je sais, par expérience, que ce n’est pas chose facile, car il est dur de s’éloigner de responsabilités territoriales passionnantes et passionnées – au cumul de leur fonction avec un mandat exécutif. C’est pour quoi le Président a tenu à moraliser le niveau des rémunérations des dirigeants des entreprises publiques, plafonnées à 450.000 euros –réforme dont l’exécution m’est confiée, et que je mets en œuvre avec fermeté. Le chemin est encore long, mais la direction est tracée.

Nous nous battons à la fois pour en améliorer la qualité, pour sauver les emplois, pour préserver les sites industriels, mais aussi pour préparer l’avenir : c’est le sens du plan automobile adopté il y a une semaine.

Nous voulons, ensuite, redresser le pays : ce sera même le cœur de notre action. Cela passe par le redressement productif. Nous sommes confrontés à une avalanche de plans sociaux, dont beaucoup avaient été retardées dans la perspective des échéances électorales, le plus important étant celui de PSA –auquel, on s’en doute, l’élu du pays de Montbéliard que je suis est attentif en particulier. Nous nous battons à la fois pour en améliorer la qualité, pour sauver les emplois, pour préserver les sites industriels, mais aussi pour préparer l’avenir : c’est le sens du plan automobile adopté il y a une semaine. De manière plus large, nous mettrons la compétitivité au centre de notre politique économique. Il ne s’agit pas ici, pour la gauche, d’un gros mot mais d’un impératif : une France sans industrie perdrait son rang. Et nous le ferons avec les entreprises : je m’y emploierai à la place qui est la mienne.

Je suis un homme de gauche, je veux permettre le changement. Mais je suis convaincu, profondément et depuis longtemps, que la dette publique est l’ennemie de l’économie, des politiques publiques, du progrès.

Pour redresser le pays, il faut aussi équilibrer ses comptes publics. Il ne s’agit pas, croyez le, de la posture obligée d’un Ministre des finances converti à la rigueur. Je suis un homme de gauche, je veux permettre le changement. Mais je suis convaincu, profondément et depuis longtemps, que la dette publique est l’ennemie de l’économie, des politiques publiques, du progrès. Se désendetter, diminuer les déficits, ce n’est pas se soumettre au libéralisme, c’est retrouver des marges de manœuvre par rapport aux marchés, de la souveraineté, c’est reconquérir des moyens pour agir. Notre politique budgétaire, engagée dans le PLFR 2012 est à la fois crédible – nous serons à 4,5% du PIB en 2012, à 3% en 2013 et cela nous permet de conserver des taux d’intérêt bas – et juste.

Ce n’est pas par anti-sarkozisme primaire, comme l’affirme la droite, que nous avons, c’est vrai, largement défait le paquet fiscal de l’été 2007. C’est parce que celui-ci avait été inefficace pour combattre le chômage et avait creusé les inégalités

Car la justice est au principe de nos choix. Ce n’est pas par anti-sarkozisme primaire, comme l’affirme la droite, que nous avons, c’est vrai, largement défait le paquet fiscal de l’été 2007. C’est parce que celui-ci avait été inefficace pour combattre le chômage et avait creusé les inégalités. Notre politique veut, au contraire, les réduire et stimuler la création d’emploi. C’est la raison pour laquelle nous avons augmenté l’Allocation de Rentrée Scolaire de 25%, c’est la raison pour laquelle a été rétabli le droit à la retraite à 60 ans à taux plein pour ceux qui ont commencé à travailler tôt, c’est le sens de nos choix fiscaux –notamment de la suppression des heures supplémentaires défiscalisées, de la contribution exceptionnelle sur l’ISF, de la suppression de la TVA anti-sociale. Nous poursuivrons à l’avenir dans cette voie.

Je n’ai pas été exhaustif. J’aurais pu et aimé parler de notre politique étrangère, plus équilibrée qu’hier, et qui a décidé le retrait, promis et justifié, de nos troupes combattantes d’Afghanistan. J’aurais voulu traiter de la réorientation de la construction européenne, à laquelle je consacre beaucoup de mon temps. Nous sommes attachés à l’intégrité et à la pérennité de la zone euro, nous travaillons à lui rendre des perspectives de croissance tout en préservant sa stabilité : le vent a d’ores et déjà tourné, même si le combat est rude et nullement achevé. Mais je ne veux pas être plus long. La responsabilité que j’occupe est diverse – politique budgétaire et financement de l’économie, santé du système financier et soutien à la production, avenir de l’Europe et du multilatéralisme sont quelques uns des sujets inscrits tous les jours à mon agenda. Elle me passionne et me mobilise pleinement. Je veux être davantage encore, à la rentrée, un ministre du long terme, un ministre qui accompagne les entreprises dans la recherche de la croissance et de l’emploi. C’est à cela que je vais réfléchir en prenant du repos et des forces. Ce sont en quelque sorte, mes devoirs de vacances. Bon été à vous, à bientôt.

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24 commentaires

  • marie mcb dit :

    Il est tres important et tres symbolique, qu’une des premières lois votées soit pour sanctionner le harcèlement, un fléau dans le monde du travail.

  • […] Lire la suite sur le blog de Pierre Moscovici Share this:TwitterFacebookEmailPrintLike this:LikeBe the first to like this. This entry was posted in Pierre Moscovici and tagged Economie, France, Parti Socialiste, Pierre Moscovici. Bookmark the permalink. ← Deux mois d’action gouvernementale: répondre à l’urgence, préparer l’avenir […]

  • lola dit :

    ~@seb 5 aoùt :l’analyse de votre post a été, pour moi, beaucoup plus claire que celle de votre post précédent ,très précise; si la commission européenne a « failli » ,la solution semble peu évidente… .Si Hannibal vous intéresse encore ,il y a un livre qui se lit avec plaisir et facilité :paolo Rumiz « l’ombre d’Hannibal » (critique parue ds l’express au printemps) il est traduit en fr .

    • seb dit :

      A Lola :

      Hannibal – et plus encore l’époque dans laquelle il évolue (peu d’ouvrages à ma connaissance traitent de « Rome » en tant que République avant l’arrivée des « César ») m’intéresse toujours donc, merci pour votre suggestion.

      Pour en revenir à l’UE, je pense effectivement que la Commission Européenne a failli, dans son rôle de garant. Et que c’est la raison du désordre actuel. (Tant sur le plan économique/financier que sur le plan politique)

      L’Institution, en tant que telle, n’est pas fautive. Ce sont les personnalités qui la composent qui le sont.

      Ce qui est vrai pour la Commission Européenne est aussi vrai pour d’autres Institutions dont les membres sont trop lâches ou trop complaisants, ou plus simplement encore dépourvus du sens du devoir, pour agir diligemment et efficacement.

      On ne s’en sortira pas, tant qu’on aura pas remplacer les « mauvais serviteurs » de l’UE, par des personnes fiables et intègres, désireuses de servir l’UE au lieu de se servir d’elle. Tant qu’on aura pas restaurer « l’ordre ».

      Dans notre Histoire, chaque « remontée » a toujours été précédée par le retour de « l’ordre » (au sens de respect des obligations contractuels des Etats à l’endroit des tiers et de respect de la loi par les citoyens) et par une évacuation rapide des « mauvais serviteurs » au profit de personnalités efficaces et intelligentes, désireuses de mettre leur savoir au service de l’intérêt général.

      Tout « désordre » (au sens de violation des règles communes) a, de son coté, entraîné le pays dans des calvaires pas possibles. La Terreur n’est rien d’autre qu’un régime se posant au dessus des lois. L’Etat français est la résultante d’une violation de la Constitution et de la DDHC. Quant à l’illégal traité de Troyes (ce traité violant les Lois Fondamentales)il va favoriser la poursuite de la guerre de Cent Ans.

  • Amelle dit :

    Concernant la politique étrangère, je parlerai seulement du dossier syrien qui me passionne en ce moment. En passant je remarque la petite perfidie de Sarko qui comme aucun autre « ex-président », n’a pas pu s’empêcher au bout de 2 mois de disserter sur l’action de son successeur oubliant que quand il a quitté l’Elysée le dossier syrien avait déjà 14 mois.

    Fabius dans ce dossier à su avoir le bon ton, la bonne attitude mais je n’ai pas l’impression que cela aide le peuple syrien. je suis mal a l’aise avec cette position dans le sens ou le + important aujourd’hui c’est quand même l’aide humanitaire. El Assad doit partir, c’est une exigence pour arrêter l’effusion de sang et aussi parce que tant que cette situation perdurera des combattant étranger viendront se greffer ce qui peut être le pire pour tout le monde y compris la Russie.
    Mais l’urgence la plus urgente reste l’aide humanitaire et aider les famille piéger dans des villes bombarder nuit et jour à sortir de là. Que ce soit fait par la Russie si elle le veux, qu’on mette en place des couloirs humanitaire pour les dégager qu’on donne de l’eau, du riz aux autres qui n’ont pas ou aller et se rattache à leur maison par peur de l’inconnu.

    Ensuite il y a l’opposition qui n’arrive pas à se mettre d’accord, est ce que quelqu’un peut leur demander quelle seront leur 20 ou 30 ou 100 premières actions qu’elles vont mettre en place une fois El Assad parti parce que mine de rien leur divergence énervent tout le monde, peut être qu’un programme commun peut les réunir, ils apprendront à faire des synthèses eux aussi. On peut dire par contre que la sorti de Manaf Tlass a été un bide retentissant, je ne sais pas s’il est vrai que celui ci serait le + petit dénominateur commun entre Russie et amis de la Syrie mais si c’est le cas qu’on lui trouve un pro en com parce que là ça ne le fait pas d’autant plus que lui aussi n’a pas de programme.

    Il est temps que les syriens sortent du statut quo et commencent à penser à leur avenir car après tant de courage, il serait criminel de les voire entrer dans une guerre religieuse, de voire fractionner la Syrie en petits états (C’était un projet colonialiste des années 20/30 que les syriens ont fait échoué à l’époque) ou entrer dans une ere autre que celle de la démocratie. On peut dire beaucoup de chose sur la libération de la Libye de Kadhafi mais on ne peut que se réjouir de voire qu’ils ont effectué leur devoir électoral pour la 1ere fois depuis 40 ans la ou la quasi majorité des gens ne savaient même pas ce que cela voulait dires. On disait que ce pays allait se transformer en nouvel Afghanistan, qu’il allait se divisé en 2 ou en plusieurs pays, qu’ils n’étaient pas assez mur pour la démocratie et pourtant aujourd’hui il y a moins de trouble en Libye qu’en Algérie.

    On souhaiterai la même chose pour la Syrie, après 16 mois de révolte ils le méritent amplement voire plus.

  • Amelle dit :

    Concernant le début du gouvernement il est ridicule de parler d’immobilisme, l’élection de l’assemblée étant en Juin (s’il y a une reforme visant à coupler les élections présidentielle et législatives pensez aussi à avancer la date de 3 semaines histoire d’éviter les vacances).
    Il était normal que le nouvel exécutif prenne du temps pour faire le point, réfléchisse à ses priorité par ministères, mette en place un calendrier, dialogue pour parvenir à une stratégie lui permettant d’arriver à ses buts. C’est de la simple gestion de projet tel qu’on connaît en entreprise sauf que ce n’est pas au niveau d’une équipe mais au niveau d’un gouvernement qui va gérer le pays pendant 5 ans. Deux mois pour faire cela est loin d’être un délai excessif même s’il faut répondre à l’urgence sociale, d’ailleurs si c’est si urgence il y a, c’est bien parce que l’ancien gouvernement « n’avait rien foutu » nous sommes d’accord.

    En tout cas si en 2014 le gouvernement mène a bien les reformes décidé comme la reforme fiscale, la mise à plat du financement de la protection sociale, la mise à plat du système de retraite (pas décidé encore mais on peut toujours espérer),l’education, l’hopital… mais de vrais reformes pas de la com à la Sarko avec sa logique comptable et faisant toujours payé les même alors on pourra dire que ce gouvernement aura été le plus réformateur depuis au moins de Gaulle voire depuis 46.

    Sinon pour ces deux mois, le + important c’est le changement de vision en Europe et la conférence sociale. Enfin il y a eu le changement de style même s’il y a eu des couacs qui vont peut être permettre d’arranger les choses par exemple, peut on demander à Jospin de réfléchir sur l’attribution de la légion d’honneur parce que la on a l’impression qu’elle contribue à un certain clientélisme, c’est très mal vécu et c’est désolant pour tout ceux qui ont eux cette légion pour de belle et noble raison.

    Il y a eu l’urgence du ministère du redressement productif, bon ok parfois c’était brouillon mais au moins on voit un ministre qui se démène à fond soutenu par ses collègues et sa hiérarchie.
    Il y a aussi la nouvelle concernant le conseil d’état et les tarif de GDF-Suez qui en passant ont augmenté leur tarifs de +58% avec des milliards de bénéfices pour les actionnaires depuis la fusion comme quoi cette opération de fusion était vraiment une connerie monumentale.

    Sinon il y a eu le 14 juillet et franchement c’était pas mal, c’était même très bien, belle séquence

    • guillaumeA dit :

      Aujourd’hui le gouvernement veut faire mais le temps est compté.
      La situation se dégrade dans beaucoup d’entreprise et on a pas réussi a créer un choc d’activité.
      La principale critique est sur l’APE qui est pour moi la clef du redémarrage de notre pays.
      On peut tout miser sur les PME mais les PME dépende des grands groupes pour une grande partit.
      Le problème c’est que nos grandes entreprises ont perdue trop de valeur en bourse et leur dirigeants se lancent dans des plans pour redressé les cours. Restructuration, dislocation de groupe(vivendi en préparation, Carrefour…)abandon d’activité ce qui va déstabilisé toute les PME.
      Qu’elle PME qui a des connexion importante avec PSA va investir dans son outils de travaille ou en recherche sachant que PSA revoit tout ses contrats et dans l’urgence?

      Notre économie a besoin de stabilité et l’état doit y contribué en stabilisant l’actionnariat de groupes qui perde la tête. L’histoire que cela coute chère est bien ridicule car déjà l’état emprunte pour rien sur les marchés et la valeur des entreprises est moins élevé que leur actif propre. De plus leur bénéfice vont s’envoler dès que la crise va passer.
      Il faut en finir avec les subventions et mettre les mains dans le cambouis.

  • marie mcb dit :

    J’ai confiance, mais comme tous les Français, je suis inquiète. Si les banques anglo saxonnes ne sont pas controlées, la prochaine crise financière détruira tout le système bancaire mondial. Tout le monde a cette peur au fond de soi.
    Un chomeur est entouré d’au moins dix personnes tres proches, enfants, parents, conjoint,frère ou soeur et quand une personne est au chomage, ce sont dix personnes qui souffrent en silence autour d’elle. Voila pourquoi, tous les Français sont tres inquiets.
    Mais les débuts de ce gouvernement vont dans le bon sens.

    • Bangor dit :

      « Si les banques anglo saxonnes ne sont pas controlées… »

      C’est effectivement un sujet d’inquiétude et c’est une question qui ne peut être résolue en absence de volonté politique dans les pays concernés.

  • seb dit :

    J’espère que vos vacances ministérielles vous permettront de regarder, à la rentrée, de manière lucide, la situation de « l’Europe » et notamment de la « zone euro ».

    Votre soutien aux actions « non conventionnelles » (illégales) de la BCE m’apparait, en effet, surprenant, au regard de vos qualités personnelles et de vos compétences.

    En effet, l’idée que la BCE rachète des obligations sur le marché secondaire émises par des États en grande difficulté financière n’est pas nouvelle. Elle a été mise en œuvre en 2010, avec des rachats d’obligations publiques grecques, irlandaises et portugaises, puis, à partir de 2011, italiennes et espagnoles.

    Le problème posé par ces rachats est de deux ordres :

    – d’une part, ils provoquent une hausse des créances pourries dans le bilan de la BCE. En janvier 2012, l’Eurosystème possédait ainsi désormais quelque 220 Md€ de créances douteuses sur les seuls États en difficulté (soit désormais plus que les recettes annuelles nettes de l’État français). À terme, c’est la solidité même du bilan de la BCE qui est donc en jeu (cf. conclusion ci-infra) ;

    – d’autre part, ils conduisent à des opérations en contrepartie, dites de “reprises de liquidités à blanc ;

    a) Partons d’une banque commerciale privée avec 100 d’obligations espagnoles. Ces obligations menacent de devenir irrécouvrables, alors que la situation financière de l’Espagne inquiète de plus en plus et que les taux se tendent.

    b) Pour calmer la tempête et « sauver l’euro », la BCE « intervient » en rachetant les 100 d’obligations espagnoles à la banque commerciale. C’est exactement ce que Mario Draghi vient d’annoncer ce 26 juillet.

    c) On passe ainsi d’une situation préalable qui était :

    “Bilan Banque commerciale : 100 d’obligations pourries / Bilan BCE : 0 ”

    à la nouvelle situation :

    “Bilan Banque commerciale : 100 de liquidités utilisables / Bilan BCE : 100 d’obligations pourries ”

    d) Si l’on s’arrête là, on voit bien que la BCE a créé autant d’argent qu’elle en a prêté puisque le total des bilans est passé de 100 à 200 avec l’opération de rachat de titres.

    Laisser la situation en l’état n’est pas possible car cette création monétaire ex nihilo provoquerait aussitôt de l’inflation, ce qui est contraire aux statuts de la BCE.

    e) Pour empêcher cela, la BCE procède donc à une opération, à peine croyable pour les non-initiés, qui consiste :

    – à neutraliser son intervention en… empruntant aux banques privées l’argent qu’elle vient de créer !
    – et à le faire par le biais d’emprunt à terme rémunérés !

    Ce sont ces opérations que l’on appelle des “reprises de liquidités à blanc”

    f) Après ces opérations, on parvient donc à la situation finale :

    “Banque privée : 100 de liquidités utilisables + créance de 100 sur la BCE non utilisable / BCE : 100 d’obligations pourries + 100 de liquidités – intérêts versés à la banque privée”

    Au final :

    – il n’y a donc pas de création monétaire,
    – la banque privée a été délestée de sa créance pourrie et reçoit des intérêts pour cela !
    – la BCE a pourri son bilan ET EN PLUS elle paye des intérêts pour cela !

    Toutes ces opérations de rachat d’obligations par la BCE sont d’autant plus scandaleuses :

    – qu’elles reviennent à subventionner à 100 % des banques et des investisseurs privés, sur fonds publics (puisque ce seront les contribuables des pays de l’Eurosystème qui viendront au secours de la BCE si nécessaire), et cela pour leur éviter toute perte. C’est la tactique chère aux banquiers et aux investisseurs privés qui consiste à privatiser les profits mais à mutualiser les pertes…

    – et qu’il est impossible de vérifier que ces opérations ne constituent pas un financement quasi-direct des États en difficulté, principe pourtant proscrit par l’article 125 du TFUE qui interdit expressément aux États membres de prendre à leur charge les engagements financiers d’un gouvernement national (clause dite de « non renflouement » (« no bail out »).

    On comprend ainsi pourquoi les Allemands, les Néerlandais et les Finlandais sont vent debout contre toutes ces opérations, qui piétinent à la fois les traités européens et les règles de saine gestion financière.

    La remarque scandalisée de Jens Weidmann, président de la Bundesbank, prend ici tout son sens lorsqu’il a objecté à Mario Draghi récemment : « L’idée que l’on puisse gagner la confiance en violant les règles me paraît ahurissante ».

    Le décryptage qui précède permet de mieux comprendre pourquoi
    « les marchés financiers adorent Super Mario ! »

    Car lorsque l’on obtient d’un système public qu’il vous retire toutes vos pertes potentielles pour les refiler aux contribuables, et qu’il vous paye de surcroît pour cela, il est difficile de ne pas exulter en effet !

    On l’aura compris, dans cette affaire, les dindons de la farce sont les contribuables !

    Il est dommage qu’un homme comme vous, M. MOSCOVICI, salue les propositions DRAGHI qui avantagent si souverainement…Les bankers ! Le brave DRAGHHI est au G30 – lobby financier – et ancien de Golman Sach, il est « compréhensible » que sa motivation première soit de faire plaisir à ses obligés…

    On comprend moins que vous même, puissiez vous associer à ses propos et actes…Si néfastes pour les contribuables. Et donc par là même pour la France, dont vous avez l’honneur de conduire le budget.

    On comprend encore moins qu’un « européen convaincu » accepte de violer les traités et qu’il se préoccupe fort peu des problématiques résultants de ces plans avantageant uniquement les « marchés » !

    En effet, le total du bilan de la BCE :

    1)- est supérieur à 3.200 milliards d’euros, soit beaucoup plus que la Réserve fédérale américaine (environ 2.300 milliards d’euros) ;

    2)- comprend désormais plus de 1 800 milliards d’euros de titres et de créances bancaires de qualité médiocre ou carrément pourries ;

    3)- alors que les fonds propres ne sont que de 470 milliards d’euros.

    Cette inquiétante augmentation de la taille du bilan et du rapport des actifs totaux aux fonds propres de la BCE (le « leverage » comme disent les initiés) n’a pas échappé aux observateurs des marchés, qui commencent à surveiller ce phénomène avec intérêt et une inquiétude croissante sur la solidité de la BCE elle-même.

    C’est-à-dire que c’est désormais le cœur même de l’Eurosystème, pour ainsi dire le « réacteur nucléaire » de la zone euro, qui commence à donner des signes de défaillance préoccupants.

    Combien de temps croyez vous que les choses puissent perdurer ? Cinq ans ?

    • Bangor dit :

      En résumé, la conclusion de votre raisonnement simpliste est que les contribuables sont les dindons de la farce et que les banquiers s’en mettent plein les poches.
      Vous oubliez le principal : ce sont les états, donc le contribuables qui sont endettés. Il est normal que les contribuables remboursent les dettes contractées en leur nom. S’ils ne le font pas, le système s’écroulera et vous viendrez nous expliquer qui aura gagné quoi.
      Le mécanisme financier que vous décrivez est exact dans ses grandes lignes et conforme à ce qu’il semble souhaitable de faire. A cet égard, votre interpellation de Pierre Moscovici est particulièrement mal venue.

      • COPA dit :

        Je pense qu’au départ ce sont les acteurs privés qui se sont endettés et non les états. Deuxièmement la droite n’a fait qu’enfoncer le clou ces dix dernières années en transférant une partie des charges pesant sur les plus riches et les entreprises, vers les plus pauvres et en augmentant les déficits. Pour rappel, les allégements de charges sociales ces dix dernières représentent pour les entreprises 294Mds€,si je ne me trompe pas (source Acoss),allégements qu’il faut bien compenser soit par prélèvements et/ou déficit.
        Ce que je n’arrive toujours pas à comprendre, moi simple français et je commence seulement à m’intéresser à l’économie,c’est pourquoi les états doivent emprunter auprès des marchés financiers alors que la BCE prêtent aux banques à un taux dérisoire et qu’elle doit racheter de la dette à un taux non négligeable sur le marché secondaire? Qui en tire bénéfices? Peut être, que l’objet de la règle est la façon d’obliger les états à contrôler leur déficit.

        Enfin je conclurai en disant que le travail fait jusqu’à présent par le gouvernement me satisfait pleinement même si je suis impacté par certaines mesures de la dernière loi rectificative du budget 2012

      • seb dit :

        Ma conclusion, qui n’a rien de simpliste – sans quoi vous l’auriez facilement démontée – est qu’effectivement les contribuables sont les dindons de la farce et que les banques privées sont les bénéficiaires des décisions européennes actuelles et passées. Mon commentaire précédent atteste de ce fait.

        Vous me reprochez d’oublier le « principal »…Je disconviens.
        Un Etat peut s’endetter – c’est un choix politique, pas une obligation – et il peut même créer de la monnaie à loisir. C’est un droit régalien que les membres de l’Union Européenne s’interdisent, mais qui ne fait pas disparaitre ce droit souverain.

        Le souci, c’est quand l’Etat s’endette trop (1) et quand il s’endette pour de mauvaises raisons (parce qu’il est incapable de gérer le budget convenablement) (2).
        Pour parer à ces deux risques, l’UE s’est dotée de plusieurs traités. Ceux-ci ont institué, pour chacun des membres, des règles de stabilité budgétaire. Et mis en place une procédure, pour analyser les décisions politiques.
        Malheureusement, la gardienne des traités – à savoir la Commission Européenne – a failli à son rôle de garant. Plusieurs de ses membres ont donc demandé des dérogations à la règle commune. Résultat ? Les gouvernants se sont mis à respecter les traités de manière très variable.

        La faute originelle est donc bien à imputer à la Commission Européenne, qui a laissé faire, alors qu’elle était garante des traités. Sans sa complaisance passive ou active, ses membres ne se seraient pas endettés démesurément et pour des raisons blâmables. Si elle avait exercé son autorité, au lieu de se coucher devant certains, on n’en serait pas là.

        En 2008, des banques défaillantes et imprudentes, ont été victimes de leurs choix. Elles ont appelé les Etats à la rescousse, en utilisant la menace sur les dépôts pour créer un climat de peur. Les Etats ont donc récupéré, dans leur bilan, les créances pourries – en ce que lesdites créances ont été faites auprès de personnes physiques ou morales non solvables – des dites banques. Le risque posé par lesdites créances n’a pas disparu…Mais a été transféré sur les Etats.
        Ceux-ci ont donc vu, mécaniquement, la confiance qu’on leur accordait s’effriter. Non parce qu’ils étaient endettés – ils l’étaient déjà – mais parce que leur pourcentage de créances saines a diminué par rapport à leurs créances pourries. Ce vaste plan de sauvetage des banques a été fait en imitation des USA, et en violation des traités, ce que Mme LAGARDE elle-même a reconnu, en sa qualité de Ministre d’Etat. On a donc eu là une nouvelle défaillance de la Commission.

        Je suis d’accord avec vous, pour dire que toute dette contractée doit être payée. Mais attention : seulement si cette dette contractée est conforme à la volonté souveraine exprimée par la France, soit par le biais des Français directement (en leur qualité de souverain), soit par le biais des élus…Sous couverts que ces mêmes élus soient respectueux du corpus constitutionnel du pays.

        Pourriez vous détailler en quoi le mécanisme financier que j’ai décris est « conforme à ce qui semble souhaitable de faire » ?

        Je vous avoue être perplexe quant au caractère « souhaitable » d’un tel dispositif, qui viole les traités et dont l’efficacité est loin d’être prouvée, puisque la situation ne cesse de s’envenimer !

        « Souhaitable » pour qui au juste ? Quel bienfait l’UE ou/et la France en retire t elle ?

        Ce mécanisme est il donc aussi « souhaitable » que le traité de Troyes de 1420 ?

        • lola dit :

          ~~devoirs de vacances ?? le Monde publie les 5/6 aoùt
          3 articles ,intéressants, qui ont un rapport direct
          avec « le changement » ; « mettons la responsabilité au coeur du système politique » // »rien ne sert de fustiger les cumulards » // »en finir avec cette caste fermée de représentants élus » .Des analyses et des points de vue qui permettent de mieux conduire une réflexion critique .
          ~~J’ai lu avec attention l’article paru sur « press-
          europ  » (traduit du portugais)intitulé :l’euro de notre déplaisir,de Eduardo Lourenço de Faria qui est un philosophe, un historien,un critique d’art. Une analyse fine qui suscite des commentaires très contrastés; je connais un peu l’oeuvre de E.Lourenço et j’adhère à son analyse,faire l’europe ? quelle europe ?

    • Amelle dit :

      Vous partez sur le postulat que les dettes d’états en difficulté sont forcement des dettes pourris ? Bizarre non ?

      Je rappelle que l’Italie fait parti du G8, 7ième puissance économique mondiale après le Royaume Uni et avant le Canada. Quant à l’Espagne, c’est un pays en croissance depuis son intégration à l’UE jusqu’à la crise de 2008, il était considéré comme exemplaire et parfait petit élève modèle de la zone euro.

      Les potentiels de ces deux pays est juste énorme, pour le peu qu’on ne les plongent pas dans une récession généralisé via des mesures d’austérité suicidaires les deux pays s’en sortiront sûrement, d’ailleurs même la Grèce peut s’en sortir si on l’aide à mettre en place un programme de croissance.

  • Lapu dit :

    Monsieur le Ministre,

    Je sais que c’est par conviction d’homme de gauche que vous vous êtes battu, et je peux le dire, en mouillant votre chemise et ce à cause des convictions qui sont les votres, et qui a rassemblé beaucoup de Français autour du projet du Président de la république.Je sais que vous êtes un homme droit et digne, qui n’est pas poussé par une ambition personnelle, mais un idéal.Idéal de justice, de redressement des finances publiques car cela est indispensable pour relancer l’économie…(Aucun gouvernenment précédent n’a trouvé la solution miracle pour rester dans les 3% autorisé par Bruxelles. Pourquoi faudrat-il déjà que les méconteux sont obsédés de vous délivrer un satisfaicit,(vous êtes un homme prudent, lucide, honnête).Donc je ne pense pas que vous soyez en attente de quelque distinction, ni de bons points deceux qui pensent que les choses n’arrivent pas trop vite…C’est normal. Le président Hollande a fixé les grandes lignes sur ces propositions électorales, et Rome ne s’est pas fait en un jour.
    Cett équipe mis en place par le gouvernement Ayraut, a été choisi en connaissance de cause.Ce sont, tout comme vous, Monsieur le Ministre, un exécutif à la hauteur de l’enjeu, et du travail qu’on devra fournir pour ensemble pour remettre la France sur les rails, compte tenu de la conjoncture, de votre très faible marge de manoeuvre.!
    Merci pour tout le travail co nsidérable déjà fourni en si peu de temps.Alors je vous souhaite d’excellente vacances, ainsi que vos amis parlementaires, députés nouvellement élus, qui ne ménagent pas leurs efforts.Je sais que vous êtes conscient de la charge immense qui pèse sur vos épaules, pour ma part, votre sens de l’équité, du partage et du bon sens fairont le reste.Bon repos, mérité, bonnes vacances à vous et à vos collaborateurs, je pense en particulier à M. Barbier, qui a aussi toute mon admiration.

    • Lapu dit :

      Le post précédent c’est de Myia lap (facebook)
      Bonnes vacances à Vous qui oeuvrez pour le devenir de la France!

  • LOUIS dit :

    Ceux qui s’intéressent à l’économie savaient que la tâche serait ardue … Non le plus difficile n’était pas de remporter l’élection présidentielle, le plus difficile n’était pas de remporter les élections législatives , la tâche commence …
    Concilier une politique de réduction des déficits avec une justice sociale , faire face à une crise sans précédent, redonner la confiance, le modèle keynésien pourrait il être encore d’actualité?
    Je crois que c’est encore possible ..

  • Jonas dit :

    Bonne vacances, vous les avez amplement méritées.

  • jacline dit :

    si si vous avez fait de l’anti sarkozisme pendant 5ans … j’arrete là … je serais vraiment dure avec vous!!

  • jacline dit :

    vous me faites vraiment rire.. à la rentrée ,nous verrons

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